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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral 1. La problématique 2. La nature de la documentation 3. Les données pour la région concernée 4. Synthèse et conclusions Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    L’Antiquité tardive dans le centre et le centre-ouest de la Gaule (IIIe-VIIe siècles)

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Présence de militaires ou fonctionnaires et de “Barbares” en Lyonnaise centrale et Aquitaine Nord-Est (fin IIIe-fin Ve siècle) : réalités et limites

    Presence of soldiers or civil servants and “barbarians” in central Lyon region and north-eastern Aquitaine (end of the 3rd century-end of 5th c.): Realities and limits

    Alain Ferdière

    p. 41-68

    Résumés

    On se propose d’examiner ici, d’un point de vue synthétique mais fondé sur des corpus de données aussi complets que possibles, la documentation mobilisable pour reconnaître la présence de populations exogènes barbares, d’une part, de membres de la militia (armée et administration) de l’autre ; ceci dans un vaste territoire couvrant le Centre et le Centre-Ouest de la Gaule, entre le dernier tiers du iiie s. et la fin du ve s. : sources textuelles, voire épigraphiques, et archéologiques (immobilières et mobilières).

    This work synthesizes the documentation indicating the presence of exogenous barbarian populations, on the one hand, and members of the militia (army and administration) on the other, based on the most comprehensive corpuses possible. It covers a vast territory of Central and Western-Central Gaul, between the last third of the 3rd c. and the end of the 5th c, and includes textual and even epigraphic and archaeological (immovable and movable) sources.

    Entrées d’index

    Mots-clés : Gaule du Centre et Centre-Ouest, barbares, armée, administration, données archéologiques, textes, mobilier, castra, militia

    Keywords : Central and Western-Central Gaul, barbarians, army, administration, archaeological data, texts, furniture, castra, militia

    Texte intégral 1. La problématique 2. La nature de la documentation 3. Les données pour la région concernée 3.1. Les textes 3.2. Entre données textuelles et archéologiques 3.3. Les données archéologiques 4. Synthèse et conclusions Bibliographie Sources Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1. La problématique

    1La thématique abordée est sans doute relativement périlleuse, d’autant que j’ai moi-même écrit il y a peu au sujet des risques de surinterprétation des données archéologiques en la matière (Ferdière 2012). En travaillant à la présente contribution, j’ai abouti à une documentation très volumineuse, dépassant évidemment très largement le cadre de ce qui pourrait être publié dans ces Actes. J’ai donc décidé de ne présenter ici que des éléments de synthèse, avec les cartes nécessaires à leur illustration. Les données elles-mêmes, en complément justificatif (corpus des textes et documents archéologiques divers) seront publiées par ailleurs1.

    2L’objectif est d’examiner l’un des grands moteurs de mutation culturelle pour l’Antiquité tardive qu’est la présence – plus ou moins pérenne – de populations exogènes : l’armée et l’administration impériale (militia) d’une part, les “Barbares” – lato sensu – de l’autre. Il s’agit d’examiner les relations entre le pouvoir impérial (civil et militaire) et ces groupes de populations dites au sens large “germaniques”, déracinées, que le pouvoir central a d’abord voulu contenir et contrôler par la force avant de les intégrer de plus ou moins bon gré dans la société et l’armée.

    3Il faut d’emblée noter que la distinction – en tout cas par la culture matérielle – est souvent difficile et floue entre d’une part les militaires, qui alors sont souvent issus, au moins comme auxiliaires, de ces groupes culturels du barbaricum, et de l’autre les groupes humains composés de ces “Barbares” qui pénètrent en Gaule à partir du milieu du iiie s. et tentent plus ou moins de s’y installer ensuite. Et de même est délicate la distinction matérielle entre armée et administration, avec leurs dignitaires de la militia.

    4Le champ thématique que je me fixe concerne donc ces questions pour une aire géographique que j’ai choisie assez large, de la Lyonnaise centrale (Lyonnaise IVe ou Maxima Senonia) à l’extrême Sud de l’Aquitaine Ire, et des confins occidentaux de la Lyonnaise Ire à l’Océan et embouchure de la Loire (Lyonnaise IIIe et Aquitaine IIe), soit (pour l’Antiquité tardive) au total vingt cités, s’étendant sur cinq provinces (voir infra cartes, Fig. 4 et autres). Chronologiquement, la période considérée va des premières vagues d’invasion/migration (c. 260) à la bataille de Vouillé en 507.

    2. La nature de la documentation

    5Il serait hors de propos, dans le cadre de cette recherche, de s’appesantir sur les causes de la chute de l’Empire romain2, entres celles intrinsèques, d’ordre social, institutionnel, économique, ou extérieures : migrations, climat, épidémie3…

    6Quoi qu’il en soit, on constate, dès la fin du iiie s., des mutations profondes de tous ordres dans la société, à commencer – en ce qui nous concerne et pour les régions ici étudiées –, dans le domaine funéraire, par le passage de la pratique très majoritaire de la crémation à celle quasi exclusive de l’inhumation (Galinié 1996 ; Lorans 2007 ; Blaizot et al. 2007)4.

    7Et l’on peut donc constater que les campagnes sont dès lors parcourues par des troupes de Barbares5, par les unités militaires romaines et les corps auxiliaires6, et que des installations pérennes des uns ou des autres peuvent être reconnues, dans certaines villes ou autres. Les fabriques d’armes prennent notamment une part importante parmi les ateliers impériaux (Notitia Dignitatum ; cf. Glad 2018).

    8J’ai tenté de faire le tour des données qui m’ont paru les plus pertinentes en la matière, tant pour les textes que pour la documentation archéologique. Précisons que ne seront en revanche pas prises en compte des catégories de données trop souvent invoquées pour ces questions mais qui sont sans doute plus sujettes à caution : la cartographie des dépôts monétaires, les mentions de “couches d’incendie” soi-disant dues aux invasions, ou encore les données de l’anthropologie physique.

    9En effet, au moins jusque dans les années 1970, les traces des passages violents de ces populations à travers les Gaules ont été recherchées, d’une part par la cartographie des dépôts monétaires entre le milieu du iiie s. et la fin du ve s.7, de l’autre par la traque d’événements violents – incendies et massacres – occasionnant des traces visibles dans le dépôt archéologique, en ville comme à la campagne8 ; et tout ceci non sans arrière-pensées politiques liés aux derniers conflits avec nos voisins germaniques…

    10Parallèlement, les indices de présence exogène, globalement et un peu faussement qualifiée de “germaniques”, ont été recherchés dans maintes régions des Gaules pour l’Antiquité tardive, à travers tant la présence de mobilier considéré – parfois un peu rapidement – comme typique que de traits anthropologiques physiques9. Ceci sans compter l’usage intempestif de la toponymie considérée comme d’origine “germanique”10. Tout ceci a contribué à sans doute assez largement surévaluer la part de caractères exogènes, “germaniques”, dans la nouvelle société qui se constitue en Gaule dans l’Antiquité tardive11.

    11Enfin doit-on évoquer l’édification des castra pour de nombreux chefs-lieux de cité (Johnson 1983 ; Reddé et al. 2006 ; Bayard et Fourdrin 2019), remparts défensifs mais aussi de prestige dont la construction relève d’une décision politique (cf. Digeste, L, 10)12 sans rapport direct avec les menaces éventuelles sur telle ou telle de ces cités : ceux-ci ne seront pas directement pris en compte ici, mais on examinera en revanche un phénomène parallèle concernant la fortification – et le perchement –, alors, d’un certain nombre d’agglomérations de rang inférieur, reconnues dans plusieurs régions de France (castra, burgi, castella…).

    12La question abordée nécessite donc un sérieux “coup de torchon”, une révision critique, sévère et en profondeur, afin d’aboutir à un corpus de données cohérent et pertinent susceptible d’offrir une vision renouvelée de ces questions. Cette révision a en réalité été assez largement entreprise depuis plusieurs années (cf. par exemple : Chapman et Hamerow 1997).

    13Les campagnes sont parcourues par des troupes de Barbares13 (Fig. 1), des unités militaires romaines et quelques installations pérennes peuvent être reconnues pour certaines villes ou autres. C’est la confrontation entre sources textuelles et données archéologiques qui est sans doute le plus souvent fructueuse et suggestive, dans leur complémentarité comme dans la gestion de leurs éventuelles apparentes contradictions.

    Fig. 1 - Principaux axes de pénétration de populations barbares dans l’Antiquité tardive.

    a) exemple des Vandales, en 407-409 ; b) exemple de l’incursion des Huns sur Orléans en 451 ; c) exemple des Goths.

    a). D’après Hatt 1959, Fig. 9, selon Courtois 1955. b). D’après Wikipedia, “Bataille des Champs Catalauniques”, 2018. c) D’après Wikipedia, “Invasions barbares”, 2018, carte selon : Stier 1985.

    14Au plan archéologique, par ailleurs, certains artefacts sont considérés comme des marqueurs de la présence soit de populations exogènes, soit de militaires14, bien que ceci doive être pris avec la plus grande prudence (cf. Ferdière 2012). C’est surtout le cas de pièces d’équipement métalliques, dont notamment Michel Kazanski s’est fait en France le spécialiste (par ex. Kazanski 1990/91 ; 1995a et b ; 2016 ; Kazanski et Périn 1997, 2008, 2017 ; Périn et Kazanski 2012)15. C’est cependant une partie de ces artefacts que nous rechercherons ici, avec la prudence qui s’impose.

    15En revanche – et encore à titre d’exemple –, le caractère “wisigothique” (Lantier 1953) de céramiques dénommées aujourd’hui “Dérivées des Sigillées, Paléochrétiennes16” est maintenant clairement dénié et ce type de document archéologique ne sera donc pas pris en compte ici.

    3. Les données pour la région concernée

    3.1. Les textes

    16Pour la documentation textuelle, afin ensuite de les confronter aux données archéologiques, j’ai donc voulu faire le tour de la documentation écrite qui, pour cette période, mentionne plus ou moins explicitement les régions prises ici en considération. C’est une soixantaine d’œuvres qui peuvent ainsi être prises en compte17. On notera qu’avec Sidoine Apollinaire et Grégoire de Tours, l’Auvergne et la Touraine sont certes sans doute ainsi privilégiées.

    17Il faut cependant reconnaître que seule une partie de ces documents textuels fournit des informations susceptibles d’être spatialisées, à l’échelle d’une ville ou du territoire d’une cité spécifiques.

    18Ces textes permettent de définir un certain nombre de secteurs et de sites de passage (Fig. 1) et/ou d’installations plus ou moins pérennes de populations exogènes, d’affrontement (batailles et sièges) et des lieux de cantonnement de l’armée ou résidence de dignitaires militaires ou civils (militia), notamment alors avec la Notitia Dignitatum18. Ainsi se dessine, pour l’aire concernée ici, la carte des zones potentielles de conflit, de passage et d’installation plus ou moins pérennes de ces populations ou groupes sociaux.

    • Le phénomène bagaude, surtout à la fin du iiie s. puis dans la première moitié du ve s., concerne apparemment essentiellement l’Ouest de la Gaule et la Loire Moyenne et Basse : objectivement, aucunes données archéologiques ne pourront lui être attribuées.

    • Les incursions saxonnes et franques viennent, après les côtes de l’Armorique, dès la fin du iiie s., au moins jusqu’à l’estuaire de la Loire, qu’elles remontent jusqu’à Nantes et même Angers, dans la seconde moitié du ve s. Elles ont déjà occasionné la mise en place du Litus Saxonnicum dont quelques stations sont incluses dans notre aire d’étude (Fig. 2). Mais – hormis ces dernières – là aussi, aucune trace matérielle n’a été à ce jour réellement reconnue du passage des Saxons ici.

    • Quant aux vagues successives d’invasions/migrations qui touchent la Gaule à partir du milieu du iiie s., d’abord de manière assez ponctuelle :

      • celle de 258-260 ne paraît avoir que très marginalement touché nos régions ;

      • celles suivantes, de 269-270 puis 275, peut-être un peu plus – sans doute jusqu’au Poitou –, avec notamment la mention du siège de Tours par des Francs et Alamans ( ?) ;

      • les vagues d’Alamans des années 355-360 – avec notamment Julien à Sens et Paris – n’ont objectivement non plus pas laissé de traces archéologiques sensibles directes ;

      • plus peut-être, l’invasion de Vandales, Alains et Suèves en 407-409 (Fig. 1a) semble mieux attestée : d’un côté sur la Loire à partir d’Orléans, avec la destruction de Meung-sur-Loire mentionnée par un texte, et l’attribution raisonnable du dépôt de Chécy (solidi et cingulum) ; de l’autre vers l’Auvergne et Clermont puis le Gévaudan, avec les épisodes de Chrocus sans doute attribuables à cette période si elle n’est pas entièrement légendaire ;

      • enfin, en 451, l’épisode de la courte incursion hunnique d’Attila vers Orléans (Fig. 1b), par les abords de Paris : là encore, on ne peut noter de témoignages archéologiques raisonnablement recevables…

    • Surtout sans doute, in fine, les régions ici étudiées sont au cœur des mutations et conflits territoriaux qui se poursuivent tout au long du ve s., avec leurs différents protagonistes :

      • les Wisigoths, venant par l’Italie du Sud-Est, jusqu’à l’Océan et la Loire (Fig. 1c) ;

      • les Francs, au Nord, d’abord seulement au Nord de l’Île-de-France puis jusqu’à la Loire avant Vouillé ;

      • l’installation progressive de l’autonomie de la Bretagne continentale (Armorique), à l’Ouest, surtout à partir de l’afflux de Bretons émigrés de Britannia ;

      • enfin, l’existence éphémère d’un îlot “gallo-romain” – autour de l’Île-de-France – encore plus ou moins sous contrôle de l’Empire, avec l’éphémère “royaume” d’Aegidius puis de Syagrius, à partir du milieu du ve s.19

    Fig. 2 - Le Litus Saxonnicum.

    a) vignettes de stations du dispositif, dans la Noticia Dignitatum ; b) l’ensemble du dispositif.

    a) selon copie Cod. lat. 10291 ( = Cim. 137), en ligne, p. 100. b) selon Wikipedia “Litus Saxonnicum”, 2018.

    19Ainsi, au-delà des limites de ces territoires, mouvantes (Fig. 3), il est possible de cartographier des lieux d’affrontement et batailles ou de sièges, où l’on retrouve notamment l’aire de conflit privilégié qu’est l’aval de la vallée de la Loire, à partir d’Orléans (Fig. 4).

    Fig. 3 - Deux cartes des limites de territoires dans les Gaules à la fin de l’Empire, avec les “Royaumes Barbares”.

    a) vers 480, d’après Ferdière 2005 : Fig. 22 (selon Beltram 1995, Nachsatzblatt 1) ; b) à partir de 470, d’après À l’aube… 1981 : Fig. 180 (rouge : Wisigoths ; brun : Burgondes ; vert : Bretons et Gallo-romains indépendants ; bleu : Francs ; violet : Alamans ; rayures vertes : Alains ; flèches vers Loire : Saxons ; jaune : territoire encore sous domination romaine).

    Fig. 4 - Carte de sites spécifiques dans l’aire étudiée : lieu de batailles et affrontements armés ; cantonnements ou garnisons militaires et sièges administratifs ; castra, castella, burgi.

    © Conception A. Ferdière, cartographie C. Scheid, LAT/UMR CITERES, Tours, 2020.

    3.2. Entre données textuelles et archéologiques

    20Certains types de sites qui nous intéressent sont ici documentés :

    • les castra20 et castella mentionnés par les textes et parfois confirmés par l’archéologie se répartissent assez équitablement, même si les cités des Lyonnaises et celles de Clermont et du Gévaudan sont sans doute mieux documentées que celles plus occidentales (Fig. 4-7) ;

    • pour les lieux de garnison et cantonnement de militaires et auxiliaires (Fig. 4) – surtout à partir de la Notitia Dignitatum –, la répartition de ces sites reste au gré des événements et de leurs mentions dans les documents écrits. Pour les résidences de gouverneurs et autres dignitaires civils et militaires cités, des éléments architecturaux plus ou moins importants, archéologiquement reconnus, ont été interprétés comme tels : à Paris (palais de Julien), Bourges (palais de Léocade), Tours (résidence d’Avitianus), Sens (siège du gouverneur de Sénonie ?), peut-être Le Mans (siège de Rignomer), Poitiers (résidence temporaire d’Alaric), ainsi sans doute que Meaux (atelier monétaire temporaire officiel) et Argenton-sur-Creuse-Argentomagus (fabrica) ; il faut y ajouter les préfectures de Lètes et Gentiles de la Notitia, à Nantes, Chartres, Poitiers, Le Mans, Saint-Moré-Cora et Paris, encore, Clermont-Ferrand et peut-être Le Puy-en-Velay.

    Fig. 5 – Les sites de hauteur (castra).

    a) d’après carte de : Hervé 2003 : Fig. p. 220 ; b) dans la cité de Clermont-Ferrand (d’après Chabert et Martinez 2017 : Fig. 1) ; c) dans le Nord-Ouest de la Gaule (d’après Monteil 2017 : Fig. 10, modifiée M. Monteil, 2020).

    Fig. 6 - Exemples de castra.

    a) et b) Saint-Moré-Cora (89), vue, selon Delor 2002 : Fig. 878 (dessin V. Petit, 1870), et plan, selon Kasprzyk 2017 : Fig. 13b ; c) Chinon-Caino (37), selon Dufaÿ 2012 : 140) ; d) Molles (03), état 4 du ve s., selon Martinez 2017 : Fig. 106 ; e) Moulay (72), selon Naveau 1992 : Fig. 297.

    Fig. 7 - Exemples de résidences supposées de hauts fonctionnaires.

    a) Sens, selon les fouilles de 1981/1983, Y. Roumégoux ; b) Bourges (2 = le bâtiment concerné ; R = rempart du Bas-Empire).

    a) D’après Delor 2002 : Fig. 966. b) D’après Bailly 1981.

    3.3. Les données archéologiques

    21J’ai sélectionné les catégories de données archéologiques matérielles qui me sont apparues comme les plus pertinentes et suggestives en la matière : soit elles concernent la présence du pouvoir impérial par ses dignitaires de la militia impériale (fonctionnaires civils ou militaires), soit elles permettent d’observer la présence (pérenne ou non) de populations exogènes dites “barbares” ou “germaniques” ; ou encore, parfois, les deux à la fois… De ce point de vue, en revanche, peu de témoignages directs des conflits et installations plus ou moins pérennes de populations peuvent être retenus. Quel bilan peut être tiré de cette enquête archéologique ?

    • Pour le domaine de l’armée et de l’administration :

      • le mobilier métallique propre à l’équipement militaire ou de l’administration impériale (militia), et notamment de leurs dignitaires, à savoir surtout les garnitures de cingula (ceinturons) à décor dit excisé et les fibules cruciformes (Fig. 8 et 9) : on ne note que 9 sites pour les cingula et 24 pour les fibules cruciformes. On constate une concentration nettement plus marquée dans les Lyonnaises et en général au nord de la Loire21 ;

      • s’y ajoutent quelques pièces de prestige22, en matières précieuses et autres, plus diverses et donc mieux réparties, bien que plus rares (17 sites) (Fig. 10) ;

      • le monnayage d’or, avec surtout les solidi ou leurs divisions, sert notamment, de manière préférentielle, à la solde de l’armée et à la rémunération des dignitaires. Ces monnaies, parfois en plusieurs exemplaires – voire quelques dépôts –, apparaissent particulièrement bien réparties sur le territoire étudié, constituant le corpus le plus riche, avec non moins de 137 sites. On observe cependant une concentration particulièrement dense sur l’axe ligérien d’Orléans à l’Océan23, avec notamment deux des quatre dépôts de solidi attestés (Chécy et Chinon). Hors de cette zone, certes touchée par d’assez nombreux événements – dont les Bagaudes, la piraterie saxonne, le bref passage des Huns et les affrontements avec les Wisigoths –, la répartition apparaît presque aléatoire et sans rapport avec la présence de dignitaires de la militia.

    Fig. 8 - Fibules cruciformes et garnitures de ceinturon à décor kerbschnitt.

    a) le port de la fibule cruciforme par les dignitaires, sur le diptyque dit de Stilicon (d’après Wikipédia “Invasions barbares”, 2018) ; b) la fibule cruciforme en or de la tombe de Chilpéric à Tournai (d’après Chiflet 1655 : 182) ; c) fibule cruciforme en or avec inscription au nom de Julien, du Kunsthistorisches Museum de Vienne (d’après Et Lutèce… 2011 : no 48) ; d) des boucles de ceinturons de dignitaires, dans une vignette de la Noticia Dignitatum (d’après copie Cod. lat. 10291 ( = Cim. 137), en ligne, p. 74) ; e) schéma de montage des garnitures de ceinturon à décor kerbschnitt (d’après Bullinger 1969 : Fig. 34).

    Fig. 9 - Fibules cruciformes et garnitures de ceinturon kerbschnitt.

    a) exemplaire de Houdan (78) (d’après Barat 2007 : Fig. 267, selon L. Bourgeois) ; b) exemplaire d’Étampes (91) (d’après Île-de-France… 1993) ; c) exemplaire de Chécy (45) (d’après Lafaurie 1958 : Fig. D) ; d) carte de répartition des garnitures de ceinturon de ce type en Europe de l’Ouest (d’après Hawkes et Dunning 1961 : Fig. 3) ; e) carte des fibules cruciformes de type Swift 3/4 (d’après Swift 2000 : Fig. 3).

    Fig. 10 - Autres objets de prestige.

    a) fer de lance de parade inscrit de Bourges (d’après Descloux 2010 : Fig. 15-16) ; b) poignard à encoche de Flins-sur-Seine (78) (d’après Barat, Soulat et Gauduchon 2009 : Fig. 3) ; c) diptyque de Saint-Junien (d’après : Bardiès-Fronty et al. 2016 : n° 11) ; d) boucle de ceinturon en pierre dure (d’après Gerber 2010 : Fig. 7) ; e) anneau digital inscrit de Mulsanne (72) (d’après Bouvet 2001 : Fig. 351).

    22Hormis quelques sites particuliers où l’on constate la coïncidence, leur cartographie (Fig. 11) ne semble en tout cas pas révéler une concentration nette de ces artefacts – à l’exception peut-être des monnaies d’or – dans les lieux ou secteurs où la présence de l’armée ou de l’administration est attestée par les textes. Les pièces d’équipement – comme bien sûr la monnaie – étant propriété de leurs porteurs, ils peuvent évidemment être conservés par ceux-ci au-delà de leurs périodes actives comme militaire ou fonctionnaire, voire échangés ensuite, et par ailleurs être perdus accidentellement hors des lieux d’activité de ces personnages.

    Fig. 11 - Sur fond de carte des lieux spécifiques (cf. Fig. 4) : carte de répartition des fibules cruciformes, éléments de garniture de ceinturon à décor kerbschnitt, autres objets de prestige et monnayage d’or.

    Conception A. Ferdière, cartographie C. Scheid, LAT/UMR CITERES, Tours, 2020.

    23On ajoutera que les deux mithraea connus dans le secteur étudié (Septeuil et Angers) (Fig. 12) ont fourni des pièces de mobilier de ses séries.

    • Pour le domaine “germanique”24 :

      • ceci concerne d’abord d’assez nombreuses séries de pièces d’équipement ou de parure personnelles (Fig. 13-14) : plusieurs types de fibules, garnitures de ceinturons et autres, considérés comme spécifiques de ces populations exogènes. On ne peut ici entrer dans le détail des répartitions des types de fibules (seulement 30 sites), en particulier des types attribués à tel ou tel groupe de population exogène (“barbares”/“germaniques”) ou ethnie, traceurs d’ailleurs à ce titre discutables : fibules en trompette, ansées, en arbalète, en tôle d’argent apparentées à celles de la culture de Cernjahov, puis dites wisigothiques… L’exemple de ces dernières est sans doute parlant, avec les sites de Lezoux et Houdan/Maule/Vicq. S’y ajoutent quatorze sites avec des garnitures de ceinturons et autres considérés comme spécifiques de ces populations exogènes, notamment de ceux de ces membres au service de l’Empire (militia) : on observe une très forte concentration au nord de la cité de Chartres, mais peut-être – au moins en partie – due à un effet de source ;

      • la construction en matériaux périssable (terre crue et bois) qui revient alors en force et est – au moins pour les “fonds de cabanes” – considérée comme signe d’acculturation “germanique” : pour les ive et ve s., on note 35 à 40 sites avec un fond de cabane ou plus et 16 sites à grands bâtiments sur poteaux plantés (Fig. 15-16) ;

      • la réapparition de la céramique modelée est interprétée dans le même sens, avec ici près de 30 sites (Fig. 17-18) ;

      • j’ai pensé pertinent d’ajouter, moins classiquement, les données concernant l’artisanat du bois de cerf, car en très net développement alors25 : on note 24 ateliers et 34 sites avec ce type d’artefact (peignes, fusaïoles, voire plaques-boucles, plus rares), auxquelles on pourrait adjoindre quelques rares inhumations de cerf (Fig. 19-21) ;

      • de même, la réapparition de la crémation dans les ensembles funéraires à inhumation du Bas-Empire, en vérité fort rares ici, considérée comme indice du même ordre26, avec ici seulement 11 sites plus ou moins probables (voir dans ce même volume l’article d’A. Fourré, Fig. 3, et ici Fig. 22-23) ;

      • enfin, la réapparition de l’hippophagie est un phénomène comparable27, mais également fort rarement mise en évidence (Fig. 23), ici avec treize sites possibles, dont seulement trois bien assurés, parmi lesquels Tours.

    Fig. 12 - Les mithraea de la région concernée.

    a) les mithraea de Gaule (d’après Roy 2013) ; b) le mithraeum de Septeuil (78) (d’après Barat 2007 : Fig. 535) ; c) le mithraeum d’Angers (d’après Brodeur et Mortreau 2018).

    Fig. 13 - Artefacts considérés comme spécifiquement “germaniques”.

    a) fibules en trompette de Meaux (77) (d’après Philippe 1999 : Fig. 90) : b) fibules en trompette de Cortrat (45) (d’après Francs… 1996 : no 76) ; c) carte de répartition des fibules ansées symétriques dans le Nord de la Gaule (d’après Kazanski et Perin 2008 : Fig. 4, selon Koch 1998, 2 : carte 33) ; d) fibule en trompette atypique de Houdan (78) (d’après Brutus 2015, 2 : Fig. 2, 5-6) ; e) fibule en arbalète de Bry-sur-Marne (94) (d’après Naudet et al. 2001 : Fig. 40) ; f) deux fibules “germaniques” de la villa de Limetz-Villez (78) (d’après Barat 2007 : Fig. 292) ; g) plaque-boucle d’Épiais-Rhus (95) (d’après Wabont, Abert et Vermeersch 2006 : Fig. 195 ; h) passant de ceinturon d’Avoise (72) (d’après Bouvet 2001 : Fig. 111) ; i) mobilier de la tombe de Lezoux (63), avec fibules en tôle d’argent (d’après Francs… 1996 : no 97) ; j) mobilier d’une tombe de Vicq (78), avec plaque-boucle cloisonnée et fibules en tôle d’argent (d’après Barat 2007 : Fig. 593).

    Fig. 14 - Sur fond de carte des lieux spécifiques (cf. Fig. 4) (points rouges) : a) carte de divers types de fibules considérées comme “germaniques” ; b) carte d’autres types d’artefacts considérés comme “germaniques”.

    © Conception A. Ferdière, cartographie C. Scheid, LAT/UMR CITERES, Tours, 2020.

    Fig. 15 - Fonds de cabanes et grands bâtiments en bois.

    a) fond de cabane de Marolles (77) (d’après Séguier 2006 : Fig. 26) ; b) fond de cabane de Mareau (45) (d’après Fournier 2009 : F3-76, Fig. 117) : c) limites de diffusion des fonds de cabane au ive et au ve s. (d’après Peytremann 2003 : Fig. 124-125) ; d) restitution du grand bâtiment en bois des Essarts (78) (d’après Et Lutèce… 2011) ; e) grand bâtiment sur poteaux plantés de Saint-Germain-lès-Corbeil (91) (d’après Ouzoulias et van Ossel 2001 : Fig. 15) ; f) grand bâtiment sur poteaux plantés de Garancières-en-Beauce (28) (d’après Guiot 2013 : Fig. 180).

    Fig. 16 - Sur fond de carte des lieux spécifiques (cf. Fig. 4) (points rouges) : carte des fonds de cabane et grands bâtiments en bois.

    © Conception A. Ferdière, cartographie C. Scheid, LAT/UMR CITERES, Tours, 2020.

    Fig. 17 - Exemples de céramique modelée de l’Antiquité tardive.

    a) en Limousin (d’après Lintz 1994 : Fig. 5) ; b) Tours (d’après Bébien 2007 : Fig. 4) ; c) Martizay (36) (d’après Ferdière 1969 : compl. 1970, Fig. 11) ; d) Chartres (d’après Tuffreau-Libre 2005 : Fig. p. 82) ; e) Malintrat (63) (d’après Chabert 2011 : Fig. 4.1) ; f) Jard-sur-Mer (85) (d’après Guitton et al. 2015 : Fig. 19).

    Fig. 18 - Sur fond de carte des lieux spécifiques (cf. Fig. 4) (points rouges) : carte de la céramique modelée.

    © Conception A. Ferdière, cartographie C. Scheid, LAT/UMR CITERES, Tours, 2020.

    Fig. 19 - Artisanat du bois de cerf et sépulture de cerf.

    a) peignes et étuis de peigne de Drevant (18) (d’après Bertrand 2008 : Fig. 1) ; b) fusaïoles de Drevant (18) (d’après Cribellier et Bertrand 2008 : Fig. 5) ; c) peignes de Sens, cour de l’Archevêché (d’après Delor 2002 : Fig. 967) ; d) deux peignes de la villa de Ver-les-Chartres (28) (d’après Ollanier et Joly 1994 : Fig. 241-242) ; e) sépulture de cerf de Limoges (d’après Lepetz 2009 : Fig. 15, selon Vallet 2006).

    Fig. 20 - Exemples de plaques-boucles de ceinturon en bois de cerf.

    a) exemplaire de Bondy (93) (d’après Lemoine et al. 2010 : Fig. 5) ; b) exemplaire d’Issoudun (36) (d’après Biton et Gaillard 1988 : Fig. 5) ; c) exemplaire de Bierry (21) (d’après Biton et Gaillard 1988 : Fig. 2-3) ; d) carte des découvertes de plaques-boucles en bois de cerf (d’après Lemoine et al. 2010 : Fig. 2, selon Steiner et Menna 2000).

    Fig. 21 - Sur fond de carte des lieux spécifiques (cf. Fig. 4) : carte des objets en bois de cerf et ateliers de production.

    © Conception A. Ferdière, cartographie C. Scheid, LAT/UMR CITERES, Tours, 2020.

    Fig. 22 - Carte des crémations de l’Antiquité tardive dans le Nord de la Gaule.

    D’après Perin et Feffer 1987 : Fig. 169.

    Fig. 23 - Sur fond de carte des lieux spécifiques (cf. Fig. 4) : carte des crémations de l’Antiquité tardive et des indices d’hippophagie.

    © Conception A. Ferdière, cartographie C. Scheid, LAT/UMR CITERES, Tours, 2020.

    24Ainsi, en définitive, les données d’indices “barbares” – toutes catégories confondues – (Fig. 24), présentent une très nette concentration au Nord, en Lyonnaise IVe/Sénonie, qu’ils s’agissent de types de mobilier (métallique, dont fibules, bois de cerf et céramique modelée) ou de structures et faits culturels (fonds de cabane, crémations, hippophagie…). Il est donc nécessaire d’évoquer à ce titre les effets de source possibles – quant aux données archéologiques – qui peuvent être dus soit aux imperfections de ma propre enquête, soit – je pense surtout – aux déséquilibres documentaires réels existant d’une région à l’autre ici concernées28, avec la présence/absence et les intérêts très variés des chercheurs locaux dans tel ou tel domaine, comme dans les enquêtes sur de plus vastes aires.

    Fig. 24 - Carte de synthèse, cumulant les données de toutes les cartes précédentes : sites, structures et faits culturels en rouge ; objets mobiliers spécifiques (types divers) en vert.

    © Conception A. Ferdière, cartographie C. Scheid, LAT/UMR CITERES, Tours, 2020.

    25On constate ainsi, de manière générale, pour une grande partie des cartes de répartition – sauf peut-être celles du monnayage en or – une concentration plus ou moins forte mais nette des traceurs culturels ou sociaux pris en considération dans le tiers Nord de l’aire étudiée ici (cités de Chartres, Orléans, Paris, Sens, etc., soit la Lyonnaise IVe), avec même dans certains cas le seul Nord de la cité de Chartres ainsi privilégié. Il faudra s’interroger sur ce constat, qui ne peut être réduit aux seuls effets de source, sans toutefois qu’on puisse trop vite l’attribuer à l’installation ici plus évidente de populations exogènes ou par exemple aux cantonnements d’auxiliaires29.

    26Enfin, il faut reconnaître que la chronologie fine des documents archéologiques est délicate30, même si artefacts ou structures font manifestement l’objet d’une évolution, sur ces deux siècles, perceptible par les typologies. Mais avec une granularité chronologique plus fine, les données deviennent dès lors trop peu nombreuses pour qu’on puisse atteindre les seuils exigés en vue d’une vision globale à l’échelle du territoire pris en compte ici : il faut donc naviguer au plus près entre ces deux écueils. Et il reste clairement, par voie de conséquence, ainsi très difficile – on l’a vu – de mettre en relation directe assurée les données textuelles, d’un côté, et celles archéologiques de l’autre…

    4. Synthèse et conclusions

    27La version pessimiste serait qu’après cette enquête – surtout archéologique – on ne sait rien de plus que ce qu’on savait déjà classiquement par les textes. Celle plus optimiste consiste à considérer que ces deux catégories de données se complètent, pour permettre de dresser – pour l’aire géographique ici concernée – un tableau plus complet, plus précis et mieux documenté de la présence de l’armée et de l’autorité romaine d’une part, de celle “barbare” de l’autre.

    28Ainsi, au-delà de ce bilan, le paradoxe évoqué en introduction n’était-il qu’apparent : en forme de mise en garde contre les tentations de surinterprétation, il faut en effet constater une fois de plus que l’archéologie éprouve de grandes difficultés à documenter – du moins seule et directement – des questions historiques concernant le statut social et culturel des individus et des groupes humains sur lesquels portent nos interrogations historiques.

    29Si un unique objet ou autre donnée isolée des séries ici prises en compte ne fait pas le site “germanique” ou militaire, leur cumul en nombre plus ou moins important et leur complémentarité, en un lieu donné, prennent alors sans doute sens quant aux objectifs qu’on s’était fixés.

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    Notes de bas de page

    1Article en préparation et corpus de données en Annexe, pour les textes, le mobilier, etc., à paraître dans la Revue Archéologique du Centre de la France après l’édition de ces Actes ; pour les textes, les références détaillées de ce corpus ne sont donc pas données ici.

    2Pour l’histoire du Bas-Empire/Antiquité tardive en général, voir entre autres : Stein 1928 ; Jones 1964 ; Chastagnol 1969, 1982 ; Demougeot 1969, 1979 ; Inglebert 2009 ; Dieffenbach et Müller 2013 ; Chute… 2019 ; et notamment pour la Gaule : Jullian 1907/26 : 321 sqq. ; Hatt 1959 : 213 sqq. ; Ferdière 2005 : 289 sqq.

    3Pour ces deux dernières, voir Harper 2019.

    4On verra ci-dessous justement la question de la persistance ou de la réapparition de crémation dans l’Antiquité tardive.

    5Mais, en définitive, de manière très ponctuelle : dans les années 260-280, puis au ve s., dans les années 410, 450, et après 460.

    6L’armée romaine dans l’Antiquité tardive, en Gaule et en Occident : voir Van Berchem 1937 ; Hoffman 1969/70 ; Tomlin 1988, 2000 ; Thollard 1995 ; Dixon et Southern 1996 ; Reddé 1996 ; Le Bohec 2004, 2006 ; Carrié et Janniard 2000 ; Carrié 2002 ; Le Bohec et Wolff 2004 ; Alexandra et Gilbert 2009 ; Fischer 2012 ; Vannesse 2014.

    7Cf. à l’origine surtout Blanchet 1900, ceci largement critiqué plus récemment : Delmaire 1995 ; Bailliot 1997 ; Aubin 2007.

    8Voir par exemple Hatt 1949 : Fig. 16 ; Demougeot 1969 : 522-524, 1979 : 435 et cartes XVIII A et B ; point de vue “archéologique” que l’examen critique des textes permet de largement réviser : Vercauteren 1934 ; Whittaker 1995.

    9Voir par exemple pour la Normandie : Buchet 1983, 1987 ; Buchet et Pilet 1993, 1996 ; et cf. Pilet, Buchet et Pilet-Lemière 1993.

    10Surtout selon, entre autres, Longnon 1920/29 : nos 322-345 ; Dauzat 1946 ; Dauzat et Rostaing 1963 ; cf. Grenier 1931 : 401-402.

    11De manière caricaturale, voir par exemple Zeiss 1941 ; mais plus tard H. W. Böhme (1974 ; 1978) reste très généreux quant à “l’aire germanique” en Gaule : pour un bilan sur cette question historiographique particulièrement prégnante, voir entre autres Werner 1996 ; Van Ossel 2003 : 46-61 ; Kasprzyk 2015 : 265 ; Ouzoulias 2006.

    12Une allusion de Julien (Césars, 13) semble attribuer l’érection des remparts de 70 villes des Gaules à Probus, qui les auraient “relevées”.

    13De manière épisodique et ponctuelle avant le ve s.

    14Et plus généralement de la militia ; soit éventuellement des deux catégories réunies, des “Germains” étant alors très couramment intégrés dans les troupes régulières et celles d’auxiliaires.

    15Voir aussi par exemple : Lebedynski 2001 ; 2011 ; cf. Lorren 1987 ; Young 2012 ; van Thienen 2017. Les surinterprétations sont sans doute encore plus nettes pour les “tombes à armes” : voir Halsall 2012 ; les appels à la prudence sont cependant anciens : voir par exemple Böhner 1963 ; Mac Mullen 1963, au sujet des Lètes ou Fédérés. Cf. en général Ferdière 2012.

    16Voir à partir de Rigoir 1968.

    17NB : ces textes antiques ne seront explicitement cités ici qu’exceptionnellement : ce corpus fera, comme on l’a indiqué, l’objet d’une importante annexe documentaire dans la publication de détail d’un plus long article consacré au sujet traité ici.

    18De même, les références bibliographiques concernant ces événements ne seront pas fournies ici.

    19Plus “seigneurs de guerre” que représentants légitimes de l’Empire.

    20Hormis les remparts des chefs-lieux de cités anciennes ou nouvelles. À quelques rares exceptions près – Saint-Paulien, Javols, Jublains (voir in : Ferdière 2004) et sans doute Chartres –, tous les chefs-lieux de cité sont en effet alors munis de remparts.

    21Ce qui est d’ailleurs en accord avec les cartes publiées pour l’ensemble des Gaules concernant ces artefacts.

    22Lances de parade, triptyques d’ivoires, etc.

    23Déjà noté pour les solidi et divisions de la période 395-491 : Callu et Loriot 1990.

    24Pour les références bibliographiques sur la pertinence de ces choix – et sauf exceptions ici –, on se reportera à l’article à paraître concernant les données documentaires ici mobilisées.

    25Même si la signification ethno-culturelle de ce phénomène n’est pas formellement prouvée ; cf. toutefois Deschler-Erb 1998 et 2005, considérant cet artisanat comme typiquement germanique.

    26Sur ce point, aussi parfois discuté, bien que mentionné par quelques allusions textuelles, cf. notamment Salin 1952 : 1-11.

    27Cf. notamment Lepetz 1996 : 132-134.

    28Déficit notable, par exemple, de publications pour l’Ouest de la Gaule.

    29Une distinction entre contextes urbains et ruraux est sans doute envisageable à ce titre, avec des fibules cruciformes et pièces de ceinturon “excisées” plutôt dans les villes, et des tombes “germaniques” dans les campagnes : suggestion Michel Kasprzyk, que je remercie ici.

    30Ce qui limite les rapprochements avec les données textuelles concernant les événements historiques considérés.

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    • Alain Ferdière

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    1Article en préparation et corpus de données en Annexe, pour les textes, le mobilier, etc., à paraître dans la Revue Archéologique du Centre de la France après l’édition de ces Actes ; pour les textes, les références détaillées de ce corpus ne sont donc pas données ici.

    2Pour l’histoire du Bas-Empire/Antiquité tardive en général, voir entre autres : Stein 1928 ; Jones 1964 ; Chastagnol 1969, 1982 ; Demougeot 1969, 1979 ; Inglebert 2009 ; Dieffenbach et Müller 2013 ; Chute… 2019 ; et notamment pour la Gaule : Jullian 1907/26 : 321 sqq. ; Hatt 1959 : 213 sqq. ; Ferdière 2005 : 289 sqq.

    3Pour ces deux dernières, voir Harper 2019.

    4On verra ci-dessous justement la question de la persistance ou de la réapparition de crémation dans l’Antiquité tardive.

    5Mais, en définitive, de manière très ponctuelle : dans les années 260-280, puis au ve s., dans les années 410, 450, et après 460.

    6L’armée romaine dans l’Antiquité tardive, en Gaule et en Occident : voir Van Berchem 1937 ; Hoffman 1969/70 ; Tomlin 1988, 2000 ; Thollard 1995 ; Dixon et Southern 1996 ; Reddé 1996 ; Le Bohec 2004, 2006 ; Carrié et Janniard 2000 ; Carrié 2002 ; Le Bohec et Wolff 2004 ; Alexandra et Gilbert 2009 ; Fischer 2012 ; Vannesse 2014.

    7Cf. à l’origine surtout Blanchet 1900, ceci largement critiqué plus récemment : Delmaire 1995 ; Bailliot 1997 ; Aubin 2007.

    8Voir par exemple Hatt 1949 : Fig. 16 ; Demougeot 1969 : 522-524, 1979 : 435 et cartes XVIII A et B ; point de vue “archéologique” que l’examen critique des textes permet de largement réviser : Vercauteren 1934 ; Whittaker 1995.

    9Voir par exemple pour la Normandie : Buchet 1983, 1987 ; Buchet et Pilet 1993, 1996 ; et cf. Pilet, Buchet et Pilet-Lemière 1993.

    10Surtout selon, entre autres, Longnon 1920/29 : nos 322-345 ; Dauzat 1946 ; Dauzat et Rostaing 1963 ; cf. Grenier 1931 : 401-402.

    11De manière caricaturale, voir par exemple Zeiss 1941 ; mais plus tard H. W. Böhme (1974 ; 1978) reste très généreux quant à “l’aire germanique” en Gaule : pour un bilan sur cette question historiographique particulièrement prégnante, voir entre autres Werner 1996 ; Van Ossel 2003 : 46-61 ; Kasprzyk 2015 : 265 ; Ouzoulias 2006.

    12Une allusion de Julien (Césars, 13) semble attribuer l’érection des remparts de 70 villes des Gaules à Probus, qui les auraient “relevées”.

    13De manière épisodique et ponctuelle avant le ve s.

    14Et plus généralement de la militia ; soit éventuellement des deux catégories réunies, des “Germains” étant alors très couramment intégrés dans les troupes régulières et celles d’auxiliaires.

    15Voir aussi par exemple : Lebedynski 2001 ; 2011 ; cf. Lorren 1987 ; Young 2012 ; van Thienen 2017. Les surinterprétations sont sans doute encore plus nettes pour les “tombes à armes” : voir Halsall 2012 ; les appels à la prudence sont cependant anciens : voir par exemple Böhner 1963 ; Mac Mullen 1963, au sujet des Lètes ou Fédérés. Cf. en général Ferdière 2012.

    16Voir à partir de Rigoir 1968.

    17NB : ces textes antiques ne seront explicitement cités ici qu’exceptionnellement : ce corpus fera, comme on l’a indiqué, l’objet d’une importante annexe documentaire dans la publication de détail d’un plus long article consacré au sujet traité ici.

    18De même, les références bibliographiques concernant ces événements ne seront pas fournies ici.

    19Plus “seigneurs de guerre” que représentants légitimes de l’Empire.

    20Hormis les remparts des chefs-lieux de cités anciennes ou nouvelles. À quelques rares exceptions près – Saint-Paulien, Javols, Jublains (voir in : Ferdière 2004) et sans doute Chartres –, tous les chefs-lieux de cité sont en effet alors munis de remparts.

    21Ce qui est d’ailleurs en accord avec les cartes publiées pour l’ensemble des Gaules concernant ces artefacts.

    22Lances de parade, triptyques d’ivoires, etc.

    23Déjà noté pour les solidi et divisions de la période 395-491 : Callu et Loriot 1990.

    24Pour les références bibliographiques sur la pertinence de ces choix – et sauf exceptions ici –, on se reportera à l’article à paraître concernant les données documentaires ici mobilisées.

    25Même si la signification ethno-culturelle de ce phénomène n’est pas formellement prouvée ; cf. toutefois Deschler-Erb 1998 et 2005, considérant cet artisanat comme typiquement germanique.

    26Sur ce point, aussi parfois discuté, bien que mentionné par quelques allusions textuelles, cf. notamment Salin 1952 : 1-11.

    27Cf. notamment Lepetz 1996 : 132-134.

    28Déficit notable, par exemple, de publications pour l’Ouest de la Gaule.

    29Une distinction entre contextes urbains et ruraux est sans doute envisageable à ce titre, avec des fibules cruciformes et pièces de ceinturon “excisées” plutôt dans les villes, et des tombes “germaniques” dans les campagnes : suggestion Michel Kasprzyk, que je remercie ici.

    30Ce qui limite les rapprochements avec les données textuelles concernant les événements historiques considérés.

    L’Antiquité tardive dans le centre et le centre-ouest de la Gaule (IIIe-VIIe siècles)

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    L’Antiquité tardive dans le centre et le centre-ouest de la Gaule (IIIe-VIIe siècles)

    Ce livre est cité par

    • Augry, Stéphane. Bollard-Raineau, Isabelle. Chevet, Pierre. Favreau, Xavier. Le Boulaire, Christian. Meunier, Hugo. Monteil, Martial. Mortreau, Maxime. Pithon, Martin. (2025) Angers et Le Mans : deux chefs-lieux de cité de Lyonnaise à la fin de l’Antiquité. Gallia, 82. DOI: 10.4000/15h4d
    • Kasprzyk, Michel. (2025) La topographie de Sens et de Troyes durant l’Antiquité tardive. Gallia, 82. DOI: 10.4000/15h4c

    Ce chapitre est cité par

    • Esmonde Cleary, Simon. Elizagoyen, Vanessa. Kasprzyk, Michel. Monteil, Martial. (2025) « Urbs ipse moenia (non) sunt »Décentrer et déconstruire la ville de l’Antiquité tardive en Gaule. Gallia, 82. DOI: 10.4000/15h3z
    • Esmonde Cleary, Simon. Elizagoyen, Vanessa. Kasprzyk, Michel. Monteil, Martial. (2025) Urbs ipse moenia (non) suntDecentering and deconstructing the city of Late Antiquity in Gaul. Gallia, 82. DOI: 10.4000/15h4q

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    Ferdière, A. (2022). Présence de militaires ou fonctionnaires et de “Barbares” en Lyonnaise centrale et Aquitaine Nord-Est (fin IIIe-fin Ve siècle) : réalités et limites. In M.-P. Chambon, S. Crogiez-Pétrequin, A. Ferdière, & S. Janniard (éds.), L’Antiquité tardive dans le centre et le centre-ouest de la Gaule (IIIe-VIIe siècles). Tours: Fédération pour l’édition de la Revue archéologique du Centre de la France. https://doi.org/10.4000/12pfo
    Ferdière, Alain. « Présence de militaires ou fonctionnaires et de “Barbares” en Lyonnaise centrale et Aquitaine Nord-Est (fin IIIe-fin Ve siècle) : réalités et limites ». In L’Antiquité tardive dans le centre et le centre-ouest de la Gaule (IIIe-VIIe siècles), édité par Marie-Pierre Chambon, Sylvie Crogiez-Pétrequin, Alain Ferdière, et Sylvain Janniard. Tours: Fédération pour l’édition de la Revue archéologique du Centre de la France, 2022. doi:10.4000/12pfo.
    Ferdière, Alain. « Présence de militaires ou fonctionnaires et de “Barbares” en Lyonnaise centrale et Aquitaine Nord-Est (fin IIIe-fin Ve siècle) : réalités et limites ». L’Antiquité tardive dans le centre et le centre-ouest de la Gaule (IIIe-VIIe siècles), édité par Marie-Pierre Chambon et al., Fédération pour l’édition de la Revue archéologique du Centre de la France, 2022, https://doi.org/10.4000/12pfo.

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    Chambon, M.-P., Crogiez-Pétrequin, S., Ferdière, A., & Janniard, S. (éds.). (2022). L’Antiquité tardive dans le centre et le centre-ouest de la Gaule (IIIe-VIIe siècles). Tours: Fédération pour l’édition de la Revue archéologique du Centre de la France. https://doi.org/10.4000/12pg8
    Chambon, Marie-Pierre, Sylvie Crogiez-Pétrequin, Alain Ferdière, et Sylvain Janniard, éd. L’Antiquité tardive dans le centre et le centre-ouest de la Gaule (IIIe-VIIe siècles). Tours: Fédération pour l’édition de la Revue archéologique du Centre de la France, 2022. doi:10.4000/12pg8.
    Chambon, Marie-Pierre, et al., éditeurs. L’Antiquité tardive dans le centre et le centre-ouest de la Gaule (IIIe-VIIe siècles). Fédération pour l’édition de la Revue archéologique du Centre de la France, 2022, https://doi.org/10.4000/12pg8.
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