Fièvre jaune : situation en Guyane et épidémie au Brésil
p. 193-195
Texte intégral
1La Fièvre jaune (FJ) est une anthropo-zoonose virale due à un arbovirus (Flavivirus), le virus amaril. Le nombre de cas est estimé à environ 200 000 par an (30 000 décès) dont seule une minorité est notifiée à l’OMS (Organisation mondiale de la santé, 2000). En Amérique latine, les vecteurs sont les moustiques sylvatiques du genre Haemagogus et Sabethes et les moustiques urbains du genre Aedes. Les hôtes amplificateurs sont les singes, les moustiques jouant le rôle de vecteur et de réservoir grâce à leur capacité de transmission verticale du virus à leur descendance.
2Chez l’homme, l’incubation est de l’ordre de 3 à 6 jours. Les formes asymptomatiques sont fréquentes (50 à 85 %). Les formes symptomatiques associent généralement fièvre, myalgies, nausées et céphalées, disparaissant généralement après 3/4 jours. Pour les formes graves (15 à 25 % des formes cliniques), une rémission passagère est suivie d’une défaillance multiviscérale : insuffisance hépatique avec ictère, troubles rénaux (albuminurie anurie) et, dans certains cas, un syndrome hémorragique (hématémèse, méléna, épistaxis, etc.). La létalité est de l’ordre de 20-50 % des formes graves. Le traitement est uniquement symptomatique.
3Le dernier cas (décédé) de Fièvre jaune identifié en Guyane remonte à 1998 (Héraud, Hommel et al., 1999 ; Talarmin, Hommel et al., 1998). Il s’agissait d’une personne vivant dans une Commune à la frontière avec le Suriname. La vaccination est obligatoire en Guyane depuis 1967. En 2000, la couverture vaccinale contre la FJ était élevée sur le littoral, où réside la majorité de la population, et la couverture vaccinale globale se situait entre 80 % et 90 % selon les tranches d’âge (Cire Antilles-Guyane - Ddass de Guyane - Conseil général de Guyane - InVS, 2000). Elle restait cependant suboptimale chez les enfants de 24 mois dans quelques communes de la zone intérieure. De nouvelles études de couverture vaccinale sont prévues. La vaccination est obligatoire en Guyane et indispensable pour tout séjour dans une zone de circulation de la FJ en Afrique ou en Amérique du Sud, même en l’absence d’obligation administrative (Haut conseil de la santé publique - Direction générale de la santé, 2008).
4Des cas humains de fièvre jaune sont décrits chaque année au Brésil. Une épizootie/épidémie plus importante a eu lieu en 2007/2008 dans plusieurs pays d’Amérique du Sud : Brésil, Paraguay, Argentine (Département international et tropical, 2008). Entre le 1er décembre 2007 et le 11 juin 2008, les autorités brésiliennes ont fait état de 45 cas confirmés (25 décès, létalité 55,5 %) dans 8 États, dont le Para, frontalier de la Guyane. Les cas identifiés ont tous été contaminés lors d’un séjour en forêt y compris ceux survenus dans les zones rurales du District Fédéral (région de la capitale Brasilia). Parmi les 45 cas confirmés, 37 (82 %) n’étaient pas vaccinés, 2 (4,5 %) avaient été vaccinés il y a plus de 10 ans (statut non documenté pour 4 cas et vaccination datant de plus de 9 ans pour un cas).
5Ces cas humains sont souvent liés à la migration de populations de zones indemnes vers des zones rurales ou forestières enzootiques. Ces zones de forêts abritent de nombreuses espèces de singes et de moustiques du genre Haemagogus, Sabethes et Aedes. Dans ce contexte, le risque est celui de l’établissement d’un cycle urbain (transmission par le moustique Aedes aegypti) au Brésil à partir de cas importé des zones rurales. Les autorités sanitaires n’ont à ce jour rapporté aucun élément en faveur de l’établissement d’un cycle urbain, y compris à Brasilia. La dernière épidémie de fièvre jaune urbaine au Brésil est survenue en 1928-1929 à Rio de Janeiro et le dernier cas sporadique urbain a été documenté en 1942.
6Depuis lors, seuls des cas de fièvre jaune sylvatique ont été décrits dans des zones d’épizootie, liés à des activités (y compris touristiques) en forêt tropicale. Le vaccin est fortement recommandé pour les personnes se rendant dans ces zones. Il est obligatoire pour les touristes se rendant au Brésil et venant de zones où la fièvre jaune circule ou a circulé.
Bibliographie
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Format
Bibliographie
Organisation Mondiale De La Sante, 2000 - Fièvre jaune. WHO/CDS/CSR/EDC/2000.1. Ref Type: Report.
10.3201/eid0503.990314 :Héraud J. M., Hommel D. et al., 1999 - First case of yellow fever in French Guiana since 1902. Emerg Infect Dis ; 5(3) :429-432.
Talarmin A., Hommel D. et al., 1998 - Fièvre jaune en guyane : une menace toujours présente. Bull Epidemiol Hebdo ; 39 :170-171.
Cire Antilles-Guyane - Ddass de Guyane - Conseil général de Guyane - InVS, 2000 - La couverture vaccinale en Guyane, 2000. Ref Type : Report.
Haut Conseil De La Sante Publique - Direction générale de la santé, 2008 - Recommandations sanitaires pour les voyageurs 2008. Bull Epidemiol Hebdo ; n° 25-26 :226-235.
Departement International Et Tropical. Épidémiologie de la fièvre jaune, Amérique du Sud. Actualité internationale, 19 février 2008. Institut de veille sanitaire (http://www.invs.sante.fr/international/notes/Note%20FJ%20Am%20Lat%202008%20finale.pdf)
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