• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16517 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16517 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Ined Éditions
  • ›
  • Méthodes et Savoirs
  • ›
  • États flous et trajectoires complexes
  • ›
  • Partie I. Les thématiques
  • ›
  • Chapitre 4. L’hébergement : un état sans...
  • Ined Éditions
  • Ined Éditions
    Ined Éditions
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral 1. Repérer l’hébergement au moment de la collecte2. Les différents types d’hébergement dans le temps. dynamique et contoursConclusion. Observation et analyse d’un état flou Bibliographie Notes de bas de page Auteurs

    États flous et trajectoires complexes

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Chapitre 4. L’hébergement : un état sans statut

    Valérie Golaz, Catherine Bonvalet, Daniel Delaunay, Alioune Diagne, Françoise Dureau et Éva Lelièvre

    p. 113-135

    Texte intégral Bibliographie Références bibliographiques Notes de bas de page Auteurs

    Texte intégral

    1Tout comme la grossesse, sujet abordé dans le chapitre précédent, l’hébergement ne constitue pas un événement, mais un état. Selon la définition proposée par le Larousse, une personne hébergée est quelqu’un qui loge chez autrui. Les recherches sur ce thème couvrent un éventail de considérations particulièrement large entre le Nord et le Sud. L’hébergement est un concept qui joue un rôle important dans les problématiques centrées sur le logement, le ménage, les solidarités, mais qui reste souvent éludé ou contourné dans ces études. En effet, malgré sa fréquence, l’hébergement constitue un état particulièrement difficile à circonscrire. Il interroge le temps et les transitions de multiples façons. Est-il toujours un état transitoire, instable ? Quels événements en marquent l’entrée ou le départ, la sortie ou la fin ? Peut-on changer d’état sans événement ? Quels éléments de la trajectoire biographique permettent de mesurer l’hébergement ?

    2De nombreuses situations d’hébergement sont des étapes transitoires envisagées comme devant être de courte durée. Mais celles-ci peuvent s’étirer dans le temps et représenter un statut d’occupation à part entière. Globalement, l’hébergement est connoté négativement, en particulier dans les sociétés occidentales où l’indépendance résidentielle est une norme et où, malgré sa fréquence, il est considéré comme une anomalie. Dans les familles africaines en évolution rapide, l’hébergement est très répandu, autant dans les milieux ruraux les moins occidentalisés que dans le monde urbain, où le coût et la difficulté d’accès au logement imposent des accueils de longue durée chez les amis, les parents, etc.

    3En conséquence le terme « hébergement » couvre des situations très diverses. Il s’inscrit à différents stades de la vie, caractérise souvent des périodes de dépendance, comme dans le processus du passage de l’enfance à la « maturité » ou en cas de précarisation dans la vie des individus (à la suite par exemple d’une rupture : divorce, chômage, nouvel emploi…). Il se réfère également à la prise en charge des personnes âgées. Si dans certains cas il est vécu comme un poids, pour l’hôte comme pour l’hébergé, ce n’est pas systématique. Il peut en effet être un choix résidentiel et financier qui convient aux différents partis qui s’y engagent, enfants et parents, frères ou connaissances (voir le chapitre 1 sur les données factuelles et les perceptions).

    4À cette variété de situations d’hébergement correspond la coexistence de multiples définitions, selon la perspective adoptée pour mesurer des états tous désignés de la même manière, par le mot hébergement. Ainsi, l’hébergement peut être considéré en termes :

    • de solidarité familiale et de sociabilité ;

    • de statut d’occupation du logement dans une succession où alternent location, hébergement, accès à la propriété ;

    • de précarité et fragilité en particulier dans le repérage nécessaire aux pouvoirs publics.

    5Il peut également être envisagé du point de vue de l’indépendance des individus, hébergement signifiant alors moins de solidarité et force des liens que dépendance et contrainte.

    6La temporalité des périodes d’hébergement est floue. Ni le début de l’état (à quel âge considère-t-on un jeune chez ses parents comme hébergé, à partir de quand un partenaire hébergé partiellement devient-il un conjoint ?), ni sa fin (à quel moment n’est-on plus hébergé quand on continue de vivre chez ses parents, mais que progressivement ces derniers deviennent dépendants ?) ne sont pas toujours bien définis. À partir de quelle durée de séjour ou de quelle fréquence de résidence doit-on considérer quelqu’un comme hébergé ? Il y a donc un seuil d’entrée et un seuil de sortie de l’hébergement, qui ne sont généralement pas simples à mesurer. L’hébergement est une notion complexe qui renvoie à des pratiques et à des normes résidentielles variables selon les époques et les contextes. Cette diversité et les évolutions sous-jacentes constituent tout l’intérêt de ce chapitre.

    7Mesurer l’hébergement renvoie à deux étapes principales dans toute recherche : tout d’abord à la collecte de données et, ensuite, aux hypothèses et aux définitions adoptées pour traiter l’information collectée. Dans aucun des pays représentés dans ce chapitre, l’hébergement n’a fait l’objet d’une enquête d’envergure. Les analyses existantes concernant l’hébergement sont principalement le produit de deux domaines académiques, centrés respectivement sur la famille et les solidarités, d’une part, et sur la composition des ménages et le logement, d’autre part. L’étude des périodes d’hébergement est donc généralement fondée sur des critères indirects, issus du statut de la personne vis-à-vis du logement qu’elle occupe, de la composition de son ménage, de sa contribution aux frais de logement et de sa relation de parenté à l’occupant en titre du lieu habité.

    8Dans un premier temps, un éventail des repérages proposés par différentes équipes ou dans différents travaux sera présenté afin d’en dégager des principes communs. Ensuite, il sera démontré à quel point la dynamique de l’hébergement, le passage d’un statut à un autre est rendu flou par la nature même de cet état qui ne peut être repéré par un seul critère. L’apport de ce chapitre consiste à identifier les pistes d’une amélioration du repérage et de l’analyse qui réside dans une large mesure dans la combinaison des critères et le traitement des transitions graduelles.

    1. Repérer l’hébergement au moment de la collecte

    9Dans les différents contextes étudiés (France, Colombie, Afrique), la multiplicité des situations d’hébergement nous conduit à définir précisément ce que l’on appelle hébergement. Les critères retenus vont dépendre des informations disponibles dans les données utilisées et de la nature de ces données.

    10En France, le thème de l’hébergement apparaît dans les années 1990 avec les travaux d’Yves Grafmeyer (1997), le séminaire de Claire Lévy-Vroelant (1998, publié en 2000) et le programme Villes et hospitalité d’Anne Gotman (2001).

    11Grafmeyer a proposé qu’une étape résidentielle soit identifiée comme hébergement pour une personne lorsque les six conditions suivantes sont vérifiées :

    • la personne considérée n’est pas l’occupant en titre principal du logement ;

    • la personne est adulte ;

    • la période retenue est d’une durée minimale de trois mois consécutifs ;

    • le logement chez l’employeur ou en institution n’est pas pris en compte ;

    • la cohabitation avec l’occupant en titre doit être effective ;

    • la résidence principale de l’hébergé est celle de la personne qui l’accueille.

    12L’utilisation d’une telle définition nécessite de connaître la composition du ménage, les liens entre les divers membres du ménage, le statut d’occupation et le détenteur de ce statut (qui est locataire en titre, le propriétaire, etc.), la résidence principale de chacun. Il est possible de faire varier la durée minimale de logement et l’âge où les individus sont considérés comme adultes. L’avantage de cette définition est de ne pas présupposer de dépendance a priori, puisque les échanges financiers ne sont pas précisés.

    1.1. Plusieurs repérages de l’hébergement en France

    1.1.1. Repérage de l’hébergement à partir des enquêtes nationales

    13À partir des enquêtes nationales de l’Insee et des recensements, les situations d’hébergement restent difficiles à cerner. Le statut d’occupation retenu par définition est celui de la personne de référence. Seule, la composition des ménages permet de recenser, selon les critères d’âge et d’activité professionnelle, les personnes de référence et les personnes hébergées. Bessière et Laferrère (2002) distinguent au sein des ménages trois catégories de personnes :

    • l’occupant en titre est la personne de référence, son conjoint éventuel ou un colocataire. S’il y a plusieurs occupants en titre, une relation d’égalité est supposée entre les personnes que ce soit d’alliance – formelle ou non – ou de colocation ;

    • les cohabitants sont les enfants qui ne se trouvent pas en situation d’égalité par rapport aux parents car dépendants. Il s’agit bien sûr des enfants mineurs, mais également des étudiants qui n’ont encore jamais quitté le domicile de leurs parents pour plus de 6 mois. Les ascendants de la personne de référence ou de son conjoint sont également classés comme cohabitants (car il est souvent difficile de savoir qui héberge réellement qui) ;

    • les hébergés comprennent les enfants qui sont partis du domicile parental au moins pendant une période de six mois et qui sont revenus, les neveux ou nièces et toute autre personne, apparentée ou non, en dehors des cohabitants définis ci-dessus.

    14D’après l’Insee, il existe donc deux dimensions importantes dans l’hébergement : la dimension familiale (liens de sang ou d’alliance) et la dimension économique à travers les échanges financiers ou domestiques. Mais, Bessière et Laferrère (2002) notent à juste titre l’absence de la dimension temporelle et de réciprocité (une mère loge son fils divorcé qui plus tard l’hébergera à son tour…). Il n’est en effet pas fait référence au temps, excepté en ce qui concerne un éventuel séjour hors du domicile parental, qui a pour conséquence de modifier le statut des enfants.

    15Seulement, cette caractéristique semble très problématique. Quel séjour hors du domicile parental retient-on : un placement temporaire à 5 ans, une année de convalescence chez les grands-parents à l’âge de 12 ans, un séjour en prison à 18 ans, neuf mois en pension ?

    16De plus, à partir de quel âge un individu peut-il être considéré comme autonome ? Lelièvre et al. (2003) précisent qu’un quart des Franciliens des générations nées entre 1930 et 1950 ont quitté leurs parents pour au moins une année avant l’âge de 14 ans !

    17Ce premier séjour de plus de six mois hors du domicile parental renvoie à ce que Bessière et Laferrère considèrent implicitement comme l’âge à la maturité, c’est-à-dire un « âge » à partir duquel tout individu est considéré comme pouvant être autonome. Mais à partir de quand considère-t-on qu’un jeune passe du statut de cohabitant à celui d’hébergé par ses parents, lorsque celui-ci réside à leur domicile sans séjourner ailleurs sans interruption ?

    18En Europe, Banturiki et Duchêne (2003), à propos des familles monoparentales, révèlent que les conventions concernant l’âge auquel les enfants ne dépendent plus de leurs parents varient fortement d’un pays à l’autre, voire d’un recensement à l’autre au sein un même pays. Dans certains cas, il n’y a pas de limite, dans d’autres, l’indépendance est proclamée à 16 ans.

    1.1.2. Repérage de l’hébergement à partir de l’enquête Biographies et entourage

    19L’enquête Biographies et entourage, dont la collecte a eu lieu en 2000-2001, a pour objectif de retracer l’histoire familiale, résidentielle et professionnelle des différents membres d’un entourage, d’après un recueil fait auprès de Franciliens âgés de 50 à 70 ans (voir encadré 1 en annexe du chapitre 1).

    20L’hébergement, la mise à disposition d’un logement ou la proximité géographique entre plusieurs ménages apparentés, constituent de bons analyseurs des liens familiaux. L’enquête recueille à cet effet les éléments factuels permettant de mettre en évidence de telles situations, habituellement occultées dans d’autres collectes quantitatives.

    21Le questionnaire de l’enquête Biographies et entourage a en effet été conçu de façon à collecter précisément, sur l’ensemble de la trajectoire résidentielle, les étapes de la cohabitation ainsi que le statut d’occupation de l’enquêté ou celui de la personne qui l’héberge. Pour chacun des logements occupés par l’enquêté, les données (encadré 4) informent sur la composition du ménage, le lien de l’enquêté avec la personne du ménage qui détient le statut d’occupation de ce logement, puis les précisions sur ce statut (Bonvalet et Lelièvre, 2000).

    ENCADRÉ 4. QUESTIONS SUR LA SITUATION RÉSIDENTIELLE DE L’ENQUÊTÉ TOUT AU LONG DE SON EXISTENCE. ENQUÊTE BIOGRAPHIES ET ENTOURAGE (INED, 2001)
    L6. Quelles sont les personnes qui habitaient dans ce logement ?
    L7. Parmi les personnes avec lesquelles vous viviez, qui était l’occupant en titre à l’entrée dans ce logement ?
    L7bis. (dans le cas où L7 = employeur, amis, Ego et d’autres colocataires, autres cas) Disposiez-vous de l’ensemble du logement ou seulement d’une partie ?
    L8. Cette personne (citée en L7) est-elle propriétaire (détails), locataire (détails), autre (détails) ?
    Consigne : En L7, on décrit le lien entre Ego et la personne qui, parmi les occupants du logement, détient le statut (formel ou informel). Si Ego est l’occupant en titre, alors L7=1, sinon on décrit le lien qui existe entre Ego et l’occupant en titre. S’il s’agit du logement de fonction du conjoint (noter 2). Si Ego loge chez ses parents et avec eux (noter 2P). Si Ego est accueilli chez un frère (noter F).

    22Il s’agit de déterminer qui, des membres du ménage (des habitants du logement), est la personne de référence du point de vue de l’occupation du logement. Détenir le statut, selon les instructions, n’implique pas que la personne citée a un contrat formel. Cela permet ainsi de distinguer parmi les personnes logées par des tiers celles qui corésident avec le bailleur de celles auxquelles on prête un logement. En revanche, aucun critère d’activité économique n’est ici pris en compte. Le critère de détention du statut d’occupation, appliqué strictement, a pour conséquence de classer comme « hébergée » une conjointe vivant dans le logement de fonction de son époux, puisqu’elle n’est pas codétentrice du statut d’occupation et que son accès au logement dépend intégralement de sa relation conjugale.

    23Les enquêtés de Biographies et entourage étaient également incités à fournir des indications sur les périodes transitoires quelle que soit leur durée, pas toujours saisies dans une enquête quantitative classique quand elles sont trop courtes. Voici des exemples de description de ces périodes transitoires trouvés tels que dans les questionnaires :

    • hébergée gracieusement par des amis ;

    • 2 mois en Belgique, Ego est restée 2 mois chez ses parents pour son accouchement ;

    • mutation de son conjoint de 1981 à 1986 à Rhince, les enfants y sont nés ;

    • chez ses beaux-parents, 6 mois, et 6 mois d’hôtel ;

    • devient sdf (Paris/Argenteuil) ;

    • a vécu chez des amis dans les départements de l’Oise, la Seine-et-Marne, les Hauts-de-Seine et enfin dans le Val-d’Oise ;

    • la période 4 est composée essentiellement d’hôtels meublés dans le département de la Seine ;

    • 7 mois en foyer en 1968, quelques mois dans un hôtel et 6 mois sur le chantier début 1969.

    24Il est intéressant de constater que les informations fournies par les intéressés, sur les périodes dites transitoires, évoquent des situations plus variées que ce qui était envisagé comme « hébergement » (par exemple des situations de logement atypiques et précaires : hôtels, rue, foyers) et des situations d’accueil variées (famille, amis, emploi). Il y a donc une intersection entre hébergement et logements transitoires, entre hébergement et famille, ainsi qu’entre hébergement et précarité. De plus, il est possible de bien distinguer, à partir de seulement deux sources et approches différentes, la difficulté de cerner un objet unique et en conséquence les divergences inévitables entre les repérages effectués – y compris à partir de la même source – par des études aux perspectives disciplinaires différentes.

    25Que ce soit à partir des enquêtes nationales ou d’enquêtes spécifiques, l’information disponible sert a posteriori à repérer une situation plus ou moins précisément. Or le choix des critères est très fortement dépendant des informations collectées.

    1.2. Repérage de l’hébergement en Colombie

    1.2.1. Repérage de l’hébergement à partir des enquêtes nationales

    26À partir des recensements et des enquêtes auprès des ménages réalisés régulièrement par le Dane (Departamento Administrativo Nacional de Estadística), on procède au dénombrement des logements, des ménages et des individus qui les composent. Dans chaque logement, l’enquêteur commence par demander « Combien y a-t-il de groupes de personnes cuisinant séparément dans le logement ? » afin d’identifier le nombre de ménages vivant dans le logement. Le statut d’occupation du logement de chaque ménage est décrit en quatre modalités : propriété complètement payée, propriété en cours de paiement, location ou sous-location, autre. S’agissant de recensements de droit depuis 1985, font partie du ménage l’ensemble des personnes y résidant habituellement, qu’elles soient présentes ou non au moment du recensement. Pour chaque membre du ménage, la relation avec le chef du ménage est recueillie (sept modalités de relations familiales et employé domestique, autre non apparenté). Les employés domestiques qui n’ont pas d’autre résidence sont inclus dans le ménage de leur employeur (Dane, 1996).

    27Comme en France, à partir des recensements et enquêtes nationales auprès des ménages, les informations précédentes permettent de repérer les hébergés, en jouant sur l’âge, la relation de parenté avec le chef de ménage et le statut d’occupation du logement.

    1.2.2. Repérage à partir des enquêtes biographiques Bogota et Villes pétrolières du Casanare

    28Ces deux enquêtes sur la mobilité spatiale réalisées en Colombie ont porté respectivement sur 1 031 ménages de Bogota et de la périphérie métropolitaine et 2 000 ménages de trois petites villes pétrolières de l’est du pays. L’objectif était de recueillir l’information nécessaire pour analyser les pratiques de mobilité des populations et leur impact sur le développement et les recompositions de Bogota et des villes du Casanare.

    29Pour chacun des logements identifiés dans le module biographique, ces enquêtes indiquent la corésidence dans le logement avec les membres de la parentèle de l’enquêté (père, mère, conjoints et ex-conjoints, enfants). L’information biographique sur les corésidents est donc limitée à un groupe familial défini de façon très restrictive (ascendants, descendants et conjoints) : les enquêtes pilotes réalisées à Bogota ont en effet montré qu’il n’était pas possible de recueillir sur l’intégralité de la vie des enquêtés, contrairement à ce que nous avions initialement envisagé, l’ensemble de la composition des ménages.

    30Concernant les 12 mois qui précèdent l’enquête, l’attention portée aux pratiques plurirésidentielles a conduit à adopter une définition particulière des membres des ménages, qui inclut également les personnes pour lesquelles le logement enquêté constitue un des logements composant son système résidentiel. Un module spécifique est appliqué à tous ces individus, afin de décrire les systèmes de résidences complexes basés sur des mobilités circulaires selon des rythmes divers (Dureau, 2002). Ces deux options permettent de détecter des pratiques d’hébergement de courte durée non captées avec des définitions restrictives de la résidence.

    31À partir de ces données, sont considérés comme hébergés les individus qui ont atteint l’âge de l’autonomie (voir paragraphe 2.1), et qui sont logés gratuitement au sein d’un ménage apparenté ou non.

    ENCADRÉ 5. QUESTIONS SUR LES SITUATIONS RÉSIDENTIELLES. ENQUÊTES COLOMBIENNES (CEDE-IRD, 1993)
    • Au moment de l’enquête
    Statut d’occupation du logement : propriétaire, occupant de fait, locataire (avec/sans contrat écrit, avec/sans relation familiale avec le propriétaire), sous-locataire, à titre gracieux, autre.
    Sont considérés comme membres du ménage : les résidents habituels du logement (présents ou non au moment de l’enquête) et les personnes qui vivent la majeure partie de l’année dans un autre logement, mais qui ont passé au moins 30 nuits dans le logement sélectionné au cours des 12 mois précédant l’enquête.
    Pour chaque membre du ménage : relation avec le chef du ménage (11 relations familiales et employé domestique, apparenté à l’employé domestique, hôte, pensionnaire, autre).
    • Sur les 12 mois précédant l’enquête, pour chaque membre du ménage
    Séjours dans différents logements (maximum 3, dont celui de l’enquête). Pour chaque logement : durée et rythme des séjours dans le logement, localisation et type de logement (avec/sans membre de la famille, hôtel ou pension, et différentes modalités de logements collectifs).
    • Module biographique, pour chaque logement occupé par Ego
    Localisation précise du logement (commune et, dans les villes faisant l’objet de ces enquêtes, le secteur de recensement).
    Relation avec le chef de ménage (11 modalités familiales et 1 modalité non familiale).
    Statut d’occupation du logement (propriétaire, occupant de fait, locataire, sous-locataire, à titre gracieux, autre).

    1.3. Repérage de l’hébergement en Afrique

    32Comme il a été rappelé en introduction, il est important de dissocier la notion d’hébergement de jeunesse des situations d’hébergement à différents âges de la vie. Par ailleurs, il faut également distinguer l’hébergement « de fonction ». La catégorie des domestiques apparaît en tant que telle dans les données colombiennes et, si au Nord ces situations de corésidence de l’employé et de son employeur sont devenues rares, elles sont fréquentes au Sud. Seulement, sont-elles vraiment assimilables à de l’hébergement ?

    33Au travers de deux exemples, nous entamons ici une discussion plus générale sur la diversité, les frontières, les seuils de passage entre hébergement et autres statuts.

    1.3.1. Qui sont les hébergés à Dakar ?

    34L’un des objectifs de l’enquête Jeunesse et devenir des familles à Dakar (IRD/IFAN, 2001) était de déterminer les conséquences de la crise économique que traverse le Sénégal sur les comportements démographiques des populations dakaroises, en particulier sur l’insertion des jeunes. L’enquête a été réalisée auprès de 1 200 personnes des générations nées de 1942 à 1976. Le recueil et l’analyse des histoires résidentielles occupent une place importante dans l’enquête. Ainsi, pour chaque lieu de résidence de plus de six mois, des questions sur ce logement étaient posées à l’enquêté (encadré 6).

    ENCADRÉ 6. QUESTIONS POUR RETRACER LE PARCOURS DE L’ENQUÊTÉ. ENQUÊTE JEUNESSE ET DEVENIR DE LA FAMILLE À DAKAR (IRD/IFAN, 2001)
    q202-203. À quelle date vous êtes-vous installé (ou à quelle date avez-vous changé de statut d’occupation) dans ce logement ?
    q204. Préciser le milieu où se situait ce logement (Dakar, Sénégal urbain, Sénégal rural, autre pays urbain, autre pays rural) ?
    q205. Quel est votre statut d’occupation dans le logement au début de la période ou celui de votre conjoint ? Propriétaire, locataire, hébergé ?
    q206. Par qui étiez-vous hébergé ?

    35Dans l’enquête Dakar, dans un premier temps, sont classés comme hébergés tous ceux qui ne sont pas propriétaires ou locataires, puis ce sont les modalités de la question q206 qui permettent de faire le tri.

    36La question q205 attribue, d’une part, à l’enquêté le statut de résidence de son conjoint. On peut s’interroger sur la pertinence de ce choix dans le cas d’une femme au sein d’une union polygame. D’autre part, à Dakar, à l’instar de nombreuses capitales africaines, la propriété de la maison familiale est indivise, aucun des membres de la famille ne se déclare propriétaire et la propriété est diluée. Comme en France, la situation d’hébergement renvoie à une personne de référence. En Afrique, c’est en général l’aîné qui va servir de référence. On va alors trouver des situations paradoxales où un fonctionnaire qui loge dans la maison familiale peut apparaître hébergé par son père (alors que c’est le fils qui paie tout l’entretien de la maison). Qui héberge qui ?

    37Enfin, surtout en Afrique, la question de l’hébergement se pose avec acuité lorsque le logement est coûteux, c’est-à-dire en ville. Néanmoins, examinons aussi les termes d’une enquête conduite en zone rurale, à la densité est particulièrement forte.

    1.3.2. Caractérisation des individus en situation d’hébergement à Kisii (Kenya)

    38L’enquête conduite en 1997/1998 au sud du district de Gucha au Kenya, dans une zone rurale extrêmement densément peuplée (plus de 700 hab/km2), a permis de reconstituer les trajectoires familiale, professionnelle, résidentielle et foncière de plus de 600 individus de plus de 15 ans (Golaz, 2002). Son objectif était de comprendre l’évolution des mécanismes d’adaptation à la pression foncière croissante, dans un contexte d’émigration relativement faible.

    39Le questionnaire de l’enquête est construit sur le modèle de celui de l’enquête sur les villes pétrolières colombiennes, afin d’y saisir au mieux les pratiques résidentielles et la mobilité. Les questions qui permettent d’y repérer les situations d’hébergement sont reproduites dans l’encadré 7.

    ENCADRÉ 7. QUESTIONS SUR LES SITUATIONS D’HÉBERGEMENT. ENQUÊTE KISII (V. GOLAZ, 1998)
    • Dans la partie ménage, composition du ménage au moment de l’enquête (résidents de fait et résidents habituels).
    • Dans la partie biographique,
    a. lieu de résidence
    b. statut d’occupation du logement (propriétaire, locataire, logé gratuit)
    c. relation au chef de ménage
    d. périodes de corésidence quand le chef de ménage est un ascendant ou un descendant direct
    e. périodes de scolarisation
    f. année du premier accès individuel à la terre pour les hommes
    g. année d’entrée en union pour les femmes
    • Dans un module spécifique, portant sur les 12 derniers mois uniquement,
    a. lieu de résidence
    b. statut d’occupation du logement

    40Pour chacun des logements occupés par l’enquêté, les données permettent donc de préciser le statut d’occupation du ménage, la relation de l’enquêté au propriétaire du logement, ainsi que les périodes de corésidence éventuelle avec celui-ci, s’il s’agit d’un ascendant ou d’un descendant direct.

    41La définition du ménage adoptée dans l’enquête repose sur l’accès à la terre, autant que sur celui au logement indépendant. Ainsi, tout groupe de personnes qui a l’usage d’une parcelle donnée ou, dans le cas – extrêmement rare – où il n’y a pas de terre en jeu, qui possède un logement indépendant, forme un ménage. Cette définition est pertinente dans le cas précis de cette société où les densités de population sont élevées, la propriété individuelle marquée et les activités agricoles prédominantes. Elle est suffisamment proche de la définition française pour permettre les comparaisons, mais ne serait pas du tout adaptée en milieu rural ouest africain, par exemple, où l’usage de la terre reste plus collectif.

    42Elle met également en lumière les circonstances variées de la situation d’hébergement :

    • avant la décohabitation d’avec les parents ;

    • avant le mariage, une femme peut être hébergée chez des proches ;

    • un homme seul ou un couple peuvent être hébergés, en particulier en migration ;

    • une femme séparée se retrouve en situation d’hébergement chez ses parents ou dans sa fratrie (la séparation était extrêmement mal perçue dans le passé, mais au moment de l’enquête, on trouve des femmes séparées vivant chez leurs parents dans 20 des ménages enquêtés en 1998, c’est-à-dire 9 % des 219 ménages dont le chef a des filles mariées) ;

    • des parents âgés sont hébergés chez des enfants ;

    • en période de conflits, comme dans les années 1990 au Kenya, des familles entières peuvent se réfugier chez des proches et être hébergées par eux.

    43La difficulté, dans le cadre de cette enquête, est que l’on ne peut pas distinguer les périodes d’hébergement par une personne non directement apparentée des périodes de prêt d’un logement. En revanche, on dispose de tous les éléments pour déterminer les périodes d’hébergement des enfants par les parents ou des parents par les enfants. Ceci est cependant fortement tributaire comme partout, de la définition du ménage sous-jacente, ainsi que de celle du chef de ménage.

    1.4. Conclusion

    44Cette première partie s’est intéressée aux données disponibles et à la façon dont le repérage d’un état particulier a été mis en œuvre. Cette courte présentation de chacune des sources de données utilisées dans ce chapitre souligne que, hormis l’enquête dakaroise, aucune ne mentionne l’hébergement en tant que tel, directement au moment de la collecte. L’hébergement est un sujet d’analyse a posteriori qui se repère « en creux » dans la plupart des sources de données. L’hébergé, par exemple, n’est ni locataire, ni propriétaire du logement qu’il habite, ni logé gratuitement dans un logement indépendant.

    45La fréquence et la longueur des périodes d’hébergement dans les trajectoires des différentes enquêtes mentionnées ici incitent cependant à considérer l’hébergement comme un statut à part entière, puisqu’il ne s’agit pas d’une période de transition rare qui serait à peine perceptible dans les trajectoires des enquêtés.

    46Il apparaît donc nécessaire de poursuivre cet effort de réflexion théorique en élargissant les terrains de référence au Sud, en identifiant les différentes facettes de l’hébergement qui appellent des critères alternatifs. Objet d’études appliquées plus que de questionnement théorique, l’hébergement s’en trouve finalement mal défini, ses contours sont souples, ce qui ouvre un espace stimulant de réflexion.

    47Une des premières étapes est de replacer cet état par rapport à ses seuils, dans une perspective dynamique : tel est l’objet de la section suivante.

    2. Les différents types d’hébergement dans le temps. dynamique et contours

    48L’hébergement se produit à différents âges, dans différentes circonstances. Il se prolonge pendant des durées variables et ne se limite pas à des périodes transitoires.

    49De prime abord, il paraît important de dissocier la notion d’hébergement des enfants, et l’émancipation marquée entre autres par une prise d’autonomie résidentielle, des autres périodes d’hébergement au cours de la trajectoire.

    50Pour les enfants, il faut réfléchir à la différence entre corésidents et hébergés, hébergés et hôtes de leurs parents. Durant l’âge adulte, ces distinctions sont également pertinentes (dans le cas des conjoints par exemple). S’y ajoutent celles qui distinguent le visiteur occasionnel de l’hébergé, surtout dans la prise en compte des systèmes de plurirésidence.

    51Enfin, le choix des événements de transition entre différents statuts résidentiels doit également être abordé.

    2.1. Transition de l’enfance à la maturité

    52La question du seuil à partir duquel un jeune peut être considéré comme hébergé par ses parents renvoie implicitement à une norme sociale. Il s’agit du seuil à partir duquel la société considère que les individus ne devraient plus corésider avec leurs parents. Dans certaines sociétés, ce seuil correspond à celui de la maturité marquée par le départ de chez les parents. Mais cette autonomie résidentielle n’est pas toujours considérée comme un passage obligé.

    53La difficulté méthodologique du repérage de la situation d’hébergement qui précède le départ des enfants du domicile parental réside dans l’identification du moment à partir duquel un jeune est considéré hébergé par ses parents.

    2.1.1. Une autonomie à géométrie variable en France et en Colombie

    54La référence à une maturité supposée a déjà été abordée dans la définition proposée par Grafmeyer (c’est-à-dire que le jeune soit adulte) et celle utilisée par Bessière et Lafferère (qu’il ait déjà connu une période de décohabitation de plus de 6 mois). Avant cela, l’enquête Peuplement et dépeuplement de Paris de l’Ined apportait déjà des critères fins.

    55Dans l’enquête Peuplement et dépeuplement de Paris de l’Ined, qui retrace l’histoire résidentielle des personnes nées entre 1926 et 1935 habitant la région parisienne en 1986 (Bonvalet et Lelièvre, 2000, p. 22), le début de la trajectoire résidentielle indépendante avait été fixé par convention à la première de ces trois échéances :

    • la date de décohabitation ;

    • la date de mariage ;

    • la date d’anniversaire des 25 ans1, si aucun des événements ci-dessus n’était intervenu.

    56Cela revenait à considérer trois manières de devenir adulte : l’indépendance résidentielle, le mariage ou par défaut l’âge de 25 ans. Ce seuil de 25 ans repose sur une norme implicite selon laquelle les jeunes qui dépassent cet âge doivent être autonomes, sinon ils sont considérés comme hébergés. Si la cohabitation entre générations constituait un mode d’habiter « idéal », la question de l’hébergement ne se poserait pas. On pourrait ainsi être amené à considérer d’autres seuils et retenir par exemple l’âge de 30 ans en raison du recul de l’âge à la décohabitation.

    57Dans l’enquête Biographies et entourage, aucune hypothèse n’est faite sur le début de la trajectoire : les informations collectées commençant dès la naissance, la personne qui mène l’analyse est libre de fixer le moment à partir duquel elle considère qu’il y a hébergement par les parents, selon divers critères. Il est ainsi possible de reprendre les critères précédents ou bien au contraire de les modifier.

    58Lors d’une étude sur les transitions résidentielles à Bogota (Delaunay et Dureau, 2003), la question de l’acquisition de l’autonomie a été dissociée de celle de l’indépendance résidentielle afin d’étudier la mobilité résidentielle et d’identifier ce que les auteurs ont nommé les mobilités résidentielles en situation d’indépendance. Les mécanismes d’entrée et de sortie d’hébergement, comme un des statuts résidentiels possibles, sont alors analysés. À partir de l’information recueillie dans le module biographique de l’enquête (voir encadré 5), trois trajectoires ont été analysées en interaction : celle qui retrace la relation de la personne enquêtée avec le chef du ménage où elle réside, celle du statut d’occupation du logement du chef du ménage, et les changements de logement. La combinaison de ces trois biographies décrit une succession de séjours résidentiels définis de façon plus complexe que lorsqu’on s’en tient au seul statut d’occupation.

    59Cette enquête relève l’ensemble du cursus résidentiel depuis la naissance de l’individu. Se posait donc la question du moment de la décohabitation, où les individus choisissent en toute indépendance leur logement, sa localisation et son statut d’occupation. Il s’agissait notamment de distinguer les situations de cohabitation « naturelle » des membres d’une famille nucléaire, de celle de parents, amis ou employés qui vivent cette situation en toute indépendance (Dureau, 2000).

    60L’âge et la relation avec le chef de ménage définissaient l’autonomie. Ont été considérés comme « autonomes » :

    1. les chefs de ménage et leurs conjoints à partir de 15 ans ;

    2. les ascendants, oncles et tantes et collatéraux du chef de ménage, ainsi que personnes non apparentées (employés domestiques notamment) à partir de 20 ans ;

    3. à partir de 25 ans, toutes les personnes sont considérées comme autonomes.

    61Comme cet exemple l’illustre, fixer le début des carrières résidentielles constitue une difficulté récurrente dans les études biographiques (Grab, 1999, p. 50). Les choix qui ont été effectués renvoient, implicitement, à l’idée que la constitution d’une famille (a) ou la condition parentale (b) attestent d’une autonomie qui est considérée comme généralisée à partir de 25 ans. Une fois l’autonomie acquise selon les règles qui viennent d’être définies, l’individu peut résider dans un logement occupé à titre de propriétaire, de locataire, sous-locataire ou à titre gracieux, ou encore être hébergé (en situation autonome).

    2.1.2. Décalage et évolutions de la maturité et de l’autonomie résidentielle en Afrique

    62En Europe, il y a généralement un âge auquel on considère qu’un enfant ne devrait plus être chez ses parents. En Colombie, un seuil exprimé en âge est également pertinent et est utilisé dans les analyses. La situation est différente dans nombre de sociétés africaines où, bien souvent, le lieu de résidence et le statut de l’individu sont complètement déconnectés.

    63Dans la société traditionnelle sénégalaise, les familles vivent généralement dans de grandes concessions que se partagent plusieurs noyaux familiaux ayant en commun le même ancêtre et portant le même nom de famille, sous l’autorité de l’homme le plus âgé de la famille (Diop, 1985). Cette organisation se maintient encore aujourd’hui en milieu rural au Sénégal. Dans ce modèle, l’autonomie résidentielle, définie comme le départ du domicile familial et l’accès à un logement autonome, n’existe pas. Comme à Kisii au Kenya, les femmes quittent généralement le domicile familial pour rejoindre leur conjoint. Les hommes quant à eux restent dans le carré familial où ils peuvent s’installer avec leurs femmes et enfants.

    64Hommes et femmes acquièrent de l’importance et le respect des autres par des réalisations dans le domaine de la descendance et ou de l’activité économique plus que dans l’autonomie résidentielle. La relation entre autonomie et indépendance économique n’est d’ailleurs pas simple, puisque ni la répartition des tâches agricoles ou domestiques, ni celle des revenus au sein du ménage, ni celle de la propriété de la maison familiale ne sont entièrement définies par des normes. Ainsi, dans ce cadre, la notion d’hébergement n’est pas forcément pertinente.

    65Néanmoins, à l’heure actuelle, les compor tements évoluent extrêmement rapidement, en particulier sous les effets conjugués des crises (conflits et violence dans l’exemple kenyan, urbanisation et paupérisation dans l’exemple dakarois) et du développement. La notion d’hébergement prend son sens, car si certaines familles continuent à fonctionner sur un modèle traditionnel, dans d’autres, les jeunes réclament et acquièrent une autonomie plus précoce. Cependant, le mouvement est double. En particulier à la faveur de la scolarisation et de nouvelles opportunités économiques, l’aspiration à une certaine individualisation existe, même si les difficultés économiques limitent la réalisation de ces aspirations chez les plus jeunes.

    66À Kisii, néanmoins, la perception de l’hébergement a évolué dans la mesure où il est de plus en plus fréquent de marquer son autonomie par la migration et par l’accès individuel à la terre. En effet, contrairement à d’autres régions rurales africaines, et en particulier en Afrique de l’Ouest, la propriété foncière y est individuelle depuis environ un demi-siècle. Le cadastre a été mis en place dès la fin des années 1960, ce qui a entraîné une modification du rapport à la terre, à son partage, au logement et à l’autonomie. Ainsi, même si certaines familles fonctionnent encore en communauté, d’autres ont adopté le modèle nucléaire depuis plus d’une génération. De plus, les taux de scolarisation élevés pour les garçons comme pour les filles tendent à renforcer l’individualisation de la société. Mais ni l’entrée en union, ni l’acquisition de revenus, ni le mariage coutumier ne sont des étapes de la vie qui entraînent systématiquement le départ de la concession, même si, de plus en plus, les jeunes hommes réclament une autonomie vis-à-vis de leurs parents, qui se concrétise par un partage (provisoire) des terres du père et par l’installation du jeune homme sur les terres qui lui sont attribuées.

    67Au Sénégal, dans un contexte urbain où le modèle traditionnel s’effritait de plus en plus, sous l’effet de l’exiguïté des maisons en ville et de l’aspiration des jeunes à avoir plus d’autonomie vis-à-vis de leur famille, les jeunes dakarois ont eu tendance à quitter le domicile de leurs parents dès qu’ils commençaient à travailler et qu’ils devenaient capables de se prendre en charge eux-mêmes. Une prise de distance était également favorisée par le fait que le domicile parental était en zone rurale.

    68Cependant, cette évolution tend à s’inverser. Elle est contrecarrée à Dakar où la crise économique limite l’autonomisation des jeunes, tandis qu’à Kisii le partage des terres n’a plus de sens, ni d’intérêt économique du fait que les parcelles sont de plus en plus petites. Ainsi, les pratiques se rapprochent à nouveau du modèle traditionnel et l’hébergement revient en force, cette fois de manière subie, associé éventuellement à une émigration de travail temporaire des jeunes, comme on l’observe au Kenya.

    69Mesurer les périodes d’hébergement nécessite la définition d’un premier seuil : le moment à partir duquel un individu est susceptible d’être hébergé. Les différentes approches présentées ici s’accordent sur le fait que ce seuil renvoie à un âge à la maturité, qui est un concept ancré dans la culture. C’est donc une notion très variable qui souligne des différences importantes d’une société à une autre, mais aussi au sein d’une même société, à quelques décennies d’écart. La question est donc délicate, elle n’a pas de réponse unique, et la nécessité de préciser cette définition avant toute analyse s’impose d’elle-même.

    2.2. L’hébergement au cours de la vie adulte

    70L’hébergement au cours de la vie intervient souvent en réponse à une situation de transition (du point de vue familial, professionnel, de la santé, etc.), à des changements importants, comme une promotion qui implique un changement de région, une migration pour trouver un nouvel emploi ou une séparation. Les différentes situations traitées ci-après exposent à quel point la dynamique de l’hébergement, le passage d’un statut à un autre sont rendus flous par la nature même de cet état que l’on ne saurait restreindre seulement à un statut résidentiel tant il implique les autres domaines relationnels, familiaux, économiques des individus. Pour en repérer les seuils (entrée et sortie), disposer de données biographiques est véritablement crucial dans la mesure où de telles données permettent de combiner les différents domaines de la trajectoire d’une personne.

    2.2.1. Une situation qui n’a rien d’exceptionnel…

    71L’analyse des trajectoires résidentielles démontre que l’hébergement constitue une étape du parcours logement qu’il est difficile de négliger en ne s’intéressant qu’aux statuts ordinaires (propriétaires, locataires). Même si l’enquête Peuplement et dépeuplement de Paris ne rentre pas dans le détail des situations d’hébergement, elle permet, via le statut d’occupation, de distinguer ces périodes. Celles-ci apparaissent nettement surtout en début de trajectoire, mais également à différents moments du parcours (Bonvalet, 1998).

    72Ainsi, 37 % de Parisiens nés entre 1926 et 1935 ont commencé leur parcours résidentiel en cohabitant avec leurs parents ou beaux-parents et près de 7 % en étant logés gratuitement dans un logement appartenant à la famille. La pénurie de logements des années 1950 s’est aussi traduite par l’existence de statuts d’occupation précaires (sous-locataires, foyers, etc.) ou de logements de for tune (hôtels, chambres meublées) qui représentent une autre forme d’hébergement. L’hébergement était alors défini dans un sens large : ne pas vivre chez soi (Girard et Bastide, 1952). Près de 4 % des personnes de ces générations ont connu des situations difficiles, voire 10 % si l’on tient compte des sous-locations. On peut également noter le pourcentage non négligeable d’itinéraires qui débutent par un logement mis à disposition par l’employeur (11 %). Ce chiffre relativement élevé s’explique, sans doute, par les modes d’émancipation datant du début du siècle, mais qui subsistent encore en 1945. À cette époque, un certain nombre de jeunes filles quittaient leurs parents pour être « placées comme bonnes », tandis que les garçons partaient souvent comme apprentis en étant logés chez le patron artisan ou commerçant. Toutes ces situations correspondent à un type d’hébergement particulier qui pouvait n’être qu’une brève étape dans la trajectoire ou au contraire se prolonger pendant des années. Si l’hébergement correspond surtout à la première étape de la trajectoire (36 %), cette situation résidentielle compte pour 4 % de la deuxième étape, 2 % la troisième et moins de 1 % pour la quatrième. Au total, 42 % des Parisiens ont connu un épisode d’hébergement par un membre de la famille et 8 % des enquêtés sont retournés vivre chez leurs parents ou sont allés vivre chez un frère, une sœur, un oncle ou une tante.

    73Ces chiffres correspondent à des situations d’hébergement qui se sont prolongées sur une période d’au moins un an. Leur durée est suffisamment longue pour que les enquêtés se souviennent de cette étape et la citent dans le questionnaire. En revanche, les périodes d’instabilité et d’hébergement provisoire ou de plus courte durée ne sont pas forcément décrites en étapes transitoires entre deux logements stables (à la fin de chaque étape résidentielle qui avait duré au moins un an, était posée la question de savoir si l’enquêté avait déménagé pour s’installer directement dans un logement de façon stable au moins un an : si oui, cette nouvelle étape était décrite ; si non, le type de logement transitoire était demandé).

    74L’enquête Biographies et entourage a procédé différemment, à l’aide d’une grille de recueil. Cette méthode donne également la possibilité de connaître la situation résidentielle à chaque âge, et ce quelle que soit la durée de l’étape. Les trois questions de l’enquête Biographies et entourage décrites dans l’encadré 4 permettent de mieux identifier les situations et de saisir leur diversité. L’hébergement se produit plutôt aux âges jeunes avant la décohabitation, ainsi qu’au début de la relation lorsque la situation du conjoint n’est pas encore stabilisée.

    TABLEAU 2. HÉBERGEMENT CHEZ LES PARENTS, DISTRIBUTION (%) SELON LE SEXE ET L’ÂGE (GÉNÉRATION 1930-1950)

    Image 10000000000002B4000000A4468BB29CDD9482C3.jpg

    Source : Biographies et entourage (Ined, 2001).

    TABLEAU 3. HÉBERGEMENT DANS LA FAMILLE (HORS PARENTS), DISTRIBUTION (%) SELON LE SEXE ET L’ÂGE (GÉNÉRATION 1930-1950)

    Image 10000000000002B5000000A06F8D1872E93B83AB.jpg

    Source : Biographies et entourage (Ined, 2001).

    75À 25 ans, 17 % des jeunes sont toujours chez leurs parents (tableau 2), 2 % chez un membre de la famille (tableau 3). De plus, près de 6 % sont logés gratuitement par un parent. À partir de 35 ans, l’hébergement par les parents ou la famille devient très marginal. Il se produit souvent après une rupture de couple ou une migration. Mais l’analyse de ces situations révèle que la détermination des seuils de l’étape hébergement va de pair avec une distinction précise entre l’hébergé, le corésident et l’hébergeant.

    2.2.2.… en partie en raison du flou et de la flexibilité du statut d’hébergé…

    76Hébergé et corésident, quand passe-t-on d’un statut à l’autre ?

    77Que distingue l’hébergé du visiteur ou encore l’hébergé des autres corésidents dans le ménage ? Il peut être en effet difficile de placer la limite entre hébergé et autre corésident. Cette question peut notamment se poser au sein du couple : l’un des conjoints héberge-t-il l’autre (comme nous l’avons déjà évoqué auparavant) ou bien les deux conjoints sont-ils, quel que soit leur statut d’occupation, dans une position équivalente du point de vue de l’accès au logement (c’est-à-dire corésidents) ? La réponse est particulièrement délicate dans le cas des veuves africaines, parfois accueillies au sein de la famille de l’un des frères de leur conjoint défunt. Sont-elles alors hébergées ou corésident-elles au même titre qu’une autre femme du frère ?

    78Cette difficulté peut aussi se présenter dans le cas d’individus logés chez l’employeur. C’est souvent le cas des bonnes par exemple (en Colombie, la réponse « employé domestique » est prévue dans les enquêtes ménages et dans les recensements) ou encore des apprentis, surtout s’ils sont très jeunes. Cependant, être logé par l’employeur, c’est également le cas des concierges et de certains fonctionnaires. Dans ces cas-là, on ne parle pas d’hébergement, car l’employeur et l’employé ne corésident pas.

    79Un autre phénomène rend l’identification du passage de simple visiteur à hébergé délicate. On commence visiteur, la situation s’installe dans le temps, on rend des services. Or, l’hébergement est défini comme un acte gratuit, mais des compensations sont souvent échangées (en main-d’œuvre, comme pour l’aide domestique déjà abordée, mais aussi en argent). Où commence l’hébergement ? Où s’arrête-t-il ?

    80Un continuum de situations existe entre l’employé domestique et la personne accueillie gracieusement, avec des échanges domestiques et financiers variables entre l’hébergeant et l’hébergé. Dans la plupart des cas, à Kisii, les personnes accueillies dans un ménage participent aux activités agricoles et domestiques. Aussi est-il extrêmement difficile de départager les personnes simplement hébergées de celles qui sont logées par l’employeur.

    81Là encore il est difficile de poser une règle indépendante du terrain analysé ou de l’objectif de l’étude. Les seuils de passage d’une situation à une autre sont complexes et l’enfermement dans des règles universelles semble à exclure. Le seul impératif est de présenter clairement ses choix, de les justifier et d’en évaluer les possibles limites, car aucun ne va de soi.

    82Hébergé à hébergeant, un autre passage sans mobilité

    83La relation entre l’hôte et l’hébergé est elle-même difficile à percevoir. Elle évolue dans le temps et diffère dans chacun des contextes étudiés ici, et dans certains cas il peut être difficile de distinguer l’hébergeant de l’hébergé. Il est donc nécessaire de s’arrêter sur cette particularité et ce passage délicat.

    84L’hébergement renvoie à une personne de référence. En Afrique, l’aîné sert en général de référence. À Dakar, des situations paradoxales existent, où le pourvoyeur principal, qui subvient à l’ensemble du ménage, loge dans la maison familiale dans laquelle il se déclare hébergé par son père. À Kisii, la situation évolue de l’enfant à la charge de ses parents à celle de parents à la charge de ses enfants. Mais, dans tous les cas, le fils est considéré comme hébergé par son père. Cependant, à Dakar, apparaissent de plus en plus de cas où c’est la femme qui héberge son conjoint dans la maison familiale, chez ses propres parents. Cette situation démontre qu’il est nécessaire d’aller au-delà de l’hébergement perçu pour comprendre la réalité économique et sociale des situations d’hébergement, souvent complexes.

    85De la même manière, dans un contexte africain, le statut des femmes se rapproche de celui d’« hébergées », et ce tout au long de leur vie. Tout d’abord hébergées par les parents, puis par leur conjoint, même lorsque ce sont elles qui assurent les revenus du ménage. La personne de référence dans un ménage ou un logement est généralement un homme. Cette même tendance se constate en France, bien qu’elle soit moins forte. D’après les données de l’enquête Biographies et entourage, à 25 ans, 9 % des jeunes sont hébergés par leur conjoint (tableau 4). C’est le cas de près de 15 % des femmes contre 2 % des hommes (début de la relation où ce sont les hommes qui hébergent). Lorsque c’est l’homme qui accueille sa compagne, sa situation n’est pas forcément très stable surtout aux âges jeunes. Il peut alors être en hôtel meublé, être sous-locataire ou logé par l’employeur. Les femmes qui hébergent leur conjoint sont plus souvent détentrices en titre du statut d’occupation et un peu plus souvent propriétaires. C’est la stabilité de ce statut qui justifie la situation d’hébergé de l’homme.

    TABLEAU 4. DISTRIBUTION (%) DE CONJOINTS HÉBERGÉS SELON LE SEXE ET L’ÂGE (GÉNÉRATION 1930-1950)

    Image 10000000000002B2000000B2CFA45500321FDF17.jpg

    Source : Biographies et entourage (Ined, 2001).

    86Cette difficulté de discerner l’hébergeant de l’hébergé est aussi un point délicat des trajectoires biographiques recueillies dans les différentes enquêtes : une même personne peut passer d’un statut à l’autre sans changer de logement. Notamment lorsqu’elle hérite du logement au moment du décès de l’occupant en titre ou que sa situation financière lui permet par exemple le rachat de ce logement. L’ambiguïté se présente aussi au fil de l’évolution de l’implication économique des différents adultes du ménage dans la vie commune : celui qui soutient le ménage peut être à son tour soutenu, et ces changements sont extrêmement difficiles à collecter.

    87Ainsi, les rôles entre hôte et hébergé ne sont ni immuables, ni facilement reconnaissables, et de nombreux cas présentent des ambiguïtés sur lesquelles il est nécessaire de se pencher au préalable à toute analyse.

    2.2.3.… qui se complique avec les phénomènes de plurirésidence

    88Lorsque l’on définit l’hébergement à partir de la notion de résidence principale et que celle-ci est rendue floue pour les individus qui circulent entre plusieurs logements, leurs statuts par rapport aux différents logements vont différer. Ils peuvent être hébergés dans un logement, alors qu’ils sont propriétaires d’un autre et visiteur dans un troisième, multipliant ainsi simultanément des statuts différents. En effet, des épisodes d’hébergement sont entrecoupés par des séjours ailleurs, en migration ou simplement dans un autre ménage, au cours desquels l’enquêté n’a plus forcément le statut d’hébergé.

    89Dans le cas de Kisii, un séjour en migration peut avoir lieu dans le cadre d’une économie familiale. Même si le jeune n’est pas hébergé sur le lieu de migration (il est souvent logé par l’employeur et parfois locataire), dans son milieu d’origine, il reste officiellement sous la coupe de ses parents. À son retour, le migrant sera peut-être de nouveau intégré au ménage de ses parents. Localement le migrant reste « hébergé » tant qu’il réintègre le ménage de ses parents lors de ses visites. Tout homme, migrant ou non, n’acquiert l’indépendance résidentielle vis-à-vis de ses parents que lorsqu’il se sépare d’eux dans le village de départ, c’est-à-dire lorsqu’il constitue un nouveau ménage localement.

    90Le problème peut aussi se poser au Nord, dans des cas de plurirésidence. Selon le lieu depuis lequel on considère l’individu, son statut diffère. La solution adoptée consiste alors généralement à utiliser des règles fondées sur la fréquentation des différents lieux, information qu’il est possible de collecter dans une enquête quantitative, comme cela a été fait par exemple dans les villes pétrolières colombiennes. Il est néanmoins impensable de collecter une telle précision d’information sur une période de temps longue ou lointaine. Dans le cas de la Colombie, l’information est recueillie sur 12 mois.

    91Pour décider du statut de l’individu (est-il hébergé ?) ou de la période qu’il traverse (est-ce une période d’hébergement ?), on observe que, dans tous les cas, il faut définir des critères minimaux de durée et de fréquence de la situation d’hébergement dans sa trajectoire. Ces critères renvoient à une précision différente de celle de l’horloge habituelle des enquêtes biographiques (l’année). La collecte de ces éléments dans une enquête quantitative est possible sur une période courte et récente, mais peu envisageable sur l’ensemble d’une trajectoire, ce qui pose une limite à l’information que l’on peut obtenir et analyser.

    Conclusion. Observation et analyse d’un état flou

    92Longtemps négligé par la recherche, l’hébergement apparaît, à travers différentes enquêtes biographiques réalisées dans des contextes extrêmement variés, comme un état à part entière. L’éclairage de ces enquêtes a mis en exergue non seulement la fréquence de la situation d’hébergement, déjà soupçonnée, mais aussi la durée de ces périodes, supposées transitoires, qui souvent dépasse les attentes des individus concernés. Alors que cette situation particulière jouit d’un intérêt grandissant, la réflexion menée dans cet ouvrage sur le traitement du flou peut contribuer à indiquer les pistes d’une meilleure identification de cet état et de sa dynamique. Un premier constat est que l’hébergement mérite de ne plus apparaître seulement « en creux » et que pour éliminer le flou qui demeure autour de cet état, il est nécessaire de le prendre en compte de manière plus satisfaisante dans les enquêtes, en particulier celles portant sur le logement, les solidarités ou les ménages.

    93Si l’hébergement est un état flou en partie en raison de la méconnaissance que l’on en a, il est aussi flou car les quelques tentatives de l’observer ou de le mesurer reposent sur des définitions différentes, ne permettant pas les comparaisons. Enfin, une partie du flou résulte également de la perception qu’ont les individus, les acteurs sociaux et les chercheurs qui étudient ce statut (voir chapitre 1 sur les données factuelles et perceptions). Les normes culturelles en relation à l’hébergement diffèrent d’un lieu à l’autre, et leur évolution au cours du temps rend toute analyse difficile même lorsque l’on se cantonne à un seul pays.

    94Après avoir vu une grande partie des définitions utilisées jusqu’ici dans les enquêtes, un certain nombre de critères de définition de l’hébergement apparaissent explicites ou implicites. Quels éléments sont indispensables pour le repérage dans une approche quantitative ? L’hébergement renvoie au passage de la dépendance à la maturité, expression de solidarité, il marque une appartenance. Cette polysémie appelle la nécessité de collecter des informations différentes. Il faut souligner avant tout l’apport des enquêtes biographiques dans ce domaine, puisqu’il paraît indispensable de disposer tout au long de la vie des trajectoires résidentielle, familiale et professionnelle des individus afin de repérer les situations d’hébergement. La conjonction de ces trois types de trajectoires permet non seulement de fixer le seuil de la maturité, à partir duquel on peut considérer qu’il est possible de se trouver en situation d’hébergement, mais aussi de repérer les situations d’hébergement tout au long de la vie.

    95Mais toute collecte biographique demeure limitée par l’échelle temporelle de la collecte, généralement l’année. Si les périodes d’hébergement ne sont pas uniquement des périodes transitoires et de courte durée, cela ne signifie pas que de telles périodes n’existent pas ou sont moins intéressantes. S’intéresser à l’hébergement implique la prise en compte des périodes plus courtes et donc de combiner des horloges au pas variable. C’est un exercice difficile pour l’enquêté comme pour le concepteur de la collecte. Il paraît aussi important d’affiner les collectes quantitatives dans ce domaine afin d’élargir le champ aux perceptions des situations d’hébergement.

    96Du point de vue de l’analyse, disposant de données qui permettent de retracer des évolutions fines, une analyse des passages graduels semble prometteuse (chapitre 10). L’étude de l’hébergement nécessite en effet de modéliser des transitions en continu.

    Bibliographie

    Des DOI sont automatiquement ajoutés aux références bibliographiques par Bilbo, l’outil d’annotation bibliographique d’OpenEdition. Ces références bibliographiques peuvent être téléchargées dans les formats APA, Chicago et MLA.

    Format

    Delaunay, D., & Dureau, F. (2003). Des individus dans la ville : les transitions résidentielles à Bogota. CAIRN. https://doi.org/10.3917/autr.025.0087
    Girard, A., & Bastide, H. (1952). Enquête sur le logement des jeunes ménages dans le département de la Seine. JSTOR. https://doi.org/10.2307/1524867
    Delaunay, Daniel, and Françoise Dureau. “Des individus dans la ville : les transitions résidentielles à Bogota”. Autrepart. CAIRN, 2003. doi:10.3917/autr.025.0087.
    Girard, Alain, and Henri Bastide. “Enquête Sur Le Logement Des Jeunes ménages Dans Le département De La Seine”. Population (French Edition). JSTOR, October 1952. doi:10.2307/1524867.
    Delaunay, Daniel, and Françoise Dureau. “Des individus dans la ville : les transitions résidentielles à Bogota”. Autrepart, vols. 25, no. 1, CAIRN, 2003, p. 87. Crossref, https://doi.org/10.3917/autr.025.0087.
    Girard, Alain, and Henri Bastide. “Enquête Sur Le Logement Des Jeunes ménages Dans Le département De La Seine”. Population (French Edition), vols. 7, nos. 4, JSTOR, Oct. 1952, p. 617. Crossref, https://doi.org/10.2307/1524867.

    Cette bibliographie a été enrichie de toutes les références bibliographiques automatiquement générées par Bilbo en utilisant Crossref.

    Références bibliographiques

    Banturiki Y. V. et Duchene J., 2005, « Les familles monoparentales en Europe », in Vimard P. et Vignikin K. (dir.), Familles au Nord. Familles au Sud, Academia-Bruylant, Louvain-la-Neuve, p. 31-52.

    Bessiere S. et Laferrere A., 2002, « Aux marges du logement : résidences multiples, résidence partielle, co-habitation et hébergement d’après l’enquête Logement de 1996-1997 », Insee, Document de travail, n° F0204, 82 p.

    Bonvalet C., 1998, « Accession à la propriété et trajectoires individuelles », in Grafmeyer Y. et Dansereau F. (dir.), Trajectoires familiales et espace de vie en milieu urbain, PUL, Lyon, p. 235-262.

    Bonvalet C., 1998, Famille-logement identité statistique ou enjeu politique, coll. « Dossiers et recherches », n° 72, Éditions de l’Ined, Paris, 263 p.

    bonvalet C. et Lelièvre É., 2000, « La mesure de l’hébergement », in Lévy-Vroeland C. (dir.), Logements de passage, formes, normes, expériences, L’Harmattan, Paris, p. 19-34.

    Dane, 1996, Censo 1993, República de Colombia, Bogota, DANE, 93 p.

    10.3917/autr.025.0087 :

    Delaunay D. et Dureau F., 2003, « Des individus dans la ville : les transitions résidentielles à Bogota », in Dynamiques résidentielles dans les villes du Sud, Autrepart, n° 25, Paris, IRD, p. 87-106.

    Diop A. B., 1985, La famille Wolof, Karthala, Paris, 262 p.

    Dureau F., 2000, « Bogota : des stratégies résidentielles très diverses marquées par une inégale maîtrise de l’espace », in Dureau F. et al. (dir.), Métropoles en mouvement : une comparaison internationale, coll. « Villes », Anthropos-IRD, Paris, p. 165-173.

    Dureau F., 2002. « Les systèmes résidentiels : concepts et applications », in Levy J.-P. et Dureau F. (dir.), L’accès à la ville. Les mobilités spatiales en question, coll. « Habitat et sociétés », L’Harmattan, Paris, p. 355-382.

    10.2307/1524867 :

    Girard A. et Bastide H., 1952, « Enquête sur le logement des jeunes ménages dans le département de la Seine », Population, vol. 7, n° 4, p. 617-636.

    Golaz V., 2002, Croissance démographique, pression foncière et diversification économique : une analyse biographique des stratégies de survie à Magenche (Gucha District, Kenya), thèse de doctorat de Démographie économique, Institut d’études politiques, Paris, 695 p.

    Gotman A., 2001, Le sens de l’hospitalité. Essai sur les fondements sociaux de l’accueil de l’autre, Puf, Paris, 507 p.

    Grab, 1999, Biographies d’enquêtes : bilan de 14 collectes biographiques, coll. « Méthodes et savoirs », Éditions de l’Ined, Paris, 340 p.

    Grafmeyer Y., 1997, « L’hébergement par les parents et par les proches », in Bonvalet C., Gotman A. et Grafmeyer Y. (dir.), Proches et parents : l’aménagement des territoires, coll. « Dossiers et recherches », n° 64, Éditions de l’Ined, p. 143-189.

    Lelièvre É., Vivier G. et Clément C., 2005, « Entourage parental : pluriparentalités et confiages des enfants en France entre 1930 et 1970 », in Vimard P. et Vignikin K. (dir.), Familles au Nord. Familles au Sud, Academia-Bruylant, Louvain-la-Neuve, p. 69-90.

    Lévy-Vroeland C. (dir.), 2000, Logements de passage, formes, normes, expériences, L’Harmattan, Paris, 297 p.

    Notes de bas de page

    1 Ce dernier avait été choisi à l’époque, par souci d’homogénéité avec les données du recensement de 1982 où l’Insee avait comptabilisé les individus de moins de 25 ans comme enfants de la famille. Les jeunes de plus de 25 ans étaient considérés comme isolés familiaux, le ménage dans lequel ils se trouvaient passant de la catégorie couple avec enfants à celle de ménage complexe.

    Auteurs

    • Valérie Golaz

      Est chargée de recherche à l’Ined et coresponsable avec Éva Lelièvre du champ Méthodologie du Ceped. Ses recherches portent sur la mesure des changements sociaux dans des contextes en évolution rapide. Ses terrains actuels se situent en Afrique de l’Est, où par une approche biographique elle a étudié l’ajustement d’une communauté rurale à une pression foncière croissante. Contact :

    • Catherine Bonvalet

      Socio-démographe, directrice de recherche à l’Ined, coresponsable de l’unité Mobilité, territoires, habitat et sociabilité (UR6). Ses travaux de recherches portent sur la famille et le logement, les trajectoires résidentielles, les stratégies résidentielles et patrimoniales des ménages en France et en Europe. Contact :

    • Daniel Delaunay

      Économiste et démographe, directeur de recherche à l’IRD, est membre et directeur de l’UR013 Migration, mobilités et peuplement, ainsi que chercheur associé à l’Ined. Il a successivement travaillé au Sénégal, au Brésil, en Équateur et au Mexique, tant sur les migrations que sur les configurations spatiales des caractéristiques démo-économiques du peuplement. Contact :

    • Alioune Diagne

      Sociologue et démographe, vient de soutenir sa thèse de doctorat en démographie à l’université Paris I et au sein de l’équipe Jéremi, UR DIAL (IRD). Ses travaux de recherche portent sur le passage à l’âge adulte à Dakar. Il travaille actuellement au Population Council, à Dakar, comme Program Officer. Contact :

    • Françoise Dureau

      Géographe et démographe, directrice de recherche de l’IRD, exerce depuis 2002 comme professeur à l’université de Poitiers, où elle est membre du laboratoire Migrinter (UMR 6588-MITI). Développées d’abord en Côte d’Ivoire, puis en Équateur et en Colombie, ses recherches s’articulent autour de deux axes : la compréhension des dynamiques urbaines à travers l’analyse des mobilités spatiales et le développement de méthodes de production et d’analyse d’information sur les populations des villes du Sud. Contact :

    • Éva Lelièvre

      Démographe, est directrice de recherche à l’Ined et coordonne les activités du Groupe de réflexion sur l’approche biographique (Grab) depuis sa création. Elle anime également le champ Méthodologie du Ceped depuis 2002. Ses travaux avec Daniel Courgeau ont contribué à la mise en place et au développement de l’analyse biographique. Elle a mené à l’Ined avec Catherine Bonvalet et Géraldine Vivier l’enquête Biographies et entourage. Elle est également corédactrice en chef de la revue bilingue Population. Contact :

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    États flous et trajectoires complexes

    États flous et trajectoires complexes

    Observation, modélisation, interprétation

    Philippe Antoine et Éva Lelièvre (dir.)

    2006

    Biographies d’enquêtes

    Biographies d’enquêtes

    Bilan de 14 collectes biographiques

    GRAB (Groupe de réflexion sur l'approche biographique) (dir.)

    2009

    Manuel pratique d’analyse multiniveau

    Manuel pratique d’analyse multiniveau

    Arnaud Bringé et Valérie Golaz

    2017

    Enquêtes sur l’entraide familiale en Europe

    Enquêtes sur l’entraide familiale en Europe

    Catherine Bonvalet et Jim Ogg

    2006

    Méthodes de mesure de la mobilité spatiale

    Méthodes de mesure de la mobilité spatiale

    Migrations internes, mobilité temporaire, navettes

    Daniel Courgeau

    2021

    L’analyse statistique des trajectoires

    L’analyse statistique des trajectoires

    Typologies de séquences et autres approches

    Nicolas Robette

    2021

    Multilevel Analysis

    Multilevel Analysis

    A Pratical Introduction

    Arnaud Bringé et Valérie Golaz Paul Reeve (trad.)

    2022

    Fuzzy States and Complex Trajectories

    Fuzzy States and Complex Trajectories

    Observation, modelisation and interpretation of life histories

    GRAB Harriet Coleman (trad.)

    2009

    Minorités de genre et de sexualité

    Minorités de genre et de sexualité

    Objectivation, catégorisations et pratiques d’enquête

    Wilfried Rault et Mathieu Trachman (dir.)

    2023

    Nouvelles tables-types de mortalité

    Nouvelles tables-types de mortalité

    Sully Ledermann

    2024

    The Statistical Analysis of Trajectories

    The Statistical Analysis of Trajectories

    Typologies of Sequences and Other Approaches

    Nicolas Robette Paul Reeve (trad.)

    2025

    Voir plus de livres
    1 / 11
    États flous et trajectoires complexes

    États flous et trajectoires complexes

    Observation, modélisation, interprétation

    Philippe Antoine et Éva Lelièvre (dir.)

    2006

    Biographies d’enquêtes

    Biographies d’enquêtes

    Bilan de 14 collectes biographiques

    GRAB (Groupe de réflexion sur l'approche biographique) (dir.)

    2009

    Manuel pratique d’analyse multiniveau

    Manuel pratique d’analyse multiniveau

    Arnaud Bringé et Valérie Golaz

    2017

    Enquêtes sur l’entraide familiale en Europe

    Enquêtes sur l’entraide familiale en Europe

    Catherine Bonvalet et Jim Ogg

    2006

    Méthodes de mesure de la mobilité spatiale

    Méthodes de mesure de la mobilité spatiale

    Migrations internes, mobilité temporaire, navettes

    Daniel Courgeau

    2021

    L’analyse statistique des trajectoires

    L’analyse statistique des trajectoires

    Typologies de séquences et autres approches

    Nicolas Robette

    2021

    Multilevel Analysis

    Multilevel Analysis

    A Pratical Introduction

    Arnaud Bringé et Valérie Golaz Paul Reeve (trad.)

    2022

    Fuzzy States and Complex Trajectories

    Fuzzy States and Complex Trajectories

    Observation, modelisation and interpretation of life histories

    GRAB Harriet Coleman (trad.)

    2009

    Minorités de genre et de sexualité

    Minorités de genre et de sexualité

    Objectivation, catégorisations et pratiques d’enquête

    Wilfried Rault et Mathieu Trachman (dir.)

    2023

    Nouvelles tables-types de mortalité

    Nouvelles tables-types de mortalité

    Sully Ledermann

    2024

    The Statistical Analysis of Trajectories

    The Statistical Analysis of Trajectories

    Typologies of Sequences and Other Approaches

    Nicolas Robette Paul Reeve (trad.)

    2025

    Voir plus de livres
    Manuel pratique d’analyse multiniveau

    Manuel pratique d’analyse multiniveau

    Arnaud Bringé et Valérie Golaz

    2017

    Enquêtes sur l’entraide familiale en Europe

    Enquêtes sur l’entraide familiale en Europe

    Catherine Bonvalet et Jim Ogg

    2006

    Multilevel Analysis

    Multilevel Analysis

    A Pratical Introduction

    Arnaud Bringé et Valérie Golaz Paul Reeve (trad.)

    2022

    Voir plus de livres
    1 / 3
    Manuel pratique d’analyse multiniveau

    Manuel pratique d’analyse multiniveau

    Arnaud Bringé et Valérie Golaz

    2017

    Enquêtes sur l’entraide familiale en Europe

    Enquêtes sur l’entraide familiale en Europe

    Catherine Bonvalet et Jim Ogg

    2006

    Multilevel Analysis

    Multilevel Analysis

    A Pratical Introduction

    Arnaud Bringé et Valérie Golaz Paul Reeve (trad.)

    2022

    Voir plus de chapitres

    Introduction

    Catherine Bonvalet et Jim Ogg

    Chapitre 8. Examen topographique des transitions biographiques complexes à l’aide des cartes de Kohonen

    Daniel Delaunay et Éva Lelièvre

    “Being Housed”: A State with no Status

    Valérie Golaz, Catherine Bonvalet, Daniel Delaunay et al.

    Chapitre 1. Données factuelles et perceptions, la place du flou dans l’observation et l’analyse

    Éva Lelièvre, François Roubaud, Christine Tichit et al.

    Avant-propos à la réédition

    Éva Lelièvre

    Les observations démographiques face aux prévisions de l’auteur

    Éva Lelièvre

    Factual Data and Perceptions: Fuzziness in Observation and Analysis

    Éva Lelièvre, François Roubaud, Christine Tichit et al.

    Perspectives pour les enquêtes biographiques

    Éva Lelièvre

    Décrire et mesurer les territoires des familles

    Éva Lelièvre et Romain Damian

    Spatial Mobility in Evolving Situations: Cross-Analysis of the Two Dynamics

    Françoise Dureau, Cris Beauchemin, Marie-Laure Coubès et al.

    Chapitre 6. Les mobilités spatiales dans des contextes en évolution : analyse croisée des deux dynamiques

    Françoise Dureau, Cris Beauchemin, Marie-Laure Coubès et al.

    Reconfigurations spatiales des familles dans une métropole en mouvement (Bogotá, Colombie)

    Françoise Dureau et Guillaume Le Roux

    Voir plus de chapitres
    1 / 12

    Introduction

    Catherine Bonvalet et Jim Ogg

    Chapitre 8. Examen topographique des transitions biographiques complexes à l’aide des cartes de Kohonen

    Daniel Delaunay et Éva Lelièvre

    “Being Housed”: A State with no Status

    Valérie Golaz, Catherine Bonvalet, Daniel Delaunay et al.

    Chapitre 1. Données factuelles et perceptions, la place du flou dans l’observation et l’analyse

    Éva Lelièvre, François Roubaud, Christine Tichit et al.

    Avant-propos à la réédition

    Éva Lelièvre

    Les observations démographiques face aux prévisions de l’auteur

    Éva Lelièvre

    Factual Data and Perceptions: Fuzziness in Observation and Analysis

    Éva Lelièvre, François Roubaud, Christine Tichit et al.

    Perspectives pour les enquêtes biographiques

    Éva Lelièvre

    Décrire et mesurer les territoires des familles

    Éva Lelièvre et Romain Damian

    Spatial Mobility in Evolving Situations: Cross-Analysis of the Two Dynamics

    Françoise Dureau, Cris Beauchemin, Marie-Laure Coubès et al.

    Chapitre 6. Les mobilités spatiales dans des contextes en évolution : analyse croisée des deux dynamiques

    Françoise Dureau, Cris Beauchemin, Marie-Laure Coubès et al.

    Reconfigurations spatiales des familles dans une métropole en mouvement (Bogotá, Colombie)

    Françoise Dureau et Guillaume Le Roux

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    • lcdpu.fr
    ePub / PDF

    1 Ce dernier avait été choisi à l’époque, par souci d’homogénéité avec les données du recensement de 1982 où l’Insee avait comptabilisé les individus de moins de 25 ans comme enfants de la famille. Les jeunes de plus de 25 ans étaient considérés comme isolés familiaux, le ménage dans lequel ils se trouvaient passant de la catégorie couple avec enfants à celle de ménage complexe.

    États flous et trajectoires complexes

    X Facebook Email

    États flous et trajectoires complexes

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    États flous et trajectoires complexes

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Golaz, V., Bonvalet, C., Delaunay, D., Diagne, A., Dureau, F., & Lelièvre, Éva. (2006). Chapitre 4. L’hébergement : un état sans statut. In P. Antoine & Éva Lelièvre (éds.), États flous et trajectoires complexes. Paris: Ined Éditions. https://doi.org/10.4000/books.ined.6417
    Golaz, Valérie, Catherine Bonvalet, Daniel Delaunay, Alioune Diagne, Françoise Dureau, et Éva Lelièvre. « Chapitre 4. L’hébergement : un état sans statut ». In États flous et trajectoires complexes, édité par Philippe Antoine et Éva Lelièvre. Paris: Ined Éditions, 2006. doi:10.4000/books.ined.6417.
    Golaz, Valérie, et al. « Chapitre 4. L’hébergement : un état sans statut ». États flous et trajectoires complexes, édité par Philippe Antoine et Éva Lelièvre, Ined Éditions, 2006, https://doi.org/10.4000/books.ined.6417.

    Référence numérique du livre

    Format

    Antoine, P., & Lelièvre, Éva (éds.). (2006). États flous et trajectoires complexes. Paris: Ined Éditions. https://doi.org/10.4000/books.ined.6272
    Antoine, Philippe, et Éva Lelièvre, éd. États flous et trajectoires complexes. Paris: Ined Éditions, 2006. doi:10.4000/books.ined.6272.
    Antoine, Philippe, et Éva Lelièvre, éditeurs. États flous et trajectoires complexes. Ined Éditions, 2006, https://doi.org/10.4000/books.ined.6272.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Ined Éditions

    Ined Éditions

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • LinkedIn
    • Bluesky
    • Flux RSS

    Email : edition@ined.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement