Chapitre 2. Les structures au service de la mobilisation des Vietnamiens de l’étranger
p. 37-55
Texte intégral
1 - Les associations membres du Front de la Patrie
1Fondé en 195566, le Front de la Patrie (Mặt Trận Tổ Quốc) se compose de quarante-quatre organisations dont le Parti communiste. Il symbolise la Grande Union nationale et représente notamment les femmes, la jeunesse, les personnes âgées, les groupes religieux, les ethnies, les agriculteurs et, depuis les modifications apportées en 2001 à la Constitution de 1992, les Vietnamiens de l’étranger. Cependant, ces derniers peuvent intégrer depuis les années 1990 les associations de proches de Việt kiều qui sont membres du Front de la Patrie.
Créer un mouvement de solidarité par l’intermédiaire des proches
2L’entraide au sein des familles vietnamiennes est très développée. Les Vietnamiens exilés – qui sont souvent plus aisés que les Vietnamiens de l’intérieur – ont le devoir d’apporter un soutien financier à leur famille au Viêt Nam. Dès le milieu des années 1980, les autorités décident de mobiliser les proches des Việt kiều pour que cette solidarité familiale soit à la fois « pour la famille et utile pour l’État » (lợi nhà vừa ích nước)67. Une première expérience prend forme à Nha Trang où est fondé en 1985 le Bureau de relation avec les familles des Việt kiều, et une seconde à Hải Phòng, où est créée en 1989 une association de liaison avec les Việt kiều. L’expérience s’étend à d’autres villes et provinces au début des années 1990.
Organigramme 1. Les structures en lien avec les Vietnamiens de l’étranger

Note : l’organigramme n’est pas exhaustif dans la mesure où il n’inclut pas les structures chargées d’une mission consulaire ni l’association des entrepreneurs Việt Kiều.
(1) La direction du Comité est assurée par le vice-ministre des Affaires étrangères.
(2) L’association est également membre du Front de la Patrie.
Localisation des Associations du Front de la Patrie en lien avec les Vietnamiens de l’étranger

Sources : Saigon Times Books, Caåm nang Kiều bào 2010, 1001 câu trả lời cho Kiều bào về thăm, làm ăn, sinh sống tại quê nhà [Guide pour les Kiều bào 2008 : 1 001 réponses pour les Kiều bào qui rentrent visiter, travailler, vivre au pays natal], Saigon, Nxb Trẻ, Thời Báo Kinh tế Sài Gòn, 2010, p. 48-49 ; Nguyễn Chiến Thắng, Lê Tiến Ba, Ủy Ban về người Việt Nam ở nước ngoài [Comité des Vietnamiens de l’étranger], Cộng Đồng người Việt Nam ở nước ngoài : Những vấn đề cần biết [La communauté des Vietnamiens de l’étranger : les choses à savoir], Hanoi, Nxb Thế Giới, 2005, p. 215-218.
3Les trois premières Constitutions du Viêt Nam (1946, 1959 et 1980) mentionnent que « l’État protège les droits et intérêts légitimes des Vietnamiens de l’étranger ». En 1992, la nouvelle Constitution ajoute :
« L’État crée des conditions permettant aux Vietnamiens résidant à l’étranger d’entretenir des relations étroites avec leur famille et leur lieu natal ainsi que d’apporter leur contribution à l’édification de leur lieu natal et de leur pays68. »
4C’est dans ce contexte que le secrétariat du Comité du Front de la Patrie et le Comité central des Việt kiều édictent le texte interministériel no 5/HD-LB69 afin de guider la création d’associations de liaison avec les Việt kiều (Hội liên lạc Việt kiều) et d’associations de proches des Kiều bào (Hội thân nhân Kiều bào) qui, malgré des appellations différentes, exercent les mêmes fonctions. Elles sont fondées sur l’initiative des comités du Front de la Patrie des provinces et des villes et ont, outre la mobilisation des proches au niveau des districts, des communes et des hameaux, les missions suivantes :
organiser des actions pour renforcer la solidarité, l’affection mutuelle et l’esprit patriotique des membres et de leurs proches à l’étranger ;
diffuser et appliquer les politiques et les lois en rapport avec les Việt kiều ;
guider les Việt kiều dans leurs démarches administratives, dans leurs investissements économiques et dans la réalisation de projets humanitaires ou de développement.
5Parmi les dix-huit associations fondées au Viêt Nam, celle de Hải Phòng apparaît comme la plus dynamique et fait figure d’exemple à suivre. Il est à ce titre intéressant d’analyser son parcours et de donner des exemples de ses réalisations.
L’Association de liaison avec les Việt kiều de Hải Phòng
6La ville de Hải Phòng compte de nombreux ressortissants du « Mouvement des Việt kiều patriotes » de Thaïlande, de Nouvelle-Calédonie, du Laos et du Cambodge rapatriés au début des années 1960 ainsi que des personnes parties étudier en France dans les années 193070. À la fin des années 1980, certains d’entre eux veulent participer à la politique du Renouveau du pays et proposent pour cela de mobiliser les Vietnamiens de l’étranger. Leur initiative est soutenue par le Front de la Patrie de la ville qui fonde en 1989 l’Association de liaison avec les Việt kiều (ALVK) de Hải Phòng.
7Celle-ci compte à ses débuts quarante adhérents. Le premier Comité exécutif (1989-1992) se compose de onze membres : cinq Việt kiều et six proches de Việt kiều, dont un homme d’affaires, quatre ingénieurs et deux docteurs71. Le président est un Việt kiều français et le vice-président permanent est un Việt kiều thaïlandais72. Les années suivantes, l’Association ne cesse de prendre de l’envergure. Depuis 2005, le Comité exécutif est composé de trente-trois membres73 et, en 2009, l’Association regroupe 1 400 adhérents (dont cent Việt kiều) et possède treize succursales à l’étranger.
8Après vingt ans d’activité, l’ALVK de Hải Phòng affiche un bilan correct. Elle a permis l’augmentation des devises envoyées par les expatriés, la réalisation de programmes humanitaires (aide aux victimes de l’agent orange, aux pauvres et aux handicapés)74 et la concrétisation de projets d’investissement bénéfiques au développement de la ville (hôpital, université)75. Selon un responsable de l’Association, ce succès est le fruit du travail des membres qui font preuve d’habilité pour créer un lien fondé sur la solidarité, la confiance et l’amour du pays avec les Vietnamiens de l’étranger. Il met par ailleurs l’accent sur le travail d’accompagnement de l’Association qui permet aux Việt kiều de renouer avec leur pays d’origine dans les meilleures conditions :
« Les membres de l’Association de liaison avec les Việt kiều de Hải Phòng sont très ouverts. Ils sont admirables dans la mesure où ils sont bénévoles et consciencieux. Ils jouent le rôle de guide pour les affaires, les logements, les mariages, etc. Grâce aux proches, les Việt kiều de retour ont pu intégrer divers réseaux. Cela aurait été difficile de faire des affaires ou de participer au développement de la ville sans cet encadrement76. »
9Les bons résultats de l’Association sont aussi liés aux attraits économiques de la ville77 qui accueille vingt-sept projets d’investissement (d’une valeur de 100 millions de dollars) d’entrepreneurs Việt kiều78. Parmi ces projets, la construction du « village Việt kiều » (Làng Việt kiều) de Hải Phòng est notable de par son envergure, mais aussi du fait de sa symbolique79. Son initiateur, Nguyễn Tài Phương80 (Việt kiều des États-Unis), a souligné le soutien important de l’ALVK dans sa démarche :
« L’Association a un haut sens des responsabilités et se montre à l’écoute des Kiều bào. […] Elle a des programmes pour soutenir les Kiều bào de retour au pays natal dans les domaines de l’investissement, du développement économique et de l’humanitaire. L’Association a aidé les Kiều bào à mieux comprendre les politiques dans le pays et à créer un sentiment d’attachement avec le pays natal81. »
10Le rapport instauré entre l’Association et les investisseurs Việt kiều se révèle être un échange de bons procédés. La première aide à franchir les obstacles administratifs et à intégrer les réseaux. En retour, les seconds jouent le jeu politique des autorités et favorisent le développement et l’économie de la ville. L’engagement des Việt kiều patriotes rapatriés à Hải Phòng a été décisif pour l’Association. Ils ont réussi à instaurer une relation de confiance et de solidarité entre les autorités de la ville et les Vietnamiens de l’étranger. Toutefois, les bons résultats de l’Association cachent certaines difficultés82. Mais celles-ci sont moindres que celles rencontrées dans certaines provinces et villes du Centre et du Sud qui comptent une majorité d’exilés politiques. Les autorités locales craignent en effet de se heurter à des problèmes et ne prennent pas l’initiative d’y créer une association.
La persistance des blocages politiques
11On recense actuellement dix-huit associations réparties inégalement dans tout le pays83. La concentration la plus importante (douze) se trouve dans le Sud, en particulier au Sud de la région de Hô Chi Minh-ville (huit). On compte sept associations dans le Nord, dont deux à Hanoi. Un vide demeure au Centre du pays où seule la ville de Đà Nẵng accueille une association84. Cette partie du Viêt Nam est particulièrement pauvre et rencontre des difficultés dans l’application des mesures politiques vis-à-vis des Việt kiều. Selon des statistiques qualifiées d’« incomplètes », la revue Quê Hương estime à quarante et une sur soixante les provinces où vivent des familles de Vietnamiens de l’étranger85. La mobilisation des proches est donc loin d’être effective.
12La situation était encore plus préoccupante une décennie plus tôt et avait amené le président du Front de la Patrie, Phạm Thế Duyệt, à signaler les lacunes de la politique de mobilisation à l’occasion d’une conférence à Hải Phòng en juin 200186. Il met en cause les comités du Front de la Patrie pour leur négligence dans la formation des cadres chargés de la mobilisation et pour leur manque d’initiative dans la fondation ou la consolidation d’associations. Phạm Thế Duyệt regrette à ce propos le nombre important de villes et de provinces dépourvues d’associations alors que beaucoup de Vietnamiens de l’étranger y ont de la famille. L’exemple le plus frappant est celui de Hô Chi Minh-ville qui ne se dote d’une association qu’en 200687, soit dix-sept ans après la ville de Hải Phòng ! Bien qu’il insiste fortement sur les manquements administratifs des comités du Front de la Patrie pour expliquer cette situation, le président du Front de la Patrie déplore aussi la persistance de préjugés qui font que les Vietnamiens de l’étranger se sentent discriminés et rechignent de fait à investir au Viêt Nam. Enfin, il était difficile pour Phạm Thế Duyệt de ne pas évoquer, au moins brièvement, les blocages liés aux différends avec les opposants au régime. Il suggère ainsi de passer outre et de lutter contre les « activités d’un petit nombre d’extrémistes qui s’opposent au pays ». La langue de bois est pourtant parfois de mise à ce sujet. Ainsi, selon M. Y, responsable d’une association, la lenteur avec laquelle a été fondée l’Association de Hô Chi Minh-ville est due au fait que la ville compte quelque 250 000 familles ayant presque toutes des proches à l’étranger. De fait, sa création nécessitait une organisation et des préparatifs plus importants. À l’opposé, M. T, lui aussi responsable d’une association, évoque clairement des blocages d’ordre politique pour expliquer les difficultés de la mobilisation des proches au Centre du pays88. L’entretien ci-dessous a été réalisé avec de dernier en juin 2011.
13Question : Pourquoi y a-t-il très peu d’associations de proches de Việt kiều au Centre du pays ?
14Réponse : Il y a en effet très peu d’associations au Centre. Cela dépend des dirigeants de ces provinces… Certains évitent les problèmes politiques. Les opinions divergent sur la question, mais certains d’entre eux craignent de rencontrer des problèmes politiques car la question des Việt kiều est délicate. Pourtant, cette région est pauvre et aurait besoin de mieux coopérer avec les Việt kiều pour se développer.
15Question : Ne sont-ils pas censés suivre les recommandations de l’État et du Parti ?
16Réponse : Oui, bien sûr, mais c’est parfois difficile. L’État et le Parti renforcent sans cesse les mesures pour mobiliser les Việt kiều, comme cela a été le cas en 2004 avec la directive du Bureau politique. Nous avons effectué de grandes réalisations. Cependant, dans certains cas, les mentalités évoluent plus doucement. Je désire actuellement monter un projet impliquant des Việt kiều et je rencontre des difficultés auprès des autorités. Je dois faire beaucoup de démarches. Toutefois, je reste confiant dans l’avenir quant à la résolution de ce problème.
17Question : Pensez-vous que le fait que des Việt kiều « réactionnaires » agissent encore à l’encontre du Viêt Nam soit un frein à la mobilisation ?
18Réponse : Il faut s’exprimer de façon plus délicate sur ce sujet et ne pas utiliser le mot « réactionnaire ». Vous savez, les Vietnamiens de l’étranger sont une partie inséparable du peuple vietnamien et on doit ne pas essayer de faire de distinction.
19Question : Mais il existe quand même des gens qui sont opposés au régime vietnamien. Peut-être est-ce pour cela que des responsables ont peur de créer des associations ?
20Réponse : C’est peut-être le cas pour certains, mais les mentalités évoluent. De plus, les opposants politiques de l’étranger représentent une minorité. J’ai donc confiance dans l’avenir.
2 - Les associations de l’étranger et les représentations diplomatiques
Les associations progouvernementales de l’étranger
21Sous l’impulsion des ambassades vietnamiennes, des associations progouvernementales de Vietnamiens de l’étranger se sont implantées dans les communautés ces vingt dernières années. Elles ont renforcé l’ancien réseau d’associations progouvernementales qui s’était constitué avant 1975.
Tableau 3. Les nouvelles associations progouvernementales
Nom et pays | Année de création | Nombre de membres du Comité exécutif | Nombre de Vietnamiens résidant dans ce pays |
Association des Vietnamiens de Taïwan | 2011 | n.d. | 200 000 |
Association des Vietnamiens du pays natal en Norvège | 2011 | n.d. | 19 000 |
Association des Vietnamiens en Suisse | 2010 | n.d. | 8 000 |
Association des Vietnamiens en Suède | 2010 | 15 | 14 000 |
Association des Vietnamiens en Corée du Sud | 2010 | 27 | 90 000 |
Bureau de liaison de la communauté vietnamienne au Qatar | 2009 | n.d. | 1 600 |
Association des Vietnamiens Finlande | 2007 | 22 | 400 000 |
Association des Vietnamiens en Allemagne | 2006 | n.d. | 120 000 |
Association des Vietnamiens en Russie | 2004 | 51 | 60 000 |
Association des Vietnamiens en Angola | 2002 | n.d. | 5 000 |
Association des Vietnamiens en République Tchèque | 1999 | 57 | 61 820 |
Association des Vietnamiens en Pologne | 1999 | n.d. | 20 000 |
Tableau 4. Les représentations diplomatiques vietnamiennes
Zone | Nombre de représentations diplomatiques |
Asie-Pacifique | 35 |
Europe | 27 |
Amérique | 12 |
Afrique | 8 |
Moyen-Orient | 7 |
Total | 89 |
Source : http://www.vnembassy.net/
Organigramme 2. Représentations diplomatiques vietnamiennes à l’étranger

(1) Les responsables des associations progouvernementales de l’étranger sont membres du Front de la Patrie.
Rétablir les liens avec les associations patriotes d’avant 1975
22Pendant la guerre du Viêt Nam, la RDVN bénéficie du soutien d’un réseau d’associations de Việt kiều patriotes qui s’étendait de l’Asie du Sud-Est (Thaïlande, Cambodge, Laos) au Japon, en France, en Belgique, en ex-République fédérale d’Allemagne et au Canada. Les relations entre la RDVN et ces associations étaient alors très simples. Celles-ci soutenaient la lutte du Nord-Viêt Nam en envoyant de l’argent et en menant des actions de propagande et d’agitation politique. Ces associations n’avaient aucune initiative politique et se contentaient d’obéir aux ordres des dirigeants de la RDVN. Une fois l’indépendance acquise, la situation a perduré et les associations ont commencé à souffrir d’une certaine mise à l’écart. Peu à peu, elles se sont questionnées sur leur rôle, leur identité et la justesse des orientations politiques du PCV. En 1986, des associations élèvent la voix pour finalement tirer à boulets rouges sur le Parti par l’intermédiaire des journaux associatifs. Des scissions s’opèrent dans un premier temps au Canada, en Belgique et, plus tard, en France où la section des jeunes de l’Union générale des Vietnamiens de France (UGVF) critique le conservatisme des aînés de l’Union89. Les délégations de médiateurs envoyés par le Comité central des Việt kiều ont bien du mal à trouver des solutions efficaces au malaise des associations patriotes. En règle générale, les dissidents aspirent à plus d’autonomie et à des évolutions politiques au Viêt Nam.
Encadré 2 : L’UGVF et l’AGEVP, deux associations politiques vietnamiennes de France
La rivalité entre l’Association générale des étudiants vietnamiens de Paris (AGEVP) et l’Union générale des Vietnamiens de France (UGVF) a longtemps été le symbole des divisions de la communauté vietnamienne de France. Le déclin de l’AGEVP fait que, aujourd’hui, la discorde est moins vive que par le passé. Créée en 1964 par des étudiants exilés, celle-ci soutenait le Sud-Viêt Nam. Après la chute du régime de Saigon, l’Association est inactive pendant deux ans. En 1977, l’arrivée des réfugiés politiques vietnamiens lui permet de prendre un nouveau souffle. Mais, depuis quelques années, l’Association n’arrive plus à renouveler ses membres. Les jeunes ne se sentent pas concernés par le combat politique de l’AGEVP qui continue de se présenter comme l’héritière de l’ambassade du Sud-Viêt Nam90. Ceux-ci sont en effet plus intéressés par la découverte de leur pays d’origine.
Cette situation profite à l’UGVF91 qui, comme les autres associations vietnamiennes progouvernementales de l’étranger, organise de nombreuses activités culturelles pour que les jeunes se sentent liés au Viêt Nam. L’Union possède des antennes dans plusieurs grandes villes de province et compte le nombre le plus important de membres de toutes les associations vietnamiennes de France. Elle se subdivise en sept associations : celle des personnes âgées, celle des travailleurs, celle des commerçants, celle des médecins, celle des scientifiques et techniciens, celle des sciences sociales et celle des jeunes. Au printemps 2010, la XIIe Assemblée générale de l’UGVF, qui s’est tenue en présence de Lê Kinh Tài, ambassadeur du Viêt Nam en France, et du président du CEVE, Nguyễn Thanh Sơn, a été l’occasion pour l’Union de réaffirmer la solidité des liens qu’elle entretient avec le Viêt Nam92.
23La crise politique traversée par les associations est à l’origine de la diminution de leurs effectifs – majoritairement composés d’intellectuels, de techniciens de haut niveau et de médecins93 – et de l’émergence de courants rénovateurs au sein des communautés. Le Viêt Nam a toutefois réussi à restaurer la confiance des associations patriotes de l’étranger. Les autorités vietnamiennes ont en tout cas agi dans ce sens et la contestation de la fin des années 1980 s’est peu à peu apaisée. Si l’on en croit certains articles de la presse vietnamienne, les relations semblent être au beau fixe. Par exemple, en décembre 2008, le CEVE annonce avoir hautement apprécié le don patriotique de 7 290 dollars versé par l’Association du Japon pour soutenir les soldats vietnamiens sur l’archipel de Trường Sa94. À l’occasion de l’anniversaire des trente ans de l’Association de Belgique, Ngô Đình Kha, conseiller à l’ambassade du Viêt Nam en Belgique, remercie l’Association pour ses nombreuses contributions et souhaite qu’elle renforce encore sa solidarité envers la mère patrie95.
24En réponse à la pression des Việt kiều patriotes et grâce à l’évolution des mentalités des cadres du Parti, le gouvernement vietnamien a envisagé des relations autres avec les associations de l’étranger. En 1992, Nguyễn Ngọc Nhà préconisait dans son étude d’accorder de nouvelles fonctions à ces dernières et de passer d’« associations d’obligations et de devoirs » à des « associations répondant aux besoins des Vietnamiens de l’étranger96 ». Sa proposition a trouvé un écho auprès des autorités et les associations se sont vues attribuer un rôle d’intermédiaire culturel, économique, administratif et politique qui les lie au Viêt Nam. Par ailleurs, elles ont enfin été gratifiées de la reconnaissance à laquelle elles aspiraient depuis de longues années. Le Viêt Nam ne s’est pas contenté de restaurer son réseau d’associations patriotes et s’est efforcé de l’élargir à d’autres pays.
Les nouvelles associations progouvernementales
25Au cours de la dernière décennie, douze97 associations progouvernmentales ont été créées à l’étranger par l’intermédiaire des ambassades vietnamiennes. Quatre de ces associations se trouvent dans d’anciens pays communistes (Pologne, Russie, République tchèque et ex-Allemagne de l’Est98) qui avaient accueilli des Vietnamiens dans le cadre de programmes de coopération, et quatre autres dans des pays où le Viêt Nam a récemment exporté de la main-d’œuvre (Corée du Sud, Qatar, Angola et Taiwan). Dans ces deux cas, il n’a pas été difficile pour les autorités vietnamiennes de l’étranger de trouver des volontaires « patriotes » pour fonder et animer des associations. Cela a probablement été moins évident en Norvège, en Finlande, en Suède et en Suisse où les communautés sont principalement composées d’immigrés politiques et économiques. Ainsi, force est de constater qu’une partie des Việt kiều de ces pays ne fait que tolérer l’interventionnisme des autorités vietnamiennes ou y est indifférente.
26Les associations entendent soutenir les communautés au niveau juridique. Celle d’Allemagne99 a entre autres le devoir de protéger les droits des Vietnamiens de l’étranger en accord avec les lois de leur pays de résidence. Néanmoins, les associations progouvernementales ne se substituent pas aux représentations diplomatiques, mais font le lien avec celles-ci. Toujours dans le but de veiller au bien-être des Vietnamiens de l’étranger, elles organisent diverses activités culturelles100.
27La culture fait en effet office de trait d’union au sein des communautés, mais aussi avec le Viêt Nam. À l’instar de ses homologues, l’Association des Vietnamiens de l’étranger de Finlande a la tâche « de préserver les valeurs culturelles vietnamiennes et de les transmettre aux jeunes générations101 ». Elle organise chaque année, en coopération avec l’ambassade, des camps d’été dans la campagne finlandaise afin de faire découvrir la culture et les traditions vietnamiennes aux jeunes générations à travers divers jeux et activités. Les associations se soucient par ailleurs de préserver et de promouvoir la langue vietnamienne au sein des communautés.
28Les associations sont aussi invitées à favoriser le regroupement des hommes d’affaires de la communauté et à soutenir des programmes de coopération économique entre le Viêt Nam et le pays d’accueil. Cette fonction est particulièrement évidente en Angola où l’Association – qui est dirigée par le chef d’une compagnie d’import-export – a participé en 2004 à l’organisation d’un séminaire intitulé « Opportunités d’investissements et d’affaires en Angola102 » auquel ont participé des hommes d’affaires d’Angola et du Viêt Nam. Il apparaît que les autorités vietnamiennes comptent sur l’Association pour favoriser ses exportations en Angola et dans les pays voisins.
29Toutes les associations ont des contacts réguliers avec des représentants du CEVE, des organes diplomatiques vietnamiens de l’étranger et du Front de la Patrie. Les premiers sont parfois présents lors des cérémonies d’inauguration et les seconds envoient des lettres d’encouragement et de soutien. La remise de certificats de mérite (giấy khên) à des membres ou à une association tend encore à resserrer les liens. Cette récompense intervient surtout à la suite d’une action patriotique qui s’exprime à travers une action humanitaire. Les associations envoient en effet régulièrement de l’argent ou des biens pour soutenir les victimes des catastrophes naturelles ou de l’agent orange. Dans des cas plus rares, elles témoignent de leur soutien politique au Parti, comme cela a été notamment le cas à propos du contentieux territorial avec la Chine. Ce système de récompenses s’applique aussi aux autres structures en lien avec les Vietnamiens de l’étranger. Il donne suite à la directive du Bureau politique no 36-NQ/TW qui énonce en 2004 le besoin de « distinguer les organismes et individus méritants qui, outre-mer, contribuent à l’édification de la communauté et à la construction nationale, comme les organismes et individus qui, à l’intérieur, se dépensent pour mobiliser les compatriotes d’outre-mer103 ».
30Parmi les associations progouvernementales de l’étranger, aucune ne se trouve aux États-Unis ni en Australie, pays qui accueillent pourtant un nombre important de Vietnamiens de l’étranger. Ces communautés, qui sont en grande partie composées d’exilés politiques, se montrent réticentes à leur implantation. Aux États-Unis, les communautés se sont construites dans l’opposition au régime communiste et entretiennent une mémoire collective qui exalte les symboles de l’ancienne République du Sud104. Le moindre symbole d’un attrait pour le régime communiste peut déclencher d’importantes manifestations105. La RSVN compte alors sur ses représentations diplomatiques pour tenter d’imposer son message d’Union et pour déjouer les plans des activisites antigouvernementaux.
Les représentations diplomatiques de la RSVN
31La normalisation progressive des relations internationales du Viêt Nam s’est accompagnée de l’ouverture de plusieurs représentations diplomatiques vietnamiennes à travers le monde. Au cours des vingt dernières années, elles se sont vues attribuer une mission de plus en plus précise envers les citoyens vietnamiens de l’étranger et les Vietnamiens exilés. L’inauguration de l’ambassade du Viêt Nam en Norvège, en juin 2010, portait leur nombre à quatre-vingt-neuf106. La zone Asie-Pacifique en compte trente-cinq, l’Europe vingt-sept, l’Amérique douze, l’Afrique huit et le Moyen-Orient sept107. Le réseau diplomatique de la RSVN a notamment la charge d’appliquer diverses mesures envers les ressortissants vietnamiens à l’étranger et les personnes d’origine vietnamienne. En plus de leur rôle officiel, les représentations diplomatiques ont des attributions officieuses visant à identifier et à contrôler les éléments déviants des communautés. Il est par ailleurs fort probable que des opérations d’espionnage et de sabotage soient menées au sein de mouvances anticommunistes. C’est du moins ce que laissent entendre certains articles108 d’activistes opposés au PCV.
32En 1990, le Conseil d’État promulgue une ordonnance concernant l’organisation et le fonctionnement des consulats de la République socialiste du Viêt Nam à l’étranger109. Il est question de développer des relations amicales et des coopérations entre la RSVN et d’autres pays, de protéger les droits et les intérêts de l’État à l’étranger, des citoyens vietnamiens (công dân Việt Nam)110 et également des personnes juridiques/morales (pháp nhân). Cette ordonnance reste très timide quant à la mobilisation et l’« éducation patriotique » des exilés vietnamiens non citoyens. Ceux-ci sont tout de même mentionnés, malgré son intitulé, dans l’article 20 (« L’éducation, la mobilisation et l’assistance aux citoyens »), qui indique que les consulats sont chargés d’éduquer les citoyens vietnamiens de l’étranger dans un esprit patriotique afin qu’ils contribuent à la construction et à la défense nationale, de les assister juridiquement sur la base des lois du Viêt Nam et du pays d’accueil et, enfin, de soutenir les actions culturelles et éducatives à la fois des personnes juridiques/morales et des citoyens vietnamiens.
33La réserve dont fait preuve cette ordonnance envers les Vietnamiens non citoyens s’amenuise en 1994 grâce au décret gouvernemental no 183-CP111. Une nouvelle appellation apparaît pour désigner les exilés qui n’ont pas la nationalité vietnamienne : les « Vietnamiens dans le pays d’accueil » (người Việt Nam ở nước tiếp nhận)112. La mobilisation s’étend désormais à cette catégorie d’exilés qui est désignée avec les citoyens de l’étranger sous le terme « communauté vietnamienne dans son pays d’accueil » (tiret 8 de l’article 15 du décret intitulé « Missions et pouvoirs des représentations »).
34Une décennie plus tard, la directive du Bureau politique no 36-NQ/TW (2004) exige que les représentations diplomatiques renforcent leur mission envers les Vietnamiens de l’étranger. Elle demande aux diplomates vietnamiens détachés à l’étranger de « prendre à cœur l’action auprès des Vietnamiens de l’étranger comme une mission politique de haute importance, de renforcer la protection des citoyens et de sauvegarder les intérêts légitimes des Vietnamiens de l’étranger ». En 2008, le Conseil d’État promulgue le décret de loi no QH12113 qui attribue aux représentations diplomatiques une mission plus concrète envers les Vietnamiens de l’étranger. Elles peuvent notamment proposer des mesures pour améliorer la protection et le contact envers ces derniers.
Encadré 3 : Décret de loi no 2008/QH12 sur les représentations de la République socialiste du Viêt Nam à l’étranger (2008)
Article 10. Soutenir et protéger la communauté des Vietnamiens de l’étranger
1. Propager et introduire des politiques et lois du Viêt Nam relatives aux Vietnamiens de l’étranger.
2. Collecter et rapporter des informations aux organismes compétents du Viêt Nam sur la situation de la communauté et sur le travail de mobilisation et de soutien des Vietnamiens de l’étranger.
3. Recommander aux organismes compétents du Viêt Nam des politiques et des mesures appropriées pour maintenir la proximité de la communauté vietnamienne de l’étranger avec son pays d’origine ; encourager les Vietnamiens de l’étranger à maintenir le caractère national et à participer à des activités dans les domaines concernant la vie sociale du pays d’ origine.
4. Créer des conditions favorables et soutenir les Vietnamiens de l’étranger afin de stabiliser leur vie et faciliter leur intégration dans leur pays d’accueil ; proposer les mesures nécessaires pour protéger les droits et intérêts légitimes des Vietnamiens, prévenir des actes discriminatoires contre les communautés vietnamiennes dans leurs nations d’accueil.
5. Organiser et coordonner les activités culturelles au service de la communauté des Vietnamiens de l’étranger.
6. Recommander aux organismes compétents du Viêt Nam des formes appropriées pour récompenser les organisations et les personnalités vietnamiennes de l’étranger qui se sont distinguées au sein d’activités contribuant à la construction communautaire et à la construction nationale.
35Si, depuis 1990, le rôle des représentations diplomatiques envers les Vietnamiens s’est renforcé, son efficacité n’en est pas moins remise en cause. Cela a été notamment le cas en mai 2009 lors d’un débat à l’Assemblée nationale portant sur un projet de loi114 concernant les représentations diplomatiques de la RSVN à l’étranger115. À cette occasion, le représentant à l’Assemblée Nguyễn Minh Thuyết116, après avoir soulevé le manque de pouvoir de décision du ministère des Affaires étrangères dans la nomination du personnel des représentations diplomatiques, critique sévèrement la faiblesse de la protection juridique accordée aux citoyens vietnamiens de l’étranger. Il pointe l’article 9 de la proposition de loi qui ne précise pas à qui les représentations diplomatiques doivent proposer des mesures pour protéger ces derniers. De plus, il sous-entend que les représentations diplomatiques devraient « imposer » des mesures au lieu de seulement les « proposer »117. Le représentant Trần Đình Nhã118 souligne, pour sa part, que les bureaux de représentation doivent considérer la mission de soutenir et de protéger la communauté des Vietnamiens de l’étranger comme une priorité. Il a été étonné de constater, lors d’un voyage à l’étranger, qu’un citoyen vietnamien était emprisonné depuis deux ou trois ans et que l’ambassade du Viêt Nam de ce pays n’était pas encore au courant. Il ajoute qu’au Viêt Nam, quand la police, le parquet ou les tribunaux touchent un citoyen étranger, les bureaux consulaires et les organes diplomatiques de son pays s’affairent pour le protéger.
36Ce débat à l’Assemblée nationale a fait ressortir le manque d’efficacité des représentations diplomatiques vietnamiennes au niveau de la protection juridique des citoyens vietnamiens de l’étranger. Il est encore un peu tôt pour juger si la loi no 33/2009/QH12 de 2009 a permis d’améliorer leur efficacité.
Notes de bas de page
66 Le Front de la Patrie adopta cette appellation en 1955, mais ses origines remontent aux années 1930. Pour le détail, voir http://www.mattran.org.vn
67 Trần Trọng Đăng, Người Việt Nam ở nước ngoài [Les Vietnamiens de l’étranger], Hanoi, Nxb Chính trị quốc gia [Maison d’édition politique nationale], 1997, p. 446.
68 Les Constitutions du Viêt Nam (1946-1959-1980-1992), Hanoi, Nxb Thế Giới, 2003, p. 164.
69 « Văn bản liên bộ số 05/HD-LB Hướng dẫn về việc thành lập Hội thân nhân người Việt Nam định cư ở nước ngoài » [Texte interministériel no 5/HD-LB : Guider la fondation des associations de proches de Vietnamiens résidant à l’étranger], cité par Trần Trọng Đăng, Người Việt Nam ở nước ngòai [Les Vietnamiens de l’étranger], op. cit., p. 449.
70 Hội liên lạc Việt kiều Hải Phòng [Association de liaison avec les Việt kiều de Hải Phòng], « 20 năm ngày thành lập Hội liên lạc Việt kiều Hải Phòng » [20 ans depuis le jour de la fondation de l’Association de liaison avec les Việt kiều de Hải Phòng], Hải Phòng, Nxb Hải Phòng, 2009, p. 10.
71 Ces Việt kiều vivent en permanence au Viêt Nam.
72 Hội liên lạc Việt kiều Hải Phòng [Association de liaison avec les Việt kiều de Hải Phòng], « Ban Chấp hành Hội liên lạc Việt kiều Hải Phòng từ 14/10/1989 đến 2009 » [Le Comité exécutif de l’Association de liaison avec les Việt kiều de Hải Phòng du 14 octobre 1989 à 2009], Hải Phòng, Nxb Hải Phòng, 2009, p. 37-39.
73 On trouve parmi eux quatre membres déjà présents en 1989 : Madame Đặng Thị Lợi (Việt kiều française de retour au Viêt Nam), présidente depuis 1993 ; Lê Nghiêm (proche de Việt kiều), viceprésident permanent depuis 1993 ; Nguyễn Mạnh Cương (proche Việt kiều), vice-président depuis 1993, et Madame Vũ Thị Thu (Việt kiều de Nouvelle-Calédonie de retour au Viêt Nam).
74 Selon l’article cité ci-dessous, ces programmes ont été financés grâce à un capital de 15 milliards de đồng.
75 Hoàng Hướng, « Hội liên lạc Việt kiều Hải Phòng : Góp phần xây dựng quê hương » [L’Association de liaison avec les Việt kiều de Hải Phòng : Contribue à construire le pays natal], 16 novembre 2010, http://www.baomoi.com/Home/DoiNoi-DoiNgoai/vovnews.vn/Gop-phan-xaydung-que-huong/5202354.epi
76 Propos recueillis par l’auteur à Hải Phòng en juin 2010.
77 Hải Phòng dispose d’un port, d’un aéroport et d’une main-d’œuvre abondante.
78 Thu Hằng, « Hải Phòng đón làn sóng đầu tư của Việt kiều » [Hải Phòng reçoit des vagues d’investissements de Việt kiều], Báo Đầu tư, Cơ quan của bộ kế hoạch và đầu tư, 3 juillet 2010, http://www.baomoi.com/Home/KinhTe/www.baodautu.vn/Hai-Phong-don-lan-song-dautu-cua-Viet-kieu/4483321.epi
79 Le financement du projet de village des Việt kiều à Hải Phòng (arrondissement Lê Chân) s’élève à 21 millions de dollars. La fin des travaux est prévue pour 2015. Le village doit s’étendre sur une superficie de 9,8 hectares et comprend des villas de luxe, des centres commerciaux, des écoles, des crèches et des centres de loisirs. Selon Nguyễn Tài Phương, le village à trois objectifs : contribuer au processus d’urbanisation et de développement de la ville, satisfaire les besoins des Việt kiều en matière de logement et de services et, en dernier lieu, inciter les Việt kiều qui vivent à l’étranger, en particulier ceux originaires de la province, à venir participer au développement économique de Hải Phòng. Voir Khánh Linh, « Khởi công dự án Làng Việt kiều tại Hải Phòng » [Début du projet de construction du village Việt kiều de Hải Phòng], Báo điện tử Đảng Cộng Sản Việt Nam, 8 mai 2010, http://www.cpv.org.vn/cpv/modules/news/newsdetail.aspx?cn_id=402292&co_id=30106#
80 Nguyễn Tài Phương est directeur de la société joint-venture Investissement et Développement Việt Anh. Il est revenu à Hải Phòng, sa ville natale, en 1988.
81 Hoàng Hướng, « Hội liên lạc Việt kiều Hải Phòng : Góp phần xây dựng quê hương » [L’Association de liaison avec les Việt kiều de Hải Phòng : Contribue à construire le pays natal], op. cit.
82 Un responsable de l’Association de Hải Phòng avoue que les mentalités évoluent doucement vis-à-vis des Vietnamiens de l’étranger et qu’il existe encore des réticences à leur égard. Ainsi, des projets, et notamment celui du village Việt kiều de Hải Phòng, ont nécessité beaucoup de temps et de nombreuses démarches administratives. Propos recueillis par l’auteur à Hải Phòng en juin 2010.
83 Voir la carte pour plus de détails.
84 Notons que cette partie du Viêt Nam ne comprend aucune autre structure (Comité, Club, branche de Club) en lien avec les Vietnamiens de l’étranger.
85 Khánh Thiện, « Mặt trận Tổ quốc Việt Nam với công tác vận động người Việt Nam ở nước ngòai và thân nhân Kiều bào » [Le Front de la Patrie du Viêt Nam et la mobilisation des Vietnamiens à l’étranger et des proches de Kiều bào], Tập Chí Quê Hương, no 7, 2001, p. 2-3.
86 « Phát biểu của Chủ tịch Phạm Thế Duyệt tại Hội nghị triển khai đề án tăng cường vận động người Việt Nam ở nước ngòai và thân nhân Kiều bào » [Discours du président Phạm Thế Duyệt lors de la conférence sur le renforcement du projet de mobilisation des Vietnamiens à l’étranger et des proches des Kiều bào], Tập Chí Quê Hương, no 7, 2001, p. 3-4.
87 Membre du Front de la Patrie, l’Association est également sous la tutelle du Comité des Vietnamiens de l’étranger de Hô Chi Minh-ville. Elle compte dans ses rangs des profils divers : intellectuels, artistes, dignitaires religieux, officiels de l’État, fonctionnaires d’autres associations de masse et hommes d’affaires. En trois années d’activité, l’Association a établi des succursales aux différents niveaux administratifs de la ville (arrondissements, districts) et regroupe environ 1 000 membres.
88 Selon un autre responsable d’association, l’inexistence d’associations au Centre est due au seul fait qu’il y a peu de Vietnamiens de l’étranger originaires de cette partie du pays.
89 « Crise dans les organisations des “Việt kiều patriotes” à l’étranger », Chroniques vietnamiennes, no 6-7, p. 22. Il est important de préciser que cette revue a été publiée par une association trotskiste de Vietnamiens de France alors en désaccord avec le gouvernement vietnamien.
90 Voir à ce sujet Gnaba Abdallah, La Mémoire réinventée. Chronique anthropologique d’une association vietnamienne de Paris, Paris, L’Harmattan, 2008, 205 p.
91 Créée en 1976, l’Union générale des Vietnamiens de France (UGVF) est la descendante de l’Union des étudiants vietnamiens de France qui militait contre l’intervention des États-Unis au Viêt Nam à partir de 1965. Elle a toujours entretenu des liens très étroits avec le gouvernement vietnamien.
92 Nguyễn Thu Hà, « XIIe Assemblée générale de l’UGVF : la vitalité des Vietnamiens de France en phase de transition », Le Courrier du Viêt Nam, 12 avril 2010, site officiel de l’UGVF, http://www.ugvf.org/vn/
93 Michel Blanchard, « Vent de révolte chez les Vietnamiens pro-Hanoi à l’étranger », AFP, 2 février 1990 (« Fonds Boudarel », IAO, ENS de Lyon).
94 « Trường Sa dans le cœur des Vietnamiens au Japon », Agence vietnamienne d’information, 15 octobre 2008.
95 « Hội người Việt Nam tại Bỉ Kỷ Niệm 30 năm Thành lập » [Commémoration des 30 ans de l’Association des Vietnamiens de Belgique], Tập Chí Quê Hương, no 11, 2003, p. 21.
96 Nguyễn Ngọc Hà, Về người Việt Nam định cư ở nước ngoài [Les Vietnamiens résidant à l’étranger], Hô Chi Minh-ville, Nxb Thành Phố, 1990, p. 56.
97 Bien que nous ne possédions pas de liste exhaustive, il est possible, grâce à la presse nationale vietnamienne, à la revue Quê Hương et à leurs sites Internet, d’évaluer leur nombre.
98 Précisons que l’Association est à Berlin et que nous ne sommes pas en mesure de préciser si elle a été fondée par des Vietnamiens « légalistes » issus des programmes de coopération communistes ou par des exilés politiques et économiques.
99 Site officiel de l’association, http://hoinguoiviet.de/index.php
100 La célébration du Tết est un moment important pour les associations qui profitent de cette occasion pour réunir les membres de la communauté.
101 Site officiel de l’association, http://hoinguoivietphanlan.org/
102 Chi Mai, « Tòa đàm về cơ hội đầu tư, kinh doanh tại Angola » [Opportunités d’investissements et d’affaires en Angola], Tập Chí Quê Hương, no 3, 2004, p. 27.
103 Tiret 7, partie 3 : « La mission essentielle ».
104 Barbara Vailla, Boat people vietnamiens : vers l’émergence d’une mémoire collective, op. cit., p. 139.
105 Par exemple, en 1999, à Orange County dans le Sud de la Californie, Trần Văn Trường, gérant d’un magasin de vidéos à « Little Saigon », a provoqué la colère des Américains d’origine vietnamienne en mettant en évidence dans sa boutique un portrait de Hồ Chí Minh ainsi que le drapeau de la RSVN. Pendant plus de deux mois, de nombreux Việt kiều ont protesté contre sa présence. Trần Văn Trường a finalement fermé son magasin pour cause – officiellement – de piratage de vidéos.
106 « Viêt Nam-Norvège diplomatie », Sài Gòn Giải Phòng, 11 juin 2010, p. 8.
107 Vietnamese Diplomatic Missions, « Cơ quan đại diện ngọai giao Việt Nam ở nước ngòai », http://www.vnembassy.net/
108 Voir notamment Nguyễn Trọng Việt, « Tentative de prise de contrôle des médias par Hanoi pour diviser la communauté vietnamienne d’outre-mer », op. cit.
109 « Pháp Lệnh của Hội Đồng Nhà Nước số 44B-LCT/HĐNN8 ngày 24/11/1990 về Lãnh sự » [Ordonnance du Conseil d’État no 44B-LCT/HĐNN8 datée du 24 novembre 1990 sur les consulats], http://www.thuvienphapluat.vn/archive/Phap-lenh/Phap-lenh-Lanh-su-1990-44B-LCT-HDNN8vb37904t14.aspx
110 Il s’agit ici des Vietnamiens qui vivent à l’étranger et qui ont gardé la nationalité vietnamienne ou des Vietnamiens de passage à l’étranger.
111 « Nghị định 183-CP ngày 18/11/1994 của Chính phủ về việc quy định chi tiết thi hành Pháp lệnh về Cơ quan Đại diện nước Cộng hoà xã hội chủ nghĩa Việt Nam ở nước ngoài » [Décret gouvernemental no 183-CP daté du 18 novembre 1994 prévoyant une réglementation détaillée sur la mise en œuvre de l’ordonnance concernant les représentations de la République socialiste du Viêt Nam à l’étranger], http://thuvienphapluat.vn/archive/Nghi-dinh/Nghi-dinh-183-CP-Phap-lenh-ve-coquan-dai-dien-nuoc-Cong-hoa-Xa-hoi-Chu-nghia-Viet-Nam-o-nuoc-ngoai-vb38922t11.aspx
112 Par la suite, ce terme laisse place à l’appellation « Vietnamiens de l’étranger » qui se généralise à partir de 1994.
113 « Luật 2008/QH12 về Cơ quan đại diện nước Cộng Hòa Xã Hội chủ Nghĩa Việt Nam ở nước ngoài » [Loi no 2008/QH12 de l’Assemblée nationale concernant les représentations diplomatiques de la République socialiste du Viêt Nam à l’étranger], http://duthaoonline.quochoi.vn/du-thao-luat/
114 « Luật Cơ quan đại diện nước Cộng Hòa Xã Hội chủ Nghĩa Việt Nam ở nước ngoài số 33/2009/QH12 của Quốc hội » [Loi no 33/2009/QH12 de l’Assemblée nationale sur les représentations diplomatiques de la République socialiste du Viêt Nam à l’étranger], http://www.luatgiapham.com/phap-luat/dan-s
115 « Cơ quan đại điện ngoại giao phải bảo vệ công dân Việt Nam » [Les représentations diplomatiques de l’étranger doivent protéger les citoyens vietnamiens], http://vietbao.vn/Chinh-Tri/Co-quan-dai-dien-ngoai-giao-phai-bao-ve-cong-dan-VN/20849283/96/
116 Représentant de la province de Lạng Sơn, Nguyễn Minh Thuyết est aussi vice-président du Comité de la culture, de l’éducation, de la jeunesse, de l’adolescence et de l’enfance de l’Assemblée nationale.
117 La requête de Nguyễn Minh Thuyết n’a finalement pas trouvé d’écho au sein de l’Assemblée. En effet, l’article 9 de la loi no 33/2009/QH12 de 2009 – Soutenir et protéger la communauté des Vietnamiens de l’étranger – est identique à l’article 10 de la loi de 2008.
118 Trần Đình Nhã, représentant de la province Bà Rịa-Vũng Tàu, est aussi vice-président du Comité national de défense et de sécurité de l’Assemblée nationale.
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Malaisie - Chine : une « précieuse » relation
David Delfolie, Nathalie Fau et Elsa Lafaye de Micheaux
2016
L'Or Blanc
Petits et grands planteurs face au « boom » de l’hévéaculture (Viêt Nam-Cambodge)
Frédéric Fortunel et Christophe Gironde (dir.)
2014
Le Soft power sud-coréen en Asie du Sud-Est
Une théologie de la prospérité en action
Hui-yeon Kim
2014
Investigating the Grey Areas of the Chinese Communities in Southeast Asia
Proceedings of the Symposium organised by IRASEC at the Hotel Sofitel Silom (Bangkok) on January 2005, 6th and 7th
Arnaud Leveau (dir.)
2007
State and Media in Thailand During Political Transition
Proceedings of the Symposium organized by the French Embassy, the German Embassy, the National Press Council of Thailand and Irasec at the Thai Journalist Association Building on May 2007, 23rd
Chavarong Limpattamapanee et Arnaud Leveau (dir.)
2007
Mekong-Ganga Cooperation Initiative
Analysis and Assessment of India’s Engagement with Greater Mekong Sub-region
Swaran Singh
2007
