• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16511 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16511 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses de l’Ifpo
  • ›
  • Contemporain Co-éditions
  • ›
  • La culture et ses dépendances
  • ›
  • Des processus de circulation à l’inters...
  • ›
  • Chapitre 6. La diplomatie culturelle de ...
  • Presses de l’Ifpo
  • Presses de l’Ifpo
    Presses de l’Ifpo
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral L’implantation de la présence culturelle française (1963-1991) La diplomatie culturelle française face aux transformations géopolitiques (1991-2007) Conclusion Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    La culture et ses dépendances

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Chapitre 6. La diplomatie culturelle de la France dans les pays du Golfe : approche historique 1960‑2017

    Océane Sailly

    p. 143-174

    Texte intégral L’implantation de la présence culturelle française (1963-1991) La construction du « double réseau » culturel français dans le Golfe Les services culturels, socles de la diffusion de la langue et de la « culture » françaises Les publics francophones des premiers « centres culturels » L’expansion rapide des Alliances françaises Un réseau au service de la coopération culturelle, scientifique et technique Les accords de coopération : les « attentes » consécutives aux indépendances La coopération scientifique et technique : le poids de l’archéologie La diffusion de la francophonie : de l’enseignement aux programmes de radio et de télévision La coopération culturelle : le rôle central de l’IMA La diplomatie culturelle française face aux transformations géopolitiques (1991-2007) Le réseau culturel dans le Golfe : entre restructuration et expansion La restructuration du réseau culturel français dans le Golfe Une coopération culturelle renforcée avec les Émirats arabes unis et le Qatar Coopération universitaire et diplomatie scientifique : un nouvel enjeu pour la diplomatie culturelle française Le rayonnement de l’enseignement supérieur français à l’épreuve de la mobilité étudiante L’exportation des établissements français dans le Golfe Un réseau de diplomatie universitaire et scientifique en expansion Une nouvelle forme d’expertise technique autour de grands projets Conclusion Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1« Partenariats stratégiques », « économiques », « défensifs », « visites au plus haut niveau politique » sont autant d’expressions signifiant que la France est désormais implantée dans les émirats et les monarchies du Golfe1, face aux puissances américaine et britannique qui y disposent d’une influence historique et économique plus forte. Les raisons de cette présence française croissante sont connues. Comme le relève Denis Bauchard (2015), il y a tout d’abord une volonté politique affirmée depuis les années 1960 ayant permis d’établir des relations de confiance avec les dirigeants du Bahreïn, du Koweït et d’Oman, ainsi que des liens privilégiés avec ceux de l’Arabie Saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar. À cet intérêt politique se superposent ensuite des facteurs économiques. Les pays de la péninsule Arabique sont devenus une puissance économique mondiale où sont implantées de nombreuses entreprises françaises. Enfin, un intérêt stratégique mutuel explique la densité de ces relations bilatérales. Membres de la Ligue arabe et regroupés au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG) depuis 1981, les émirats et les monarchies du Golfe, tout particulièrement l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis, sont devenus des puissances régionales dont l’influence se déploie sur l’ensemble de la région Afrique du Nord–Moyen-Orient, majoritairement de langue arabe et de confession musulmane. Leurs ambitions dépassent le cadre régional et leurs dirigeants cherchent à défendre leurs positions sur la scène internationale, tout en diversifiant leurs alliances diplomatiques. Membre actif de l’Union européenne, du Conseil de sécurité de l’ONU et des principales instances internationales, appréciée pour son indépendance politique vis-à-vis des puissances anglo-américaines, la France apparaît alors comme un partenaire diplomatique majeur. Pour autant, la dimension culturelle de ces relations bilatérales reste peu explorée en dépit de son importance.

    2Il est pourtant significatif que le premier accord de coopération bilatérale signé par la France dans la région fût un accord de coopération culturelle et technique, c’est-à-dire qu’il n’était ni économique, ni industriel, ni militaire. Signé le 7 juillet 1963, entre l’Arabie Saoudite et la France, celui-ci posa le cadre d’une coopération qui s’est ensuite généralisée dans l’ensemble de la région, aidée en cela par le déploiement d’un réseau culturel sans commune mesure. La création de la Sorbonne (2006) et du Louvre Abou Dhabi (2017) ainsi que, plus récemment, le projet de coopération franco-saoudien pour le développement du site archéologique d’Al-Ula (2018) peuvent être lus comme des résultats de la diplomatie culturelle française mise en œuvre dans la région dès les années 1960.

    3Dans le cadre d’une recherche doctorale sur la diplomatie culturelle française dans les pays du CCG, cette contribution présente une première approche historique du sujet, qui a été réalisée essentiellement à partir des Archives diplomatiques et de documents officiels français2. En revenant sur la création et l’évolution du réseau culturel français dans la région et sur la coopération culturelle, scientifique et technique entre la France et les émirats et les monarchies du Golfe depuis les années 1960, elle couvre ainsi cinq décennies d’une histoire méconnue. Le propos est ici organisé en deux parties : la première retrace les trois premières décennies de l’implantation culturelle française dans le Golfe (1963-1991) ; la seconde présente les opportunités et les défis qu’offrent les transformations géopolitiques de la région à la diplomatie culturelle française (1991-2017).

    L’implantation de la présence culturelle française (1963-1991)

    4Institutionnalisée à la fin de la seconde guerre mondiale avec la création le 13 avril 1945 de la Direction générale des relations culturelles et des œuvres françaises à l’étranger (DGRC), appelée « la Direction générale3 » au sein du ministère des Affaires étrangères (MAE4), la diplomatie culturelle française avait alors pour mission de rétablir la position de la France dans le monde en exportant une forme de capital culturel national (Lafon 1994 ; Haize 2012, p. 53). La priorité fut donnée à la diffusion de la langue et de la culture françaises. Il s’agissait à la fois de rétablir les échanges et les circulations intellectuelles interrompues pendant la guerre, de répondre aux demandes de professeurs, de conférences et de livres lancés par de nombreux pays, mais aussi de rétablir l’image de la France en mettant en avant la vitalité de la pensée française (Lane 2016). Pour cela, des accords culturels bilatéraux furent signés tandis qu’à partir de 1949 la Direction générale envoya des conseillers culturels au sein des ambassades (Dauge 2001). Ayant pour mission de développer la présence culturelle française à l’étranger, ces derniers s’appuyèrent sur un dispositif articulé, d’une part, autour des services culturels et de coopération, et, d’autre part, des établissements – culturels, scolaires et de recherche – français à l’étranger. Ce réseau culturel est « double » (Gouteyron 2008), ce qui est une spécificité française, au sens où il est secondé par le réseau des Alliances françaises coordonné par l’Alliance française de Paris, fondée en 1883.

    5En 1956, la DGRC est devenue la Direction générale des affaires culturelles et techniques (DGACT). Sa création a marqué une étape importante dans l’histoire de la diplomatie culturelle française. Dans le contexte du début de la guerre froide et de l’accélération du mouvement des indépendances, la rhétorique du rayonnement de la « haute culture » semblait dépassée. Pour maintenir son influence, en particulier dans les pays issus de la décolonisation, la France devait moderniser sa politique culturelle extérieure. Ce fut notamment la mission assignée à un comité de hauts fonctionnaires chargés par le Conseil des ministres le 31 juillet 1957 de proposer un plan pour « l’expansion et la reconversion des activités culturelles et techniques françaises à l’étranger5 ». Le plan quinquennal (1958-1962) adopté suite à leurs travaux établit trois priorités pour la diplomatie culturelle française : le développement de la coopération technique avec les pays en voie de développement, le maintien et l’extension de l’influence culturelle dans les pays développés et la diffusion de la langue française. Les moyens déployés furent très importants. Entre 1958 et 1968, le budget de la DGACT crut de 180 à 575 millions de francs (Balous 1970, p. 12), représentant ainsi jusqu’à 52 % du budget du MAE (Haize 2012, p. 54) tandis qu’elle employait une moyenne de 150 agents (Rodrigues Pereira 2014, p. 371). Cet effort de modernisation de la diplomatie culturelle française coïncida avec une période de bouleversements politiques, économiques et sociaux dans le Golfe qui ont permis à la France d’y établir une présence diplomatique, mais aussi économique et culturelle.

    La construction du « double réseau » culturel français dans le Golfe

    Les services culturels, socles de la diffusion de la langue et de la « culture » françaises

    6Les décennies 1960-1970 ont été propices au déploiement du réseau diplomatique français dans le Golfe. L’indépendance de l’Algérie en 1962 favorisait tout d’abord la reprise, à l’initiative de Fayçal ben Abdelaziz Al Saoud, des relations diplomatiques franco-saoudiennes, suspendues depuis le 6 novembre 1956 à la suite de l’opération de Suez. En parallèle, le retrait progressif des Britanniques de la région a abouti à l’indépendance des émirats et des principautés du Golfe, du Koweït en 1961, du Bahreïn, du Qatar et des Émirats arabes unis en 1971. De ce fait, le cheikh Zayed ben Sultan Al Nahyane aux Émirats arabes unis, les émirs Issa ben Salmane Al Khalifa au Bahreïn, Abdallah al-Salim al-Sabah au Koweït et Khalifa ben Hamad Al Thani au Qatar et le sultan Qabus bin Saïd al Saïd en Oman se réapproprièrent la politique étrangère, cédée au Royaume-Uni par le traité de 1892 (Bauchard 2015). C’est alors que la France et les États du Golfe purent établir des relations bilatérales, officialisées par l’ouverture de représentations diplomatiques puis d’ambassades. Conformément au modèle d’une diplomatie française qui intègre un volet culturel pour consolider ses relations bilatérales (Chaubet 2013, p. 96), les ambassades françaises créées dans le Golfe dans les années 1960 et 1970 ont peu à peu été dotées d’attachés, puis de conseillers, culturels. Malgré les demandes répétées des ambassadeurs en poste, la nomination d’agents en charge de la diplomatie culturelle a rarement été immédiate. En effet, si le premier chargé de mission culturelle fut nommé au Koweït en 1966 et un attaché culturel à l’ambassade de France en Arabie Saoudite en 1969, il fallut attendre plusieurs années pour que la Direction générale en nomme dans les autres ambassades. Jusqu’en 1975, le conseiller culturel au Koweït avait ainsi compétence régionale. Travaillant sous l’autorité de l’ambassadeur, les attachés et les conseillers culturels opèrent depuis les services culturels et de coopération, qui sont non seulement le centre névralgique du réseau culturel français, mais également des lieux physiques de diffusion des biens culturels – notamment des livres, des revues, des expositions documentaires, des courts et des longs métrages – envoyés par la Direction générale et les postes voisins, dont la cinémathèque régionale de Damas par exemple. Selon les pays, la configuration des services culturels pouvait sensiblement différer. Par exemple, le plus ancien service de la région, celui du Koweït, disposait en 1975 de deux bureaux, d’un auditorium de cent places permettant d’organiser deux projections cinématographiques par semaine, d’une bibliothèque de six‑mille volumes pour quatre cents lecteurs inscrits et d’un hall d’entrée permettant d’accueillir des expositions. À l’inverse, celui d’Abou Dhabi était seulement composé en 1981 d’un comptoir d’accueil réservé au public, de trois bureaux, d’une pièce réservée à la réunion de service hebdomadaire et d’une autre pour le courrier du cabinet. De même, celui de Doha n’hébergeait en 1980 qu’un embryon de bibliothèque et aucune salle dédiée aux séances de cinéma, alors organisées dans la résidence de l’ambassadeur. Ces disparités de configuration renvoyaient à des disparités de moyens, chaque service disposant d’une enveloppe budgétaire dont le montant était fixé par la Direction générale. Malgré des écarts importants, les crédits alloués aux services culturels et de coopération ont tous connu une hausse exponentielle au cours des années 1980 qui traduit l’intérêt croissant des autorités françaises pour cette région (tableau 1).

    Tableau 1. Crédits des services culturels (en MF) : comparaison 1981 et 1988

    19811988
    Arabie Saoudite10 100 27 733 
    Bahreïn1 106 5 626 
    Émirats arabes unis4 830 13 204 
    Koweït3 620 7 710 
    Oman1 200 2 570 
    Qatar1 300 5 174 

    Sources : archives du MAE.

    Les publics francophones des premiers « centres culturels »

    7Contrairement aux pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient où la langue française était largement répandue, celle-ci était pratiquement inexistante dans le Golfe dans les années 1970. Les rares locuteurs francophones étaient les membres de la communauté française qui commençaient à s’implanter et les expatriés venus du Levant (Égyptiens, Syriens, Libanais et Palestiniens). Francophones et souvent francophiles, ces derniers ont joué un rôle de catalyseur dans la mise en place des premiers « centres culturels » français. Ce fut par exemple pour répondre à l’afflux de demandes de cours de français que des embryons de centres d’enseignement ont été mis en place au sein des ambassades de France au Koweït et au Qatar.

    8Créé en 1966, l’Institut Voltaire a ouvert ses portes en septembre 1968 dans un bâtiment situé dans le jardin de la chancellerie française du Koweït avec pour mission d’enseigner la langue française. Il n’était pas officiellement intégré au réseau des établissements culturels français à l’étranger, qui sont des services extérieurs des ambassades bénéficiant de l’autonomie financière (décret no 76-832 de 1976). Son statut était complexe : il s’agissait d’un établissement privé placé sous le patronage d’un sponsor koweïtien et soumis aux lois koweïtiennes, notamment celle de la non-mixité. Néanmoins, sa direction fut de facto confiée à l’attaché culturel et les cours de langue étaient assurés par des personnels locaux ainsi qu’un instituteur et un Volontaire du service national actif (VSNA), tous deux à la charge du MAE. Dès son ouverture, le centre comptait 360 adhérents, 450 en 1981 dont environ un tiers de Koweïtiens. La proximité avec le service culturel de l’ambassade, situé dans la chancellerie, et l’étanchéité des activités de ces deux entités permit alors une division du travail entre le service culturel, en charge des manifestations culturelles, et l’Institut Voltaire, en charge de l’enseignement.

    9Au Qatar, le centre culturel devint rapidement un enjeu diplomatique. Souhaitant réduire l’influence britannique, l’émir Khalifa ben Hamad Al Thani, qui s’était par ailleurs entouré de précepteurs français pour ses enfants et son administration, appela de ses vœux l’institutionnalisation de la présence culturelle française à la place des activités réalisées « à la petite semaine6 ». Or, comme le relevait avec surprise le rapport d’inspection de 1980, il existait pourtant un centre culturel français à Doha « qui ne figure pas dans le répertoire de la Direction générale des relations culturelles7 ». Ce « centre culturel » a été créé en 1973 afin de répondre aux demandes de cours de langue des personnes expatriées. Si, à l’occasion de sa visite en janvier 1983, Claude Cheysson, alors ministre des Affaires étrangères, annonça officiellement la création du centre culturel français à Doha, sa déclaration ne fut pas suivie d’effet, la politique du MAE consistant à partir des années 1983, sous l’effet de la « politique de rigueur », à limiter l’expansion du réseau. Il a fallu attendre sept ans pour que ce centre soit officiellement reconnu comme établissement culturel français.

    L’expansion rapide des Alliances françaises

    10En parallèle de ce premier réseau, celui des Alliances françaises s’est déployé au Bahreïn et aux Émirats arabes unis, à l’initiative de particuliers et d’entreprises. Les Alliances françaises sont des associations de droit local, à but non lucratif, supervisées par un comité composé de personnalités francophiles. Bien qu’autonomes, les Alliances françaises conventionnées sont placées sous l’autorité de l’ambassade et reçoivent des subventions de la part du MAE qui met également à leur disposition du personnel. La première Alliance française de la région a été fondée au Bahreïn en 1970, avant même la création de l’ambassade de France à Manama, par l’homme d’affaires bahreïnien Shawqi Zayani. Dix ans après son ouverture, cinq professeurs enseignaient le français à 150 étudiants par trimestre, dont 65 % de Bahreïniens, ce qui en faisait le « principal centre d’enseignement du français pour adultes » dans le pays8. La hausse constante du nombre d’étudiants entraîna son transfert dans des locaux plus vastes et la construction d’une annexe à Issa Town, à proximité « du quartier résidentiel de la majeure partie des membres de la famille régnante9 ». Aux Émirats arabes unis, deux Alliances françaises ont vu le jour en moins d’une décennie. La première a été créée en 1972 à l’initiative de la Compagnie française des Pétroles (CFP, qui deviendra Total-CFP en 1985 et Total en 1991) avec l’autorisation du ministère des Affaires étrangères des Émirats, désireux de voir se développer les relations culturelles avec la France. Le bâtiment a été installé sur un terrain de 6 000 mètres carrés également destiné à héberger une école française, qui a été offert par le cheikh Zayed lorsque la CFP ne s’estimait plus en mesure de financer le projet dans le contexte du premier choc pétrolier. C’est en 1982 qu’une seconde Alliance française fut ouverte dans l’émirat de Dubaï. Afin d’accueillir un nombre croissant d’étudiants (60 en 1983, 400 en 1992), l’émir de Dubaï, le cheikh Al Maktoum, a également mis à disposition un terrain de 11 000 mètres carrés dans le quartier résidentiel Oud Metha, qui est encore aujourd’hui l’un des deux emplacements de l’Alliance française de la ville. L’action culturelle, principalement destinée aux publics francophones, développée au sein du réseau constituait un volet de la diplomatie culturelle française. Le second volet était la coopération culturelle, scientifique et technique qui était encadrée par des accords bilatéraux et mise en œuvre avec les autorités locales compétentes.

    Un réseau au service de la coopération culturelle, scientifique et technique

    Les accords de coopération : les « attentes » consécutives aux indépendances

    11Dans le Golfe, les indépendances ont été marquées par des réformes portées par des dirigeants qui affirmèrent deux grandes priorités communes : d’un côté, pallier le sous-développement technique qui caractérisait la région en investissant massivement les revenus de la rente pétrolière dans les infrastructures scolaires, urbaines et médicales ; de l’autre, former une main-d’œuvre nationale en vue de remplacer les cadres étrangers, principalement britanniques, égyptiens, libanais et maghrébins. Pour mettre en œuvre ces ambitieux programmes de modernisation, ils ont sollicité la coopération et l’assistance technique de gouvernements étrangers.

    12Le 7 juillet 1963, les représentants des gouvernements saoudien et français ont signé un accord dans le but de « resserrer les relations amicales et de fixer, sur la base de l’égalité entre les parties contractantes, le cadre général de leur coopération dans les domaines culturel et technique10 ». Orienté vers le développement économique et social du Royaume saoudien, cet accord, plus technique que culturel, a défini les principaux axes de coopération notamment dans les domaines de l’enseignement, de la recherche et de la formation des cadres administratifs et techniques. Pour cela, la France s’engageait à mettre à disposition des enseignants et des experts, à soutenir la collaboration entre établissements et organismes universitaires et techniques, à octroyer des bourses, à organiser des stages d’études ou de perfectionnement et à diffuser des documents d’information d’ordre culturel et technique. Afin de faciliter cette coopération, l’enseignement de la langue française en Arabie Saoudite devait être promu par les deux parties. Il s’agissait non seulement du premier accord de la sorte pour la France dans la région, mais également du premier accord culturel et technique signé par l’Arabie Saoudite. Il est significatif que la Grande-Bretagne et l’Allemagne cherchèrent aussitôt à en faire de même. Le modèle d’accord franco-saoudien essaima ensuite dans les autres pays de la péninsule.

    13Le deuxième accord a été signé à Paris en 1969 avec le Koweït. Par le décret du 14 mars 1969, la DGACT a élargi son domaine de compétence au domaine de la coopération scientifique (Haize 2012, p. 54), devenant la Direction générale des affaires culturelles, scientifiques et techniques (DGRCST). C’est ce qui a permis d’intégrer ce nouveau volet à l’accord franco-koweïtien, qui prévoyait également l’équivalence des diplômes et le renforcement de la coopération et des échanges entre les établissements scolaires, scientifiques et culturels. Les quatre accords suivants (Émirats arabes unis, 1975 ; Bahreïn et Qatar, 1977 ; Oman, 1979) contenaient sensiblement les mêmes dispositions, à la différence qu’ils comprenaient également un article encourageant la coopération dans les secteurs de l’audiovisuel public et du tourisme (Émirats arabes unis, Qatar et Oman) et l’organisation de manifestations culturelles, scientifiques et techniques (Qatar).

    La coopération scientifique et technique : le poids de l’archéologie

    14L’une des clauses communes aux six accords de coopération était la réunion d’une commission mixte, rassemblant annuellement – même si cela a rarement été le cas – des représentants de chaque gouvernement en vue d’examiner les résultats des actions de coopération engagées et d’acter celles à venir. Les rapports rédigés à l’issue de chaque réunion offrent des informations précieuses sur les réussites et les échecs de la coopération culturelle, scientifique et technique entre la France et les États du Golfe. La nécessité de se doter d’infrastructures médicales a conduit les dirigeants des pays du Golfe à engager des programmes d’équipement hospitalier, tout en développant la formation des médecins et des personnels soignants. À cette fin, des accords ont été signés avec des hôpitaux et des facultés de médecine français qui participèrent également à l’organisation de symposiums médicaux. L’urbanisme (Arabie Saoudite, Bahreïn et Émirats arabes unis), l’agriculture (Oman et Émirats arabes unis) ou encore la liquéfaction du gaz naturel et l’océanologie (Qatar) se sont également imposés comme des domaines majeurs. Ces coopérations prenaient principalement la forme d’envoi d’experts français, pour des missions de courte ou de longue durée, et, à l’inverse, la formation et la spécialisation en France des cadres et des fonctionnaires nationaux, via un système de bourses ayant pour objectif de créer des « îlots francophiles » au sein des administrations et des classes dirigeantes. Toutefois, comme l’ont déploré les rapports des commissions mixtes, la France peina souvent à répondre aux attentes de ses interlocuteurs, en particulier dans le domaine de la coopération et de l’enseignement technique. La prévalence des normes culturelles et des techniques anglo-saxonnes, les moyens mis en œuvre par les Britanniques soucieux de préserver leur influence, l’obstacle de la langue, la compétition croissante avec d’autres pays européens – l’Allemagne et l’Italie notamment – et les États-Unis, les réticences et le manque de qualification de certains experts français ou encore la modestie des moyens consacrés par la France furent autant de difficultés avancées pour expliquer ces faibles résultats. Un domaine de coopération structurant a toutefois émergé, l’archéologie.

    15En effet, l’exploitation industrielle des ressources pétrolières suscita rapidement l’intérêt des archéologues européens pour cette région. Une première expédition archéologique, connue sous le nom de « mission danoise », a été conduite au Bahreïn par Geoffroy Bibby et Peter Vilhelm Glob en 1953 avec l’approbation et le soutien financier du cheikh Salman bin Ahmed Al Khalifa (Cassola 2016, p. 98). Les expéditions suivantes de la mission danoise, réalisées au Bahreïn puis dans les pays voisins, confirmèrent l’importance de la région et encouragèrent plusieurs missions étrangères à s’y installer (Berthelot 2010 ; Lombard 2016). Alors que le Golfe avait longtemps été absent des zones d’exploration des archéologues français, la mission du spécialiste de la pierre taillée Jacques Tixier au Qatar en 1975 fut le point de départ du déploiement d’un vaste programme d’archéologie français dans le Golfe. Entre 1976 et 1988, pas moins de onze missions françaises ont ainsi été créées dans l’ensemble des États du Golfe, à l’exception de l’Arabie Saoudite. Le fort intérêt des dirigeants du Golfe pour l’archéologie, en particulier dans une période de construction nationale, tout autant que l’importance des découvertes, ont conféré aux missions archéologiques françaises un rôle moteur dans la coopération scientifique, mais aussi dans les relations bilatérales entre la France et les pays du Golfe. En effet, alors que l’archéologie ne figurait pas dans les accords de coopération culturelle, scientifique et technique, elle fit son apparition dans les ordres du jour des commissions mixtes, parfois même dans ceux des visites d’État officielles et fit également l’objet d’accords de coopération ad hoc. Par ailleurs, la coopération archéologique ouvra par la suite un nouveau champ d’échanges dans le domaine muséal avec la participation d’archéologues français à la conception de certains musées, comme cela a été le cas aux Émirats arabes unis, au Koweït, au Bahreïn et en Oman.

    La diffusion de la francophonie : de l’enseignement aux programmes de radio et de télévision

    16La diffusion de la langue française est inexorablement liée au projet de diplomatie culturelle. Dans le Golfe, où la maîtrise d’une langue commune apparaissait comme le préalable fondamental à la mise en place des accords de coopération, cette diffusion a alors été mise en œuvre à la fois dans l’enseignement scolaire, l’enseignement professionnel et l’audiovisuel. Les systèmes éducatifs modernes du Golfe ont été principalement basés sur le modèle scolaire égyptien et le corps enseignant a longtemps été composé en majorité de professeurs originaires des pays de langue arabe – de l’Égypte en premier lieu, puis de la Syrie et du Liban – et de la Grande-Bretagne. La circulation des systèmes scolaires et des professeurs a favorisé celle de la langue française puisqu’elle fut enseignée dès 1927 dans les écoles du Hedjaz (Almalki 2015, p. 105), puis dans l’ensemble du Royaume saoudien, ainsi qu’à partir des années 1940 au Koweït, dans les deux dernières années du cycle secondaire. Les accords de coopération ont ensuite permis de généraliser son enseignement dans les écoles secondaires publiques du Golfe, à l’exception d’Oman. Il figurait ainsi à partir de 1972 comme langue étrangère obligatoire dans les deux dernières années du secondaire, pour les élèves des sections littéraires uniquement, dans l’émirat d’Abou Dhabi, à la rentrée 1974 dans l’avant-dernière année du secondaire au Bahreïn et à la rentrée 1976 dans celle du Qatar, avant d’être étendu à d’autres classes.

    17Afin de répondre au besoin croissant d’enseignants qualifiés, le MAE mit alors à disposition des enseignants de français. La mise en place de cette coopération fut généralement considérée comme difficile. D’un côté, les enseignants français, confrontés à des conditions de travail inhabituelles – notamment le règlement strict imposé au corps enseignant dans les écoles publiques, la méfiance des professeurs de français locaux ou encore l’obsolescence du matériel et des méthodes pédagogiques imposés – peinèrent à remplir leurs missions. De l’autre, les élèves ne furent que faiblement motivés face à une langue réputée difficile et ne donnant pas de perspectives universitaires. Des actions ont alors été entreprises par les autorités locales en charge de l’éducation, avec le soutien des services culturels, en vue de moderniser les méthodes d’enseignement et de renouveler partiellement le corps enseignant. Les résultats furent mitigés : certains pays, comme l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis, décidèrent de supprimer le français comme langue étrangère dans les écoles secondaires tandis que d’autres, le Bahreïn notamment, renforcèrent son statut et investirent dans la formation d’un corps d’enseignant national de français.

    18En dehors du cadre scolaire, le français a également été enseigné au niveau professionnel pour répondre rapidement aux coopérations qui se mettaient en place dans divers domaines. Suivant l’accord de 1963, des centres audiovisuels (CAV) ont ainsi été mis en place à Riyad (1965) et à Djeddah (1966), et le principe de la création d’un troisième CAV à Dammam fut entériné lors de la commission mixte de 1970. Ces centres, financièrement pris en charge par les deux pays, avaient pour mission principale de pourvoir à l’enseignement du français auprès des fonctionnaires et des futurs boursiers saoudiens. Un dispositif plus modeste a également été mis en place en Oman avec la création d’un CAV à Mascate en 1975 puis à Salalah, la capitale du Dhofar et seconde ville du pays, en 1982. Dans les autres pays, le français fut également enseigné à partir des années 1970 dans des instituts de langues, réservés aux fonctionnaires, ainsi qu’auprès des forces armées, du fait de l’essor des achats d’équipements militaires à la France.

    19Le troisième moyen de diffusion et d’enseignement de la langue française a été la radio et la télévision. Le développement de la radio puis de l’audiovisuel dans le Golfe a en effet permis la diffusion de la langue et de la culture françaises auprès du grand public. Toujours dans le cadre de l’accord de 1963, une section française a ainsi été créée auprès de la station de Djeddah en 1968, ce qui a permis de diffuser des émissions puis des cours de français. À partir des années 1970, les services culturels proposèrent également aux radios nationales des contenus créés par les opérateurs radiophoniques français. En Oman, trois programmes de quinze minutes – « Paris Nouvelles », « Femmes de France », tous deux en anglais, et « Au Rendez-vous de la chanson » – furent ainsi diffusés dès 1976 tandis qu’un programme d’enseignement du français était proposé en 1979 à la radio qatarienne avec deux séquences d’un quart d’heure par semaine. Aux Émirats arabes unis, un VSNA a été affecté à la radio fédérale d’Abou Dhabi en mars 1980 avant d’être remplacé par un expert de TF1 chargé des programmes en langue française à la radio et à la télévision, qui passèrent de deux à trois heures en 1982. La même année, un expert a été détaché auprès du ministère de l’Information qatarien pour servir à la radio et à la télévision, permettant la programmation à la radio d’une émission quotidienne en français dès juin 1984 puis l’année suivante, le lancement d’un programme de trois heures diffusant informations, émissions culturelles et scientifiques, musique et variétés. À la télévision, des cours de langue de la série « En français » furent d’abord diffusés dès 1981, suivis en 1986 d’un magazine hebdomadaire d’informations en français. Un journal en langue française fut également introduit à la télévision officielle saoudienne au milieu de la décennie 1980.

    La coopération culturelle : le rôle central de l’IMA

    201979 a été une année charnière dans la péninsule Arabique, marquée à la fois par l’avènement de la République islamique d’Iran et la prise de la grande mosquée de la Mecque en Arabie Saoudite. Suite à ces évènements, Valéry Giscard d’Estaing a effectué une tournée dans l’ensemble des pays de la région pour leur assurer un « soutien français ». La culture est alors apparue comme le moyen idéal de consolider les relations bilatérales. En effet, c’est au cours de cette tournée que le président français annonça la création de l’Institut du monde arabe (IMA). Cette initiative politique unique, qui associe la Ligue arabe et le gouvernement français, a alors été saluée par les dirigeants de la région qui y virent un moyen de promouvoir une meilleure connaissance de la culture du monde arabe en France. Les six pays de la péninsule font ainsi partie des dix-neuf États arabes fondateurs (28 février 1980). L’impulsion générée par ce projet favorisa la création d’un nouveau type de structures cofinancées. En 1979, la République française et le Sultanat d’Oman signèrent ainsi un accord pour la création du Centre franco-omanais (CFO). Placé sous la supervision du ministère de l’Éducation omanais et de l’ambassade de France en Oman, le CFO endossa un rôle similaire aux centres culturels. À Abou Dhabi, un établissement similaire vit le jour grâce aux efforts de l’ambassadeur Jean-Claude Guisset. Inaugurée en 1985, la maison de la culture franco-arabe « cheikh Khalifa » a pour mission de participer à « la diffusion de la pensée française et de permettre en liaison avec l’Institut du monde arabe d’ouvrir aussi un dialogue avec la culture arabe11 ».

    21La création de l’IMA encouragea également la coopération culturelle, jusqu’alors très limitée. Un nouveau type de manifestation visant à faire la promotion culturelle et commerciale de la France a été organisé par les services culturels en coopération avec des partenaires locaux. En 1979, le service culturel de l’ambassade de France au Koweït mit ainsi en œuvre, à la demande de l’université du Koweït et avec sa collaboration, une première « semaine culturelle française ». Aux Émirats arabes unis, un « Festival français » fut mis en place en 1980 en partenariat avec Air France et l’hôtel Méridien d’Abou Dhabi, suivi dix ans plus tard par « France in Dubaï » organisé par l’ambassade de France, le French Business Council et l’Alliance française. Au Qatar, la première « semaine culturelle française » fut organisée en 1981, et suivie d’« Images de France » en 1984 et d’une troisième « semaine française » en 1986. Le succès de ces manifestations qui mobilisent artistes, institutions culturelles, l’IMA notamment, et entreprises françaises, peut se mesurer à leur fréquentation : au Koweït, les expositions accueillirent une moyenne de 200 à 250 visiteurs par jour et environ 1 500 personnes assistèrent aux représentations du groupe « Lo Reviscol Gascon » ; au Qatar, la troisième semaine accueillit plus de 12 000 visiteurs en six jours, ce qui constituait une première pour un évènement de ce type. Le succès fut également médiatique et politique. Tandis que les autorités locales et la presse saluèrent ces « semaines culturelles françaises », les Britanniques et les Américains annoncèrent leur volonté d’organiser à leur tour des évènements semblables.

    La diplomatie culturelle française face aux transformations géopolitiques (1991-2007)

    22La seconde guerre du Golfe a marqué un tournant dans la région. Tandis que la décennie précédente fut marquée par un rapprochement intra-régional, cristallisé par la création du CCG en 1981, l’invasion du Koweït par l’Irak entraîna une reconfiguration des alliances. En rejoignant le CCG, les émirats et les principautés de la côte avaient accepté de céder des pans de leur souveraineté à l’Arabie Saoudite en échange de sa protection (Kazerouni 2015). Or, le royaume saoudien se montra inapte à défendre son voisin koweïtien. Dès lors, c’est auprès des puissances militaires étrangères que ces États ont cherché à assurer leur défense. En 1991, le Qatar et les États-Unis ont ainsi signé un accord de coopération défensive, qui a abouti à la création de la base militaire Al Udeid sur le sol qatari, tandis que le Qatar et la France ont conclu des accords de défense (1994, 1998, 2015). En janvier 1995, un accord similaire a été signé avec les Émirats arabes unis, qui sollicitèrent en 2007 la création d’une base militaire française sur leur sol.

    23Outre le volet défensif, les États du Golfe – les Émirats arabes unis et le Qatar en particulier – ont également engagé des politiques de développement socio-économique depuis les décennies 1990-2000 visant aussi bien à assurer leur stabilité intérieure que leur sécurité extérieure. Les nouvelles stratégies portées par une nouvelle classe dirigeante, notamment avec l’arrivée au pouvoir de l’émir Hamad bin Khalifa Al Thani au Qatar en 1995 et celle du cheikh Khalifa ben Zayed Al Nahyane à Abou Dhabi en 2004, ont été formalisées dans des plans à moyen terme – « Abou Dhabi Vision 2030 » (2006) et « Qatar National Vision 2030 » (2008). Ceux-ci énoncent la volonté de ces gouvernements de réduire leur dépendance économique aux hydrocarbures et de réaliser une transition vers une économie de la connaissance afin de répondre à un triple enjeu : « un enjeu économique avec une logique d’investissements dans le secteur des hautes technologies afin de le substituer progressivement au pétrole comme moteur de la croissance ; un enjeu social avec une main-d’œuvre autochtone formée et remplaçant à terme les étrangers et, enfin, un enjeu politique où le marketing culturel permet de s’imposer sur la scène internationale » (Piquet 2013, p. 130). Pour cela, des investissements massifs ont été réalisés non seulement dans l’enseignement supérieur, la culture, les industries culturelles, mais aussi dans les médias et le sport. Sous la houlette du prince héritier Mohammed Ben Salmane, l’Arabie Saoudite a également mis en place en 2016 un plan de développement, « Vision 2030 », inspiré par le modèle émirien. Ces nouvelles stratégies offrent de nombreuses opportunités, mais aussi des défis à la diplomatie culturelle française.

    Le réseau culturel dans le Golfe : entre restructuration et expansion

    La restructuration du réseau culturel français dans le Golfe

    24La diplomatie culturelle française souffre depuis les années 1990 d’une baisse continue des effectifs et des crédits qui affecte directement le réseau culturel. Ainsi, ce dernier « comprenait 3 070 agents (toutes catégories confondues) en 1976. En 2003, celui-ci n’était plus que de 1 931. En 2012, les effectifs étaient ramenés à 1 695 » (Haize 2013). Concernant l’évolution du budget, le constat est le même : « Alors que la politique culturelle extérieure a représenté plus de la moitié du budget du ministère des Affaires étrangères, le programme 185 ne représentait plus, en 2012, que 25 % des crédits de la mission “Action extérieure de l’État” » (ibid.). S’il demeure malgré cela le premier réseau culturel mondial, son mode d’organisation et sa gestion font l’objet de débats et de tentatives de réforme continues depuis le rapport de Jacques Rigaud en 1979 (Rigaud 1979). En 2007, la Révision générale des politiques publiques (RGPP) a été adoptée en vue de rationaliser l’action de l’État (Premat 2013), entraînant le redimensionnement du réseau diplomatique français pour « mettre en rapport les moyens humains et budgétaires disponibles avec les besoins stratégiques » (Aïchi, Cambon 2014). C’est ainsi que le réseau culturel a été soumis à une restructuration devant permettre d’en améliorer la « gestion » et la « lisibilité », tout en palliant la réduction des effectifs, avec la création d’établissements à autonomie financière (EAF), les Instituts français (IF) réunissant les services et les centres culturels. Les conseillers de coopération et d’action culturelle (COCAC) ont alors acquis une double casquette : d’une part, conseillers des ambassadeurs en matière culturelle, scientifique et de coopération ; d’autre part, directeurs d’EAF.

    25Dans le cadre de cette restructuration, trois Instituts français furent créés dans la péninsule Arabique : le Service de coopération et d’action culturelle (SCAC) devint ainsi l’Institut français des Émirats arabes unis en 2010, le centre culturel et le SCAC fusionnèrent en Institut français du Qatar en 2011 et le SCAC, le cercle francophone et l’Institut Voltaire en Institut français du Koweït en 2012. À l’exception des Émirats arabes unis où ce rôle est endossé par les Alliances françaises, les Instituts français ont pris la forme de centres d’enseignement de langues et de diffusion culturelle, situés dans des locaux indépendants, tandis que les actions de coopération sont pilotées depuis les SCAC, situés dans les ambassades. Les Instituts français ont ainsi été créés dans les pays qui n’hébergeaient pas d’Alliances françaises – à l’exception des Émirats arabes unis où la configuration fédérale et l’accroissement de l’activité du service justifièrent le renforcement du dispositif et la création de l’antenne de l’Alliance française à Al Aïn en 2008. En Arabie Saoudite, cette restructuration a conduit à la transformation des centres culturels en Alliances françaises, qui accueillent en 2019 plus de 3 000 étudiants, dont 70 % de Saoudiens.

    Une coopération culturelle renforcée avec les Émirats arabes unis et le Qatar

    26Les réformes de la diplomatie culturelle française n’ont pas uniquement porté sur l’organisation du réseau. En 2008, le Livre blanc sur la politique étrangère et européenne de la France a consacré le concept de « diplomatie d’influence ». Sous ce changement sémantique, on relève l’élargissement du périmètre des actions relevant de la coopération et une volonté politique de moderniser à nouveau la diplomatie culturelle française – sans toutefois entraîner une hausse de son budget (Gazeau-Secret 2013). Avec des moyens réduits, mais un faisceau de compétences toujours plus large, les diplomates culturels tendent alors à accorder une importance accrue aux opérations de coopération scientifique et technique, le plus souvent au détriment de la coopération culturelle. Dans deux émirats cependant, Abou Dhabi et le Qatar, la coopération culturelle occupe un volet important de l’activité des SCAC.

    27Jouissant d’un prestige culturel international et d’une assise désormais solide grâce à son réseau culturel et au soutien des entreprises françaises, la France s’est en effet imposée comme un partenaire culturel de premier plan dans les stratégies de libéralisation culturelle mises en œuvre par les gouvernements émirien et qatarien. En parallèle à de grands projets très médiatisés qui seront présentés par la suite, l’importance accrue de la coopération culturelle entre la France et ces deux pays a entraîné la mise en œuvre d’initiatives conjointes. Ainsi, en mars 2016, a été inauguré le « Programme culturel franco-émirien – Dialogue avec le Louvre Abou Dhabi », décidé et mis en œuvre par les autorités émiriennes et françaises afin de renforcer la coopération entre les acteurs culturels des deux pays, suivi la même année de la conférence sur « la protection du patrimoine culturel en péril » à Abou Dhabi, organisée à l’initiative des deux gouvernements. Le 9 novembre 2017, au lendemain de l’ouverture du Louvre Abou Dhabi, les deux pays signèrent un nouvel accord de coopération entraînant la création du « Dialogue culturel franco-émirien », présenté comme une véritable célébration de la forte amitié entre les deux pays. Initialement prévu pour la seule année 2018, l’évènement a été prolongé jusqu’en 2020. Afin de faire face à l’accroissement des activités de coopération culturelle, les effectifs du SCAC ont été renforcés : alors qu’il était composé au début des années 2000 d’un COCAC, d’un VSNA et d’un secrétaire, il regroupe en 2019 onze agents dont cinq dédiés intégralement ou partiellement à la culture12.

    28Au Qatar, la coopération culturelle a également été renforcée par la signature d’un accord signé en juin 2014, qui renouvelle celui de 1977. Il met en place un comité mixte culturel, associant des institutions et des structures culturelles, et annonce la création de l’« Année France Qatar 2020 ». Afin de concevoir et de superviser cet évènement, deux nouveaux postes ont également été créés au sein du SCAC.

    Photo 1 : Affiche du Salon international du livre de Doha au Qatar présentant la France comme invitée d’honneur dans le cadre de l’« Année France Qatar 2020 », publiée sur le compte Twitter de l’Institut français du Qatar le 8 janvier 2020.

    Image

    © Institut français du Qatar.

    Photo 2 : Le compte twitter de la Qatar Foundation publie cette image pour annoncer le début de l’« Année France Qatar 2020 » avec ce concert de deux artistes français.

    Image

    © Qatar Foundation.

    Coopération universitaire et diplomatie scientifique : un nouvel enjeu pour la diplomatie culturelle française

    Le rayonnement de l’enseignement supérieur français à l’épreuve de la mobilité étudiante

    29Dès les années 1960-1970, les gouvernements du Golfe ont mis en place un système de bourses permettant aux étudiants de la région de poursuivre leurs études à l’étranger tandis que le paysage de l’enseignement supérieur se développait localement. Le flux des étudiants sortant n’a cessé de croître depuis. Pour la France, capter ce flux d’étudiants constitue un enjeu de taille pour plusieurs raisons : il s’agit aussi bien de profiter de la manne économique que représente cette mobilité étudiante que d’accroître l’attractivité et la réputation des établissements d’enseignement supérieur français. C’est dans ce sens que les espaces Campus France ont été créés dans l’ensemble des ambassades de la région dès le début des années 2000. Ils ont pour mission de promouvoir les études en France et d’accompagner les futurs étudiants dans leur scolarisation dans l’enseignement supérieur français. Or, la mobilité des étudiants des pays du Golfe vers les universités françaises reste encore peu développée. Ainsi, alors que la France est le quatrième pays d’accueil des étudiants étrangers dans le monde, et le premier pays non anglophone (Campus France 2019, p. 3), le contingent d’étudiants en provenance du Golfe reste limité, très largement en deçà des États-Unis et de la Grande-Bretagne (tableau 2).

    Tableau 2. La mobilité des étudiants du Golfe en 2010 et 2015

    FranceÉtats-UnisGrande-Bretagne
    20102015Rang (2015)20102015Rang (2015)20102015Rang (2015)
    Arabie Saoudite4834491215 67053 63718 0558 9222
    Bahreïn42361341152951 0421 2371
    EAU26517291 6383 09422 9753 2671
    Koweït9898132 4208 51011 6432 1214
    Oman4031172832 19521 2121 9393
    Qatar3246116571 35521 0591 8211

    Source : Campus France 2018.

    30Les raisons avancées pour expliquer cette faible attractivité sont multiples. Il y a tout d’abord la dimension linguistique. La langue anglaise est devenue la lingua franca de l’espace de l’enseignement supérieur international et la principale langue étrangère d’étude et de communication dans le Golfe. La différence entre les systèmes français et anglo-saxon, le second étant omniprésent dans la région, constitue un obstacle supplémentaire, tout comme les rares possibilités d’études en anglais au niveau du Master en France. De plus, pour bénéficier d’une bourse d’études, les étudiants doivent se rendre dans un établissement accrédité par les autorités locales. Or, les listes d’accréditation sont le plus souvent établies à partir des classements internationaux des universités, type QS Ranking et le classement de Shanghai (ARWU), peu favorables aux universités françaises. Un dernier obstacle avancé par les responsables des espaces Campus France réside dans les représentations dominantes de la France. Si elle est une destination touristique prisée des habitants du Golfe et qu’elle jouit d’une image favorable, la France n’est généralement pas associée à la « modernité » et aux « nouvelles technologies ».

    L’exportation des établissements français dans le Golfe

    31La seconde dynamique est la création de « hubs » universitaires qui, en attirant des établissements étrangers de réputation mondiale (Delpech, Ramanantsoa 2016, p. 138), ont pour vocation à la fois de diversifier l’offre locale de l’enseignement supérieur et de modifier les mobilités étudiantes régionales (Campus France 2019, p. 3). Dans le Golfe, cette dynamique est particulièrement développée puisqu’elle est la région comptant le plus de campus dits « off-shore » (Campus France 2012).

    32Les établissements américains, pionniers dans la création de campus à l’étranger, sont majoritaires dans le Golfe, suivis des établissements britanniques, puis indiens. Les établissements français sont bien moins compétitifs dans ce domaine, aussi bien à l’échelle internationale qu’à celle du Golfe où leur implantation relève moins d’une stratégie d’internationalisation que d’opportunités liées aux sollicitations des gouvernements locaux. Seuls deux établissements privés, l’École supérieure des arts et techniques de la mode (ESMOD) créée en 2006 à Dubaï, et l’Institut européen d’administration des affaires (INSEAD) créé en 2010 à Abou Dhabi, sont présents dans la région. Toutefois, les politiques volontaristes mises en place par l’émirat d’Abou Dhabi et le Qatar, qui figurent parmi les cinq pays accueillant le plus grand nombre de campus internationaux13 (Lane, Kinser 2015) ont permis l’implantation de quelques établissements français publics. Après avoir pris le pouvoir en 1995, le cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani a fondé, avec sa seconde épouse, la cheikha Moza bint Nasser, la Qatar Foundation, avec pour mission de soutenir son projet de transition vers l’économie de la connaissance. Inauguré en 1997, le campus Education City en est le projet phare. Dans cette cité de l’éducation dominée par les établissements américains14, l’École des hautes études commerciales de Paris (HEC) s’est implantée en 2011, soutenue par l’entreprise Total, afin de former les cadres qatariens déjà en activité. La même année, l’école militaire Saint-Cyr a ouvert son premier campus à l’étranger, une première dans son histoire, dans le but de former annuellement cinquante élèves officiers qatariens.

    Photo 3 : Photo promotionnelle diffusée sur le fil twitter de Campus France aux Émirats arabes unis, 17 mai 2020

    Image

    © Campus France.

    Photo 4 : Logo de l’école française de mode ESMOD à Dubaï publié sur le fil twitter de Ludovic Pouille, l’ambassadeur de France aux Émirats arabes unis, 13 mai 2020

    Image

    © Ludovic Pouille.

    33Le modèle de développement universitaire d’Abou Dhabi se rapproche de son homologue qatarien, à la différence qu’il ne s’adresse pas uniquement aux nationaux, mais également aux expatriés (Witte 2015). À travers un organe dédié, l’Abou Dhabi Education Council, le gouvernement supervise directement la création du pôle universitaire. Dans ce cadre, deux établissements prestigieux ont été invités à installer un campus : la New York University et l’université Paris-Sorbonne (Paris IV). La création de la Paris-Sorbonne University Abou Dhabi (PSUAD) – encadrée par un accord signé le 18 février 2006 et renouvelé en 2016 – a visé à renforcer l’implantation française aux Émirats arabes unis (Fattah 2012), qui abrite la plus large communauté française dans le Golfe, tout en diversifiant un paysage universitaire jusqu’alors uniquement conçu sur le modèle anglo-saxon. Au Qatar comme à Abou Dhabi, l’implantation de ces structures a été rendue possible grâce à l’invitation et aux financements des pays d’accueil. Au Bahreïn, la French Arabian Business School (FABS) a été mise en place en 2007 dans le cadre d’un accord entre l’Arabian Gulf University, créée en 1981 par le CCG, et le MAE. Moins connue, cette initiative est unique puisqu’il s’agit de la seule université au monde à appartenir à une organisation internationale : son programme de formation continue de dix-huit mois, un MBA mené en partenariat avec l’ESSEC, forme ainsi vingt-cinq professionnels par promotion, principalement des Saoudiens, des Bahreïniens et des Koweïtiens, en activité dans les plus grosses entreprises mondiales, notamment ceux d’Aramco, la compagnie nationale saoudienne d’hydrocarbure.

    Un réseau de diplomatie universitaire et scientifique en expansion

    34Pour faire face à la compétition croissante au sein de l’espace de l’enseignement supérieur dans le Golfe, et dont la coopération universitaire et scientifique est devenue l’un des nouveaux enjeux, la France s’appuie sur deux leviers : son réseau d’attachés de coopération scientifique et universitaire ainsi que le réseau des Instituts français de recherche à l’étranger (IFRE). La nécessité de doter les ambassades d’attachés de coopération scientifique est apparue dès les années 1960, avant l’émergence dans les années 2000 des attachés de coopération universitaire. Leur mission principale est de concevoir et de coordonner des projets de coopération entre établissements universitaires et scientifiques et de favoriser les échanges entre chercheurs français et locaux. En Arabie Saoudite, au Qatar et au Koweït, l’essor de cette coopération – cinquante-cinq accords de coopération ont par exemple été signés entre universités françaises et saoudiennes en 200815 – a justifié la création de postes dédiés au sein des SCAC.

    35Deux domaines, le droit et la médecine, contribuent particulièrement à renforcer la diplomatie scientifique française à l’échelle de la région. Structurant depuis les premiers accords de coopération, la coopération médicale s’est ainsi particulièrement développée grâce à la convergence de deux facteurs : d’un côté, l’« ambitieux plan de développement du secteur de la santé » (Campus France 2014, p. 10), commun à l’ensemble des pays du Golfe et, de l’autre, une expertise française reconnue dans ce domaine. Pour faire face à la demande et afin de se démarquer face aux autres pays, la France a signé en 2012 des accords avec les six pays du CCG prévoyant une année de mise à niveau en français pour les médecins de la région, qui peuvent ensuite suivre une spécialisation en France sans devoir passer le concours d’internat16. L’autre discipline d’importance est le droit, notamment aux Émirats arabes unis et au Koweït où le système juridique est basé sur le modèle égyptien, lui-même inspiré du Code Napoléon. L’École nationale de la magistrature (ENM) française conduit ainsi des formations judiciaires dans le cadre d’accords de coopération avec l’Institut judiciaire de Dubaï (1997), l’Institut fédéral d’Abou Dhabi (2002) et l’Institut des études juridiques et judiciaires du Koweït (2013 et 2018).

    36La France dispose également d’un réseau de vingt-sept Instituts français de recherche à l’étranger (IFRE), placés depuis 2007 sous la double tutelle du MAE et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Ce réseau est « un héritage de l’histoire diplomatique et scientifique de la France » (Yung 2017) dont la construction progressive témoigne des intérêts scientifiques français, ce qui explique notamment une forte concentration en Méditerranée et au Moyen-Orient. Néanmoins, pendant longtemps, aucun IFRE n’était dédié à la péninsule Arabique. Le Centre français d’archéologie et de sciences sociales (CEFAS), créé à Sanaa (Yémen) en 1982, a acquis en 2013 une vocation régionale avant d’ouvrir une antenne au Koweït en 2016, dans le cadre d’un accord bilatéral signé le 21 octobre 2015, témoignant ainsi de l’intérêt accru des autorités et des chercheurs français pour une région longtemps restée un angle mort des travaux en sciences humaines et sociales. La mission du CEFAS est « d’initier, coordonner et soutenir les travaux des chercheurs et des étudiants sur l’ensemble de la péninsule Arabique et du Golfe, dans tous les domaines des sciences humaines et sociales, de la Préhistoire aux sociétés contemporaines » (Crassard, Zouache 2018). Il a également un rôle de soutien et de facilitateur pour les missions archéologiques françaises dans la péninsule Arabique. Son format unique – il n’existe aucun centre scientifique étranger semblable dans la région – lui a permis de devenir l’interlocuteur principal des institutions scientifiques, mais aussi culturelles, koweïtiennes et, de plus en plus, régionales, lui conférant ainsi le rôle de point nodal de la diplomatie scientifique française dans le Golfe.

    Une nouvelle forme d’expertise technique autour de grands projets

    37L’un des projets phares du développement culturel mené par l’émirat d’Abou Dhabi est Al Saadiyat Island, littéralement l’île du bonheur, un complexe culturel et hôtelier devant initialement regrouper trois musées créés en partenariat avec des institutions muséales étrangères prestigieuses : le British Museum, le Guggenheim et le Louvre. Alliant rayonnement culturel et tourisme international, ce projet cristallise à bien des égards les nouveaux enjeux et les mutations de la diplomatie culturelle, notamment la montée d’une nouvelle forme d’expertise technique dans laquelle les agences techniques et les institutions muséales deviennent des acteurs inédits des stratégies dites de développement (Cornu, Frigo 2009 ; Chaubet 2013, p. 99-100).

    38Suite « à la volonté exprimée par les autorités émiriennes de mettre en place un musée universel à Abou Dhabi » (décret no 2008-879), le gouvernement français et le gouvernement des Émirats arabes unis ont signé le 6 mars 2007 un accord relatif au « musée universel d’Abou Dhabi ». Provoquant un véritable tollé lors de son annonce, en particulier dans le milieu des historiens de l’art et des conservateurs du patrimoine qui se sont opposés à la « marchandisation des musées français » (Gautier-Jacquet 2011 ; Guéraiche 2018), le musée a été inauguré une décennie plus tard, en novembre 2017, par Mohammed ben Zayed Al-Nahyane et Emmanuel Macron, en présence de nombreux chefs d’État. Pour les autorités françaises, l’aboutissement du projet est présenté comme un succès sur tous les plans : du point de vue diplomatique, les relations bilatérales avec Abou Dhabi ont été renforcées ; sur un plan économique, les 400 millions d’euros versés par la partie émirienne pour l’utilisation du nom « Louvre » ont permis d’irriguer les finances des musées français et de financer des travaux de rénovation comme la façade du centre Pompidou, du théâtre impérial de Fontainebleau ; l’inauguration du musée a généré une couverture de presse internationale généralement très positive ; le musée est également un succès d’audience – un an après son ouverture, il a déjà accueilli plus d’un million de visiteurs selon les chiffres communiqués par son directeur ; enfin, le Louvre Abou Dhabi, seul projet muséal abouti de Al Saadiyat Island, a contribué à valoriser le savoir-faire technique et les collections muséales françaises, contribuant ainsi à asseoir sa prédominance géoculturelle (Gautier-Jacquet 2011). Ce dernier point semble particulièrement important dans la mesure où il témoigne d’une nouvelle forme de coopération technique. L’accord de 2007 a en effet marqué « une nouvelle étape dans le développement de l’action internationale des musées et en termes de coopération interétatique » (Cornu, Frigo 2009). Parmi ses principales dispositions figurent l’autorisation pour le musée d’utiliser le nom « Louvre » pendant trente ans et six mois, la mise en place d’une agence technique française, l’Agence France-Muséums (AFM), regroupant treize musées et établissements publics17 rémunérée par la partie émirienne. Cette agence a non seulement été chargée de l’édification du musée et de la constitution de ses collections, mais aussi de la formation de l’équipe du Musée et du prêt d’œuvres des collections publiques françaises. À partir des années 2013, les équipes françaises de l’AFM se sont installées à Abou Dhabi pour travailler quotidiennement avec l’équipe émirienne, un système de tutorat étant mis en place afin de favoriser la formation des équipes locales qui effectuent également des stages dans les institutions muséales partenaires. Suite à l’inauguration du musée, l’AFM est toujours présente dans l’institution avec des missions désormais centrées autour de l’organisation et de la logistique des expositions temporaires et de la formation des équipes, comprenant environ 50 % d’Émiriens, à tous les corps de métier du musée18. Unique dans sa mise en œuvre, l’accord ayant permis la création du Louvre Abou Dhabi a ensuite été repris dans le cadre d’un partenariat franco-saoudien.

    39À l’occasion d’une visite officielle du prince héritier d’Arabie Saoudite, la France et l’Arabie Saoudite ont signé le 10 avril 2018 un accord relatif au « développement culturel, environnemental, touristique, humain et économique et à la valorisation du patrimoine du gouvernorat d’Al-Ula dans le Royaume d’Arabie Saoudite ». Ce projet pharaonique, dont le coût est estimé entre 20 et 50 milliards d’euros, s’inscrit dans la politique de réformes sociales et économiques de Mohammed Ben Salmane. Les points de convergence avec le projet du Louvre Abou Dhabi sont nombreux : à l’instar de l’accord de 2007, celui de 2018 a créé une agence technique, l’Agence française pour le développement d’Al-Ula (AFALULA), regroupant huit pôles d’expertise19 confiés à des experts français – dont le conservateur général du patrimoine Jean-François Charnier, pour le pôle Culture et Patrimoine, qui avait assuré la direction scientifique de l’AFM de 2013 à 2017. Par ailleurs, la conception d’un hôtel troglodyte a été demandée à l’architecte français Jean Nouvel, déjà concepteur du musée émirien et de sa fameuse coupole. Si le succès du Louvre Abou Dhabi a pu jouer un rôle dans le choix de la France pour le développement d’Al-Ula, la tradition de coopération archéologique entre les deux pays fut l’élément déterminant20.

    40L’intérêt français pour la région d’Al-Ula, qui abrite le site archéologique de Madâ’in Sâlih, remonte aux trois missions des pères Antonin Jaussen et Raphaël Savignac entre 1907 et 1910 qui permirent la recension des inscriptions sémitiques et la découverte d’un ensemble de statues masculines (Farès-Drappeau 2010 ; Cassola 2016, p. 78-84). Suite à une mission exploratoire dirigée par Jean-Marie Dentzer en 2001, le MAE a créé en 2002 la Mission archéologique de Madâ’in Sâlih, première mission archéologique étrangère à pouvoir opérer sur le sol saoudien depuis les années 1970 (Testard-Vaillant 2019). Cette mission a largement œuvré à la reconnaissance de ce site nabatéen, en permettant notamment son inscription à la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 2008. Destiné à préserver et valoriser ce site, l’accord de 2018 prévoit également le « renforcement des capacités et des compétences, transfert de technologie et apport de savoir-faire » entre l’Arabie Saoudite et la France. Dans cette optique, Campus France a signé un accord avec la Royal Commission for Al-Ula pour assurer la formation sur dix ans de 300 à 1 000 étudiants saoudiens aux métiers du tourisme et de l’archéologie.

    Photo 5 : Affiche promotionnelle en langue française du site Al-Ula en Arabie Saoudite, avril 2018.

    Image

    CC. BY-NC-SA. MAE, @Francediplo, Richard Hargas.

    Photo 6 : Photo de la salle consacrée aux recherches ethnologiques et botaniques qui ont été menées dans l’oasis d’Al-Ula lors de l’exposition consacrée à ce projet à l’Institut du monde arabe à Paris, 19 octobre 2019.

    Image

    © Jean-Pierre Dalbera (https://www.flickr.com/photos/dalbera/49132609011).

    Conclusion

    41Cette contribution a proposé une première approche historique de la diplomatie culturelle française dans le Golfe à travers la mise en place et l’évolution du réseau culturel français et de la coopération culturelle, scientifique et technique avec les États du Golfe. S’appuyant principalement sur des archives et de la documentation françaises, elle a présenté un point de vue partiel de cette histoire. La confrontation avec d’autres sources et avec les résultats des enquêtes menées dans le cadre de notre recherche doctorale permettra par la suite de nuancer et d’enrichir le propos.

    42De premières conclusions peuvent néanmoins être avancées. Tout d’abord, il apparaît que la diplomatie culturelle a joué un rôle moteur dans l’implantation de la France dans une région où elle ne disposait historiquement que d’une très faible assise. Si entre le début des années 1960 et la fin des années 1980 la France a parfois éprouvé des difficultés à répondre aux attentes des dirigeants du Golfe, en particulier dans le domaine de la coopération technique, il n’en demeure pas moins que c’est au cours de cette période qu’ont été posées les prémices d’une présence culturelle durable dans la région. Durant les décennies suivantes, cette assise s’est révélée particulièrement opportune, en particulier lorsqu’il s’est agi de répondre aux stratégies de développement culturel adoptées par l’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar. Au confluent d’enjeux économiques, politiques et d’influence, la diplomatie culturelle révèle alors son importance dans les relations internationales.

    43Des limites apparaissent cependant. Les contraintes budgétaires subordonnent l’action des services culturels aux possibilités de financement, réduisant ainsi les initiatives des diplomates culturels et le champ des activités. La diplomatie culturelle française relève alors moins d’une stratégie politique globale que de stratégies locales élaborées en fonction des opportunités. Dans le domaine de l’enseignement supérieur, les établissements français peinent à attirer les étudiants du Golfe et à s’exporter, alors même que l’internationalisation constitue un enjeu scientifique et économique majeur.

    Bibliographie

    Archives

    Archives diplomatiques – La Courneuve

    FRMAE 1734INVA/1 – Situation intérieure

    FRMAE 1734INVA/18 – Enseignement–culturelle– affaires scientifiques – jeunesse et sports

    FRMAE 239QO/435 – Coopération culturelle

    FRMAE 239QO/446 – Arabie Saoudite

    FRMAE 239QO/487 – Koweït

    FRMAE 346BSG/173 – Arabie Saoudite

    FRMAE 346BSG/178 – Bahreïn

    FRMAE 346BSG/199 – EAU

    FRMAE 346BSG/250 – Koweït

    FRMAE 346BSG/271 – Oman

    FRMAE 346BSG/275 – Qatar

    FRMAE 346BSG/276 – Qatar

    Archives diplomatiques – Nantes

    FRMAE 199PO – Djeddah

    FRMAE 200PO – Djeddah

    FRMAE 325PO – Koweït

    FRMAE 4PO – Abou Dhabi

    FRMAE 403PO – Bahreïn

    FRMAE 415PO – Mascate

    FRMAE 0204PO – Qatar

    Sources

    Accords et textes réglementaires

    Accord de coopération culturelle et technique entre le gouvernement de la République française et le gouvernement du Royaume d’Arabie Saoudite (ensemble un échange de lettres), signé à Djeddah le 7 juillet 1963 [En ligne] https://basedoc.diplomatie.gouv.fr/exl-php/util/documents/accede_document.php?1567490340789

    Décret no 2018-1206 du 21 décembre 2018 portant publication de l’accord de coopération culturelle entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de l’État des Émirats arabes unis, signé à Dubaï le 9 novembre 2017 [En ligne] https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2018/12/21/EAEJ1832359D/jo/texte/fr

    Décret no 2008-879 du 1er septembre 2008 portant publication de l’accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement des Émirats arabes unis relatif au musée universel d’Abou Dhabi, signé à Abou Dhabi le 6 mars 2007 [En ligne] https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000019417311&categorieLien=id

    Décret no 2018-861 du 8 octobre 2018 portant publication de l’accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement du Royaume d’Arabie Saoudite relatif au développement culturel, environnemental, touristique, humain et économique et à la valorisation du patrimoine du gouvernorat d’Al-Ula dans le Royaume d’Arabie Saoudite, signé à Paris le 10 avril 2018 [En ligne] https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000037476930&categorieLien=id

    Décret no 76-832 du 24 août 1976 relatif à l’organisation financière de certains établissements ou organismes de coopération et de diffusion culturelle dépendant du ministère des Affaires étrangères, signé à Paris le 24 août 1976 [En ligne] https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000689210

    Avis, notes et rapports d’information

    Aïchi Leïla, Cambon Christian, 2014, Avis présenté au nom de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées sur le projet de Loi de finances pour 2015, adopté par l’Assemblée nationale, France, Sénat [En ligne] https://www.senat.fr/rap/a14-110-1/a14-110-11.pdf

    Agence Campus France, 2012, La mobilité des étudiants du Moyen-Orient, Les notes de Campus France Hors-série no 4, octobre [En ligne] https://ressources.campusfrance.org/publications/notes/fr/note_04_hs_fr.pdf

    Agence Campus France, 2014, La mobilité des étudiants du Moyen-Orient, Les notes de Campus France Hors-série no 10, octobre [En ligne] https://ressources.campusfrance.org/publications/notes/fr/note_10_hs_fr.pdf

    Agence Campus France, 2018, La mobilité des étudiants d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, Les notes de Campus France Hors-série no 18, janvier [En ligne] https://ressources.campusfrance.org/publications/notes/fr/note_hs18_fr.pdf

    Agence Campus France, 2019, Chiffres clés, Paris, Campus France, mars [En ligne] https://ressources.campusfrance.org/publications/chiffres_cles/fr/chiffres_cles_2019_fr.pdf

    Dauge Yves, 2001, Rapport d’information déposé en application de l’article 145 du règlement par la Commission des Affaires étrangères sur les centres culturels, Paris, Assemblée nationale [En ligne] http://www.assemblee-nationale.fr/11/pdf/rap-info/i2924.pdf

    DelPicchia Robert, Vallini André, 2017, Campus France : pour une relance de la stratégie d’attractivité, Paris, Sénat [En ligne] http://www.senat.fr/rap/r17-090/r17-090.html

    Del Picchia Robert, Vallini André, 2018, Avis présenté au nom de la Commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées sur le projet de Loi de finances, adopté par l’Assemblée nationale, pour 2019, Paris, Sénat [En ligne] http://www.senat.fr/rap/a18-149-2/a18-149-21.pdf

    Duvernois Louis, 2004, Pour une nouvelle stratégie de l’action culturelle extérieure de la France : de l’exception à l’influence, Paris, Sénat [En ligne] https://www.senat.fr/rap/r04-091/r04-091.html

    Eblé Vincent, Gattonlin André, 2017, Louvre Abou Dhabi : dix ans après la signature de l’accord, la Commission des finances du Sénat fait le point, Paris, Sénat (Commission des finances) [En ligne] https://www.senat.fr/presse/cp20170712e.html

    Gouteyron Adrien, 2008, Quelles réponses apporter à une diplomatie culturelle en crise ?, Paris, Sénat [En ligne] http://www.senat.fr/rap/r07-428/r07-428.html

    Loncle Claude, Schmid Claudine, 2013, Rapport d’information déposé en application de l’article 146-3, alinéa 6 du règlement par le Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques, Paris, Assemblée nationale [En ligne] http://www2.assemblee-nationale.fr/documents/notice/14/rap-info/i1591/ (index)/rapports-information

    Delpech Quentin, Ramanantsoa Bernard, 2016, L’enseignement supérieur français par-delà les frontières. L’urgence d’une stratégie, Paris, France stratégie.

    Yung Richard, 2017, Les Instituts français de recherche à l’étranger (IFRE), un outil de la diplomatie d’influence à mieux valoriser, Paris, Sénat [En ligne] https://www.senat.fr/notice-rapport/2016/r16-624-notice.html

    Sites Internet

    Alumni France [En ligne] https://www.francealumni.fr/fr/poste/arabiesaoudite/partenaire/11682

    Agence France-muséums [En ligne] http://www.agencefrancemuseums.fr/fr/accueil/

    Agence française pour le développement d’Al-Ula, [En ligne] https://www.afalula.com/

    Campus France [En ligne] https://www.campusfrance.org/fr

    Qatar Foundation [En ligne] https://www.qf.org.qa

    Madâ’in Sâlih, l’antique Hégra/Site officiel de l’UMR Orient & Méditerranée [En ligne] https://www.orient-mediterranee.com/spip.php?article1090

    Études secondaires

    Albalwi Ebrahim, 2000, Les chances du français en Arabie Saoudite : analyse sociolinguistique et didactique, thèse de doctorat, université de Rouen Normandie.

    Al Hargan Haya Saleh, 2015, Anglo-Saudi Cultural Relations. Challenges and Opportunities in the Context of Bilateral Ties, 1950- 2010, Londres, King’s College/University of London.

    Al Harthy Sharifa, Renard Olivier, 2008, « Le système éducatif dans le Sultanat d’Oman », Revue internationale d’éducation de Sèvres, 49, 1er décembre, p. 149-154.

    Allard Patrick, Andurain Arnaud d’, Augias Corrado, Foucher Michel, Orcier Pascal, Delmas-Marty Mireille (dir.), 2013, Atlas de l’influence française au xxie siècle, Paris, Robert Laffont.

    Almalki Ali, 2015, La présence du français en Arabie : les revues culturelles saoudiennes, thèse de doctorat, inalco.

    Baloge Jérôme, Soppelsa Jacques, 2007, L’enjeu linguistique dans les relations internationales, Paris, ANRT.

    Bauchard Denis, 2015, « La France et les émirats et monarchies du Golfe », Pouvoirs, 152/1, p. 107‑120.

    Berreby Jean-Jacques, 1962, « La situation politique des émirats du golfe Persique », Politique étrangère, 27/6, p. 567‑580.

    Chaubet François, Martin Laurent, 2011, Histoire des relations culturelles dans le monde contemporain, Paris, Armand Colin.

    Cardi Beatrice de, 1974, « The British Archaeological Expedition to Qatar 1973–1974 », Antiquity, 48/191, p. 196-200.

    Chaubet François, 2004, « L’Alliance française ou la diplomatie de la langue (1883-1914) », Revue historique, 632/4, p. 763-785.

    Chaubet François, 2013, « Rôle et enjeux de l’influence culturelle dans les relations internationales », Revue internationale et stratégique, 89/1, p. 93-101.

    Cornu Marie, Frigo Manlio, 2009, « L’accord portant création du Louvre Abou Dhabi, musée universel : une double invention culturelle et juridique », Annuaire français de droit international, 55/1, p. 111-135.

    Crouzet Guillemette, 2015, Genèses du Moyen-Orient : le golfe Persique à l’âge des impérialismes (vers 1800-vers 1914), Ceyzérieu, Champ Vallon.

    Davidson Christopher, Mackenzie Smith Peter (dir.), 2008, Higher Education in the Gulf States: Shaping Economies, Politics and Culture, Londres, Saqi/Middle East Institute (SOAS).

    Dazi-Heni Fatiha, 2006, Monarchies et sociétés d’Arabie : le temps des confrontations, Paris, Presses de Sciences Po.

    Dubosclard Alain, Grison Laurent, Jeanpierre Laurent, Journoud Pierre, Okret Christine, Trimbur Dominique (dir.), 2002, Entre rayonnement et réciprocité : contributions à l’histoire de la diplomatie culturelle, Paris, Publications de la Sorbonne.

    Dulphy Anne, Frank Robert, Matard-Bonnuci Marie-Anne, Ory Pascal, Moine Caroline, Fléchet Anaïs (dir.), 2010, Les relations culturelles internationales au xxe siècle : de la diplomatie culturelle à l’acculturation, Bruxelles, Peter Lang.

    Fabre Thierry, 1991, « L’Institut du monde arabe entre deux rives », in « La Méditerranée. Affrontements et dialogues », Vingtième Siècle, 32, p. 75-80.

    Fattah Françoise Abdel, 2012, « Choisir d’étudier à l’université Paris Sorbonne Abou Dhabi sans être francophone : difficultés et motivations des étudiants qui relèvent le défi », Ela. Études de linguistique appliquée, 168/4, p. 471-481.

    France. Ministère des Affaires étrangères et européennes, 2008, La France et l’Europe dans le monde. Livre blanc sur la politique étrangère et européenne de la France : 2008-2020, Paris, La Documentation française.

    Gautier-Jacquet Viviane, 2011, « Le Louvre Abou Dhabi : un nouveau paradigme de gouvernance en émergence ? », Muséologies : Les cahiers d’études supérieures, 5/2, p. 12-41.

    Gazeau-Secret Anne, 2013, « “Soft power” : l’influence par la langue et la culture », Revue internationale et stratégique, 89/1, p. 103-110.

    Guéhenno Jean-Marie, 1986, « Diplomatie culturelle : culture de France, culture d’Europe », Politique étrangère, 51/1, p. 165-171.

    Guéraiche William, 2018, « Diplomatie culturelle, un exercice rhétorique ? L’exemple du Louvre Abou Dhabi, musée universel », Hermès, 81, p. 183-191.

    Haize Daniel, 2010, L’action culturelle et de coopération de la France à l’étranger : un réseau, des hommes, thèse de doctorat, université Montpellier I.

    Haize Daniel, 2012, L’action culturelle et de coopération de la France à l’étranger : un réseau, des hommes, Paris, L’Harmattan.

    Haize Daniel, 2013, « La diplomatie culturelle française : une puissance douce ? », CERISCOPE Puissance [En ligne] http://ceriscope.sciences-po.fr/puissance/content/part2/la-diplomatie-culturelle-francaise-puissance-douce

    Jeannesson Stanislas, 2012, « Diplomatie et politique étrangère de la France contemporaine : un bilan historiographique depuis 1990 », Histoire, Économie et Société, 31/2, p. 87-98.

    Kazerouni Alexandre, 2015, « Musées et soft power dans le golfe Persique », Pouvoirs, 152/1, p. 87-97.

    Kazerouni Alexandre, 2017, Le miroir des cheikhs : musée et politique dans les principautés du golfe Persique, Paris, Presses universitaires de France.

    Lafon Jacques, 1994, « Langue et pouvoir : aux origines de l’“exception culturelle française” », Revue historique, 292/2, p. 393-419.

    Lafon Jacques, 2001, Itinéraires : de l’histoire du droit à la diplomatie culturelle et à l’histoire coloniale, Paris, Publications de la Sorbonne.

    Lane Jason E., 2011, « Importing Private Higher Education: International Branch Campuses », Journal of Comparative Policy Analysis: Research and Practice, 13/4, p. 367-381.

    Lane Philippe, 2016, Présence française dans le monde : l’action culturelle et scientifique, Paris, La Documentation française.

    Lequesne Christian, Meijer Hugo, 2018, La politique étrangère : approches disciplinaires, Montréal, Les Presses de l’université de Montréal.

    Lombard Alain, 2003, Politique culturelle internationale : le modèle français face à la mondialisation, Arles, Actes Sud.

    Lombard Pierre, 2016, « L’archéologie du Royaume de Bahreïn aujourd’hui, entre avancées et inquiétudes », in « Péninsule Arabique », Routes de l’Orient, hors-série 3, p. 117-138 [En ligne] https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01842056/document

    Martin Laurent, 2013, L’enjeu culturel : la réflexion internationale sur les politiques culturelles, 1963-1993, Paris, Comité d’histoire du ministère de la Culture et de la Communication/La Documentation française.

    Oddos Robert, 1996, « Deux siècles de relations franco-omanaises (1735-1920) : aperçu historique », Revue historique, 296/1, p. 83-123.

    Piquet Caroline, 2013, Les pays du Golfe : de la perle à l’économie de la connaissance. Les nouvelles terres du libéralisme, Paris, Armand Colin.

    Premat Christophe, 2013, « La restructuration du réseau culturel français au quotidien », La nouvelle revue du travail, 2 [En ligne] https://nrt.revues.org/951

    Renard Isabelle, 2002, « À l’origine des instituts culturels français à l’étranger. L’Institut français de Florence au début du xxe siècle », Mélanges de l’École française de Rome. Italie et Méditerranée, 114/1, p. 89-101.

    Roche François, Piniau Bernard, 1995, Histoires de diplomatie culturelle des origines à 1995, Paris, ADPF/La Documentation française.

    Roche François, 2006, « La diplomatie culturelle dans les relations bilatérales », Sens public, 2 mars [En ligne] http://www.sens-public.org/article235.html

    Rose Augustin, 2018, « Genèse d’un partenariat privilégié : la France et l’Arabie Saoudite, 1956-1968 », Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin, 47/1, p. 83-95.

    Salon Albert, 1981, L’action culturelle de la France dans le monde : analyse critique, thèse de doctorat, université Panthéon-Sorbonne.

    Suleiman-Gabryel Nasser, 2009, « L’extinction d’une tradition », Labyrinthe, 32, p. 165-175.

    Taylor Philip M., 1978, « Cultural Diplomacy and the British Council: 1934-1939 », British Journal of International Studies, 4/3, p. 244-265.

    Testard-Vaillant Philippe, 2019, « Hégra livre ses splendeurs », CNRS Le Journal, mai [En ligne] https://lejournal.cnrs.fr/articles/hegra-livre-ses-splendeurs

    Tobelem Jean-Michel, 2013, « Stratégie culturelle à Abou Dhabi et au Qatar : éléments de convergence et de singularité », Bulletin de l’association de géographes français, 90/2, p. 142-152.

    Touazi François-Aïssa, 2014, Le ciel est leur limite : les dirigeants du Golfe, leur influence, leurs stratégies, Paris, Éditions du Moment.

    Witte Spencer, 2015, « Gulf State Branch Campuses: Global Student Recruitment », International Higher Education, 58 [En ligne] http://ejournals.bc.edu/ojs/index.php/ihe/article/view/8465

    Wursthorn Kévin, 2012, « La France et les enjeux pétroliers dans le golfe Persique », Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin, 35, p. 137-148.

    Zecchini Laurent, 2007, « Saint-Cyr va créer une “filiale” à Doha », Le Monde.fr, 23 janvier [En ligne] https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2007/01/23/saint-cyr-va-creer-une-filiale-a-doha_858525_3218.html

     

    Notes de bas de page

    1 Sous le nom « Golfe », nous entendons les six pays réunis au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Le Yémen, également situé sur la péninsule Arabique, en est donc exclu.

    2 La première partie de cette contribution est basée sur des recherches effectuées dans les centres des Archives diplomatiques françaises de la Courneuve et de Nantes. Les fonds consultés sont précisés dans la section « Corpus ». Seuls les documents faisant l’objet d’une citation sont mentionnés en note de bas de page (NdlR).

    3 On utilisera fréquemment au fil du texte cette expression pour évoquer cette direction.

    4 Le ministère des Affaires étrangères a connu nombre d’appellations successives. On utilisera donc systématiquement l’acronyme MAE pour le désigner.

    5 Rapport au gouvernement : « Programme d’expansion et de reconversion des activités culturelles et techniques françaises à l’étranger. Plan quinquennal », Paris 14/06/58, AMAE, s. DGACT – Direction générale 1959-1969, c. 41 (cité par Rodrigues Pereira 2014, p. 382).

    6 FRMAE 346BSG/275 – Qatar, dossier QAT-ETS/2.1 Centre culturel français de Doha 1983-1990.

    7 FRMAE 346BSG/275 – Qatar, Dossier QAT-ETS/2.1 Centre culturel français de Doha 1983-1990, no 177/IC/EC.

    8 403PO/1/25 Coopération culturelle, scientifique et technique, 41/DGRC.

    9 Ibid.

    10 Accord de coopération culturelle et technique entre le gouvernement de la République française et le gouvernement du Royaume d’Arabie Saoudite (ensemble un échange de lettres), signé à Djeddah le 7 juillet 1963 et entré en vigueur le 23 décembre 1963.

    11 FRMAE 346BSG/199 – EAU.

    12 Composition du SCAC en 2019 : 1 COCAC, 1 conseillère adjointe de coopération et d’action culturelle, 1 secrétaire générale, 1 attachée audiovisuelle régionale, 1 attachée de coopération pour le français, 1 attaché culturel, 2 chargées de mission culturelle, 1 responsable de l’espace Campus France, 1 chargée de communication, 1 coordinatrice Formations et DELF Junior, d’après le site Internet de l’Institut français des Émirats arabes unis, rubrique « Qui sommes nous ? » : <http://institutfrancais-uae.com/qui-sommes-nous/> [consulté le 28/06/2020].

    13 Par ordre de grandeur : la Chine, les Émirats arabes unis, Singapour, la Malaisie et le Qatar. Source : Cross-Border Education Research Team (C-BERT) <http://cbert.org/> [consulté le 28/06/2020].

    14 Six universités américaines : Virginia Commonwealth University (1998), université Cornell (2001), université Texas A & M (2003), université Carnegie-Mellon (2004), université de Georgetown (2005) et université Northwestern (2008). Une école française, HEC (2011) et une université anglaise, l’University College de Londres (2012).

    15 Notamment dans les domaines du droit (Paris 1, Paris 5 et Lyon 3), des sciences économiques et de gestion (Bordeaux 3, Paris 1, Grenoble School of Management, HEC, SKEMA) des sciences de l’ingénieur (École des Mines, Lille 1, université de Versailles, École des Mines de Nantes), du tourisme et de l’archéologie (Paris 1, Lille 2, Nancy 2), de la médecine (Rouen), des nanotechnologies (Lille), voir Fiche Curie, Arabie Saoudite, 2014 <https://www.diplomatie.gouv.fr/IMG/pdf/ARABIE_SAOUDITE_19_novembre_2014__cle8a1142.pdf> [consulté le 28/06/2020].

    16 « La coopération la plus importante se fait avec l’Arabie Saoudite (50 médecins par an), puis avec le Koweït et les Émirats arabes unis (10 médecins par pays et par an), et enfin le Bahreïn, Oman et le Qatar (5 médecins par an et par pays) » (Campus France 2014, p. 11).

    17 Les musées et les établissements publics actionnaires de l’Agence France-Muséums sont les suivants : le musée du Louvre, l’établissement public du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie, le Centre Pompidou, la Bibliothèque nationale de France, le musée du quai Branly-Jacques Chirac, le musée national des arts asiatiques Guimet, le musée Rodin, le musée et domaine national de Versailles, la Réunion des musées nationaux, l’École du Louvre, le domaine national de Chambord et l’opérateur du Patrimoine et des projets immobiliers de la Culture (Agence France-Muséums, voir « Conseil d’administration » : <http://www.agencefrancemuseums.fr/fr/l-agence-france-museums/le-conseil-d-administration/> [consulté le 28/06/2020].

    18 Entretien du 31 mars 2019.

    19 Culture et Patrimoine, Architecture et Développement, Tourisme et Hôtellerie, Sécurité et Sûreté, Capital humain, Eau et Environnement, Parfums et Botanique, Agriculture. Voir le site Internet de l’Agence française pour le développement d’Al-Ula, « Pôles d’expertise » : <https://www.afalula.com/lagence-francaise-pour-le-developpement-alula/#expertise> [consulté le 28/06/2020].

    20 Entretien du 11 décembre 2019.

    Auteur

    • Océane Sailly
      Université Sorbonne Nouvelle – Paris III
    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Atlas du Liban

    Atlas du Liban

    Territoires et société

    Éric Verdeil, Ghaleb Faour et Sébastien Velut

    2007

    Returning to Political Parties?

    Returning to Political Parties?

    Partisan Logic and Political Transformations in the Arab World

    Myriam Catusse et Karam Karam (éd.)

    2010

    De la mesure à la norme : les indicateurs du développement

    De la mesure à la norme : les indicateurs du développement

    Philippe Bourmaud (dir.)

    2011

    أطلس لبنان

    أطلس لبنان

    الأرض والمجتمع

    إيريك فرداي, غالب فاعور et سيباستيان فيلو محمد الدبيات, نور خربطلي et سلمى العظمة (trad.)

    2012

    État, rente et prédation

    État, rente et prédation

    L’actualité de Veblen

    Mohamad Salhab et Jérôme Maucourant

    2016

    Atlas du Liban

    Atlas du Liban

    Les nouveaux défis

    Eric Verdeil, Ghaleb Faour et Mouin Hamze (dir.)

    2016

    L’artisanat du métal à Alep

    L’artisanat du métal à Alep

    Héritage et postérité

    Moheb Chanesaz, Ella Dardaillon et Jean-Claude David (dir.)

    2018

    أطلس لبنان

    أطلس لبنان

    تحديات جديدة

    غالب فاعور, إريك فرداي et معين حمزه (dir.) محمد الدبيات (trad.)

    2016

    حِرَف المعادن في حلب

    حِرَف المعادن في حلب

    الإرث و الخَلَف

    محب شانه ساز, إيللا داردايون et جان-كلود داڤيد (dir.)

    2018

    Chroniques de la révolte syrienne

    Chroniques de la révolte syrienne

    Des lieux et des hommes 2011-2015

    Mémoire créative de la révolution syrienne Nathalie Bontemps (trad.)

    2018

    Atlas of Lebanon

    Atlas of Lebanon

    New Challenges

    Eric Verdeil, Ghaleb Faour et Mouin Hamzé (éd.)

    2019

    La culture et ses dépendances

    La culture et ses dépendances

    Les productions culturelles et leurs circulations au Maghreb et au Moyen-Orient

    Abdelfettah Benchenna et Dominique Marchetti (dir.)

    2022

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Atlas du Liban

    Atlas du Liban

    Territoires et société

    Éric Verdeil, Ghaleb Faour et Sébastien Velut

    2007

    Returning to Political Parties?

    Returning to Political Parties?

    Partisan Logic and Political Transformations in the Arab World

    Myriam Catusse et Karam Karam (éd.)

    2010

    De la mesure à la norme : les indicateurs du développement

    De la mesure à la norme : les indicateurs du développement

    Philippe Bourmaud (dir.)

    2011

    أطلس لبنان

    أطلس لبنان

    الأرض والمجتمع

    إيريك فرداي, غالب فاعور et سيباستيان فيلو محمد الدبيات, نور خربطلي et سلمى العظمة (trad.)

    2012

    État, rente et prédation

    État, rente et prédation

    L’actualité de Veblen

    Mohamad Salhab et Jérôme Maucourant

    2016

    Atlas du Liban

    Atlas du Liban

    Les nouveaux défis

    Eric Verdeil, Ghaleb Faour et Mouin Hamze (dir.)

    2016

    L’artisanat du métal à Alep

    L’artisanat du métal à Alep

    Héritage et postérité

    Moheb Chanesaz, Ella Dardaillon et Jean-Claude David (dir.)

    2018

    أطلس لبنان

    أطلس لبنان

    تحديات جديدة

    غالب فاعور, إريك فرداي et معين حمزه (dir.) محمد الدبيات (trad.)

    2016

    حِرَف المعادن في حلب

    حِرَف المعادن في حلب

    الإرث و الخَلَف

    محب شانه ساز, إيللا داردايون et جان-كلود داڤيد (dir.)

    2018

    Chroniques de la révolte syrienne

    Chroniques de la révolte syrienne

    Des lieux et des hommes 2011-2015

    Mémoire créative de la révolution syrienne Nathalie Bontemps (trad.)

    2018

    Atlas of Lebanon

    Atlas of Lebanon

    New Challenges

    Eric Verdeil, Ghaleb Faour et Mouin Hamzé (éd.)

    2019

    La culture et ses dépendances

    La culture et ses dépendances

    Les productions culturelles et leurs circulations au Maghreb et au Moyen-Orient

    Abdelfettah Benchenna et Dominique Marchetti (dir.)

    2022

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • i6doc.fr
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    ePub / PDF

    1 Sous le nom « Golfe », nous entendons les six pays réunis au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Le Yémen, également situé sur la péninsule Arabique, en est donc exclu.

    2 La première partie de cette contribution est basée sur des recherches effectuées dans les centres des Archives diplomatiques françaises de la Courneuve et de Nantes. Les fonds consultés sont précisés dans la section « Corpus ». Seuls les documents faisant l’objet d’une citation sont mentionnés en note de bas de page (NdlR).

    3 On utilisera fréquemment au fil du texte cette expression pour évoquer cette direction.

    4 Le ministère des Affaires étrangères a connu nombre d’appellations successives. On utilisera donc systématiquement l’acronyme MAE pour le désigner.

    5 Rapport au gouvernement : « Programme d’expansion et de reconversion des activités culturelles et techniques françaises à l’étranger. Plan quinquennal », Paris 14/06/58, AMAE, s. DGACT – Direction générale 1959-1969, c. 41 (cité par Rodrigues Pereira 2014, p. 382).

    6 FRMAE 346BSG/275 – Qatar, dossier QAT-ETS/2.1 Centre culturel français de Doha 1983-1990.

    7 FRMAE 346BSG/275 – Qatar, Dossier QAT-ETS/2.1 Centre culturel français de Doha 1983-1990, no 177/IC/EC.

    8 403PO/1/25 Coopération culturelle, scientifique et technique, 41/DGRC.

    9 Ibid.

    10 Accord de coopération culturelle et technique entre le gouvernement de la République française et le gouvernement du Royaume d’Arabie Saoudite (ensemble un échange de lettres), signé à Djeddah le 7 juillet 1963 et entré en vigueur le 23 décembre 1963.

    11 FRMAE 346BSG/199 – EAU.

    12 Composition du SCAC en 2019 : 1 COCAC, 1 conseillère adjointe de coopération et d’action culturelle, 1 secrétaire générale, 1 attachée audiovisuelle régionale, 1 attachée de coopération pour le français, 1 attaché culturel, 2 chargées de mission culturelle, 1 responsable de l’espace Campus France, 1 chargée de communication, 1 coordinatrice Formations et DELF Junior, d’après le site Internet de l’Institut français des Émirats arabes unis, rubrique « Qui sommes nous ? » : <http://institutfrancais-uae.com/qui-sommes-nous/> [consulté le 28/06/2020].

    13 Par ordre de grandeur : la Chine, les Émirats arabes unis, Singapour, la Malaisie et le Qatar. Source : Cross-Border Education Research Team (C-BERT) <http://cbert.org/> [consulté le 28/06/2020].

    14 Six universités américaines : Virginia Commonwealth University (1998), université Cornell (2001), université Texas A & M (2003), université Carnegie-Mellon (2004), université de Georgetown (2005) et université Northwestern (2008). Une école française, HEC (2011) et une université anglaise, l’University College de Londres (2012).

    15 Notamment dans les domaines du droit (Paris 1, Paris 5 et Lyon 3), des sciences économiques et de gestion (Bordeaux 3, Paris 1, Grenoble School of Management, HEC, SKEMA) des sciences de l’ingénieur (École des Mines, Lille 1, université de Versailles, École des Mines de Nantes), du tourisme et de l’archéologie (Paris 1, Lille 2, Nancy 2), de la médecine (Rouen), des nanotechnologies (Lille), voir Fiche Curie, Arabie Saoudite, 2014 <https://www.diplomatie.gouv.fr/IMG/pdf/ARABIE_SAOUDITE_19_novembre_2014__cle8a1142.pdf> [consulté le 28/06/2020].

    16 « La coopération la plus importante se fait avec l’Arabie Saoudite (50 médecins par an), puis avec le Koweït et les Émirats arabes unis (10 médecins par pays et par an), et enfin le Bahreïn, Oman et le Qatar (5 médecins par an et par pays) » (Campus France 2014, p. 11).

    17 Les musées et les établissements publics actionnaires de l’Agence France-Muséums sont les suivants : le musée du Louvre, l’établissement public du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie, le Centre Pompidou, la Bibliothèque nationale de France, le musée du quai Branly-Jacques Chirac, le musée national des arts asiatiques Guimet, le musée Rodin, le musée et domaine national de Versailles, la Réunion des musées nationaux, l’École du Louvre, le domaine national de Chambord et l’opérateur du Patrimoine et des projets immobiliers de la Culture (Agence France-Muséums, voir « Conseil d’administration » : <http://www.agencefrancemuseums.fr/fr/l-agence-france-museums/le-conseil-d-administration/> [consulté le 28/06/2020].

    18 Entretien du 31 mars 2019.

    19 Culture et Patrimoine, Architecture et Développement, Tourisme et Hôtellerie, Sécurité et Sûreté, Capital humain, Eau et Environnement, Parfums et Botanique, Agriculture. Voir le site Internet de l’Agence française pour le développement d’Al-Ula, « Pôles d’expertise » : <https://www.afalula.com/lagence-francaise-pour-le-developpement-alula/#expertise> [consulté le 28/06/2020].

    20 Entretien du 11 décembre 2019.

    La culture et ses dépendances

    X Facebook Email

    La culture et ses dépendances

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    La culture et ses dépendances

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Sailly, O. (2022). Chapitre 6. La diplomatie culturelle de la France dans les pays du Golfe : approche historique 1960‑2017. In A. Benchenna & D. Marchetti (éds.), La culture et ses dépendances. Beyrouth: Presses de l’Ifpo. https://doi.org/10.4000/books.ifpo.19159
    Sailly, Océane. « Chapitre 6. La diplomatie culturelle de la France dans les pays du Golfe : approche historique 1960‑2017 ». In La culture et ses dépendances, édité par Abdelfettah Benchenna et Dominique Marchetti. Beyrouth: Presses de l’Ifpo, 2022. doi:10.4000/books.ifpo.19159.
    Sailly, Océane. « Chapitre 6. La diplomatie culturelle de la France dans les pays du Golfe : approche historique 1960‑2017 ». La culture et ses dépendances, édité par Abdelfettah Benchenna et Dominique Marchetti, Presses de l’Ifpo, 2022, https://doi.org/10.4000/books.ifpo.19159.

    Référence numérique du livre

    Format

    Benchenna, A., & Marchetti, D. (éds.). (2022). La culture et ses dépendances. Beyrouth: Presses de l’Ifpo, Centre Jacques-Berque. https://doi.org/10.4000/books.ifpo.16772
    Benchenna, Abdelfettah, et Dominique Marchetti, éd. La culture et ses dépendances. Beyrouth: Presses de l’Ifpo, Centre Jacques-Berque, 2022. doi:10.4000/books.ifpo.16772.
    Benchenna, Abdelfettah, et Dominique Marchetti, éditeurs. La culture et ses dépendances. Presses de l’Ifpo, Centre Jacques-Berque, 2022, https://doi.org/10.4000/books.ifpo.16772.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses de l’Ifpo

    Presses de l’Ifpo

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • LinkedIn
    • Instagram
    • Flux RSS

    URL : http://www.ifporient.org/node/64

    Email : contact@ifporient.org

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement