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    Plan détaillé Texte intégral CHAPITRE VII. COMMENT ON PILE LE TABAC. DU TABAC GRENÉ ET DU TABAC EN POUDRE. COMMENT ON LUI DONNE SON PARFUM Notes de bas de page

    Cultura e opulencia do Brasil por suas drogas e minas

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    Capitulo VII. Como se piza o tabaco; do granido & em pó; & como se lhe dá o cheiro

    p. 314-317

    Texte intégral CHAPITRE VII. COMMENT ON PILE LE TABAC. DU TABAC GRENÉ ET DU TABAC EN POUDRE. COMMENT ON LUI DONNE SON PARFUM Notes de bas de page

    Texte intégral

    1Para se pizar o tabaco, ha de ser bem secco ou ao sol, ou em bacías, ou fornos de cobre, com attenção para que se não queime, & por isso se ha de mexer continuamente; & os piloens em que se piza hão de ser de pedra marmore, com as mãos de pizar de pao. Pizado, peneira-se, & o que estiver capaz se tira à parte, & o mais grosso se torna a pizar, até se reduzir em pó1. E este he o que commummente mais se procura & se estima.

    2Do granido se usa muito em Italia; & faz-se desta sorte. Toma-se o tabaco já feito em pó, & poem-se em hum alguidar || 117 vidrado; bota-se--lhe em quantidade moderada algum mel ou calda de tabaco, & se esta for muito grossa, se fará liquida com hum pouco de vinho. Depois, para que se vá encorporando, se mexe muito bem, & mexido se levanta & menea-se entre as mãos como quem faz bolinhos; & estando assim húmido, se passa por huma oropêma fina; & nesta passagem pelos buraquinhos da oropêma se formão os granitos, como os da polvora fina, & fica o tabaco granido2. E o que não passa pela oropêma por ser ainda grosso, torna-se a menear, como está dito, entre as mãos, até ser capaz de passar. Passado, se secca ao sol sem se mexer para que não torne a amassar-se & perca o ser de granido.

    3Depois de o tabaco granido estar secco, se lhe quizerem dar algum cheiro, borrifa-se com agua cheirosa, ou poem-se no mesmo vaso em que se recolheo huma vainilha inteira ou alguma quantidade de ambar ou de algalia ou de almiscar. Porém o tabaco em pó não he capaz de ser borrifado com agua cheirosa, porque com ella se amassaria & não ficaria, como se pretendeo, solto em pó3.

    4O tabaco que se piza no Brasil vay sem mistura, singelo & legitimo em tudo, & por isso tanto se estima. Mas o que se piza em algumas partes da Europa vende-se tam viciado que apenas merece o nome de tabaco, pois com elle até as cascas de laranjas se pizão4.

    CHAPITRE VII. COMMENT ON PILE LE TABAC. DU TABAC GRENÉ ET DU TABAC EN POUDRE. COMMENT ON LUI DONNE SON PARFUM

    5Pour piler le tabac, il faut le faire bien sécher soit au soleil, soit dans des bassines ou chaudières en cuivre, en veillant à ce qu’il ne brûle pas et, pour cela, il faut le remuer sans cesse. Les mortiers dans lesquels on le pile doivent être en marbre et les pilons, en bois. Une fois pilé, on le passe au tamis : on met de côté celui qui est passé, et on recommence à piler le plus gros, jusqu’à ce qu’il soit réduit en poudre1. C’est celui-ci qui est ordinairement le plus recherché et le plus estimé.

    6En Italie, on consomme beaucoup de tabac grené. Voici comment on le fait. On prend le tabac déjà réduit en poudre, on le met dans une terrine || 117 vernissée et on y verse en quantité modérée un peu de sirop ou jus de tabac ; si celui-ci est trop épais, on l’allonge avec un peu de vin. Ensuite, afin de l’incorporer progressivement au tabac, on remue bien celui-ci, on le soulève en le remuant et on le roule dans ses mains, comme si on faisait des boulettes ; quand il est bien humidifié, on le passe dans un fin tamis, et c’est en passant à travers les petits trous de ce tamis que se forment les grains, comme des grains de poudre fine : le tabac est alors grené2. Celui qui, étant encore trop gros, ne passe pas à travers le tamis, est à nouveau roulé dans les mains, comme il a été dit plus haut, jusqu’à ce qu’il puisse passer. Une fois passé, on le fait sécher au soleil sans le remuer afin qu’il ne s’agglomère pas à nouveau et ne perde pas sa qualité de tabac grené.

    7Quand le tabac grené est sec, si on veut lui donner un parfum quelconque, on l’arrose légèrement d’eau de senteur ou bien l’on met, dans le récipient où on l’a recueilli, une gousse entière de vanille ou une certaine quantité d’ambre, de civette ou de musc. Mais le tabac en poudre, lui, ne supporte pas d’être arrosé d’eau de senteur car elle le ferait s’agglutiner et il ne resterait pas en poudre comme on le désirait3.

    8Le tabac pilé au Brésil n’est pas mélangé : il est pur et authentique en tout point, et c’est pour cette raison qu’on l’apprécie tant. Mais celui qui est pilé dans certains endroits d’Europe est vendu dans un tel état d’impureté qu’il mérite à peine le nom de tabac car, en le pilant, on y mélange jusqu’à des écorces d’orange4.

    Notes de bas de page

    1 Aux Antilles, le pilage du tabac était effectué de la même façon. Toutefois, la poudre obtenue après un premier pilage était lavée « dans de l’eau commune une ou deux fois » et, après séchage, passée une nouvelle fois « au tamis de soye le plus fin ». Cf. Labat, t. IV, p. 256.

    2 La fabrication du tabac grené était sensiblement la même aux Antilles et au Brésil, mais on notera une différence dans le lavage préalable de la poudre de tabac, non pratiqué au Brésil, et dans la qualité du liquide servant à provoquer l’amalgame de la poudre : « eau simple ou de fleur d’orange » aux Antilles — « sirop de tabac » éventuellement allongé de vin au Brésil (cf. Labat, t. IV, p. 257). Cet usage du vin, qui peut paraître surprenant, se retrouve dans la recette de jus de tabac « de l’invention des Espagnols » que décrit Neander, Traité du tabac, pp. 26-30. Il faut cependant remarquer que ce jus-là servait seulement à aider la fermentation du tabac immédiatement après la cueillette des feuilles, lorsque celles-ci étaient disposées par terre en lits superposés.

    3 Si le tabac en poudre ne pouvait être arrosé d’eau parfumée, on pouvait cependant lui donner différents parfums, de même qu’au tabac grené. Cf. Barbe, Le Parfumeur français, pp. 128-130 : suivant qu’on broyait dans un mortier des grains de musc, de civette ou d’ambre, et qu’on mêlait la poudre ainsi obtenue avec du tabac en poudre, on obtenait du tabac musqué, du tabac à la pointe d’Espagne, du tabac en odeur de Rome, du tabac ambré. On pouvait aussi faire alterner des couches de tabac et de fleurs d’oranger ou de jasmin dans des boîtes de plomb (cf. Edme Baillard, Discours du tabac, p. 88). Mais il est probable que ces préparations particulières s’effectuaient uniquement en Europe et, au demeurant, elle étaient parfois critiquées au nom de la médecine. Cf. M. de Prade, Histoire du tabac, p. 124 : le tabac « qui n’est parfumé qu’une fois avec les fleurs est le plus naturel, le plus agréable et le plus salutaire ; celuy qui est parfumé avec l’ambre, le musc et la civette incommode ceux qui sont sujets aux douleurs de teste, et surtout les femmes hystériques ». Voir aussi Edme Baillard, op. cit., p. 89.

    4 Malgré ce que dit Antonil, le Portugal lui-même n’était pas à l’abri de ces malfaçons, ainsi que le prouve une consulta de la Junta do Tabaco du 8 mars 1699 (A. N. T. T., Junta do Tabaco, maço 5). Deux genres de fraude sur le tabac étaient couramment pratiquées : l’introduction du tabac en contrebande, et le mélange au tabac en poudre de « outras hervas e outros ingredientes ». Ces fraudes étaient dénoncées l’une et l’autre par le prix de vente du tabac en poudre. En effet, si, comme on le signalait alors de différents points du royaume au président de la Junta do Tabaco, le tabac en poudre était vendu à un prix inférieur à celui fixé par le roi, soit à moins de 6 tostões la livre, c’était ou bien parce que le vendeur n’avait pas acheté au prix imposé le rôle de tabac qui avait servi à sa fabrication et, par conséquent, avait acheté du tabac de contrebande, ou bien que, « se o comprou por este preço, fez tal mistura no tabaco que dobrou o pezo delle, pois só assim o pode dar mais barato ». La Junta do Tabaco se préoccupait pourtant beaucoup moins de la mauvaise qualité du tabac que du préjudice causé aux finances royales car, ainsi qu’elle le représentait au roi, « tudo o que nelle se introduzir de mistura he ganancia que à fazenda de Y. M. se tira, pois tudo o que ao tabaco em outras composições se chega a acrecentar, he tabaco que a fazenda de V. M. deixa de vender ». C’est pourquoi la Junta do Tabaco demanda et obtint du roi de faire inculper et punir des peines prévues en cas de détournement de tabac tous ceux qui vendraient ou feraient vendre ce tabac frauduleux (cf. edital du 4 avril 1699, A. N. T. T., Junta do Tabaco, maço 96 A).

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    1 Aux Antilles, le pilage du tabac était effectué de la même façon. Toutefois, la poudre obtenue après un premier pilage était lavée « dans de l’eau commune une ou deux fois » et, après séchage, passée une nouvelle fois « au tamis de soye le plus fin ». Cf. Labat, t. IV, p. 256.

    2 La fabrication du tabac grené était sensiblement la même aux Antilles et au Brésil, mais on notera une différence dans le lavage préalable de la poudre de tabac, non pratiqué au Brésil, et dans la qualité du liquide servant à provoquer l’amalgame de la poudre : « eau simple ou de fleur d’orange » aux Antilles — « sirop de tabac » éventuellement allongé de vin au Brésil (cf. Labat, t. IV, p. 257). Cet usage du vin, qui peut paraître surprenant, se retrouve dans la recette de jus de tabac « de l’invention des Espagnols » que décrit Neander, Traité du tabac, pp. 26-30. Il faut cependant remarquer que ce jus-là servait seulement à aider la fermentation du tabac immédiatement après la cueillette des feuilles, lorsque celles-ci étaient disposées par terre en lits superposés.

    3 Si le tabac en poudre ne pouvait être arrosé d’eau parfumée, on pouvait cependant lui donner différents parfums, de même qu’au tabac grené. Cf. Barbe, Le Parfumeur français, pp. 128-130 : suivant qu’on broyait dans un mortier des grains de musc, de civette ou d’ambre, et qu’on mêlait la poudre ainsi obtenue avec du tabac en poudre, on obtenait du tabac musqué, du tabac à la pointe d’Espagne, du tabac en odeur de Rome, du tabac ambré. On pouvait aussi faire alterner des couches de tabac et de fleurs d’oranger ou de jasmin dans des boîtes de plomb (cf. Edme Baillard, Discours du tabac, p. 88). Mais il est probable que ces préparations particulières s’effectuaient uniquement en Europe et, au demeurant, elle étaient parfois critiquées au nom de la médecine. Cf. M. de Prade, Histoire du tabac, p. 124 : le tabac « qui n’est parfumé qu’une fois avec les fleurs est le plus naturel, le plus agréable et le plus salutaire ; celuy qui est parfumé avec l’ambre, le musc et la civette incommode ceux qui sont sujets aux douleurs de teste, et surtout les femmes hystériques ». Voir aussi Edme Baillard, op. cit., p. 89.

    4 Malgré ce que dit Antonil, le Portugal lui-même n’était pas à l’abri de ces malfaçons, ainsi que le prouve une consulta de la Junta do Tabaco du 8 mars 1699 (A. N. T. T., Junta do Tabaco, maço 5). Deux genres de fraude sur le tabac étaient couramment pratiquées : l’introduction du tabac en contrebande, et le mélange au tabac en poudre de « outras hervas e outros ingredientes ». Ces fraudes étaient dénoncées l’une et l’autre par le prix de vente du tabac en poudre. En effet, si, comme on le signalait alors de différents points du royaume au président de la Junta do Tabaco, le tabac en poudre était vendu à un prix inférieur à celui fixé par le roi, soit à moins de 6 tostões la livre, c’était ou bien parce que le vendeur n’avait pas acheté au prix imposé le rôle de tabac qui avait servi à sa fabrication et, par conséquent, avait acheté du tabac de contrebande, ou bien que, « se o comprou por este preço, fez tal mistura no tabaco que dobrou o pezo delle, pois só assim o pode dar mais barato ». La Junta do Tabaco se préoccupait pourtant beaucoup moins de la mauvaise qualité du tabac que du préjudice causé aux finances royales car, ainsi qu’elle le représentait au roi, « tudo o que nelle se introduzir de mistura he ganancia que à fazenda de Y. M. se tira, pois tudo o que ao tabaco em outras composições se chega a acrecentar, he tabaco que a fazenda de V. M. deixa de vender ». C’est pourquoi la Junta do Tabaco demanda et obtint du roi de faire inculper et punir des peines prévues en cas de détournement de tabac tous ceux qui vendraient ou feraient vendre ce tabac frauduleux (cf. edital du 4 avril 1699, A. N. T. T., Junta do Tabaco, maço 96 A).

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    Antonil, A. J. (1968). Capitulo VII. Como se piza o tabaco; do granido & em pó; & como se lhe dá o cheiro. In A. Mansuy-Diniz Silva (éd.), Cultura e opulencia do Brasil por suas drogas e minas. Paris: Éditions de l’IHEAL. https://doi.org/10.4000/books.iheal.4073
    Antonil, André Joao. « Capitulo VII. Como se piza o tabaco; do granido & em pó; & como se lhe dá o cheiro ». In Cultura e opulencia do Brasil por suas drogas e minas, édité par Andrée Mansuy-Diniz Silva. Paris: Éditions de l’IHEAL, 1968. doi:10.4000/books.iheal.4073.
    Antonil, André Joao. « Capitulo VII. Como se piza o tabaco; do granido & em pó; & como se lhe dá o cheiro ». Cultura e opulencia do Brasil por suas drogas e minas, édité par Andrée Mansuy-Diniz Silva, Éditions de l’IHEAL, 1968, https://doi.org/10.4000/books.iheal.4073.

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    Antonil, A. J. (1968). Cultura e opulencia do Brasil por suas drogas e minas (A. Mansuy-Diniz Silva, éd.). Paris: Éditions de l’IHEAL. https://doi.org/10.4000/books.iheal.3914
    Antonil, André Joao. Cultura e opulencia do Brasil por suas drogas e minas. édité par Andrée Mansuy-Diniz Silva. Paris: Éditions de l’IHEAL, 1968. doi:10.4000/books.iheal.3914.
    Antonil, André Joao. Cultura e opulencia do Brasil por suas drogas e minas. édité par Andrée Mansuy-Diniz Silva, Éditions de l’IHEAL, 1968, https://doi.org/10.4000/books.iheal.3914.
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