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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral I. La diversité des langues en France à travers les langues reçues des parents II. Le pluralisme linguistique en pratique III. Pluralisme linguistique et diversité des consommations culturelles IV. Langue et origines dans les déterminants des sorties culturelles Conclusion Bibliographie Notes de bas de page Auteurs

    Trajectoires et Origines 2

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Chapitre 19

    Le pluralisme linguistique et culturel dans un contexte assimilationniste

    Angéline Escafré-Dublet, Amandine Louguet, Patrick Simon et Claire Thoumelin

    p. 413-434

    Texte intégral I. La diversité des langues en France à travers les langues reçues des parents 1. Le multilinguisme dans les familles issues de l’immigration 2. Les transmissions de parents à enfants, quels déterminants ? II. Le pluralisme linguistique en pratique 1. Les langues utilisées avec les conjoints et dans le voisinage : constitution d’univers linguistiques 2. Le pluralisme linguistique et la maîtrise des langues d’origine III. Pluralisme linguistique et diversité des consommations culturelles 1. L’impact de la langue de référence et du lien à la migration sur les consommations culturelles 2. La diversité des langues mobilisées dans les consommations culturelles IV. Langue et origines dans les déterminants des sorties culturelles 1. Le rôle du lien à la migration dans la fréquentation des cinémas 2. Le rôle des origines dans la fréquentation des bibliothèques, des musées et des salles de spectacles a. Les bibliothèques b. Les musées c. Les salles de spectacles Conclusion Bibliographie Notes de bas de page Auteurs

    Texte intégral

    1Le modèle d’intégration français, tel qu’il est redéfini à la fin des années 1980 par le Haut Conseil à l’intégration, insiste sur les convergences culturelles entre les immigrés et la société française, processus qui se parachève avec l’incorporation complète des codes et normes culturelles par la deuxième génération née en France (HCI, 1991, p. 18). Même si cette conception introduit une part d’interactivité, la société est également modifiée par la participation des immigrés. Le cadre politique et normatif est fondamentalement asymétrique, et il est attendu que, pour l’essentiel, les cultures immigrées se fondent dans le cadre commun et tendent à disparaître. C’est en particulier le cas pour les langues des immigrés, qui sont principalement perçues comme un obstacle à une pleine participation aux différents domaines de la vie sociale, et à ce titre ne sont pas valorisées comme un capital susceptible de favoriser l’intégration et d’enrichir la diversité culturelle française. De fait, l’article 2 de la Constitution établit que le français est la langue de la République, et bien que les langues régionales et minoritaires fassent l’objet d’une certaine reconnaissance, elles ne disposent pas d’un droit d’usage spécifique. À l’exception du dispositif de l’enseignement de la langue et de la culture d’origine (ELCO), le maintien et la transmission des langues de l’immigration n’est pas un objectif des politiques de l’éducation ou des politiques culturelles (Armagnague et Boulin, 2021 ; Escafré-Dublet, 2014).

    2La conception assimilationiste de l’intégration est largement dominante en France, comme elle l’a été aux États-Unis jusqu’aux années 1960 (Alba et al., 2012). Les travaux sur l’assimilation aux États-Unis montrent le rôle facilitateur joué par les langues minoritaires, notamment parce que la maîtrise d’une langue d’origine peut permettre de capitaliser sur des réseaux existants et, au final, contribuer à l’ascension sociale dans le pays d’installation (Zhou et Bakston, 1998).

    3La faible reconnaissance de la pluralité linguistique en France fait partie intégrante du projet républicain. Des langues régionales au xixe siècle (Weber, 1983), elle s’est appliquée aux langues de l’immigration au xxe siècle. La connaissance du français est non seulement une ressource pratique pour participer à la société, mais elle revêt une signification symbolique. Cette double fonction se traduit par sa promotion comme critère pour juger de l’intégration des candidats à la naturalisation depuis 1945 (Hajjat, 2012) et, depuis 2004, à l’obtention d’un titre de séjour.

    4Dans un contexte qui laisse peu de place au pluralisme des pratiques linguistiques et des expressions culturelles minoritaires – que l’on qualifiera d’assimilationniste –, observe-t-on des dynamiques de maintien des langues minoritaires, notamment par leur transmission d’une génération à l’autre. Des spécificités des consommations et fréquentations culturelles des immigrés et de leurs descendants révélant une préservation culturelle minoritaire ? En complément des questions sur les langues reçues dans l’enfance, utilisées en famille et transmises, la seconde édition de l’enquête TeO comporte des questions inspirées de l’enquête Pratiques culturelles 2018 du ministère de la Culture sur les pratiques de consommation et de fréquentation culturelle1. Elles permettent d’analyser les conditions de maintien ou de disparition de la diversité linguistique et culturelle en contexte assimilationiste. Si les résultats confirment la progression rapide du français dans les familles immigrées, des langues comme l’espagnol, le turc ou l’anglais se maintiennent particulièrement et peuvent se retrouver dans les pratiques de consommation culturelle jusqu’à la deuxième génération (pour les résultats de TeO1, voir Condon et Régnard, 2015). La connaissance du français2 ne se traduit pas nécessairement par un alignement des pratiques culturelles des descendants d’immigrés sur celles de la population majoritaire. Le chapitre revient sur les dynamiques du pluralisme, mais aussi ses limites, en reliant les pratiques linguistiques aux usages culturels.

    I. La diversité des langues en France à travers les langues reçues des parents

    5Les données sur les langues parlées en France, notamment en lien avec l’immigration, se sont développées depuis l’enquête Mobilité géographique et insertion sociale (MGIS, 1992). Après l’ajout de questions sur les langues parlées et transmises dans l’enquête Histoire familiale (1999) et dans l’enquête Histoire de vie (2003), l’enquête TeO de 2008-2009 fournit de nouvelles références sur la présence des langues régionales et de l’immigration (Condon et Régnard, 2015 ; Filhon, 2016). L’enquête Pratiques culturelles des Français (2018) fournit également un panorama complet des langues apprises, maîtrisées et pratiquées. Les résultats montrent que 44 % des répondants utilisent une autre langue que le français, alors que seuls 16 % disent avoir parlé une autre langue à 5 ans en famille (Berthomier et al., 2023). Le reste vient des langues apprises dans le milieu scolaire ou par la consommation culturelle (vidéo, film et musique) : 31 % des répondants disent maîtriser l’anglais et 11 % l’espagnol. En contraste, l’arabe n’est déclaré que par 6 % des enquêtés et vient essentiellement de la socialisation familiale (Berthomier et al., 2023, p. 22).

    6Les enquêtes TeO recueillent les langues parlées dans l’enfance mais ne mesurent pas les langues acquises par la suite. De ce fait, on ne peut fournir un véritable panorama des langues connues et pratiquées en France. Cette approche par les langues transmises dans l’enfance fournit cependant une représentation de la diversité des langues régionales et des langues apportées par les familles immigrées. L’enquête recueille les langues parlées dans l’enfance par la mère et le père des enquêtés, et lorsque plusieurs langues sont déclarées, une « langue de référence » est établie en priorisant une langue étrangère ou régionale par rapport au français, et en demandant à l’enquêté de déclarer la langue la plus fréquente lorsqu’il en parle plusieurs. C’est cette langue de référence dont il est ici question.

    7La pratique des langues régionales en France a connu une revitalisation après une période de déclin au cours du xxe siècle (Héran et al., 2002). Déclarées par 7 % de l’ensemble de la population métropolitaine âgée de 18 à 59 ans, auxquelles s’ajoutent 1,1 % des créoles parlés dans les Outre-mer (tableau 1), les langues régionales reçues dans l’enfance ne sont pas marginales. Elles connaissent de fortes disparités géographiques : concernant 1,5 % des habitants de l’Île-de-France, elles sont déclarées par 7 % de ceux vivant en Bretagne, 15 % en Corse, 12 % dans les Hauts-de-France, 18 % dans le Grand Est et 11 % en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Les différents créoles sont rapportés par 59 % des natifs des Outre-mer et 41 % de leurs descendants nés en métropole, témoignant d’une présence notable dans les familles des originaires des Outre-mer (données hors tableau). On relève une déperdition chez les plus jeunes des natifs des Outre-mer (37 % des 18-24 ans ont parlé en créole, et 70 % des plus de 45 ans), alors que cette dynamique s’inverse pour les descendants nés en métropole (respectivement 43 % et 34 % des mêmes groupes d’âges).

    8Reflétant la composition de la population liée à l’immigration, l’arabe et le berbère représentent les premières langues citées (par 8,4 % de la population) en dehors du français. La diversité des langues reçues dans les différentes générations liées à l’immigration reflète les évolutions des origines des migrants et les variations de transmission aux générations suivantes. Le français progresse au fil des âges à l’arrivée et des générations, au point de représenter la langue principale reçue pour 66 % des descendants de couples mixtes (tableau 1 ; G2.53. L’arabe et le berbère sont les langues dominantes parmi les immigrés arrivés adultes4. La place des langues créoles pour les originaires des Outre-mer vivant dans l’Hexagone est relativement élevée puisqu’elle concerne encore 41 % des descendant·es (G2). Elle est moindre que les proportions enregistrées dans les départements d’Outre-mer relevées par l’enquête Pratiques culturelles de 2018 : un peu plus de 70 % des enquêté·es en Guadeloupe, Martinique et à la Réunion ont parlé une langue des Outre-mer (principalement un créole) avec au moins l’un de leurs parents, 60 % à Mayotte et 49 % en Guyane (Berthomier et al., 2023).

    Tableau 1. Langue principale parlée avec les parents dans l’enfance selon le lien à l’immigration (%)

    1. Le multilinguisme dans les familles issues de l’immigration

    9L’incorporation du français pour communiquer dans la famille transforme de facto de nombreuses familles immigrées en familles plurilingues. Mais le plurilinguisme découle également du caractère multilingue des pays d’origine. C’est le cas de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, d’Asie, mais aussi du Maghreb (combinaison de l’arabe et du berbère) ou de la Turquie (turc et kurde). Ainsi, 32 % des immigrés venus adultes ont reçu deux langues et 9 % en ont reçu trois et plus (tableau 2). Ce plurilinguisme est plus important pour les immigrés arrivés enfants et les descendants de deux parents immigrés dont les parents ont commencé à utiliser le français dans leur communication familiale. Il se réduit cependant pour les descendants de couples mixtes, signalant que le parent immigré a plus de difficultés à communiquer dans sa langue avec ses enfants ou choisit de ne pas la transmettre.

    Tableau 2. Nombre de langues différentes parlées avec les parents pendant l’enfance et place du français dans ces langues selon l’origine détaillée (%)

    10Dans l’espace francophone, si le français exclusif est rare, son usage en combinaison concerne 40 % des immigrés originaires du Maghreb et 46 % de ceux originaires d’Afrique subsaharienne. Le plurilinguisme familial, fait de combinaisons de plusieurs langues sans le français, est déclaré par 11 % des immigrés maghrébins et 13 % des Européens du Sud (tableau 2). Il est plus fréquent chez les originaires d’Asie et d’Afrique subsaharienne. L’âge à l’arrivée des immigrés joue un rôle déterminant sur l’introduction du français : les G1.5 (arrivés avant 17 ans) originaires du Maghreb et d’Afrique subsaharienne sont respectivement 56 % et 71 % à avoir parlé français avec leurs parents (données hors tableau). Cet effet d’âge à la migration se retrouve pour les originaires d’Asie, d’Europe du Sud, de Turquie et Moyen-Orient.

    11Les descendants de deux parents immigrés ont, pour la plupart d’entre eux, utilisé le français pour communiquer avec leurs parents, parfois de façon exclusive (18 %), mais le plus souvent en combinaison avec la langue parentale (68 %). L’usage du français devient exclusif pour les descendants de couple mixte. L’exposition au français dans la vie sociale et l’univers scolaire conduit logiquement à le voir entrer dans presque toutes les familles, mais, du fait du maintien et de la transmission de la ou des langues héritées du pays d’origine, l’hybridation linguistique domine les échanges dans les familles des descendants d’immigrés.

    2. Les transmissions de parents à enfants, quels déterminants ?

    12La transmission de la langue d’origine des parents immigrés est majoritaire pour toutes les origines, mais elle n’est pas systématique (tableau 3). Une partie des parents immigrés n’ont parlé que français avec leurs enfants nés en France (principalement d’origine européenne ou africaine). La mixité parentale a un effet déterminant sur la transmission : la proportion de descendants de couples mixtes ayant utilisé une langue étrangère dans l’enfance n’est que de 36 %, soit une diminution de plus de 56 % par rapport aux familles avec deux parents immigrés. L’écart est spectaculaire pour les descendants d’origine portugaise (de 87 % quand les deux parents sont immigrés à 30 % pour les couples mixtes) et ceux originaires d’Asie du Sud-Est (de 92 % à 34 %) (données hors tableau). La capacité ou la volonté de maintenir une pratique de sa langue d’origine par le parent immigré est limitée par l’absence probable de communication dans cette langue avec le parent de la population majoritaire et impacte toutes les origines. L’usage de la langue étrangère dans les couples mixtes est plus fréquent quand la mère est immigrée que lorsque c’est le père, signalant les rôles de genre dans l’éducation et les transmissions.

    Tableau 3. Usage de la ou des langues d’origine avec le parent dans l’enfance des descendants d’immigrés, seule ou en combinaison avec le français selon l’origine et la combinaison du couple parental (%)

    13Au-delà de la mixité parentale, quels sont les autres déterminants qui contribuent à (dé)favoriser la transmission de la langue d’origine à ses enfants ? Une analyse multivariée (tableau 4) montre qu’il y a peu de variables influençant la transmission en dehors de celles liées aux origines et au capital scolaire familial (résumé dans le modèle par le niveau de diplôme de la mère). La transmission est significativement moins fréquente dans les familles maghrébines (prises en référence) et subsahariennes par rapport aux familles européennes, asiatiques ou turques, sans doute en raison de la francophonie acquise dans le pays d’origine. La mixité parentale produit un effet propre négatif sur la transmission d’une langue étrangère. Le niveau d’éducation des mères est clivé : les mères les moins éduquées transmettent plus souvent la langue d’origine, alors que la possession d’un diplôme, quel qu’il soit, réduit sa transmission. Enfin, la religion, notamment musulmane, a une influence favorable sur la transmission, y compris dans le contexte de familles avec une mixité religieuse (ce qui inclut les cas où l’un des parents n’a pas de religion). Par ailleurs, la transmission de la langue s’observe davantage pour les enquêtés les plus jeunes, sans doute du fait de l’arrivée plus récente des parents.

    Tableau 4. Probabilité pour les descendants G2 d’avoir parlé une langue étrangère avec leurs parents (seule ou en combinaison), régression logistique (odds ratio)

    II. Le pluralisme linguistique en pratique

    14Se voir transmettre une langue pendant l’enfance ne préjuge pas de sa maîtrise ou de son utilisation à l’âge adulte. Les effets de contexte sont importants pour l’activation de la langue : avoir un conjoint qui la pratique, pouvoir l’utiliser sur son lieu de travail ou avec des voisins conditionnent son maintien ; de même, l’utiliser dans le cadre de consommations culturelles favorise sa vitalité.

    1. Les langues utilisées avec les conjoints et dans le voisinage : constitution d’univers linguistiques

    15Dans l’enquête, il est possible d’approcher la pratique à l’âge adulte de la langue apprise durant l’enfance à travers son usage au sein du couple. Cet usage dépend fortement de l’origine des conjoints : au sein des couples dans lesquels les deux conjoints sont immigrés du même pays, la pratique linguistique la plus répandue est d’alterner l’usage du français et celui de la langue du pays d’origine (62 %) (tableau 5). Par ailleurs, un tiers de ces couples (31 %) n’utilisent pas le français ; et dans 75 % des cas, la langue minoritaire utilisée est une langue apprise dans l’enfance par le répondant (dans 20 % des cas, celle-ci est l’anglais, chiffres hors tableau). En revanche, au sein des couples composés d’un immigré et d’un descendant d’immigré originaires du même pays, l’utilisation exclusive de langues minoritaires est beaucoup plus rare (9 %). Le français devient même la seule langue de communication du couple dans près d’un cinquième des cas (21 % contre 8 % chez les couples composés de deux immigrés de même origine). À plus forte raison, le français devient une langue véhiculaire – on parle aussi de langue franche (Gadet et Varro, 2006) – lorsque les conjoints sont originaires de deux pays étrangers différents (38 %) et plus encore lorsque l’un des deux individus n’a pas d’ascendance migratoire (66 %). L’usage du français, associé ou non à une langue minoritaire, devient systématique parmi les couples de descendants d’immigrés de même origine, et même exclusif dans 71 % des cas. L’utilisation exclusive du français est présente dans plus de neuf couples sur dix lorsqu’ils sont composés d’un descendant d’immigré et d’une personne sans ascendance migratoire.

    Tableau 5. Langues parlées avec le conjoint selon la mixité du couple parmi les immigrés et les descendants d’immigrés (%)

    16L’enquête s’intéresse aussi à l’usage des langues transmises durant l’enfance avec les voisins et les commerçants, cet usage pouvant être à la fois un « facteur de maintien de la langue parentale […], et un moyen d’accéder à certaines informations pour les nouveaux arrivants » (Filhon, 2009). Il est plus fréquent parmi les immigrés arrivés en France après 16 ans et dans certains groupes (tableau 6). La communauté turque et du Moyen-Orient est celle qui continue le plus à utiliser la langue de référence5 dans la zone d’habitation au fil des générations (21 % pour les descendants de cette origine). L’utilisation de la langue de référence avec les voisins et les commerçants est plus rare chez les autres descendants d’immigrés et des originaires de l’Outre-mer (8 %). Le contexte résidentiel conditionne l’usage de la langue de référence dans la vie quotidienne. L’indice de concentration des immigrés dans l’Iris caractérise un contexte résidentiel avec une plus grande probabilité d’avoir des locuteurs de sa propre langue de référence à proximité de chez soi. Les résultats montrent que, dans les quartiers à forte concentration d’immigrés, la langue de référence étrangère est effectivement davantage utilisée avec le voisinage et dans les commerces par les immigrés, sauf par les immigrés d’Europe du Sud qui ne sont par ailleurs pas très représentés dans les quartiers à forte concentration d’immigrés. L’effet est particulièrement fort pour les immigrés de Turquie et Moyen-Orient. En revanche, on observe peu d’effet sur les descendants dont la pratique est moins sensible au contexte résidentiel.

    Tableau 6. Utilisation de la langue de référence pour parler avec des voisins ou des commerçants en fonction de l’origine géographique, du statut migratoire et du quartier (%)

    2. Le pluralisme linguistique et la maîtrise des langues d’origine

    17Un des obstacles à l’utilisation de la langue d’origine est sa faible maîtrise : un apprentissage dans l’enfance sans pratique régulière ultérieure peut conduire à une déperdition. Interrogés sur leurs différentes compétences linguistiques, la moitié des immigrés déclarent très bien maîtriser leur langue de référence à la fois à l’écrit (lire et écrire) et à l’oral (parler et comprendre), alors que seuls 16 % des descendants d’immigrés ont ce même niveau de compétence (figure 1). La maîtrise de la langue de référence à l’écrit et à l’oral est particulièrement forte chez les immigrés originaires de l’UE 27 (84 %), de Turquie et Moyen-Orient (61 %), et d’Asie (60 %). Contrairement au reste de l’Asie, les immigrés originaires d’Asie du Sud-Est sont peu nombreux à la maîtriser à l’écrit ou à l’oral (hors tableau). Pour certaines origines, l’écart est important entre la maîtrise orale et la maîtrise écrite. C’est notamment le cas pour les personnes originaires des Outre-mer et d’Afrique subsaharienne – pour lesquelles les langues sont principalement, voire uniquement, de traditions orales – et du Maghreb.

    Figure 1. Maîtrise de la langue de référence en fonction de l’origine et du lien à la migration (%)

    Source : enquête Trajectoires et Origines 2, Ined-Insee, 2019-2020.

    Champ : immigrés et descendants d’immigrés âgés de 18 à 59 ans ayant utilisé une langue autre que le français avec leurs parents dans l’enfance (langue de référence). Lecture : parmi les immigrés qui ont une langue de référence, 62 % ont une très bonne maîtrise pour lire, écrire, parler et comprendre. Note : pourcentages pondérés. Le questionnaire interrogeait sur la maîtrise (de très bien à pas du tout) de 4 compétences en langue (lire, écrire, parler et comprendre). L’indicateur est fondé sur la combinaison de ces 4 compétences. La liste complète des pays est donnée en annexe B de l’introduction de l’ouvrage. Les catégories de population (population majoritaire, G1, G2, etc.) sont définies dans l’annexe A.

    18Pour la deuxième génération, on retrouve à nouveau une forte proportion des originaires de Turquie et Moyen-Orient maîtrisant très bien la langue à la fois à l’écrit et à l’oral (44 %) et, dans une moindre mesure, les originaires d’Europe du Sud (26 %). À l’inverse, les descendants d’immigrés originaires d’Asie et du Maghreb sont peu nombreux à maîtriser la langue d’origine à l’écrit comme à l’oral (5 % et 6 %).

    19Chez les descendants d’immigrés, le niveau de maîtrise de la langue transmise pendant l’enfance est corrélé à la fréquence des séjours dans le pays d’origine et aux contacts fréquents avec de la famille ou des amis parlant la langue de référence. Le fait d’avoir deux parents immigrés augmente la probabilité de bien maîtriser la langue de référence. Une analyse multivariée intégrant ces différents facteurs montre que la maîtrise de la langue turque est beaucoup plus forte que celle de l’arabe parmi les descendants d’immigrés déclarant ces langues de référence (annexe 4). L’anglais, l’espagnol et l’italien, langues à valeur sociale forte – car enseignées dans les cursus scolaires français, mobilisées dans les consommations culturelles et valorisées sur le marché du travail (surtout pour l’anglais) – sont aussi significativement mieux maîtrisées.

    III. Pluralisme linguistique et diversité des consommations culturelles

    20Des questions sur le visionnage de films, de vidéos et de séries, d’une part, et la lecture de livres, d’autre part, ont été intégrées dans l’enquête TeO2. Elles fournissent une évaluation de la mise en pratique des langues et, indirectement, de leur importance dans la vie culturelle des immigrés et des descendants d’immigrés. Inversement, la pratique régulière de la lecture et du visionnage de supports audiovisuels entretient la langue et la rend disponible pour d’autres usages.

    1. L’impact de la langue de référence et du lien à la migration sur les consommations culturelles

    21La consommation de films, de séries ou de vidéos concerne presque l’ensemble de la population étudiée (moins de 1 % des enquêtés déclarent ne pas en regarder) et cette pratique varie peu en fonction de la langue de référence et du lien à la migration (figure 2). L’importance de cette pratique s’explique notamment par la démocratisation et la généralisation des outils numériques ainsi que des plateformes de VOD ou de streaming qui ont permis un meilleur accès aux contenus audiovisuels dans diverses langues étrangères (Cicchelli et Octobre, 2022). Le constat est très différent pour la lecture de livres : si plus d’un quart des enquêtés (26 %) déclarent ne pas lire de livres, le taux de pratique de la lecture varie fortement en fonction de la langue transmise durant l’enfance (annexe 5). Les immigrés et descendants d’immigrés ayant parlé le turc sont ceux qui lisent le moins (respectivement 44 % et 36 % d’entre eux déclarent ne pas lire), les personnes déclarant l’anglais comme langue de référence ont le niveau de pratique de la lecture le plus élevé (seuls 12 % et 8 % ne lisent pas de livres). La lecture faisant davantage partie des univers culturels des plus diplômés (Donnat, 2012), les différences de pratiques observées selon les langues s’expliquent en grande partie par des structures de diplômes très différentes en fonction de la langue transmise durant l’enfance6. Dans l’ensemble de la population, la part des moins diplômés qui ne lisent pas est 5,5 fois plus importante que celle des plus diplômés. Ce rapport est moindre chez les descendants d’immigrés d’Asie que parmi les immigrés d’Europe du Sud (3,3 contre 18,4) (annexe 6).

    2. La diversité des langues mobilisées dans les consommations culturelles

    22Globalement, la part des consommations culturelles non francophones est plus importante chez les immigrés et descendants d’immigrés que parmi la population majoritaire. La proportion des deuxièmes générations qui regardent des vidéos dans une autre langue que le français est moins élevée que celle de la première génération (respectivement 43 % et 53 %, contre 30 % en population majoritaire – voir figure 2)7. L’écart se creuse entre générations dans la lecture de livres : les immigrés lisent plus de deux fois plus souvent en langue étrangère que les descendants d’immigrés (respectivement 29 % et 12 %, contre 6 % population majoritaire, graphique en annexe 5). Cet écart plus important dans le cas de la lecture de livres par rapport au visionnage de vidéos s’explique notamment par le fait que la compréhension écrite d’une langue demande des compétences linguistiques plus importantes que la compréhension orale8.

    Figure 2. Langues de consommation des vidéos selon le lien à la migration et la langue de référence

    Source : enquête Trajectoires et Origines 2, Ined-Insee, 2019-2020.

    Champ : individus âgés de 18 à 59 ans. Lecture : 64 % de la population de France métropolitaine regarde des vidéos uniquement en français. Note : la liste complète des pays est donnée en annexe B de l’introduction de l’ouvrage. Les catégories de population (population majoritaire, G1, G2, etc.) sont définies dans l’annexe A. Résultats pondérés.

    23En plus de varier en fonction du lien à la migration, l’utilisation d’autres langues que le français dans les consommations culturelles dépend de la langue de référence et est conditionnée par l’offre culturelle disponible dans cette dernière (Berthomier et al., 2023). De toute évidence, les supports audiovisuels en anglais, du fait de leur forte diffusion, tendent à supplanter les langues d’origine (et parfois même le français) pour les descendants d’immigrés. La diversité linguistique mobilisée pour regarder des vidéos est particulièrement importante chez immigrés et les descendants d’immigrés ayant utilisé l’anglais durant l’enfance (respectivement 90 % et 92 % d’entre eux consomment des vidéos dans une autre langue que le français), les immigrés ayant parlé l’italien (82 %), le turc (79 %) ou une langue chinoise (78 %). Cette pratique est beaucoup moins présente chez les immigrés ayant comme langue de référence une langue des Outre-mer (37 %), du Niger-Congo (36 %), ainsi que chez les immigrés et descendants d’immigrés ayant utilisé durant leur enfance le berbère (respectivement 37 % et 36 %) et les descendants d’immigrés ayant parlé le portugais (37 %) ou l’italien (29 %). La lecture dans une autre langue que le français est très fréquente chez les immigrés ayant comme langue de référence l’anglais (77 %), l’italien (71 %), une langue chinoise (57 %), une langue européenne (autre qu’espagnol, portugais et italien), une autre langue d’Asie (respectivement 51 %) ou l’espagnol (50 %), et beaucoup moins présente chez les immigrés ayant parlé le berbère (9 %), une langue du Niger-Congo (10 %) ou une langue des Outre-mer (11 %) (annexe 5).

    24Dans le cas de la consommation de vidéos, la mobilisation de la langue transmise durant l’enfance est plus importante que celle d’autres langues, notamment chez les premières et deuxièmes générations d’immigrés ayant parlé l’anglais ou le turc et chez les immigrés ayant utilisé une autre langue d’Asie ou une langue chinoise. À l’inverse, les descendants d’immigrés ayant pour langue de référence une langue chinoise, viet, du Niger-Congo ou des Outre-mer consomment davantage de vidéos en langues étrangères que dans la langue qui leur a été transmise dans l’enfance.

    IV. Langue et origines dans les déterminants des sorties culturelles

    25La sociologie des pratiques culturelles a mis en évidence le poids du niveau d’éducation et de la position sociale dans les activités de « participation liées à la vie intellectuelle et artistique » (Coulangeon, 2010), mais la langue et les origines ethnoculturelles contribuent également à façonner les fréquentations d’équipements culturels. On a vu que les connaissances linguistiques déterminaient en partie les consommations de vidéos et les lectures. Il en va de même des sorties au cinéma qui sont associées à la connaissance et la maîtrise de la langue française, sauf lorsqu’une offre en version originale permet de voir des films dans la langue d’origine (cependant ces langues sont peu diffusées au cinéma en France). La fréquentation des bibliothèques et des salles de spectacles est également tributaire, en plus des autres déterminants sociaux, des compétences en français. L’obstacle linguistique concerne des fractions des immigrés, mais moins les descendants d’immigrés, dont les sorties culturelles sont davantage déterminées par le capital social et culturel.

    1. Le rôle du lien à la migration dans la fréquentation des cinémas

    26Parmi les sorties culturelles, le cinéma est la plus fréquente (tableau 7). Les descendants d’immigrés ne dérogent pas à cette tendance : les G2 d’origine subsaharienne, d’Asie, de Turquie et Moyen-Orient, et des Outre-mer présentent des fréquentations similaires à celle de la population majoritaire. La structure par âge des groupes influence les écarts de fréquentation : les moins de 25 ans sont les plus consommateurs, quelles que soient les origines. La fréquentation du cinéma est également tributaire de la connaissance et de la maîtrise de la langue française, ce qui fait écho aux résultats concernant le visionnage de vidéos en langue de référence. Les immigrés en visionnent plus (30 %) que les descendants d’immigrés (10 %), toutes langues confondues. À l’inverse, les immigrés vont moins au cinéma (60 %) que les descendants de deux parents immigrés (69 %), toutes origines confondues.

    Tableau 7. Taux de fréquentation d’équipements culturels au cours des 12 derniers mois selon l’origine (%)

    2. Le rôle des origines dans la fréquentation des bibliothèques, des musées et des salles de spectacles

    a. Les bibliothèques

    27Les bibliothèques sont davantage fréquentées par les immigrés (37 %) que par la population majoritaire (32 %), et c’est particulièrement le cas de ceux venus du Maghreb (39 %) et d’Afrique subsaharienne (41 %). En revanche les originaires des Outre-mer (32 %) et les descendants d’immigrés d’Europe du Sud (23 %) utilisent nettement moins cet équipement.

    28On observe ici un effet de structure par âge, la fréquentation des bibliothèques étant plus répandue pour les jeunes âgés de moins de 25 ans, en particulier les étudiants (71 %) et les parents de jeunes enfants.

    29Toutes choses égales par ailleurs, les enquêtés en cours d’études ont 6,2 fois plus de chance de se rendre en bibliothèque que ceux qui sont en emploi (tableau 8). Néanmoins, parmi les immigrés nés en Afrique et au Maghreb qui sont les plus susceptibles de se rendre en bibliothèque (1,6 fois plus de chance que la population majoritaire), on note un maintien de la fréquentation à travers les âges. En outre, toutes choses égales par ailleurs, la situation de la famille influence grandement le fait de s’être rendu en bibliothèque dans les 12 derniers mois : célibataire ou en couple, c’est le fait d’avoir des enfants qui en détermine la fréquentation.

    Tableau 8. Probabilité de fréquentation d’équipements culturels au cours des 12 derniers mois (odds ratios)

    30Les bibliothèques sont donc davantage fréquentées par les jeunes immigrés ou descendants d’immigrés, originaires d’Afrique et du Maghreb, et ce particulièrement lorsqu’il s’agit d’étudiants ou de parents. La pleine gratuité et l’important maillage territorial contribuent à l’accessibilité de ces équipements, ce qui vient confirmer les travaux qualitatifs sur le lien entre bibliothèques et diversité socioculturelle (Tandé, 2020).

    b. Les musées

    31Les sorties au musée sont relativement fréquentes dans la population, en général : un enquêté sur deux déclare s’être rendu au musée dans les 12 derniers mois (54 %, tableau 7). À l’exception notable des immigrés de l’UE 27 qui dépassent ce pourcentage (70 %), les immigrés et descendants d’immigrés originaires des Outre-mer, du Maghreb, d’Afrique, de Turquie et d’Europe du Sud, se situent entre 44 % et 49 %. Seuls les immigrés originaires d’Asie ont une fréquentation proche de celle de la population générale (52 %).

    32L’âge joue de manière inverse à la sortie en bibliothèque, puisque, toutes choses égales par ailleurs, les individus de plus de 35 ans sont plus susceptibles de se rendre au musée (tableau 8). Mais c’est avant tout le diplôme qui augmente la probabilité d’y aller.

    c. Les salles de spectacles

    33Alors que les sorties aux spectacles (danse, théâtre et concert) sont fréquentes au sein de la population générale (58 % des enquêtés déclarent s’être rendus à ce type d’événement dans les 12 derniers mois), immigrés et descendants d’immigrés sont tous moins nombreux à les pratiquer, à l’exception notable des immigrés venus de l’UE 27 (68 %). Le fait d’être descendant d’immigrés ne semble pas favoriser ces sorties, puisque ceux dont les parents sont nés en Afrique, en Europe du Sud et, dans une moindre mesure, au Maghreb s’y rendent parfois sensiblement moins que les immigrés des mêmes origines. Le croisement en fonction de l’âge ne fait pas spécialement apparaître de tendance, ni la situation familiale. Le diplôme, en revanche, joue positivement.

    34Musées et salles de spectacles sont donc moins fréquentés par les immigrés, et bien moins fréquentés par les descendants d’immigrés. Malgré les politiques d’élargissement des publics (gratuité ou tarifs préférentiels lorsqu’ils sont subventionnés), l’accès à ce type d’équipements n’apparaît pas aller de soi. Certes, le niveau de diplôme augmente nettement la probabilité d’être allé voir une exposition ou un spectacle. Cependant, le déterminant socioéconomique n’explique ce résultat que partiellement. En effet, une fois contrôlés, l’effet de l’origine immigrée, notamment pour les spectacles, est particulièrement significatif puisqu’il réduit de 42 % (pour les descendants d’au moins un parent né au Maghreb) à 56 % (pour les descendants d’au moins un parent né en Asie) la probabilité d’y être allé.

    Conclusion

    35Alors que des inquiétudes s’expriment régulièrement sur la capacité du modèle français d’intégration à créer du commun autour de la culture, on constate une utilisation rapide du français dans les familles immigrées pour parler avec leurs enfants. Les immigrés arrivés enfants sont 50 % à avoir parlé français avec leurs parents dans leur enfance, et c’est le cas de 86 % des descendants de deux parents immigrés. Cependant, cet usage du français se fait pour l’essentiel en combinaison avec la ou les langues d’origine des parents : le pluralisme linguistique est le modèle dominant dans les familles immigrées. Il tend à diminuer à la génération suivante. La pratique des langues issues de l’immigration résiste difficilement à la troisième génération, en particulier parce que la langue d’origine du parent immigré, et plus encore du parent descendant d’immigrés, se transmet peu dans les situations de mixité parentale. Le pluralisme linguistique est également assuré par les langues régionales ou par les créoles des Français des Outre-mer qui continuent à le parler dans l’Hexagone. Les consommations culturelles de supports audiovisuels et de livres montrent que si certaines langues d’origine sont utilisées par les immigrés, c’est l’anglais qui est le plus répandu pour les descendants, aux côtés du français.

    36La maîtrise du français permet aux deuxièmes générations de rejoindre les 70 % des Français qui se sont rendus au cinéma dans les douze derniers mois, mais quand leurs parents sont originaires d’Afrique, du Maghreb ou des Outre-mer, ils sont moins susceptibles de fréquenter les équipements culturels tels que les musées ou les salles de spectacles, et ainsi d’avoir la même vie culturelle que le reste de la population. Les bibliothèques constituent l’un des rares équipements qui est plus fréquemment utilisé par les immigrés et descendants du Maghreb et les immigrés d’Afrique subsaharienne, montrant son importance comme ressource pour les étudiants et les familles de ces origines, notamment dans les milieux populaires.

    37Le profil spécifique de participation culturelle des immigrés et descendants d’immigrés hors Europe s’explique en partie par une question de goûts spécifiques pour certains styles artistiques, et la volonté d’avoir accès à des contenus en langue d’origine. En effet, on constate des taux plus élevés de consommation culturelle (lecture et vidéo) dans une autre langue que le français parmi les immigrés comme les descendants d’immigrés.

    38Cependant, en fréquentant des équipements culturels, les individus participent à un processus plus large qui contribue à la formation du sentiment d’appartenance à une société. Que ce soit pour des questions de goût ou d’accès, il est donc nécessaire d’approfondir la connaissance des mécanismes qui expliquent comment les trajectoires et les origines affectent les conditions de participation à la vie culturelle.

    Bibliographie

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    Armagnague M., Boulin A., 2021, « Mobiliser en classe la « langue d’origine » des élèves primo-migrants : des effets ambivalents », Agora débats/jeunesses, 89(3), p. 7-21. https://doi.org/10.3917/agora.089.0007

    Berthomier N., Louguet A., M’Barki J., Octobre S., 2023, Langues et usages des langues dans les consommations culturelles en France, Ministère de la Culture, Depsdoc, Culture études, CE-2023-3.

    Ciccheli V., Octobre S., 2022, K-pop, soft power et culture globale, Puf.

    Condon S., Régnard C., 2015, « Les pratiques linguistiques : langues apportées et langues transmises », in Beauchemin C., Hamel C., Simon P. (dir), Trajectoires et Origines. Enquête sur la diversité des populations en France, Ined Éditions, Grandes Enquêtes, p. 117-144.

    Coulangeon P., 2010, Sociologie des pratiques culturelles, La Découverte, Repères.

    Donnat O., 2012, « La lecture régulière de livres : un recul ancien et général », Le Débat, 170(3), p. 42-51. https://doi.org/10.3917/deba.170.0042

    Escafré-Dublet A., 2014, Immigration et politiques culturelles, La Documentation française.

    Escafré-Dublet A., Simon P., 2025, « La participation culturelle des immigrés et descendants d’immigrés en France métropolitaine : entre préférences esthétiques et conditions d’accès  », in Garcia L., Jonchery A., Octobre S. (dir.), Regards croisés sur les pratiques culturelles, 20 ans après, Presses de Sciences Po/Ministère de la Culture-DEPS, p. 263‑302. https://doi.org/10.3917/deps.garci.2025.01.0265

    Filhon A., 2009, Langues d’ici et d’ailleurs. Transmettre l’arabe et le berbère en France, Ined Éditions, Cahier n° 163.

    Filhon A., 2016, « Les langues dans les enquêtes de la statistique publique : bilan et perspectives », Langage et société, 155(1), p. 15-38. https://doi.org/10.3917/ls.155.0015

    Hajjat A., 2012, Les frontières de l’"identité nationale". L’injonction à l’assimilation en France métropolitaine et coloniale, La Découverte.

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    Tandé A., 2020, « Cultural policies mixing commonality and difference? The case of public libraries in French cities », Ethnic and Racial Studies, 43(11), p. 2062-2079. http://dx.doi.org/10.1080/01419870.2020.1743334

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    Zhou M., Bankston C., 1998, Growing Up American: How Vietnamese Children Adapt to Life in the United States, Russell Sage Foundation.

    Notes de bas de page

    1La sixième édition de l’enquête Pratiques culturelles a été menée pendant toute l’année 2018 en France métropolitaine (plus de 9 200 enquêtés) et en 2019 et 2020 dans les Drom (plus de 6 000 enquêtés). C’est la sixième édition d’une série commencée au début des années 1970, destinée à mesurer la participation de la population aux loisirs et à la vie culturelle. Pour l’analyse des pratiques culturelles des immigrés et des descendants d’immigrés, se reporter à Escafré-Dublet et Simon (2025).

    2Sur la connaissance du français par les immigrés, voir chapitre 25.

    3Sur la définition des catégories de population en rapport avec leur lien à la migration (première, deuxième, troisième génération, population majoritaire…), voir le lexique fourni dans l’annexe A de l’introduction de l’ouvrage

    4Voir Filhon (2009) sur la pratique et la transmission de l’arabe et du berbère.

    5Langue familiale de référence : parmi les langues utilisées dans l’enfance, la langue de référence a été définie comme étant, pour les monolingues, l’unique langue déclarée, et pour les plurilingues, la langue la plus utilisée pendant l’enfance en dehors du français.

    6Sur les niveaux d’instruction, voir chapitre 10.

    7La proportion des personnes regardant des vidéos dans une autre langue que le français correspond aux proportions cumulées de personnes regardant des vidéos « au moins en langue de référence » et « dans une autre langue que la langue de référence ».

    8L’usage du sous-titrage rend aussi plus accessible la consommation de vidéos en version originale.

    Auteurs

    • Angéline Escafré-Dublet
    • Amandine Louguet
    • Patrick Simon
    • Claire Thoumelin
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    1La sixième édition de l’enquête Pratiques culturelles a été menée pendant toute l’année 2018 en France métropolitaine (plus de 9 200 enquêtés) et en 2019 et 2020 dans les Drom (plus de 6 000 enquêtés). C’est la sixième édition d’une série commencée au début des années 1970, destinée à mesurer la participation de la population aux loisirs et à la vie culturelle. Pour l’analyse des pratiques culturelles des immigrés et des descendants d’immigrés, se reporter à Escafré-Dublet et Simon (2025).

    2Sur la connaissance du français par les immigrés, voir chapitre 25.

    3Sur la définition des catégories de population en rapport avec leur lien à la migration (première, deuxième, troisième génération, population majoritaire…), voir le lexique fourni dans l’annexe A de l’introduction de l’ouvrage

    4Voir Filhon (2009) sur la pratique et la transmission de l’arabe et du berbère.

    5Langue familiale de référence : parmi les langues utilisées dans l’enfance, la langue de référence a été définie comme étant, pour les monolingues, l’unique langue déclarée, et pour les plurilingues, la langue la plus utilisée pendant l’enfance en dehors du français.

    6Sur les niveaux d’instruction, voir chapitre 10.

    7La proportion des personnes regardant des vidéos dans une autre langue que le français correspond aux proportions cumulées de personnes regardant des vidéos « au moins en langue de référence » et « dans une autre langue que la langue de référence ».

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    Escafré-Dublet, A., Louguet, A., Simon, P., & Thoumelin, C. (2026). Le pluralisme linguistique et culturel dans un contexte assimilationniste. In C. Beauchemin, M. . Ichou, & P. Simon (éds.), Trajectoires et Origines 2. Paris: Ined Éditions. https://doi.org/10.4000/168ow
    Escafré-Dublet, Angéline, Amandine Louguet, Patrick Simon, et Claire Thoumelin. « Le pluralisme linguistique et culturel dans un contexte assimilationniste ». In Trajectoires et Origines 2, édité par Cris Beauchemin, Mathieu Ichou, et Patrick Simon. Paris: Ined Éditions, 2026. doi:10.4000/168ow.
    Escafré-Dublet, Angéline, et al. « Le pluralisme linguistique et culturel dans un contexte assimilationniste ». Trajectoires et Origines 2, édité par Cris Beauchemin et al., Ined Éditions, 2026, https://doi.org/10.4000/168ow.

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    Beauchemin, C., Ichou, M. ., & Simon, P. (éds.). (2026). Trajectoires et Origines 2. Paris: Ined Éditions. https://doi.org/10.4000/168pq
    Beauchemin, Cris, Mathieu Ichou, et Patrick Simon, éd. Trajectoires et Origines 2. Paris: Ined Éditions, 2026. doi:10.4000/168pq.
    Beauchemin, Cris, et al., éditeurs. Trajectoires et Origines 2. Ined Éditions, 2026, https://doi.org/10.4000/168pq.
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