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    Plan détaillé Texte intégral Les sources littéraires Lire le vêtement du mort Qui préside à l’habillement du mort ? Perspectives anthropologique et phénoménologique Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Se vêtir au premier Moyen Âge

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Pourquoi habille-t-on les morts pour leurs funérailles dans l’Occident et l’Orient chrétiens durant l’Antiquité tardive et les premiers siècles du Moyen Âge ?

    Why were the dead dressed for their funerals in the Christian West and East during late antiquity and the first centuries of the Middle Ages?

    Vincent Hincker

    p. 17-25

    Résumés

    L’usage d’enterrer les morts habillés durant l’Antiquité tardive et les premiers siècles du Moyen Âge est un phénomène bien attesté dans les sources littéraires, en Occident comme en Orient. Si en elles-mêmes, ces sources n’en donnent pas d’explication immédiate, leur lecture, sous l’angle de l’anthropologie sociale et de la phénoménologie, permet de comprendre le sens de cette pratique dans le déroulement des funérailles.

    The practice of burying the dead clothed during late antiquity and the first centuries of the Middle Ages is well documented in literary sources in both the West and the East. Although these sources do not provide an immediate explanation, reading them from the angle of social anthropology and phenomenology can help us to understand the significance of this practice in the funeral process.

    Entrées d’index

    Mots-clés : vêtements mortuaires, sources littéraires, funérailles, anthropologie sociale, phénoménologie

    Keywords : mortuary clothing, literary sources, funerals, social anthropology, phenomenology

    Texte intégral Les sources littéraires Lire le vêtement du mort Qui préside à l’habillement du mort ? Perspectives anthropologique et phénoménologique Bibliographie Sources Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1L’usage qui consiste à enterrer les morts habillés et parés est un phénomène désormais bien connu des archéologues qui fouillent et étudient les sépultures de l’Antiquité tardive et des premiers siècles du Moyen Âge. Durant longtemps, ce constat était principalement fondé sur l’observation de la position d’un certain nombre de pièces métalliques du vêtement sur les squelettes. Les découvertes épisodiques de tombes dans lesquelles les restes organiques étaient particulièrement bien conservés ont progressivement confirmé ce constat (Carré et al. 2018). Depuis, le recours systématique à l’analyse des phénomènes taphonomiques à l’œuvre à l’intérieur des sépultures démontre que cette pratique était en réalité la norme en Occident du ive au début du viiie s. de notre ère. Aujourd’hui, une attention de plus en plus soutenue aux empreintes de textiles fossilisées par les oxydes métalliques permet d’affiner encore les connaissances sur la nature et l’ordonnancement des vêtements portés par les défunts.

    2Reste qu’au-delà du constat, les motifs qui prévalaient à la pratique d’inhumer les morts vêtus demeurent méconnus parce que jusqu’à présent la question n’a pas été jugée pertinente ou parce que la réponse est considérée comme hors de portée des archéologues, faute de sources qui en donneraient l’explication. Il est vrai qu’aucune production littéraire de la période considérée ne traite directement de cette question. L’usage d’enterrer les morts habillés est seulement mentionné, au passage, dans des poèmes et des récits hagiographiques où il sert à étayer la véracité du propos. Ces mentions éparses, dans la mesure où elles ont précisément vocation à dresser un cadre réaliste pour relater des événements remarquables, n’en comportent pas moins de précieux indices pour tenter d’expliquer cet usage, à condition toutefois de les interroger dans leur réalité matérielle, avec un regard d’archéologue, pour ensuite les interpréter dans une perspective anthropologique et phénoménologique.

    Les sources littéraires

    3Dans l’ensemble des sources littéraires de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge, en Occident comme en Orient, l’usage d’enterrer les morts habillés ne soulève ni interrogation ni réprobation y compris chez auteurs religieux. Cela parait d’autant plus surprenant que les quatre évangélistes s’accordent pour dire que le Christ a été mis au tombeau dans un linceul sans avoir été rhabillé après son dépouillement sur la croix1. Le modèle christique n’est en effet pas repris. L’emploi d’un linceul est parfois évoqué2 ; mais pour peu que le récit soit détaillé, il est possible de constater que c’est toujours en complément, par-dessus le vêtement porté par le défunt. Ainsi, selon l’hagiographe d’Hilaire d’Arles, nombreux sont ceux qui cherchaient “à arracher un lambeau d’étoffe et à toucher le corps” du saint lors de son transfert de la basilique d’Étienne à celle de Genès. Basile, futur évêque d’Aix-en-Provence, mais qui est pour l’heure un simple prêtre, entreprend alors de “déchirer à deux mains le drap qui couvrait le corps” et se saisit de la partie la plus grande pour en faire des lambeaux qu’il distribua alentour3. Le corps d’Hilaire, bien qu’exposé sur un brancard, était donc recouvert d’un tissu qui n’a aucun rapport avec l’habit dont il est revêtu puisque ce tissu a pu en être retiré sans provoquer d’interruption ni le moindre émoi ni même l’interruption de la cérémonie funèbre. L’usage d’une pièce d’étoffe destinée à couvrir le corps du mort est également à l’origine d’un curieux miracle dans lequel saint Martin se méprend sur la réalité de la scène qui se présente à lui4. Cheminant dans son diocèse, il aperçut un jour sur la route une troupe dans laquelle il crut reconnaître une procession d’un culte idolâtre qui, selon les mots de Sulpice Sévère, était encore couramment pratiqué par les paysans gaulois. L’auteur explique que ceux-ci conservaient l’habitude “de porter en procession à travers leurs champs des idoles démoniaques couvertes d’un voile immaculé”. Il utilise le mot lintea pour désigner les étoffes qui empêchent Martin de reconnaître immédiatement que les paysans qu’il croise sur la route portent le corps d’un mort et non une idole. Martin arrête le cortège avant de le laisser repartir après s’être rendu compte de sa méprise devant ce qui s’avère être en réalité un convoi funèbre.

    4Les mentions de linceul restent toutefois assez rares dans les sources littéraires de cette période à la différence de celles évoquant l’usage d’habiller les morts. Ainsi, Eusèbe de Césarée, dans la première moitié du ive s., loue les chrétiens d’Alexandrie qui, malgré les risques encourus, ont pris soin de laver et d’habiller les victimes de la peste qui a frappé leur ville5. Pour l’évêque, en agissant ainsi, ils ont su faire acte de piété et méritent, à ce titre, d’être montrés en exemple.

    5Dans la seconde moitié du ve s., l’usage d’inhumer les morts habillés est tellement banal que Sidoine Apollinaire en fait un argument pour railler les Goths dont la défaite fut si complète face aux troupes menées par le sénateur Ecdicius qu’ils n’avaient pas pu donner des vêtements à leurs morts et les rares qui ont pu le faire n’ont pas eu le temps de leur donner un tombeau6. Sous la plume du poète, l’incapacité de revêtir les morts est clairement une aberration qui condamne ceux qui ne peuvent s’acquitter de leur devoir.

    6Au vie s., dans les anciennes provinces romaines passées sous l’autorité des rois barbares, les auteurs de récits hagiographiques relatent sans ambages la découverte de corps habillés lors de l’ouverture de la tombe d’un saint ou d’une sainte. Grégoire de Tours, dans sa relation de l’invention des reliques de l’évêque de Bourges Felix, raconte qu’ayant retiré la pierre qui fermait le tombeau, ils “trouvèrent le corps du bienheureux confesseur tellement intact au bout de douze ans, que rien n’était altéré de ses vêtements7”. Dans la Vie des Pères, Grégoire écrit, au sujet de l’exhumation du corps d’un autre Grégoire, qui fut en son temps évêque de Langres, que “le bienheureux visage du saint apparut, intact et entier, en sorte que l’on aurait cru que c’était non un mort, mais une personne endormie. On ne vit non plus rien de gâté dans le vêtement qu’il avait sur lui8”. Dans des circonstances similaires le corps de saint Ferréol apparaît à ses inventeurs dans des vêtements, là encore, intacts9. À la même époque, Grégoire le Grand raconte que le gardien de l’église de Janvier martyr à Rome entendit un jour un défunt se plaindre de brûler. Afin de comprendre de quoi il retournait, on ouvrit le tombeau. Tous purent alors constater que celui-ci contenait les vêtements du mort, mais plus son corps10. Dans son récit, Grégoire le Grand confond étonnamment destinés de l’âme et celle du corps des pêcheurs, en contradiction avec la leçon augustinienne, mais on le voit ici utiliser la conservation des vêtements mortuaires comme la preuve indéniable que le corps a bel et bien disparu en signe de la condamnation du défunt que ses péchés l’ont voué aux flammes de l’enfer.

    7Un siècle plus tard encore, Bède le Vénérable relate l’ouverture de la tombe de la reine Aethelthryth devenue abbesse à Ely (Cambridgeshire). Son corps fut retrouvé, écrit-il, habillé de vêtements qui “se révélèrent intacts et si neufs qu’on avait l’impression qu’ils avaient été placés le jour même autour des chastes membres11”. La préservation du vêtement est ici utilisée comme un prolongement de celle du corps saint, comme si l’un et l’autre ne faisaient qu’un et contribuaient ensemble à renseigner les témoins de l’ouverture du tombeau sur l’identité sociale de la défunte, d’une part, et sur sa qualité spirituelle, d’autre part. Le même Bède rapporte ailleurs un autre usage qui consistait à laver de nouveau le corps des saints et à leur fournir de nouveaux vêtements alors que ce corps et les premiers vêtements qu’il portait avaient été retrouvés intacts. Il en fut ainsi de la dépouille d’une abbesse qui fut lavée et habillée de nouveaux vêtements avant d’être transférée dans un nouveau sépulcre12. Le corps de Cuthbert, évêque de Lindisfarne mort en 687, bénéficia du même traitement. Bède raconte qu’au moment de l’ouverture du tombeau, “tous les vêtements se sont révélés non seulement intacts, mais encore admirables dans leur beauté du premier jour et leur éclat”. Le nouvel évêque, à qui l’information est immédiatement rapportée, “embrasse les vêtements avec une affection comme s’ils entouraient encore le corps du saint”. Puis il demande que la dépouille de Cuthbert reçoive des vêtements neufs avant d’être placée dans la chasse conçue pour l’accueillir13. La remarque concernant la dévotion de l’évêque aux vêtements initialement portés par Cuthbert augure sans doute de leur futur statut de reliques offertes à la dévotion des fidèles. Il n’en reste pas moins que le corps de Cuthbert a bénéficié d’une nouvelle toilette mortuaire et a reçu de nouveaux habits funéraires comme si son installation dans un nouveau sépulcre, ici une chasse fabriquée à cet effet, nécessitait une réitération des gestes qui dans les funérailles contribuent à renforcer l’homologie entre le mort et son corps.

    8Tous ces exemples illustrent la banalité de l’usage d’inhumer les morts habillés au cours de l’Antiquité tardive et au haut Moyen Âge. Il est parfaitement ordinaire pour ceux qui sont les témoins de ces exhumations comme pour ceux qui en lisent ou en écoutent le récit. Malgré l’absence de référence scripturaire, les auteurs chrétiens en font mention sans scrupule et se limitent seulement à dénoncer la pompe vestimentaire lorsque celle-ci est trop manifeste et par conséquent contraire à la profession de foi chrétienne14.

    Lire le vêtement du mort

    9Si la pratique d’habiller les morts pour leurs funérailles est chose courante, elle est surtout envisagée comme un support d’expression de l’identité du mort que les vivants sont appelés à interpréter comme il convient. On peut en prendre pour preuve l’histoire rapportée par Grégoire de Tours selon laquelle on découvrit un jour, par hasard, une tombe anonyme lors de travaux entrepris dans le sous-sol d’une église placée sous le patronage de saint Vénérand. Le sépulcre contenait le corps intact d’une jeune femme dont “le visage, ses mains, ses autres membres étaient entiers et sa chevelure était d’une longueur considérable”15. Le vêtement “qui couvrait le corps inanimé était sans aucune atteinte de l’humidité ; il était souillé d’aucune moisissure, noirci d’aucune tache”. Devant cette extraordinaire préservation du corps et du vêtement mortuaire, les inventeurs de la découverte se posèrent logiquement la question de savoir s’il fallait y voir le signe d’une grâce divine récompensant une conduite exemplaire. Pour les uns, “la blancheur de ses habits de soie” montrait clairement que la jeune fille était décédée “dans la robe du baptême”, pour les autres, un doute subsistait, puisqu’on “avait trouvé autour d’elle des anneaux et des chaînes d’or”, peu compatibles avec le martyre ou l’humilité d’une sainte. Pour soutenir leur parti, les tenants de la sainteté n’hésitèrent pas à escamoter les parures retrouvées dans le tombeau afin que l’évêque du lieu appelé à statuer sur la question n’en sache rien. Grégoire de Tours, quant à lui, affiche sa propre opinion en dénonçant la combine et en arguant que, selon lui, la conservation du corps est le résultat d’un embaumement et pas le résultat d’un miracle. Cet exemple montre que le vêtement funéraire donne toujours lieu à une interprétation qui, dans le cas présent, est par ailleurs sujette à des manipulations. Ce que dénonce Grégoire, c’est l’erreur d’interprétation, mais il ne condamne pas le fait que la défunte ait été enterrée habillée et parée de bijoux. D’ailleurs, dans ses dix livres d’histoire, il évoque le cas d’une matrone inhumée avec de riches bijoux et dont la sépulture a été violée. La femme en question avait été inhumée dans une église et la présence de bijoux dans sa tombe était de notoriété publique puisque cette présence est à l’origine du pillage16.

    10Dans le cas de la jeune fille anonyme dont le corps est découvert par hasard dans le sous-sol de la basilique Saint-Vénérand, le problème soulevé par Grégoire est l’inadéquation entre le costume porté par la défunte et la sainteté que certains lui prêtent. Le vêtement mortuaire est l’illustration de l’identité du mort et contribue à maintenir le lien topologique entre le mort et son corps.

    Qui préside à l’habillement du mort ?

    11Le vêtement porté par le mort au moment de ses funérailles est un message qui s’adresse à ceux qui y assistent. Il permet de maintenir l’identité du mort et de son corps. Chacun identifie le mort dans ce corps habillé de manière à ce que les vivants reconnaissent le mort en posant son regard sur son corps. Si le vêtement mortuaire est un message à l’intention des vivants, reste à établir qui en est l’auteur.

    12Dans de très rares cas, le choix du vêtement mortuaire incombe à des personnes qui n’ont aucun lien de parenté avec le mort. Ainsi, les chrétiens d’Alexandrie loués par Basile de Césarée agissent par charité pour l’ensemble des victimes de la peste17. L’impératrice Galla-Placida pourvoit à l’habillement de la dépouille de saint Germain d’Auxerre, brutalement décédé en ambassade à Ravenne18. La situation dans laquelle se trouvait Frédégonde au moment de la mort de son époux ne lui permettait pas de prendre en charge les funérailles de Chilpéric, c’est pourquoi l’évêque de Senlis fait laver le corps du roi et le fait habiller des meilleurs vêtements avant qu’il ne soit conduit jusqu’à la basilique Sainte-Croix-et-Saint-Vincent pour y être inhumé19. Toutes ces situations demeurent toutefois extraordinaires et sont toujours liées à des circonstances particulières. Néanmoins, il est d’autres cas où le choix du vêtement mortuaire est à mettre au crédit d’une personne étrangère à la parenté du mort, comme cette pieuse matrone qui se porte volontaire pour vêtir le corps de saint Lupicin en signe de dévotion20.

    13La plupart du temps, cependant, le choix du vêtement funéraire appartient en premier lieu au mort lui-même ou, à défaut, à ses proches parents membres de sa famille naturelle ou spirituelle. Grégoire de Tours rapporte que Salvi, évêque d’Albi, avait non seulement fabriqué son sarcophage, mais qu’il avait, en outre procédé lui-même à sa toilette mortuaire avant d’endosser le vêtement dans lequel il allait être inhumé21. Dans le même ordre d’idée, Jérôme écrit dans la seconde moitié du ive s. que Paul de Thèbes, figure fondatrice du monachisme chrétien, avait demandé au moment de mourir qu’on aille chercher le manteau que lui avait offert saint Athanase pour qu’il s’en couvre le corps et soit enterré avec22. Le choix du vêtement mortuaire par le mort lui-même appartient à l’usage, bien attesté au cours de l’Antiquité tardive et des premiers siècles du Moyen Âge, qui voulait que l’on prépare à l’avance son tombeau et ses propres funérailles. Ainsi, Césaire d’Arles prit soin de son vivant d’aménager sa propre sépulture, entre l’autel et le trône épiscopal, auprès de la tombe destinée à sa sœur Césarie. Le choix de Césaire illustre son désir de continuer, après sa mort, à occuper la place qui était la sienne à la tête de la communauté religieuse qu’il avait fondée aux portes d’Arles. Même dans la mort, la place de sa sépulture auprès de l’autel indique qu’il demeure leur guide spirituel alors que sa proximité avec le trône épiscopal rappelle sa fonction de protecteur dans le siècle pour des moniales pour lesquelles il a également pris soin de préparer leurs propres tombeaux à l’avance23. Saint Ambroise lui aussi avait fait placer sa sépulture auprès de l’autel de la basilique qu’il a fait bâtir à Milan avant d’en céder une portion pour y déposer les reliques des saints Gervais et Protais24. L’emplacement choisi par Ambroise pour sa propre sépulture ne doit rien au hasard. Il est destiné à perpétuer, par l’entremise de son corps, la place qui était la sienne à la tête de la communauté dont il avait la charge. Au vie s., Grégoire de Tours rapporte lui aussi plusieurs histoires au sujet d’évêques25, d’abbés26 et d’ermites27 qui ont choisi eux-mêmes le lieu de leur sépulture et qui ont pris toutes les dispositions nécessaires pour y être enterrés. Il mentionne aussi les cas où des individus ont pris soin de préparer leurs tombeaux dans des églises avant de mourir, mais dont le corps ne put jamais y demeurer par punition divine28. Le rejet de leur corps hors du lieu de culte illustre le rejet des pêcheurs hors de la communauté des fidèles – ce qui est là encore en contradiction avec la doctrine augustinienne de la séparation du corps et de l’âme au moment de la mort du corps.

    14Si dans de nombreux cas, le mort a lui-même organisé ses funérailles et, à ce titre, choisi à l’avance le vêtement avec lequel il sera enterré, il arrive régulièrement que cette charge incombe aux proches du mort. Grégoire de Nysse fut ainsi désigné par sa sœur Macrine pour choisir les vêtements avec lesquels elle serait inhumée. Dans un premier temps, Grégoire de Nysse déclare son intention de couvrir la dépouille de sa sœur avec une “belle parure” et de l’habiller de “vêtements éclatants”29. Ce choix est manifestement dicté par un réflexe de classe, puisqu’il retient en premier lieu une solution commune aux membres de l’aristocratie dont lui-même et sa sœur sont issus. La pauvre Paula se fait vertement tancer par saint Jérôme parce qu’elle a agi de la même manière en faisant inhumer sa fille, la pieuse Blesilla, en l’habillant de riches vêtements et en la dotant de somptueuses parures. Selon Jérôme, une bonne mère et une parfaite chrétienne aurait dû choisir une tenue célébrant l’humilité chrétienne de sa fille, car c’est là l’identité que celle-ci avait choisie en renonçant à son identité de naissance. Si elle avait tourné le dos aux usages de sa classe sociale jusqu’aux vêtements funéraires, Paula aurait en outre dispensé le bon exemple auprès des autres membres de l’aristocratie30.

    15Grégoire de Nysse se heurte lui aussi à la critique cette fois des moniales qui partageaient la retraite de Macrine. L’une d’elles lui demande s’il lui semble vraiment que les vêtements éclatants et les riches parures dont il souhaite affubler le corps de sa sœur auraient été à son goût ? L’autre mandée parce qu’elle “disait connaître exactement ce que Macrine avait décidé pour sa sépulture31” soutient que Macrine ne s’étant jamais préoccupée de l’ornementation de son corps de son vivant, il n’y a aucune raison que l’on fasse autrement une fois décédée. Depuis son arrivée au monastère, poursuit-elle, Macrine n’a jamais porté autre chose que le manteau, le voile et les chaussures usées qu’elle portait à l’instant de sa mort. Grégoire de Nysse, devenu plus prudent, demande néanmoins aux moniales s’il leur semblerait inconvenant qu’un frère offre à sa sœur un vêtement neuf pour son enterrement. Elles lui répondent que la défunte aurait sans nul doute accepté cet honneur, mais elles ne manquent pas de lui rappeler que le choix du vêtement doit être à la fois dicté par son lien de parenté avec la défunte, mais aussi et peut-être surtout par l’autorité sacerdotale qu’il exerce. Grégoire croit alors bien faire en offrant à sa défunte sœur “un vêtement modeste, fin et blanc qui rappellera aux yeux de tous, sa simplicité, son humilité et sa pureté32”. Mais catastrophe : tous constatent qu’ainsi vêtue Macrine offre l’image incongrue d’une fiancée prête au mariage, ce qui ne saurait être. En définitive, Grégoire et les moniales s’accordent pour recouvrir le premier vêtement blanc offert par son frère d’un manteau de couleur sombre que Macrine avait hérité de sa mère33.

    16La mésaventure de l’évêque de Nysse illustre parfaitement la complexité qu’il y a à choisir les parures et les vêtements qu’un mort doit porter. Il faut parvenir à illustrer au mieux l’identité du mort et, le cas échéant, à composer avec les diverses identités sous lesquelles les vivants le reconnaissaient. Le compromis trouvé entre Grégoire de Nysse et les moniales de la communauté de Macrine dresse un portrait tout en nuances qui reflète l’identité composite de la défunte : Grégoire répond aux exigences de son statut de membre de l’aristocratie en offrant à sa sœur un vêtement neuf et éclatant, mais la couleur choisie est le blanc, symbole de la pureté et de la piété de la défunte qui s’est consacrée à Dieu, tandis que le manteau sombre proposé par les moniales permet d’atténuer l’éclat du vêtement offert par son frère. Il opère la synthèse de deux héritages : celui de son lignage et celui, spirituel, de sa mère et de sa grand-mère qui avaient elles aussi renoncé aux richesses du monde et au mode de vie de l’aristocratie en prenant le sombre manteau des recluses.

    17Le compromis établi entre Grégoire de Nysse et les moniales du monastère de Macrine montre en outre que les personnes en charge de l’habillement des morts ne peuvent agir comme bon leur semble. Elles doivent tenir compte du regard des autres qui, parfois, ne manquent pas de manifester leur désaccord si l’image donnée par le vêtement ne correspond pas à l’identité du défunt. Certes, cette identité peut être magnifiée comme le fait Grégoire de Nysse en fournissant à sa sœur un nouveau vêtement resplendissant, mais elle ne saurait être travestie avec outrance. En offrant à Macrine ce vêtement, Grégoire a engendré une image ridicule, celle d’une jeune femme prête à se marier, qui ne correspond pas à l’identité de sa sœur. L’embellissement de son corps doit être corrigé par l’ajout d’un vieux manteau de couleur sombre qui exprime la vocation choisie par Macrine. Ainsi, au-delà de la morale chrétienne qui sous-tend son propos, Grégoire de Nysse rappelle, malgré lui, que le premier enjeu du vêtement mortuaire est d’énoncer l’identité du mort afin que tous puissent le reconnaître par son apparence. Si le portrait qu’offre le corps du défunt vêtu et paré pour ses funérailles n’est pas conforme à celui qu’il a été de son vivant, il peut devenir objet de scandale et susciter le rejet de la part de sa communauté. La leçon du récit des funérailles de Macrine montre enfin que les vêtements portés par le mort ne sont pas nécessairement les siens. Ceux avec lesquels elle est enterrée sont soit neufs soit reçus en héritage. Grégoire, en faisant intervenir la religieuse réputée connaître les souhaits de Macrine pour ces funérailles, prend soin d’indiquer quels étaient les vêtements portés quotidiennement par sa sœur afin de souligner que ceux retenus pour le vêtement mortuaire ne sont pas les mêmes. L’assemblage qui compose ce vêtement mortuaire est “artificiel” mais il permet d’exprimer l’identité profonde de la défunte : celle d’une jeune femme issue de l’aristocratie, promise à un beau mariage, mais qui a renoncé aux fastes de sa classe sociale et fait sienne l’humilité de celles qui se consacrent à Dieu et au salut de leur âme. Cette mise en récit de l’identité du mort, en choisissant un habit, mortuaire composite se lit également dans le récit de la mort de sainte Mélanie, rédigé en Palestine au milieu du ve s. Selon le biographe de la sainte, son corps en vue des funérailles fut revêtu “d’une tunique d’un certain saint, et du voile d’une autre servante de Dieu. D’un autre elle tenait un morceau de leviton34, d’un autre la ceinture dont elle se ceignait étant encore en vie, d’un autre le capuchon et, en guise d’oreiller, le capuchon de crin d’un saint, dont nous avions fait un coussin et que nous avions placé sous sa tête vénérable” car, poursuit l’auteur, “il était naturel qu’on l’ensevelît avec les vêtements de ceux, dont, durant sa vie, elle avait acquis les vertus”35.

    18Les vêtements que porte le mort au moment de ses funérailles sont là pour illustrer, en plus de son identité, parfois son histoire. Ils composent un message que le défunt et ses proches adressent à ceux appelés à poser leur regard sur le corps du mort au moment de ses funérailles et de sa mise au tombeau. Toutes les sources littéraires de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge, aussi bien en Occident qu’en Orient, s’accordent en effet pour affirmer que le corps du mort reste visible tout au long des funérailles. Après avoir été lavé, vêtu, parfumé, il est exposé chez lui ou bien dans une église, avant d’être transporté, allongé sur un brancard jusqu’au lieu de sa sépulture. Parfois, il est recouvert d’une étoffe mais, dans tous les cas, celle-ci laisse le visage du mort à découvert afin que chacun puisse le reconnaître.

    Perspectives anthropologique et phénoménologique

    19L’exposition du visage du mort et le vêtement qu’il porte servent à rappeler son identité, mais ils sont aussi là pour garantir que le mort coïncide avec son corps et, qu’en dépit de toutes les croyances relatives au devenir de l’âme, le mort continue à être assimilé à ce corps afin que les vivants puissent lui accorder la place qu’ils ont choisie pour lui.

    20Le cadavre est le corps qui vient de mourir. Il est celui qui permet de dresser le diagnostic de l’arrêt des fonctions vitales. Il démontre que les modalités des échanges interpersonnels en vigueur jusqu’alors ont cessé parce qu’il ne bouge plus, ne parle plus et ne regarde plus. Et pourtant, comme l’a si bien fait remarquer Maurice Blanchot (Blanchot 1950 : 102) dans sa phénoménologie du cadavre, celui-ci apparaît comme une figure étrange parce qu’elle montre, tout à la fois, la présence et l’absence. Le cadavre montre aux yeux de tous que le mort n’est plus lui-même, comme s’il avait quitté le corps, désormais privé de mouvement, de parole et de regard. Et pourtant, tout le monde continue à reconnaître le mort dans les traits de son visage, dans sa corpulence, comme s’il était encore auprès des vivants, dans leur monde et leur temporalité. Le cadavre est une figure de l’entre-deux, une figure de l’indétermination, de l’inaccompli, raison pour laquelle il est aussi la figure de l’inquiétante étrangeté (Das Unheimliche) dont parlent Ernst Jentsch et Sigmund Freud (Freud 1971 : 163-210), dans laquelle s’entremêlent la fascination et le malaise engendrés par le face-à-face avec celui qui en définitive ne dit rien de définitif sur ce que mourir signifie (Heidegger 1986 : 292). Le cadavre est ainsi une rencontre avec la mort, mais il n’en épuise pas le sens.

    21Tous savent portant que cette ambivalence n’est que passagère. Ils sont conscients que la nature a commencé à prendre possession de ce corps qu’elle est appelée à faire disparaître après l’avoir chosifié en le rendant méconnaissable et repoussant. En attendant, le mort et son cadavre s’affichent à la fois semblables et différents. Or, c’est dans cet interstice entre ressemblance et dissemblance que les vivants s’engouffrent pour élaborer une signification du “mourir” d’autrui en se mettant en situation d’en faire l’expérience. Cette expérience n’est qu’un simulacre, un jeu d’images, destiné à rendre palpable l’évènement de la mort qui en tant que tel échappe aux catégories de l’espace et du temps (Blanchot 1965 : 142 et Thomas 1988 : 13-14). Ce simulacre, ici, ce sont les funérailles.

    22Elles se divisent souvent en trois temps et cela semble le cas dans les funérailles chrétiennes des premiers siècles. Le premier temps est celui de “présentification du mort” pour reprendre le qualificatif retenu par Louis-Vincent Thomas (Thomas 1980 : 352).

    23Il regroupe l’ensemble des gestes accomplis pour renforcer l’impression de la présence du mort en restaurant son corps à la ressemblance du vivant. C’est durant cette phase que le corps du mort est lavé, parfumé et habillé avant d’être exposé au regard de tous dans la position de l’endormi. Tous les signes montrant la survenue de la mort physiologique ont été masqués pour que le mort soit entièrement disponible pour l’accomplissement de la mort sociale qui se joue dans le déroulement des deux phases suivantes. Parallèlement, en renforçant l’homologie entre le mort et son corps, le vêtement mortuaire renforce, chez les vivants, le sentiment que c’est bel et bien le mort qu’ils vont installer dans le tombeau en y déposant son corps.

    24Paradoxalement, en effet, si les funérailles jouent sur l’ambivalence entre présence et absence que donne à voir le cadavre, elles n’ont pas pour objectif de réduire cette ambivalence. Au contraire, elles semblent la perpétuer pour maintenir la présence du mort dans le monde au travers du sépulcre qui reçoit son corps (Blanchot 1950 : 38). Le tombeau se referme sur l’image du corps confondu avec le mort lui-même. Il prolonge la coïncidence topologique amorcée lors des funérailles entre le mort, son corps et le tombeau qui les absorbe l’un et l’autre. Il a aussi pour vocation de maintenir cette coïncidence en dissimulant pour toujours la perspective de la dissolution du corps qu’il contient. Il opère une illusion conservatrice en absorbant l’image du mort sur lequel il s’est refermé et qui, à cet instant, s’est imprimée dans la mémoire de ceux qui ont assisté à la fermeture du tombeau. D’où l’importance accordée à la composition de cette image à laquelle participe le choix du vêtement funéraire. C’est d’ailleurs cette image qui ressurgit lors de la réouverture des tombeaux des saints et des martyrs. L’usage du linceul qui s’impose par la suite n’y change rien. Le linceul participe à l’accumulation d’enveloppes dont les vivants entourent le corps du mort pour escamoter la perspective de sa dissolution (Urbain 1978 : 67). Cette accumulation compose progressivement un corps de substitution qui, après les funérailles, s’incarne dans le tombeau (Urbain 1978 : 62). Ce dernier instaure un plein somatique, là où le cadavre laissait transparaître de l’absence (Blanchot 1950 : 38).

    25En définitive, c’est sans doute là la principale raison pour laquelle on enterre les morts habillés au cours de l’Antiquité tardive et des premiers siècles du Moyen Âge. Le vêtement participe à la composition d’une image et à la destination du tombeau comme corps de substitution pour le mort, afin que tous puissent constater que la mort de la personne mise au tombeau a bien eu lieu, en même temps que tous aient l’assurance que le mort, en y étant enterré, demeure perpétuellement dans ce lieu. Les funérailles sont, par conséquent, une manière de donner une forme au “mourir d’autrui” pour qu’il fasse sens.

    Bibliographie

    Sources

    Bède le vénérable, Histoire ecclésiastique du peuple anglais, Crépin A., Lapidge M., Monat P. et Robin P. (éds.), Collection Sources Chrétiennes, nos 498-491, Éditions du Cerf, Paris, 2005.

    Constance de Lyon, Vie de saint Germain d’Auxerre, Borius R. (éd.), Collection Sources Chrétiennes, no 112, Éditions du Cerf, Paris, 1965.

    Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, Bardy G. (éd.), Collection Sources Chrétiennes, nos 31, 41 et 55, Éditions du Cerf, Paris, 1952-1958.

    Grégoire de Nysse, Vie de sainte Macrine, Maraval P. (éd.), Collection Sources Chrétiennes, no 178, Éditions du Cerf, Paris, 1971.

    Grégoire de Tours, De la passion, des vertus et de la gloire de saint Julien Martyr, Krusch B. (ed.), Scriptorum rerum merovingicarum, Monumenta germaniae historica, Societas aperiendis fontibus rerum germanicarum medii aevi, Hannovre, 1885.

    Grégoire de Tours, Dix livres d’Histoire, Arndt W. (ed.), Scriptorum rerum merovingicarum, Monumenta germaniae historica, Societas aperiendis fontibus rerum germanicarum medii aevi, Hannovre, 1885.

    Grégoire de Tours, La gloire des Confesseurs, Krusch B. (ed.), Scriptorum rerum merovingicarum, Monumenta germaniae historica, Societas aperiendis fontibus rerum germanicarum medii aevi, Hannovre, 1885.

    Grégoire de Tours, Le livre des Martyrs, Krusch B. (ed.), Scriptorum rerum merovingicarum, Monumenta germaniae historica, Societas aperiendis fontibus rerum germanicarum medii aevi, Hannovre, 1885.

    Grégoire de Tours, Le livre des miracles de saint Martin, Krusch B. (ed.), Scriptorum rerum merovingicarum, Monumenta germaniae historica, Societas aperiendis fontibus rerum germanicarum medii aevi, Hannovre, 1885.

    Grégoire de Tours, Vies des Pères, Krusch B. (ed.), Scriptorum rerum merovingicarum, Monumenta germaniae historica, Societas aperiendis fontibus rerum germanicarum medii aevi, Hannovre, 1885.

    Grégoire le Grand, Dialogues, De Vogüe A. et Antin P. (éd.), Collection Sources Chrétiennes, nos 251, 260, 265, Éditions du Cerf, Paris, 1978-1980.

    Honorat de Marseille, Vie d’Hilaire d’Arles, Jacob P.-A. (éd.), Collection Sources Chrétiennes, no 404, Éditions du Cerf, Paris, 1995.

    Prudence, Livre d’heures, Lavarenne M. (éd.), Les Belles-Lettres, Paris, 1944.

    Saint Jérôme, Lettres, Labourt J. (éd.), 8 vol, Les Belles-Lettres, Paris, 1949-1963.

    Saint Jérôme, Vie de saint Paul, Morales E.-M. et Leclerc P. (éds.), Trois vies de moines, Sources chrétiennes, no 508, Éditions du Cerf, Paris, 2007.

    Saint Jérôme, Commentaire sur saint Matthieu, Bonnard É. (éd.), Collection Sources Chrétiennes, nos 242 et 259, Éditions du Cerf, Paris, 1977-1979.

    Sidoine Apollinaire, Lettres, Loyen A., (éd.), Les Belles-Lettres, Paris, 1970.

    Sulpice Sévère, Vie de Martin, Fontaine J. (éd.), Collection Sources Chrétiennes, no 133, Éditions du Cerf, Paris, 1967.

    Vie de Césaire d’Arles, Migne J.-P. (éd.), Patrologie latine, t.°67, Paris : Migne, 1865. Traduction : Giraud J.-C., Collection les Pères dans la foi, Migne, Paris, 1997.

    Vie de Sainte Mélanie, Gorce D. (éd.), Collection Sources Chrétiennes, no 90, Éditions du Cerf, Paris, 1962.

    Bibliographie

    Blanchot 1950. Blanchot M. - Thomas l’obscur, Gallimard, Paris, 137 p.

    Blanchot 1965. Blanchot M. - L’espace littéraire, Gallimard, Paris, 382 p.

    Carré et al. 2018. Carré F., Rast-Eicher A., Bell B. et Boisson J. - L’étude des matériaux organiques dans les tombes du haut Moyen Âge (France, Suisse et Allemagne occidentale) : un apport majeur à la connaissance des pratiques funéraires et du vêtement, Archéologie médiévale, 48 : 37-99.

    Freud 1971. Freud S. - L’inquiétante étrangeté, Traduction : Bonaparte M., Collection Idées, Gallimard, Paris : 163-210.

    Heidegger 1986. Heidegger M. - Être et Temps, Gallimard, Paris, 589 p.

    Thomas 1980. Thomas L.-V. - “Mort : les sociétés devant la mort”, Encyclopædia Universalis, Paris : 352.

    Thomas 1988. Thomas L.-V. - La mort aujourd’hui, Éditions du titre, Paris, 119 p.

    Urbain 1978. Urbain J.-D. - La société de conservation : étude sémiologique des cimetières d’Occident, Payot, Paris, 476 p. (Collection Langages et sociétés).

    Notes de bas de page

    1Luc 23, 52 ; Marc 15, 46 ; Jean 19, 40 et Matthieu 27-59.

    2Prudence, Livre d’heures, 10, 49-50. : “… candore nitentia claro / praetendere lintea mos est…”

    3Honorat de Marseille, Vie d’Hilaire d’Arles, 29. : “Hinc iterum nova dilectio gravior fletu corda succendit, dum singuli cupiunt fimbriam decerpere corpusque contingere. Sancti Basilii tum presbyteri, nunc pontificis summi, invenit industria, ut maximam partem coopertorii utraque manu discerptam, qua corpus eius tegebatur, arriperet, et longius recedens dividendo populis erogaret.”

    4Sulpice Sévère, Vie de Martin, 12.1. : “Accidit autem insequenti tempore, dum iter ageret, ut gentilis cuiusdam corpus, quod ad sepulcrum cum superstitioso funere deferebatur, obvium haberet : conspicatusque eminus venientium turbam, quidnam id esset ignarus, paululum stetit. Nam fere quingentorum passuum intervallum erat, ut difficile fuerit dinoscere quid videret. Tamen quia rusticam manum cerneret et agente vento lintea corpori superiecta volitarent, profanos sacrificiorum ritus agi credidit : quia esset haec Gallorum rusticis consuetudo, simulacra daemonum candido tecta velamine misera per agros suos circumferre dementia. Levato ergo in adversos signo crucis imperat turbae non moveri loco onusque deponere. Hic vero mirum in modum videres miseros primum velut saxa riguisse. Dein, cum promovere se summo conamine niterentur, ultra accedere non valentes ridiculam in vertiginem rotabantur, donec victi corporis onus ponunt. Attoniti et semet invicem aspicientes, quidnam sibi accidisset, taciti cogitabant. Sed cum beatus vir comperisset exsequiarum esse illam frequentiam, non sacrorum, elevata rursum manu dat eis abeundi et tollendi corporis potestatem. Ita eos et cum voluit, stare compulit, et cum libuit, abire permisit.”

    5Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, 7, 22, 9.

    6Sidoine Apollinaire, Lettres, 3, 3, 8. : “… quibus nec elutis vestimenta, nec vestitis sepulcra tribuebant, iuste sic mortuis talia iusta solventes.”

    7Grégoire de Tours, La gloire des Confesseurs, 100. : “Amoto ergo viliore lapide, post annum fere duodecimum invenerunt corpus beati confessoris ita inlaesum ut nulla dissolutio in corpore, nulla putredo repperiretur in veste…”

    8Grégoire de Tours, Vie des Pères, 7, 4. : “Quod sepulcrum dum diligenter conponunt, subito et, ut credo, a Dei iussu operturium sarcofagi motum est in una parte. Et ecce apparuit beata facies eius ita integra et inlaesa, ut putares, eum non mortuum esse, sed dormientem ; sed nec de ipso vestimento, quod cum eo positum fuit, aliquid ostensum est diminutum…”

    9Grégoire de Tours, Le livre des Martyrs, 2, 2. : “Cumque aperuisset et tertium, invenit in eo virum jacentem inlaeso corpore, integro vestimento…”

    10Grégoire le Grand, Dialogues, 4, 56, 1-3. : “[…] volens cognoscere qualiter eius corpus esset in sepulcro, de quo talia clamaret. Qui aperientes sepulcrum, vestimenta quidem intacta repererunt, quae nunc usque in eadem ecclesia pro eiusdem causae testimonio servantur, corpus vero illius omnino non invenerunt…”

    11Bède le vénérable, Histoire ecclésiastique, 4, 17, 3-5. “Et cum sedecim annis esset sepulta, placuit eidem abbatissae levari ossa eius et in locello novo posita in ecclesiam transferri […] Cumque corpus sacrae virginis ac sponsae Christi aperto sepulchro esset prolatum in lucem, ita incorruptum inventum est, ac si eodem die fuisset defuncta sive humo condita […] Sed et linteamina omnia, quibus involutum erat corpus, integra apparverunt et ita novo, ut ipso die viderentur castis eius membris esse circumdata. […] Laverunt igitur virgines corpus, et novis indutum vestibus intulerunt in ecclesiam, atque in eo quod allatum erat sarcofago posuerunt.”

    12Bède le vénérable, Histoire ecclésiastique, 3, 8, 4. : “Et aperientes sepulchrum eius, ita intemeratum corpus invenere, ut a corruptione concupiscentiae carnalis erat inmune ; et ita denuo lotum, atque aliis vestibus indutum transtulerunt illud in ecclesiam beati Stephani martyris…”

    13Bède le vénérable, Histoire ecclésiastique, 4, 28. : “… et aperientes sepulchrum invenerunt corpus totum, quasi adhuc viveret, integrum et flexibilibus artuum compagibus multo dormenti quam mortuo similius ; sed et vestimenta omnia, quibus indutum erat, non solum intemerata verum etiam prisca et claritudine miranda parebant. […] Adtulerunt autem ei et partem indumentorum, quae corpus sanctum ambierant. Quae cum ille et munera gratanter acciperet et miracula libenter audiret (nam et ipsa indumenta quasi patris adhuc corpori circumdata miro deosculabatur adfectu), “Nova, inquit, indumenta corpori pro hisquae tulistis circumdate, et sic reponite in arca, quam parastis” […] fecerunt fratres ut iusserat, et involutum novo amictu corpus novaque in theca reconditum supra pavimentum sanctarii posuerunt.”

    14Saint Jérôme, Commentaire sur saint Matthieu, 4, 27 59. : “… “et accepto corpore Iesu, inuoluit illud in sindone munda”. Ex simplici sepultura Domini ambitio divitum condemnatur, qui ne tumulis quidem possunt carere divitiis. Possumus autem iuxta intellegentiam spiritualem et hoc sentire quod corpus Domini non auro, non gemnis et serico, sed linteamine puro obuolvendum sit, quamquam et hoc significet quod ille in sindone munda involvat Iesum, qui pura eum mente susceperit.”

    15Grégoire de Tours, La gloire des Confesseurs, 34. : “… in quo [sarcofago] apparuit puella iacens, ita membris omnibus solidata, quasi nuper ab hoc saeculo fuisset adsumpta. Nam facies, manusque eius cum reliquis artubus integrae erant cum ingenti caesaries longitudine ; sed credo, eam aromatibus fuisse conditam. Vestimentum autem, quod artus tegebat exanimes, agnarum erat inlaesumque, nulla putredine resolutum ac nigredine quacumque fuscatum. […] Autumabant autem quidam nostrorum ob candorem vestimenti holosirici, in albis eam transisse. Aiebant etiam, anulos murinulasque aureas circa eam repertas et clam, ne episcopus sentiret, ablatas…”

    16Grégoire de Tours, Les dix livres d’histoires, 8, 21. : “Ante paucus autem dies mortua propinqua uxoris eius sine filiis, in basilicam urbis Metinsis sepulta est cum grandibus ornamentis et multo auro. Factum est autem, ut post dies paucus adesset festivitas beati Remedii, quae in initio mensis octavi caelebratur. Discedentibus autem multis e civitate cum episcopo et praesertim senioris urbis cum duci, venerunt pueri Bosonis Guntchramni ad basilica, in qua mulier erat sepulta. Et ingressi, conclusis super se osteis, detexerunt sepulchrum, tollentes omnia ornamenta corporis defuncti, quae reperire potuerant.”

    17Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, 7, 22, 9. : “Καὶ τὰ σώματα δὲ τῶν ἁγίων…λουτροῖς τε καὶ περιστολαῖς κατακοσμοῦντες”.

    18Constance de Lyon, Vie de saint Germain d’Auxerre, 8, 44. : “Acolus corpus aromatum constrictione solidavit, regina vestitit.”

    19Grégoire de Tours, Les Dix livres d’histoires, 6, 46. : “Mallulfus autem Silvanectensis episcopus, qui iam tertia die in tenturio resedebat et ipsum videre non poterat, ut eum interemptum audivit, advenit ; ablutumque vestimentis melioribus induit, noctem in hymnis deductam, in nave levavit et in basilica sancti Vincenti, quae est Parisius, sepelivit, Fredegunde regina in ecclesia derelicta.”

    20Grégoire de Tours, Vies des Pères, 13, 3. : “Denique hoc, ut diximus, defuncto, adfuit quaedam matrona, quae ablutum dignis induit vestimentis, et cum eum ad vicum Transaliensim ferre velit…”

    21Grégoire de Tours, Les dix livres d’Histoires, 7, 1. : “Cum autem, ut credo, iam revelante Domino, tempus suae vocationis agnusceret, ipse sibi sarcofagum conposuit, corpus abluit, vestem induit ; et sic intentum semper caelo beatum spiritum exalavit.”

    22Saint Jérôme, Vie de saint Paul, 12. : “Quamobrem, quaeso, perge, nisi molestum est, et pallium quod tibi Athanasius episcopus dedit ad involvendum corpusculum meum defer.”

    23Vie de Césaire d’Arles, 1, 57-58. : “Vie de Césaire d’Arles, 1, 57. : “… ut quaecumque congregationis illius de hac luce migrasset, locum sepulturae paratissimum et sanctissimum reperiret. Non multo igitur post monasterii matrem germanam suam Caesariam sanctam ad praemia Christi migrantem, inter has quas praemiserat inibi ad medium throni iuxta eam quam sibi paraverat condidit sepulturam…”

    24Saint Ambroise, Lettres, 77 (22), 13. : “Hunc ego locum praedestinaveram mihi ; dignum est enim ut ibi requiescat sacerdos, ubi offerre consuevit ; sed cedo sacris victimis dexteram portionem ; locus iste martyribus debebatur. Condamus ergo reliquias sacrosanctas et dignis aedibus invehamus, totumque diem fida devetione celebremus.”

    25Grégoire de Tours, Vie des Pères, 7, 3. : “Quod deferentes ad castrum Divionensi, ubi se iusserat tumulari, in campania illa quae a parte aquilonis habetur haud procul a castro adgravat…”

    26Grégoire de Tours, Vie des Pères, 1, 6. : “Post haec autem cum iam senes profectaeque essent aetatis, Lupicinus abbas scilicet et Romanus frater ejus, ait Lupicinus germano suo : “Dic, inquid mihi in quale monasterium vis tibi parari sepulchrum, ut simul quiescamus ?” Qui ait : “Non potest fieri, ut ego in monasterio sepulchrum habeam, a quo mulierum accessus arcetur. Nosti enim, quid mihi indigno et non merenti dominus Deus meus gratiam tribuit curationum […] Erit autem concursus ad tumulum meum, si ab hac luce migravero. Ideoque rogo, ut eminus a monasterio requiescam.” Pro hac vero causa, cum obisset, in decim milibus a monasterio in monte parvulo sepultus est. Super cujus deinceps sepulchrum magnum templum aedificatum est […] Lupicinus autem abba obiens, intra monasterii basilicam est sepultus…” ; Grégoire de Tours, Vie des Pères, 12, 3. : “… dicit abbati quem in priorem statuerat in monasterio : “locus ille secus fluvium, in quo oratorium facere computabam, iocundus est valde. Ideo rogo ut quod ego volui tu expleas, atque ibi ossa mea transferre non abnuas.” Quo migrante et in oratorio prioris cellulae sepulto, cum abba iniunctum cuperet opus explere, nutu Dei et calces coctos antiquitus et fundamentum in ea mensura qua ipse ponere cogitabat nanctus est. Perfectumque aedificium, detexit abbatis sepulchrum.”

    27Grégoire de Tours, Vie des Pères, 9, 3. : “Qui aquis ablutus, feretroque impositus ferebatur ad monasterium suum, ubi se vivens sepeliri mandaverat.”

    28Grégoire de Tours, Le livre des Martyrs, 88. : “Apud urbem enim Tolosacium ferunt fuisse quendam Antoninum nomine, iniquum in Deo et omnium hominum odibilem, eo quod multa perpetraret scelera. Factum est autem, ut, impletis diebus migrans a saeculo, in basilicam beati Vincenti sepeliretur, in qua ipse sibi vivens deposuerat vas. Verum ubi cunctos sub alta nocte silentia sopor arripuit, et omnes blandiente somno dedissent membra quieti, sarcophagus ille a sancta basilica per fenestram proicitur et in medio deponitur atrii.” ; Grégoire de Tours, Les dix livres d’Histoires, 8, 40. : “Disposuerat enim sibi sepulchrum in basilica sancti Martini vici Condatensis, quod detectum sui effractum in frustra repperierunt.”

    29Grégoire de Nysse, Vie de sainte Macrine, 28.

    30Saint Jérôme, Lettres, no 39 à Paula, 2. : “Postquam autem sarcina carnis abjecta, ad suum anima revolavit auctorem, et in antiquam possessionem diu peregrinata conscendit, ex more parantur exequiae, et nobilium ordine praeeunte, aureum feretro velamen obtenditur. Videbatur mihi tunc clamare de coelo. Non agnosco vestes : amictus iste non est meus : hic ornatus alienus est.”

    31Grégoire de Nysse, Vie de sainte Macrine, 29.

    32Grégoire de Nysse, Vie de sainte Macrine, 30 et 31.

    33Grégoire de Nysse, Vie de sainte Macrine, 31.

    34Isidore de Séville, Étymologies, 19, 22, 22. : “Levitonarium est colobium lineum sine manicis, quale Aegyptii monachi utuntur.”

    35Vie de Sainte Mélanie, 69.

    Auteur

    • Vincent Hincker

      Service d’archéologie du Département du Calvados, UMR 6273 Centre Michel de Boüard, CRAHAM.

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    1Luc 23, 52 ; Marc 15, 46 ; Jean 19, 40 et Matthieu 27-59.

    2Prudence, Livre d’heures, 10, 49-50. : “… candore nitentia claro / praetendere lintea mos est…”

    3Honorat de Marseille, Vie d’Hilaire d’Arles, 29. : “Hinc iterum nova dilectio gravior fletu corda succendit, dum singuli cupiunt fimbriam decerpere corpusque contingere. Sancti Basilii tum presbyteri, nunc pontificis summi, invenit industria, ut maximam partem coopertorii utraque manu discerptam, qua corpus eius tegebatur, arriperet, et longius recedens dividendo populis erogaret.”

    4Sulpice Sévère, Vie de Martin, 12.1. : “Accidit autem insequenti tempore, dum iter ageret, ut gentilis cuiusdam corpus, quod ad sepulcrum cum superstitioso funere deferebatur, obvium haberet : conspicatusque eminus venientium turbam, quidnam id esset ignarus, paululum stetit. Nam fere quingentorum passuum intervallum erat, ut difficile fuerit dinoscere quid videret. Tamen quia rusticam manum cerneret et agente vento lintea corpori superiecta volitarent, profanos sacrificiorum ritus agi credidit : quia esset haec Gallorum rusticis consuetudo, simulacra daemonum candido tecta velamine misera per agros suos circumferre dementia. Levato ergo in adversos signo crucis imperat turbae non moveri loco onusque deponere. Hic vero mirum in modum videres miseros primum velut saxa riguisse. Dein, cum promovere se summo conamine niterentur, ultra accedere non valentes ridiculam in vertiginem rotabantur, donec victi corporis onus ponunt. Attoniti et semet invicem aspicientes, quidnam sibi accidisset, taciti cogitabant. Sed cum beatus vir comperisset exsequiarum esse illam frequentiam, non sacrorum, elevata rursum manu dat eis abeundi et tollendi corporis potestatem. Ita eos et cum voluit, stare compulit, et cum libuit, abire permisit.”

    5Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, 7, 22, 9.

    6Sidoine Apollinaire, Lettres, 3, 3, 8. : “… quibus nec elutis vestimenta, nec vestitis sepulcra tribuebant, iuste sic mortuis talia iusta solventes.”

    7Grégoire de Tours, La gloire des Confesseurs, 100. : “Amoto ergo viliore lapide, post annum fere duodecimum invenerunt corpus beati confessoris ita inlaesum ut nulla dissolutio in corpore, nulla putredo repperiretur in veste…”

    8Grégoire de Tours, Vie des Pères, 7, 4. : “Quod sepulcrum dum diligenter conponunt, subito et, ut credo, a Dei iussu operturium sarcofagi motum est in una parte. Et ecce apparuit beata facies eius ita integra et inlaesa, ut putares, eum non mortuum esse, sed dormientem ; sed nec de ipso vestimento, quod cum eo positum fuit, aliquid ostensum est diminutum…”

    9Grégoire de Tours, Le livre des Martyrs, 2, 2. : “Cumque aperuisset et tertium, invenit in eo virum jacentem inlaeso corpore, integro vestimento…”

    10Grégoire le Grand, Dialogues, 4, 56, 1-3. : “[…] volens cognoscere qualiter eius corpus esset in sepulcro, de quo talia clamaret. Qui aperientes sepulcrum, vestimenta quidem intacta repererunt, quae nunc usque in eadem ecclesia pro eiusdem causae testimonio servantur, corpus vero illius omnino non invenerunt…”

    11Bède le vénérable, Histoire ecclésiastique, 4, 17, 3-5. “Et cum sedecim annis esset sepulta, placuit eidem abbatissae levari ossa eius et in locello novo posita in ecclesiam transferri […] Cumque corpus sacrae virginis ac sponsae Christi aperto sepulchro esset prolatum in lucem, ita incorruptum inventum est, ac si eodem die fuisset defuncta sive humo condita […] Sed et linteamina omnia, quibus involutum erat corpus, integra apparverunt et ita novo, ut ipso die viderentur castis eius membris esse circumdata. […] Laverunt igitur virgines corpus, et novis indutum vestibus intulerunt in ecclesiam, atque in eo quod allatum erat sarcofago posuerunt.”

    12Bède le vénérable, Histoire ecclésiastique, 3, 8, 4. : “Et aperientes sepulchrum eius, ita intemeratum corpus invenere, ut a corruptione concupiscentiae carnalis erat inmune ; et ita denuo lotum, atque aliis vestibus indutum transtulerunt illud in ecclesiam beati Stephani martyris…”

    13Bède le vénérable, Histoire ecclésiastique, 4, 28. : “… et aperientes sepulchrum invenerunt corpus totum, quasi adhuc viveret, integrum et flexibilibus artuum compagibus multo dormenti quam mortuo similius ; sed et vestimenta omnia, quibus indutum erat, non solum intemerata verum etiam prisca et claritudine miranda parebant. […] Adtulerunt autem ei et partem indumentorum, quae corpus sanctum ambierant. Quae cum ille et munera gratanter acciperet et miracula libenter audiret (nam et ipsa indumenta quasi patris adhuc corpori circumdata miro deosculabatur adfectu), “Nova, inquit, indumenta corpori pro hisquae tulistis circumdate, et sic reponite in arca, quam parastis” […] fecerunt fratres ut iusserat, et involutum novo amictu corpus novaque in theca reconditum supra pavimentum sanctarii posuerunt.”

    14Saint Jérôme, Commentaire sur saint Matthieu, 4, 27 59. : “… “et accepto corpore Iesu, inuoluit illud in sindone munda”. Ex simplici sepultura Domini ambitio divitum condemnatur, qui ne tumulis quidem possunt carere divitiis. Possumus autem iuxta intellegentiam spiritualem et hoc sentire quod corpus Domini non auro, non gemnis et serico, sed linteamine puro obuolvendum sit, quamquam et hoc significet quod ille in sindone munda involvat Iesum, qui pura eum mente susceperit.”

    15Grégoire de Tours, La gloire des Confesseurs, 34. : “… in quo [sarcofago] apparuit puella iacens, ita membris omnibus solidata, quasi nuper ab hoc saeculo fuisset adsumpta. Nam facies, manusque eius cum reliquis artubus integrae erant cum ingenti caesaries longitudine ; sed credo, eam aromatibus fuisse conditam. Vestimentum autem, quod artus tegebat exanimes, agnarum erat inlaesumque, nulla putredine resolutum ac nigredine quacumque fuscatum. […] Autumabant autem quidam nostrorum ob candorem vestimenti holosirici, in albis eam transisse. Aiebant etiam, anulos murinulasque aureas circa eam repertas et clam, ne episcopus sentiret, ablatas…”

    16Grégoire de Tours, Les dix livres d’histoires, 8, 21. : “Ante paucus autem dies mortua propinqua uxoris eius sine filiis, in basilicam urbis Metinsis sepulta est cum grandibus ornamentis et multo auro. Factum est autem, ut post dies paucus adesset festivitas beati Remedii, quae in initio mensis octavi caelebratur. Discedentibus autem multis e civitate cum episcopo et praesertim senioris urbis cum duci, venerunt pueri Bosonis Guntchramni ad basilica, in qua mulier erat sepulta. Et ingressi, conclusis super se osteis, detexerunt sepulchrum, tollentes omnia ornamenta corporis defuncti, quae reperire potuerant.”

    17Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, 7, 22, 9. : “Καὶ τὰ σώματα δὲ τῶν ἁγίων…λουτροῖς τε καὶ περιστολαῖς κατακοσμοῦντες”.

    18Constance de Lyon, Vie de saint Germain d’Auxerre, 8, 44. : “Acolus corpus aromatum constrictione solidavit, regina vestitit.”

    19Grégoire de Tours, Les Dix livres d’histoires, 6, 46. : “Mallulfus autem Silvanectensis episcopus, qui iam tertia die in tenturio resedebat et ipsum videre non poterat, ut eum interemptum audivit, advenit ; ablutumque vestimentis melioribus induit, noctem in hymnis deductam, in nave levavit et in basilica sancti Vincenti, quae est Parisius, sepelivit, Fredegunde regina in ecclesia derelicta.”

    20Grégoire de Tours, Vies des Pères, 13, 3. : “Denique hoc, ut diximus, defuncto, adfuit quaedam matrona, quae ablutum dignis induit vestimentis, et cum eum ad vicum Transaliensim ferre velit…”

    21Grégoire de Tours, Les dix livres d’Histoires, 7, 1. : “Cum autem, ut credo, iam revelante Domino, tempus suae vocationis agnusceret, ipse sibi sarcofagum conposuit, corpus abluit, vestem induit ; et sic intentum semper caelo beatum spiritum exalavit.”

    22Saint Jérôme, Vie de saint Paul, 12. : “Quamobrem, quaeso, perge, nisi molestum est, et pallium quod tibi Athanasius episcopus dedit ad involvendum corpusculum meum defer.”

    23Vie de Césaire d’Arles, 1, 57-58. : “Vie de Césaire d’Arles, 1, 57. : “… ut quaecumque congregationis illius de hac luce migrasset, locum sepulturae paratissimum et sanctissimum reperiret. Non multo igitur post monasterii matrem germanam suam Caesariam sanctam ad praemia Christi migrantem, inter has quas praemiserat inibi ad medium throni iuxta eam quam sibi paraverat condidit sepulturam…”

    24Saint Ambroise, Lettres, 77 (22), 13. : “Hunc ego locum praedestinaveram mihi ; dignum est enim ut ibi requiescat sacerdos, ubi offerre consuevit ; sed cedo sacris victimis dexteram portionem ; locus iste martyribus debebatur. Condamus ergo reliquias sacrosanctas et dignis aedibus invehamus, totumque diem fida devetione celebremus.”

    25Grégoire de Tours, Vie des Pères, 7, 3. : “Quod deferentes ad castrum Divionensi, ubi se iusserat tumulari, in campania illa quae a parte aquilonis habetur haud procul a castro adgravat…”

    26Grégoire de Tours, Vie des Pères, 1, 6. : “Post haec autem cum iam senes profectaeque essent aetatis, Lupicinus abbas scilicet et Romanus frater ejus, ait Lupicinus germano suo : “Dic, inquid mihi in quale monasterium vis tibi parari sepulchrum, ut simul quiescamus ?” Qui ait : “Non potest fieri, ut ego in monasterio sepulchrum habeam, a quo mulierum accessus arcetur. Nosti enim, quid mihi indigno et non merenti dominus Deus meus gratiam tribuit curationum […] Erit autem concursus ad tumulum meum, si ab hac luce migravero. Ideoque rogo, ut eminus a monasterio requiescam.” Pro hac vero causa, cum obisset, in decim milibus a monasterio in monte parvulo sepultus est. Super cujus deinceps sepulchrum magnum templum aedificatum est […] Lupicinus autem abba obiens, intra monasterii basilicam est sepultus…” ; Grégoire de Tours, Vie des Pères, 12, 3. : “… dicit abbati quem in priorem statuerat in monasterio : “locus ille secus fluvium, in quo oratorium facere computabam, iocundus est valde. Ideo rogo ut quod ego volui tu expleas, atque ibi ossa mea transferre non abnuas.” Quo migrante et in oratorio prioris cellulae sepulto, cum abba iniunctum cuperet opus explere, nutu Dei et calces coctos antiquitus et fundamentum in ea mensura qua ipse ponere cogitabat nanctus est. Perfectumque aedificium, detexit abbatis sepulchrum.”

    27Grégoire de Tours, Vie des Pères, 9, 3. : “Qui aquis ablutus, feretroque impositus ferebatur ad monasterium suum, ubi se vivens sepeliri mandaverat.”

    28Grégoire de Tours, Le livre des Martyrs, 88. : “Apud urbem enim Tolosacium ferunt fuisse quendam Antoninum nomine, iniquum in Deo et omnium hominum odibilem, eo quod multa perpetraret scelera. Factum est autem, ut, impletis diebus migrans a saeculo, in basilicam beati Vincenti sepeliretur, in qua ipse sibi vivens deposuerat vas. Verum ubi cunctos sub alta nocte silentia sopor arripuit, et omnes blandiente somno dedissent membra quieti, sarcophagus ille a sancta basilica per fenestram proicitur et in medio deponitur atrii.” ; Grégoire de Tours, Les dix livres d’Histoires, 8, 40. : “Disposuerat enim sibi sepulchrum in basilica sancti Martini vici Condatensis, quod detectum sui effractum in frustra repperierunt.”

    29Grégoire de Nysse, Vie de sainte Macrine, 28.

    30Saint Jérôme, Lettres, no 39 à Paula, 2. : “Postquam autem sarcina carnis abjecta, ad suum anima revolavit auctorem, et in antiquam possessionem diu peregrinata conscendit, ex more parantur exequiae, et nobilium ordine praeeunte, aureum feretro velamen obtenditur. Videbatur mihi tunc clamare de coelo. Non agnosco vestes : amictus iste non est meus : hic ornatus alienus est.”

    31Grégoire de Nysse, Vie de sainte Macrine, 29.

    32Grégoire de Nysse, Vie de sainte Macrine, 30 et 31.

    33Grégoire de Nysse, Vie de sainte Macrine, 31.

    34Isidore de Séville, Étymologies, 19, 22, 22. : “Levitonarium est colobium lineum sine manicis, quale Aegyptii monachi utuntur.”

    35Vie de Sainte Mélanie, 69.

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    Hincker, V. (2024). Pourquoi habille-t-on les morts pour leurs funérailles dans l’Occident et l’Orient chrétiens durant l’Antiquité tardive et les premiers siècles du Moyen Âge ?. In B. Bazin, F. Capron, A. Corrochano, & S. Joly (éds.), Se vêtir au premier Moyen Âge. Tours: Fédération pour l’édition de la Revue archéologique du Centre de la France. https://doi.org/10.4000/13i9b
    Hincker, Vincent. « Pourquoi habille-t-on les morts pour leurs funérailles dans l’Occident et l’Orient chrétiens durant l’Antiquité tardive et les premiers siècles du Moyen Âge ? ». In Se vêtir au premier Moyen Âge, édité par Bruno Bazin, Capron François, Alexis Corrochano, et Stéphane Joly. Tours: Fédération pour l’édition de la Revue archéologique du Centre de la France, 2024. doi:10.4000/13i9b.
    Hincker, Vincent. « Pourquoi habille-t-on les morts pour leurs funérailles dans l’Occident et l’Orient chrétiens durant l’Antiquité tardive et les premiers siècles du Moyen Âge ? ». Se vêtir au premier Moyen Âge, édité par Bruno Bazin et al., Fédération pour l’édition de la Revue archéologique du Centre de la France, 2024, https://doi.org/10.4000/13i9b.

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    Bazin, B., Capron, F., Corrochano, A., & Joly, S. (éds.). (2024). Se vêtir au premier Moyen Âge. Tours: Fédération pour l’édition de la Revue archéologique du Centre de la France. https://doi.org/10.4000/13ib1
    Bazin, Bruno, Capron François, Alexis Corrochano, et Stéphane Joly, éd. Se vêtir au premier Moyen Âge. Tours: Fédération pour l’édition de la Revue archéologique du Centre de la France, 2024. doi:10.4000/13ib1.
    Bazin, Bruno, et al., éditeurs. Se vêtir au premier Moyen Âge. Fédération pour l’édition de la Revue archéologique du Centre de la France, 2024, https://doi.org/10.4000/13ib1.
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