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    Plan détaillé Texte intégral I. Quand dominait l’amidonnier II. L’émergence du blé dur sur le marché italien : quand les Romains découvrirent le pain III. Les apports de l’exemple égyptien IV. Les facteurs culturels de la transition V. Un savoir-faire venu du Proche‑Orient Notes de bas de page Auteur

    L’émergence de nouveaux marchés

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    Conférence inaugurale. La transition de l’amidonnier au blé dur en Italie romaine et en Égypte ptolémaïque : de nouvelles céréales pour les mégapoles émergentes

    Federico De Romanis

    p. 247-259

    Texte intégral I. Quand dominait l’amidonnier II. L’émergence du blé dur sur le marché italien : quand les Romains découvrirent le pain III. Les apports de l’exemple égyptien IV. Les facteurs culturels de la transition V. Un savoir-faire venu du Proche‑Orient Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1L’introduction du blé dur dans les circuits commerciaux de la Méditerranée antique a entraîné ou accompagné des changements considérables dans les habitudes alimentaires et l’économie romaines. Dans quel contexte ces ­innovations sont-elles intervenues et quelles en ont été les causes ?

    I. Quand dominait l’amidonnier

    2C’est Verrius Flaccus, un érudit auquel Auguste confia l’éducation de ses fils adoptifs, qui rapporte que pendant trois cents ans, l’amidonnier fut la seule céréale utilisée par le peuple romain1. Cette affirmation se fonde certainement sur le souvenir de livraisons de céréales de Sicile lors des famines que les annalistes de l’époque augustéenne datent respectivement de 492, 433 et 411 av. J.‑C., selon la chronologie varronienne2. L’exactitude de ces dates peut être mise en doute. On peut aussi raisonnablement supposer (le nombre transmis par la tradition manuscrite de Pline permet de le soupçonner) que Verrius Flaccus considérait au moins un, voire deux, des trois envois de céréales depuis la Sicile comme étant des redites d’un seul événement. Pour notre étude, cette question importe moins que le fait d’être sûr, grâce au témoignage de Caton, que les augmentations du prix des céréales étaient mentionnées dans les annales du grand pontife qui transmettaient les noms des magistrats éponymes3. Il est toutefois certain que, pour au moins l’une des famines qui ont touché la ville au ve siècle av. J.‑C., le pontife avait ajouté dans les annales la mention d’une arrivée de céréales depuis la Sicile.

    3Les raisons pour lesquelles Verrius Flaccus établit un lien entre l’arrivée de céréales siciliennes et la fin de l’utilisation exclusive de l’amidonnier par les Romains apparaissent évidentes à la lecture de certains détails du récit de la famine de 492 av. J.‑C. par Denys d’Halicarnasse. Il est probable que dans les annales des pontifes, les famines du ve siècle av. J.‑C. n’ont pas été consignées avec le même luxe de détails que l’a été celle de 492 av. J.‑C. dans les histoires de Tite-Live et de Denys d’Halicarnasse4, lesquels s’inspiraient (surtout le second) des récits des annalistes postérieurs5.

    4Tant les récits de Tite-Live que ceux de Denys d’Halicarnasse racontent que la crise a été surmontée grâce à l’arrivée de céréales en provenance d’Étrurie et de Sicile, mais si le premier se limite, pour les deux provenances, à utiliser le terme générique frumentum (céréale) qui ne précise pas de quel type de céréale il s’agit, Denys d’Halicarnasse s’appuie sur une source qui va jusqu’à préciser que les céréales transportées le long du Tibre depuis l’Étrurie étaient du millet et de l’amidonnier (κέγχροι τε καὶ ζέαι6), tandis que celles importées de Sicile étaient plutôt du blé dur (πυροί7). Ces détails peuvent difficilement provenir des annales pontificales. Il est probable qu’ils ont été fournis par quelque annaliste postérieur qui a enrichi le récit de la famine de 492 av. J.‑C. à partir des conditions de la céréaliculture contemporaine, caractérisée par la différence entre les terres arables humides de la vallée du Tibre sur lesquelles étaient encore largement cultivés le millet et l’amidonnier, et les terres arables de Sicile dédiées au blé dur (et à l’orge, que les Romains considéraient toutefois comme adaptés seulement aux animaux). Si Verrius Flaccus pouvait douter de la réalité historique de la famine de 492 av. J.‑C., il devait toutefois être certain qu’au cours de l’une des famines qui ont touché Rome au ve siècle av. J.‑C., des céréales étaient arrivées de Sicile, mettant fin à l’utilisation séculaire exclusive de l’amidonnier par les Romains.

    5Il convient de préciser toutefois que cette interruption n’a été qu’épisodique et temporaire. Il ne faut pas croire, en effet, que le blé dur sicilien importé à Rome au ve siècle av. J.‑C. a amené les Romains à changer définitivement leurs habitudes alimentaires en substituant le blé dur à l’amidonnier. Au contraire, le fait que l’amidonnier soit la seule céréale dont le prix est consigné sur la liste des prix enregistrés le jour du triomphe de L. Metellus sur les Carthaginois, le 7 septembre 250 av. J.‑C.8, à côté de celui de l’huile, du vin, des figues sèches et de la viande, démontre que cette céréale est longtemps demeurée la céréale préférée des habitants de Rome9. Il apparaît donc évident qu’au milieu du iiie siècle av. J.‑C., la base de l’alimentation des habitants de Rome était encore la bouillie d’amidonnier, plutôt que le pain de blé dur.

    II. L’émergence du blé dur sur le marché italien : quand les Romains découvrirent le pain

    6Pour voir se réaliser la transition de l’amidonnier au blé dur, il faut attendre les décennies qui suivent la première et surtout la deuxième guerre punique, lorsque la République romaine devient la puissance hégémonique de la ­Méditerranée occidentale grâce à la domination des terres cultivables arides de Sicile, de Sardaigne, d’Espagne et d’Afrique. En 237 av. J.‑C., Hiéron II de Syracuse vient à Rome pour assister aux jeux romains et fait présent au peuple de deux cent mille boisseaux de blé dur (triticum10). Tite-Live évoque plusieurs envois de frumentum depuis l’Espagne, la Sardaigne, l’Afrique et la Sicile entre 203 et 191 av. J.‑C.11. Il s’agit assurément de blé dur, collecté à titre d’impôt et vendu à Rome à prix politique (quatre as le boisseau en 203 av. J.‑C., deux as le boisseau en 196 av. J.‑C.). La réduction de moitié du prix politique du blé dur entre 203 et 196 av. J.‑C. témoigne d’une évolution plus générale que de multiples indices permettent d’établir. Indépendamment des distributions extraordinaires de céréales provenant de l’impôt en nature, la tendance à la baisse des prix entre le iiie et le iie siècle av. J.‑C. est confirmée par une plaisanterie du Miles gloriosus de Plaute, dans laquelle un personnage s’adresse à son interlocuteur en s’étonnant qu’il se nourrisse encore d’ivraie quand le blé dur est si bon marché12. Sur le plan de l’urbanisme, Rome s’adapte pour pouvoir recevoir de grandes quantités de blé dur acheminées par la mer : en 193 av. J.‑C. sont construits sur le Tibre les vastes entrepôts de la porticus Aemilia13. En 172 av. J.‑C. apparaissent à Rome les premiers pistores (­boulangers14), preuve qu’un grand nombre de citadins préfèrent désormais manger du pain de blé dur produit dans les boulangeries plutôt que de la bouillie d’amidonnier (puls) préparée à la maison. Si auparavant les habitants de Rome étaient des « mangeurs de bouillie », ceux de la génération de Plaute deviennent des « descendants de mangeurs de bouillie15 ». La ration des légionnaires est elle aussi composée de blé dur16. Sur les terres arables de l’Italie centrale, la culture du blé dur se développe. Si la source fournie par Denys d’Halicarnasse identifiait les céréales arrivées d’Étrurie au moment de la famine de 492 av. J.‑C. comme étant de l’amidonnier et du millet, en 205 av. J.‑C., la ville étrusque d’Arretium est en mesure de fournir à Scipion 120 000 boisseaux de blé dur17. Quelques décennies plus tard, Caton conseillera de semer du blé dur « dans les lieux découverts, élevés, exposés à de longues insolations18 » et prescrira, pour les esclaves employés dans les domaines ruraux probablement italiques, une alimentation à base de blé dur19.

    7Toutefois, à Rome, la transition de la bouillie d’amidonnier au pain de blé dur s’appuie davantage sur les importations de Sicile, de Sardaigne et d’Afrique20 que sur la production de blé dur dans les campagnes italiques21. Par ailleurs, le succès du blé dur n’entraîne pas la disparition de l’amidonnier des campagnes italiques. En particulier, là où les terres arables italiques se révèlent peu adaptées à la culture du blé dur en raison de leurs caractéristiques pédoclimatiques, la culture de l’amidonnier résiste encore à la fin de la République et à l’époque augustéenne, par exemple à Clusium22, en Campanie23 et en Ombrie24. L’amidonnier continuera d’être consommé à Rome encore longtemps en complément ou en cas de nécessité impérieuse. Un sénatus-consulte de 161 av. J.‑C. précisait que les dépenses pour les légumes secs, l’amidonnier et le vin italique ne seraient pas prises en compte dans le calcul des 120 as fixant la limite des frais autorisés pour les banquets des Jeux mégalésiens25. Et à l’époque où Sextus Pompée interrompit le ravitaillement en blé dur sicilien26, les habitants de Rome utilisèrent de nouveau l’amidonnier italique27.

    III. Les apports de l’exemple égyptien

    8Peu avant l’Italie, l’Égypte, autre région méditerranéenne caractérisée depuis des temps immémoriaux par la culture et la consommation d’amidonnier (ὄλυρα, bdt28), connut une transition comparable de l’amidonnier au blé dur. Les modalités et les causes de ce changement ont fait récemment l’objet d’une étude approfondie de Damien Agut-Labordère, Charlène Bouchot, ­François Lerouxel et Claire Newton29. En croisant les données papyrologiques et archéo-botaniques, les auteurs dressent une cartographie de la culture et de la consommation de ces deux céréales à l’époque ptolémaïque, qui révèle une évolution en peau de léopard, la culture de l’amidonnier persistant en Moyenne-Égypte, tandis que le blé dur s’impose dès le milieu du iiie siècle av. J.‑C. en Haute-Égypte et dans le Fayoum.

    9Les auteurs contestent l’idée selon laquelle le passage au blé dur aurait été imposé par les habitudes alimentaires des conquérants grecs. Ils réfutent une explication purement culturelle en insistant sur les avantages agro-techniques des céréales nues par rapport aux céréales vêtues et rappellent en particulier qu’après récolte, l’amidonnier nécessite un traitement plus complexe que le blé dur30, qu’il offre plus de balle et de paille, utilisées pour la production de combustible et de briques, et d’autant plus que « les céréales vêtues à rachis cassant, comme l’amidonnier, sont […] transportées sous forme d’épillets tandis que les céréales nues le sont sous forme de grains nettoyés […] Le rapport en volume de grains d’amidonnier et de blé dur contenus dans une artabe est donc de l’ordre de 1 pour 231. » Ce dernier avantage, en particulier, revêt une grande importance lorsqu’il devient nécessaire d’approvisionner une mégapole de plusieurs centaines de milliers d’habitants en produits provenant de terres arables très éloignées ; il est donc possible d’affirmer que le succès de la culture du blé dur dans le Fayoum est dans une certaine mesure une conséquence de la croissance démographique d’Alexandrie (300 000 habitants à cette époque ?) et de ses besoins en blé.

    10Le passage de l’amidonnier au blé dur en Italie présente quelques différences par rapport à ce qu’a connu l’Égypte, dont la plus importante est le rôle joué par le blé collecté à titre d’impôt dans les provinces récemment conquises. Le blé dur consommé à Alexandrie provient des terres arables égyptiennes, que ce soit les nouvelles terres acquises grâce à l’assèchement du Fayoum ou les terres converties à cette culture. S’agissant de Rome, la présence du blé dur s’explique dans une large mesure par l’impôt en nature prélevé dans les nouvelles provinces dont la culture céréalière était depuis des siècles dédiée à la production de blé dur. Cette hypothèse est certainement également valable pour d’autres régions de la Méditerranée occidentale, comme l’Afrique, la Sardaigne et l’Espagne, qui ont accueilli la colonisation phénico-punique, avant de tomber sous la domination romaine. Ainsi, dans le cas de Rome, la simplification des processus de traitement, de transport et de stockage associés au blé dur ne fait que confirmer une évolution que le système de production de ces provinces imposait déjà.

    IV. Les facteurs culturels de la transition

    11Par conséquent, si, d’un côté, les avantages agro-techniques ont pu avoir un poids différent en Égypte et en Italie, d’un autre côté, la comparaison des évolutions dans les deux pays peut présenter des caractéristiques communes. L’importance légitimement attribuée à l’aspect logistique ne doit pas conduire à sous-estimer les facteurs culturels de cette transition. Envisagé sur un arc diachronique plus large et une zone géographique plus étendue, le succès du blé dur s’explique aussi par d’autres facteurs, dont l’importance est toutefois difficile à déterminer avec exactitude. Ainsi, on peut estimer que le succès de la farine dite semidalis en grec et similago en latin a, d’une manière ou d’une autre, joué un rôle dans la préférence accordée au blé dur. La farine semidalis/similago est en effet, à l’ère romaine, la farine de blé dur avec laquelle on fait le pain le plus consommé par la classe moyenne urbaine32.

    12Semidalis et similago sont empruntés à une ou plusieurs langues sémitiques et désignent une farine extraite du blé dur33. L’utilisation du terme semidalis est attestée pour la première fois dans la littérature grecque dans la pièce Phormophoroi d’Hermippe, Jouée avant l’an 424 av. J.‑C.34, cette comédie évoque des importations de semidalis de Phénicie vers Athènes. L’importation de farine de blé dur de Phénicie suggère que les sitopoioi athéniens étaient peu familiers d’une technique de raffinage supposée typique de Phénicie. D’Hippocrate à Philistion, en passant par Diphile, le pain de semidalis est cité dans la littérature médicale parmi les pains dont sont discutées les valeurs nutritionnelles et la digestibilité35, mais ni ces utilisations attestées ni l’apparition du terme dans d’autres pièces de la comédie ancienne, puis moyenne, ne signifient nécessairement que la semidalis était plus largement consommée. Dans l’Anteia d’Antiphane, joué environ cinquante ans après les Phormophoroi d’Hermippe, la semidalis reste une farine de Phénicie, en outre extrêmement raffinée, que peu de gens peuvent donc se permettre36. Il est difficile de déterminer dans quelle mesure la diffusion limitée de la semidalis est due à une résistance des traditions agricoles et alimentaires helléniques – caractérisées par une culture céréalière fondée sur l’orge et sur une alimentation à base de maza37 –, à une relative rareté du blé dur dans le monde grec ou aux déchets importants du produit broyé associés à la semidalis. L’évocation par Ménandre d’une habitude consistant à mélanger des œufs, du miel et de la semidalis pourrait suggérer une utilisation plus large de cette farine par la suite38, mais il est préférable de rester prudent quant à la valeur de ce témoignage qui atteste l’utilisation, mais pas l’extraction, de la semidalis, et pourrait ne refléter qu’une habitude limitée à une classe socio-économique élevée et/ou à des fêtes particulières.

    13Les témoignages contenus dans les documents papyrologiques du iiie siècle av. J.‑C. suggèrent, en ce qui concerne l’Égypte, que l’utilisation de la semidalis ne progresse pas au même rythme que la culture du blé dur. Dans quelques listes de distribution de céréales broyées, la semidalis semble délivrée de manière plus parcimonieuse que la farine moins raffinée (aleura) ou sans aucun raffinage (autopyra39). Dans un cas, trois bénéficiaires refusent de recevoir de la semidalis, à laquelle ils préfèrent manifestement une farine moins raffinée qu’ils pétriront et que le meunier-boulanger (sitopoios) cuira40. Dans un autre cas, la semidalis est achetée (pour un sacrifice ?) pour une fête en l’honneur des défunts (nekysia) et comme condiment41. Toutefois, il convient de souligner que, contrairement à l’Athènes de l’époque classique, dans le nome Arsinoïte du milieu du iiie siècle av. J.‑C. vivent des meuniers capables d’extraire de la semidalis42.

    V. Un savoir-faire venu du Proche‑Orient

    14Il est probable que ce savoir-faire vient des migrants originaires de Syrie et de Phénicie43. Il est à cet égard significatif qu’au cours d’un voyage en ­Palestine, Philon, l’un des meuniers au service de Zénon ait acquis avec ce dernier, et grâce à un prêt de ce dernier, deux esclaves syriennes que Philon garde à son service un certain temps avant de les céder à Zénon. Il n’est pas hasardeux de supposer que ces deux femmes ont participé aux travaux de meunerie de Philon44. Toutefois, au-delà de ce cas particulier, il est significatif que les traducteurs de la Septante aient utilisé le terme semidalis pour traduire le terme hébraïque slt45, qui, dans la Bible, désigne la farine qui doit être utilisée pour les sacrifices. Que le slt et la semidalis désignent exactement la même farine, ou qu’ils soient des produits différents mais considérés comme équivalents au regard des rituels religieux juifs, il convient d’en déduire que l’immigration juive en Égypte est l’un des facteurs qui contribua à populariser la semidalis. De manière plus générale, il est possible de suggérer que le succès de la ­semidalis en Méditerranée, et donc le passage de l’amidonnier au blé dur tant en Égypte qu’en Italie ont été, dans une certaine mesure, favorisés par la diaspora syro-palestinienne. Naturellement, il ne s’agit pas ici de nier que les avantages agro-techniques du blé dur ont, sur le long terme, décidé de la prévalence absolue du blé dur sur l’amidonnier, aussi bien en Égypte qu’en Italie, mais simplement de noter que l’adoption du blé dur a été favorisée par les traditions alimentaires et religieuses syro‑palestiniennes.

    15La similago est déjà mentionnée dans le traité De agri cultura de Caton : pour faire un libum plus tendre46, Caton conseille de pétrir une demi-livre de similago plutôt qu’une livre de farina siliginea47. La farina siliginea du iie siècle av. J.‑C. n’est pas encore la farine très raffinée de l’époque impériale : les processus de raffinage du blé tendre broyé sont encore trop sommaires pour produire une farine capable de concurrencer la similago qui, à l’époque de Caton – mais aussi à celle d’Ogulnius, pistor simi[laginarius] (« boulanger qui fait du pain de similago48 ») –, est la plus raffinée des farines alors disponibles. En Italie aussi, on peut trouver des traces de l’apport des immigrés syro-palestiniens. La figure littéraire de l’aubergiste-boulangère syrienne, déjà présente dans les satires de Lucilius et protagoniste de la Copa du Pseudo-Virgile49, correspond à un type social réel, également présent à un carrefour méditerranéen comme Syracuse50.

    16La correspondance sémantique entre le latin similago et le grec semidalis n’empêche pas des variantes régionales du même type de farine d’apparaître au cours du temps. Pline, par exemple, sait que la similago égyptienne est très différente de la similago italique51. Il en décrit le processus d’extraction avec la précision de celui qui espère devenir préfet de l’Annone52. La similago italique est une farine très raffinée dont la mouture entraîne d’importantes quantités de déchets. Un boisseau de blé donnait en réalité un demi-boisseau de similago, cinq setiers de pollen (qui ne sera utilisé que dans l’industrie), quatre setiers de cibarium (utilisé pour faire le pain destiné aux classes les plus pauvres), le reste étant constitué de son.

    17Le rendement en pain de la farine similago explique la ration qui deviendra la référence pour les distributions de blé à Rome. Au moins à partir de la lex Terentia Cassia de l’an 73 av. J.‑C., ce sont cinq boisseaux de blé dur qui sont distribués chaque mois à un cercle de bénéficiaires selon des conditions qui varient au cours du temps53. Dans un discours que l’historien Salluste imagine, cette même année 73, prononcé en l’an 73 av. J.‑C., Licinius Macer, tribun de la plèbe, dénonce l’insuffisance de la ration comparée à celle des prisonniers54. Cette critique n’a de sens que si la ration de cinq boisseaux par mois, plus importante que les rations préconisées par Caton pour les esclaves ruraux, mais aussi que celle des légionnaires attestée par Polybe, est mise en relation avec les besoins d’un foyer (cura familiaris), pour lequel, même s’il n’est composé que de deux personnes, cette ration serait certainement maigre. Mais le Macer de Salluste interprète ici délibérément de manière erronée le sens de la ration et de la loi qui la régit. Les cinq boisseaux peuvent servir à produire de la farine non raffinée et du pain intégral (autopyros) à partager entre les différents membres du foyer, mais la ration est conçue comme celle d’un individu, privilège du citoyen résidant à Rome qui, s’il le souhaite, peut manger près de deux livres par jour de pain fait avec de la similago.

    18Il est évident que la distribution de cinq boisseaux établie par la lex Terentia Cassia est possible grâce à l’impôt en nature prélevé par la République, mais cette ration fixe une norme qui, au Haut-Empire, alors que les consommateurs bénéficieront aussi des envois considérables de blé dur égyptien, sera étendue aux esclaves55.

    Notes de bas de page

    1Plin., N.H., XVIII, 62 : « populum Romanum farre tantum e frumento CCC annis usum Verrius tradit » (« Verrius rapporte que pendant trois cents ans le far fut le seul blé qu’utilisa le peuple romain »).

    2Tite-Live, II, 34.1-7 ; IV, 25.4-6 ; LII, 5-6 ; D. d’Halicarnasse, Ant. Rom., VII, 1-2 ; XII, 3-4 ; 20, 1 ; Plut., Cor., 16.

    3Caton, Orig. frg. 77 Peter = FRH fr. 80.

    4D. d’Halicarnasse, Ant. Rom., VII, 1-2 ; XII, 3-4 ; XX, 1.

    5Voir aussi, dans ce cas précis, les observations générales de Catherine Virlouvet, Famines et émeutes à Rome des origines de la République à la mort de Néron, Rome, Publications de l’École française de Rome, 1985, p. 20-21 : « Pour la période archaïque, on sait que Tite-Live et Denys dépendent d’annalistes qui ont puisé une partie de leurs renseignements dans des listes de faits marquants tenues chaque année à Rome depuis la plus haute époque. On a de plus en plus tendance à penser que ces listes mentionnaient effectivement les principales famines […] et que ce genre de notations correspond à un noyau de réalité historique au sein de récits inspirés en bonne part d’événements ultérieurs transposés. Les troubles mentionnés […] sont au contraire grandement reconstruits à partir des réalités contemporaines des annalistes des iie et ier siècles av. J.‑C. Mais il est impossible de savoir s’ils ont été inventés de toutes pièces ou si les annales des pontifes relevaient aussi brièvement les émeutes qui pouvaient survenir dans la cité. En tout cas, le luxe de détails fournis par les récits de Tite-Live et Denys ne peut provenir de documents d’époque et me ferait plutôt pencher pour la première solution. »

    6D. d’Halicarnasse, Ant. Rom., XII, 3 : « ἐκ δὲ τῶν ἐν Τυρρηνίᾳ πόλεων οἱ πεμφθέντες κέγχρους τε καὶ ζέας συνωνησάμενοι ταῖς ποταμηγοῖς σκάφαις κατεκόμισαν εἰς τὴν πόλιν » (« ceux qui avaient été envoyés en Étrurie, achetèrent et portèrent à Rome dans des bateaux sur le Tibre du millet et de l’amidonnier »).

    7D. d’Halicarnasse, Ant. Rom., XX, 1 : « ἦλθον δὲ καὶ οἱ πρότερον ἀποσταλέντες πρέσβεις εἰς Σικελίαν Γεγάνιος καὶ Οὐαλέριος πολλὰς ἄγοντες ὁλκάδας, ἐν αἷς ἐκομίζοντο πυρῶν πέντε μυριάδες μεδίμνων Σικελικῶν » (« Geganius et Valerius qu’on avait envoyés en Sicile comme nous l’avons dit, arrivèrent vers le même temps avec plusieurs vaisseaux de charge qui portaient cinquante mille médimnes siciliens de froment. »).

    8Inscr. It., XIII, 1, 1b : « L. Caecilius L. f. C. n. Metellus pro cos. de Poeneis VII Idus Septemb. a. DII[I] ». Voir T. R. Broughton, The Magistrates of the Roman Republic, I, New York, American Philological Association, 1951, p. 213‑214.

    9Plin., N.H., XVIII, 17 : « M. Varro auctor est, cum L. Metellus in triumpho plurimos duxit elephantos, assibus singulis farris modios fuisse, item vini congios ficique siccae pon[d]o XXX, olei pon[d]o X, carnis pon[d]o XII » (« M. Varron rapporte que, l’année où L. Métellus conduisit dans son triomphe de nombreux éléphants, le boisseau de blé se vendit un as, ainsi qu’un conge de vin, 30 livres de figues sèches, 10 livres d’huile, 12 livres de viande. »).

    10Eutrop., III, 1-2 : « eodem tempore potentissimus rex Siciliae Hiero Romam venit ad ludos spectandos et ducenta milia modiorum tritici populo donum exhibuit » (« Dans le même temps, Hiéron, le plus puissant monarque de Sicile, vint à Rome, pour assister aux jeux, et fit présent au peuple de deux cent mille boisseaux de blé dur. »).

    11Tite-Live, XXX, 26, 5-6 [203 av. J.‑C.] ; 38, 5 [202 av. J.‑C.] ; XXXI, 4, 5-6 [201 av. J.‑C.] ; XXXI, 50, 1 [200 av. J.‑C.] ; XXXIII, 42, 8-9 [196 av. J.‑C.] ; XXXVI, 2, 13 [191 av. J.‑C.]. À l’exception de XXXIII, 42, 8-9, Tite-Live utilise, dans les passages cités, le terme générique frumentum. Toutefois, dans la mesure où les céréales proviennent de régions (Sicile, Sardaigne, Afrique, Espagne) caractérisées par des terres cultivables arides propices à la culture du blé dur et célèbres au cours des époques ultérieures pour leurs envois de blé dur vers Rome (Plin., N.H., XVIII, 66), il est certain que le frumentum dont parle Tite-Live est plus précisément du blé dur (triticum).

    12Plaut., Mil., 321 : « mirumst lolio victitare te tam vili tritico » (« Je m’étonne que tu te nourrisses d’ivraie quand le blé dur est si bon marché. »).

    13Fausto Zevi, « Le grandi navi mercantili, Puteoli e Roma », dans Le ravitaillement en blé de Rome et des centres urbains des débuts de la République jusqu’au Haut-Empire. Actes du colloque international organisé par le Centre Jean Bérard et l’URA 994 du CNRS, Naples, 14-16 février 1991, Naples, Publications de l’École française de Rome, CXCVI, 1994, p. 65-67.

    14Plin., N.H., XVIII, 107-8 : « pistores Romae non fuere ad Persicum usque bellum annis ab urbe condita super DLXXX. ipsi panem faciebant Quirites, mulierumque id opus maxime erat, sicut etiam nunc in plurimis gentium […] certumque fit Atei Capitonis sententia [co]cos tum panem lautioribus coquere solitos, pistoresque tantum eos, qui far pisebant, nominatos. nec cocos vero habebant in servitiis, eosque ex macello conducebant » (« Il n’y eut pas de boulangers à Rome jusqu’à la guerre de Persée, plus de cinq cent quatre-vingts ans après la fondation de la ville. Les vieux Romains faisaient eux-mêmes leur pain ; c’était la besogne des femmes, comme cela l’est encore chez plusieurs nations […] Il demeure établi, d’après l’avis de A. Ateius Capiton, qu’alors les cuisiniers avaient l’habitude de cuire le pain pour les personnes riches, et qu’on ne donnait le nom de pistor, boulanger, qu’à ceux qui pilaient le far. On n’avait pas non plus de cuisiniers parmi ses esclaves, et on les louait au marché. »).

    15Plaut., Most., 828 : « non enim haec pultiphagus opifex opera fecit barbarus » (« Ce n’est pas un ouvrier barbare, un mangeur de bouillie, qui a taillé cela. ») ; Poen., 54 : « Pla[u]tus […] pultiphagonides » (« Plaute […] descendant de mangeurs de bouillie »).

    16Pol., VI, 39, 12-15 : « Ὀψώνιον δ’ οἱ μὲν πεζοὶ λαμβάνουσι τῆς ἡμέρας δύ’ ὀβολούς, οἱ δὲ ταξίαρχοι διπλοῦν, οἱ δ’ ἱππεῖς δραχμήν. σιτομετροῦνται δ’ οἱ μὲν πεζοὶ πυρῶν Ἀττικοῦ μεδίμνου δύο μέρη μάλιστά πως, οἱ δ’ ἱππεῖς κριθῶν μὲν ἑπτὰ μεδίμνους εἰς τὸν μῆνα, πυρῶν δὲ δύο, τῶν δὲ συμμάχων οἱ μὲν πεζοὶ τὸ ἴσον, οἱ δ’ ἱππεῖς πυρῶν μὲν μέδιμνον ἕνα καὶ τρίτον μέρος, κριθῶν δὲ πέντε » (« La solde du fantassin est de deux oboles par jour. Les centurions ont le double, les cavaliers une drachme. La ration de pain, pour l’infanterie, est de deux-tiers, à peu près, d’un médimne attique de blé dur ; celle du cavalier, de sept médimnes d’orge par mois et deux de blé. L’infanterie des alliés reçoit la même ration que celle des Romains ; leur cavalerie, un médimne et un tiers de blé, et sept d’orge. »).

    17Tite-Live, XXVIII, 45.17.

    18Caton, Agr. cult., 35 : « siliginem, triticum in loco aperto celso, ubi sol quam diutissime siet, seri oportet » (« Semez le blé tendre, le blé dur, dans les lieux découverts, élevés, exposés à de longues insolations. »).

    19Caton, Agr. cult., 56 : « familiae cibaria quanta dentur. familiae cibaria. qui opus facient: per hiemem tritici modios IIII, per aestatem modios IIIIS; vilico, vilicae, epistatae, opilioni: modios III; compeditis: per hiemem panis p. IIII, ubi vineam fodere coeperint panis p. V, usque adeo dum ficos esse coeperint: deinde ad p. IIII redito » (« Quantité de nourriture pour les esclaves. Les travailleurs recevront pour l’hiver quatre boisseaux de froment, et quatre et demi pour l’été ; l’intendant et son épouse, l’agent et le bouvier, chacun trois boisseaux ; les esclaves entravés, quatre livres de pain pendant l’hiver, cinq livres depuis l’instant où ils commencent à bêcher la vigne jusqu’à la maturité des figues : pour le reste du temps la ration sera réduite à quatre livres. »).

    20Cic., Imp. Cn. Pomp., 34 : « qui nondum tempestivo ad navigandum mari Siciliam adiit, Africam exploravit, inde Sardiniam cum classe venit atque haec tria frumentaria subsidia rei publicae firmissimis praesidiis classibusque munivit » (« La mer n’étant pas encore favorable pour naviguer, il a abordé en Sicile, a visité l’Afrique, est venu de là en Sardaigne avec une flotte, et a muni de garnisons et de flottes très fortes ces trois réserves de blé de la République. »).

    21Varron, Rust., I, 2, 6, cité dans la note suivante. Les 240 000 muids de blé dur chez Tite-Live, XXVII, 1, 2 provenaient d’Apulie.

    22Col., II, 6.3 : « […] far, quod appellatur Clusinum, candidi oris et nitidi » (« le far que l’on appelle de Clusium [Étrurie], d’aspect blanc et brillant »).

    23Varron, Rust., I, 2, 6 : « contra quid in Italia utensile non modo non nascitur, sed etiam non egregium fit? Quod far conferam Campano? Quod triticum Apulo? » (« Au contraire, qu’y a-t-il en Italie d’utile qui non seulement ne pousse, mais encore ne vienne d’une qualité exceptionnelle ? Quel amidonnier comparer à celui de Campanie ? Quel blé dur à celui de l’Apulie ? »). Concernant la production d’amidonnier autour de Casilinum en 216 av. J.‑C., voir Tite-Live, XXIII, 19.7-10. Par conséquent, le far mentionné dans la tablette de défixion capouane Vetter 6, l. 8 est sans doute de l’amidonnier : Federico De Romanis, « Entre contraintes pédoclimatiques et tendances du marché. Notes sur les céréales chez Columelle », dans Maëlys Blandenet et Marine Bretin-Chabrol (dir.), La terre et le grain. Lectures interdisciplinaires de Columelle. De re rustica, I et II, Lyon, Collection du Centre d’études romaines et gallo-romaines, 2020, p. 253‑254.

    24Strab. 5.2.10 : « κατὰ δὲ θάτερα μέρη Ἀμερία τε καὶ Τοῦδερ εὐερκὴς πόλις, καὶ Εἰσπέλλον καὶ Ἰγούιον, πλησίον τοῦτο ἤδη τῶν ὑπερβολῶν τοῦ ὄρους. ἅπασα δ’ εὐδαίμων ἡ χώρα, μικρῷ δ’ ὀρειοτέρα, ζειᾷ μᾶλλον ἢ πυρῷ τοὺς ἀνθρώπους τρέφουσα » (« Enfin de l’autre côté de la route se trouvent Amérie et la ville de Tuder bien fortifiée, Ispellum aussi, et, dans le voisinage même du col, Iguvium. Tout ce pays est fertile, un peu trop montagneux cependant ; aussi produit-il pour la nourriture de ses habitants plus d’amidonnier que de blé dur. »). Le prolongement de la culture du far est confirmé à Iguuium par la collecte, les offrandes et les gâteaux de far mentionnés dans les Tabulae Iguuinae (IIa 12 ; Vb 8-18 ; VIb 2 ; VIb 4). Jürgen Untermann (Handbuch der italischen Dialekte, 3, Wörterbuch des Oskisch-Umbrischen, Heidelberg, Winter, 2000, p. 266) rapproche les formes fasiu, farsio et fasio de Paul. ex Fest 78 Lindsay : « Farreum genus libi ex farre factum » (« Farreum est un type de libum [gâteau] fait avec du far. ») ; à Mevania, la magistrature des CVESTUR FARARIUR (quaestores farrarii) est attestée dans une inscription d’un cadran solaire de la fin du IIe siècle ou le début du Ier siècle av. J.‑C.

    25Gell., N.A., II, 24, 2.

    26Varron, Rust., II praef. 3 : « frumentum locamus qui nobis adve[h]at, qui saturi fiamus ex Africa et Sardinia » (« nous payons pour qu’on nous apporte d’Afrique et de Sardaigne le blé qui nous nourrit. »).

    27Hor., Sat., I, 6, 111-112 : « Quacumque libido est, / incedo solus, percontor quanti holus ac far » (« Je vais seul partout où j’ai la fantaisie d’aller ; je m’informe du prix des légumes et du far. »).

    28Hdt. 2.36 : « ἀπὸ πυρῶν καὶ κριθέων ὧλλοι ζώουσι, Αἰγυπτίων δὲ τῷ ποιευμένῳ ἀπὸ τούτων τὴν ζόην ὄνειδος μέγιστόν ἐστι, ἀλλὰ ἀπὸ ὀλυρέων ποιεῦνται σιτία, τὰς ζειὰς μετεξέτεροι καλέουσι » (« Partout ailleurs on se nourrit de froment et d’orge. En Égypte, on regarde comme infâmes ceux qui s’en nourrissent, et l’on y fait usage d’ὄλυραι [amidonnier] – que les autres appellent ζειαί. ») ; 77 : « ἀρτοφαγέουσι δὲ ἐκ τῶν ὀλυρέων ποιεῦντες ἄρτους, τοὺς ἐκεῖνοι κυλλήστις ὀνομάζουσι » (« Ils mangent du pain d’amidonnier, qu’ils appellent cyllestis. »). Bdt, amidonnier en démotique.

    29Damien Agut-Labordère, Charlène Bouchot, François Lerouxel et Claire Newton, « De l’amidonnier au blé dur : un changement dans la céréaliculture », dans F. Lerouxel et Julien Zurbach (dir.), Le changement dans les économies antiques, Pessac, Ausonius Éd., 2020, p. 29‑79.

    30Voir le très clair schéma récapitulatif dans l’article de Pierre Ouzoulias, « Les céréales vêtues dans l’Antiquité », dans F. Lerouxel et J. Zurbach (dir.), Le changement dans les économies antiques, op. cit., p. 84.

    31Damien Agut-Labordère, Charlène Bouchot, François Lerouxel et Claire Newton, « De l’amidonnier au blé dur : un changement dans la céréaliculture », dans F. Lerouxel et Julien Zurbach (dir.), Le changement dans les économies antiques, Pessac, Ausonius Éd., 2020, p. 47.

    32Gal., De alim. fac., VI 483-484 K. : « καὶ παρά γε τοῖς Ῥωμαίοις, ὥσπερ οὖν καὶ παρὰ τοῖς ἄλλοις σχεδὸν ἅπασιν, ὧν ἄρχουσιν, ὁ μὲν καθαρώτατος ἄρτος ὀνομάζεται σιλιγνίτης, ὁ δ’ ἐφεξῆς αὐτῷ σεμιδαλίτης. ἀλλ’ ἡ μὲν σεμίδαλις Ἑλληνικόν τε καὶ παλαιὸν ὄνομα, σίλιγνις δ’ οὐχ Ἑλληνικὸν μέν, ἑτέρως δ’ αὐτὴν ὀνομάζειν οὐκ ἔχω. τροφιμώτατος μὲν οὖν ὁ σιλιγνίτης αὐτῶν, ἐφεξῆς δ’ ὁ σεμιδαλίτης, καὶ τρίτος ὁ μέσος τε καὶ συγκομιστός· ἐφ’ ᾧ τέταρτόν ἐστι τὸ τῶν ῥυπαρῶν εἶδος, ὧν ἔσχατος ὁ πιτυρίας, ὃς δὴ καὶ ἀτροφώτατός ἐστι καὶ μάλιστα τῶν ἄλλων ὑπέρχεται κατὰ γαστέρα » (« Chez les Romains, comme chez presque tous les autres peuples qui y sont soumis, le pain le plus fin est appelé silignites, et celui qui vient après est appelé semidalites. Le mot semidalis est à la fois grec et ancien, mais silignis n’est pas grec, et je ne connais pas d’autre nom pour le désigner. Ainsi, le silignis est le plus nourrissant parmi eux, suivi du semidalis, puis le troisième est un mélange de déchets de farine. Ensuite, il y a le quatrième type, qui est celui des impuretés, dont le dernier est le son, qui est en effet le moins nourrissant et ne reste pas dans l’estomac. »).

    33Pour le babylonien samīdu (un type de gruau), lui-même associé au verbe samādu (« moudre en gruau ») et au substantif sāmidu (« meunier ») voir The Assyrian Dictionary, Chicago, The Oriental Institute, vol. XV, 1984, p. 107 ; 115‑116.

    34Hermipp., Phormophoroi CAF, frg. 63, v. 22 : « Φοινίκη δ’αὖ καρπὸν φοίνικος καὶ σεμίδαλιν ». Pour la chronologie, A. Körte, R.E., VIII, 845.

    35Hipp., De diaet., II, 41-44 ; Athen., III, 83.

    36Antiph., Anteia CAF, frg. 34 : « τῆς .. Φοινίκης .. / σεμίδαλις, ἐκ πολλῆς σφόδρ’ ἐξηττημένη ». Pour la chronologie, Ioannis M. Konstantakos, « Notes on the Chronology and Career of Antiphanes », Eikasmos, n° 11, 2000, p. 176.

    37M. C. Amouretti, Le pain et l’huile dans la Grèce antique. De l’araire au moulin, Paris, Les Belles Lettres, 1986, p. 36‑40 ; 123‑126.

    38Athen. 14.52 : « ΕΓΧΥΤΩΝ δὲ πλακούντων μνημονεύει Μένανδρος μὲν ἐν Ψευδηρακλεῖ (III 148 K) οὐκ ἔστι κανδύλους ποιεῖν οὐδ’ οἷα σὺ εἴωθας εἰς ταὐτὸν καρυκεύειν, μέλι, σεμίδαλιν, ᾠά· » (Enchytes). Ménandre en fait mention dans son Faux Hercule (« Tu ne fais plus de candyles, ni de tout ce que tu avais coutume de si bien assaisonner avec du miel, de la semidalis, des œufs. »).

    39P.Cair.Zen. I 59004 ; 59005 ; IV 59683 ; P.Lond. VII 2143 (semidalis et aleura) ; P.Col. IV 77 ; P.Petr II 5b ; 25e ; III 61g ; 61h ; 61i (semidalis et autopyra).

    40P.Lond. VII 2149, ll. 11‑15.

    41P.Lond. VII 2140.

    42P.Mich. I 28, col. i, ll. 30-32 : « ἐπίστειλον δέ μοι πόθεν δεῖ/λαβόντα σῖτον \καὶ/ ⟦η⟧ πόσον δοῦναι Ἀμμωνίωι/ τῶι σιτοποιῶι ὅπως ἑτοιμασθῆι σεμίδαλις » (« Faites-moi savoir où je dois obtenir du sitos pour Ammonios le meunier et combien je dois lui donner pour la préparation de la semidalis. ») (256 BC Philadelphia).

    43Pour des données sur les esclaves ayant immigré en Égypte depuis la zone syro-phénicienne, voir P. M. Fraser, Ptolemaic Alexandria, I, Oxford, Oxford University Press, 1972, p. 74 ; 168 ; 277.

    44P.Cair.Zen. III 59533.

    45Gen. 18.6 ; Ex. 29.2 ; 40 ; Lev. 2.1 ; 2 ; 4 ; 5 ; 7 ; 5.11 ; 13 ; 6.8 ; 13 ; 7.12 ; 9.4 ; 14.10 ; 21 ; 23.13 ; 17 ; 24.5 ; Num. 6.15 ; 7.13 ; 19 ; 25 ; 31 ; 37 ; 43 ; 49 ; 55 ; 61 ; 67 ; 73 ; 79 ; 8.8 ; 15.4 ; 6 ; 9 ; 28.5 ; 9 ; 12 ; 13 ; 20 ; 28 ; 29.3 ; 9 ; 14 ; Re i (Sam. i) 1.24 ; Re iii (Re i) 2.46e ; 5.2 ; Re iv 7.1 ; 16 ; 18 ; Chron. i 9.29 ; 23.29 ; Is. 1.13 ; 66.3 ; Ez. 16.13 ; 19 ; 46.14.

    46Le libum est un dessert sacré offert aux dieux, traditionnellement fait avec de la farine d’amidonnier. Verg., Aen., VII, 109‑111.

    47Cat., Agr. cult., 75 : « libum hoc modo facito: casei p. II bene disterat in mortario: ubi bene distriverit, farinae siligineae libram aut, si voles tenerius esse, selibram similaginis solum eodem indito permiscetoque cum caseo bene; ovum unum addito et una permisceto bene. inde panem facito, folia subdito, in foco caldo sub testu coquito leniter » (« Manière de faire le pain de sacrifice. Broyez bien deux livres de fromage dans le mortier ; quand il y sera, mêlez-y une livre de farina siliginea, ou seulement une demi-livre de similago, si vous le désirez plus tendre, et incorporez le tout avec soin. Moulez vos pains, placez-les-sur des feuilles, et laissez les cuire lentement sous la tuile et sur une plaque chaude. »).

    48CIL I 1207 (p. 970) = VI 9812 = ILS 7461 ; ILLRP 807.

    49Luc., Inc., 1251 : « pistricem valida[m], si nummi suppeditabunt, addas, empleuron, mamphulas quae sciat omnis » (« Si tes moyens te permettent d’avoir une boulangère en fleur, tâche aussi qu’elle soit solide sur ses hanches, et qu’elle sache toutes les mamphulae. »). La mamphula est un type de pain syrien (Fest. 142). Luc., III, 128 : « caupona hic tamen una Syra » (« Il y avait cependant là une aubergiste syrienne. »). [Verg.], Cop., 1-20 : « copa Surisca, caput Graeca redimita mitella,/ crispum sub crotalo docta movere latus,/ ebria fumosa saltat lasciva taberna /ad cubitum raucos excutiens calamos […] est hic munda Ceres, est Amor, est Bromius » (« Syrisque, la fille d’auberge, la tête ceinte d’une petite mitre grecque, qui sait remuer au son du crotale ses souples hanches, danse, enivrée, des pas lascifs dans la taverne fumeuse, en secouant à son coude de rauques baguettes. »).

    50IG XIV 24 : « [ – – – ] / Δεκομία / Συρίσκα / πανδόκια/ χρηστὰ / χαῖρε » (« Dekomia, bonne aubergiste syrienne, bienvenue »).

    51Plin., N.H., XVIII, 82 : « Aegyptus similaginem conficit e tritico suo nequaquam Italicae parem » (« L’Égypte fait avec son blé dur une similago qui est loin d’être égale à celle de l’Italie. »).

    52Plin., N.H., XVIII, 89-90 : « similago e tritico fit, laudatissima ex Africo. iustum est e modiis redire semodios et pollinis sextarios V – ita appellant in tritico quod florem in siligine; hoc aerariae officinae chartariaeque utuntur –, praeterea secundarii sextarios IV furfurumque tantundem, panis uero e modio similaginis [p.] XXII » (« On extrait la similago du blé dur. La plus appréciée est celle du blé dur d’Afrique. Un boisseau doit rendre un demi-boisseau de similago et cinq setiers de pollen ; on donne le nom de pollen, dans le blé dur, à ce qu’on appelle fleur dans la siligo ; les fonderies de cuivre et les fabriques de papyrus s’en servent ; en outre, il rend quatre setiers de grosse farine et quatre setiers de son. Un boisseau de similago donne 22 livres de pain. »).

    53C. Virlouvet, « Les lois frumentaires d’époque républicaine », dans Le ravitaillement en blé de Rome et des centres urbains…, op. cit., p. 11‑29.

    54Sall., Hist., III, 34, 19 : « nisi forte repentina ista frumentaria lege munia vostra pensantur, qua tamen quinis modiis libertatem omnium aestumavere, qui profecto non amplius possunt alimentis carceris. namque ut illis exiguitate mors prohibetur, senescunt vires, sic neque absolvi[t] cura familiari tam parva res et ignavi quoiusque tenuissumas spes frustratur. quae tamen quamvis ampla quoniam serviti pretium ostentaretur, quoius torpedinis erat decipi et vostrarum rerum ultro iniuri[ae] gratiam debere? cavendus dolus est » (« À moins que, bien sûr, vos services ne soient rémunérés par cette soudaine loi sur la distribution des céréales, par laquelle ils ont évalué toutes vos libertés à cinq boisseaux par personne, une allocation qui, en réalité, ne dépasse guère les rations d’un prisonnier. Car de même qu’avec une nourriture aussi chiche on l’empêche de mourir, mais on laisse décliner ses forces, de même, cette petite quantité ne vous décharge d’aucun souci pour la famille et déçoit les plus minces espoirs des oisifs. Même si cette allocation était abondante, quelle lâche torpeur cela montrerait, puisqu’elle est offerte comme le prix de votre servitude de vous laisser tromper par cela et devoir réellement de la gratitude à vos oppresseurs pour vos propres biens. Éviter cette ruse. »).

    55Sen., Ep., 80, 8 : « ille qui in scaena latus incedit et haec resupinus dicit: en impero Argis ; regna mihi liquit Pelops, / qua ponto ab Helles atque ab Ionio mari / urguetur Isthmos, servus est, quinque modios accipit et quinque denarios » (« Cet homme qui s’avance majestueusement sur la scène, et qui dit, renversant sa tête : “Je suis maître d’Argos ; Pélops m’a laissé les royaumes. L’isthme que l’Hellespont et la mer d’Ionie viennent battre de leurs flots.” C’est un esclave : il reçoit cinq boisseaux et cinq deniers. »).

    Auteur

    • Federico De Romanis

      Professeur d’histoire romaine à l’université de Rome Tor Vergata, Federico De Romanis travaille sur l’histoire économique et sociale de l’Empire romain, et en particulier sur le commerce à longue distance, la fiscalité et l’approvisionnement en blé de la cité de Rome. Il a notamment publié The Indo-Roman Pepper Trade and the Muziris Papyrus, Oxford, Oxford University Press, coll. « Oxford Studies on the Roman Economy », 2020 et Cassia, cinnamomo, ­ossidiana. Uomini e merci tra Oceano Indiano e ­Mediterraneo, Rome, L’Erma di Bretschneider, 2006.

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    1Plin., N.H., XVIII, 62 : « populum Romanum farre tantum e frumento CCC annis usum Verrius tradit » (« Verrius rapporte que pendant trois cents ans le far fut le seul blé qu’utilisa le peuple romain »).

    2Tite-Live, II, 34.1-7 ; IV, 25.4-6 ; LII, 5-6 ; D. d’Halicarnasse, Ant. Rom., VII, 1-2 ; XII, 3-4 ; 20, 1 ; Plut., Cor., 16.

    3Caton, Orig. frg. 77 Peter = FRH fr. 80.

    4D. d’Halicarnasse, Ant. Rom., VII, 1-2 ; XII, 3-4 ; XX, 1.

    5Voir aussi, dans ce cas précis, les observations générales de Catherine Virlouvet, Famines et émeutes à Rome des origines de la République à la mort de Néron, Rome, Publications de l’École française de Rome, 1985, p. 20-21 : « Pour la période archaïque, on sait que Tite-Live et Denys dépendent d’annalistes qui ont puisé une partie de leurs renseignements dans des listes de faits marquants tenues chaque année à Rome depuis la plus haute époque. On a de plus en plus tendance à penser que ces listes mentionnaient effectivement les principales famines […] et que ce genre de notations correspond à un noyau de réalité historique au sein de récits inspirés en bonne part d’événements ultérieurs transposés. Les troubles mentionnés […] sont au contraire grandement reconstruits à partir des réalités contemporaines des annalistes des iie et ier siècles av. J.‑C. Mais il est impossible de savoir s’ils ont été inventés de toutes pièces ou si les annales des pontifes relevaient aussi brièvement les émeutes qui pouvaient survenir dans la cité. En tout cas, le luxe de détails fournis par les récits de Tite-Live et Denys ne peut provenir de documents d’époque et me ferait plutôt pencher pour la première solution. »

    6D. d’Halicarnasse, Ant. Rom., XII, 3 : « ἐκ δὲ τῶν ἐν Τυρρηνίᾳ πόλεων οἱ πεμφθέντες κέγχρους τε καὶ ζέας συνωνησάμενοι ταῖς ποταμηγοῖς σκάφαις κατεκόμισαν εἰς τὴν πόλιν » (« ceux qui avaient été envoyés en Étrurie, achetèrent et portèrent à Rome dans des bateaux sur le Tibre du millet et de l’amidonnier »).

    7D. d’Halicarnasse, Ant. Rom., XX, 1 : « ἦλθον δὲ καὶ οἱ πρότερον ἀποσταλέντες πρέσβεις εἰς Σικελίαν Γεγάνιος καὶ Οὐαλέριος πολλὰς ἄγοντες ὁλκάδας, ἐν αἷς ἐκομίζοντο πυρῶν πέντε μυριάδες μεδίμνων Σικελικῶν » (« Geganius et Valerius qu’on avait envoyés en Sicile comme nous l’avons dit, arrivèrent vers le même temps avec plusieurs vaisseaux de charge qui portaient cinquante mille médimnes siciliens de froment. »).

    8Inscr. It., XIII, 1, 1b : « L. Caecilius L. f. C. n. Metellus pro cos. de Poeneis VII Idus Septemb. a. DII[I] ». Voir T. R. Broughton, The Magistrates of the Roman Republic, I, New York, American Philological Association, 1951, p. 213‑214.

    9Plin., N.H., XVIII, 17 : « M. Varro auctor est, cum L. Metellus in triumpho plurimos duxit elephantos, assibus singulis farris modios fuisse, item vini congios ficique siccae pon[d]o XXX, olei pon[d]o X, carnis pon[d]o XII » (« M. Varron rapporte que, l’année où L. Métellus conduisit dans son triomphe de nombreux éléphants, le boisseau de blé se vendit un as, ainsi qu’un conge de vin, 30 livres de figues sèches, 10 livres d’huile, 12 livres de viande. »).

    10Eutrop., III, 1-2 : « eodem tempore potentissimus rex Siciliae Hiero Romam venit ad ludos spectandos et ducenta milia modiorum tritici populo donum exhibuit » (« Dans le même temps, Hiéron, le plus puissant monarque de Sicile, vint à Rome, pour assister aux jeux, et fit présent au peuple de deux cent mille boisseaux de blé dur. »).

    11Tite-Live, XXX, 26, 5-6 [203 av. J.‑C.] ; 38, 5 [202 av. J.‑C.] ; XXXI, 4, 5-6 [201 av. J.‑C.] ; XXXI, 50, 1 [200 av. J.‑C.] ; XXXIII, 42, 8-9 [196 av. J.‑C.] ; XXXVI, 2, 13 [191 av. J.‑C.]. À l’exception de XXXIII, 42, 8-9, Tite-Live utilise, dans les passages cités, le terme générique frumentum. Toutefois, dans la mesure où les céréales proviennent de régions (Sicile, Sardaigne, Afrique, Espagne) caractérisées par des terres cultivables arides propices à la culture du blé dur et célèbres au cours des époques ultérieures pour leurs envois de blé dur vers Rome (Plin., N.H., XVIII, 66), il est certain que le frumentum dont parle Tite-Live est plus précisément du blé dur (triticum).

    12Plaut., Mil., 321 : « mirumst lolio victitare te tam vili tritico » (« Je m’étonne que tu te nourrisses d’ivraie quand le blé dur est si bon marché. »).

    13Fausto Zevi, « Le grandi navi mercantili, Puteoli e Roma », dans Le ravitaillement en blé de Rome et des centres urbains des débuts de la République jusqu’au Haut-Empire. Actes du colloque international organisé par le Centre Jean Bérard et l’URA 994 du CNRS, Naples, 14-16 février 1991, Naples, Publications de l’École française de Rome, CXCVI, 1994, p. 65-67.

    14Plin., N.H., XVIII, 107-8 : « pistores Romae non fuere ad Persicum usque bellum annis ab urbe condita super DLXXX. ipsi panem faciebant Quirites, mulierumque id opus maxime erat, sicut etiam nunc in plurimis gentium […] certumque fit Atei Capitonis sententia [co]cos tum panem lautioribus coquere solitos, pistoresque tantum eos, qui far pisebant, nominatos. nec cocos vero habebant in servitiis, eosque ex macello conducebant » (« Il n’y eut pas de boulangers à Rome jusqu’à la guerre de Persée, plus de cinq cent quatre-vingts ans après la fondation de la ville. Les vieux Romains faisaient eux-mêmes leur pain ; c’était la besogne des femmes, comme cela l’est encore chez plusieurs nations […] Il demeure établi, d’après l’avis de A. Ateius Capiton, qu’alors les cuisiniers avaient l’habitude de cuire le pain pour les personnes riches, et qu’on ne donnait le nom de pistor, boulanger, qu’à ceux qui pilaient le far. On n’avait pas non plus de cuisiniers parmi ses esclaves, et on les louait au marché. »).

    15Plaut., Most., 828 : « non enim haec pultiphagus opifex opera fecit barbarus » (« Ce n’est pas un ouvrier barbare, un mangeur de bouillie, qui a taillé cela. ») ; Poen., 54 : « Pla[u]tus […] pultiphagonides » (« Plaute […] descendant de mangeurs de bouillie »).

    16Pol., VI, 39, 12-15 : « Ὀψώνιον δ’ οἱ μὲν πεζοὶ λαμβάνουσι τῆς ἡμέρας δύ’ ὀβολούς, οἱ δὲ ταξίαρχοι διπλοῦν, οἱ δ’ ἱππεῖς δραχμήν. σιτομετροῦνται δ’ οἱ μὲν πεζοὶ πυρῶν Ἀττικοῦ μεδίμνου δύο μέρη μάλιστά πως, οἱ δ’ ἱππεῖς κριθῶν μὲν ἑπτὰ μεδίμνους εἰς τὸν μῆνα, πυρῶν δὲ δύο, τῶν δὲ συμμάχων οἱ μὲν πεζοὶ τὸ ἴσον, οἱ δ’ ἱππεῖς πυρῶν μὲν μέδιμνον ἕνα καὶ τρίτον μέρος, κριθῶν δὲ πέντε » (« La solde du fantassin est de deux oboles par jour. Les centurions ont le double, les cavaliers une drachme. La ration de pain, pour l’infanterie, est de deux-tiers, à peu près, d’un médimne attique de blé dur ; celle du cavalier, de sept médimnes d’orge par mois et deux de blé. L’infanterie des alliés reçoit la même ration que celle des Romains ; leur cavalerie, un médimne et un tiers de blé, et sept d’orge. »).

    17Tite-Live, XXVIII, 45.17.

    18Caton, Agr. cult., 35 : « siliginem, triticum in loco aperto celso, ubi sol quam diutissime siet, seri oportet » (« Semez le blé tendre, le blé dur, dans les lieux découverts, élevés, exposés à de longues insolations. »).

    19Caton, Agr. cult., 56 : « familiae cibaria quanta dentur. familiae cibaria. qui opus facient: per hiemem tritici modios IIII, per aestatem modios IIIIS; vilico, vilicae, epistatae, opilioni: modios III; compeditis: per hiemem panis p. IIII, ubi vineam fodere coeperint panis p. V, usque adeo dum ficos esse coeperint: deinde ad p. IIII redito » (« Quantité de nourriture pour les esclaves. Les travailleurs recevront pour l’hiver quatre boisseaux de froment, et quatre et demi pour l’été ; l’intendant et son épouse, l’agent et le bouvier, chacun trois boisseaux ; les esclaves entravés, quatre livres de pain pendant l’hiver, cinq livres depuis l’instant où ils commencent à bêcher la vigne jusqu’à la maturité des figues : pour le reste du temps la ration sera réduite à quatre livres. »).

    20Cic., Imp. Cn. Pomp., 34 : « qui nondum tempestivo ad navigandum mari Siciliam adiit, Africam exploravit, inde Sardiniam cum classe venit atque haec tria frumentaria subsidia rei publicae firmissimis praesidiis classibusque munivit » (« La mer n’étant pas encore favorable pour naviguer, il a abordé en Sicile, a visité l’Afrique, est venu de là en Sardaigne avec une flotte, et a muni de garnisons et de flottes très fortes ces trois réserves de blé de la République. »).

    21Varron, Rust., I, 2, 6, cité dans la note suivante. Les 240 000 muids de blé dur chez Tite-Live, XXVII, 1, 2 provenaient d’Apulie.

    22Col., II, 6.3 : « […] far, quod appellatur Clusinum, candidi oris et nitidi » (« le far que l’on appelle de Clusium [Étrurie], d’aspect blanc et brillant »).

    23Varron, Rust., I, 2, 6 : « contra quid in Italia utensile non modo non nascitur, sed etiam non egregium fit? Quod far conferam Campano? Quod triticum Apulo? » (« Au contraire, qu’y a-t-il en Italie d’utile qui non seulement ne pousse, mais encore ne vienne d’une qualité exceptionnelle ? Quel amidonnier comparer à celui de Campanie ? Quel blé dur à celui de l’Apulie ? »). Concernant la production d’amidonnier autour de Casilinum en 216 av. J.‑C., voir Tite-Live, XXIII, 19.7-10. Par conséquent, le far mentionné dans la tablette de défixion capouane Vetter 6, l. 8 est sans doute de l’amidonnier : Federico De Romanis, « Entre contraintes pédoclimatiques et tendances du marché. Notes sur les céréales chez Columelle », dans Maëlys Blandenet et Marine Bretin-Chabrol (dir.), La terre et le grain. Lectures interdisciplinaires de Columelle. De re rustica, I et II, Lyon, Collection du Centre d’études romaines et gallo-romaines, 2020, p. 253‑254.

    24Strab. 5.2.10 : « κατὰ δὲ θάτερα μέρη Ἀμερία τε καὶ Τοῦδερ εὐερκὴς πόλις, καὶ Εἰσπέλλον καὶ Ἰγούιον, πλησίον τοῦτο ἤδη τῶν ὑπερβολῶν τοῦ ὄρους. ἅπασα δ’ εὐδαίμων ἡ χώρα, μικρῷ δ’ ὀρειοτέρα, ζειᾷ μᾶλλον ἢ πυρῷ τοὺς ἀνθρώπους τρέφουσα » (« Enfin de l’autre côté de la route se trouvent Amérie et la ville de Tuder bien fortifiée, Ispellum aussi, et, dans le voisinage même du col, Iguvium. Tout ce pays est fertile, un peu trop montagneux cependant ; aussi produit-il pour la nourriture de ses habitants plus d’amidonnier que de blé dur. »). Le prolongement de la culture du far est confirmé à Iguuium par la collecte, les offrandes et les gâteaux de far mentionnés dans les Tabulae Iguuinae (IIa 12 ; Vb 8-18 ; VIb 2 ; VIb 4). Jürgen Untermann (Handbuch der italischen Dialekte, 3, Wörterbuch des Oskisch-Umbrischen, Heidelberg, Winter, 2000, p. 266) rapproche les formes fasiu, farsio et fasio de Paul. ex Fest 78 Lindsay : « Farreum genus libi ex farre factum » (« Farreum est un type de libum [gâteau] fait avec du far. ») ; à Mevania, la magistrature des CVESTUR FARARIUR (quaestores farrarii) est attestée dans une inscription d’un cadran solaire de la fin du IIe siècle ou le début du Ier siècle av. J.‑C.

    25Gell., N.A., II, 24, 2.

    26Varron, Rust., II praef. 3 : « frumentum locamus qui nobis adve[h]at, qui saturi fiamus ex Africa et Sardinia » (« nous payons pour qu’on nous apporte d’Afrique et de Sardaigne le blé qui nous nourrit. »).

    27Hor., Sat., I, 6, 111-112 : « Quacumque libido est, / incedo solus, percontor quanti holus ac far » (« Je vais seul partout où j’ai la fantaisie d’aller ; je m’informe du prix des légumes et du far. »).

    28Hdt. 2.36 : « ἀπὸ πυρῶν καὶ κριθέων ὧλλοι ζώουσι, Αἰγυπτίων δὲ τῷ ποιευμένῳ ἀπὸ τούτων τὴν ζόην ὄνειδος μέγιστόν ἐστι, ἀλλὰ ἀπὸ ὀλυρέων ποιεῦνται σιτία, τὰς ζειὰς μετεξέτεροι καλέουσι » (« Partout ailleurs on se nourrit de froment et d’orge. En Égypte, on regarde comme infâmes ceux qui s’en nourrissent, et l’on y fait usage d’ὄλυραι [amidonnier] – que les autres appellent ζειαί. ») ; 77 : « ἀρτοφαγέουσι δὲ ἐκ τῶν ὀλυρέων ποιεῦντες ἄρτους, τοὺς ἐκεῖνοι κυλλήστις ὀνομάζουσι » (« Ils mangent du pain d’amidonnier, qu’ils appellent cyllestis. »). Bdt, amidonnier en démotique.

    29Damien Agut-Labordère, Charlène Bouchot, François Lerouxel et Claire Newton, « De l’amidonnier au blé dur : un changement dans la céréaliculture », dans F. Lerouxel et Julien Zurbach (dir.), Le changement dans les économies antiques, Pessac, Ausonius Éd., 2020, p. 29‑79.

    30Voir le très clair schéma récapitulatif dans l’article de Pierre Ouzoulias, « Les céréales vêtues dans l’Antiquité », dans F. Lerouxel et J. Zurbach (dir.), Le changement dans les économies antiques, op. cit., p. 84.

    31Damien Agut-Labordère, Charlène Bouchot, François Lerouxel et Claire Newton, « De l’amidonnier au blé dur : un changement dans la céréaliculture », dans F. Lerouxel et Julien Zurbach (dir.), Le changement dans les économies antiques, Pessac, Ausonius Éd., 2020, p. 47.

    32Gal., De alim. fac., VI 483-484 K. : « καὶ παρά γε τοῖς Ῥωμαίοις, ὥσπερ οὖν καὶ παρὰ τοῖς ἄλλοις σχεδὸν ἅπασιν, ὧν ἄρχουσιν, ὁ μὲν καθαρώτατος ἄρτος ὀνομάζεται σιλιγνίτης, ὁ δ’ ἐφεξῆς αὐτῷ σεμιδαλίτης. ἀλλ’ ἡ μὲν σεμίδαλις Ἑλληνικόν τε καὶ παλαιὸν ὄνομα, σίλιγνις δ’ οὐχ Ἑλληνικὸν μέν, ἑτέρως δ’ αὐτὴν ὀνομάζειν οὐκ ἔχω. τροφιμώτατος μὲν οὖν ὁ σιλιγνίτης αὐτῶν, ἐφεξῆς δ’ ὁ σεμιδαλίτης, καὶ τρίτος ὁ μέσος τε καὶ συγκομιστός· ἐφ’ ᾧ τέταρτόν ἐστι τὸ τῶν ῥυπαρῶν εἶδος, ὧν ἔσχατος ὁ πιτυρίας, ὃς δὴ καὶ ἀτροφώτατός ἐστι καὶ μάλιστα τῶν ἄλλων ὑπέρχεται κατὰ γαστέρα » (« Chez les Romains, comme chez presque tous les autres peuples qui y sont soumis, le pain le plus fin est appelé silignites, et celui qui vient après est appelé semidalites. Le mot semidalis est à la fois grec et ancien, mais silignis n’est pas grec, et je ne connais pas d’autre nom pour le désigner. Ainsi, le silignis est le plus nourrissant parmi eux, suivi du semidalis, puis le troisième est un mélange de déchets de farine. Ensuite, il y a le quatrième type, qui est celui des impuretés, dont le dernier est le son, qui est en effet le moins nourrissant et ne reste pas dans l’estomac. »).

    33Pour le babylonien samīdu (un type de gruau), lui-même associé au verbe samādu (« moudre en gruau ») et au substantif sāmidu (« meunier ») voir The Assyrian Dictionary, Chicago, The Oriental Institute, vol. XV, 1984, p. 107 ; 115‑116.

    34Hermipp., Phormophoroi CAF, frg. 63, v. 22 : « Φοινίκη δ’αὖ καρπὸν φοίνικος καὶ σεμίδαλιν ». Pour la chronologie, A. Körte, R.E., VIII, 845.

    35Hipp., De diaet., II, 41-44 ; Athen., III, 83.

    36Antiph., Anteia CAF, frg. 34 : « τῆς .. Φοινίκης .. / σεμίδαλις, ἐκ πολλῆς σφόδρ’ ἐξηττημένη ». Pour la chronologie, Ioannis M. Konstantakos, « Notes on the Chronology and Career of Antiphanes », Eikasmos, n° 11, 2000, p. 176.

    37M. C. Amouretti, Le pain et l’huile dans la Grèce antique. De l’araire au moulin, Paris, Les Belles Lettres, 1986, p. 36‑40 ; 123‑126.

    38Athen. 14.52 : « ΕΓΧΥΤΩΝ δὲ πλακούντων μνημονεύει Μένανδρος μὲν ἐν Ψευδηρακλεῖ (III 148 K) οὐκ ἔστι κανδύλους ποιεῖν οὐδ’ οἷα σὺ εἴωθας εἰς ταὐτὸν καρυκεύειν, μέλι, σεμίδαλιν, ᾠά· » (Enchytes). Ménandre en fait mention dans son Faux Hercule (« Tu ne fais plus de candyles, ni de tout ce que tu avais coutume de si bien assaisonner avec du miel, de la semidalis, des œufs. »).

    39P.Cair.Zen. I 59004 ; 59005 ; IV 59683 ; P.Lond. VII 2143 (semidalis et aleura) ; P.Col. IV 77 ; P.Petr II 5b ; 25e ; III 61g ; 61h ; 61i (semidalis et autopyra).

    40P.Lond. VII 2149, ll. 11‑15.

    41P.Lond. VII 2140.

    42P.Mich. I 28, col. i, ll. 30-32 : « ἐπίστειλον δέ μοι πόθεν δεῖ/λαβόντα σῖτον \καὶ/ ⟦η⟧ πόσον δοῦναι Ἀμμωνίωι/ τῶι σιτοποιῶι ὅπως ἑτοιμασθῆι σεμίδαλις » (« Faites-moi savoir où je dois obtenir du sitos pour Ammonios le meunier et combien je dois lui donner pour la préparation de la semidalis. ») (256 BC Philadelphia).

    43Pour des données sur les esclaves ayant immigré en Égypte depuis la zone syro-phénicienne, voir P. M. Fraser, Ptolemaic Alexandria, I, Oxford, Oxford University Press, 1972, p. 74 ; 168 ; 277.

    44P.Cair.Zen. III 59533.

    45Gen. 18.6 ; Ex. 29.2 ; 40 ; Lev. 2.1 ; 2 ; 4 ; 5 ; 7 ; 5.11 ; 13 ; 6.8 ; 13 ; 7.12 ; 9.4 ; 14.10 ; 21 ; 23.13 ; 17 ; 24.5 ; Num. 6.15 ; 7.13 ; 19 ; 25 ; 31 ; 37 ; 43 ; 49 ; 55 ; 61 ; 67 ; 73 ; 79 ; 8.8 ; 15.4 ; 6 ; 9 ; 28.5 ; 9 ; 12 ; 13 ; 20 ; 28 ; 29.3 ; 9 ; 14 ; Re i (Sam. i) 1.24 ; Re iii (Re i) 2.46e ; 5.2 ; Re iv 7.1 ; 16 ; 18 ; Chron. i 9.29 ; 23.29 ; Is. 1.13 ; 66.3 ; Ez. 16.13 ; 19 ; 46.14.

    46Le libum est un dessert sacré offert aux dieux, traditionnellement fait avec de la farine d’amidonnier. Verg., Aen., VII, 109‑111.

    47Cat., Agr. cult., 75 : « libum hoc modo facito: casei p. II bene disterat in mortario: ubi bene distriverit, farinae siligineae libram aut, si voles tenerius esse, selibram similaginis solum eodem indito permiscetoque cum caseo bene; ovum unum addito et una permisceto bene. inde panem facito, folia subdito, in foco caldo sub testu coquito leniter » (« Manière de faire le pain de sacrifice. Broyez bien deux livres de fromage dans le mortier ; quand il y sera, mêlez-y une livre de farina siliginea, ou seulement une demi-livre de similago, si vous le désirez plus tendre, et incorporez le tout avec soin. Moulez vos pains, placez-les-sur des feuilles, et laissez les cuire lentement sous la tuile et sur une plaque chaude. »).

    48CIL I 1207 (p. 970) = VI 9812 = ILS 7461 ; ILLRP 807.

    49Luc., Inc., 1251 : « pistricem valida[m], si nummi suppeditabunt, addas, empleuron, mamphulas quae sciat omnis » (« Si tes moyens te permettent d’avoir une boulangère en fleur, tâche aussi qu’elle soit solide sur ses hanches, et qu’elle sache toutes les mamphulae. »). La mamphula est un type de pain syrien (Fest. 142). Luc., III, 128 : « caupona hic tamen una Syra » (« Il y avait cependant là une aubergiste syrienne. »). [Verg.], Cop., 1-20 : « copa Surisca, caput Graeca redimita mitella,/ crispum sub crotalo docta movere latus,/ ebria fumosa saltat lasciva taberna /ad cubitum raucos excutiens calamos […] est hic munda Ceres, est Amor, est Bromius » (« Syrisque, la fille d’auberge, la tête ceinte d’une petite mitre grecque, qui sait remuer au son du crotale ses souples hanches, danse, enivrée, des pas lascifs dans la taverne fumeuse, en secouant à son coude de rauques baguettes. »).

    50IG XIV 24 : « [ – – – ] / Δεκομία / Συρίσκα / πανδόκια/ χρηστὰ / χαῖρε » (« Dekomia, bonne aubergiste syrienne, bienvenue »).

    51Plin., N.H., XVIII, 82 : « Aegyptus similaginem conficit e tritico suo nequaquam Italicae parem » (« L’Égypte fait avec son blé dur une similago qui est loin d’être égale à celle de l’Italie. »).

    52Plin., N.H., XVIII, 89-90 : « similago e tritico fit, laudatissima ex Africo. iustum est e modiis redire semodios et pollinis sextarios V – ita appellant in tritico quod florem in siligine; hoc aerariae officinae chartariaeque utuntur –, praeterea secundarii sextarios IV furfurumque tantundem, panis uero e modio similaginis [p.] XXII » (« On extrait la similago du blé dur. La plus appréciée est celle du blé dur d’Afrique. Un boisseau doit rendre un demi-boisseau de similago et cinq setiers de pollen ; on donne le nom de pollen, dans le blé dur, à ce qu’on appelle fleur dans la siligo ; les fonderies de cuivre et les fabriques de papyrus s’en servent ; en outre, il rend quatre setiers de grosse farine et quatre setiers de son. Un boisseau de similago donne 22 livres de pain. »).

    53C. Virlouvet, « Les lois frumentaires d’époque républicaine », dans Le ravitaillement en blé de Rome et des centres urbains…, op. cit., p. 11‑29.

    54Sall., Hist., III, 34, 19 : « nisi forte repentina ista frumentaria lege munia vostra pensantur, qua tamen quinis modiis libertatem omnium aestumavere, qui profecto non amplius possunt alimentis carceris. namque ut illis exiguitate mors prohibetur, senescunt vires, sic neque absolvi[t] cura familiari tam parva res et ignavi quoiusque tenuissumas spes frustratur. quae tamen quamvis ampla quoniam serviti pretium ostentaretur, quoius torpedinis erat decipi et vostrarum rerum ultro iniuri[ae] gratiam debere? cavendus dolus est » (« À moins que, bien sûr, vos services ne soient rémunérés par cette soudaine loi sur la distribution des céréales, par laquelle ils ont évalué toutes vos libertés à cinq boisseaux par personne, une allocation qui, en réalité, ne dépasse guère les rations d’un prisonnier. Car de même qu’avec une nourriture aussi chiche on l’empêche de mourir, mais on laisse décliner ses forces, de même, cette petite quantité ne vous décharge d’aucun souci pour la famille et déçoit les plus minces espoirs des oisifs. Même si cette allocation était abondante, quelle lâche torpeur cela montrerait, puisqu’elle est offerte comme le prix de votre servitude de vous laisser tromper par cela et devoir réellement de la gratitude à vos oppresseurs pour vos propres biens. Éviter cette ruse. »).

    55Sen., Ep., 80, 8 : « ille qui in scaena latus incedit et haec resupinus dicit: en impero Argis ; regna mihi liquit Pelops, / qua ponto ab Helles atque ab Ionio mari / urguetur Isthmos, servus est, quinque modios accipit et quinque denarios » (« Cet homme qui s’avance majestueusement sur la scène, et qui dit, renversant sa tête : “Je suis maître d’Argos ; Pélops m’a laissé les royaumes. L’isthme que l’Hellespont et la mer d’Ionie viennent battre de leurs flots.” C’est un esclave : il reçoit cinq boisseaux et cinq deniers. »).

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    Ce livre est cité par

    • (2025) Liste des livres reçus au bureau de la rédaction. Revue historique, n° 713. DOI: 10.3917/rhis.251.0205

    Ce chapitre est cité par

    • De Romanis, Federico. (2025) In margine all’iscrizione della tomba da fuori Porta Stabia a Pompeii (AE, 2018, 497 = 498). Mélanges de l'École française de Rome. Antiquité, 137-2. DOI: 10.4000/168mw

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    De Romanis, F. (2024). Conférence inaugurale. La transition de l’amidonnier au blé dur en Italie romaine et en Égypte ptolémaïque : de nouvelles céréales pour les mégapoles émergentes. In M. Martini & C. Virlouvet (éds.), L’émergence de nouveaux marchés. Vincennes: Institut de la gestion publique et du développement économique. https://doi.org/10.4000/12bty
    De Romanis, Federico. « Conférence inaugurale. La transition de l’amidonnier au blé dur en Italie romaine et en Égypte ptolémaïque : de nouvelles céréales pour les mégapoles émergentes ». In L’émergence de nouveaux marchés, édité par Manuela Martini et Catherine Virlouvet. Vincennes: Institut de la gestion publique et du développement économique, 2024. doi:10.4000/12bty.
    De Romanis, Federico. « Conférence inaugurale. La transition de l’amidonnier au blé dur en Italie romaine et en Égypte ptolémaïque : de nouvelles céréales pour les mégapoles émergentes ». L’émergence de nouveaux marchés, édité par Manuela Martini et Catherine Virlouvet, Institut de la gestion publique et du développement économique, 2024, https://doi.org/10.4000/12bty.

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    Martini, M., & Virlouvet, C. (éds.). (2024). L’émergence de nouveaux marchés. Vincennes: Institut de la gestion publique et du développement économique. https://doi.org/10.4000/12buu
    Martini, Manuela, et Catherine Virlouvet, éd. L’émergence de nouveaux marchés. Vincennes: Institut de la gestion publique et du développement économique, 2024. doi:10.4000/12buu.
    Martini, Manuela, et Catherine Virlouvet, éditeurs. L’émergence de nouveaux marchés. Institut de la gestion publique et du développement économique, 2024, https://doi.org/10.4000/12buu.
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