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    Plan détaillé Texte intégral Le témoignage comme genre discursif Témoigner face aux discours de haine Synthèse Bibliographie Notes de bas de page Auteurs

    Discours de haine et de radicalisation

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Témoignage

    Claire Hugonnier et Claudine Moïse

    p. 503-510

    Texte intégral Bibliographie Notes de bas de page Auteurs

    Texte intégral

    1Témoignage, n. m. Selon le Trésor de la langue française informatisé1, la notion renvoie à une « déclaration qui confirme la véracité de ce que l’on a vu, entendu, perçu, vécu ». En ce sens, le témoignage résulte d’une mise en action, de manière orale ou écrite, qui place la porteuse ou le porteur du discours comme témoin d’un fait ou d’un événement ; témoigner, c’est alors faire œuvre de vérité vis-à-vis de soi ou d’un.e autre.

    Le témoignage comme genre discursif

    2Objet d’études, notamment en histoire (Torterat 2017) ou en littérature autour de l’esthétique (Dulong et Dornier 2005, Rastier 2010, Detue et Lacoste 2016), le témoignage2 porte souvent sur des événements traumatiques et tragiques comme la Shoah, la guerre d’Algérie, ou aujourd’hui les attentats islamistes. Qu’ils soient diffusés dans le cadre de reportages, de films, d’essais littéraires, ou sur des sites Internet, entre parler pour les autres et parler pour soi, les témoignages tentent de changer les représentations premières et émotives3, de proposer un autre point de vue sur les événements, de les expliquer autrement, de donner à réfléchir. Il ne s’agit pas de contrer frontalement les arguments des discours premiers, mais d’apporter, par des expériences de vie, une autre vision du monde.

    3Il s’agit de faire œuvre de transmission pour rester en alerte quand se joue la transformation de l’individuel vers le collectif dans un acte qui se fait politique. « Le but communicatif ne consiste pas seulement à témoigner d’une expérience véridique, mais à promouvoir un projet de société, susceptible de valider de nouvelles règles éthiques » (Rinn 2015, p. 2). De cette façon, faisant œuvre de mémoire (Mayaffre et Ben Hamed 2014), le témoignage rend hommage à l’ensemble des victimes ayant vécu les mêmes événements douloureux. Il permet aussi de se dire dans une libération de la parole face au trauma, sans guerre de positionnement identitaire.

    4Pour remplir toutes ces fonctions de conscientisation et de transmission sociales, le témoignage doit s’appuyer sur une visée véridictoire où les émotions serviront son propos, sans aller vers un débordement émotionnel polémique. Le témoignage, selon « la tradition judiciaire » (Rastier 2010, p. 115), devra s’accrocher aux faits, à la vie objectivée, au-delà de toute sentimentalité pathémique, sans toutefois oublier de toucher l’interlocuteur ou l’interlocutrice :

    […] le témoignage adopte en général une esthétique « classique » et un réalisme empirique : il procède par choix scrupuleux, avec une volonté de mettre en relief l’essentiel, d’éviter le « tout dire », le déballage, la surenchère. D’humbles détails, qu’aucun faussaire ne pourrait imaginer, révèlent l’impensable : et cependant, la maîtrise surmonte la hantise. C’est d’ailleurs pour cela que certains témoignages sont devenus des classiques : adressés à l’humanité, ils prennent une valeur universelle. (Ibid., p. 117)

    5D’un point de vue discursif, le témoignage, sous forme de narration, va user des caractéristiques du récit oral (Adam 1994, Bres 1994) dans une intention de vérité et à partir de deux procédés essentiels : une construction narrative autour de faits précis et crédibles et des éléments émotionnels objectivés.

    6En effet, à travers les événements racontés, les détails du réel, en guise de contrat testimonial matérialiste, répondent à une « exigence de concrétude – et d’exactitude – » : ils sont « garant[s] de la valeur de vérité du texte » et « voué[s] à déjouer une abstraction » (Detue et Lacoste 2016, p. 8). La force des témoignages est de ne jamais accuser, dénoncer, attaquer, mais d’exposer les faits bruts, ce qui permet d’échapper à une pathémisation qui basculerait dans l’épanchement émotionnel. Ce va-et-vient constitue une « sédimentation mémorielle dans laquelle s’accumulent et se combinent souvenirs intimes du témoin et narration historique ou collective » (Mayaffre et Ben Hamed 2014, p. 2). Cet effet discursif accentue encore la distanciation à soi et le principe de réalité concrète.

    7Cette recherche de faits concrets, cette quête de réalisme et d’objectivation ne va pourtant pas sans une volonté de susciter des effets émotionnels chez l’interlocuteur ou l’interlocutrice, dans la mesure où il s’agit d’agir sur un.e autre. Cette construction discursive, au-delà d’une logique causative qui montre l’enchaînement des événements, manifeste une tension émotionnelle (Adam 1994, p. 431-433) qui prend forme à travers l’intrigue et la façon de s’adresser à celle ou celui qui lit ou écoute le témoignage.

    8Ainsi, au-delà du caractère de vérité, le témoignage doit retenir l’attention par l’émotion et donc se construire sous forme d’intrigue. Cette intrigue se joue entre « l’unité du récit » (Adam 1994), un dispositif d’enchaînements de cause à effet et « un procès transformationnel ». L’unité du récit est constituée par un protagoniste bien identifié et une succession d’événements en cohérence les uns par rapport aux autres. Les enchaînements sont largement expliqués et marqués par des connecteurs ou des marqueurs temporels comme « c’est là que » ou « c’est à ce moment que ». Ces moments de changement forment un « procès transformationnel », c’est-à-dire que l’action principale va se transformer pour trouver un certain apaisement. La « succession thématique », suite chronologique des événements qui sont reliés et orientés vers une fin, va permettre de relâcher la tension ressentie tout au long du récit.

    Témoigner face aux discours de haine

    Le contexte

    9L’association Le Refuge, fondée par Nicolas Noguier en 2003, vient en aide à des jeunes de 18 à 25 ans qui sont victimes de rejet familial en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. À l’annonce de leur homosexualité ou de leur transidentité, les jeunes se retrouvent parfois victimes de violences physiques et psychologiques, causées par des membres de leur famille ou des proches. En effet, si certain.es jeunes sont mis à la porte du domicile familial de façon rapide et directe, d’autres subissent de lourdes pressions sociales jusqu’à leur majorité. La structure associative leur propose alors un hébergement temporaire et un accompagnement social, psychologique, médical et juridique afin d’envisager l’avenir plus sereinement.

    10En plus d’assurer un travail quotidien auprès des jeunes hébergé.es, Le Refuge s’est engagé à lutter contre l’homophobie « dans tous les domaines : scolaire, social, culturel, familial, associatif ou professionnel », mais aussi à « favoriser, auprès de la société, la compréhension et l’acceptation de la diversité sentimentale et sexuelle des adolescents et jeunes majeurs » (Le Refuge 2019, p. 7). Dans cette optique, l’association réalise des campagnes de prévention à destination du grand public, notamment à partir des récits de vie de jeunes hébergé.es. Il sera ici question d’analyser treize témoignages recueillis sur site de l’association4. Selon le chargé de communication, les témoignages publiés sont le résultat d’une écriture spontanée, même s’il les a corrigés pour ce qui est de la syntaxe. Les textes ont aussi été harmonisés pour présenter une certaine cohérence. Parmi ces prises de parole, nous avons écarté les témoignages qui faisaient état d’un parcours de transition, ainsi que ceux qui étaient davantage des demandes de conseils. En raison de l’hétérogénéité des contenus des récits, nous n’avons pas ici étudié les témoignages dans leur spécificité propre, mais nous avons tenté de dégager un fonctionnement discursif récurrent pouvant s’apparenter à ce que serait un discours alternatif.

    Construction du récit

    11Si les témoignages ont certes été harmonisés et présentés de la même manière par le personnel du Refuge, en six temps (présentation de soi, contexte familial, prise de conscience de son homosexualité, révélation de l’homosexualité, conséquences dramatiques, rencontre avec Le Refuge), on constate que ces récits (exemples 1 à 4 ci-dessous) se caractérisent par des récurrences narratives et une logique causative qui montrent l’enchaînement des événements de façon très convaincante. Leur répétition ancre ces témoignages dans une expérience et une vérité partagée et à faire partager.

    (1)Je suis né le 2 juillet 1994 en Seine-et-Marne, dans une petite ville qui s’appelle Salins. J’y ai habité jusqu’à l’âge de mes 10 ans
     
    (2)Abandonné à la naissance, j’ai été placé en famille d’accueil à l’âge d’un an. Je voyais ma famille biologique de temps en temps, lors de visites encadrées. J’ai pu aller chez ma mère un week-end par mois, mais ça se passait très mal et elle nous battait, mes sœurs et moi : à mes 11 ans, les visites ont été arrêtées sur ordonnance du juge. Ma famille d’accueil est devenue « Ma Famille ».
     
    (3)À 14 ans, j’étais en 4e, je me sentais très proche des filles, mais je n’avais aucune attirance envers elles. Je me posais énormément de questions. On ne m’a jamais parlé de l’homosexualité, je me demandais si j’étais le seul à ressentir de telles choses, je me demandais si j’étais normal, je me demandais pourquoi moi ? Pensant que ça allait passer, je n’ai rien dit à personne, je jouais à « l’hétéro ».
     
    (4)Le lendemain, tout le collège savait que j’étais gay, et c’est là que tout a changé. D’insultes homophobes aux violences physiques, j’ai passé la plus dure journée de toute ma vie. Le lendemain, rebelote, et c’est là que j’ai craqué et que tout a basculé : j’ai tenté de me suicider parce que je ne pouvais pas vivre ainsi, avec tant de souffrances en moi. Tout un collège de quartier qui me torture, en plus de ma famille homophobe, c’était difficile…

    L’objectivation discursive

    12La structuration du récit s’appuie sur une certaine objectivation et une distanciation à soi : les moments douloureux sont suggérés de façon directe sans ressenti intime pour en accentuer la violence vécue. S’ils relèvent d’une axiologie négative, les mots utilisés nomment les faits du réel avec une certaine forme de réalisme empirique. Par exemple, sur l’ensemble des témoignages, on peut relever, dans les passages sur les contextes familiaux, des termes très précis et évocateurs, tels « violence » (3 fois), « alcoolique » (2 fois), « boire », « menace », « quitter », « partir », « strict », « manipulation », « cris », « pleurs », « battre » (2 fois), « bonniche », « disputer », « rejet », « vide », « abandon », termes qui font référence à des actes et non à des jugements ou des sentiments plus abstraits. De même, les conséquences de la révélation de l’homosexualité sont évoquées dans le cadre d’agissements tragiques, concrets, dans un principe de réalité, entre rejet, discours homophobes, passage à la rue, tentatives de suicide.

    13Ainsi que nous l’avons mentionné supra, la force des témoignages est de ne jamais accuser, dénoncer, attaquer, mais d’exposer les faits bruts, ce qui permet d’échapper à une pathémisation qui basculerait dans l’épanchement émotionnel. L’objectivation des émotions passe par le filtre de la mémoire dans le sens où la souffrance est revue à l’aune d’un discours plus rationnel, spécialisé et construit autour de termes ou expressions comme « homophobie », « maltraitance », « main courante », « être coupable », « victime », « être faible moralement », « fils biologique », sans doute acquis par la suite autour des questions d’homosexualité et d’homophobie (exemples 5 et 6 ci-dessous). Ce va-et-vient constitue une « sédimentation mémorielle dans laquelle s’accumulent et se combinent souvenirs intimes du témoin et narration historique ou collective » (Mayaffre et Ben Hamed 2014, p. 2). Cet effet discursif accentue encore la distanciation à soi et le principe de réalité concrète.

    (5)Alors que ce n’était pas rose, ça n’a fait qu’empirer. Mon beau-père étant homophobe, j’ai encore plus subi sa maltraitance. [Nous soulignons]
     
    (6)Ils m’expliquent qu’un mois après avoir quitté le domicile de mes parents, ma mère a fait une main courante pour signaler que j’étais parti. Étant mineur, je n’ai pas le choix, je dois suivre les policiers. Je leur raconte tout, je me sens mal, j’ai l’impression d’être coupable de quelque chose alors que je ne suis qu’une victime. [Nous soulignons]

    Le retournement discursif et le bonheur trouvé

    14Les témoignages sont construits selon une dramaturgie du contraste qui, dans un retournement, va de la prise de conscience de l’homosexualité, sa révélation et ses conséquences à un dénouement heureux grâce au Refuge. Dans les textes que nous avons analysés, les mots pour qualifier Le Refuge relèvent d’une axiologie positive (« accueillir » [4 fois], « réconfort » [2 fois], « soutien » [7 fois], « rassurer » [5 fois], « aimer » [5 fois], « écouter » [8 fois], « être compris » [5 fois], « conseiller » [5 fois], « cœur » [5 fois], « nouvelle famille » [16 fois]) et le récit se laisse aller, à ce moment-là, à une certaine effusion, marquée notamment par des points d’exclamation et des intensificateurs, tels « très », « aucun », « toutes » et « tous ». Le récit de Romain reproduit ci-dessous (exemple 7) est représentatif de ces effets discursifs, avec des termes comme « belle équipe », « c’est une famille pour moi ! » et un usage répété des points d’exclamation :

    (7)C’est à ce moment qu’une amie très proche m’a parlé du Refuge. Très craintif, j’ai quand même envoyé un SMS sur la ligne d’urgence. J’ai reçu très rapidement une réponse et une semaine plus tard, j’intégrais la délégation de Lille où la belle équipe du Refuge m’aide jour après jour. Bien plus qu’une équipe, c’est une famille pour moi ! J’y suis depuis quatre mois, j’ai repris mes études à la fac et j’ai un emploi à mi-temps à la mairie de Lille. Jour après jour, j’essaye de reconstruire ma vie, que je partage aujourd’hui avec quelqu’un. J’ai vingt ans, je n’ai plus aucun contact avec ma famille et ce n’est pas plus mal. Un grand merci à toutes les personnes mobilisées pour nous venir en aide !

    15Parce qu’ils entrent dans la construction d’un discours ouvert à la discussion et à l’intercompréhension, c’est-à-dire d’un discours alternatif, et non d’un contre-discours, ces procédés discursifs permettent de ne pas tomber dans la haine de l’autre.

    Synthèse

    16Le témoignage, comme genre discursif, se caractérise par son ancrage dans les détails du réel, sa construction narrative et son objectivation des émotions. Il repose sur une mise en intrigue adressée à l’interlocutrice ou l’interlocuteur et permet un partage des émotions, sans débordement affectif. De cette manière, et dans l’objectif de convaincre, le témoignage se donne à voir comme valeur de vérité. Face aux discours de haine, l’élaboration d’un récit testimonial par les victimes permet d’opérer un retournement, sans entrer toutefois dans une opposition polémique : il ne constitue pas un contre-discours haineux, mais un discours de sensibilisation alternatif. Le témoignage remplit une mission mémorielle en empêchant la violence vécue de tomber dans l’oubli. Il tend à faire évoluer les représentations, qui sont causes d’exclusion et de négation de l’autre. Enfin, pour le locuteur ou la locutrice, il permet également un travail d’introspection, une libération de sa propre parole dans un processus d’affirmation de soi.

    Bibliographie

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    Format

    Moïse, C., & Hugonnier, C. (2019). Discours homophobe. Le témoignage comme discours alternatif. OpenEdition. https://doi.org/10.4000/semen.12795
    Rastier, F. (2010). Témoignages inadmissibles. CAIRN. https://doi.org/10.3917/litt.159.0108
    Torterat, F. (2017). Le témoignage, contre la démémoration & l’oubli. Fabula. https://doi.org/10.58282/acta.10354
    Moïse, Claudine, and Claire Hugonnier. “Discours Homophobe. Le témoignage Comme Discours Alternatif”. Semen. OpenEdition, November 1, 2019. doi:10.4000/semen.12795.
    Rastier, François. “Témoignages Inadmissibles”. Littérature. CAIRN, September 1, 2010. doi:10.3917/litt.159.0108.
    Torterat, Frédéric. “Le témoignage, contre la démémoration & l’oubli”. Acta Mai 2017. Fabula, May 29, 2017. doi:10.58282/acta.10354.
    Moïse, Claudine, and Claire Hugonnier. “Discours Homophobe. Le témoignage Comme Discours Alternatif”. Semen, nos. 47, OpenEdition, 1 Nov. 2019. Crossref, https://doi.org/10.4000/semen.12795.
    Rastier, François. “Témoignages Inadmissibles”. Littérature, n° 159, nos. 3, CAIRN, 1 Sept. 2010, pp. 108-29. Crossref, https://doi.org/10.3917/litt.159.0108.
    Torterat, Frédéric. “Le témoignage, contre la démémoration & l’oubli”. Acta Mai 2017, vols. 18, nos. 5, Fabula, 29 May 2017. Crossref, https://doi.org/10.58282/acta.10354.

    Cette bibliographie a été enrichie de toutes les références bibliographiques automatiquement générées par Bilbo en utilisant Crossref.

    Adam Jean-Michel, 1994, « Une définition générique du récit », Le récit oral, J. Bres éd., Montpellier, Praxiling, p. 431-444.

    Bres Jacques, 1994, La narrativité, Louvain-la-Neuve, Duculot.

    Detue Frédérik et Lacoste Charlotte éd., 2016, Témoigner en littérature, no 1041-1042 de la revue Europe.

    Dulong Renaud et Dornier Carole éd., 2005, Esthétique du témoignage, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme.

    Leiris Antoine, 2016, Vous n’aurez pas ma haine, Paris, Fayard.

    Le Refuge, 2019, Rapport d’activité 2019, Montpellier, Association nationale Le Refuge. En ligne : [https://le-refuge.org/wp-content/uploads/2020/06/ra_2019_le-refuge.pdf].

    Mayaffre Damon et Ben Hamed Mahé, 2014, « Récits de mort et souvenir traumatique. Trames et traces lexicales des témoignages sur la Shoah », Argumentation et analyse du discours, no 13. En ligne : [http://aad.revues.org/1836].

    Moïse Claudine et Hugonnier Claire, 2019, « Le discours homophobe. Le témoignage comme discours alternatif », Semen, no 47, p. 121-136.

    10.4000/semen.12795 :

    Rastier François, 2010, « Témoignages inadmissibles », Littérature, no 159, p. 108-129.

    10.3917/litt.159.0108 :

    Rinn Mickaël, 2015, « Introduction. Le corps du témoin comme lieu de parole », Témoignages sous influence. La vérité du sensible, M. Rinn éd., Québec, Presses de l’Université Laval, p. 1-8.

    Torterat Frédéric, 2017, « Le témoignage, contre la démémoration & l’oubli », Acta fabula, vol. 18, no 5. En ligne : [http://www.fabula.org/acta/document10354.php].

    10.58282/acta.10354 :

    Notes de bas de page

    1 Voir le Trésor de la langue française informatisé (TLFi). En ligne : [http://atilf.atilf.fr/].

    2 Cette fiche est tirée de l’article « Le discours homophobe. Le témoignage comme discours alternatif » (Moïse et Hugonnier 2019).

    3 Voir par exemple l’ouvrage d’Antoine Leiris intitulé Vous n’aurez pas ma haine (Leiris 2016).

    4 En ligne : [https://www.le-refuge.org/actions/].

    Auteurs

    • Claire Hugonnier

      Claire Hugonnier est docteure en sciences du langage et rattachée à l’université Grenoble-Alpes. Elle s’inscrit dans une approche sociolinguistique ethnographique et s’intéresse plus particulièrement à l’analyse des discours en situation de conflits. Depuis ses recherches menées en master, la construction discursive d’une altérité en tension est au centre de ses réflexions. Dans le cadre de sa thèse de doctorat, Claire Hugonnier a analysé les discours contestataires du collectif « Marchons Enfants ! » face au projet de loi « PMA pour toutes ». L’objectif de son étude était de déconstruire ces discours d’opposition afin de saisir quelles stratégies linguistiques et discursives étaient mobilisées et quels pouvaient être les enjeux qui les sous-tendent.

      Hugonnier Claire, 2021, Étude ethnographique et argumentative d’un mouvement contestataire à la « PMA pour toutes » : entre revendication et dissimulation, thèse de doctorat, université Grenoble-Alpes.

      Moïse Claudine, Hugonnier Claire, Guellouz Mariem et Lorenzi Bailly Nolwenn, 2021, « Circonscrire le discours de haine numérique. Processus argumentatifs, idéologies et mémoires discursives », Travaux neuchâtelois de linguistique, no 75, p. 41-60.

      Moïse Claudine et Hugonnier Claire, 2019, « Discours homophobe. Le témoignage comme discours alternatif », Semen, no 47, p. 121-136.

    • Claudine Moïse

      Professeure des universités à l’université Grenoble-Alpes, Claudine Moïse travaille en sociolinguistique ethnographique et interactionnelle. Ses terrains d’enquête sont, au Canada, le nord de l’Ontario et, en France, les quartiers populaires et périurbains, dans une perspective de sociolinguistique urbaine. Elle est très investie depuis les années 2000 dans un vaste projet sur la violence verbale, particulièrement la violence verbale institutionnelle et celle en lien avec la violence sexuelle. Elle a été responsable en 2014 d’un axe de recherche ANR sur les processus de convivialité et d’habitabilité, dans les espaces périurbains, et en 2016 d’un axe de recherche d’un projet H2020 sur les discours de radicalisation. Quelles que soient les données, elle cherche à rendre compte des changements sociaux et des identités des sujets à partir des pratiques langagières, entre autres mondialisées, et de l’analyse des intérêts de pouvoir en jeu dans les discours en circulation et dans les interactions verbales. Ces travaux l’ont amenée à approfondir l’étude de la valorisation du sujet dans l’interaction. En prenant en compte la subjectivité des locuteurs et leurs négociations langagières, elle tente de rendre compte des stratégies linguistiques en jeu dans la présentation de soi.
      Lorenzi Bailly Nolwenn et Moïse Claudine éd., 2021, La haine en discours, Lormont, Le Bord de l’eau.
      Moïse Claudine et Hugonnier Claire, 2019, « Discours homophobe. Le témoignage comme discours alternatif », Semen, no 47, p. 121-136.
      Moïse Claudine, Meunier Emmanuel et Romain Christina, 2019 [2015], La violence verbale dans l’espace de travail. Analyses et solutions, Paris, Bréal.

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    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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    Propos d’étymologie sociale. Tome 3

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    Des sources du sens

    Maurice Tournier

    2002

    Des sons et des sens

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    La physionomie acoustique des mots

    Frederico Albano Leoni Philippe-Marie Théveny (trad.)

    2014

    Histoire de l'automatisation des sciences du langage

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    Jacqueline Léon

    2015

    Entre expression et expressivité : l’école linguistique de Genève de 1900 à 1940

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    Charles Bally, Albert Sechehaye, Henri Frei

    Anamaria Curea

    2015

    Voix et marqueurs du discours : des connecteurs à l'argument d'autorité

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    Jean-Claude Anscombre, Amalia Rodríguez Somolinos et Sonia Gómez-Jordana Ferary (dir.)

    2012

    Histoire des théories du temps dans les grammaires françaises

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    Jean-Marie Fournier

    2013

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    2018

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    2018

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    Polémique

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    Antisémitisme

    Claudine Moïse et Laura Ascone

    Homophobie

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    Humour

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    Mépris

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    Disqualification

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    Emprise

    Emmanuel Meunier et Claudine Moïse

    Discours de haine. Pour une lecture critique des radicalisations

    Nolwenn Lorenzi Bailly et Claudine Moïse

    Contre-discours et discours alternatif

    Nolwenn Lorenzi Bailly et Claudine Moïse

    Violence verbale

    Béatrice Fracchiolla, Nolwenn Lorenzi Bailly, Claudine Moïse et al.

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    Claudine Moïse

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    1 Voir le Trésor de la langue française informatisé (TLFi). En ligne : [http://atilf.atilf.fr/].

    2 Cette fiche est tirée de l’article « Le discours homophobe. Le témoignage comme discours alternatif » (Moïse et Hugonnier 2019).

    3 Voir par exemple l’ouvrage d’Antoine Leiris intitulé Vous n’aurez pas ma haine (Leiris 2016).

    4 En ligne : [https://www.le-refuge.org/actions/].

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    Ce livre est cité par

    • Devilla, Lorenzo. Federico, Sara. (2024) « J’espère qu’elles cuisinent mieux qu’elles rappent » : des rappeuses victimes de discours haineux en ligne. SHS Web of Conferences, 191. DOI: 10.1051/shsconf/202419113006
    • Saidani, Hela. López-Muñoz, Juan-Manuel. (2024) Tecnología digital y lengua árabe en las redes sociales. Letrônica, 17. DOI: 10.15448/1984-4301.2024.1.46220
    • Moreau Raguenes, Rose. (2022) (Dé)montrer la maltraitance parentale sur Instagram : Étude argumentative du récit extime catégorisant. Cahiers de Narratologie, 42. DOI: 10.4000/narratologie.14214
    • Druetta, Ruggero. (2025) Prendre position face à des auditoires hétérogènes : le cas du stand-up. Argumentation et analyse du discours, 34. DOI: 10.4000/13q0d
    • Balaguer, Guillonne. (2024) Guépard-gazelle : entre prédation et care, construction de l’ethos discursif de femmes chasseresses. GLAD!, 17. DOI: 10.4000/133c8
    • Hugonnier, Claire. (2024) Penser la contextualisation comme stratégie discursive et interactionnelle. L’exemple du collectif « Marchons Enfants ! ». Cahiers internationaux de sociolinguistique, nº 25. DOI: 10.3917/cisl.2402.0075
    • Vicari, Stefano. Gattiglia, Nora. (2026) Dynamiques discursives d’extrémisation, désextrémisation et réparation. Cahiers de praxématique, 85. DOI: 10.4000/16dym
    • Chaouch, Elyes. (2026) Stabiliser l’organisation par la communication en contexte pandémique. Communication et organisation, 69. DOI: 10.4000/16lx5
    • Crise de l'autorité et processus de radicalisation chez des adolescents et post- adolescents en France. DOI: 10.70675/b23316cfzbe2ez481fzb255z9104f27fcff6
    • Le concept d'étrangeté (ghurba) dans la construction identitaire des cyber-militants de l'Etat Islamique. Ethnographie d'une djihadosphère entre 2018 et 2022. DOI: 10.70675/de05f6c9z505cz49b7z8384ze1ed8a0f7697
    • La lutte contre les discours de haine dans l’espace numérique et la promotion de la culture de la paix en Côte d’Ivoire (2013-2024) : la nécessité d’une approche holistique et inclusive. DOI: 10.70675/a560faaczacf1z402fz9cf4z86f513f576d8
    • Quand twitter, c’est menacer : la menace dans les tweets présidentiels de Donald Trump : de Twitter à la presse française. DOI: 10.70675/02cc9db4z8c1bz4641zb04fz682c25d77087

    Ce chapitre est cité par

    • Turpin, Béatrice. Lara, Glaucia Muniz Proença. Tocaia, Luciano Magnoni. (2025) Introduction. Le témoignage comme acte de discours et dispositif de référenciation. Semen, 57. DOI: 10.4000/15i5k
    • Arrighi, Laurence. Anderson, Grace. (2026) De l’école en français comme objet de discours dans l’espace acadien : du débat à la polémique au sein du webzine collaboratif Astheure. Minorités linguistiques et société. DOI: 10.7202/1122484ar
    • Boursier, Axel. Seoane, Annabelle. (2025) Quand le journaliste se fait témoin : d’une victime cyberharcelée à une parole de résistance. Semen, 58. DOI: 10.4000/163ga

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    Hugonnier, C., & Moïse, C. (2023). Témoignage. In N. Lorenzi Bailly & C. Moïse (éds.), Discours de haine et de radicalisation. Lyon: ENS Éditions. https://doi.org/10.4000/books.enseditions.44235
    Hugonnier, Claire, et Claudine Moïse. « Témoignage ». In Discours de haine et de radicalisation, édité par Nolwenn Lorenzi Bailly et Claudine Moïse. Lyon: ENS Éditions, 2023. doi:10.4000/books.enseditions.44235.
    Hugonnier, Claire, et Claudine Moïse. « Témoignage ». Discours de haine et de radicalisation, édité par Nolwenn Lorenzi Bailly et Claudine Moïse, ENS Éditions, 2023, https://doi.org/10.4000/books.enseditions.44235.

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    Lorenzi Bailly, N., & Moïse, C. (éds.). (2023). Discours de haine et de radicalisation. Lyon: ENS Éditions. https://doi.org/10.4000/books.enseditions.43765
    Lorenzi Bailly, Nolwenn, et Claudine Moïse, éd. Discours de haine et de radicalisation. Lyon: ENS Éditions, 2023. doi:10.4000/books.enseditions.43765.
    Lorenzi Bailly, Nolwenn, et Claudine Moïse, éditeurs. Discours de haine et de radicalisation. ENS Éditions, 2023, https://doi.org/10.4000/books.enseditions.43765.
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