Identités en conflit, dialogue des mémoires
Enjeux identitaires dans les rencontres intergroupes
Les rapports sociaux se conjuguent au présent, mais se nourrissent du passé (réel, construit ou imaginé). La mémoire individuelle et collective tisse des liens avec l'histoire et joue un rôle prépondérant dans la construction d'une identité de groupe. Comment dès lors, des groupes en conflit peuvent-ils apprendre à se reconnaître mutuellement avec leurs droits et leur légitimité ? Le sujet est traité avec rigueur, sérieux, honnêteté.
Monique Eckmann ne nous cache rien des difficultés qui att...
Éditeur : Éditions ies
Lieu d’édition : Genève
Publication sur OpenEdition Books : 28 novembre 2017
ISBN numérique : 978-2-88224-177-1
DOI : 10.4000/books.ies.1507
Collection : Le social dans la cité | 3
Année d’édition : 2004
ISBN (Édition imprimée) : 978-2-88224-069-9
Nombre de pages : 268
Charles Rojzman
PréfaceLes rapports sociaux se conjuguent au présent, mais se nourrissent du passé (réel, construit ou imaginé). La mémoire individuelle et collective tisse des liens avec l'histoire et joue un rôle prépondérant dans la construction d'une identité de groupe. Comment dès lors, des groupes en conflit peuvent-ils apprendre à se reconnaître mutuellement avec leurs droits et leur légitimité ? Le sujet est traité avec rigueur, sérieux, honnêteté.
Monique Eckmann ne nous cache rien des difficultés qui attendent à chaque pas le théoricien et le praticien. À travers trois expériences : séminaires interculturels en Irlande et à la frontière austro-hongroise avec des étudiant-e-s en travail social, rencontres entre groupes en conflit en Israël et en Palestine, projet pédagogique pour une éducation «après Auschwitz», ou plutôt «contre Auschwitz» dans le contexte particulier que représente l'Allemagne, elle tente de répondre à cette question dans son aspect théorique, mais aussi en tant qu'observatrice impliquée.
On n'est pas ici dans l'illusion de la rencontre « qui suffirait à tout ». L'auteure sait bien que le dialogue demande une pédagogie du conflit et que les conflits sont inévitables - et indispensables - entre majoritaires et minoritaires, entre cultures dominantes et cultures dominées, à l'intérieur même des groupes d'appartenance, à l'intérieur même des individus. Monique Eckmann sait de quoi elle parle : formatrice, femme, juive, blanche, suisse, de l'intérieur, elle connaît l'existence et l'importance du conflit.
Le décor est planté : un immense besoin de dignité et de reconnaissance habite ces Européens et ces immigrés, ces adultes et ces jeunes de toutes origines, ces peuples en conflit, et en même temps, ce n'est pas simple. Le présent ouvrage se veut une contribution sociopédagogique au projet d'une Europe ouverte, démocratique et respectueuse des droits humains.
Monique Eckman est sociologue, professeure à la Haute école de travail social - lnstitut d’études sociales à Genève (Hets-ies) où elle anime, entre autres, le réseau intermigra (interculturel, migration, racisme). Elle est membre du Centre d’études de la diversité culturelle et de la citoyenneté (CEDIC) créé au sein de la Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO).
Ses recherches et enseignements portent sur les dynamiques identitaires dans les conflits intergroupes, les relations interculturelles et la mémoire, et le dialogue entre minorités et majorités. Dans ses publications, elle développe des concepts et outils d’intervention et de formation pour l’éducation à la démocratie, aux droits humains et à la paix.
Elle anime des formations et accompagne des projets dans le domaine de la formation et de l’action contre le racisme, l’antisémitisme et l’extrémisme de droite, en collaboration avec divers milieux professionnels et mouvements associatifs. Experte reconnue, elle est souvent appelée à intervenir dans des groupes de travail et commissions, aux niveaux suisse et européen.
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