Hammams
p. 352-355
Texte intégral
1La vieille ville de Naplouse compte huit hammams également répartis dans les différents quartiers. Les hammams sont des équipements caractéristiques des villes arabes anciennes mais leur fréquentation est en net déclin et leur obsolescence semble programmée depuis l’arrivée des salles de bains dans les logements. Ainsi à Naplouse, deux hammams sont actuellement en activité, cinq autres, dont la qualité architecturale est indéniable, servent d’ateliers, d’entrepôts ou sont laissés à l’abandon. Le hammam al-Rish, au sud de la Grande Mosquée, est en ruine et a été en grande partie démoli. Certains hammams ont conservé l’ensemble de leur structure, d’autres ont au moins sauvé leur salle de déshabillage qui sont de grandes pièces dont l’architecture est particulièrement soignée.
Figure 24 – Hammam al-Summara, échelle 1/333.

Figure 25a – Hammam al-Tamimi, échelle 1/333.

Figure 25b – Hammam al-Tamimi, vue axonométrique plafonnante, dite vue de la grenouille.

2On trouve deux types de salles de déshabillage dont les plans sont généralement carrés. Dans le premier type, la salle est couverte d’une coupole sur pendentifs, percée en son sommet d’un oculus pour apporter de la lumière, et elle possède en son centre un bassin avec une fontaine. C’est cette disposition qui est adoptée notamment pour les hammams al-Sumara, al‑Shifaʾ et al‑Qâdî [22], [23] et [24]. Dans le second type, correspondant aux hammams al‑Tamimi, al-Daraja, et al‑Baydara [25], [27] et [26], la salle de déshabillage est un carré à neuf cases définies par quatre poteaux sur lesquels reposent des voûtes d’arêtes. Le bassin se trouve au centre de la salle dans le carré délimité par les quatre poteaux. Le hammam al‑Khalîlî [28] a une particularité notoire car il possède deux salles de déshabillage, relevant chacune de l’un des deux types. La première, celle par laquelle on pénètre actuellement dans le hammam est une salle à neuf cases, elle est utilisée l’été, et la deuxième, servant de préférence l’hiver, est une salle à coupole entourée de mastabas.
3Seuls, les deux hammams al-Shifaʾ, donnant sur la rue al-Nasr près du palais Touqan, et al‑Sumara, situé au sud du quartier al-Yasmîna, sont encore en activité aujourd’hui. Le hammam al-Qâdî, lui aussi situé dans le quartier al-Yasmîna et dont la structure n’a pas été modifiée, est actuellement devenu un atelier de confiserie spécialisé dans les loukoums. Le hammam al-Tamimi est partiellement en ruine, mais deux pièces, dont la salle de déshabillage, sont bien conservées et utilisées pour un atelier de confiserie. Le hammam al-Daraja, au nord du quartier al-ʿAqaba, dont il ne subsiste que la salle de déshabillage ainsi que le hammam al-Khalîlî situé au sud-est du quartier al-Habâla et dont la structure est parfaitement conservée, sont utilisés comme entrepôts, ateliers de bois. Et le hammam al-Baydara, situé à l’ouest de la place al-Manâra, est partiellement ruiné. Actuellement sans affectation, sa salle de déshabillage, datant de l’époque mamelouke, est d’un grand intérêt historique, elle présente une structure en bon état de conservation.
4La plupart des hammams de Naplouse sont situés dans la profondeur du tissu urbain et l’on y accède par des impasses. Ils ne présentent donc pas de façades repérables dans la ville et ceux qui donnent sur rue n’offrent le plus souvent comme façade qu’un mur percé d’une porte. L’intérêt de ces équipements tient à la qualité et à la richesse de leurs espaces intérieurs baignés par une lumière zénithale si particulière qui provient, à la manière d’un ciel étoilé, des multiples orifices disséminés dans les voûtes et les coupoles.
Illustration 16 – Dessin de relevé, hammam al-Khalîlî.

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