1 La grande fête du Soleil]. A l’équinoxe de Septembre. On appelloit cette fête Citua Raïmi. Voyez Garcilasso, liv. 2, chap, 22.
2 Cayambur], Cayamburo ou Cayamburco, montagne au nord de Quito.
3 Le Pontife]. Le Sacerdoce résidoit dans la famille des Incas. Le Grand-Prêtre du Soleil devoit être oncle ou frere du Roi. On l’appelloit Villuma ou Villacuma, diseur d’oracles.
4 Qui forment ta céleste Cour]. Il nous reste une hymne péruvienne, adressée à une fille céleste, qui, dans la Mythologie du pays, faisoit l’office des Hyades. On va voir dans cette hymne quel étoit le tour & le caractere de la poésie des Péruviens. ”Belle fille, ton malin frere vient de casser ta petite urne, où étoient enfermés l’éclair, le tonnerre & la foudre, & d’où ils se sont échappés. Pour toi, tu ne verses sur nous que la neige & les douces pluies. C’est le soin que t’a confié celui qui gouverne l’univers”.
5 D’un être invisible & suprême]. Ce Dieu inconnu s’appelloit Pacha-Camac, celui qui anime le monde. Les Incas avoient laissé subsister son temple & son culte dans la vallée de son nom, à trois lieues de Lima, où il étoit adoré. Les Indiens ne lui offraient point de sacrifices, & la raison qu’ils en donnoient, c’est qu’ils ne l’avoient jamais vu.
6 Aux quatre saisons de l’année]. Quoique les saisons ne soient point marquées dans les climats du Pérou, on ne laissoit pas d’y diviser l’année par les deux solstices & les deux équinoxes : ce qui répond à nos quatre saisons.
7 Des cordons de mille couleurs]. Ils s’appelloient Quippos, & ceux qui les gardoient Quippacamaïs, chargés des Quippos.
8 La foi conjugale]. L’Inca lui seul, afin d’étendre & de perpétuer la branche royale de la famille du Soleil, pouvoit épouser plusieurs femmes.
9 Doté par la patrie], A chaque enfant maie, une portion de terrein égale à celle du pere ; à chaque fille, une moitié.
10 Ceux du Soleil y suppléoient]. La laine des troupeaux du Soleil & de PInca étoit distribuée au peuple. Le coton se distribuoit de même dans les pays où il falloit être plus légerement vêtu.
11 Cultivés par le peuple]. Le peuple occupé à ces travaux se nourrissoit à ses dépens.
12 Il remplissait l’air de ses chants]. Le refrain de ces chants étoit Hailli, triomphe.
13 La paresse & l’oisiveté]. Chez les Péruviens ni les aveugles ni les muets n’étoient dispensés du travail ; les enfans même, dès l’âge de cinq ans, étoient occupés à éplucher le coton, & à égrener le maïs.
14 Ensevelie vivante]. C’est une chose remarquable, que la superstition eut imaginé le même supplice à Rome & à Cusco, pour punir la même foiblesse, dans les vierges de Vesta & dans celles du Soleil.
15 Le terrible Illapa]. Sous le nom d’Illapa étoient compris l’éclair, le tonnerre & la foudre. On les appelloit les exécuteurs de la justice du Soleil.
16 Leur Dieu est cruel]. Barthelemi de Las-Casas, après avoir fait à Charles-Quint la peinture des cruautés commises dans le nouveau monde : ”Voilà, dit-il, pourquoi les Indiens se moquent du Dieu que nous adorons, & persistent opiniâtrement dans leur incrédulité : ils croient que le Dieu des Chrétiens est le plus méchant des Dieux ; parce que les Chrétiens qui le servent & qui l’adorent, sont les plus méchans & les plus corrompus de tous les hommes”. (Découverte des Ind. occid. pag. 180.)
17 QUELQUES-UNS des soldats des Cortès]. Descalante, & sept Espagnols, du nombre de ceux qu’on avoit laissés à la Vera-Crux. Ils avoient pris parti pour des mutins contre les troupes de l’Empire.
18 Du parti opposé au sien]. La conduite de Cortès, dans cette occasion, est regardée comme le plus beau trait de sa vie. (Voyez Antonio de Solis).
19 Quarante de ces furieux]. Les deux tiers des Espagnols, & Cortès lui-même, avoient été blessés dans ce combat.
20 Qu’il résolut de nous livrer l’assaut]. Cortès se vit à la tête de deux cents mille hommes. Ce n’est donc pas avec cinq cents hommes, comme on l’a dit tant de fois, qu’il prit la ville de Mexico.
21 Au fond de son cœur]. Cortès ayant fait cesser l’exécution, Guatimozin vécut encore deux ans. Il finit par être pendu, sur la déposition d’un Indien, qui l’accusa d’avoit conspiré contre les Espagnols.
22 Au bord de l’Ozama]. Riviere sur laquelle Barthelemi Colomb, frere de l’Amiral, avoit fait batir la ville de Saint Domingue.
23 Balboa, digne précurseur du sanguinaire Davila]. Vasco Nugnès de Balboa. Il avoit découvert la mer du Sud en 1513. Ce fut à lui qu’un Indien répondit Béru, Pelu, je m’appelle Berû, j’habite le bord de la riviere : delà le nom de Pérou. Balboa étoit gendre de Davila. Celui-ci lui fit trancher la tête.
24 Du fleuve des Lézards]. Aujourd’hui la Chagre, qui des montagnes de l’isthme, descend dans la mer du cord. Ses eaux font une lieue par heure.
25 De là se découvre à la fois]. On préfere ici le témoignage de M. de la Condamine à celui de Lion-nel Wafer, lequel assure que d’aucun endroit de l’isthme on ne découvre à la fois les deux mers.
26 De l’état le plus vil]. La premiere condition de Pizarre avoit été la même que celle de Sixte-Quint.
27 Qui les auront soumis]. Le voyage de Magellan en 1521 & 1522 ; l’entreprise de Pizarre en 1524.
28 Fernand de Luques]. Augustin Zarate prétend qu’Almagre étoit fils naturel de Fernand de Luques. (Découverte & conquête du Pérou. L. 1.).
29 Alors rompant l’bostie en trois]. Ce trait-là est historique. Pigliarono l’hostia consacrata del Santissi-mo sacramento, giorando di non romper mai la fede. (Benzoni. L. 3)
30 Sur l’idolâtre Amalecite]. Cette comparaison a été faite par le Missionnaire Gumilla & par bien d’autres fanatiques.
31 Du plein pouvoir de celui de qui tout dépend]. Les termes de la bulle sont : De nostrâ merâ liberali-tate, & ex certâ scientiâ, ac de apostolicae potestatis plenitudine... Autoritate omnipotentis Dei, nobis in beato Petro concessâ... donamus, concedimus & assignamus.
32 Sans rallentir sa course]. On lit dans l’histoire générale des voyages, que dans la Province de Vénézuéla les tigres sont si terribles, qu’il n’est pas rare de les voir entrer dans les cases des Indiens, saisir un homme, & l’emporter dans leur gueule aussi facilement qu’un chat emporte une souris.
33 L’ABORD DE CES CÔTES SAUVAGES]. On a donné à cette plage le nom de Pueblo quemado, peuple bruClé.
34 Est-ce la race de ces géants]. Voyez Garcil. Liv. 9. chap. 9.
35 Un long tissu de liane]. Ces ponts s’appellent tarabites. La liane est une espece d’osier.
36 Furent ses alimens]. L’oca est une racine savoureuse ; les mangles & les bannanes sont des fruits.
37 La course fut assez paisible]. Dans un conte très-intéressant, intitulé Ziméo, imprimé à la suite du Poëme des Saisons, se trouve une description assez semblable à celle-ci. Mais j’ai pris soin de constater que cette partie de mon Ouvrage étoit écrite, & connue de mes amis avant que le conte de Ziméo fût fait. L’Auteur l’a reconnu lui-même, & m’a permis de l’en prendre à témoin.
38 Dans celle de ces îles]. On l’a nommée dépuis l’Isle Christine. A neuf degrés de latitude meridionale. Cet épisode étoit écrit long temps avant la decouverte de l’ile Ataïti, d’après les anciennes relations des voyages faits dans la mer du Sud.
39 Les vents de l’aurore céder à celui du couchant]. Cela n’arrive qu’au décours de la lune.
1 Chasca, chevelue.
2 Cucui-ricos, ceux qui ont l’œil à tout.
3 Le cotonnier.
4 L’un de ses titres étoit Huaccha-cuyac, ami des pauvres.
5 C’étoit l’âge de seize ans.
6 Auparavant on les appelloit Auqui, infans, comme le traduit Garcilasso.
7 D’un arbre appelle Mauguey. Ce détail est pris de l’Histoire.
8 Il ne lui étoit pas permis de divulguer ce qu’il savoit de science divine. (Garcil.).
9 Promontoire, sous l’équateur.
10 Le golfe du Mexique.
11 Zampoala.
12 Le peuple de Tlascala.
13 Le palais d’Axayaca.
14 Ce Castillan s’appelloit Arguello.
15 Ce signal étoit le nom de Saint Jacques.
16 Narvaëz.
17 Il avoit reçu d’Espagne de nouveaux secours.
18 Composée de treize brigantins.
19 Les Otomies.
20 Ferdinand & Charles-Quint.
21 Dom Pedre Arias Davila.
22 Saint-Domingue.
23 Isle del Gallo
24 Pedre de Los-rios
25 Ces radeaux s’appelloient des balzes.
26 Les Serpens à Sonnettes.
27 Les voyageurs l’appellent blanc-manger.