Laos
Rééquilibrage régional et affirmation sur la scène internationale
p. 216-242
Texte intégral
Le Laos

1Alors que 2015 avait été une année préélectorale marquée par la préparation du Xe Congrès du Parti révolutionnaire populaire lao (PPRL) et les élections législatives290, 2016 est une année à marquer d’une pierre blanche pour la République démocratique populaire lao (RDPL), tant les satisfactions ont été nombreuses du côté de Vientiane. Le 25 janvier, John Kerry s’est rendu en visite officielle au Laos, la troisième en 60 ans d’un secrétaire d’État américain. Les 15 et 16 février, le nouveau Premier ministre, Thoungloun Sisoulith, a coprésidé avec Barack Obama la rencontre multilatérale US-Asean sur le sol américain. Du 6 au 8 septembre a eu lieu à Vientiane le sommet de l’Asean des chefs d’État et de gouvernement de l’Asean + 6, qui compte 16 pays membres, auxquels se sont joints les États-Unis et la Russie.
2Bien qu’au soir de la clôture du sommet de l’Asean, le Laos semblait avoir conquis la communauté internationale après trois années de ralentissement économique et de critiques face au durcissement de la répression, l’euphorie gouvernementale ne doit pas pour autant faire oublier que l’économie du pays est terriblement dépendante de son ouverture aux acteurs étrangers, politique économique sur laquelle reposent précisément la stabilité socio-économique du pays et la légitimité du pouvoir de l’État-parti.
Congrès, législatives et (non) renouvellement des élites du Parti
3Le début de l’année 2016 a été placé sous le signe d’un événement politique majeur : le Xe Congrès du PPRL, du 18 au 22 janvier. Ce grand rendez-vous politique incarnait, pour les 685 délégués291 (dont 83 femmes)292 du seul parti politique autorisé, l’adoption et la mise en œuvre de l’orientation socio-économique du pays pour les cinq ans à venir (8e plan 2016-2020)293, définie et discutée auparavant dans un cercle très restreint294, ainsi que le renouvellement des élites de l’État-parti, c’est-à-dire le Bureau politique (Politburo), instance suprême du pouvoir dont l’effectif est de 11 membres, qui règne en maître sur le PPRL avec un Comité central de 69 membres295. De plus, comme toujours dans ce genre d’exercice quinquennal, le congrès a permis de définir les contours de plusieurs documents importants ayant une signification stratégique durable pour le développement du pays, dont la Stratégie de développement socio-économique pour la période décennale 2016-2025 et le Rapport de vision pour 2030. Sans surprise, le congrès a adopté le 8e Plan national de développement socio-économique et a mis l’accent sur le maintien de la stabilité politique, la poursuite de la croissance économique, la lutte contre la corruption, la réduction de la pauvreté et l’amélioration de l’accès à l’éducation et aux soins à l’ensemble de la population.
4Alors que la tenue d’un congrès donne rarement lieu à des changements profonds et inattendus au sommet du Parti et de l’État, le Xe Congrès n’a pas dérogé à la règle puisqu’il a entériné la reconduction du duo à la tête du PRPL : Bounnhang Vorachit (vice-président de la République depuis 2006) est devenu le nouveau secrétaire général du Parti et président de la République, à la place de Choummaly Sayasone ; de même, Thoungloun Sisoulith (vice-Premier ministre depuis 2001 et ministre des Affaires étrangères depuis 2006), a été nommé Premier ministre en lieu et place de Thongsing Thammavong. Les noms des membres du nouveau duo au sommet de l’État n’ont pas surpris les observateurs, malgré l’extrême opacité de la vie politique laotienne. D’une part, le congrès est préparé dans tous les échelons du Parti − administration centrale et administration locale (province, district et village) − dans l’année qui précède sa tenue. D’autre part, le Parti utilise le congrès pour véhiculer une image de stabilité et de continuité politiques.
5Ce jeu de chaises musicales savamment orchestré en interne a néanmoins donné du grain à moudre aux défenseurs de la thèse de la rivalité entre la Chine et le Vietnam autour du Laos. En effet, au sein du PPRL, la rivalité des frères communistes est souvent évoquée, entre une faction provietnamienne, d’un côté, et une faction prochinoise, de l’autre. Beaucoup voient dans la nomination de Bounnhang Vorachit et Thoungloun Sisoulith la victoire de la faction provietnamienne sur sa rivale prochinoise296, ou du moins, un rééquilibrage stratégique en direction de Hanoi. Incontestablement, la montée en puissance de la présence économique et territoriale chinoise, qu’elle soit étatique ou privée, a été grandement facilitée par le duo Choummaly Sayasone/Thongsing Thammavong, notamment à travers l’attribution de nombreuses concessions, soulevant des inquiétudes parmi l’élite dirigeante et la population. Depuis une dizaine d’années, l’économie est bel et bien la pierre angulaire des relations sinolaotiennes. Les compagnies chinoises investissent dans des secteurs économiques clefs tels que l’énergie, les ressources naturelles, les cultures agro-commerciales, les infrastructures de communication (ponts, routes), le tourisme (hôtels, restaurants, casinos). De plus, sur le modèle chinois297, le gouvernement laotien a multiplié l’ouverture de zones économiques spéciales et spécifiques (ZES) à proximité des frontières dans l’espoir de stimuler le développement économique du pays en s’appuyant sur le dynamisme des pays limitrophes, dont la Chine. À dire vrai, les dirigeants seniors du Parti n’ont pas apprécié la politique menée par le duo Choummaly/Thongsing, particulièrement l’empressement dont Choummaly a fait preuve dans le dossier du projet de construction de la ligne Kunming-Boten-Luang Prabang-Vientiane en engageant le pays, d’une part, à contracter un prêt de 500 millions $ US auprès de la Chine, au taux d’intérêt de 3 % avec une période d’amortissement s’étalant sur 20 ans298, et d’autre part, à offrir comme « garantie » à son partenaire chinois des ressources naturelles, dont cinq mines de potasse299. On l’aura compris, la politique menée par le duo Choummaly/Thongsing a conduit à de fortes contestations au sein du Parti ; le renouvellement du Politburo a éteint les risques de conflits internes.
6Le discours prononcé par Choummaly Sayasone lors du congrès, faisant le bilan politique de son mandat, a donné lieu à un exercice d’autocritique sur les mesures prises en matière d’alliance stratégique. Que son mea culpa soit sincère ou de façade, Choummaly a rappelé qu’il fallait développer les relations traditionnelles et la solidarité socialiste avec les amis stratégiques, élément nécessaire, voire indispensable, pour la protection et le développement du Laos. L’intensification des « réunions de travail » bilatérales entre le Laos et le Vietnam dans les mois qui ont précédé la tenue du Xe Congrès300, a confirmé que les deux pays peuvent compter sur une loyauté mutuelle. Les Vietnamiens s’assurent la pérennité du PPRL et du régime à travers la visite continuelle de conseillers dans l’ensemble des ministères laotiens dans le but d’améliorer à la fois les capacités de l’État et l’assise économique du pays. À son tour, le Laos garantit à Hanoi son périmètre de sécurité en direction de l’Ouest et des opportunités d’affaires. Pour autant, le poids de la Chine au Laos augmente, presque inexorablement, et rien n’indique que la jeune génération amenée à prendre le pouvoir au sein de Parti ne préférera pas la Chine au Vietnam.
7Conformément à la Constitution de 1991 (révisée en 2003), le rôle du pouvoir de l’État est déterminé par la loi fondamentale. D’après cette dernière, le pouvoir législatif est détenu par l’Assemblée nationale (AN), dont les pouvoirs ont été élargis en 2006301 Or, comme nous l’avons vu plus haut, l’État se fond dans le PPRL ; c’est donc l’État-parti qui contrôle l’AN qui valide, non sans débats et quelques résistances, les directives du Parti. Ainsi, dans la foulée du Xe Congrès du PPRL, les 8e élections législatives se sont tenues le 20 mars 2016, avec un taux de participation de 97,94 %302, dans le but de renouveler les membres de l’AN303, seul organe élu par les citoyens laotiens. À la suite des élections, 149 députés304, sur 211 candidats (dont 50 femmes) préalablement adoubés par le Parti, ont été élus au suffrage universel direct. Par une écrasante majorité, le PPRP a obtenu 144 sièges (élus ayant une carte du Parti), les 5 sièges restants ayant été remportés par des candidats sans étiquette305. En outre, renouvellement réel des élites ou simple promotion au sein du Parti, près de 73 % des membres ont été élus à l’AN pour la première fois. Quant à la représentativité des femmes, elle a légèrement progressé par rapport à 2011, soit 27,52 % des sièges (41 membres), au lieu de 25 %. À ce titre, Pany Yathothou (65 ans), seule femme à siéger au Bureau politique du PPRL, a été réélue à la présidence de l’AN pour la troisième fois (élue le 23 décembre 2010, réélue le 15 juin 2011 et le 20 avril 2016).
8Jusqu’aux années 2000, l’AN se contentait de valider les décisions du Politburo, sans pouvoir exercer un pouvoir décisionnel en matière d’application des lois ni débattre lors des deux sessions annuelles. Aujourd’hui, ayant acquis plus d’autonomie vis-à-vis du Bureau politique, l’AN est un lieu où les échanges entre les députés et les ministres sont vifs dans certaines occasions à l’encontre de la politique menée par le gouvernement. Même si la liberté d’expression des parlementaires reste restreinte, l’AN s’invite petit à petit dans les débats relatifs à la gestion du pays.
Une économie robuste et dynamique
9Selon les projections économiques, le PIB devrait se maintenir en 2016 au même niveau que 2015, soit un taux de 7 %, malgré une baisse successive en 2013 (8,5 %) et 2014 (7,5 %). Bien que le PIB soit estimé à 7,5 % par le gouvernement laotien, la projection de la Banque mondiale table davantage sur un taux à 7 %306. En dépit d’une baisse par rapport à la moyenne de 8 % sur la période 2011-2013, l’économie laotienne reste l’une des plus dynamiques d’Asie du Sud-Est où seule la Birmanie fait mieux (PIB de 7,8 % en 2016). Les services (3,8 points du PIB en 2015307) − dont le tourisme (4,7 millions de touristes et des revenus compris entre 670 et 725 millions $ US en 2015308) −, le secteur de la construction (infrastructure, commercial et résidentiel) et l’exportation d’électricité309 (151 millions $ US en 2015-2016) sont les principaux moteurs de l’économie laotienne pour cette année.
10Malgré des revenus en baisse (moins 6 %, soit environ 160 millions $ US), en raison de la chute des cours des minerais et du moratoire sur les mines310, le déficit budgétaire a légèrement diminué (3,7 % du PIB contre 3,8 % en 20132014)311. Le resserrement des dépenses et une meilleure gestion des finances publiques (gel de l’augmentation des salaires et de l’embauche dans la fonction publique, limitation des prêts accordés aux entreprises publiques), à travers la révision de la loi budgétaire (State Budget Laws) approuvée par l’AN en décembre 2015, semblent d’ores et déjà porter leurs fruits sur l’année 2016.
11Certes, le pays profite du dynamisme régional, mais demeure fortement dépendant de l’aide étrangère, qui soutient les investissements. Les principaux indicateurs économiques sont en constante amélioration, les aides étrangères (311 millions $ US en 2015-2016) restent importantes quoiqu’en diminution depuis 2008 et les IDE progressent de nouveau après le net ralentissement de 2014312 en raison de la relance des projets d’infrastructures et l’arrivée massive d’investissements dans les ZES313. Le pays compte désormais 12 ZES avec près de 294 entreprises (8 milliards $ US de capital enregistré) qui ont déjà investi 1,62 milliard $ US dans les activités d’implantation et de développement des infrastructures au sein des ZES314. Situées à Vientiane et dans les provinces de Savannakhet, Khammouane, Champassak, Luang Prabang, Bokeo et Luang Namtha, elles couvrent une superficie totale de 20 000 hectares315. À ce titre, l’emprise territoriale de la ZES du marais du That Luang, située à l’est de la capitale, aura à terme une superficie de 365 hectares, soit 20 % de l’ensemble de la zone humide. Baptisé That Luang Lake New World, ce projet de 1,6 milliard $ US sur 15-20 ans, piloté par une compagnie chinoise (Wan Feng Shanghai Real Estate Company), est un complexe immobilier multifonctionnel (un de plus) visible dans le paysage urbain de Vientiane316.
12Sans surprise, les objectifs économiques du Laos définis par le 8e Plan quinquennal (2016-2020), approuvé par l’AN en avril, confirment son choix d’une économie ouverte et intégrée à l’environnement régional. Le plan mise notamment sur une stratégie faisant appel aux investissements étrangers et privés, y compris domestiques. Sur ce point, ce dernier précise qu’il faudra que les investisseurs étrangers et privés apportent près de 15,5 milliards $ US pour stimuler le développement national et atteindre un objectif total de 27,6 milliards $ US sur 5 ans317. De plus, le plan soutient le renforcement et la modernisation des lois pour être en adéquation avec la politique d’ouverture internationale du pays, notamment avec l’instauration d’un « guichet unique318 » censé attirer les IDE étrangers dans le pays.
Moratoires sur l’exploitation des ressources forestières, agricoles et minières
13Contre toute attente, étant donné que l’exportation du bois transformé apporte une contribution importante à l’économie laotienne, le nouveau Premier ministre Thoungloun Sisoulith a pris la décision d’interdire l’exportation de grumes (écorces), de racines, de branches et de bois (transformé et non transformé) en publiant un moratoire le 13 mai319. Ce dernier, exige que dorénavant tous les ministères, les gouverneurs provinciaux et les maires mettent en œuvre des mesures strictes pour contrôler et inspecter l’abattage des arbres, le transport et la gestion des entreprises d'exploitation forestière. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement émet une interdiction, l’exportation de bois non transformé étant interdite depuis le 18 août 2015, mais rien ne semblait empêcher le commerce illégal de prospérer, notamment en direction du Vietnam et de la Chine. D’après les premières données rendues publiques320, depuis la mise en place du moratoire le gouvernement aurait ordonné la fermeture de 1 154 exploitations forestières (pour la plupart familiales) et de 20 usines de transformation situées à proximité des zones de conservation du couvert forestier. Les Task force committees, en charge des inspections sur l’ensemble du territoire, auraient saisi près de 55 421 mètres cubes de bois illégalement coupés (vendus depuis légalement par appel d’offres !) et une multitude d’équipements (camions de transport, bulldozers, grues, 4x4 ainsi que 1 253 tronçonneuses). Les comités ont également mis à jour une pratique courante de l’industrie forestière qui consiste à soustraire une très grande partie de ses revenus aux services fiscaux et douaniers du gouvernement central. Alors qu’ils ont répertorié sur le territoire laotien 270 407 mètres cubes de bois coupés légalement, les taxes et droits de douane n’auraient été payés que sur 79 182 mètres cubes, soit 29 % du total. Au-delà des pertes de revenus pour le gouvernement central, le Laos, soucieux de présenter aux bailleurs de fonds (et aux touristes internationaux) l’image d’un pays hautement boisé, et donc d’autant plus digne d’être aidé pour la richesse de sa biodiversité, a pour objectif, d’ici 2020, de reboiser près de 70 % de sa surface totale321.
14Dans la même veine, l’exploitation et la création de nouvelles concessions de plantations de bananes ont été suspendues dans le nord du pays, notamment dans la province de Bokeo. Ces mesures font suite aux constatations soulevées par les villageois et fonctionnaires locaux quant aux répercussions socio-environnementales visibles (maladies, décès, pollution des cours d’eau, mort de poissons, nombreux déchets plastiques) de l’utilisation massive de produits chimiques (engrais, pesticides, herbicides) nécessaires pour stimuler les rendements322. Ces plantations commerciales, financées par des acteurs venant de Chine et dont la production est exclusivement pour le marché chinois, ont explosé au Laos en un peu plus de 10 ans, faisant passer la production de 90 000 tonnes en 2002 à près de 400 000 tonnes aujourd’hui, ce qui était vu il y a encore peu comme une bénédiction pour le développement rural du Nord. Les autorités ont octroyé de nombreuses concessions bananières avec, à l'arrivée, des conflits avec les ouvriers323, venant pour la plupart des provinces de Phongsaly et Houaphan. Les conditions de travail y sont difficiles, voire dangereuses pour la santé des travailleurs324, les salaires peu élevés (50 000 kip/jour)325, et, en cas de maladie ou de décès, les indemnités quasiment inexistantes326. Le sentiment antichinois dans le Nord du pays devient un problème préoccupant pour Vientiane.
15À l’inverse, Vientiane a réactivé le plan de développement minier (2008), suspendu après l’introduction d’un moratoire en novembre 2012327. Si cette suspension volontaire a eu des répercussions sur la chute de la croissance économique, cette pause salutaire a néanmoins permis au gouvernement d’identifier de nombreux problèmes dans la gestion des concessions minières par les entreprises extractives tels que : le sous-financement entraînant une chute de la productivité (et des revenus pour le gouvernement), le non-respect des normes socio-environnementales et de sécurité, le non-paiement d’impôts aux collectivités publiques et l’existence de nombreux conflits entre actionnaires328. Résolu à mettre en place des mesures contraignantes pour les acteurs du secteur minier, le gouvernement central semble avoir resserré les critères d’octroi des permis et fait le ménage parmi les entreprises domestiques et étrangères déjà présentes sur le sol laotien. Manifestement, sur les 561 projets miniers recensés en 2015329, seuls 163 auraient à ce jour leur autorisation pour prospecter et explorer de nouvelles concessions : 20 mèneraient des études de faisabilité, 22 seraient en phase de construction des infrastructures et 58 en exploitation330, et de nombreuses entreprises se seraient vues signifier l’annulation de leur agrément. À l’évidence, le renforcement des règles d’agrément freine le secteur, sans pour autant le compromettre, la promotion de l’industrie minière étant bel et bien identifiée comme une stratégie de développement dans le 8e Plan quinquennal de développement socio-économique (2016-2020).
Intensification de la lutte contre la corruption
16En matière de lutte contre la corruption, les réalisations tangibles sont présentes, même si la pratique existe à grande échelle et se développe de façon accélérée à mesure que la croissance économique se poursuit. Néanmoins, depuis la mise en place de la Commission nationale de moralisation de la vie publique (2012), on assiste à une intensification de la lutte contre les dérives des membres du gouvernement et la corruption de certains fonctionnaires, constat confirmé par l’arrestation de plusieurs membres de la classe dirigeante. En décembre 2015, ont été arrêtés l’ancien ministre des Finances, Phouphet Khamphounvong (2012-2014) et, quelques semaines plus tard (janvier 2016), l’ancien gouverneur de la Banque centrale, Somphao Sayasith, et quelques hauts fonctionnaires, pour avoir détourné en bande organisée près de 300 milliards de kip (33 millions d’euros) sur des projets d’infrastructure routière « fantômes » dans la province d’Odomxay, pratique très répandue au Laos331.
17En effet, un rapport émanant du Département de l’inspection des finances, rendu public en mai, a révélé que le ministère des Finances avait identifié 60 « projets de développement fantômes »332 ayant englouti 785 milliards de kip (environ 86 millions d’euros)333 sur plusieurs années. Ces projets concerneraient les provinces de Luang Nantha (29 projets), d’Oudomxay (26 projets), de Xekong (3 projets) et d’Attapeu (2 projets). En revanche, si le rapport indique que le ministère a pu récupérer 246 milliards de kip (27 millions d’euros), pas un mot sur le nombre de personnes concernées par ces affaires. En outre, le rapport 2015 du Comité central pour l’inspection disciplinaire du Parti indiquait que 95 fonctionnaires avaient été impliqués dans le détournement de 242 milliards de kip et sanctionnés, sans préciser la nature et l’ampleur des sanctions. À l’évidence, depuis la prise de pouvoir par la nouvelle équipe dirigeante, les révisions des procédures d’appels d’offres pour les travaux d’infrastructures et leurs financements ont mis à jour de nombreuses estimations bien supérieures au coût réel des chantiers. Par exemple, la presse internationale a fait grand cas du gonflement artificiel des coûts de la route Dongdok-Sikeuth (9 millions $ US de trop), entre l’Université nationale du Laos et la route 13, projet promu et soutenu par l’ancien Premier ministre Thongsing Thammavong lui-même334.
18Malgré ces efforts, le Laos reste très mal noté en termes de corruption. En effet, il est classé 139e sur 168 pays au classement international 2016335, établi par l’organisation non gouvernementale Transparency International. Si le Bureau politique du Parti rappelle régulièrement à l’ordre ses cadres et les fonctionnaires des services gouvernementaux, il est tout à fait conscient qu’aucune politique anticorruption n’emporte l’adhésion de tous les acteurs. Au Laos, force est de constater que l’exemplarité n’est pas la vertu première de certains dirigeants et cadres du PPRL. Pendant longtemps, ladite exemplarité n’était pas une nécessité absolue pour garantir la coopération de la population. Les Laotiens constataient les écarts, pouvaient les critiquer, mais cela n’entravait pas pour autant leur intention de suivre le gouvernement dans son projet de développement socio-économique et d’intégration régionale. Mais aujourd’hui, à l’heure où la croissance économique nationale est au rendez-vous et où les richesses redistribuées vers la population sont source de divergences, la volonté de coopérer dans un contexte de manque d’exemplarité des dirigeants peut se faire rare. Le nouveau Bureau politique a bien compris qu’à terme la corruption généralisée, devenant de plus en plus inacceptable pour le corps social dans son ensemble – poussé par l’émergence d’une société civile – constitue un frein au développement socio-économique et peut dresser un obstacle aux projets du Parti, fragiliser durablement le pays et diminuer la portée de l’affirmation laotienne sur la scène internationale.
Une présidence de l’Asean mettant en relief des intérêts divergents
19Pour la seconde fois depuis son admission (1997), le Laos a assuré, en 2016, la présidence tournante de l’Asean. Comme lors de sa première présidence en 2004, certains craignaient que le rôle de la présidence laotienne se résume à celui de simple coordinateur et d’hôte pour les sommets336, oubliant trop rapidement que le seul fait que le Laos eût assumé avec succès la présidence de l’Asean lui valut à l’époque l’admiration de ses partenaires, compte tenu des faibles ressources économiques, techniques, logistiques, humaines et linguistiques dont le pays disposait alors qu’il partait de très bas en tout point.
20La présidence laotienne a débuté avec le lancement discret de la Communauté économique de l’Asean (AEC) le 31 décembre 2015, faisant du même coup de 2016 une année cruciale pour l’AEC dont l’avenir reposait, en partie, entre les mains du Laos et sa capacité à répondre à l’ensemble des défis que pose la construction régionale d’une vaste zone de libre-échange aux objectifs ambitieux. En effet, les membres de l’Asean, conscients de la nécessité de se regrouper pour parvenir à accroître leur influence sur la scène internationale, ont concrétisé avec l’AEC le processus d’intégration économique entamé en 2007. L’AEC, qui doit à terme permettre la création d’un marché unique (2025), vise à faciliter la circulation des flux de capitaux et à libéraliser les flux de biens, de services, d’investissements et de main-d’œuvre qualifiée dans la région afin de tirer profit de la structure complémentaire des différents pays. Les différents sommets et forums ont mis en relief que beaucoup reste à faire pour traduire la volonté politique dans les faits, ces derniers se heurtant, pêle-mêle : à la lourdeur administrative des procédures douanières (malgré la mise en place du guichet douanier unique), à la relative faiblesse des échanges intra-Asean, à la conservation par les pays membres de leurs politiques nationales d’immigration et d’accréditation professionnelle, à l’accessibilité difficile au financement des banques commerciales, à la difficile mise en place d’une politique de la concurrence, et à l’absence d’un régime de protection des droits des consommateurs harmonisé. Si le Laos s’est investi pour parvenir à mettre en place des mécanismes nécessaires afin d’accélérer le processus d’intégration au sein de l’Asean, dont le chantier reste colossal, Vientiane, qui n’est pas un moteur historique de la construction communautaire, n’a pas eu le poids politique suffisant pour donner une nouvelle impulsion à cette construction. L’AEC marque le pas, la réalisation du marché unique est une perspective lointaine d’autant que trois accords concurrents impliquant l’Asean sont en cours de négociation, et que certains de ses membres, brouillent les cartes et poussent certains pays à privilégier des relations bi- ou multilatérales avec des partenaires extérieurs à la région.
21Le sommet US-Asean de Sunnylands (15 et 16 février) où, pour la première fois, un président américain rencontrait l’ensemble des dirigeants de l’Asean sur le sol américain (Californie), a permis au Premier ministre Thoungloun Sisoulith de coprésider la rencontre multilatérale portant sur la coopération économique, les relations stratégiques, la sécurité, le terrorisme et, surtout, le sud de la mer de Chine. Après la visite du secrétaire d’État John Kerry à Vientiane (le 25 janvier)337, les échanges entre la délégation laotienne et les autorités américaines ont confirmé le réchauffement des relations entrevues ces dernières années, particulièrement depuis la mise en place de la « stratégie du pivot asiatique338 » par l’administration Obama. En marge du sommet, afin de pallier la faiblesse des échanges entre le Laos et les États-Unis (70 millions $ US), la ministre laotienne de l’Industrie et du Commerce, Khemmani Pholsena, a signé un accord-cadre sur le commerce et l'investissement avec les États-Unis339. Les relations entre les deux pays, sans être chaleureuses, sont de plus en plus cordiales.
Un sommet de l’Asean sur fond de rivalité Chine/États-Unis
22Les 28e et 29e sommets de l’Asean de 2016 à Vientiane, regroupés en un seul sommet les 6 et 8 septembre340 se sont avérés décevants sur le plan de la construction régionale. Cristallisant les divisions internes à l’association autour des revendications croisées et enchevêtrées concernant la mer de Chine méridionale, le sommet a été détourné de l’un de ses objectifs principaux : la promotion et la poursuite de la coconstruction de l’AEC. Première rencontre régionale, élargie aux grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie, Japon, UE, etc.), depuis la décision de la Cour permanente d'arbitrage (CPA) de La Haye invalidant les revendications territoriales de Pékin sur la quasi-totalité de cette zone maritime stratégique (12 juillet), le sommet a surtout été le lieu d’une victoire diplomatique chinoise. Incapable de surmonter ses divergences de vues sur les revendications chinoises, l’Asean s’est contentée de publier un communiqué final édulcoré réaffirmant que les pays membres sont « sérieusement préoccupés » par les « récents développements » dans la région et rappellent qu’ils prennent « bonne note des inquiétudes exprimées par certains dirigeants » de l’association, sans jamais citer la Chine, au grand dam du Vietnam et des États-Unis. Cela dit, il n’est pas certain du tout que l’Asean ait choisi de basculer définitivement dans le camp chinois ; elle cherche davantage à ne pas se faire écarteler par les grandes puissances en adoptant une attitude attentiste, tout en rappelant que les différends en mer de Chine méridionale sont seulement un problème entre la Chine et certains États membres (surtout Philippines et Vietnam). La position du Laos est, quant à elle, difficile à décrypter. Alors que son gouvernement avait soutenu le refus de Pékin d’un code de conduite en mer de Chine, des hésitations vis-à-vis de la Chine apparaissent depuis la mise en place du nouveau Bureau politique. Le test sera la réalisation de la construction de la voie de chemin de fer Kunming-Boten-Luang Prabang-Vientiane, tronçon stratégique de l’axe Kunming-Singapour faisant partie de la nouvelle Route de la soie terrestre.
23À l’occasion du sommet de l’Asean, le président Obama a effectué la première visite d’un chef d’État américain au Laos, durant laquelle il s’est efforcé de rétablir la confiance avec l’ennemi d’hier, même si, il faut le rappeler, après la victoire communiste de 1975, les relations avec les États-Unis n’ont jamais été interrompues341. Ce déplacement de trois jours de Barack Obama s’inscrit par ailleurs dans une série de gestes décisifs pour changer l’image des États-Unis, notamment en ex-Indochine342, et tourner la page d’une histoire commune douloureuse, particulièrement au Laos, pays le plus bombardé durant la guerre du Vietnam343. Si le président américain s’est abstenu de présenter les excuses des États-Unis, il a néanmoins confirmé la poursuite de l’engagement de son pays dans le financement du déminage des munitions non explosées. Lors des vingt dernières années, les États-Unis ont financé à hauteur de 4,2 millions $ US par an les travaux de déminage au Laos. Pour les trois prochaines années, cette aide sera portée à 30 millions $ US par an344. Étonnamment, lors de cette visite, Barack Obama n’a pas évoqué la question des violations des droits de l’homme au grand soulagement de l’État-parti. En effet, Vientiane supporte très mal les accusations de la diplomatie américaine à l’encontre de l’armée et du gouvernement laotien, responsables selon elle d’assassinats et de disparitions de plusieurs membres de l’ethnie hmong et d’acteurs de la société civile (dont Sombath Somphone345), ainsi que du durcissement de la répression contre les droits et libertés individuelles.
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24Au terme d’une année de présidence de l’Asean, le statut régional et international du Laos s’est indubitablement renforcé, mais pour que Vientiane profite pleinement de son nouveau statut au sein de l’association, il faudra qu’il soit davantage acteur que suiveur dans les actions entreprises en commun avec les États membres.
25Sur le plan national, d’autres mettent en garde contre la menace que le rééquilibrage en direction du Vietnam (et des États-Unis) fait peser sur le pays et sa société dans son ensemble. Certes, la Chine est un voisin encombrant qui alimente des appréhensions sur une domination attestée ou fantasmée, mais dans les deux cas, Vientiane ne peut l’ignorer, d’autant que la capacité d’investissement (ainsi que l’aide au développement), jamais défaillante, est difficile à refuser. Quant aux États-Unis, ils s’engouffrent avec talent dans une brèche qui permet de courtiser le Laos. Les États-Unis voient, en effet, d’un très bon œil un rapprochement politico-industriel permettant de ralentir l’expansion de la Chine en direction du Laos, en particulier, et de l’Asie du Sud-Est, en général. Là où cette stratégie de couverture (hedging) d’un pays quelconque peut être analysée comme un mal nécessaire (ou le symbole d’une diplomatie brillante), elle inquiète forcément en raison de la nature du régime laotien et du poids géopolitique que les pays voisins exercent sur le Laos. Elle soulève avec acuité la question des bénéfices réels, pour le pays et sa population, de cette nouvelle ère de coopération internationale.
Annexe
Fiche Laos
Capitale : Vientiane
Superficie : 236 800 km2
Population (UNCTAD346, 2016) : 6 918 000 hab.
Langue officielle : Lao
Données politiques
Nature de l’État : république
Nature du régime : communiste
Suffrage : universel (à partir de 18 ans)
Chef de l’État : Bounnhang Vorachit (depuis avril 2016)
Vice-président : Phankham Viphavanh (depuis avril 2016)
Premier ministre : Thoungloun Sisoulith (depuis avril 2016)
Ministre des Affaires étrangères : Saleumxay Khomasith (depuis avril 2016)
Échéances : élections des membres du comité central du Parti et élections législatives en 2020.
Indicateurs démographiques et sociologiques
Principaux groupes ethniques (2015) : Lao (53,2 %), Khmou (11 %), Hmong (9,2 %), autres groupes ethniques (26,6 %)
Religions (2015) : bouddhistes (64,7 %), chrétiens (1,7 %), autres (33,6 %)
Taux de croissance démographique (RDH, 2014347), (est. 2010-2015) : 1,9 %
Espérance de vie (RDH, 2014), (2013) : 68,3 ans
Indice de fécondité (RDH, 2014), (est. 2013) : 3,1 %
Taux de mortalité maternelle (RDH, 2014) : 470 (sur 100 000 naissances)
Taux de mortalité infantile (< 5 ans), (RDH, 2014), (est. 2012) : 72 ‰
Taux d’alphabétisation (> 15 ans), (RDH, 2014), (2012) : 72,7 %
Taux d’urbanisation (RDH, 2014), (2013) : 36,5 %
Indice de développement humain (RDH, 2015), (2014) : 0,575 (rang 141)
Indicateurs économiques
Monnaie : kip (1 euro = 8 682 kip, au 18 novembre 2016)
Balance des paiements courants (2015) : – 2,264 milliards $ US
Dette extérieure (UNCTAD, 2014) : 10,724 milliards $ US
PIB par habitant ou per capita en parité de pouvoir d’achat courant (RDH, 2014) : 4 351 $ US
PIB par habitant ou per capita en dollars courants (WEO, 2016348) : 2 006 $ US
Taux de croissance du PIB (UNCTAD, 2015) : 7 %
Répartition du PIB par secteur d’activité (2014) : agriculture (23,15 %), industrie (32,42 %), services (37,87 %)
Taux d’inflation (WEO, 2016), (est. 2016) : 4,2 %
Taux d'emploi (> 25 ans) (RDH, 2014), (2012) : 85 %
Population vivant avec moins de 1,25 $ US par jour (RDH, 2014) : 33,8 %
IDE entrant (flux) (UNCTAD, 2015): 1 220 millions $ US
IDE entrant (stock) (UNCTAD, 2015): 4 850 millions $ US
Principaux partenaires commerciaux (2014) : Thaïlande, Chine, Vietnam, Australie, Japon, UE, Corée du Sud
Importations (UNCTAD, 2015), (est. 2015) : 4,198 milliards $ US
Principaux produits importés : produits manufacturés, carburants/minerais, métaux communs, véhicules routiers et de transport, produits chimiques, plastique/caoutchouc, produits alimentaires
Exportations (UNCTAD, 2015), (est. 2015) : 3,464 milliards $ US
Principaux produits exportés : minerais, métaux communs, électricité, produits végétaux, pierres précieuses, bois transformé, produits alimentaires, caoutchouc
Chronologie
DÉCEMBRE 2015
20 Le président lao Chummaly Sayasone vient de signer un décret d’amendement de la Constitution, le deuxième depuis sa promulgation en 1991, il comprend 14 chapitres totalisant 119 articles. Les chapitres supplémentaires se focalisent sur les conseils populaires au niveau local, l’organisation de l’inspection gouvernementale, et la commission électorale nationale.
26 Le Laos et le Vietnam signent un nouvel accord de coopération afin de garantir la paix, la stabilité et le développement le long de la frontière commune.
JANVIER 2016
5 Lancement d’un projet de chemin de fer financé par Pékin reliant le Laos à la Chine.
11 Pour la première fois la Chine importe du riz depuis le Laos.
18 Ouverture du Xe Congrès national du Parti populaire révolutionnaire du Laos ayant pour objectif l’adoption du VIIIe plan quinquennal de développement socio-économique.
24 Arrivée du secrétaire d'État américain John Kerry au Laos pour une visite officielle, la troisième visite d’un secrétaire d’État américain en 60 ans.
25 Le Xe Congrès annuel du Parti communiste laotien se termine par la nomination de Bounnhang Vorachit en tant que nouveau secrétaire général du parti et Thongloun Sisoulith Premier ministre.
FÉVRIER 2016
15-16 Le nouveau Premier ministre, Thongloun Sisoulith, est au États-Unis pour coprésider avec Barack Obama la rencontre multilatérale USA-Asean.
26 Début de la campagne pour les élections de la VIIIe législature de l’Assemblée nationale laotienne. 3 988 000 électeurs se déplaceront pour élire 149 députés.
MARS 2016
1 Début de la conférence internationale sur les ressources en eau et le développement de l’hydroélectricité en Asie, HydroAsia 2016, à Ventiane.
30 Avec 27,5 % des 149 membres du corps législatif, le nombre de femmes élues à l’Assemblée nationale a augmenté, mais reste au-dessous de l’objectif des 30 %.
AVRIL 2016
13-16 Les célébrations de Pi maï (nouvel an lao) sont stimulantes pour l’économie locale mais entraînent le décès de 23 personnes à la suite des 207 accidents de la route recensés sur la période.
18 Les représentants vietnamiens, laotiens et cambodgiens ouvrent le 4e tour des négociations sur l’accord de promotion et de facilitation commerciale Cambodge-Laos-Vietnam (CLV) ayant pour but d’augmenter les échanges commerciaux et les investissements dans les trois pays afin de renforcer l’intégration régionale.
22 Clôture de la 1ère session de la VIIIe législature par l’adoption des principaux plans : le 8e Plan quinquennal (2016-2020), la Stratégie décennale (2016-2025) et la Vision à 15 ans (2016-2030).
25 Le président du Laos, Bounnhang Vorachit, effectue sa première visite officielle à l’étranger et se rend au Vietnam pour une visite de courtoisie de deux jours.
27 Le Fonds international de développement agricole (FIDA) signe un nouvel accord avec le gouvernement laotien pour financer un projet de nutrition et de sécurité alimentaire à hauteur de 27 millions $ US.
28 Les autorités laotiennes lancent la 2e phase de construction des barrages en partenariat avec la compagnie chinoise Powerchina sur le Nam Ou, affluent du Mékong. Le projet totalise sept barrages pour une capacité de production de 1 156 mégawatts et un coût de 2,8 milliards $ US. La 2e phase de construction devrait prendre fin en 2020.
MAI 2016
5 Le président laotien, Bounnhang Vorachit, conclut sa visite de trois jours en Chine pendant laquelle il a signé une dizaine d’accords avec son homologue chinois, Xi Jinping.
6 Le président birman, U Htin Kyaw, est en visite officielle au Laos. C’est la première visite d’un président étranger au Laos depuis l’élection du nouveau Président et du gouvernement. La ministre des Affaires étrangères birmane, et Première ministre de facto, Aung San Suu Kyi, l’accompagne.
Malgré une interdiction datant de plus de deux ans, une étude révèle que les agriculteurs de la province de Xiangkhouang continuent à utiliser l’herbicide « paraquat » dans des quantités 25 fois supérieures aux taux autorisés.
Des échanges de tirs entre des soldats de l’armée lao et des forces armées non identifiées font 9 morts (1 soldat et 8 membres du groupe non-identifié) sur la nouvelle route entre les provinces de Vientiane et Luang Prabang.
13 Le nouveau gouvernement émet un moratoire sur l’exportation des bûches et bois de construction pour lutter contre l’exportation illégale.
26 Le ministère de la Sécurité publique confirme que l’arrestation de trois jeunes lao travaillant en Thaïlande le 5 mars dernier n’était pas due à un trafic de drogue, comme annoncé dans un premier temps, mais bien en raison des propos tenus contre le gouvernement sur le réseau social Facebook.
JUIN 2016
2 Le Premier ministre, Thongloun Sisoulith, ordonne au ministre de l’Énergie et des Mines d’enquêter sur les récentes plaintes publiques relatives à la hausse brutale du prix de l’électricité et assure les consommateurs concernés de la distribution de compensations.
3 Le Premier ministre nomme un comité ad hoc pour faire appliquer l’interdiction de l’exportation forestière illégale dans les 60 jours. Le comité est composé de hauts fonctionnaires des organismes d'inspection gouvernementaux, ainsi que d’organisations anticorruption.
23 Les autorités du Laos ordonnent à la société de traitement des métaux Hokeng de suspendre les opérations d’une de ses usines de déchets électroniques, celle-ci ayant échoué à installer des contrôles de pollution satisfaisants.
27 Le Premier ministre laotien, Thongloun Sisoulith, ordonne aux fonctionnaires d’une province du Sud fortement polluée de rejeter les propositions de nouveaux projets miniers dans leur région du fait de graves dommages déjà causés à l'environnement local.
JUILLET 2016
26 Les habitants de deux villages de la province de Luang Namtha s’élèvent face aux polluants libérés par une usine de transformation de manioc dans un ruisseau voisin dont ils dépendent. L’entreprise lao-chinoise qui exploite le site refuse de s’exprimer.
AOÛT 2016
8 Le gouvernement du Laos se voit accusé d’avoir sélectionné les participants afin de contrôler l’image de son pays pour la grande réunion annuelle réunissant des représentants de la société civile des pays de l’Asean.
24 L’augmentation continuelle des prix et du coût de la vie au Laos rend la vie de ses habitants de plus en plus difficile. Les prix de l’alimentaire auraient augmenté de 30 % en moyenne dans la capitale depuis octobre 2015.
SEPTEMBRE 2016
6-8 Le sommet de l’Asean des chefs d’État et de gouvernement de l’Asean + 6, auxquels se joignent les États-Unis et la Russie a lieu à Vientiane pendant deux jours.
6 À l’occasion du sommet de l’Asean, Barack Obama, premier président américain à effectuer une visite officielle au Laos depuis la fin de la guerre du Vietnam, a mentionné et reconnu que les États-Unis ont lâché plus de deux millions de tonnes de bombes sur le pays au cours de la guerre, faisant de ce dernier le pays le plus bombardé du monde, per capita. Sans pourtant s’excuser officiellement, mais « dans un esprit de réconciliation » il a affirmé que les États-Unis s’engagent à doubler leur soutien au Laos – le portant ainsi à 30 millions $ US sur trois ans – dans le cadre de son programme de déminage. Les UXOs ont fait plus de 50 000 victimes entre 1964 et 2008.
28 La construction d’une digue le long du Mékong, de 30 km de long et de 10 m de large, partant du Pont de l’amitié lao-thaïlandaise, devrait bientôt commencer et s’achever en 2019.
30 La zone économique spéciale (ZES) du Triangle d’or, reliant le Laos, la Thaïlande et la Birmanie prévoit d’inaugurer un port fluvial international l’année prochaine dans la province de Bokéo. Ce port pourra supporter 500 tonnes de fret pendant la saison des pluies et 200 tonnes en saison sèche.
OCTOBRE 2016
20 Le Premier ministre, Thongloun Sisoulith, est finalement revenu sur ses déclarations et a affirmé que le gouvernement allait maintenir son moratoire sur les nouvelles concessions minières jusqu’à la fin des inspections.
21 D’après le 4e recensement de la population, réalisé en mars 2015 par le ministère du Plan et de l’Investissement, la population laotienne présenterait un faible déséquilibre dans le ratio hommes-femmes et le taux de naissance aurait chuté de 4,5 enfants par femme en 2005 à 3,2. De plus, 50 % de la population a moins de 25 ans, et seulement 1/3 de la population vit en ville.
NOVEMBRE 2016
23 Un rapport publié lors d’une réunion d’inspection révèle que plus de 730 policiers ont été renvoyés en 5 ans pour avoir abusé de leur pouvoir et reçu des pots-de-vin. Plus de 1 000 agents de police sont par ailleurs accusés d’avoir enfreint la loi.
Portraits
Bounnhang Vorachit (79 ans). Secrétaire général du Parti et président de la République
Né le 15 août 1937 dans le quartier de Na, district de Thapanthong, dans la province méridionale de Savannakhet, Bounnhang Vorachit est un vétéran du Parti et un homme politique incontournable depuis plusieurs décennies : fin connaisseur des arcanes du Comité central du Parti, dont il est membre depuis le Ve Congrès (1991). En 1952, à seulement 15 ans, il rejoint le mouvement révolutionnaire, avant de partir en 1954 faire des études au Vietnam. Après une carrière militaire, il devient gouverneur de sa province natale (1982), poste qu’il occupera jusqu’à 1992, avant de devenir le maire de la capitale nationale, Vientiane, de 1993 à 1996. Après le VIe Congrès du Parti (1996), Bounnhang Vorachit prend la direction du ministère des Finances tout en siégeant à la Commission pour la coopération lao-vietnamienne (1996-2001). Lors du VIIe Congrès (2001), il est nommé Premier ministre, avant de devenir vice-président de la République en 2006, et est renouvelé dans cette fonction cinq ans plus tard (2011). Le Xe Congrès (2016) le nomme secrétaire général du Parti et il devient, de facto, quelques semaines plus tard, président de la République, élu par les députés de l’Assemblée nationale avec 141 voix.
La nomination de Bounnhang Vorachit a, semble-t-il, éteint les risques de conflits internes, nés des choix politiques prochinois de l’équipe dirigeante précédente. Toutefois, en raison de son âge avancé, il n’est pas certain qu’il aille au-delà de son mandat de cinq ans.
Thoungloun Sisoulith (71 ans) Premier ministre
Né le 10 novembre 1945 à Hua Phan, province frontalière avec le Vietnam, Thoungloun Sisoulith est marié avec la fille adoptive de Phoumi Vongvichit, ancien président de la République démocratique populaire lao (1986-1991) et membre historique du Pathet lao. Vice-ministre des Affaires étrangères de 1987 à 1992, puis ministre du Travail et des Affaires sociales de 1993 à 1997, Thoungloun Sisoulith devient membre du Bureau politique du Comité central du Parti en 2001 (VIIe Congrès) et vice-Premier ministre de 2001 à 2016 ainsi que ministre des Affaires étrangères de 2006 à 2016. Pressenti lors du congrès du PRPL en janvier 2016 pour devenir Premier ministre, il est élu à cette fonction par l'Assemblée nationale le 20 avril.
Formé dans la sphère socialiste, il a étudié au Vietnam et a passé de nombreuses années en ex-Union soviétique où il soutient une thèse en histoire des relations internationales. Cette parenthèse russe dans les études de Thoungloun Sisoulith n’a d’ailleurs pas échappé à Vladimir Poutine (et aux Affaires étrangères russes), qui a rappelé, non sans un certain plaisir, notamment lors de la célébration du 20e anniversaire des relations entre l’Asean et la Russie à Sotchi (19 et 20 mai) que Sisoulith était titulaire d’un doctorat de l’université Herzen de Saint-Pétersbourg et, qu’à ce titre, il maîtrisait la langue russe (tout comme l’anglais et le vietnamien, d’ailleurs). De toute évidence, la Russie, autrefois acteur central en ex-Indochine durant la guerre froide, et qui souhaite désormais coopérer plus intensément avec les pays de l’Asie du Sud-Est, voit la nomination de Thoungloun Sisoulith d’un très bon œil.
Alors que plusieurs analyses le présentent comme provietnamien, Sisoulith semble davantage être un partisan de l’équilibre des puissances. Premier haut fonctionnaire à se rendre aux États-Unis en 2010, il fait la promotion d’un dialogue constructif avec la Chine tout en recherchant une coopération accrue avec le Vietnam. Relativement neutre, du moins en apparence, Sisoulith incarne la stratégie laotienne de couverture (hedging) comprenant des relations bilatérales, régionales et multilatérales multiples et simultanées.
Arrêt sur image

Immense photographie de Kaysone Phomvihane, vue depuis l’avenue Lane Xang, devant le palais présidentiel à Vientiane
© Éric Mottet, Vientiane, juin 2016
Cette affiche rend hommage à Kaysone Phomvihane (1920-1992) qui fut l’un des sept fondateurs du Parti populaire révolutionnaire lao (PPRL) en 1955 et secrétaire général du comité exécutif du PPRL, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort. Il fut également président de la République du 15 août 1991 au 25 novembre 1992. On peut y lire :
« La mission révolutionnaire durera pour toujours avec nous. Son Excellence Kaysone Phomvihane »
Notes de bas de page
290 Voir Éric Mottet, 2016, « Laos », in Abigaël Pesses (dir.), L’Asie du Sud-Est 2016, Paris-Bangkok, Les Indes savantes-Irasec, p. 221-246.
291 Sur les 685 délégués, 49 sont issus du Comité central, 412 viennent des provinces et de Vientiane, et 224 proviennent des ministères et autres agences gouvernementales. Les délégués représentent les 252 879 membres du Parti disséminés à travers tout le pays.
292 « 10th Party Congress defines national development path », Vientiane Times, 19 janvier 2016.
293 « Govt approves development strategies », Vientiane Times, 29 janvier 2016.
294 Il est à signaler que pendant l’année qui a précédé le Xe Congrès et l’adoption du 8e Plan quinquennal, il était facile de se procurer la version préliminaire de ce dernier.
295 « 10th Congress elects new Party leadership », Vientiane Times, 23 janvier 2016.
296 « Selection of new national leaders in Laos indicates tilt to Vietnam », Radio Free Asia, 22 janvier 2016.
297 Bien que les zones économiques spéciales (ZES) soient d’abord apparues sur des territoires comme Porto Rico (1951), l’Irlande avec la zone aéroportuaire de Shannon (1959) et Taiwan (1965), la Chine continentale (1980) est le pays qui a rencontré les plus grands succès dans l’utilisation des ZES à des fins de développement de ses capacités industrielles.
298 « Laos seeks better rail loan terms from China », Bangkok Post, 30 octobre 2015.
299 « Former Lao Deputy PM joins monastery », Radio Free Asia, 13 juillet 2016.
300 « Selection of new national leaders in Laos indicates tilt to Vietnam », Radio Free Asia, 22 janvier 2016.
301 L’AN a le droit d’annuler une multitude d’actes issus du gouvernement qu’elle juge incompatibles avec la Constitution.
302 Les élections sont obligatoires au Laos.
303 Le président de la République est élu par l’AN pour un mandat de 5 ans. Il est assisté par le Premier ministre, qui dirige le Conseil des ministres (18 membres). Le Premier ministre et les ministres sont nommés par le président de la République après l’approbation de l’AN. En théorie, l’AN a le pouvoir de révoquer le pouvoir exécutif issu du PPRL.
304 Le nombre de députés est passé de 132 (7e législatives) à 149 en raison de l’accroissement de la population (6,5 millions en 2015). Le pays compte un député pour 50 000 habitants, avec un maximum de 19 élus par province (Savhannakhet), et 5 membres pour les provinces qui comptent moins de 250 000 habitants (Phongsaly, Luang Nantha, Bokeo, Sekong, Attapeu, Xaysomboun).
305 En 2011, Sisaliao Svengsuksa était le seul candidat indépendant. Voir son portrait dans Éric Mottet, 2016, « Laos », in Abigaël Pesses (dir.), L’Asie du Sud-Est 2016, Paris-Bangkok, Les Indes savantes-Irasec, p. 221-246.
306 Lao PDR Economic Monitor, 2016, Challenges in promoting more inclusive growth and shared prosperity, The World Bank Lao PDR, mai.
307 Lao Statistics Bureau, Asian Development Outlook database.
308 National Tourism Administration, Asian Development Outlook 2016; Asian Development Bank, Asian Development Outlook 2016, Asia’s Potential Growth, mars 2016.
309 Mise en service en décembre 2015 (et construite par la China National Electric Engineering Co., Ltd. ou CNEEC), Hongsa est une centrale thermique au lignite d’une puissance de 1 878 MW (province de Xayaboury), dont 1 500 MW sont exportés en Thaïlande, qui permet de porter la puissance laotienne totale à près de 6 000 MW.
310 D’après la Banque mondiale (2016), les revenus miniers sont passés de 290 millions $ US en 2012-2013 à 128 millions $ US en 2015-2016.
311 La Banque asiatique de développement (2016), qui constate également une diminution, estime que le déficit budgétaire est passé de 5,6 % du PIB en 2013 à 4,7 % du PIB en 2015.
312 Voir Vanina Bouté et Steve Daviau, 2015, « Laos », in Abigaël Pesses et François Robinne (dir.), L’Asie du Sud-Est 2015, Paris-Bangkok, Les Indes savantes-Irasec, p. 197-205.
313 Bien qu’il utilise un seul sigle (ZES), le gouvernement laotien distingue les zones économiques spéciales et les zones économiques spécifiques. Au nombre de quatre, les zones économiques spéciales peuvent combiner plusieurs activités économiques spécifiques.
314 « Investment grows at SEZs », Vientiane Times, 19 septembre 2016.
315 Sur les 294 entreprises implantées dans les ZES, 56 sont laotiennes, 217 sont étrangères et 21 sont des coentreprises. Elles emploient 15 544 personnes, dont 8 364 étrangers.
316 Voir Éric Mottet, 2016, « Laos », in Abigaël Pesses (dir.), L’Asie du Sud-Est 2016, Paris-Bangkok, Les Indes savantes-Irasec, p. 221-246.
317 D’après la projection quinquennale, le reste des investissements sera apporté par le gouvernement laotien (3 milliards $ US), les aides étrangères (3,5 milliards $ US) et les prêts bancaires (5,6 millions $ US), principalement contractés à l’étranger.
318 Un guichet unique permet l’identification et la prise en charge des préalables au démarrage d’un projet d’investissement dans le pays.
319 « New Lao Prime Minister issues ban on timber exports », Radio Free Asia, 17 mai 2016.
320 « Govt vows to standardise wood processing plants », Vientiane Times, 22 septembre 2016.
321 D’après le 8e Plan quinquennal (2016-2020), l’objectif d’un couvert forestier couvrant 65 % du territoire aurait été atteint en 2015.
322 « Chinese banana plantations lose their appeal in Laos as pollution concerns grow », Radio Free Asia, 14 avril 2016.
323 Dans la province d’Oudomxay, des propriétaires chinois auraient fait appel à une milice privée en armes pour obliger les ouvriers à travailler dans les plantations de bananes contaminées par les produits chimiques : voir « Armed Chinese threaten Lao banana workers », Radio Free Asia, 9 février 2016.
324 Les conditions sont si mauvaises que, semble-t-il, les propriétaires de plantations ne permettent pas aux ouvriers agricoles d’y travailler plus de trois ans.
325 5,5 euros/jour.
326 « The true cost of Laos’banana plantations », Globe, 10 février 2016.
327 Voir Éric Mottet, 2015, « Laos : une géopolitique minière sous tension », in Éric Mottet, Frédéric Lasserre et Barthélémy Courmont, Géopolitique des ressources minières d’Asie du Sud-Est. Trajectoires plurielles et incertaines (Indonésie, Laos, Viêt Nam), Québec, Presses de l’Université du Québec, p. 141-187.
328 « New miners to come under scrutiny in Laos », Vientiane Times, 21 juillet 2016.
329 « Many miners found to be in violation of agreements », Vientiane Times, 12 mars 2015.
330 « New miners to come under scrutiny in Laos », Vientiane Times, 21 juillet 2016.
331 « Former Lao Finance Minister named in corruption probe », Radio Free Asia, 8 janvier 2016; « Is Laos moving away from China with its leadership transition? », The Diplomat, 3 février 2016.
332 Projets sans existence réelle pour lesquels l’argent est budgété et dépensé.
333 « Laos announces measures to prevent “ghost” projects », The Nation, 30 mai 2016.
334 « Laos takes fresh look at controversial highway project », Radio Free Asia, 23 mai 2016.
335 Le Laos était 158e (sur 180) en 2009 et 160e (sur 174) en 2012.
336 « Can Laos lead ASEAN in 2016? », The Diplomat, 10 juin 2015; « Will Laos be a lousy ASEAN leader? », New Mandala, 22 avril 2016.
337 La double visite, d’une part, d’une délégation parlementaire américaine conduite par l’assistant du secrétaire d’État en juin 2010, et, d’autre part, d’Hillary Clinton en juillet 2012, la première secrétaire d’État américaine à se rendre en visite officielle au Laos depuis John Foster Dulles en 1955, a permis d’aplanir les différends entre les deux pays remontant à la victoire communiste de 1975.
338 Voir Barthélémy Courmont, Frédéric Lasserre et Éric Mottet, 2016, « La Chine en Asie du Sud-Est », in Abigaël Pesses (dir.), L’Asie du Sud-Est 2016, Paris-Bangkok, Les Indes savantes-Irasec, p. 33-50.
339 « Les États-Unis et le Laos concluent un accord commercial », Vietnam +, 22 février 2016.
340 Afin de permettre à Barack Obama de participer pleinement au sommet de l’Asean, et surtout de prendre des décisions politiques engageant les États-Unis avant l’élection présidentielle du 8 novembre, les deux sommets annuels ont été regroupés en un seul et avancés début septembre.
341 Les relations diplomatiques entre le Laos et les États-Unis ont été établies le 10 août 1955.
342 Durant son deuxième mandat présidentiel, Barack Obama a effectué des visites officielles au Cambodge (novembre 2012) et au Vietnam (mai 2016).
343 Entre 1964 et 1973, le pays a subi 580 000 missions de bombardement, soit une toutes les 7 minutes, faisant du Laos le pays le plus bombardé de l'histoire, si l'on rapporte les bombardements au nombre d'habitants. D’après UXO LAO (Lao National Unexploded Ordnance Programme), sur les 270 millions de bombes larguées au-dessus du Laos au cours de ces 10 ans, approximativement 80 millions de bombes n’auraient pas explosé (30 %). Chaque année, environ 300 Laotiens sont blessés ou tués par une munition non explosée.
344 « US pledges US$ 90 million for UXO clearance », Vientiane Times, 7 septembre 2016.
345 Voir Vatthana Pholsena, « Laos », in Jeremy Jammes et François Robinne (dir.), L’Asie du Sud-Est 2014, Paris-Bangkok, Les Indes savantes-Irasec, p. 219-243.
346 UNCTAD, Trade and development report 2016.
347 UNDP, Rapport sur le développement humain 2014.
348 IMF, World Economic Outlook database, novembre 2016.
Auteur
-
Éric Mottet
Professeur de géopolitique au département de géographie de l’université du Québec à Montréal (UQAM). Ses recherches portent plus particulièrement sur les ressources naturelles et énergétiques ainsi que les processus de régionalisation. Il a publié, entre autres, Géopolitique des ressources minières en Asie du Sud-Est (avec Barthélémy Courmont et Frédéric Lasserre) (PUQ-Irasec, 2015) et Manuel de géopolitique. Enjeux de pouvoir sur des territoires (avec Frédéric Lasserre et Emmanuel Gonon) (Armand Colin, 2016).
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