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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral 1. Présentation du projet et limites de l’étude 2. Contexte historique et chronologie du cimetière 3. Principaux modes d’enfouissement et de remaniement des corps 4. Analyse spatiale et dynamique de fonctionnement Conclusion Bibliographie Notes de bas de page Auteurs

    Rencontre autour des typo-chronologies des tombes à inhumation

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    Table des matières

    Les remaniements de corps au sein du cimetière des frères prêcheurs à Aix-en-Provence : évolution des gestes de fossoyage entre la fin du xiiie et le xviie siècle (Bouches-du-Rhône)

    Mireille Cobos et Aurélie Bouquet

    p. 189-199

    Résumés

    La fouille archéologique du cimetière des prêcheurs a permis d’établir sa chronologie entre la fin du xiiie s. et le courant du xviie s. et de mieux comprendre son organisation. Nous avons souhaité, dans cette étude, discuter des stratégies d’organisation funéraire à travers les remaniements de corps. En effet la gestion des inhumations et notamment les accumulations de corps comme les superpositions ou les réutilisations d’emplacements demandent aux fossoyeurs une organisation spécifique afin d’optimiser la place disponible mais aussi de répondre aux demandes des vivants. En croisant les données sédimentaires et archéo-anthropologiques, il a été possible, à travers une évolution des gestes de fossoyage, de mieux appréhender le fonctionnement de ce cimetière et de discuter des mentalités autour de ces pratiques.

    The archaeological excavation of the cemetery of the preachers (Aix-en-Provence) allowed its chronology to be established between the end of the 13th century and during the 17th century and its organization to be understood better. This study aims to discuss the strategies of funeral organization through the remodelling of bodies. In fact, the management of burials and in particular the accumulation of bodies such as superimposing or reusing sites required gravediggers to have a specific organization to optimize the space available and also to meet the demands of the living. By cross-referencing the sedimentary and archaeo-anthropological data, it is possible, through changes in ditch digging, to understand better how this cemetery functioned and to discuss the mind-set around these practices.

    Entrées d’index

    Mots-clés : remaniements post-sépulcraux, Aix-en-Provence, cimetière des prêcheurs, époque médiévale, traitement funéraire

    Keywords : post-sepulcral alterations, Aix-en-Provence, cemetery of the preachers, the Middle Ages, funerary treatment

    Texte intégral 1. Présentation du projet et limites de l’étude 2. Contexte historique et chronologie du cimetière 3. Principaux modes d’enfouissement et de remaniement des corps Type 1 : Les réutilisations d’emplacement sans remaniement d’ossements Type 2 : Réutilisations d’emplacement avec vidange du premier inhumé Type 3 : Les recoupements de tombes 4. Analyse spatiale et dynamique de fonctionnement 4.1. Première phase d’inhumation (xiiie et le début du xive s.) 4.2. Arrêt de la fonction cimétériale : la phase 2 (seconde moitié du xive s.) 4.3. Un cimetière réinvesti : la phase 3 (xve s.) 4.4. Dernière phase d’occupation (xvie-début xviie s.) Conclusion Bibliographie Notes de bas de page Auteurs

    Texte intégral

    1. Présentation du projet et limites de l’étude

    1Entre 2016 et 2017, une fouille préventive a été menée par la direction Archéologie et Muséum de la ville, dans la partie nord de la place des Prêcheurs, à Aix-en-Provence (Fig. 1). Cette opération s’inscrivait dans le cadre du projet de requalification des places Verdun et Prêcheurs qui prévoyait la réfection des réseaux humides enterrés et la création d’un nouveau collecteur d’eau pluvial de grandes dimensions. Ces travaux impactaient, entre autres, la place des Prêcheurs, à l’emplacement de laquelle plusieurs sources localisent le cimetière des frères prêcheurs, bordé par le couvent et l’église (actuelle église de la Madeleine). Le cimetière a pu être fouillé sur une zone de 210 m² au nord et dans l’emprise de la tranchée du réseau pluvial qui traversait la place du nord au sud, en revanche la partie sous le parvis de l’église n’a pu être explorée dans le cadre de cette opération1 (Fig. 2). Au total, 253 tombes ont été mises au jour et l’analyse spatiale et stratigraphique a permis d’identifier quatre phases d’occupation entre la fin du xiiie s. et le milieu du xviie s. (Fig. 3).

    Fig. 1 - Vue générale au drone de l’emprise de la fouille préventive en avril 2017. Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

    A. Bouquet, DAMVA.

    Fig. 2 - Plan de localisation de la fouille préventive et des sondages de diagnostic. Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

    DAO : M. Panneaux, DAMVA.

    Fig. 3 - Plan général du cimetière des prêcheurs. Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

    DAO : A. Bouquet, DAMVA.

    2. Contexte historique et chronologie du cimetière

    2Dans la seconde moitié du xiiie s., plusieurs ordres mendiants s’implantent à Aix-en-Provence, dans des zones périurbaines2. Les frères prêcheurs fondent leur couvent et leur église en 1273 ou 1274 (Claude et al. 2019), sur des terrains situés près du rempart oriental, à proximité du palais comtal et des faubourgs Saint-Sulpice, Rabet et d’En Cailla, alors en pleine expansion (Coulet 2009). Si l’ensemble conventuel est bien documenté par les textes, très peu de sources mentionnent le cimetière et aucune ne renseigne la date de son implantation. La fouille a mis au jour des inhumations datées de la fin du xiiie s., qui sont donc de très peu postérieures à la fondation du couvent (phase 1). Une des rares sources historiques mentionnant le cimetière des prêcheurs est un témoignage de l’historien Honoré Bouche, daté de 1664, dans lequel il donne une description du cimetière tel qu’il le suppose être en 1390. Il précise qu’il se développait sur la totalité de la place des Prêcheurs et qu’il était “tout clos de hautes murailles, d’un bout à l’autre” (Bouche 1664). Deux portes permettaient d’y accéder : une au sud, face à la maison du conseiller Du Périer, au niveau du Portalet, et l’autre au nord, au débouché de la rue Montigny. Une portion du mur de clôture du cimetière a été vue lors de l’opération, dans la partie ouest de la place. Pour la première phase, les données de fouilles semblent confirmer l’extension de l’aire funéraire au sud, puisque plusieurs tombes ont été découvertes dans la tranchée du pluvial (Tabl. 1).

    Tabl. 1 - Répartition des effectifs par phase.

    3Dans le courant du xive s., la ligne de fortification est déportée vers l’est pour englober le vaste faubourg Bellegarde, intégrant l’établissement conventuel et le cimetière des frères prêcheurs au corps de ville. Cet agrandissement intervient dans un contexte de crise avec l’intrusion de la peste en Provence à partir de 1347, à laquelle s’ajoutent des troubles politiques qui favorisent l’insécurité et affectent la vie économique en profondeur (Bernos et al. 1978). À cette période, on observe un arrêt des inhumations dans la partie du cimetière explorée et un exhaussement du sol par l’apport de remblais (phase 2). La ville connaît une reprise économique et démographique dans le courant du xve s., favorisée par l’installation du roi René et de sa cour en 1471 (Coulet 2009). Le cimetière est alors réinvesti (phase 3) mais de manière moins intensive (Tabl. 1). Contrairement à la première phase d’inhumation, aucune tombe n’a été découverte dans la partie sud de la place (tranchée du pluvial) ; toutes les sépultures sont regroupées dans la zone nord. Au même moment, pour mettre en valeur le palais comtal, le roi René ordonna la création d’une grande place (actuelle place des prêcheurs), fermée au nord-est par le couvent qui jouit désormais d’un emplacement privilégié, et bordée au nord et à l’ouest par de belles demeures (Bernos et al. 1978). C’est probablement ce premier projet d’urbanisme à Aix, qui pourrait être la cause de la réduction de l’aire funéraire et son confinement dans la partie nord de la place, devant le couvent. C’est cette même configuration que représente le plan d’Aix de Belleforest daté de 1573-1575, seul document iconographique sur lequel est figuré le cimetière des prêcheurs (Fig. 4). À partir du xvie s. (phase 4), le sol du cimetière fut de nouveau rehaussé par l’apport de remblais et de nouvelles sépultures furent implantées jusque dans la première moitié du xviie s. (Tabl. 1). L’arasement très important de certaines tombes laisse supposer que les derniers niveaux de cimetière furent terrassés. Ainsi, il n’a pas été possible de déterminer la période d’arrêt des inhumations, aucune source ne mentionnant sa fermeture. Une ordonnance royale datée du 10 mars 1776 (Ligou 1975) interdit les inhumations dans les lieux de cultes et recommande le transfert des cimetières à l’extérieur des enceintes urbaines. À Aix, dès l’année suivante, un arrêté municipal fut pris pour la création de cimetières, cependant nous savons que ceux de Saint-Sauveur et Magdeleine continuèrent de fonctionner, au moins jusque dans la première moitié du xixe s. Ainsi son abandon est inéluctablement borné a minima en 1776 et, au plus tard, en 1790, date à laquelle les frères prêcheurs furent contraints de quitter le couvent (Claude et al. 2019).

    Fig. 4 - La place des prêcheurs. Extrait du plan d’Aix-en-Provence par François de Belleforest (1573-1575).

    3. Principaux modes d’enfouissement et de remaniement des corps

    4Au sein des trois phases d’inhumation, l’enchevêtrement des sépultures et les niveaux de remblaiement ont permis de discerner plusieurs états (ou sous-phases) établis sur les changements d’orientation, les altimétries et les recoupements de tombes.

    5Ce cimetière, relativement stratifié pour une aire funéraire en contexte urbain, a livré un mobilier archéologique assez pauvre et en grande partie résiduel. Une première série de quatre datations 14C a été réalisée par le laboratoire Beta Analytics, afin de confirmer le travail que nous avions effectué sur le rendu d’un premier phasage stratigraphique. Par la suite, et dans le but cette fois-ci, d’affiner la chronologie du cimetière et de confirmer le découpage en états (ou sous-phases), une seconde série de 19 datations 14C a été envoyée au laboratoire d’analyse radiocarbone de Poznań. Les résultats de l’ensemble de ces analyses ont été concluants, notamment pour les phases les plus anciennes, en fournissant des datations précises et cohérentes avec les données stratigraphiques (Bouquet et Cobos 2019 ; Cobos 2021).

    6La fluctuation entre présence/absence et parfois la pérennité de certains types de dépôts secondaires à travers le temps, nous a mis sur la piste d’une potentielle variabilité des gestes de fossoyage. La gestion des inhumations, leur proximité et notamment les accumulations de corps comme les superpositions ou les réutilisations d’emplacement permettent d’appréhender la densité de l’occupation. En effet, la gestion d’une aire funéraire criblée de tombes et d’ossements demande aux fossoyeurs une organisation spécifique afin de pouvoir répondre au mieux aux demandes des vivants : emplacements réservés, rapprochements familiaux ou sociaux, secteurs saturés… Ainsi, nous proposons, dans un premier temps, un classement typologique des gestes de fossoyage observés sur le cimetière des prêcheurs.

    Type 1 : Les réutilisations d’emplacement sans remaniement d’ossements

    7Nous avons ici distingué deux sous-groupes par l’observation de la présence ou non de sédiments interstitiels entre les corps.

    8Type 1.1. Les superpositions de tombes sont caractérisées par le recreusement de tout ou partie de l’emprise d’une fosse sépulcrale, dans le but d’y installer un nouvel individu (Fig. 5). Les caractères communs à ces réinterventions sont d’une part la présence, entre les squelettes, d’une certaine épaisseur sédimentaire, engageant un laps de temps (pas forcément important) entre le dépôt des deux corps ainsi que la parfaite intégrité des squelettes qui n’ont connu aucune manipulation (Fig. 6). Nous avons répertorié cinq cas dans la phase 1, trois cas dans la phase 3 et trois autres dans la phase 4 (Tabl. 1).

    Fig. 5 - Cas de superposition de tombes (Type 1.1).

    M. Cobos, DAMVA.

    Fig. 6 - Sédiment interstitiel entre les squelettes (Type 1.1).

    M. Cobos, DAMVA.

    9Ces superpositions de tombes concernent aussi bien les inhumations en cercueil qu’en fosse sans aménagement. On relève également une pratique récurrente consistant à installer une sépulture d’immature dans la terre de comblement de celle d’un adulte (cinq cas sur onze), alors même qu’aux abords immédiats de la tombe, l’espace reste disponible pour une telle implantation ne demandant pas, de surcroît, une place particulièrement importante3.

    Fig. 7 - Cas de superposition de corps (Type 1.2).

    M. Cobos, DAMVA.

    10Cette pratique est observée sur l’ensemble des phases d’occupation. Le choix d’inhumer un nouveau corps dans l’emprise d’une autre tombe semble donc délibéré de la part des “demandeurs” ou des fossoyeurs.

    11Type 1.2. Les superpositions de corps sont caractérisées par le contact physique de corps ou de parties de corps, des fosses dont certaines parties sont recreusées pour accueillir le nouveau dépôt et des squelettes parfaitement intacts (Fig. 7). Si l’on ne peut exclure le dépôt successif des individus, comme il se pratique dans un caveau, l’absence de sédiment entre les corps ne permet cependant pas d’affirmer que l’individu initialement inhumé n’était pas recouvert de terre ou que la tombe ait été laissée partiellement ouverte. L’enlèvement de la terre de comblement par les fossoyeurs est donc très envisageable, en prenant soin de ne pas toucher l’individu sous-jacent.

    12Nous avons identifié deux binômes de tombes correspondant à ces arguments, respectivement dans les phases 1 et 4 (Tabl. 1). Il s’agit dans chaque cas de tombes d’individus adultes dont les corps ont été inhumés dans des fosses sans aménagements. La volonté même du rapprochement des corps semble, dans ces cas, particulièrement forte, même si le motif nous échappe. En effet, celui-ci peut avoir une multitude de raisons dictées par des motivations d’ordre sociales ou familiales. Le caractère opportuniste, qui consisterait à profiter d’un espace en parti “vide” ou non complètement colmaté, doit aussi être envisagé dans un souci d’économie de creusement suite à deux décès rapprochés.

    13Le faible nombre de superpositions de corps recensées mais surtout leur présence dans des phases d’occupation du cimetière différentes montrent une pratique occasionnelle qui serait, dans le cas du cimetière des prêcheurs, à associer avec un geste plutôt opportuniste et non spécifique à une période ou aux pratiques d’un fossoyeur.

    14En ce qui concerne l’ensemble de ces réutilisations d’emplacement, la mémoire de la tombe reste un aspect essentiel puisque l’individu initialement inhumé n’est pas impacté et que les limites de la fosse sont totalement respectées. La topographie du cimetière est connue, ou du moins, en partie maîtrisée par les fossoyeurs. On peut penser ici qu’un tertre de terre ou qu’un élément de signalisation non pérenne surplombe la tombe, ou au contraire que les sépultures étaient visibles par leurs creusements et l’absence partielle de terre de comblement.

    Type 2 : Réutilisations d’emplacement avec vidange du premier inhumé

    15Au sein de ce type 2 nous sommes face à des réappropriations de l’emprise totale de la tombe et non à des réutilisations de tombe. À l’instar d’autres auteurs (Gleize 2006), nous considérons que l’on peut difficilement réutiliser une tombe en pleine terre ou un contenant dont la décomposition est rapide. Cependant, on peut réintervenir sur un emplacement pour aller jusqu’à la vidange plus ou moins complète du premier inhumé dans la fosse sépulcrale4 (Fig. 8). Le NMI de l’ensemble d’ossements en position secondaire5 doit au moins compter un individu bien représenté, notamment au niveau des petites pièces osseuses des mains et des pieds. Sur l’ensemble de la partie explorée du cimetière des prêcheurs, cinq sépultures sont concernées sur les dix-neuf associées à une réduction d’ossements. Ces réinterventions sont au nombre de trois dans la première phase et de deux dans la dernière (Tabl. 1). La présence de réutilisations d’emplacement avec vidange, aussi bien durant la première phase d’inhumation que la dernière, montre que cette pratique n’est pas spécifique à une période.

    Fig. 8 - Réutilisation d’emplacement avec vidange du premier inhumé (type 2). Les talus en place de l’individu précédent sont encore visibles à l’extrémité orientale de la tombe.

    M. Cobos, DAMVA.

    Type 3 : Les recoupements de tombes

    16Ils résultent des gestes de fossoyage les plus fréquents au sein du cimetière6. Tout ou partie de l’emprise de la structure funéraire est remanié : les squelettes sont perturbés, les ossements manipulés et réenfouis sous la forme de réductions (Fig. 9) ou déplacés. Les recoupements de tombes, avec réduction de la partie anatomique perturbée, sont les plus fréquents. On compte quinze recoupements dont douze ont donné lieu à des réductions lors de la première phase, neuf recoupements dont six avec réductions lors de la phase 3 et huit recoupements dont un seul ayant occasionné une réduction des ossements impactés pour la phase 4 (Tabl. 1). Que le recoupement soit fortuit ou attendu par les fossoyeurs, il semblerait que la pratique de la réduction soit un geste courant lors de la perturbation d’une tombe. Le ramassage (même minimum) des ossements par les fossoyeurs, et leur introduction de manière plus ou moins organisée dans la nouvelle fosse sépulcrale, marque potentiellement la volonté de maintenir les restes d’un individu au sein d’une zone ou d’un groupe de tombes. Ainsi, de la même manière que la réutilisation de l’emplacement d’une tombe avec vidange de l’individu initialement inhumé, dont le geste de réutilisation semble très fortement volontaire (recreusement de la même emprise et vidange de l’individu en place puis réduction), ces cas de réinterventions post-sépulcrales pourraient traduire une relation entre les défunts et possiblement la gestion d’emplacements familiaux.

    Fig. 9 - Recoupement d’une sépulture (Type 3) avec réduction de l’individu perturbé.

    M. Cobos, DAMVA.

    4. Analyse spatiale et dynamique de fonctionnement

    17Admis depuis longtemps maintenant comme la résultante d’un ensemble de facteurs complexes (traditions religieuses, attentes sociales ou demandes familiales mais aussi recoupements fortuits), le cimetière chrétien médiéval n’est pas un ensemble fixe, son emprise et son organisation fluctuent au fil du temps et au gré des mentalités (Boissavit-Camus et Zadora-Rio 1996). Régulièrement discutés (Blaizot 1996 ; Gleize 2006 ; Passarrius et al. 2008 ; Gleize et Castex 2012 ; Paya 2017), ces facteurs apportent toujours plus d’informations à la compréhension de la gestion des espaces funéraires mettant en évidence des pratiques de fossoyage parfois récurrentes, dont il émane cependant un caractère aléatoire et empreint d’opportunisme. Cependant, l’identification des regroupements familiaux comme critère prépondérant du choix fait par les individus face à la mort reste une interprétation discutable lorsqu’elle ne repose que sur des exemples archéologiques ponctuels de remplois de structures pérennes. En revanche, “La réutilisation répétée des mêmes fosses, dans lesquelles on peut distinguer plusieurs opérations de recreusement ou la conservation des restes osseux du ou des occupants précédents, sont sans doute des indices plus probants de sépultures familiales” (Boissavit-Camus et Zadora-Rio 1996). Les fossoyeurs sont les acteurs de cette gestion de l’espace et les exécutants des diverses demandes émanant des vivants, en ce qui concerne leur place dans l’aire funéraire et, par là même, celle de leurs restes dans la terre consacrée.

    18Nous avons voulu mettre cette question des remaniements d’ossements au centre de l’analyse spatiale, en devant faire des choix que nous voulions aussi pertinents que possible. Nous sommes conscients que les biais sont nombreux, parfois inhérents à la fouille préventive d’un ensemble funéraire en contexte urbain (non-exhaustivité de la fouille, représentativité de l’échantillon…) et parfois occasionnés par l’interprétation même de nos résultats. Nous avons donc choisi de croiser les données sédimentaires et archéoanthropologiques : à travers une approche en plan de l’organisation spatiale des tombes (les regroupements, sectorisations, espaces vides, rotations de secteurs, recoupements et réutilisations d’emplacements dans les différentes phases d’occupation) ; et une approche en “élévation” à travers les niveaux de circulation, de remblaiements et de terrassements successifs.

    4.1. Première phase d’inhumation (xiiie et le début du xive s.)

    19Les plus anciennes inhumations sont regroupées au centre de la zone explorée, où certaines semblent former des alignements nord-sud. Au niveau de l’entrée actuelle du couvent des prêcheurs, un secteur reste inoccupé pendant les deux premiers états de la phase 1 (Fig. 10). Cet espace vierge désigne vraisemblablement des aménagements qui n’ont pas laissé de traces et qu’aucun n’indice ne permet de qualifier (une croix cimétériale, une voie de circulation ?). Il semble, cependant, représenter une certaine attraction puisque les tombes se densifient autour de lui, entraînant de nombreux recoupements sans remaniements de l’individu déjà en place, alors que certaines zones du cimetière restent très peu exploitées. Le nombre important de réductions faisant suite à ses recoupements (onze sur quatorze ont donné lieu à des réductions dans les trois premiers états) abonde dans ce sens (Tabl. 1).

    Fig. 10 - Plan de la phase 1. Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

    DAO : A. Bouquet, DAMVA.

    20Lors de l’état suivant (état 3), les inhumations s’intensifient sur l’ensemble de l’aire considérée (Fig. 10). Si certains espaces vides sont alors investis, en particulier au nord et au centre, les recoupements de fosses sépulcrales se multiplient, sans remaniements de l’individu déjà en place (Tabl. 1).

    21Les derniers états d’inhumation concernent exclusivement la partie nord du cimetière (états 4, 5 et 6), où sont inhumés en majorité des individus immatures (quatorze pour quatre adultes). Au cours de cette période, on observe donc un changement dans le traitement funéraire des plus jeunes, qui sont inhumés au sein d’un secteur leur étant possiblement dédié (Fig. 10). On ne peut cependant pas exclure que la zone étant saturée, les inhumations se seraient déportées sur un autre secteur qui n’a pas été exploré. Cette nouvelle organisation s’accompagne d’une rupture nette dans les gestes de fossoyage. Alors que les réutilisations d’emplacements ou les recoupements avec remaniements systématiques des ossements étaient très importants lors des états 1,2 et 3, le maintien de l’intégrité des squelettes, même lors de recoupements de fosses sépulcrales, semble adopté pour les états 4, 5 et 6.

    4.2. Arrêt de la fonction cimétériale : la phase 2 (seconde moitié du xive s.)

    22Datée de la seconde moitié du xive s., cette phase est marquée par un arrêt des inhumations. Cette interruption se place dans un contexte particulier : la peste a durement affecté la Provence dans la seconde moitié du xive s. Par son ampleur, l’épidémie a pu entraîner des modifications dans la prise en charge des morts, voire signer l’arrêt des inhumations à l’intérieur de la ville. Durant cette période, on observe en effet que le sol du cimetière est rehaussé par l’apport d’une succession de remblais. La surface, plus indurée, de certains de ces dépôts, prouve qu’ils ont servi de sols de circulation et qu’ainsi, cet exhaussement s’est fait de manière progressive. Ces remblais sont constitués d’une proportion importante de matériaux de construction (déchets de taille, mortier, tuiles…), témoignant de l’intense activité qui se déployait dans ce secteur. Outre le palais comtal, les faubourgs voisins (Bellegarde et Saint-Sulpice) et l’agrandissement du rempart à la fin du xive s., de nombreux travaux touchent le couvent lui-même. Peu avant le milieu du xive s., un texte mentionne la reconstruction de l’église et du dortoir (Claude et al. 2019). C’est à cette période également que les chapelles latérales de l’église commencent à être édifiées7. Il semble donc que le cimetière ait servi de zone de dépôt pour les chantiers environnants, permettant, par là même, l’assainissement du sol par son rehaussement.

    23Le réinvestissement, au xve s., de l’aire funéraire selon, plus ou moins, la même emprise montre que, bien qu’il n’ait plus de fonction cimétériale à proprement parler et malgré l’exhaussement des sols, la mémoire du cimetière se maintient.

    4.3. Un cimetière réinvesti : la phase 3 (xve s.)

    24Le premier état de cette phase de réoccupation funéraire est marqué par une plus faible densité, au regard de la période d’inhumation précédente, et un changement dans l’orientation des tombes. Quelle que soit la cause de ce nouveau choix d’orientation, il semble qu’il ait eu alors plus de poids que le dogme en vigueur8. Les tombes sont concentrées dans la partie centrale de la zone fouillée, alors que les secteurs nord et sud restent inoccupés (Fig. 11). Dès la reprise des activités funéraires, un changement important s’opère en termes de topographie : une nouvelle orientation des individus inhumés est en vigueur et l’emprise même de l’aire cimétériale a drastiquement diminué. Lors des états qui suivent, les élections de sépultures restent focalisées sur cette zone centrale9, engendrant ainsi de nombreux recoupements et réutilisations d’emplacements (Tabl. 1), alors même que la volonté de préserver l’intégrité des individus persiste dans la moitié ouest de la zone. Dans les derniers états de la phase 3 (états 2 et 3), des concentrations plus importantes se dessinent, les inhumations reprennent une orientation classique ouest-est et montrent des groupes de tombes présentant des caractéristiques similaires en termes de traitements post-sépulcraux, d’orientation et d’implantation. La composition même de ces groupes met en lumière une tendance commune à maintenir l’intégrité des corps, déjà perceptible à la toute fin de la première phase d’inhumation. Cette pratique renvoie naturellement à la signalisation de la tombe, notamment par un tertre de terre, permettant de garder la mémoire de l’emplacement et de permettre ces regroupements d’individus autour de critères communs (qu’ils soient familiaux, sociaux et/ou professionnels).

    Fig. 11 - Plan de la phase 3. Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

    DAO : A. Bouquet, DAMVA.

    4.4. Dernière phase d’occupation (xvie-début xviie s.)

    25Dans son premier état, l’occupation funéraire paraît assez bien ordonnée avec des tombes disposées en deux rangées nord-sud et orientées en grande partie ouest-est (Fig. 12). À l’instar de la rotation de secteur qui s’est opérée dans la première moitié du xive s., à l’orée de la période moderne, les inhumations réinvestissent la zone nord de l’ancien cimetière médiéval, délaissée jusque-là ou vouée à d’autres fonctions.

    Fig. 12. Plan de la phase 4. Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

    Crédit DAO : DAMVA, A. Bouquet.

    26Les réutilisations d’emplacements sans recoupement du premier inhumé augmentent depuis la phase précédente (phase 3), pour être ici majoritaires face aux recoupements avec manipulations d’ossements (Tabl. 1).

    27Les réductions sont quasiment absentes : un seul cas est à noter sur les quelques tombes ayant percuté des structures funéraires déjà en place.

    28Le maintien de l’intégrité du corps semble être une pratique ou, du moins, une tendance qui se poursuit depuis la fin de la première moitié du xive s. jusqu’à l’époque moderne, avec une nette régression de la pratique de la réduction après le xvie s.

    Conclusion

    29Cette étude a mis en évidence un renouvellement de l’organisation cimétériale que ce soit en termes d’emprise et de gestes de fossoyage tout au long de son aire de fonctionnement. Dès lors que la saturation des sols devenait trop importante ou rendait potentiellement certaines parties du terrain occupées peu praticables, était mis en place un système de rotation permettant l’implantation des sépultures dans un nouvel espace. Nous avons aussi pu observer une concentration particulière autour de zones “polarisantes”, possiblement matérialisées en surface, laissant penser que certaines tombes ou certains groupes de tombes pourraient être les amorces à d’éventuels rapprochements d’individus (sociaux ou familiaux) à travers le temps. Cette organisation funéraire en fonction des liens entre les inhumés, bien connus pour les périodes moderne et contemporaine, est régulièrement mise en lumière au sein de grands ensembles funéraires médiévaux dans le sud de la France comme dans le cimetière de Vilarnau dans le Roussillon et le cimetière Saint-Michel de Toulouse (Passarrius 2008 ; Paya et Catalo 2011). Ici à l’état d’hypothèse, cette question des rapprochements familiaux nécessiterait, pour être mieux étayée, la prise en compte exhaustive des éléments recueillis, non envisageable dans le seul cadre de cette contribution10 : le recrutement funéraire, l’état sanitaire, les caractères discrets, le mobilier dans les tombes…

    30Outre les questions relatives à sa gestion et à son organisation spatiale, il est un autre domaine auquel ouvre l’étude du cimetière des prêcheurs, à savoir le rapport que les vivants entretiennent avec la Mort. Que nous laissent à voir, en effet, ces pratiques de fossoyage sur la pensée des individus qui côtoient le cimetière ?

    31Les pratiques de fossoyage observées à Aix-en-Provence pourraient fournir une illustration matérielle des comportements et de l’évolution des mentalités à travers le temps que J. Chiffoleau et J. Le Goff ont si bien mis en évidence à travers des travaux précurseurs (Chiffoleau 1980 ; Le Goff 1981).

    32Les tout premiers temps d’occupation du cimetière des prêcheurs, à la fin du xiiie et le début du xive s. sont marqués par la multiplication des recoupements de tombes et des remaniements de corps sans ramassage des éléments osseux. Ces pratiques pourraient être influencées par la reconnaissance du Purgatoire en 1274 lors du deuxième concile de Lyon (Le Goff 1981). Le squelette dépourvu d’âme est alors un “cadavre” dont les ossements deviennent les restes d’une existence passée dont on peut garder le souvenir sans avoir besoin de garder la trace (Chiffoleau 1980). Le milieu du xive et le xve s. voient revenir une tendance au maintien de l’intégrité des corps, à l’image du haut Moyen Âge prônant la protection du squelette nécessaire à la résurrection de l’âme, ainsi que la mise en réduction quasiment systématique lors des recoupements de sépultures. Ce changement dans les gestes de fossoyage est d’autant plus notable qu’il se poursuit dans le courant du xve s., malgré un arrêt des inhumations pendant près d’un demi-siècle. Il semblerait donc que l’évolution des pratiques de fossoyage inhérentes à la gestion de cet espace funéraire (besoin de libérer de la place, carrés familiaux, secteurs spécifiques…), puisse aussi être modelée par les changements de mentalité des individus face au devenir des corps dans la terre consacrée du cimetière.

    Bibliographie

    Bernos et al. 1978. Bernos M., Coulet N., Dolan-Leclerc C. et Février P.-A. - Histoire d’Aix-en-Provence, Edisud, Aix-en-Provence.

    Blaizot 1996. Blaizot F. - L’apport des méthodes de la paléo-anthropologie funéraire à l’interprétation des os en situation secondaire dans les nécropoles historiques - Problèmes relatifs au traitement et à l’interprétation des amas d’ossements, Archéologie médiévale, 26(1) : 1-22.

    Boissavit-Camus et Zadora-Rio 1996. Boissavit-Camus B. et Zadora-Rio É. - L’organisation spatiale des cimetières paroissiaux, in : Galinié H. et Zadora-Rio É. (dir.) - Archéologie du cimetière chrétien. Actes du 2e colloque ARCHEA (Orléans, 29 septembre-1er octobre 1994), 11e supplément à la Revue Archéologique du Centre de la France, ARCHEA/FERACF, Tours : 49-53.

    Bouche 1664. Bouche H. - La Chorographie ou description de Provence, et L’histoire chronologique du mesme pays, par le sieur Honoré Bouche, …s. d., Tome 1, 990 p.

    Bouquet et Cobos 2019. Bouquet A. et Cobos M. (dir.) - Aix-en-Provence. Places Verdun Prêcheurs 1, Rapport Final d’Opération, SRA PACA, Direction Archéologie et Muséum de la ville d’Aix-en-Provence, Aix-en-Provence, 3 vol., 1 823 p.

    Chiffoleau 1980. Chiffoleau J. - La comptabilité de l’au-delà. Les hommes, la mort et la religion dans la région d’Avignon à la fin du Moyen Âge (vers 1320-vers 1480), École Française de Rome, Rome, 494 p. (Collection de l’École Française de Rome ; 47).

    Claude et al. 2019. Claude S., Shindo L. et Edouard J.-L. - L’église des Prêcheurs d’Aix-en-Provence : lecture archéologique et datations dendrochronologiques (La Madeleine, Aix-en-Provence), in : Edouard J.-L., Hartmann-Virnich A., Bailly M., Suméra F. et Shindo L. (éd.), ARCADE. Approche diachronique et Regards croisés : Archéologie, Dendrochronologie et Environnement, MMSH, Aix-en-Provence : 151-170.

    Cobos 2021. Cobos M. - Pratiques mortuaires, recrutement et gestion d’aires funéraires en contexte conventuel mendiant, du Moyen Âge central au xviie siècle à Aix-en-Provence : les cimetières du parvis du couvent des prêcheurs et de l’église des observantins, Thèse de doctorat, Aix-Marseille Université, 2 vol., 430 et 1 097 p.

    Collardelle et al. 1996. Colardelle M., Demians d’Archimbaud G. et Raynaud C. - Typo-chronologie des sépultures du Bas-Empire à la fin du Moyen Âge dans le sud-est de la Gaule, in : Galinié H. et Zadora-Rio E. (dir.) - Archéologie du cimetière chrétien. Actes du 2e colloque ARCHEA (Orléans, 29 septembre-1er octobre 1994), 11e supplément à la Revue Archéologique du Centre de la France, ARCHEA/FERACF, Tours : 271-303.

    Coulet 2009. Coulet N. - Les Mendiants à Aix-en-Provence, xiiie-xve siècle, in : Moines et religieux dans la ville (xiie-xve siècle), Cahiers de Fanjeaux, 44, Privat, Toulouse : 391-416.

    Gleize 2006. Gleize Y. - Gestion de corps, gestion de morts: analyse archéo-anthropologique de réutilisations de tombes et de manipulations d’ossements en contexte funéraire au début du Moyen Âge (entre Loire et Garonne, ve-viiie siècle), Thèse de doctorat. Bordeaux 1, 646 p.

    Gleize et Castex 2012. Gleize Y. et Castex D. - Gestion des morts et traitement du cadavre durant le haut Moyen Age: regards croisés sur une diversité des pratiques, in : Guy H., Jeanjean A., Richier A., Schmitt A., Sénépart I. et Weydert N. (éd), Rencontre autour du cadavre, Actes du colloque de Marseille les 15, 16 et 17 décembre 2010, Gaaf, Saint-Germain-en-Laye : 115-124.

    Le Goff 1981. Le Goff, J. - La naissance du Purgatoire, Paris, Gallimard (Bibliothèque des histoires).

    Ligou 1975. Ligou D. - L’évolution des cimetières, in : Évolution de l’image de la mort dans la société contemporaine et le discours religieux des Églises, Actes du 4e colloque du centre de sociologie du protestantisme de l’université des sciences humaines de Strasbourg (3-5 octobre 1974, Archives de sciences sociales des religions, 39 : 61-77.

    Passarrius et al. 2008. Passarrius O., Donat R. et Catafau A. - Vilarnau: un village du Moyen Âge en Roussillon. Éditions Trabucaire, Perpignan, 516 p.

    Paya 2017. Paya D. - mise en évidence des motifs liés aux évolutions et ruptures concernant les pratiques funéraires durant le Moyen Âge: un exercice périlleux pour les archéologues, in : Bocquet-Lienard A., de Seréville-Niel C. C., Dervin S. et Hincker V. - Des pots dans la tombe (ixe-xviiie s.), PUC, Caen : 465-484.

    Paya et Catalo 2011. Paya D. et Catalo J. - Le cimetière Saint-Michel de Toulouse, CNRS Éditions, Paris, 240 p.

    Notes de bas de page

    1Une seconde campagne de fouille menée en 2017-2018 a mis en évidence des tombes le long de la façade de l’église de la Madeleine (rapport à paraître).

    2Les franciscains avant 1245, les Carmes en 1273 et les augustins avant 1276.

    3Au regard de ce que nous avons pu observer sur l’ensemble du cimetière : les sépultures d’individus immatures sont systématiquement implantées moins profondément que celles des adultes.

    4La notion de volonté de la part des fossoyeurs de curer l’intégralité de l’emprise d’une tombe pour vidanger un individu en place est particulièrement intéressante bien que nous ne puissions pas l’aborder dans le cadre de cette étude.

    5Correspondant à la vidange du premier inhumé.

    6Les recoupements en lien avec des travaux moderne ou contemporains ont été décomptés (Tabl. 1) mais non traités dans le cadre de cette étude puisqu’ils ne sont pas issus de gestes de fossoyage.

    7AD BDR-Aix, 21 H 8, f° 7 v°, notaire Antoine de Mola ; AD BDR-Aix, 21 H 8, f° 3, notaire Guillem Verdon, cotte B, no 25 au sac des testaments.

    8“On doit ensevelir le mort de sorte que sa tête soit tournée à l’Occident et ses pieds à l’Orient. En cette position, il prie, et ceci montre qu’il est disposé à se diriger en toute hâte de l’Occident à l’Orient, du monde ou de la terre au siècle futur” (Durand de Mende, Rational des divins offices, trad. Charles Barthelemy, Paris, 1854, livre V – Colardelle et al. 1996).

    9Ce terme de zone “centrale” simplifie la lecture des plans qui sont présentés mais ne correspond certainement pas à la topographie du cimetière au xve s.

    10Cette réflexion s’inscrit dans un travail de doctorat “Pratiques mortuaires, recrutement et gestion d’aires funéraires en contexte conventuel mendiant, du Moyen Âge central au xviie siècle à Aix-en-Provence : les cimetières du parvis du couvent des prêcheurs et de l’église des observantins”. Mené par Mireille Cobos sous la direction d’Aurore Schmitt (CNRS-UMR 7268 ADES) et Nuria Nin (DAMVA) (Cobos 2021).

    Auteurs

    • Mireille Cobos

      Direction Archéologie et Muséum de la Ville d’Aix-en-Provence, UMR 7268 ADES

    • Aurélie Bouquet

      Direction Archéologie et Muséum de la Ville d’Aix-en-Provence

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      1Une seconde campagne de fouille menée en 2017-2018 a mis en évidence des tombes le long de la façade de l’église de la Madeleine (rapport à paraître).

      2Les franciscains avant 1245, les Carmes en 1273 et les augustins avant 1276.

      3Au regard de ce que nous avons pu observer sur l’ensemble du cimetière : les sépultures d’individus immatures sont systématiquement implantées moins profondément que celles des adultes.

      4La notion de volonté de la part des fossoyeurs de curer l’intégralité de l’emprise d’une tombe pour vidanger un individu en place est particulièrement intéressante bien que nous ne puissions pas l’aborder dans le cadre de cette étude.

      5Correspondant à la vidange du premier inhumé.

      6Les recoupements en lien avec des travaux moderne ou contemporains ont été décomptés (Tabl. 1) mais non traités dans le cadre de cette étude puisqu’ils ne sont pas issus de gestes de fossoyage.

      7AD BDR-Aix, 21 H 8, f° 7 v°, notaire Antoine de Mola ; AD BDR-Aix, 21 H 8, f° 3, notaire Guillem Verdon, cotte B, no 25 au sac des testaments.

      8“On doit ensevelir le mort de sorte que sa tête soit tournée à l’Occident et ses pieds à l’Orient. En cette position, il prie, et ceci montre qu’il est disposé à se diriger en toute hâte de l’Occident à l’Orient, du monde ou de la terre au siècle futur” (Durand de Mende, Rational des divins offices, trad. Charles Barthelemy, Paris, 1854, livre V – Colardelle et al. 1996).

      9Ce terme de zone “centrale” simplifie la lecture des plans qui sont présentés mais ne correspond certainement pas à la topographie du cimetière au xve s.

      10Cette réflexion s’inscrit dans un travail de doctorat “Pratiques mortuaires, recrutement et gestion d’aires funéraires en contexte conventuel mendiant, du Moyen Âge central au xviie siècle à Aix-en-Provence : les cimetières du parvis du couvent des prêcheurs et de l’église des observantins”. Mené par Mireille Cobos sous la direction d’Aurore Schmitt (CNRS-UMR 7268 ADES) et Nuria Nin (DAMVA) (Cobos 2021).

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      Cobos, M., & Bouquet, A. (2022). Les remaniements de corps au sein du cimetière des frères prêcheurs à Aix-en-Provence : évolution des gestes de fossoyage entre la fin du xiiie et le xviie siècle (Bouches-du-Rhône). In P. Blanchard, J.-P. Chimier, M. Gaultier, & C. Verjux (éds.), Rencontre autour des typo-chronologies des tombes à inhumation. Tours: Fédération pour l’édition de la Revue archéologique du Centre de la France. https://doi.org/10.4000/12pgr
      Cobos, Mireille, et Aurélie Bouquet. « Les remaniements de corps au sein du cimetière des frères prêcheurs à Aix-en-Provence : évolution des gestes de fossoyage entre la fin du xiiie et le xviie siècle (Bouches-du-Rhône) ». In Rencontre autour des typo-chronologies des tombes à inhumation, édité par Philippe Blanchard, Jean-Philippe Chimier, Matthieu Gaultier, et Christian Verjux. Tours: Fédération pour l’édition de la Revue archéologique du Centre de la France, 2022. doi:10.4000/12pgr.
      Cobos, Mireille, et Aurélie Bouquet. « Les remaniements de corps au sein du cimetière des frères prêcheurs à Aix-en-Provence : évolution des gestes de fossoyage entre la fin du xiiie et le xviie siècle (Bouches-du-Rhône) ». Rencontre autour des typo-chronologies des tombes à inhumation, édité par Philippe Blanchard et al., Fédération pour l’édition de la Revue archéologique du Centre de la France, 2022, https://doi.org/10.4000/12pgr.

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      Blanchard, P., Chimier, J.-P., Gaultier, M., & Verjux, C. (éds.). (2022). Rencontre autour des typo-chronologies des tombes à inhumation. Tours: Fédération pour l’édition de la Revue archéologique du Centre de la France. https://doi.org/10.4000/12pig
      Blanchard, Philippe, Jean-Philippe Chimier, Matthieu Gaultier, et Christian Verjux, éd. Rencontre autour des typo-chronologies des tombes à inhumation. Tours: Fédération pour l’édition de la Revue archéologique du Centre de la France, 2022. doi:10.4000/12pig.
      Blanchard, Philippe, et al., éditeurs. Rencontre autour des typo-chronologies des tombes à inhumation. Fédération pour l’édition de la Revue archéologique du Centre de la France, 2022, https://doi.org/10.4000/12pig.
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