Introduction
p. 189-190
Texte intégral
1Nous avons vu dans les chapitres précédents dans quel contexte se posait la question de la langue philosophique de Farabi. Langue du Coran et langue du ḥadīṯ, langue des sciences religieuses en même temps que langue de la poésie et de la prose, la langue arabe est très tôt devenue objet d'étude pour les linguistes que sont les grammairiens et les lexicographes. Et il y a eu tout le mouvement de traduction des œuvres scientifiques grecques et la naissance de la falsafa avec les premières traductions de textes philosophiques et particulièrement l'apport de Kindi.
2Lorsque Farabi s'avance dans le domaine de la langue, il n'est pas sur une terra incognita et, sans nul doute, sa réflexion sera éclairée par tout ce qui a été fait, pensé et conçu par ses différents prédécesseurs.
3Farabi a réfléchi sur la question de la langue, aussi bien son origine que sa formation. Il a réfléchi aussi sur l'évolution de la langue : formation des termes aussi bien que formation des premiers langages techniques. Il en est ainsi arrivé à la formation de la langue et du vocabulaire philosophiques. Les trois chapitres qui viennent étudieront chacun de ces aspects de sa réflexion linguistique.
4Farabi a souvent abordé, dans son œuvre, les problèmes du langage et de la dénomination. Il l'a fait d'une manière théorique aussi bien que pratique. Nous commencerons par examiner l'aspect théorique en exposant ses idées sur la langue. Et tout d'abord, nous nous attacherons à voir comment il a posé le problème de l'origine et de la formation de la langue et des langues (ch. 1). Cela l'a conduit à préciser sa réflexion en faisant la théorie de la naissance du langage spécialisé, technique, du langage des sciences (ch. 2). Nous serons ainsi introduits à la question de la naissance du langage philosophique (ch. 3).
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