Le Mal et ses masques

Théâtre, imaginaire, société

Gisèle Venet (dir.)

Signes

Éditeur : ENS Éditions

Lieu d’édition : Lyon

Publication sur OpenEdition Books : 3 juillet 2017

Collection : Signes

Année d’édition : 1998

Nombre de pages : 456


Présentation

Le « mal », impensé collectif, prend corps au gré de diverses représentations mythiques, poétiques, graphiques, musicales. Sorcières, guérisseuses, Machiavels, Antéchrists, voire bestiaire infernal, incarnent au théâtre ou dans la littérature pamphlétaire des xvie et xviie siècles ces « agents du diable » censés rendre visibles les dangers de l'invisible, mais que seuls leurs masques permettent de démasquer. La « diabolisation » de l'adversaire politique autorise une «chasse aux sorcières» qui n'a rien de métaphorique, mais au théâtre comme sur la scène politique, elle permet aussi la mise en évidence des jeux pervers du discours, le mal aux prises avec les mots, masque de l' « équivoque » qui ne parle pas seulement par la voix des sorcières comme dans Macbeth, mais inscrit l'ambivalence, menace de dévotement, comme mal au cœur de tout discours. L'ambivalence contient en elle la parodie, qui ne retient de l'invisible que le risible, mais elle permet aussi toutes les ruses de l'imaginaire pour surmonter les traumatismes du corps et de l'esprit, comme chez Graves ou Coleridge. Le théâtre lyrique, « chant des Enfers », témoigne aussi de cette « double voix ». Divertissement entre éthique et esthétique avec Purcell, ou affrontement idéologique entre choeurs des opprimés et chœurs des oppresseurs chez Haendel, il peut aussi prendre le relais du tragique : l'amalgame sensationnel, « théâtral », entre les monstres des enfers païens et l'enfer chrétien prive ce lieu par excellence du mal de toute référence métaphysique, pour mieux isoler comme nouveau « mal » le seul malheur de la passion trop humaine. L'enfer traditionnel se réduit à ses propres représentations parodiques, combien moins angoissantes que l'ontologie infernale proposée dans le Faust de Marlowe, égale à la contingence de l'être-là sans lieu ni durée définis.


Sommaire

Gisèle Venet

Avant-propos

Les agents du diable. Imaginaire et idéologies

Gordon Macmullan

Laetitia Coussement (trad.)

Sorcières et guérisseuses. Représentation et identification

Claire Gheeraert-Graffeuille

Les agents du diable

Sorcellerie et dissidence pendant la Révolution anglaise (1640-1660)

Line Cottegnies

Machiavel et l’Antéchrist

Quelques réflexions sur les représentations du mal pendant la guerre civile anglaise et le Commonwealth (1642-1660)

Hélène Goarzin-Bonafous-Murat

L’héritage pamphlétaire : Les diables de lithographie d’Eugène le Poitevin

Aspect de la parodie sous Louis-Philippe

Le chant des enfers. Mal et figurations musicales

Marielle D. Khoury

De l’éthique en représentation à une esthétique du divertissement

Les figures du mal et de la peur dans les opéras de Purcell

Joël Richard

La musique du martyre

Haendel : Theodora (1750)

Françoise Brossard-Deconinck

Tempéraments baroques du mal

Poétiques et rhétoriques

David Wiles

François Laroque (trad.)

Place et espace du mal dans Macbeth

Monique Lojkine-Morelec

Genèse et Apocalypse

L’imagination et le mal dans la poésie de Coleridge

Marie-Madeleine Martinet

Les motifs tourbillonnants

Images du mal dans la peinture anglaise (xixe-xxe siècles)


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