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    Plan détaillé Texte intégral I. La fiscalité sur le vin produit et vendu ou la spécificité parisienne II. La fiscalité sur le vin transporté ou la polarisation parisienne III. L’influence de la fiscalité sur les habitants ou le cas des faubouriens C. L’offensive contre ces spécificités avec le mur des Fermiers généraux Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Administrer le privilège : la Ferme générale dans l’espace français et européen 1664-1791

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    La fiscalité royale sur le vin en Île‑de‑France au XVIIIe siècle

    Pierre-Benoît Roumagnou

    p. 179-193

    Texte intégral I. La fiscalité sur le vin produit et vendu ou la spécificité parisienne A. La fiscalité sur la production et sur la vente en gros B. La fiscalité sur la vente au détail C. Les décharges de droits et les privilégiés II. La fiscalité sur le vin transporté ou la polarisation parisienne A. Le vin qui ne faisait que passer en Île‑de‑France B. Le trajet et l’entrée dans le plat pays de Paris C. Une zone de frontière fiscale aux marges de Paris III. L’influence de la fiscalité sur les habitants ou le cas des faubouriens A. La présence de guinguettes comme première spécificité B. La profession de fraudeur comme seconde spécificité C. L’offensive contre ces spécificités avec le mur des Fermiers généraux Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Le vin était un produit de consommation courante sous l’Ancien Régime, dont le commerce concernait tout l’espace français. Sur cette denrée pesaient des impôts seigneuriaux, ecclésiastiques et royaux, qui seuls nous intéressent ici. Cette communication porte en effet sur la fiscalité royale indirecte, largement affermée, et non sur la taille et ses annexes, qui touchaient les vignerons et les cabaretiers.

    2Afin de traiter ce sujet, nous avons choisi un double point d’observation chronologique et spatial. Chronologiquement, le milieu du xviiie siècle se situe en aval de l’ordonnance sur les aides de 1680 ainsi que de ses interprétations, et avant les débuts de la construction du mur des Fermiers généraux. D’un point de vue spatial, nous avons choisi de nous intéresser à l’Île-de-France pour plusieurs raisons. D’abord, cette région produisait du vin, en consommait, en importait depuis d’autres régions, notamment du fait de la présence en son cœur de Paris, capitale économique et sociale du pays, qui connut une extension territoriale au cours de cette période. Ensuite, si l’on considère tous les impôts royaux, Paris représentait 3 % de la population du royaume et versait 10 % des impôts, en particulier en payant les entrées aux portes de la capitale, dont la fiscalité sur le vin faisait partie1. Enfin, c’est autour de Paris que fut édifié le mur des Fermiers généraux, symbolisant aux yeux des contemporains la mainmise des financiers sur les revenus publics. Sous l’Ancien Régime, l’organisation des impôts indirects dépendait alors de trois éléments : le statut des personnes qui produisaient et qui consommaient le vin, les lieux de production et de consommation, et enfin les circulations du produit. Par conséquent, l’objet de la présente communication concerne la place de la fiscalité sur un espace habité, un thème dans lequel la perspective est tout aussi spatiale que sociale.

    3Il s’agit de faire dialoguer des bibliographies qui ne se côtoient pas forcément, puisque deux prismes différents approchent habituellement la fiscalité : le premier consiste à considérer la fiscalité comme un objet, et à s’intéresser à son organisation ainsi qu’à ses mécanismes2 ; le second envisage la fiscalité comme un outil dans une perspective d’histoire sociale. Alors que les travaux sur Paris concernent surtout la fraude et les révoltes à la fin de l’Ancien Régime3, croiser ces deux approches permettra de mieux soupeser la fiscalité comme contrainte et comme condition de possibilité d’une vie économique et sociale autour de Paris. Pour cela, nous mobiliserons d’abord la législation, détaillée dans les textes d’origine royale et synthétisée dans des traités de l’époque, ensuite les documents produits par l’administration des Fermes à usage interne, enfin les documents contenants les réactions des contribuables. Le propos est de montrer qu’en dessinant plusieurs zones en Île-de-France, la fiscalité royale sur le vin fabriqua des espaces sociaux. Afin de suivre les raisonnements du législateur, du personnel des Fermes et des contribuables, il convient de tirer le fil du vin lui-même, en partant de sa production et de sa vente, en passant par son transport, pour comprendre l’organisation fiscale et sociale de l’Île-de-France au xviiie siècle.

    I. La fiscalité sur le vin produit et vendu ou la spécificité parisienne

    A. La fiscalité sur la production et sur la vente en gros

    4La fiscalité s’appuyait sur la connaissance précise de la production vinicole. Pour cela, les commis des Fermes dressaient des « inventaires » de la production de chaque vigneron francilien, paroisse par paroisse, quelques jours après les vendanges et l’entonnement4. En revanche, l’échelle paroissiale ne donnait pas satisfaction pour les faubourgs de Paris. La cellule de base pour chaque faubourg correspondait à un quadrilatère, formé vers l’intérieur d’un côté contigu à la ville, vers l’extérieur du côté opposé, matérialisé ou non par une ligne joignant les bureaux de la ferme, et latéralement de deux côtés ­contigus aux faubourgs voisins.

    5Le principal impôt sur le vin produit et vendu en gros était le « droit de gros », ou plus simplement le « gros5 ». Ce droit correspondait au cinquième du prix de vente, soit 20 %. Lorsque le vendeur déclarait la vente, il le payait au Bureau de la ferme dont sa paroisse relevait6. La déclaration et le paiement se déroulaient devant les commis de la Ferme dans leur Bureau, ouverts de 5 h du matin à midi et de 14 à 20 h d’avril à septembre, et de 7 h à midi et de 14 à 17 h le reste de l’année. Afin de pallier la déclaration d’un prix de vente faible – qui faisait baisser le montant du gros –, le fermier, représenté par ses buralistes, pouvait faire l’achat du vin au prix déclaré. De plus, les commis des fermes étaient autorisés à faire des visites lorsqu’ils le jugeaient nécessaire. À ce gros s’ajoutaient d’autres impôts, qui lui étaient largement reliés, soit dans leur fixation, soit dans leur levée. La règle générale voulait que les droits de gros pour la vente du vin par son fabricant à son acheteur fussent payés dans le « lieu du cru », c’est-à-dire à l’endroit où ce vin avait été cuvé, pressuré et entonné. Évidemment, un lieu pouvait être à la fois exempt de gros et soumis à tel autre impôt relié au gros, mais le principe demeurait analogue.

    6Dans tous les lieux où les droits d’aides avaient cours, il fallait déclarer la vente aux commis avant de procéder au transport par eau ou par terre, et en obtenir un « congé » ou une « lettre de voiture » rédigée par un greffier de justice, un curé ou vicaire, un commis des fermes ou encore un notaire7. Ces documents devaient comporter des renseignements sur le vin, sa qualité, sa quantité, sa provenance, sa destination, son vendeur et son acheteur. De plus, les professionnels du transport devaient recopier non seulement ces informations, mais également les lieux de stockage, sur un registre paraphé par un juge royal.

    7Les vins destinés à l’approvisionnement de la capitale se trouvaient dans une situation spécifique. Aux bureaux des Fermes à l’entrée de Paris, le voiturier du vin devait non seulement exhiber une « lettre de voiture » passée devant une personne publique, notamment un notaire, et non sous seing privé, mais devait également payer à cette occasion le « droit de gros », qui n’était donc pas payé au « lieu du cru ». L’arrêt du Conseil du 10 octobre 1719 mit en place cette organisation. Celle-ci imposait par la suite aux propriétaires des vins qui les vendaient pour l’approvisionnement de la capitale de rapporter aux buralistes du « lieu du cru » la quittance des droits payés aux entrées de Paris sous six semaines.

    B. La fiscalité sur la vente au détail8

    8En plus de la fiscalité pour la vente de vin en gros, il existait également une fiscalité sur le vin vendu en détail, dont la perception nécessitait la connaissance des lieux de débit. Tout nouveau vendeur devait déclarer son activité et placer à la porte de son établissement un « bouchon », c’est-à-dire un signe ad hoc. Ceux qui ne respectaient pas cette double obligation se trouvaient réputés vendre à « muchepot », c’est-à-dire illégalement9. L’ordonnance de 1680 avait fixé le « droit de détail » à 6 lt 15 sols par muid de vin, puis diverses augmentations le firent monter à 10 lt 2 sols 6 deniers à la veille de la Révolution.

    9Parmi ces droits, le principal était le « huitième », dont le taux dépendait de la manière dont le vin était consommé par les clients dans le débit de boissons. Deux situations se présentaient alors : soit le débitant vendait « à pot », c’est-à-dire en pot ou en bouteille, sans permettre aux clients de s’asseoir, soit il vendait « à assiette », c’est-à-dire que ses clients pouvaient s’asseoir autour d’une table et manger. Dans le cas d’un débitant vendant à pot et à assiette, la fixation du huitième s’opérait sur le pied de la vente à assiette.

    10Afin d’éclairer concrètement les possibilités offertes au vigneron francilien pour vivre de son travail, prenons l’exemple de la région de Pontoise durant le second xviiie siècle. Un cabaretier y vendait la pinte de vin 3 sols, soit 42 lt pour un muid. Après avoir payé les impôts susmentionnés, il lui restait 32 lt. En revanche, s’il vendait son vin en gros, il lui restait 25 lt par muid seulement, mais il économisait les frais de tenue d’un débit de boissons.

    C. Les décharges de droits et les privilégiés

    11Cette présentation générale souffrait de nombreuses exceptions en raison de franchises, de décharges et de privilèges reconnus par la monarchie. Au titre de l’approvisionnement de sa maisonnée en vin et des pertes de liquide lors de la fabrication, le producteur de vin bénéficiait d’une décharge totale de gros sur les trois premiers muids de la récolte, puis d’une décharge dégressive jusqu’à 40 muids.

    12Pour l’achat et la vente en détail, il y avait des privilégiés, de quatre types différents. Premièrement, le privilège tenait à leur état et/ou à leur office. Par exemple, les économes des biens d’Église, les nobles, les officiers des cours souveraines de Paris, les secrétaires du roi et les commensaux de la Maison du roi se trouvaient exemptés du gros mais étaient assujettis aux droits qui lui étaient reliés. Évidemment, beaucoup de ces privilégiés habitaient la capitale. Deuxièmement, des communautés possédaient parfois des exemptions. Par exemple, les bourgeois de la ville et du comté d’Auxerre, appartenant à la généralité de Paris, jouissaient de l’exemption du droit de gros (pour la vente en gros) et de l’exemption du huitième (pour la vente au détail) sur le vin vendu par eux dans le lieu de leur domicile. Troisièmement, des lieux bénéficiaient d’une exemption. Par exemple, entre 1687 et 1730, les ventes sur le marché de Mantes les mercredis de chaque semaine bénéficièrent d’une exemption de gros. Quatrièmement, des exemptions dépendaient de la présence de la famille royale – largement installée en Île-de-France depuis le début du xviie siècle. Par exemple, à Saint-Germain-en-Laye, pendant le séjour du roi, de la reine et du dauphin, les habitants ne payaient pas de droits sur le vin en gros ou en détail s’ils résidaient depuis cinq années dans ce lieu.

    13Cette fiscalité sur la production et sur la vente reposait sur une connaissance très fine des volumes des marchandises produites et vendues, ce qui nécessitait donc de pouvoir contrôler le transport en Île-de-France.

    II. La fiscalité sur le vin transporté ou la polarisation parisienne

    A. Le vin qui ne faisait que passer en Île‑de‑France

    14Une partie des vins transportés en Île-de-France n’avaient pas Paris pour destination, mais pouvaient simplement transiter par la capitale. Le « passe-debout » permettait de traverser la capitale en exemption de droits, mais à condition pour les marchands de fournir une caution au Bureau général et, afin de la récupérer par la suite, d’y rapporter des certificats des officiers des ports depuis lesquels le vin fut envoyé à l’étranger, dans un délai proportionnel à la distance entre Paris et ce port. Ils devaient cependant les 45 sols des rivières, les 4 sols pour livre et les droits rétablis. Manifestement, les vins de Bourgogne et de Champagne étaient les plus concernés par ce « passe-debout », puisqu’ils étaient prisés d’une clientèle étrangère et parce que les cours de la Marne et de la Seine menaient naturellement à un port maritime en passant par Paris10. Pour les vins destinés à rester en France après être passés par Paris, les marchands devaient payer les droits analogues à ceux payés pour fournir la ville.

    15De plus, les vins et les eaux-de-vie de l’Orléanais qui traversaient l’élection et/ou la banlieue de Paris furent soumis à des droits qui varièrent au cours du xviiie siècle – au plus élevé de 35 lt 8 s par muid pour les eaux-de-vie. Les voituriers avaient l’obligation d’entrer par Arpajon et à la fin du siècle, des bureaux de sortie furent manifestement fixés : Triel-sur-Seine, Luzarches et Louvres en direction de l’ouest et du nord ; Villeparisis, Bry-sur-Marne et Coubert en direction de l’est. Il s’agissait moins d’empêcher les flux que de les faire passer loin de Paris, afin de ne pas alimenter une éventuelle fraude11. Évidemment, par voie d’eau, la possibilité de contournement n’existait pas. La monarchie et la Ferme se montrèrent tolérantes lors d’épisodes climatiques extrêmes. Par exemple, en 1752 et 1753, la monarchie accorda un passe-debout sans paiement des droits aux vins de Bourgogne destinés à la foire de Rouen.

    B. Le trajet et l’entrée dans le plat pays de Paris

    16Au début du xviiie siècle, la monarchie avait mis en place une commission sur les péages qui aboutit à en supprimer une très large partie, si bien que, par la suite, le franchissement de tel ou de tel cours d’eau se faisait généralement gratuitement.

    17Cependant, certains droits de passage furent maintenus, et placés dans les mains des fermiers. C’était par exemple le cas de celui du « pont de Joigny », qui se situait entre la capitale et les vignobles de Bourgogne. Fixé à 53 sols 9 deniers par muid de vin, ce droit était dû pour la marchandise passant sur et sous le pont, mais aussi à côté. Certaines communautés parisiennes jouissaient d’exemptions partielles. Les commis franciliens non seulement vérifiaient la quittance du paiement aux voituriers dans le plat pays, mais, en cas de doute, pouvaient écrire à leurs collègues de Joigny12.

    18Comme une bonne partie du vin en circulation était destinée aux Parisiens, les entrées de la capitale occupaient une place de choix dans la réglementation. La monarchie organisa les entrées de Paris en trois temps. Le premier temps fut l’ordonnance des aides de juin 1680, qui réunit tous les droits sur les boissons aux entrées de la ville et de ses faubourgs. Le deuxième temps fut l’arrêt du Conseil du 10 octobre 1719, qui imposa la levée de ces droits dans des bureaux aux entrées de la ville et non plus à l’intérieur. Cette mesure portait l’idée d’une ligne fiscale séparant deux espaces : d’un côté, l’intérieur de la ville où, pour faire entrer du vin, il fallait se soumettre aux entrées ; d’un autre côté, le reste de la généralité de Paris, avec le régime sur le gros que nous avons décrit plus haut. Le troisième temps fut les lettres patentes du 27 mars 1731, qui autorisèrent le fermier des aides du plat pays de Paris à percevoir les droits de gros et d’augmentation dus, non pas au lieu de destination, mais dans les premiers bureaux à l’entrée du plat-pays. À l’arrivée aux portes de Paris, le destinataire devait alors soit simplement représenter aux commis la quittance de paiement de ces droits payés sur la route, soit tout payer si cela n’avait pas été fait. Par conséquent, pour les vins arrivés de l’extérieur, les limites extérieures de Paris et du plat pays formaient une forme de zone fiscale13. Toutefois, même à l’intérieur du plat pays, il existait des exceptions fiscales, comme les paroisses de La Pissotte, Montreuil, Vincennes et Fontenay, exemptes du droit de gros.

    19Ainsi, même sans présenter toutes les particularités locales, on remarque qu’au cours de la première moitié du xviiie siècle, la monarchie et la Ferme organisèrent au moins trois espaces en Île-de-France : Paris et ses faubourgs, le plat-pays uni par le même régime fiscal, et les espaces extérieurs au plat pays fiscal (dont certains se trouvent à l’intérieur de ce plat-pays). Comment les limites entre ces zones s’organisaient‑elles ?

    C. Une zone de frontière fiscale aux marges de Paris

    20Des règlements précis encadraient les flux de vin aux portes de la capitale, par eau ou par terre. D’abord, l’arrivée ne pouvait se faire que durant la période d’ouverture des bureaux, c’est-à-dire aux moments où les commis se trouvaient les plus nombreux, à savoir de 5 h à 20 h de début avril à fin septembre, et de 5 h à 17 h aux autres mois de l’année. Ensuite, la provenance du vin dictait les barrières par lesquelles il pouvait entrer. Par exemple, des vins venant de la direction de Bar-sur-Aube (généralité de Châlons) devaient entrer dans Paris en passant par les barrières Saint-Martin ou Rambouillet. Des vins venant de la direction de Bourg-la-Reine (dans le plat pays de Paris) devaient entrer dans la capitale en passant par la barrière d’Enfer14. Il existait une proportionnalité entre le volume du vin venu d’une région donnée et le nombre ainsi que la taille des bureaux susceptibles de le contrôler et de le faire entrer. De plus, imposer aux vins de telle région de passer par telle barrière permettait aux commis de bien maîtriser les subtilités fiscales locales. Enfin, dans certaines barrières, la marchandise était inspectée, alors que dans d’autres, les droits étaient payés15. Ces droits représentaient 50 % du prix du vin à l’intérieur de la capitale16. Du fait des différents types de bureaux, il n’existait pas de frontière fiscale sous la forme d’une ligne aux portes de Paris. De plus, les commis aux barrières pouvaient suivre à l’intérieur de Paris une cargaison de vin suspecte même après un contrôle17. À cet espace urbain s’en ajoutent trois autres.

    21Premier espace : les espaces faubouriens à l’intérieur de la ligne tracée par les bureaux. Si les vendanges effectuées dans cet espace étaient converties en vin et consommées par leur propriétaire, ou bien vendues en gros à un habitant du même faubourg, les droits d’entrée n’étaient pas dus. En revanche, si ce même vin était vendu en détail ou vendu ailleurs que dans ce faubourg, les droits étaient dus. Malgré la mesure de 1719, à l’intérieur même de Paris, il existait donc deux sortes de limites fiscales pour le vin produit : la première correspondait aux limites du faubourg de production, et la seconde correspondait à la destination du vin lui-même, une consommation personnelle ou au détail.

    22Deuxième espace : les « maisons détachées », c’est-à-dire les quartiers parisiens situés au-delà des bureaux et des barrières des entrées de Paris. Le vin apporté depuis l’extérieur vers ces « maisons détachées » était soumis aux entrées de Paris. Les habitants de ces espaces situés hors des barrières devaient déclarer, représenter les documents ad hoc et payer des droits au bureau le plus proche de leur demeure. De même, les droits de gros et de détail étaient dus par ces espaces, puisqu’ils n’avaient pas été réunis à ceux d’entrée, comme ce fut le cas pour la ville et les faubourgs, par les lettres patentes de 1719. Ce gros se trouvait « modéré » par le fermier en toute connaissance de cause : s’il générait moins de rentrées d’argent, il permettait en revanche une économie de personnel.

    Tableau 1. Les « maisons détachées » de Paris

    Noms des maisons Paroisses d’où elles dépendent Barrière voisine Autre barrière voisine
    Chaillot Saint-Pierre-de-Chaillot La Conférence La Grille des Champs-Élysées
    La Villette (en partie) Saint-Laurent Saint-Martin
    La Rapée Sainte-Marguerite La Rapée
    La Nouvelle-France Montmartre Sainte-Anne Montmartre
    La Courtille Belleville Le Temple
    La Pologne Clichy-la-Garenne La Ville-l’Évêque
    Le Gros-Caillou Paroisse du Gros-Caillou Grenelle Saint-Dominique
    Les Porcherons Montmartre La Blanche
    Le Marché aux Chevaux Saint-Médard Saint-Victor
    Le Petit-Montrouge Saint-Jacques D’Enfer

    Source : AN, G2 197, dossier 44.

    23Ces mêmes habitants possédaient parfois des vignes en dehors de ces maisons détachées. Leur vin ne devait ni le gros ni l’augmentation. S’il arrivait par terre, ils devaient consigner les droits au bureau des entrées le plus proche. Ils avaient alors quinze jours pour apporter au Bureau général les titres de leur propriété et la quittance de cette consigne, afin de récupérer la somme ; au-delà, la somme était perdue. Ce vin arrivant par eau passait par le Bureau général, où l’on pouvait directement faire la vérification de la propriété et du vin ; aucune consignation n’était donc nécessaire.

    24Troisième espace : la limite des trois lieues, soit environ 11-12 km au-delà des faubourgs où les règlements défendaient la constitution d’entrepôt de vin18. Puisque Paris s’étendit au cours du xviiie siècle, on peut supposer, sans certitude, que les contemporains percevaient cette limite comme roulante. Fixée de la sorte en 1680, la monarchie se montra plus souple dès les lettres patentes du 27 mars 1731, afin de favoriser le commerce. Par exemple, les voituriers qui faisaient descendre du vin sur la Seine ou la Marne furent autorisés à le faire décharger dans les ports de Choisy, l’Anglois, Charenton, les Carmes et autres, tous situés à moins de trois lieues des faubourgs de la capitale.

    25Finalement, bien plus qu’une ligne aux portes de la capitale, se sont ­constituées des zones, c’est-à-dire des espaces habités modelés par la fiscalité.

    III. L’influence de la fiscalité sur les habitants ou le cas des faubouriens

    A. La présence de guinguettes comme première spécificité

    26Pour donner une idée de la différence de prix du vin au détail pour les clients, et donc aussi pour les vendeurs, la pinte de vin coûtait entre 12 et 15 sols dans Paris, et les clients qui s’y retrouvaient habitaient bien souvent le même quartier19 ; elle coûtait environ 4 à 6 sols dans les environs de Paris, dans des établissements où venaient les Autochtones mais aussi des Parisiens ; enfin, elle coûtait environ 3 sols dans des villages franciliens très éloignés de Paris20. Les débits de boissons qui se trouvaient au-delà des barrières mais non loin de Paris et de sa clientèle bénéficiaient donc d’une rente de situation. De plus, la Ferme poussait aux ouvertures de débits de boissons, ce qui lui rapportait notamment des « droits de bouchon21 ».

    27Les Parisiens fréquentaient donc facilement ces établissements lors des jours chômés, c’est-à-dire lors des fêtes, les dimanches et de plus en plus les lundis au cours du xviiie siècle. Leur venue s’intégrait dans un circuit de promenade : ils venaient pour boire du vin, pas seulement de piètre qualité, mais aussi pour écouter de la musique, danser, jouer à l’intérieur et à l’extérieur. Ces débits de boissons étaient donc des cabarets de quartier et de village la semaine et des guinguettes les dimanches, lundis et jours de fête22. Le plus fameux reste le Tambour royal, tenu par Jean Ramponneau à partir du milieu du xviiie siècle. Il se situait à la Courtille, à l’angle de la rue Saint-Maur et du chemin des Moulins qui menait à Belleville. Alors que sa cave pouvait contenir 165 pièces de vin, son rez-de-chaussée comportait une boutique servant d’antichambre à l’établissement, puis une salle de cabaret avec un comptoir ainsi que des tables et des bancs. Il comprenait également des salles à l’étage. Rempli, l’établissement pouvait sans doute accueillir un millier de clients.

    28Les établissements aussi vastes n’étaient pas les seuls. Il en existait aussi de plus modestes, de toutes les tailles en fait, depuis ceux des plus grands marchands de vin, comme Ramponneau, ou les Magny23, jusqu’à de très modestes, d’une pièce chez un vigneron. En outre, certains vignerons franciliens, plutôt que de vendre leur vin en gros, venaient le vendre au détail dans des débits de boissons aux portes de Paris. Par exemple, à la fin de l’Ancien Régime, des habitants de Passy louaient leur maison à 38 vignerons qui vivaient dans 12 paroisses situées plus à l’ouest et plus au nord. Les loyers étaient ­proportionnels au vin vendu24.

    29Ces nombreux débits de boissons aux portes de la ville engendraient une concentration de professions. Les cabaretiers, tout d’abord, qui étaient nombreux en valeur absolue et relative25 Certains d’entre eux, ensuite, exerçaient également comme vignerons, ou bien en comptaient dans leurs relations ; la première femme de Ramponneau était ainsi originaire d’une famille de vignerons de Taverny26. Enfin, il fallait engager des serveurs dans ces guinguettes, notamment pour les dimanches, les lundis et les jours de fête27. Le serveur et le marchand de vin aux portes de Paris constituèrent, dès lors, un type social de cette zone de frontière fiscale.

    B. La profession de fraudeur comme seconde spécificité

    30Au début du xviiie siècle, le paiement des droits d’octroi entraîna un doublement du prix du vin et, après de multiples augmentations, un triplement de sa valeur à la veille de la Révolution28. À cela, il faut ajouter que de grandes quantités de vin séjournaient dans les caves des guinguettes. Tous ces éléments ne pouvaient qu’alimenter la fraude fiscale.

    31Après le constat d’une infraction par les commis, on constatait une gradation dans leur intervention et dans les réactions des fautifs : tout d’abord, des échanges verbaux avaient lieu, tenus par définition en dehors des procès-­verbaux, mais pas des journaux de tournée du personnel de la ferme29 ; ensuite, lorsque ces échanges n’étaient pas suffisants, les commis pouvaient condamner à une amende, payée ou accommodée avec l’aval de leur hiérarchie30 ; enfin, et seulement en cas de refus total et de voies de fait, un procès-verbal de rébellion – stéréotypé pour être recevable en justice – était dressé31.

    32Il reste que ces procès-verbaux de rébellion constituent notre source d’information la plus volumineuse, et qu’au prisme des relations entre la règle, les commis et les contribuables, ils fournissent des indications fort utiles, en particulier concernant la défiance – au moins momentanée – entre les uns et les autres. Certains dénoncèrent des violences gratuites de commis à leur endroit32. Inversement, dans ces documents, les commis sont injuriés et traités de « rats de cave33 », et parfois même, à l’opposé, de « chats34 ». Lorsque les relations s’échauffaient, des passants et des voisins ne manquaient pas de s’attrouper, pour regarder, voire pour embrasser un parti – rarement celui des commis. Ces derniers pouvaient se montrer violents sans raison apparente. Grâce à leur serment en justice, ils étaient crus. Restait alors aux personnes mises en cause à fournir la preuve de leur innocence et de la violence gratuite des commis, en portant plainte devant le tribunal local pour dénoncer leurs méthodes et leur violence35, ou en s’inscrivant en faux contre un procès-verbal devant le tribunal de l’élection de Paris36.

    33Contestés ou non, ces procès-verbaux de rébellion demeurent nos seuls documents de première main sur la fraude. En proportion, beaucoup portent sur la zone aux marges de la capitale présentée plus haut, et concernent de près ou de loin des marchands de vin, leurs proches, leur personnel, leurs connaissances et leurs chartiers. Certains de ces individus sont qualifiés dans ces procès-verbaux de « fraudeurs de profession37 », d’« entrepreneur de fraude38 » ou encore de « fraudeurs connus39 ». Parmi eux se trouvaient des commis renvoyés40, ou des commis encore en exercice et alors démasqués41. Le grand nombre de fraudeurs explique le volume des procès-verbaux enregistrés, en même temps que la présence des commis permit d’enregistrer autant de fraudes.

    34Ces personnes fraudaient souvent dans les mêmes lieux où les commis les suivaient ou les y attendaient42. Il s’agissait notamment des marais qui donnaient d’un côté sur le plat pays et d’un autre côté dans la capitale. De même, des rues permettaient de contourner les bureaux de l’octroi, tandis que des galeries souterraines servaient à faire passer des marchandises en fraude de droit. Placée dans une forme de continuité entre pratiques légales de transport et de vente et pratique illégales, la fraude constituait une profession dans les environs immédiats de Paris. Il fallait s’affairer : vider et remplir des contenants, marcher, escalader, ramper, courir, faire de faux documents et savoir les mobiliser. Il fallait en outre maîtriser tous les recoins du tissu urbain d’un faubourg, connaître des habitants du voisinage, voire des commis. Il fallait respecter des horaires, puisque les passages nocturnes facilitaient la dissimulation. Cette activité rapportait aussi de l’argent, sans doute davantage aux vendeurs et aux acheteurs du vin, qui pouvaient être des tenanciers de guinguette et de cabaret, qu’aux « mules » qui le transportaient effectivement.

    C. L’offensive contre ces spécificités avec le mur des Fermiers généraux

    35Ces activités motivèrent la construction du mur des Fermiers généraux à partir des années 1780. Le tracé ceignait Paris et une partie des environs qui en avaient été exclus auparavant. Des tenanciers de cabaret et/ou de guinguette perdirent alors avantage fiscal concurrentiel vis-à-vis des débitants parisiens. Ils se regroupèrent dans une sorte de syndicat en janvier 1789 afin de mieux se faire entendre, en partie en vain43. En revanche, ils ne firent pas observer que ce projet de mur leur retirait la possibilité de participer de près ou de loin aux trafics frauduleux. Ceux qui fournissaient des points de passage, côté jardin à l’extérieur vers le côté ville, s’en trouvèrent également pour leurs frais44. La monarchie bouleversa alors le monde social des environs de Paris.

    36Or, les émeutes du début du mois de juillet 1789 commencèrent le long des barrières du nord de la capitale, c’est-à-dire aux endroits où la contrebande avait été, sinon la plus volumineuse, du moins la plus enregistrée par les commis, là où le tracé du mur faisait perdre le plus nettement aux guinguettes leur avantage spatialo-fiscal. De plus, ces émeutes contre les barrières mobilisèrent beaucoup des cabaretiers et des individus présentés dans la documentation comme des fraudeurs professionnels45. Nous avançons donc l’hypothèse que ces émeutes avaient des causes économiques et sociales connectées aux régimes fiscaux des environs immédiats de la capitale. Cette hypothèse interprétative des émeutes n’exclut pas les autres.

    Conclusion

    37Pour pouvoir imposer le vin, la monarchie et la Ferme durent enregistrer et surveiller sa production, sa circulation et sa vente. De plus, sans cesse à court d’argent, l’État augmenta les impôts au cours du xviiie siècle et modifia les lieux de leur perception pour des raisons pratiques. Ces augmentations et ces spatialisations contribuèrent à fabriquer différentes zones fiscales, économiques et sociales aux portes de Paris, symbolisées par la présence de guinguettes et de contrebandiers. Le changement de règles intervenu à partir de la construction du mur des Fermiers généraux tendit ainsi la société faubourienne et banlieusarde, qui manifesta alors son mécontentement contre ces nouvelles barrières à partir du 12 juillet 1789.

    Notes de bas de page

    1Sur la spécificité de la fiscalité parisienne, voir Lefebvre de La Bellande, Traité général des droits d’aides, 2 vol., Paris, Pierre Prault, 1760. Sauf mention contraire, les renseignements apportés dans les développements qui suivent proviennent de cet ouvrage. Voir également Mireille Touzery, Payer pour le roi. La fiscalité monarchique. France 1302-1792, Ceyzérieu, Champ Vallon, 2024, p. 404.

    2Nous connaissons bien la fiscalité sur le vin pour la région de Pontoise (Marcel Lachiver, Vin, vigne et vignerons en région parisienne du xviie au xixe siècle, Pontoise, Société historique et archéologique de Pontoise, du Val-d’Oise et du Vexin, 1982). Nous possédons aussi un tour d’horizon des entrées de la capitale avant le mur des Fermiers généraux, avec des éclairages pour différentes marchandises ; voir Nicolas Lyon-Caen, « Les barrières de l’octroi de Paris au xviiie siècle avant le mur des Fermiers généraux », dans Anne Conchon, Hélène Noizet, Michel Ollion (dir.), Les limites de Paris xiie‑xviiie siècle, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2017, p. 77‑92, qui nuance Roger Dion, Histoire de la vigne et du vin en France, des origines au xixe siècle, Paris, CNRS Éditions, 2010 (1re ed. Sevin et compagnie, 1959).

    3Momcilo Markovic, Paris brûle ! L’incendie des barrières de l’octroi en juillet 1789, Paris, L’Harmattan, 2019. Autre type de fraude, qui ne nous intéresse pas ici, celle sur la qualité des produits : Reynald Abad, « La fraude dans le commerce et l’approvisionnement alimentaires de Paris au xviiie siècle. Aperçu d’ensemble et étude du cas des vins frelatés », dans Gérard Béaur, Hubert Bonin, Claire Lemercier (dir.), Fraude, contrefaçon, contrebande de l’Antiquité à nos jours, Genève, Droz, 2006, p. 539‑561.

    4Pour vendre et transporter de la marchandise entre les vendanges et la visite d’inventaire, il fallait la déclarer, sous peine d’être sanctionné. Cette infraction a été constatée par les commis ; voir Archives nationales (désormais AN), Z1G 204, Procès-verbal du 8 octobre 1780 dans la paroisse de Groslay (Val-d’Oise).

    5Cet impôt pouvait frapper la vendange sur le pied de 3 muids de vendanges pour 2 muids de vin.

    6Cela permettait à la Ferme d’avoir une idée précise du volume produit et du prix paroisse par paroisse : AN, Z1G 194, par exemple pour les paroisses dépendant de la direction de Saint-Denis [Seine-Saint-Denis] en 1734.

    7Voir la présentation de Céline Drand, « Les lettres de voiture dans les ouvrages de l’ancien droit français xviie‑xviiie siècle », dans Clio Themis. Revue électronique d’histoire du droit, 17, 2019, https://journals.openedition.org/cliothemis/410. Pour le cas de l’approvisionnement alimentaire de Paris : Fabrice Poncet, « Une source pour l’approvisionnement et la consommation de Paris sous l’Ancien Régime : les lettres de voiture », dans Nicolas Marty, Antonio Escudero (dir.), Consommateurs et consommation xviie‑xxie siècle. Regards franco-espagnols, Perpignan, Presses universitaires de Perpignan, 2015, p. 127‑147, https://books.openedition.org/pupvd/5540.

    8M. Lachiver, op. cit., p. 251‑257.

    9Il existe de multiples exemples de procès-verbaux dressés par des commis des fermes : AN, Z1G 185, Procès-verbal, 28 décembre 1769 et information de témoins, 9 janvier 1770 dans la paroisse d’Essonnes [Essonne] ; Procès-verbal dans la paroisse du Coudray [Essonne], 27 décembre 1763 ; Procès-verbal dans la paroisse de Torcy [Seine-et-Marne], 28 décembre 1766 ; AN, Z1G 190, Procès-verbal dans la paroisse de Villetaneuse [Seine-Saint-Denis], 27 février 1773 ; AN, Z1G 191, Procès-verbal dans la paroisse de Villeneuve-Saint-Georges [Val-de-Marne], 14 octobre 1753 ; AN, Z1G 196, Procès-verbal dans la paroisse de Lisse [Essonne], 26 mai 1771 ; Procès-verbal dans la paroisse de Brie-Comte-Robert [Seine-et-Marne], 22 octobre 1722 ; Procès-verbal dans la paroisse ­d’Épinay [Seine-Saint-Denis], du 27 avril 1760 ; Procès-verbal dans la paroisse de La Villette [Paris], du 29 février 1756.

    10Le rôle des courtiers pour le commerce national et international des vins de Bourgogne est connu depuis les travaux de Thomas Brennan, Burgundy to Champagne: The Wine Trade in Early Modern France, Baltimore-Londres, The Johns Hopkins University Press, 1997.

    11AN, G2 197, dossier 58.

    12AN, Z1G 202, Procès-verbal et pièces suivantes à propos d’un convoi de vin en provenance de Bourgogne arrêté à Maisons-Alfort [Val-de-Marne], 7 janvier 1777.

    13Exemple de contrôle aux portes de Paris d’une quittance d’entrée dans le plat-pays délivrée à Arpajon [Essonne] : AN, Z1G 216, Procès-verbal, 1er octobre 1788.

    14Liste complète dans AN, G2 197, dossier 44.

    15Nous renvoyons à l’article de Momcili Markovic dans ce volume : « Les barrières fiscales dans l’espace parisien au xviiie siècle : le mur virtuel avant le mur réel ». Sur le personnel, voir Vida Azimi, Un modèle administratif de l’Ancien Régime. Les commis de la Ferme générale et de la Régie générale des aides, Paris, CNRS Éd., 1987, p. 37‑38 et 69‑172.

    16A. de Saint-Julien, G. Bienaymé, Les droits d’entrée et d’octroi à Paris depuis le xiie siècle, Paris, Impr. nationale, 1886, p. 4‑7.

    17Par exemple, AN, Z1G 209, Procès-verbal, 13 janvier 1785 : suspicieux, des commis aux carrières de Charenton (extérieur de Paris, à l’est) décidèrent de laisser passer tout en le suivant un voiturier, ce qui les mena jusqu’aux Porcherons (intérieur de Paris, au nord-ouest).

    18Exemple à la fois révélateur et amusant : pour découvrir l’entrepôt illégal de Gabriel Baudouin, marchand de vin de la rue Mouffetard, les commis libérèrent ses chevaux de leurs harnais, ce qui poussa les bêtes à suivre un itinéraire connu, celui dudit entrepôt, faubourg Saint-Honoré. Le même jour et dans le cadre de la même affaire, les commis utilisèrent le même procédé pour découvrir un nouvel entrepôt à Bourg-la-Reine : AN, Z1G 190, Procès-verbal, 20 juillet 1750.

    19T. Brennan, Public Drinking and Popular Culture in Eighteenth-Century Paris, Princeton, Princeton University Press, 1988 ; David Garrioch, Neighbourhood and Community in Paris 1740-1790, Cambridge, Cambridge University Press, 1986.

    20M. Lachiver, op. cit., p. 257 et 267‑269.

    21AN, G2 37, dossier 24, Journal d’un receveur de Saint-Denis en 1777, dans lequel on lit pour le mercredi 12 [?] : « [je me suis] rendu à Stains j’y ai également exercé les cabaretiers et répété dans ce pays les démarches déjà faites pour engager les vignerons à vendre en détail ».

    22Pierre-Benoît Roumagnou, « A City in Steps: Daily Movements around Paris during Seventeenth and Eighteenth Centuries », dans Eleonora Canepari (dir.), Moving Around in Town: Practices, Pathways and Contexts of Intra-Urban Mobility from 1600 to the Present Day, Rome, Viella, 2019, p. 181‑194.

    23Sur Magny et sur Ramponneau : Michèle Viderman, Jean Ramponneau, Parisien de Vignol, Paris, L’Harmattan, 1998, p. 27‑89.

    24Du point de vue des habitants de Passy et de la Ferme : Anne-Marie Armelin, « Les Marchands de vin de Passy et la Ferme générale 1789-1790 », dans Bulletin de la Société de l’histoire de Paris et de l’Île-de-France, t. 84‑86, 1957‑1959, p. 51‑64, en particulier p. 54. Du point de vue des vignerons : M. Lachiver, op. cit., p. 272‑276.

    25P.-B. Roumagnou, « La pinte de vin. Police des guinguettes et développement économique autour de Paris au xviiie siècle », dans Marguerite Figeac-Monthus, Stéphanie Lachaud-Martin (dir.), Ville et vin en France et en Europe du xve siècle à nos jours, Bordeaux, Presses universitaires de Nouvelle-Aquitaine, La Geste, 2021, p. 204‑215, en particulier p. 209‑212.

    26M. Viderman, op. cit., p. 17‑23.

    27Voir par ex. Jacques-Charles Donze (aut.), Hélène Parent (éd. critique), « La Fille séduite et heureuse ». Exhumation du manuscrit d’un suicidaire, joint à une procédure criminelle de 1785, Paris, Société française d’étude du dix-huitième siècle, 2023, p. 59.

    28T. Brennan, « Beyond the Barriers: Popular Culture and Parisian Guinguettes », dans Eighteenth-Century Studies, vol. 18, n° 2, hiver 1984-1985, p. 153‑169 pour les comparaisons qui suivent entre les « cabarets » de Paris et les « guinguettes » de banlieue, et en particulier p. 154 pour ce chiffre.

    29Par exemple, sur les relations entre vignerons et commis et sur l’influence tacite de ces derniers : « ce n’est que par de fréquentes démarches faites depuis l’inventaire chez Louis Compraint le jeune, le plus fort vigneron de Saint-Ouen, et en insistant que je suis parvenu à accélérer sa déclaration de vente en détail », écrit le receveur fiscal : AN, G2 37, dossier 24, Journal d’un receveur de Saint-Denis en 1777.

    30AN, G2 197, dossier 48, Accommodements de 1787 pour la direction d’Argenteuil.

    31Cf. les innombrables procès-verbaux de rébellion contre les commis dans AN, Z1G 184‑217.

    32Par exemple : AN, Z1G 208, Procès-verbal, 29 avril 1786, un marchand de vin de La Courtille, se présentant comme toujours en règle, avait vu son cabaret investi par 30 commis déchaînés ; AN, Z1G 209, Procès-verbal, 24 mai 1785, après l’agression du plaignant par des commis quai de la Rapée ; AN, Z1G 209, Procès-verbal, 4 novembre 1785, d’un occupant de marais contre des commis qui y étaient cachés ; AN, Z1G 210, Procès-verbal, 15 septembre 1785, contre un commis qui avait insulté le plaignant, alors à d’autres occupations dans la rue.

    33AN, Z1G 185, Procès-verbal, 27 décembre 1763.

    34AN, Z1G 216, Procès-verbal, 7 octobre 1788.

    35Exemple de plainte déposée devant le bailliage de Montmartre, puis renvoyée devant l’élection de Paris : AN, Z1G 200, Procès-verbal, 22 août 1786.

    36Exemple dans AN, Z1G 202, d’une inscription de faux contre un procès-verbal produit par des commis de la barrière de Charenton, puisque ces derniers n’avaient pas sommé la femme de Jacques Henri Dupré, vigneron à Paris, lors présente, de goûter avec eux pour constater la qualité du liquide en question.

    37Par exemple AN, Z1G 216, Procès-verbal, 10 octobre 1788.

    38AN, Z1G 217, Rapport d’une visite faite dans la nuit du 17 au 18 septembre 1789.

    39AN, Z1G 189, Procès-verbal, 20 avril 1770.

    40Par exemple un dénommé Lefevre, renvoyé pour « faute grave », selon ses dires, rapportés dans AN, Z1G 209, Procès-verbal, 6 octobre 1788.

    41AN, G2 179, dossier 11, Condamnation contre des commis de la barrière du Temple qui se livraient à des fraudes aux entrées.

    42Par exemple : AN, Z1G 210, Procès-verbal, 13 septembre 1785, pour un « passage assez commun des fraudeurs » à La Courtille ; Procès-verbal, 23 juillet 1785, pour des commis dans un marais, attendant le passage de fraudeur ; Procès-verbal, 8 janvier 1785 ; AN, Z1G 216, Procès-verbal, 16 octobre 1788.

    43Jean Chagniot, Nouvelle histoire de Paris. Paris au xviiie siècle, Paris, Hachette, 1988, p. 250‑251.

    44Lors des achats de terrains par la monarchie pour construire le mur, il ne faut pas sous-estimer la capacité que certains eurent à exiger et à en obtenir de jolies sommes.

    45À partir des données fournies par Momcilo Markovic (« La Révolution aux barrières : l’incendie des barrières de l’octroi à Paris en juillet 1789 », dans Annales historiques de la Révolution française, n° 372, 2013‑2, p. 27‑48, en particulier p. 38‑40), nous proposons de relier nos analyses sur la société faubourienne/banlieusarde.

    Auteur

    • Pierre-Benoît Roumagnou

      Agrégé d’histoire, docteur de Sorbonne Université, enseignant dans l’académie de Versailles, Pierre-Benoît Roumagnou s’intéresse à l’histoire de la police et de la justice de Paris et de ses environs aux xviie et xviiie siècles. Il est l’éditeur, avec Hélène Parent, de l’ouvrage de Jacques-Charles Donze, « La Fille séduite et heureuse ». Exhumation du manuscrit d’un suicidaire joint à une procédure criminelle de 1785, Paris, Société française d’étude du dix-huitième siècle, 2023. Il est aussi l’auteur de Dans l’orbite de Paris. Les habitants de la banlieue et la justice (v. 1670‑v. 1789), Paris, Classiques Garnier, 2020, et de Traquer. La police parisienne et les protestants en 1685, Paris, Presses universitaires de France, 2024.

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    1Sur la spécificité de la fiscalité parisienne, voir Lefebvre de La Bellande, Traité général des droits d’aides, 2 vol., Paris, Pierre Prault, 1760. Sauf mention contraire, les renseignements apportés dans les développements qui suivent proviennent de cet ouvrage. Voir également Mireille Touzery, Payer pour le roi. La fiscalité monarchique. France 1302-1792, Ceyzérieu, Champ Vallon, 2024, p. 404.

    2Nous connaissons bien la fiscalité sur le vin pour la région de Pontoise (Marcel Lachiver, Vin, vigne et vignerons en région parisienne du xviie au xixe siècle, Pontoise, Société historique et archéologique de Pontoise, du Val-d’Oise et du Vexin, 1982). Nous possédons aussi un tour d’horizon des entrées de la capitale avant le mur des Fermiers généraux, avec des éclairages pour différentes marchandises ; voir Nicolas Lyon-Caen, « Les barrières de l’octroi de Paris au xviiie siècle avant le mur des Fermiers généraux », dans Anne Conchon, Hélène Noizet, Michel Ollion (dir.), Les limites de Paris xiie‑xviiie siècle, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2017, p. 77‑92, qui nuance Roger Dion, Histoire de la vigne et du vin en France, des origines au xixe siècle, Paris, CNRS Éditions, 2010 (1re ed. Sevin et compagnie, 1959).

    3Momcilo Markovic, Paris brûle ! L’incendie des barrières de l’octroi en juillet 1789, Paris, L’Harmattan, 2019. Autre type de fraude, qui ne nous intéresse pas ici, celle sur la qualité des produits : Reynald Abad, « La fraude dans le commerce et l’approvisionnement alimentaires de Paris au xviiie siècle. Aperçu d’ensemble et étude du cas des vins frelatés », dans Gérard Béaur, Hubert Bonin, Claire Lemercier (dir.), Fraude, contrefaçon, contrebande de l’Antiquité à nos jours, Genève, Droz, 2006, p. 539‑561.

    4Pour vendre et transporter de la marchandise entre les vendanges et la visite d’inventaire, il fallait la déclarer, sous peine d’être sanctionné. Cette infraction a été constatée par les commis ; voir Archives nationales (désormais AN), Z1G 204, Procès-verbal du 8 octobre 1780 dans la paroisse de Groslay (Val-d’Oise).

    5Cet impôt pouvait frapper la vendange sur le pied de 3 muids de vendanges pour 2 muids de vin.

    6Cela permettait à la Ferme d’avoir une idée précise du volume produit et du prix paroisse par paroisse : AN, Z1G 194, par exemple pour les paroisses dépendant de la direction de Saint-Denis [Seine-Saint-Denis] en 1734.

    7Voir la présentation de Céline Drand, « Les lettres de voiture dans les ouvrages de l’ancien droit français xviie‑xviiie siècle », dans Clio Themis. Revue électronique d’histoire du droit, 17, 2019, https://journals.openedition.org/cliothemis/410. Pour le cas de l’approvisionnement alimentaire de Paris : Fabrice Poncet, « Une source pour l’approvisionnement et la consommation de Paris sous l’Ancien Régime : les lettres de voiture », dans Nicolas Marty, Antonio Escudero (dir.), Consommateurs et consommation xviie‑xxie siècle. Regards franco-espagnols, Perpignan, Presses universitaires de Perpignan, 2015, p. 127‑147, https://books.openedition.org/pupvd/5540.

    8M. Lachiver, op. cit., p. 251‑257.

    9Il existe de multiples exemples de procès-verbaux dressés par des commis des fermes : AN, Z1G 185, Procès-verbal, 28 décembre 1769 et information de témoins, 9 janvier 1770 dans la paroisse d’Essonnes [Essonne] ; Procès-verbal dans la paroisse du Coudray [Essonne], 27 décembre 1763 ; Procès-verbal dans la paroisse de Torcy [Seine-et-Marne], 28 décembre 1766 ; AN, Z1G 190, Procès-verbal dans la paroisse de Villetaneuse [Seine-Saint-Denis], 27 février 1773 ; AN, Z1G 191, Procès-verbal dans la paroisse de Villeneuve-Saint-Georges [Val-de-Marne], 14 octobre 1753 ; AN, Z1G 196, Procès-verbal dans la paroisse de Lisse [Essonne], 26 mai 1771 ; Procès-verbal dans la paroisse de Brie-Comte-Robert [Seine-et-Marne], 22 octobre 1722 ; Procès-verbal dans la paroisse ­d’Épinay [Seine-Saint-Denis], du 27 avril 1760 ; Procès-verbal dans la paroisse de La Villette [Paris], du 29 février 1756.

    10Le rôle des courtiers pour le commerce national et international des vins de Bourgogne est connu depuis les travaux de Thomas Brennan, Burgundy to Champagne: The Wine Trade in Early Modern France, Baltimore-Londres, The Johns Hopkins University Press, 1997.

    11AN, G2 197, dossier 58.

    12AN, Z1G 202, Procès-verbal et pièces suivantes à propos d’un convoi de vin en provenance de Bourgogne arrêté à Maisons-Alfort [Val-de-Marne], 7 janvier 1777.

    13Exemple de contrôle aux portes de Paris d’une quittance d’entrée dans le plat-pays délivrée à Arpajon [Essonne] : AN, Z1G 216, Procès-verbal, 1er octobre 1788.

    14Liste complète dans AN, G2 197, dossier 44.

    15Nous renvoyons à l’article de Momcili Markovic dans ce volume : « Les barrières fiscales dans l’espace parisien au xviiie siècle : le mur virtuel avant le mur réel ». Sur le personnel, voir Vida Azimi, Un modèle administratif de l’Ancien Régime. Les commis de la Ferme générale et de la Régie générale des aides, Paris, CNRS Éd., 1987, p. 37‑38 et 69‑172.

    16A. de Saint-Julien, G. Bienaymé, Les droits d’entrée et d’octroi à Paris depuis le xiie siècle, Paris, Impr. nationale, 1886, p. 4‑7.

    17Par exemple, AN, Z1G 209, Procès-verbal, 13 janvier 1785 : suspicieux, des commis aux carrières de Charenton (extérieur de Paris, à l’est) décidèrent de laisser passer tout en le suivant un voiturier, ce qui les mena jusqu’aux Porcherons (intérieur de Paris, au nord-ouest).

    18Exemple à la fois révélateur et amusant : pour découvrir l’entrepôt illégal de Gabriel Baudouin, marchand de vin de la rue Mouffetard, les commis libérèrent ses chevaux de leurs harnais, ce qui poussa les bêtes à suivre un itinéraire connu, celui dudit entrepôt, faubourg Saint-Honoré. Le même jour et dans le cadre de la même affaire, les commis utilisèrent le même procédé pour découvrir un nouvel entrepôt à Bourg-la-Reine : AN, Z1G 190, Procès-verbal, 20 juillet 1750.

    19T. Brennan, Public Drinking and Popular Culture in Eighteenth-Century Paris, Princeton, Princeton University Press, 1988 ; David Garrioch, Neighbourhood and Community in Paris 1740-1790, Cambridge, Cambridge University Press, 1986.

    20M. Lachiver, op. cit., p. 257 et 267‑269.

    21AN, G2 37, dossier 24, Journal d’un receveur de Saint-Denis en 1777, dans lequel on lit pour le mercredi 12 [?] : « [je me suis] rendu à Stains j’y ai également exercé les cabaretiers et répété dans ce pays les démarches déjà faites pour engager les vignerons à vendre en détail ».

    22Pierre-Benoît Roumagnou, « A City in Steps: Daily Movements around Paris during Seventeenth and Eighteenth Centuries », dans Eleonora Canepari (dir.), Moving Around in Town: Practices, Pathways and Contexts of Intra-Urban Mobility from 1600 to the Present Day, Rome, Viella, 2019, p. 181‑194.

    23Sur Magny et sur Ramponneau : Michèle Viderman, Jean Ramponneau, Parisien de Vignol, Paris, L’Harmattan, 1998, p. 27‑89.

    24Du point de vue des habitants de Passy et de la Ferme : Anne-Marie Armelin, « Les Marchands de vin de Passy et la Ferme générale 1789-1790 », dans Bulletin de la Société de l’histoire de Paris et de l’Île-de-France, t. 84‑86, 1957‑1959, p. 51‑64, en particulier p. 54. Du point de vue des vignerons : M. Lachiver, op. cit., p. 272‑276.

    25P.-B. Roumagnou, « La pinte de vin. Police des guinguettes et développement économique autour de Paris au xviiie siècle », dans Marguerite Figeac-Monthus, Stéphanie Lachaud-Martin (dir.), Ville et vin en France et en Europe du xve siècle à nos jours, Bordeaux, Presses universitaires de Nouvelle-Aquitaine, La Geste, 2021, p. 204‑215, en particulier p. 209‑212.

    26M. Viderman, op. cit., p. 17‑23.

    27Voir par ex. Jacques-Charles Donze (aut.), Hélène Parent (éd. critique), « La Fille séduite et heureuse ». Exhumation du manuscrit d’un suicidaire, joint à une procédure criminelle de 1785, Paris, Société française d’étude du dix-huitième siècle, 2023, p. 59.

    28T. Brennan, « Beyond the Barriers: Popular Culture and Parisian Guinguettes », dans Eighteenth-Century Studies, vol. 18, n° 2, hiver 1984-1985, p. 153‑169 pour les comparaisons qui suivent entre les « cabarets » de Paris et les « guinguettes » de banlieue, et en particulier p. 154 pour ce chiffre.

    29Par exemple, sur les relations entre vignerons et commis et sur l’influence tacite de ces derniers : « ce n’est que par de fréquentes démarches faites depuis l’inventaire chez Louis Compraint le jeune, le plus fort vigneron de Saint-Ouen, et en insistant que je suis parvenu à accélérer sa déclaration de vente en détail », écrit le receveur fiscal : AN, G2 37, dossier 24, Journal d’un receveur de Saint-Denis en 1777.

    30AN, G2 197, dossier 48, Accommodements de 1787 pour la direction d’Argenteuil.

    31Cf. les innombrables procès-verbaux de rébellion contre les commis dans AN, Z1G 184‑217.

    32Par exemple : AN, Z1G 208, Procès-verbal, 29 avril 1786, un marchand de vin de La Courtille, se présentant comme toujours en règle, avait vu son cabaret investi par 30 commis déchaînés ; AN, Z1G 209, Procès-verbal, 24 mai 1785, après l’agression du plaignant par des commis quai de la Rapée ; AN, Z1G 209, Procès-verbal, 4 novembre 1785, d’un occupant de marais contre des commis qui y étaient cachés ; AN, Z1G 210, Procès-verbal, 15 septembre 1785, contre un commis qui avait insulté le plaignant, alors à d’autres occupations dans la rue.

    33AN, Z1G 185, Procès-verbal, 27 décembre 1763.

    34AN, Z1G 216, Procès-verbal, 7 octobre 1788.

    35Exemple de plainte déposée devant le bailliage de Montmartre, puis renvoyée devant l’élection de Paris : AN, Z1G 200, Procès-verbal, 22 août 1786.

    36Exemple dans AN, Z1G 202, d’une inscription de faux contre un procès-verbal produit par des commis de la barrière de Charenton, puisque ces derniers n’avaient pas sommé la femme de Jacques Henri Dupré, vigneron à Paris, lors présente, de goûter avec eux pour constater la qualité du liquide en question.

    37Par exemple AN, Z1G 216, Procès-verbal, 10 octobre 1788.

    38AN, Z1G 217, Rapport d’une visite faite dans la nuit du 17 au 18 septembre 1789.

    39AN, Z1G 189, Procès-verbal, 20 avril 1770.

    40Par exemple un dénommé Lefevre, renvoyé pour « faute grave », selon ses dires, rapportés dans AN, Z1G 209, Procès-verbal, 6 octobre 1788.

    41AN, G2 179, dossier 11, Condamnation contre des commis de la barrière du Temple qui se livraient à des fraudes aux entrées.

    42Par exemple : AN, Z1G 210, Procès-verbal, 13 septembre 1785, pour un « passage assez commun des fraudeurs » à La Courtille ; Procès-verbal, 23 juillet 1785, pour des commis dans un marais, attendant le passage de fraudeur ; Procès-verbal, 8 janvier 1785 ; AN, Z1G 216, Procès-verbal, 16 octobre 1788.

    43Jean Chagniot, Nouvelle histoire de Paris. Paris au xviiie siècle, Paris, Hachette, 1988, p. 250‑251.

    44Lors des achats de terrains par la monarchie pour construire le mur, il ne faut pas sous-estimer la capacité que certains eurent à exiger et à en obtenir de jolies sommes.

    45À partir des données fournies par Momcilo Markovic (« La Révolution aux barrières : l’incendie des barrières de l’octroi à Paris en juillet 1789 », dans Annales historiques de la Révolution française, n° 372, 2013‑2, p. 27‑48, en particulier p. 38‑40), nous proposons de relier nos analyses sur la société faubourienne/banlieusarde.

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    Roumagnou, P.-B. (2025). La fiscalité royale sur le vin en Île‑de‑France au XVIIIe siècle. In M.-L. Legay (éd.), Administrer le privilège : la Ferme générale dans l’espace français et européen 1664-1791. Vincennes: Institut de la gestion publique et du développement économique. https://doi.org/10.4000/14ahx
    Roumagnou, Pierre-Benoît. « La fiscalité royale sur le vin en Île‑de‑France au XVIIIe siècle ». In Administrer le privilège : la Ferme générale dans l’espace français et européen 1664-1791, édité par Marie-Laure Legay. Vincennes: Institut de la gestion publique et du développement économique, 2025. doi:10.4000/14ahx.
    Roumagnou, Pierre-Benoît. « La fiscalité royale sur le vin en Île‑de‑France au XVIIIe siècle ». Administrer le privilège : la Ferme générale dans l’espace français et européen 1664-1791, édité par Marie-Laure Legay, Institut de la gestion publique et du développement économique, 2025, https://doi.org/10.4000/14ahx.

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    Legay, Marie-Laure, éditeur. Administrer le privilège : la Ferme générale dans l’espace français et européen 1664-1791. Institut de la gestion publique et du développement économique, 2025, https://doi.org/10.4000/14ai3.
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