1 En 1432, le 12 juin était un jeudi. Sans doute faut-il lire XIIII et non XII.
2 Nous ne connaissons pas les attaches familiales d Isabeau Visconte, ni comment elle était la sœur de Jacques de Fleury. Les Visconte étaient établis en Chypre depuis le xiiie siècle : Guillaume Visconte et sa femme Catherine Vicomtesse de Nephin possédaient dès 1221 le casal de Nisso (Nisou, au sud de Nicosie, sur la route de Limas-sol), qui était encore en 1308 la possession de Raymond Visconte (La Monte, Register of a cartulary of Santa Sophia of Nicosia, n 14 ; Amadi, éd. R. de Mas-Latrie, p. 285). Cf. Chamberlayne, Lacrimae Nicossienses, p. 154-155.
3 Jacques de Cafran, d’une famille venue de Terre sainte, était maréchal de Chypre (depuis 1427 au moins) et non de Jérusalem. Nous le retrouverons plus loin devenu sire de Beyrouth, puis prince de Galilée. Cf. Familles d’Outre-mer, p. 534.
4 Simou, au sud du Khrysokhou. Au témoignage de Florio Bustron, Jacques II en fit don à Jérôme Salviati. Selon Etienne de Lusignan, ce fief fut apporté dans sa famille par Hélène Chappe.
5 Non identifié. On peut néanmoins penser à Satrakos, que la carte de Mas-Latrie situe sur le fleuve du même nom, au sud de Lefka. Mais l’identification du Satrakos des Anciens est discutée, certains y voyant le Serakhis actuel (G. Hill, t. I, p. 7).
6 Pyla, près Xylotymbou, au nord-est de Larnaka. Le fief avait appartenu, selon les Lignages d’Outre-mer, à Renier de Gibelet le Vieux et à ses descendants.
7 Apalestra Chiftlik, au nord du réservoir de Kouklia, à l’ouest de Famagouste. Jacques 1er en avait fait don à Jean Babin, en 1385.
8 Photta, au sud du château de Saint-Hilarion ?
9 Cato Triguiti n’est pas identifié. Linbra est-il Lymbia, à l’ouest de Larnaka ?
10 Evrykhou, au sud de Lefka — que Jacques II donna à Pierre Zerbas.
11 Vouni, au sud de Kilani ? Jacques II devait en faire don à Galéas de Villarut. Un Voni ou Vouni voisin de Kythrea continua à appartenir au domaine royal.
12 Kondemenos (turc Ghiordemen), au sud de Kyrenia, près d’Assomatos (Kyriazis, Τὰ Χωρία τῆς Κύπρου, p. 104). Après l’avoir confisqué, Jacques II en fit don à Antoine de Bon.
13 Sans doute Tersephanou, entre Kiti et Kivisil, à l’est de Larnaka. En effet, ce casal avait été confisqué par Jacques II, qui donna Chirsefano Apano et Cato à Pierre Podocataro (Bustron, p. 420). Le nom est écrit Quisto-fane dans un texte de 1472 (A. Mercati, Documenti pontifici su persone e cose del Mar Egeo e di Cipro, p. 123).
14 Kivisil, à l’est de Larnaka.
15 Cette localité s’identifie-t-elle au Saint-Georges tou Sporou de la liste d’Hugues Boussat, que nous savons avoir été donné par Jacques II à Galéas de Villarut ?
16 Ces deux noms sont-ils ceux de Trimitho, en Messorée, près du réservoir de Kouklia, et d’Armenokhori, au diocèse de Limassol ? C’est assez douteux pour le second, qui appartenait à l’Hôpital. Les homonymies peuvent avoir été fréquentes.
17 Jacques de Fleury détenait donc deux des casaux de la dot de sa sœur à cette date de 1432. Il semble qu’une partie plus importante de cette dot devait lui revenir : on trouve entre ses mains Cato Triguiti et Linbia, Évrihou, Vouni, qui avaient fait partie de celte dot. Isabeau était-elle morte sans hoirs, laissant son héritage à son frère ?
18 Au trésor royal.
19 ο : avec.
20 Calceran Suarez, le Catalan qui sauva Janus lors de la défaite de Khirokitia et dont le roi fit un amiral de Chypre ; ce grand office passa à son propre neveu quand Jean II fit de Calceran le connétable de Chypre (Bustron, p. 386).
21 Pierre Pelestrin, qui avait pris part aux négociations avec le sultan en 1425, lorsqu’il était écuyer du roi. 11 était vicomte de Nicosie en 1432 et devint turcoplier de Chypre avant 1448. Il était encore turcoplier en 1463. Un autre Pelestrin, Jacques, était mort de chaleur, en 1425, à l’armée du prince de Galilée (Bustron, p. 357 et 360). Un Simon Pelestrin épousa une demoiselle d’honneur de la reine Valentine (Machéras, trad. Miller-Satbas, p. 336).
22 Philippe Salah, qui appartenait à la chancellerie jusqu’en 1442, devint, dès 1448, bailli de la Secrète : un acte de janvier 1454 lui donne encore le litre de « pretoris nostre secrete regalis » (Mas-Latrie, Documents nouveaux..., p. 380).
23 Sur les défauts exigés par le roi des titulaires des fiefs incapables d’assurer leur service en personne, cf. Florio Bustron, éd. R. de Mas-Latrie, p. 462 : le fief de chevalier (service à quatre chevaux) paie 80 ducats ; le fief d’écuyer (trois chevaux), 60 ; le fief d’homme d’armes (deux chevaux), 40 ; celui de turcople (un cheval), 20.
24 Nous identifierions Mesre, qui paraît situé dans la contrée de Paphos, avec le Musoro de la carte de Coro-nelli, aujourd’hui Mousere, au nord-ouest d’Evdhimou.
25 Assignations (revenus assignés à Jacques de Fleury sur le domaine royal).
26 L’usage de joindre à un fief des domaines ou des revenus, parfois relativement éloignés, est souvent attesté dans nos documents.
27 La ville actuelle de Ktima.
28 Akhelia, siège d’une importante sucrerie, à l’est de Paphos.
29 Paphos. La « montaigne de Baffe » désigne sans doute les collines qui s’étendent au nord de Ktima, encore aujourd’hui couvertes de vignes.
30 Fourrée de plume ?
31 Rente sur la boucherie de Paphos ou de Nicosie ?
32 Le Louis de Nores, fils de l’auditeur, dont il est question plus loin ?
33 Hugues Soudain, conseiller du roi Janus en 1427, était déjà chambellan de Chypre en 1432 (Familles d’Outre-mer, p. 672). Sans doute était-il le fils de Léger Soudan, témoin d’un diplôme de Janus en 1411 (Mas-Latrie, Hist., II, p. 499). Sur cette famille, cf. Chamberlayne, Lacrimae Nicossienses, p. 42.
34 Sur les Blanchegarde, descendants de la plus ancienne famille des sires de Beyrouth, cf. ci-dessus, p. 81.
35 En joingte : la presterie cédée au comte de Jaffa ferait désormais partie intégrante du fief d’Evrykhou, dont elle était éloignée d’une quinzaine de kilomètres à vol d’oiseau.
36 Phterykoudi, au nord-est d’Agros, dans les contreforts du Troodos.
37 Mas-Latrie a identifié Presterone de la Montaigne à l’actuel Peristeronari, village voisin de Lefka. Mais cette interprétation n’est pas décisive, et l’on pourrait localiser Presterone de la Montaigne à Peristerona, village de l’ancienne contrée du Mort (et appartenant au domaine royal) : Kyriazis, n°1318.
38 Les grandes jarres où l’on entreposait le vin.
39 Les conduits d’irrigation.
40 Boutiques (χαυoῦτιυ).
41 La mention des abbayes et des églises dans celte énumération stéréotypée des dépendances d’un casal n’a rien qui doive surprendre. Comme en Occident, le seigneur était regardé comme propriétaire des églises bâties sur son domaine. Pour les abbayes (les petits monastères abondaient en Chypre), le seigneur donnait le canonicum assensum à l’élection des abbés : les biens n’étaient francs de charges seigneuriales qu’en vertu de concessions expresses (Mas-Latrie, Hist., III, p. 612 et suiv.). Pour les églises paroissiales, sans doute est-ce le seigneur qui, comme les patrons des églises d’Occident, en choisissait le desservant. Cf. Jean XXII, n° 13736 (1321) : en raison de la négligence du patron, le pape chargeait l’abbé de la Croix de désigner un clerc grec pour desservir la chapelle Notre-Dame, au diocèse de Limassol.
42 Mineurs.
43 Askas, au sud de Phterykoudi.
44 Platanistasa, à l’ouest de Phterykoudi. « Plastanisa, la quale e prastio de la Montagna de Peristerona », fut donné en 1474 à Georges Contarini par Catherine Cornaro (Mas-Latrie, Documents nouveaux, p. 445).
45 Le nom de ce village disparu (Stauriniac, Staurimac des cartes anciennes) survit dans celui d’un ruisseau, l’Argaki tou Stavriniatou, à 8 km. au nord de Phterykoudi.
46 Lagoudhera, au nord-ouest de Platanistasa ?
47 Paléokhori, près d’Askas. Faut-il lire « exceptes » (dépendances ?) ou « exceptés » (serfs exceptés) ?
48 Atassi sur la carte de 1573 qu’a reproduite Coronelli : lieu disparu, qui se trouvait entre Peristerona et Ayia Marina Xyliatou.
49 Trahona n’est pas nécessairement très voisin de Phterykoudi. Est-ce le Trakhonas voisin de Nicosie ?
50 Arodhes, au sud-ouest de Khrysokhou ?
51 Paramidiato se trouvait sans doute au voisinage immédiat de Phterykoudi et paraît avoir disparu.
52 Miloury paraît également avoir disparu. Il est cité sous la forme Milluri dans Mas-Latrie, Hist., III, 504.
53 Alona, au sud de Platanistasa.
54 Ayia Irini, localité joignant Kannavia, à 10 km au nord de Pellendri.
55 Janus de Montolif paraît avoir exercé l’office d’auditeur après Jacques de Fleury lui-même, qui était encore auditeur en 1438, et avant André Cornaro, auditeur en 1400. Il devint ensuite maréchal de Chypre (1458-1463). Cf. Familles d’Outre-mer, p. 686.
56 Sur Étienne Pignol, qui avait disputé la possession de Psimolofo au patriarche de Jérusalem vers 1421, cf. Le casal de Psimolofo, p. 125-126. Il devait être nommé le 18 juin 1443, sans doute après avoir quitté Chypre, conseiller et chambellan du duc de Bourgogne (cf. Hubert Nélis, Catalogue des chartes du sceau de l’audience, t. I, p. 234). Un autre Pignol, Jean Guilhem, a laissé une tombe à Nicosie : comme Etienne, il avait été chargé de missions diplomatiques par le roi. Un François Pignol accompagne Etienne, en 1426, dans une ambassade au Caire (Machéras, trad. Miller-Satas, p. 391-392).
57 Aujourd’hui Kazaphani, gros village au sud de Kyrénia.
58 Les fiefs arestés paraissent avoir été des fiefs saisis sur leurs détenteurs, arrière-vassaux de la couronne, et pour lesquels les seigneurs immédiats devaient payer à la régale une somme équivalant sans doute à leur revenu. La famille de Cérines ne nous est pas autrement connue, à l’exception de sœur Marie de Cérines, prieure des Cisterciennes de Saint-Théodore en 1469 (Mas-Latrie, Hist. III, p. 293).
59 Cf. supra, p. 136-137.
60 Omorphita, près de Nicosie. Ce casal appartenait en 1354-1356 à Gautier de Brienne, duc titulaire d’Athènes. Notons qu’il nous est donné ici comme un casal du domaine royal, bien que tous les domaines des Brienne aient été vendus à Venise par Marie d’Enghien, veuve de Pierre Cornaro (cf. Edouard Poncelet, Compte du domaine de Gautier de Brienne au royaume de Chypre, dans Bulletin de la commission royale d’histoire [Académie de Belgique], t. XCVIII, 1934, p. 1-28).
61 Athalassa, au sud-est de Nicosie, près d’Eylenja, non loin de la roule de Larnaca.
62 Lefkara, au bailliage de Paléokythro, casal proche de Nicosie (Mas-Latrie, Hist., III, p. 510).
63 Fief donné en 1385 à Jean de Brie. Aujourd’hui Eski-Shehir, près de Nicosie (Kyriazis, ΤὰΧωρία, p. 117-118).
64 Localité voisine de Lefconaty (Kyriazis, Ibidem).
65 Sur l’abbaye d’Asinou, fondée au xie siècle, et où on plaça en 1333 l’icône de la Panagia Phorbiotissa, les données traditionnelles (Kyriazis, Τὰ Μοναστήρια ἐν Κύπρῳ, Larnaka, 1950, p. 110) ont été renouvelées par le P. J. Darrouzès, Notes pour servir à l’histoire de Chypre (Κυπρ Σπουδαί, 1953, p. 85-86). Cf. aussi A. et J. Stylianou, Παυαγία Φορϐιώτισσα Ἀσινου (In., 1951, p. 147-152). Dans la montagne, à l’ouest de Peristerona.
66 Le village déjà mentionné à propos des serfs dépendant de Phterykoudhi, au sud d’Asinou.
67 La presterie voisine de Phterykoudhi, déjà citée.
68 Akaki, à l’est de Peristerona, où Henri II avait bâti une résidence (Machéras, p. 344). Un Jean Mouscorno en 1468 : Hist., III, p. 281, 283, 284. Un Georges Monsconne en 1356, dans le compte cité p. 146, n. 4.
69 Les Goul sont une des familles qui donnaient des officiers à la Secrète en 1426 et 1468. Sans doute étaient-ils d’origine syrienne (Machéras, p. 210).
70 Trikomo, au nord de la Messorée et à la racine de la péninsule du Carpas ?.L’identification serait plus certaine si le Monagre ou Monagria que possédait Jacques de Fleury était le village voisin de Monarga.
71 Les Salah sont une autre de ces familles, vraisemblablement syriennes, qui peuplaient les administrations royales, secrète et chancellerie — et qui paraissent avoir fourni à l’occasion de l’argent au roi, en prenant en gage des serfs, comme ici.
72 Les Ceba fournissaient également des segrétains en 1468 et bénéficièrent des libéralités de Jacques II
73 Placindie (lecture incertaine) et Pathnes ne sont pas identifiés.
74 Cf. p. 143, n. 11. Les Ourry, famille d’officiers inférieurs, sont sans doute à distinguer des Urry, qui fournissaient des vicomtes de Nicosie.
75 Reconnaître.
76 L’enregistrement à la Secrète, auquel il est fait allusion ici, avait la même autorité en justice qu’une décision judiciaire. Nous verrons plus loin le rôle que jouait, en Chypre, l’enregistrement par-devant les administrations royales.
77 Sans doute, à côté des jardins et terres « arrêtées » sur Raymond de Cérines, et qui étaient un fief, les Cérines tenaient-ils aussi du seigneur de Kazaphani des terres chargées de cens, et qui n’avaient pas été confisquées (ces terres sont ce qu’on appelait des « bourgeoisies » en Terre sainte, terme qui paraît, avoir été moins employé en Chypre). Les stipulations de notre diplôme font sans doute allusion aux conditions dans lesquelles avait été arrêté le fief de Raymond : les autres terres de la famille auraient été chargées du paiement annuel de 525 besants envers le roi.
78 Cf. Pegolotti, La pratica della merecatura, éd. Allan Evans, p. 88 : « In Cipri, in nulla parte dell’ isola non vale nulla carta di notaio, se non fusse di testamento ο di dota ο di schiavi comperati ο di navoleggiamento, salvo se lo re non la facesse valere per grazia a cui egli volesse mettere avanti per usare sua ragione. » Pegolotti fait notamment allusion à l’enregistrement des marchés par les écrivains du comerc, dans le « libro che si chiama il libro delle rimmenbranze del comerchio » — ce qui assurait au bailli du comerc la juridiction des marchés ainsi enregistrés. Les autres juridictions jouissaient des mêmes privilèges, et notamment la Secrète pour tout ce qui touchait à l’exploitation des fiefs. Cf. J. Richard, La révolution de 1369... en Chypre, dans Bibl. École des Charles, t. CX, 1952, p. 151-152.
79 La Gride : Agridhia, au nord-ouest de Nicosie. Un Thomas de La Gride, chevetain de Sivouri, avait été tué en 1426 à Khirokitia (Machéras, p. 385). Guy de La Gride est sans doute le Guiotin de la Gridia qui accompagna le prince de Galilée partant clandestinement de Chypre en 1413 (Id., p. 362), et peut-être faut-il l’identifier au sire Guy de La Garde qui avait sur la Piscopie des Corniers des assignations dont .Jacques II disposa en 14G8 (Mas-Latrie, Hist., III, 264).
80 Gomez Dordas semble être l’un de ces Catalans qui, au xve siècle, se faisaient de plus en plus nombreux dans la noblesse de Chypre. On notera qu’ici les deux chevaliers représentant la Haute Cour ne sont pas deux conseilliers du roi.
81 Boulogne, première femme de Jacques de Fleury, était-elle la fille de Pierre Le Jeune, cité dans un acte de Janus en 1411 et qui mourut après 1420 amiral de Chypre (Mas-Latrie, Hist., II, p. 499) ? Mezavenant semble être un euphémisme pour désigner son décès, qui ne pouvait être alors qu’envisagé ; on lit plus loin : « ce Dieux en feyst son comandement. » Cf. Mas-Latrie, Hist., II, p. 397.
82 Monarga, à proximité de Trikomo, à la base de la presqu’île du Carpas, plutôt que le Monaigre (Monagri) au diocèse de Limassol ? Jacques II en fit don à Paul Goneme.
83 Koutrapha (Pano et Kato), au sud-est de Lefka. Jacques II devait en faire don à Sor de Naves (qui reçut Cutrafades, selon Bustron) et à Jean Tafur (qui reçut Cutrafa : cf. Bustron, p. 422).
84 Peut-être Élisis, à l’est de Yialousa, dans le Carpas.
85 A voir : vraiment. On se souvient que Jacques de Cafran était apparenté par sa femme à Jacques de Fleury, et que la dot de celle-ci devait revenir en grande partie à ce dernier.
86 La lecture de ce passage paraît assurée. L’expression correspond-elle à « dorénavant » ? On la retrouve dans Mas-Latrie, Hist., III, p. 32.
87 Personnage qui n’est pas autrement connu. Un Jean Blemist siège dans la Haute Cour en 1452.
88 La tombe d’un Simon de La Tour à Nicosie : Mas-Latrie, L’île de Chypre. Sa situation présente ; ses souvenirs du Moyen Age, Paris, 1879, p. 346.
89 Sur la différence de date entre celle qui est donnée au début de l’acte et celle-ci, cf. ci-dessus, p. 134.
90 Cette précision vient-elle de ce que deux Louis de Nores vivaient à la même époque ? Nous connaissons un Louis de Nores, maréchal de Chypre, dont la veuve vivait en 1468, et un Louis de Nores dont la fille mourut de douleur lorsque Jacques II la maria à Nicolas Morabit, vicomte de Nicosie, qu’il venait d’élever au maréchalat et qui était de petite naissance (1461). Cf. Familles d’Outre-mer, p. 572-580 ; Florio Bustron, p. 406.
91 Le même que Elisy, cité dans le précédent document ?
92 Monarga, dans le Carpas, le Monagre du document précédent ?
93 Strongylos, dans la Messorée, non loin d’Apalestres. Strongylos était un fief de la famille de Nores : Mas-Latrie, Hist., III, p. 126 n.
94 Complément.
95 On notera que l’épithète chier est réservée ici à Hugues Soudain, grand officier et conseiller du roi ; Clouiez Ordas, simple homme lige, ne reçoit pas cette qualification.
96 Sur le rôle joué par Jacques de Fleury comme gouverneur du royaume, cf. supra, p. 128-129.
97 Du latin permaneant.
98 Sur l’office de turcoplier, cf. Familles d’Outre-mer, p. 690 ; Bustron, p. 461.
99 Philippe Salah avait signé les diplômes précédents, sans doute comme écrivain de la chancellerie. En 1432, selon Machéras, c’est Jean Salah qui était bailli de la Secrète.
100 Ce Jacques Urry, que le futur Jacques II fit assassiner en 1459), est-il identique au personnage du même nom qui était vicomte de Nicosie en 1432 ? Cf. Familles d’Outre-mer, p. 694. Il est donné comme fils de Nicolas par Machéras (trad. Miller-Sathas, p. 394).
101 Sur les Langlais ou Langlois, cf. Familles d’Outre-mer, p. 605. Ce Jean Langlais fut père d’Hector, qui épousa la fille d’Huguet Boussat.
102 Est-ce Dhora, au nord d’Anoyira dans la contrée d’Evdhimou ? Le casal de ce nom fut annexé au domaine royal, bailliage de Mamonia.
103 Le rachat de la dîme royale est complété par une autorisation d’amortir une somme équivalant au montant de la dîme en question.
104 Les Stranbailly ou Strainbailly étaient une famille d’officiers de la Secrète à laquelle appartint notamment le chroniqueur Diomède Stranbaldi (ainsi nommé parce qu’il écrivit en italien).
105 On notera la substitution du ducat au besant connue monnaie d’usage courant.
106 Cette localité est citée dans le Livre des remembrances de la Secrète, dans un mandement public de façon incomplète par Mas-Latrie [Hist., III, p. 217) et dont nous donnons le texte d’après le manuscrit Ottob. lat. 2821 de la Bibliothèque Vaticano : « Nos biens amés et feaulls concellyers. Nous vous mandons de faire donner la maré-chassée des franguomates don caza] de Trimithia et les II Mavromaries a nostre bien [amé] et feaull Louca Berguadin pour grace que nous li fazons, ce est la marechaussée des bestes menues des franguomates des dis leus, lesquelles faites donner de l’entraint de mars paeé de cest an. Donné à Nicossie le VIII jour d’avrill de IIIICLXVIII de Crist. Confermé. » Mas-Latrie avait proposé de comprendre mavromaries : « esclaves noirs ». Il s’agit évidemment d’un nom de lieu que l’on peut localiser grâce à son association avec Trimithia (aujourd’hui Kokkini Trimithia, à mi-chemin de Peristerona et de Nicosie), rapprochement que confirme la mention de Caqui (Akaki), village voisin de Trimithia, dans le texte que nous éditons ici. Huguet Boussat rangeait les deux Mavromaria parmi ses domaines voisins de Nicosie (dont Trimithia est à 15 km). Nous identifierons donc ce lieu avec l’actuel Mammari, au nord de Trimithia. Cf. aussi Kyriazis, Τὰ Χωρία, nos 1032, 1076, 1079 et la carte de 1573, gravée par Jean de Doetinchem, figurant dans le Theatrum orbis terrarum d’Ortelius. — On notera qu’à côté des serfs mentionnés ici, la population de ces presteries pouvait compter des libres ou francomates.
107 Sept.
108 Akaki, entre Peristerona et Trimithia.
109 La vente des esclaves paraît donc n’avoir pas été considérée comme réalisée tant que l’acheteur n’avait pas pris possession de ceux-ci, tandis que l’ensaisinement des autres biens n’était qu’une Formalité. D’où le paiement immédiat de 800 ducats seulement sur les 915 promis.
110 C’est ici qu’apparaît ce titre conféré à Jacques de Fleury.
111 Également mentionné avec le même titre en 1454 (Mélanges hist., t. IV, p. 380). Ce personnage est cité en 1408 dans Mas-Latrie, Hist., III, 204, comme ayant bénéficié d’assignations sur la Piscopie des Corniers. Est-ce le même office de grand maître de l’hôtel qui était détenu quelques années auparavant par Jacques de Fleury ? En 1463, c’est Antoine de Bon qui en était investi (Ibid., III, p. 126). Acrolissia, à la fin du xve siècle, faisait partie du bailliage royal du Carpas. Un Nicolas d’Acrolissia, en 1372, était chambellan du royaume de Jérusalem et fut emmené captif à Gênes (Machéras, trad. Miller-Sathas, p. 184 et 325 ; il donne la graphie Clorissa ou Clirissia). Sire Simon d’Acrolissa était désigné en 1355 avec le bailli du Chief pour enquêter sur les vols de bestiaux (Lois, t. II, p. 376-377).
112 Sans doute parent de Jacques Urry, Perrin devait quitter Chypre avec la reine Charlotte en 1463 (Hist., III, p. 126).
113 Ce Philippe Ourri ne paraît pas autrement connu. On notera ici aussi la distinction entre les noms d’Ourri et d’Urry.
114 Engagé.
115 Cf. le fragment des remembrances de la Haute Cour, de 1420, public par Paul Viollet (Les « remembrances » de la Haute Cour de Nicosie, dans Archives de l’Orient latin, I, 1883, p. 610-614) : c’est également le roi qui ordonne de faire savoir à dame Alis Proth (une Prevost ? Cf. Chamberlayne, Lacrimae Nicossienses, p. 27) dans quelles conditions une inféodation sera valable.
116 Dans l’acte cité à la note précédente, c’est l’amiral Pierre Le Jeune qui tient le lieu du roi. En principe, c’était au connétable à tenir cette place (Familles d’Outre-mer, p. 678). Le retrait de la cour est déjà signalé par Ousâma ibn-Munqidh pour le xiie siècle.
117 Pour « L’auditeur » (Janus de Montolif, qui occupait encore cet office en 1454 : Documents nouveaux, p. 380).
118 La première ligne est écrite en lettres allongées.
119 Kourtaka et Pitargou, sur la rivière Ezuza, au nord-est de Ktima. Ces deux localités passèrent, sous Jacques II, à Pierre de Carthagène, puis revinrent au domaine royal (Cardacha et Pithaurio, dans Mas-Latrie, Hist., III, p. 511).
120 Paraissons.
121 Ce mot est courant dans les actes chypriotes comme synonyme de « désignés » (par ex. Hist., Il, p. 429 : « si desoubz motis »).
122 La sentence de la Haute Cour publiée par Paul Viollet a le même objet : Alis Prot, femme de Paul de Tabarie, voulait donner la presterie de Tamassos et une part du casal de Coronia (aujourd’hui Tarmasos, à 12 km au sud ouest de Yialousa, dans le Carpas, et Koronia, dont le nom survit dans celui d’une forêt, sur la cote, immédiatement au sud de Koma tou Yialou, soit à 5 km de Tarmasos) à sa fille Andriola, tout en désirant que ce fief revint à elle et à ses hoirs en cas d’extinction de la lignée d’Andriola « si come se la presente donatio fatta non fosse ». Comme Alis Prot, Odet Boussat se fait autoriser à « amermer » son fief (on disait en Occident « l’abréger ») en en concédant une part à l’un de ses enfants par sous-inféodation, ce qui permettait à cette part d’échapper aux règles de l’échoite qui en auraient amené la dévolution au roi, si elle avait été tenue immédiatement en fief de celui-ci.
123 Il s’agit du fameux Thomas de La Morée, frère de lait de la reine Hélène Paléologue, que la faveur de la reine fit élever au rang de chambellan de Chypre, en dépit de la bassesse de sa naissance. Jacques de Fleury, ne pouvant le souffrir, se retira à Famagouste ; et le futur Jacques II, en raison des avanies qu’il infligeait à sa sœur Charlotte, devait le tuer en 1457 (G. Hill., History, III, p. 530).
124 Paul Chappe, issu d’une des plus anciennes familles de Chypre (Familles d’Outre-mer, p. 604), devait être sénéchal de Jérusalem et bouteiller de Chypre au temps de la reine Charlotte, qu’il accompagnait en exil, en 1463. Il revint par la suite en Chypre (Mas-Latrie, Hist., III, p. 126).