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    Plan détaillé Texte intégral La mangrove, un objet de recherche complexe Les Rivières du Sud : un nom pour plusieurs régions et des noms pour une même région Les mangroves des Rivières du Sud : un cadre régional polymorphe Délimitation des objectifs Notes de bas de page Auteur

    Rivières du Sud

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Des littoraux aux limites mouvantes

    Marie-Christine Cormier-Salem

    p. 17-30

    Texte intégral La mangrove, un objet de recherche complexe Les Rivières du Sud : un nom pour plusieurs régions et des noms pour une même région Les mangroves des Rivières du Sud : un cadre régional polymorphe Délimitation des objectifs Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Les « Rivières du Sud »... Nom riche d’évocations pour certains, désignant la frange littorale profondément aménagée par l’homme et s’étendant du Sénégal à la Sierra Leone ; nom inconnu pour d’autres qui chercheraient en vain des ruisseaux continentaux et méridionaux bordés de mangroves.

    2Ce chapitre introductif a pour objet de définir et de délimiter spatialement la région des Rivières du Sud, de montrer sa spécificité à l’échelle africaine, d’identifier le rôle de la mangrove dans la structuration et la dynamique des espaces et des sociétés.

    3Le travail de réflexion pluridisciplinaire préalable à cette synthèse s’est efforcé de privilégier un double niveau d’analyse, général et régional, et une double entrée, la mangrove et les Rivières du Sud.

    4Ce chapitre s’interrogera ainsi successivement sur la définition des mangroves, puis plus particulièrement, sur la définition des mangroves des Rivières du Sud.

    La mangrove, un objet de recherche complexe

    5Dans leur ensemble, les premières descriptions des mangroves ouest-africaines soulignent les paradoxes de ce milieu, dont le nom, pour certains, est encore inconnu.

    6Dans une lettre adressée à Colbert, Nicolas Villault de Bellefond décrit le voyage effectué le long des côtes de Guinée en 1666-1667 et il fait les remarques suivantes sur la végétation littorale1 : « Les Isles sont bordées de certains arbres, dont les branches à leur pointe ne se passent pas l’une l’autre ; mais les jettons tirent bas et lors qu’ils ont touché ou l’eau, ou la terre, y reprennent racine ; et par ce moyen font une haye quelque fois épaisse de dix à douze pas [...] Toutes ces côtes sont bordées de grands arbres, la terre en est fort basse, grasse et arrosée par quantité de ruisseaux, qui en rendent l’air si mauvais que peu de Blancs y passent sans y être malades. »

    7Chez les observateurs étrangers, les mangroves suscitent des sentiments mêlés d’inquiétude, voire de répulsion, face à un monde inconnu, impénétrable et supposé pestilentiel, mais elles provoquent aussi une grande fascination suscitée par la luxuriance de la végétation et la multitude des rivières, celles-ci ne pouvant être que sources de richesse.

    8L’étonnement des voyageurs n’a d’égal que la curiosité des scientifiques et leur difficulté à appréhender ce monde végétal amphibie entre terre et mer.

    9La mangrove, dont le nom est dérivé de « manglier » – ancien terme pour palétuvier – est d’abord et longtemps définie comme une espèce d’arbre. Un rapide historique des thèmes traités, retracé d’après l’inventaire bibliographique de Rollet (1981), montre que la mangrove reste le domaine d’investigation privilégié des botanistes jusqu’à une date récente. Les premiers travaux, relativement précoces (xviie et xviiie siècles), sont centrés sur les aspects floristiques et forestiers. Au xixe siècle, ce sont les taxonomistes allemands qui effectuent les recherches les plus marquantes. Au tournant du xxe siècle, le développement de l’écologie comme discipline scientifique contribue à reconsidérer les zones humides. Si de nombreux travaux de l’entre-deux-guerres soulignent l’importance écologique des marais et des marécages des régions froides et tempérées, il faut attendre les années soixante et soixante-dix pour que les mangroves soient considérées comme des écosystèmes riches et fragiles (Cormier-Salem, 1994).

    10Dès lors, les travaux se multiplient et les centres d’intérêt se diversifient. De grands programmes internationaux (MAB-Unesco, FAO) visant à évaluer l’état de santé des mangroves, à analyser leur structure et leur fonctionnement sont entrepris. Les premières synthèses sur les mangroves, par exemple celle de Snedaker et Snedaker (1984), restent encore très marquées par les approches botaniques, même si la nécessité se fait ressentir d’associer plus étroitement les divers champs de compétence des sciences de la nature, en particulier de l’hydrobiologie, de la sédimentologie et de la pédologie. Les synthèses plus récentes, comme celle de la FAO, publiée en 1994 ou de l’ISME en 1997, témoignent de l’élargissement des approches, de l’affinement des concepts et du renouvellement des outils : les mangroves sont des systèmes multifonctionnels et à multi-usages dont il faut préserver à la fois l’équilibre naturel et socio-économique. Pour mettre en œuvre des politiques de gestion appropriée, il faut développer des approches intégrées ou encore pluridisciplinaires. L’explicitation des critères de délimitation de la mangrove et l’articulation des niveaux d’observation sont au cœur de ces approches.

    11Le problème de la définition de la mangrove est ancien et reste toujours d’actualité parmi les botanistes, les précurseurs en la matière2. La mangrove est couramment définie comme une espèce d’arbre au feuillage persistant, le plus souvent appartenant à la famille des Rhizophoraceae et poussant dans les zones intertidales. À une échelle plus large, la mangrove est considérée comme une association végétale. Macnae suggère de réserver le terme « mangrove » pour désigner l’arbre, et « mangal » (sans équivalent en français) pour désigner la forêt de mangrove. En fait, cette suggestion n’a pas été retenue, car le contexte est jugé suffisant pour préciser le sens de mangrove. Néanmoins, le terme n’est pas toujours explicitement défini.

    12L’une des principales questions auxquelles se heurtent les botanistes concernent les espèces floristiques à considérer ou non comme faisant partie de la mangrove. Selon la définition adoptée, le nombre d’espèces peut varier considérablement, de 53 à 75 (FAO, 1994).

    13De nos jours, le terme mangrove désigne non seulement un arbre ou une formation végétale, mais aussi un marais maritime tropical, un écosystème littoral forestier ou aquatique, un système à usage multiple, un paysage amphibie, etc. (fig. 1). Ces définitions, plus ou moins larges, n’emportent pas l’adhésion de tous les spécialistes de la mangrove. Elles sont élaborées en fonction de l’approche privilégiée, de l’état des connaissances, des régions étudiées et, en fait et principalement, de la question scientifique posée.

    14Pour un biologiste animal, la définition restrictive de la mangrove (présence de palétuviers) permettra sans doute de mieux identifier la faune spécifique, ou encore, la faune strictement inféodée à ce milieu. En revanche, la diversité spécifique des mangroves ne semble pouvoir être mesurée qu’à une échelle plus large, comprenant les chenaux de marée, les zones d’arrière-mangrove et les vasières maritimes.

    15Pour un écologue, la compréhension du fonctionnement de l’écosystème littoral nécessite la prise en compte de toutes les superficies se trouvant sous l’influence de la mangrove, depuis le rebord du plateau continental océanique jusqu’au bassin versant du réseau hydrographique, autrement dit, toute la zone soumise au balancement des marées ainsi que la zone adjacente en interaction, avec ou sans mangrove.

    Figure 1. Différentes définitions scientifiques des mangroves.

    Image img01.jpg

    Conception : M.-C. Cormier-Salem – Réalisation : C. Suss – © Cormier, 1998

    16Pour les chercheurs en sciences sociales, les échelles peuvent varier depuis les écosystèmes à mangrove pour faire, par exemple, l’inventaire des ressources et usages, jusqu’aux écosystèmes adjacents, pour évaluer, par exemple le rôle de la mangrove dans les systèmes de production des communautés littorales par rapport aux autres composantes du terroir. Des échelles encore plus larges sont à prendre en considération : par exemple l’échelle nationale pour discuter de l’efficience du système législatif et des politiques de gestion en zone de mangrove, ainsi que l’échelle globale pour mettre en évidence les enjeux écologiques ou économiques (comme le marché des crevettes) existant autour des mangroves.

    17À partir de ces définitions plus ou moins restrictives s’ensuivent des évaluations très variées de la mangrove. Ainsi, en ce qui concerne l’extension de la mangrove à l’échelle mondiale, les évaluations varient de moins de 14 millions d’hectares (Maltby, 1986) à quelques 23 millions d’hectares (Snedaker, 1982). En ce qui concerne l’étendue des mangroves des Rivières du Sud, les estimations varient du simple au triple. Selon Diop (1990), les mangroves des Rivières du Sud au sens strict, c’est-à-dire la formation arborée actuelle, couvrent 1 000 000 d’hectares, mais, au sens large, c’est-à-dire y compris les tannes, les zones d’arrière-mangrove (très souvent converties en rizières) et le plateau continental, la superficie atteint 3 000 000 à 3 500 000 ha.

    18Jusqu’à nos jours, les données sur les mangroves sont hétérogènes et peu fiables. La connaissance de leur structure, de leur fonctionnement et de leur dynamique nécessite la mise en œuvre de programmes pluridisciplinaires ayant pour principal défi de construire en commun cet objet de recherche complexe. Une telle élaboration passe par une confrontation des méthodes, des concepts et des outils d’analyse, qui, loin de rechercher un compromis « mou », s’efforce de tenir compte de la diversité de points de vue et d’articuler niveaux et échelles d’observation.

    19Si, pour les chercheurs en sciences de la nature, la mangrove est l’objet de recherche privilégié, en revanche, pour les chercheurs en sciences sociales, l’entrée privilégiée est la région des Rivières du Sud. La mangrove apparaît comme l’un des multiples aspects des littoraux ouest-africains et elle n’est pas étudiée en tant que telle. L’objet de recherche central est la société qui façonne, gère et s’approprie la mangrove. Cette approche privilégie une lecture non déterministe des rapports sociétés-environnement et des processus sociaux sur une longue période.

    Les Rivières du Sud : un nom pour plusieurs régions et des noms pour une même région

    20L’espace régional, désigné actuellement sous le terme « pays des Rivières du Sud », est nettement identifié par les premiers navigateurs qui découvrent le littoral ouest-africain. Il n’en demeure pas moins que cette entité régionale, fondée sur de fortes spécificités, n’est pas restée immuable et se prête à des extensions et à des désignations variables selon les contextes. L’identité écologique, sociale et économique de cette région fera l’objet de plus amples développements dans les chapitres suivants. Le but est ici de mettre en évidence les critères qui permettent de fonder la spécificité de cette zone, puis de justifier sa délimitation latitudinale et longitudinale.

    21Que cette région ait été découverte par le Carthaginois Hannon dès l’Antiquité, ou par les marins dieppois en 13653, il est néanmoins admis que les relations régulières transatlantiques ne sont établies qu’à partir de 1445, sous l’impulsion de Henri le Navigateur. Grâce au gouvernail d’étambot et à l’établissement de cartes, les marins portugais ont des conditions de navigation telles qu’elles leur permettent de dépasser le Cap Bojador, en 1434. Dès lors, les voyages d’exploration se multiplient. Les relations de voyage fournissent les premières sources écrites authentiques sur la région (cf. chapitre iv).

    22Les chroniqueurs portugais (Gomes Eanes de Zurara, Alvise Ca’da Mosto et Diogo Gomes) soulignent les contrastes de paysages entre le pays des Maures et le pays des Noirs ou « Guinée » (carte 1). Aux monotones plages de sable désertiques et peu peuplées qui dominent au nord du fleuve Sénégal succède un véritable « verger » où l’eau douce est abondante, la végétation luxuriante, la population nombreuse et les ressources variées. Gomes Eanes de Zurara (1430-1448) mentionne ainsi un pays fluvial situé à 64 lieues du Cap-Vert (la Gambie ? Casamance ? Rio Grande ?) « couvert de vastes cultures, avec beaucoup d’arbres à coton, et beaucoup de domaines semés de riz, et encore d’autres arbres d’espèces très variées. On dit que tout ce pays leur semblait avoir l’aspect de marais ».

    23Les multiples fleuves qui arrosent les plaines littorales, les estuaires, appelés rio, qui échancrent la côte, les vasières maritimes parcourues de chenaux de marée et colonisées par les palétuviers fondent l’identité biogéographique de cette portion du littoral (cf. chapitre premier et chapitre ii).

    Carte 1. Découpages spatiaux du littoral ouest-africain.

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    Sources : Bosman, 1705 ; D'Anville, 1729 et Fage, 1978. Conception : M.-C. Cormier – Réalisation : C. Suss – © Cormier, 1998

    24Le peuplement et les modes d’occupation de l’espace renforcent cette identité (cf. chapitres iii, iv et v). Cette région est en effet caractérisée par des densités de population élevées à l’échelle ouest-africaine (supérieures à 50 habitants/km2), des sytèmes de production intensifs et une adaptation à l’habitat vaseux. Les populations littorales, dont l’origine et l’unité sont discutées, partagent de nombreux traits sociaux, culturels et économiques. Elles relèvent toutes du groupe des langues ouest-atlantiques. La famille, la religion du terroir et l’affiliation à des sociétés secrètes constituent les principaux ciments de ces sociétés égalitaires, sans structure hiérarchisée ou castes. La riziculture, associée à divers usages de la mangrove (pêche, cueillette des huîtres, ramassage des coquillages, récolte du sel, etc.), constitue le fondement de leur civilisation.

    25L’identité régionale est produite par la forte interrelation entre les marais à mangrove et les populations de riziculteurs (carte 2). Rodney (1970) parle d’un « complexe » de la mangrove : « a complex which decisively affected all activity conducted on the Upper Guinea Coast ».

    Carte 2. Les Rivières du Sud. Pays et populations de riziculteurs.

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    Conception : M.-C. Cormier – Réalisation : C. Suss – © Cormier, 1998

    26Ce complexe, ou ce système à la fois écologique et social, trouve son expression la plus originale dans la riziculture de mangrove. Les mangroves endiguées, défrichées et dessalées sont converties en rizières au prix d’un travail accumulé sur plusieurs générations. Ces aménagements n’ont guère d’équivalent dans d’autres régions littorales ouest-africaines et même dans d’autres régions du monde.

    Carte 3. Les Rivières du Sud. Une entité historique à géométrie variable selon les périodes.

    Image img04.jpg

    Sources : E. Zurara : Diogo Gomes ; V. Fernandes ; Fage. Conception : M.-C. Cormier – Réalisation : C. Suss – © Cormier, 1998

    27La spécificité de ce complexe de la mangrove n’est guère contestée. En revanche, sa désignation et son extension spatiale prêtent à discussion (carte 3).

    28Le terme de « Rivières du Sud » apparaît tardivement, au xixe siècle, sous la plume des administrateurs français. Dans les années 1837-1842, Louis-Philippe Ier charge Bouet-Villaumez, lieutenant de vaisseau français, de conclure des traités avec les souverains locaux pour établir des comptoirs dits des Rivières du Sud qui désignent ainsi les comptoirs dépendant administrativement de Gorée. Selon l’arrêté du 11 mai 1895, qui organise la Colonie du Sénégal, l’action du cercle de Gorée s’étend sur « la région de la Petite Côte (située entre le Cap-Vert et l’embouchure du Saloum) et sur les comptoirs établis sur le Saloum, la Casamance, le Rio-Nunez, le Rio-Pongo, la Mellacorée, etc. ».

    29C’est en 1882 que paraît l’une des premières descriptions de la « Côte Sud » dont l’auteur est Aimé Olivier de Sanderval.

    30Selon les périodes et les administrateurs, le terme français « Rivières du Sud » a des acceptions diverses : tantôt il est étendu à l’ensemble des régions au sud de la presqu’île du Cap-Vert, dépendant de Gorée, par opposition aux régions septentrionales dépendant de Saint-Louis, tantôt il est limité aux cercles de la Guinée française, dont les chefs-lieux sont Boke sur le Rio Nunez, Boffa sur le Rio Pongo et Benty sur la Mellacorée.

    31Par ailleurs, ce terme n’est pas admis par tous les spécialistes de la région. Il est étonnant de constater le poids des héritages coloniaux. Les Portugais utilisent le terme Guiné en référence à la Guiné de Cabo Verde, monde noir dépendant des îles du Cap-Vert (cf. chapitre iv). Les anglophones utilisent le terme Upper Guinea Coast – c’est-à-dire « Haute Guinée littorale », par opposition à la « Basse Guinée littorale » ou « pays du golfe de Guinée » –, ou encore le terme Northern Rivers. Les « Rivières » sont septentrionales pour les Anglais établis à Freetown, quand elles sont, à l’évidence, méridionales pour les Français établis à Dakar !

    32Ces appellations qui varient selon les périodes et les points de vue adoptés prêtent d’autant plus à confusion qu’il existe de fréquents recoupements avec d’autres entités géopolitiques.

    33Établi en Casamance entre 1837 et 1867, Bertand-Bocandé utilise aussi bien le terme de Sénégambie méridionale, Guinée portugaise ou encore « Pays des Rivières » pour désigner les régions se trouvant au sud du Saloum. Le terme « Sénégambie méridionale » désigne les régions du Saloum, de la Casamance, du Rio Cacheu et du Geba, et s’étend également aux régions de l’intérieur comme le Gabu. Il est utilisé par des historiens dont le point de vue privilégie, une fois encore, celui du Nord.

    34Le terme « Guinée portugaise », ou Guiné, désigne la région située entre la Casamance et le Geba. Il ne doit pas être confondu avec le terme « Guinée », ou « Guinée des Français », qui désigne la région située entre le Rio Nunez et la Mellacorée, mais s’élargit parfois à la Gambie et au Cap-Mount.

    35Il est un autre terme qui prête à confusion, celui de Windward Coast, côte au vent, par opposition à la côte sous le vent, qui caractérise le golfe de Guinée. Pour Curtin, la côte au vent s’étend du Cap-Mount à Assini (à la frontière actuelle du Liberia et de la Côte-d’Ivoire), mais elle est aussi couramment assimilée à la région de Sierra Leone ou encore à la « Guinée » des Français. Jones et Johnson (1980) soulignent que la définition de la côte au vent varie selon les sources et les périodes. De fait, ce terme, originellement utilisé par la Royal African Company, désigne successivement la zone se trouvant entre Sherbrow et Ancober (en 1726), puis la région entre le Rio Nunez et la Cap des Palmes (en 1728), et enfin, toute la région située entre la Gambie et la Gold Coast (en 1770). Son extension géographique variable reflète les modifications des conditions de commerce et de navigation. Faute d’avoir tenu compte de cette ambiguité, les estimations de Curtin sur le nombre d’esclaves exportés de la zone sont erronées.

    36Le terme « Rivières du Sud » peut apparaître par trop « franco-français ». On aurait pu, à la suite des collègues anglophones spécialistes de la région (Linares, Rodney, Brooks, etc.), lui préférer celui de « Haute Guinée littorale ». Mais cette option n’a pas été retenue. Le choix d’une désignation moins ambivalente que celle de Guinée4, moins lourde que celle de « Haute Guinée littorale », sans doute plus poétique et évoquant mieux les paysages d’estuaires à mangrove a semblé plus opportun. Il faut espérer que cet ouvrage permettra de vulgariser l’utilisation de ce nom Outre-Atlantique.

    Les mangroves des Rivières du Sud : un cadre régional polymorphe

    37La délimitation spatiale et temporelle des mangroves des Rivières du Sud constitue un défi essentiel pour la recherche pluridisciplinaire. La facilité tendrait à définir cet espace par défaut, en référence à des entités géopolitiques mieux identifiées, comme la Sénégambie au nord, la Côte des Graines au sud, le Gabou (ou Kaabu) et les États théocratiques du Fouta-Djallon à l’est. Il s’agirait ainsi d’une simple interface entre des zones écologiques contrastées (la savane et la forêt), d’une marche, exutoire des puissantes formations socio-politiques de l’intérieur.

    38Le débat interdisciplinaire tend à mettre en évidence la géométrie variable du cadre régional étudié en fonction de la question posée et du point de vue adopté.

    39Le critère retenu pour la délimitation spatiale peut être géographique et/ou historique. L’extension maximale de la mangrove – passée ou actuelle – ne correspond pas systématiquement, loin s’en faut, à l’espace régional désigné actuellement sous le terme « pays des Rivières du Sud ». Le tableau suivant l’illustre, en croisant quelques entrées thématiques avec la zone d’observation qui semble la plus pertinente.

    40La diversité des découpages spatiaux renvoie non seulement à la diversité des phénomènes étudiés et des approches scientifiques, mais aussi à la dynamique spatio-temporelle de la zone écologique – la mangrove –, comme de l’entité géopolitique – les Rivières du Sud.

    Tableau 1. Choix de la zone d’observation en fonction de la problématique.

    Image img05.jpg

    41Les synthèses à l’échelle des Rivières du Sud sont peu nombreuses et elles ont, pour la plupart, des difficultés à se débarrasser du carcan des frontières nationales. En témoignent les débats agitant les historiens sur la délimitation la plus opportune des Rivières du Sud. Certains limitent l’extension septentrionale de cette région à la Gambie (Brooks, 1993), d’autres limitent son extension méridionale au Rio Geba (Barry, 1988). D’autres, enfin, tout en considérant la région Casamance-Geba comme le cœur des Rivières du Sud, l’étendent au nord, jusqu’à la presqu’île du Cap-Vert et Gorée (Pélissier, 1989), et au sud, jusqu’à la Sierra Leone River (Rodney, 1970).

    42Dans cet ouvrage, le parti a été pris de délimiter les mangroves des Rivières du Sud le plus largement possible pour donner un cadre commun aux différentes approches. Ainsi, en ce qui concerne les délimitations latitudinales, si la Gambie peut apparaître comme une frontière imperméable du point de vue écologique, social, culturel et politique5, il a semblé plus pertinent, dans le cadre de cet ouvrage, de comprendre les îles du Saloum dans l’ensemble des Rivières du Sud. Les mêmes paysages estuariens à mangrove y sont relevés. Les communautés niominka, qui tiennent à la fois des Serer au Nord et des Manding au Sud, ont joué (et continuent toujours de jouer) un rôle essentiel dans la structuration de l’espace et des sociétés des Rivières du Sud.

    43Vers le sud, il a semblé plus légitime de limiter l’extension méridionale de la zone au Cap-Mount, car au-delà, les estuaires à mangrove disparaissent et les communautés mende ou krou ne comptent pas parmi les populations des Rivières du Sud, même si leur influence sur la zone est indéniable. Il n’empêche que, pour l’histoire du peuplement, l’analyse des stratégies des acteurs et la mise en évidence des dynamiques socio-économiques, il est nécessaire de tenir compte d’un cadre régional plus vaste et non limité aux littoraux.

    44En ce qui concerne les délimitations longitudinales, il a semblé plus opportun de privilégier l’entrée écologique, c’est-à-dire de considérer la zone dont la structure et le fonctionnement sont, sinon inféodés, du moins étroitement dépendants de la mangove. Cette zone de transition correspond à la plaine maritime ou à la zone humide littorale soumise au balancement de la marée, et peut être étendu vers l’ouest jusqu’à la limite du plateau continental (limite des 200 mètres). À l’évidence, cette délimitation se prête à des variantes selon la question scientifique posée.

    45Les chapitres de cet ouvrage doivent être compris comme les multiples facettes d’un kaléidoscope, chacun contribuant par la diversité des éclairages, et donc des échelles spatio-temporelles privilégiées, à cerner la réalité complexe de l’objet de recherche considéré, à savoir les mangroves des Rivières du Sud.

    46Ces chapitres ont donc pour but de mettre en évidence la pluralité des découpages spatiaux, qui, loin d’occulter l’identité de cette région, contribue à la construire.

    Délimitation des objectifs

    47Discuter le rôle de la mangrove comme facteur structurant des espaces et des sociétés des Rivières du Sud, analyser les faits de continuités et de discontinuités spatiales et temporelles sont les deux lignes directrices de cet ouvrage.

    48Pour la clarté de l’exposé, l’analyse successive des fondements écologiques des Rivières du Sud (première partie), puis démographiques et sociaux (IIe partie), et enfin techniques et économiques (IIIe partie) a semblé nécessaire. Ainsi, une fois le cadre « naturel » de la région bien campé, les contributeurs de la première partie s’interrogent sur la spécificité des écosystèmes à mangrove des Rivières du Sud.

    49Dans une IIe partie, les contributeurs remettent en cause les forts préjugés existant à l’égard de la mangrove, en particulier leur caractère impénétrable, hostile et malsain, en s’appuyant, d’une part sur l’histoire du peuplement, d’autre part sur l’analyse des relations entre l’environnement et la santé des populations des Rivières du Sud.

    50Dans une IIIe partie, les contributeurs examinent les divers usages de la mangrove et analysent la dynamique des relations entre les sociétés et les mangroves.

    51Un chapitre de synthèse s’efforce de croiser ces différents éclairages pour recomposer l’identité des Rivières du Sud.

    52Enfin, le chapitre conclusif analyse les diverses perceptions de la mangrove selon les acteurs sociaux et leur évolution, les enjeux dont elles sont l’objet et les conflits qu’elles suscitent.

    53Beaucoup de questions scientifiques relatives à la mangrove restent encore sans réponse. La mangrove est-elle une ressource, un écosystème ou un espace ? Ou encore, est-elle un « écotone », ou une mosaïque d’écosystèmes ? Ce milieu est-il riche ou pauvre ? Sain ou malsain ? Vierge ou surpeuplé ?

    54Cet ouvrage a précisément pour objet de fournir des éléments de réponse à ces questions et, en outre, d’expliciter les difficultés de construction en commun d’un objet de recherche complexe.

    Notes de bas de page

    1 Les forêts de mangroves font l’objet de notes au moins depuis l’Antiquité (Rollet, 1981).

    2 Schimper (1891) et Haberlandt (1893), deux botanistes allemands, puis plus récemment Macnae (1968), Walsh (1974), Chapman (1976), Tomlinson (1986) et Duke (1992) sont parmi les premiers à s’être interrogés sur la définition des mangroves.

    3 La découverte des littoraux ouest-africains fait l’objet de controverses entre les défenseurs de la thèse « saharienne » (Monod, Mauny, etc.) et ceux de la thèse « atlantique » (Gauthier, Richard Molard, Girard). Pour les premiers, les relations transsahariennes auraient été prédominantes et même exclusives de toute autre relation avant l’arrivée des Portugais. Avant 1434, la navigation au-delà du cap Bojador aurait été impossible pour des raisons techniques et psychologiques. Pour les seconds, la navigation aurait été possible en louvoyant. Selon Girard, des relations commerciales maritimes étaient déjà établies entre les Carthaginois-Noirs et le pays du Cantor. Le commerce de l’or était déjà actif via le fleuve Gambie, navigable sur plus de 300 km.

    4 La confusion, déjà soulignée pour la période précoloniale avec l’ensemble des pays de l’Afrique noire, la Guinée portugaise, la Gold Coast et ses dépendances, ou encore la Guinée française, est entretenue de nos jours avec les pays du golfe de Guinée, mais aussi avec la « Basse Côte de Guinée », termes utilisés pour désigner les régions littorales situées entre la Gambie et la Sierra Leone.

    5 Selon Brooks (1993), les pays au nord de la Gambie sont caractérisés par des paysages de savanes et des littoraux aux deltas étroits : le sorgho et le mil sont les céréales prédominantes, les troupeaux de bovins sont composés de zébus, et les sociétés sont stratifiées et hiérarchisées. En revanche, au Sud, les paysages sont dominés par la forêt claire : les deltas sont largement ouverts, le riz est la céréale dominante, et à cause de la présence de mouches tsé-tsé, les zébus cèdent la place aux ndamas, race de bovin trypano-résistante. Enfin, les sociétés sont égalitaires.

    Auteur

    • Marie-Christine Cormier-Salem

      Marie-Christine Cormier-Salem, géographe. Orstom-MNHN, Laboratoire d’ethnobiologie-biogéographie, 57, rue Cuvier, 75231 Paris cedex 05, France.

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    Sociétés et mangroves ouest-africaines

    Marie-Christine Cormier Salem (dir.)

    1999

    À la découverte des villages de métier au Vietnam

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    Dix itinéraires autour de Hà Nội

    Sylvie Fanchette et Nicholas Stedman

    2009

    Des sources du savoir aux médicaments du futur

    Des sources du savoir aux médicaments du futur

    Jacques Fleurentin, Jean-Marie Pelt et Guy Mazars (dir.)

    2002

    Manuel de sclérochronologie des poissons

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    Jacques Panfili, Hélène de Pontual, Hervé Troadec et al. (dir.)

    2002

    Le Mali contemporain

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    Joseph Brunet-Jailly, Jacques Charmes et Doulaye Konaté (dir.)

    2014

    Des mondes oubliés

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    Carnets d’Afrique

    Christian Seignobos

    2017

    The inland water fishes of Africa

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    Diversity, ecology and human use

    Didier Paugy, Christian Levêque et Olga Otero (dir.)

    2017

    Discovering Craft Villages in Vietnam

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    Ten itineraries around Hà Nội

    Sylvie Fanchette et Nicholas Stedman Nicholas Stedman (trad.)

    2016

    Coopération Afrique-Europe en matière de recherche et innovation

    Coopération Afrique-Europe en matière de recherche et innovation

    Défis mondiaux, réponses bi-régionales

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    2018

    Le lac Victoria

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    Un écosystème bouleversé par l'Homme

    Didier Paugy et Christian Levêque

    2018

    Au cœur des mondes de l'aide internationale

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    Regards et postures ethnographiques

    Philippe Lavigne-Delville et Marion Fresia (dir.)

    2018

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    Marie-Christine Cormier-Salem

    Les littoraux à mangrove, des régions fragiles ?

    Marie-Christine Cormier-Salem

    7. Innovation et relations société-environnement

    Marie-Christine Cormier-Salem

    Introduction : un patrimoine dans tous ses états

    Marie-Christine Cormier-Salem et Pascale de Robert

    Patrimoines et savoirs naturalistes locaux

    Marie-Christine Cormier-Salem et Bernard Roussel

    La mangrove : de l’imaginaire aux pratiques

    Marie-Christine Cormier-Salem

    Chapitre IV. L’identité humaine des Rivières du Sud : unité historique et situation d’interface

    Marie-Christine Cormier-Salem, Jean-Pierre Chauveau et Stéphane Bouju

    Conclusion. De la reconnaissance de patrimoines naturels à la valorisation des savoirs locaux

    Premier bilan et perspectives de recherches dans les pays du Sud

    Marie-Christine Cormier-Salem et Bernard Roussel

    Dynamique des espaces littoraux des Rivières du Sud : grands traits de comparaison

    Marie-Christine Cormier-Salem

    À la découverte des mangroves : regards multiples sur un objet de recherche mouvant

    Marie-Christine Cormier-Salem

    Avant-propos

    Marie-Christine Cormier-Salem

    Developing Commons through Participatory Mapping

    Co‑Creating Desirable Territorial Futures in Lower Casamance

    Alexandre Badiane, Marie-Christine Cormier-Salem, Luc Descroix et al.

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    1 Les forêts de mangroves font l’objet de notes au moins depuis l’Antiquité (Rollet, 1981).

    2 Schimper (1891) et Haberlandt (1893), deux botanistes allemands, puis plus récemment Macnae (1968), Walsh (1974), Chapman (1976), Tomlinson (1986) et Duke (1992) sont parmi les premiers à s’être interrogés sur la définition des mangroves.

    3 La découverte des littoraux ouest-africains fait l’objet de controverses entre les défenseurs de la thèse « saharienne » (Monod, Mauny, etc.) et ceux de la thèse « atlantique » (Gauthier, Richard Molard, Girard). Pour les premiers, les relations transsahariennes auraient été prédominantes et même exclusives de toute autre relation avant l’arrivée des Portugais. Avant 1434, la navigation au-delà du cap Bojador aurait été impossible pour des raisons techniques et psychologiques. Pour les seconds, la navigation aurait été possible en louvoyant. Selon Girard, des relations commerciales maritimes étaient déjà établies entre les Carthaginois-Noirs et le pays du Cantor. Le commerce de l’or était déjà actif via le fleuve Gambie, navigable sur plus de 300 km.

    4 La confusion, déjà soulignée pour la période précoloniale avec l’ensemble des pays de l’Afrique noire, la Guinée portugaise, la Gold Coast et ses dépendances, ou encore la Guinée française, est entretenue de nos jours avec les pays du golfe de Guinée, mais aussi avec la « Basse Côte de Guinée », termes utilisés pour désigner les régions littorales situées entre la Gambie et la Sierra Leone.

    5 Selon Brooks (1993), les pays au nord de la Gambie sont caractérisés par des paysages de savanes et des littoraux aux deltas étroits : le sorgho et le mil sont les céréales prédominantes, les troupeaux de bovins sont composés de zébus, et les sociétés sont stratifiées et hiérarchisées. En revanche, au Sud, les paysages sont dominés par la forêt claire : les deltas sont largement ouverts, le riz est la céréale dominante, et à cause de la présence de mouches tsé-tsé, les zébus cèdent la place aux ndamas, race de bovin trypano-résistante. Enfin, les sociétés sont égalitaires.

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    Ce livre est cité par

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    • Baldé, Omar. Diouf, Mouhamadoul B.. Diouf, Ibrahima. Sagne, Abdou. (2026) Analysis of the Impact of River Erosion in the Saloum Delta: The Case of the Mar Islands (Fatick, Senegal). Journal of Geoscience and Environment Protection, 14. DOI: 10.4236/gep.2026.147012
    • Cossa, Viriato S. I.. Merkohasanaj, Matilda. Stomph, Tjeerd Jan. Goulao, Luis F.. Temudo, Marina. Struik, Paul C.. (2026) Varieties, seed systems, and experimentation: lessons learned from the mangrove swamp rice agroecosystem. Agroecology and Sustainable Food Systems. DOI: 10.1080/21683565.2026.2716343
    • Dynamique récente d'évolution des mangroves de la région de Toliara (Madagascar). DOI: 10.70675/c6329b97z742dz4987za74cz61080e22d601

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    • Ackermann, Gabriela. Alexandre, Frédéric. Andrieu, Julien. Mering, Catherine. Ollivier, Claire. (2006) Dynamique des paysages et perspectives de développement durable sur la petite cote et dans le delta du Sine – Saloum (Sénégal). VertigO, 7-2. DOI: 10.4000/vertigo.2206
    • Balla Dieye, EL Hadji. Tahirou Diaw, Amadou. Sané, Tidiane. Ndour, Ngor. (2013) Dynamique de la mangrove de l’estuaire du Saloum (Sénégal) entre 1972 et 2010. Cybergeo. DOI: 10.4000/cybergeo.25671
    • Diédhiou, Ibrahima. Mering, Catherine. Sy, Oumar. Sané, Tidiane. (2020) Cartographier par télédétection l’occupation du sol et ses changements. EchoGéo, 54. DOI: 10.4000/echogeo.20510
    • Leblan, Vincent. (2012) Contribution à l’histoire des paysages en Afrique de l’Ouest. Cahiers d'études africaines, 52. DOI: 10.4000/etudesafricaines.17203

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    Cormier-Salem, M.-C. (1999). Des littoraux aux limites mouvantes. In M.-C. Cormier Salem (éd.), Rivières du Sud. Marseille: IRD Éditions. https://doi.org/10.4000/books.irdeditions.4981
    Cormier-Salem, Marie-Christine. « Des littoraux aux limites mouvantes ». In Rivières du Sud, édité par Marie-Christine Cormier Salem. Marseille: IRD Éditions, 1999. doi:10.4000/books.irdeditions.4981.
    Cormier-Salem, Marie-Christine. « Des littoraux aux limites mouvantes ». Rivières du Sud, édité par Marie-Christine Cormier Salem, IRD Éditions, 1999, https://doi.org/10.4000/books.irdeditions.4981.

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    Cormier Salem, M.-C. (éd.). (1999). Rivières du Sud. Marseille: IRD Éditions. https://doi.org/10.4000/books.irdeditions.4974
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    Cormier Salem, Marie-Christine, éditeur. Rivières du Sud. IRD Éditions, 1999, https://doi.org/10.4000/books.irdeditions.4974.
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