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    Plan détaillé Texte intégral De la figure de l’ennemi à celle du héros Créer l’ennemi pour mieux haïr Synthèse Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Discours de haine et de radicalisation

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Ennemi (figure de l’)

    Nolwenn Lorenzi Bailly

    p. 223-228

    Texte intégral Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Ennemi, n. m. Dans l’Antiquité, l’usage romain distinguait l’ennemi de la sphère privée, inimicus (dans un sens qui se veut contraire à celui de amicus) d’un belligérant (hostis) (Pernot 2016). Il désigne donc l’« ennemi particulier », une personne qui nous est hostile. Petit à petit, il prend également le sens d’« ennemi public », essentiellement dans la religion chrétienne afin de désigner le démon. À cet égard, il est intéressant de relever l’expression argotique « il me fout le démon », utilisée pour désigner une personne que l’on considère comme hostile. Par ailleurs, la figure du démon (représentant du Mal) est régulièrement utilisée pour construire la figure de l’ennemi (commun). L’ennemi est une personne qui suscite de l’inimitié et qui est défini par « un objet et/ou un agent de haine ».

    De la figure de l’ennemi à celle du héros

    2L’ennemi est un portrait construit discursivement par le biais, souvent, d’un procédé de dramatisation (Charaudeau 2006). Ainsi l’ennemi est-il le « grand méchant », le « mal absolu », le « maléfique », le « côté obscur de la force ». Il est à la fois objet d’attirance et de rejet, il est en tout cas objet de fascination (ibid.). Sa particularité réside peut-être dans sa mise en scène : un ennemi est toujours construit. « Nous est donc livré le portrait d’un ennemi puissant dans son désir de malfaisance et surtout indestructible ou renaissant en permanence de ses cendres » (Charaudeau 2006, p. 8). Pourquoi un tel portrait ? La création de la figure de l’ennemi autorise le combat : sans ennemi pas de lutte, et sans lutte pas de héros. Il est intéressant de noter que l’ennemi étatique n’existe quasiment plus dans les discours politiques, ces derniers préférant les notions de risque ou de menace (Semo 2021). C’est dire l’impact que peut avoir le discours que de faire le choix de nommer l’ennemi. À ce titre, Olivier Schmitt différencie l’ennemi de l’adversaire (qui pourrait s’apparenter à la notion d’ennemi « juste », c’est-à-dire celui qui a des droits) : « Un adversaire, c’est celui que l’on affronte dans des règles communes acceptées de part et d’autre. Un ennemi, c’est celui qui veut vous détruire et qu’il faut détruire » (cité dans Semo 2021).

    3Ainsi, créer l’ennemi n’est pas sans conséquence, puisque c’est autoriser la destruction, physique et/ou symbolique, de l’autre. On entre dans des je(ux) de pouvoir, dans une mise en scène de soi autant qu’une mise en scène de l’autre. La figure de l’ennemi se crée en même temps que celle du héros : l’un représentant le bien, l’autre le mal. Disqualifier l’autre permet alors une valorisation de soi : c’est elle/lui ou moi.

    Avoir un ennemi est important pour se définir une identité, mais aussi pour se confronter à un obstacle, mesurer son système de valeurs et montrer sa bravoure. Par conséquent, au cas où il n’y aurait pas d’ennemi, il faut le construire. (Eco 2014, p. 13)

    4Créer un ethos de héros et disqualifier un adversaire permet la représentation discursive du rapport à soi et du rapport à l’autre. Ainsi, l’ennemi étant de tout temps créé, ce n’est finalement pas tant la construction de l’ennemi qui serait haineuse, mais sa diabolisation, c’est-à-dire l’ensemble des procédés discursifs pour mettre en scène l’autre. L’ennemi, c’est l’autre, le différent. C’est d’abord l’étranger. Celui qui menace la nation. Celui qui brûle nos frontières. Une peur encore vive à ce jour, à en croire l’incident qui s’est produit en avril 2021 et qui a suscité de nombreuses réactions médiatiques et diplomatiques. Des Françaises et des Français, passionné.es d’histoire, se rendent alors compte que la borne en pierre (datant de 1819 et pesant plus de 100 kg) marquant la frontière entre la France et la Belgique a été déplacée de deux mètres, agrandissant de fait la superficie de la Belgique. Une commission franco-belge s’est réunie et la Belgique a dû s’excuser et assurer publiquement qu’il n’y avait pas de volonté d’invasion ; la commission ne s’était plus réunie depuis 1930. C’est dire si la question des frontières peut être vive.

    5Puis, petit à petit, une autre figure de l’ennemi se crée. L’ennemi est certes l’étranger, celui qui est en dehors des frontières, mais c’est aussi « celui qui est parmi nous », « celui qui se comporte de manière différente » (Eco 2014, p. 15), faisant de l’ennemi une personne dont on ne peut se passer (ibid.).

    […] les ennemis ne sont pas tant ceux qui nous menacent directement du fait de leurs différences […], mais ceux que certains ont intérêt à représenter comme menaçants même s’ils ne le sont pas. Ce n’est pas leur caractère menaçant qui fait ressortir leur différence, mais leur différence qui devient un signe de menace. (Ibid., p. 14)

    6Aucune nuance n’est possible, c’est blanc ou noir. Selon Georges Lewi (2016), le logos cède sa place au muthos, c’est-à-dire « l’art de raconter deux visions contraires du monde ». L’objectif est de créer un affrontement entre le bien et le mal et de convaincre de la justesse de la cause. Le besoin d’être face à l’ennemi semble inné (Eco 2014), même chez les individus fervents défenseurs de la paix. Ce qui peut paraître paradoxal ne l’est pas tant que ça :

    […] on déplace l’image de l’ennemi, d’un objet humain à une force naturelle ou sociale qui, peu ou prou, nous menace et doit être combattue, que ce soit l’exploitation du capitalisme, la faim dans le monde ou la pollution environnementale. (Ibid., p. 35)

    Créer l’ennemi pour mieux haïr

    7Pour décrire la notion de figure de l’ennemi, nous proposons l’analyse de l’introduction qui se trouve en page d’accueil du site Internet du groupe Génération identitaire1. Leur présentation est « une déclaration de guerre », c’est leur titre. Cette déclaration est disponible en deux versions, disposées l’une à la suite de l’autre : une vidéo et un texte. Il est intéressant de souligner par ailleurs que la vidéo est réalisée en noir et blanc et que derrière la voix des actrices et des acteurs se joue une mélodie triste, presque angoissante.

    8Le titre choisi, la « déclaration de guerre », permet donc dès le début de camper une opposition entre elles et eux, la génération identitaire et l’autre, un ennemi à combattre donc, puisque la volonté est d’entrer en guerre. L’adjectif qualificatif présent dans le nom de leur groupe, « identitaire », permet très rapidement de comprendre que leur objectif est de se définir (en opposition à l’autre).

    Nous sommes la GÉNÉRATION IDENTITAIRE

    Nous sommes la génération de ceux qui meurent pour un regard de travers, une cigarette refusée ou un style qui dérange.
    Nous sommes la génération de la fracture ethnique, de la faillite totale du vivre-ensemble, du métissage imposé.
    Nous sommes la génération de la double-peine : condamnés à renflouer un système social trop généreux avec les autres pour continuer à l’être avec les nôtres.

    Nous sommes la génération victime de celle de Mai 68. De celle qui prétendait vouloir nous émanciper du poids des traditions, du savoir, et de l’autorité à l’école mais qui s’est d’abord émancipée de ses propres responsabilités. Nous avons fermé vos livres d’histoire pour retrouver notre mémoire. Nous avons cessé de croire que Kader pouvait être notre frère, la planète notre village et l’humanité notre famille. Nous avons découvert que nous avions des racines, des ancêtres, et donc un avenir.

    Notre seul héritage c’est notre terre, notre sang, notre identité. Nous sommes les héritiers de notre destin. Nous avons éteint la télévision pour descendre à nouveau dans la rue. Nous avons peint nos slogans sur les murs, scandé « la Jeunesse au pouvoir » dans nos mégaphones, brandi bien haut nos drapeaux frappés du lambda. Ce lambda qui ornait le bouclier des glorieux Spartiates est notre symbole. Vous ne comprenez pas ce qu’il représente ? Il signifie que nous ne reculerons pas, que nous ne renoncerons pas. Lassés de toutes vos lâchetés, nous ne refuserons aucune bataille, aucun défi.

    Vous êtes les Trente Glorieuses, les retraites par répartition, SOS Racisme, la « diversité », le regroupement familial, la liberté sexuelle et les sacs de riz de Bernard Kouchner. Nous sommes 25 % de chômage, la dette sociale, l’explosion de la société multiculturelle, le racisme anti-blanc, les familles, et un jeune soldat français qui meurt en Afghanistan. Vous ne nous aurez pas avec un regard condescendant, des emplois-jeunes et une tape sur l’épaule : pour nous, la vie est un combat. Nous n’avons pas besoin de votre politique de la jeunesse. La jeunesse est notre politique. Ne vous méprenez pas : ce texte n’est pas un simple manifeste, c’est une déclaration de guerre.

    NOUS SOMMES DEMAIN, VOUS ÊTES HIER. NOUS SOMMES LA GÉNÉRATION IDENTITAIRE.

    9Mis à part l’avant-dernier paragraphe, l’ensemble du discours est axé sur leur(s) identité(s) (« nous sommes »), une définition d’elles-mêmes et d’eux-mêmes qu’elles et ils créent en regard de l’autre. Cet autre qui tue (puisqu’elles et eux meurent) pour « un regard de travers ». Leur identité se fonde également sur leurs racines, leurs ancêtres, leur terre, leur sang. Ainsi, en creux, c’est le personnage du migrant qui est désigné comme ennemi.

    10Les migrant.es sont un ennemi à combattre parce qu’ils et elles sont source de « danger ». La mort est évoquée à plusieurs reprises, une mort physique, économique, mais également symbolique, puisque les migrant.es seraient responsables de la perte de leur identité et de leur culture nationale (qui serait homogène). Si les migrant.es ne sont pas désigné.es directement dans ce texte, les nombreuses vidéos du groupe publiées sur YouTube (malgré la dissolution du groupe) sont plus explicites. Il est possible de voir dans ces vidéos leurs opérations « coups-de-poing », comme l’occupation du toit de la Caisse d’allocations familiales de Bobigny en mars 2019 avec la banderole « de l’argent pour les Français pas pour les étrangers », ou encore la création d’une frontière symbolique dans les Alpes puis dans les Pyrénées en avril 2018 et en janvier 2021, opérations qu’ils et elles qualifient d’« anti-migrants ». Interrogé par les médias, le porte-parole du groupe, Clément Martin, s’est expliqué :

    Une trentaine de nos militants ont rejoint le col du Portillon pour vérifier s’il était bien bloqué. Hormis un bloc de pierre au niveau de la voie, l’accès restait libre pour un passage à pieds. […] Nous avons bloqué l’accès, puis nous nous sommes déplacés dans les environs pour vérifier les autres points d’entrée sur le territoire. […] L’action est extrêmement positive, on rend service à tout le monde. (Lenoir 2021)

    11Clément Martin précise que leur action faisait suite à la décision du préfet de Haute-Garonne de fermer ce col en raison d’une « menace terroriste élevée et de mouvements de migrants soutenus ». Le discours du porte-parole est extrêmement bien pensé dans la mesure où il ne pointe personne du doigt, reprend des propos d’un autre (qui plus est préfet, donc dépositaire d’une certaine autorité) et souligne l’aide que les militants et militantes (comme ils et elles se nomment) apportent. « C’est ainsi qu’au niveau symbolique la figure de l’ennemi est construite, l’ennemi est démasqué et le héros peut s’engager dans la lutte contre le monstre » (Varga 2016, p. 321).

    12Le risque de leurs discours réside dans l’incitation à la haine qu’ils sont susceptibles de provoquer.

    Synthèse

    13La figure de l’ennemi est une notion qui en mobilise plusieurs autres. En effet, construire un ennemi est indispensable pour se créer une image de héros. Pour ce faire, il faut mettre en exergue des dangers potentiels, renverser son ethos discursif (le « je » doit démontrer qu’il représente le « bien ») pour disqualifier son adversaire en soulignant les menaces, réelles et/ou symboliques, qu’il porte en lui. La mobilisation de la notion de mythe à travers la mise en scène du bien et du mal participe souvent de cette construction de l’ennemi.

    14La figure de l’ennemi est caractéristique du discours de haine à visée de propagande. En effet, même si l’ennemi prend parfois les traits d’une cause vertueuse (la lutte environnementale, la faim dans le monde), « Brecht nous rappelle que la haine de l’injustice déforme elle aussi le visage » (Eco 2014, p. 35).

    Bibliographie

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    Format

    Charaudeau, P. (2006). Discours journalistique et positionnements énonciatifs. Frontières et dérives. OpenEdition. https://doi.org/10.4000/semen.2793
    Charaudeau, Patrick. “Discours Journalistique Et Positionnements énonciatifs. Frontières Et dérives”. Semen. OpenEdition, November 10, 2006. doi:10.4000/semen.2793.
    Charaudeau, Patrick. “Discours Journalistique Et Positionnements énonciatifs. Frontières Et dérives”. Semen, nos. 22, OpenEdition, 10 Nov. 2006. Crossref, https://doi.org/10.4000/semen.2793.

    Cette bibliographie a été enrichie de toutes les références bibliographiques automatiquement générées par Bilbo en utilisant Crossref.

    Charaudeau Patrick, 2006, « Discours journalistique et positionnements énonciatifs. Frontières et dérives », Semen, no 22, p. 1-13. En ligne : [https://journals.openedition.org/semen/2793].

    10.4000/semen.2793 :

    Eco Umberto, 2014, Construire l’ennemi, et autres écrits occasionnels, Paris, Grasset.

    Lenoir Luc, 2021, « Opération sur la frontière espagnole : appels à la dissolution de Génération Identitaire », Le Figaro. En ligne : [https://www.lefigaro.fr/actualite-france/operation-sur-la-frontiere-espagnole-appels-a-la-dissolution-de-generation-identitaire-20210120].

    Lewi Georges, 2016, « “La fabrique de l’ennemi tourne à fond”, signe du grand retour des mythes », Huffington Post. En ligne : [https://www.huffingtonpost.fr/georges-lewi/la-fabrique-de-lennemi-tourne-a-fond-signe-du-grand-retour-des-mythes_b_6257978.html].

    Pernot Caroline, 2016, « Ennemi public », Publictionnaire. Dictionnaire encyclopédique et critique des publics, Metz, CREM, université de Lorraine En ligne : [http://publictionnaire.huma-num.fr/notice/ennemi-public/].

    Semo Marc, 2021, « Fini les illusions de l’après-guerre froide : le retour de “l’ennemi”, nouvelle réalité pour la France », Le Monde. En ligne : [https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/04/16/fini-les-illusions-de-l-apres-guerre-froide-le-retour-de-l-ennemi-nouvelle-realite-pour-la-france_6076978_823448.html].

    Varga Renata, 2016, « La construction du mythe de l’ennemi et du héros dans le discours de Viktor Orban », Les discours politiques. Regards croisés, J. F. Corcuera et al éd., Paris, L’Harmattan, p. 314-323.

    Notes de bas de page

    1 Leur site Internet n’existe plus à ce jour, le groupe ayant été dissous par le Conseil des ministres le 3 mars 2021, décision entérinée en mai par le Conseil d’État. Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur français, en avait fait son cheval de bataille, considérant que le groupe était responsable de provocations à la haine et à la discrimination envers les étrangers et la religion musulmane.

    Auteur

    • Nolwenn Lorenzi Bailly

      Postdoctorante à l’Institut des sciences humaines et sociales du CNRS (INSHS), et rattachée au laboratoire Praxiling de l’université Paul-Valéry Montpellier 3, Nolwenn Lorenzi Bailly travaille en sociolinguistique critique et en analyse du discours. Depuis sa thèse de doctorat sur la violence verbale à l’école et sur les rapports de domination, elle tire le fil de ce qui serait une (re)médiation sociolinguistique. Au-delà des discours violents, voire de haine, elle analyse les identités en tension et la mise en mots des émotions des acteurs et des actrices de ses différents terrains d’enquête. La médiation, la gestion de conflit et la dimension affective du langage sont autant de notions prises en compte dans ses analyses interactionnelles. Trois terrains ethnographiques spécifiques ont permis de resserrer les analyses, le premier dans un établissement scolaire du second degré en situation difficile, le deuxième en milieu carcéral auprès de détenus considérés comme radicalisés et le troisième dans une unité élémentaire spécialisée pour les élèves autistes. Nolwenn Lorenzi Bailly démontre, par le biais de ces données, la mise en discours du « je », en regard souvent d’une prise de pouvoir sur l’autre. Elle rend compte des nombreuses stratégies discursives mises en avant au cœur des interactions verbales.

      Lorenzi Bailly Nolwenn et Moïse Claudine éd., 2021, La haine en discours, Lormont, Le Bord de l’eau.

      Lorenzi Bailly Nolwenn et Moïse Claudine, 2020, « Dar Al-Islam. Propagande, manipulation et malinformation », Fake news, rumeurs, intox… Stratégies et visées discursives de la désinformation, R. Cetro et L. Sini éd., Paris, L’Harmattan, p. 183-197.

      Lorenzi Bailly Nolwenn et Guellouz Mariem, 2019, « Homophobie et discours de haine dissimulée sur Twitter : celui qui voulait une poupée pour Noël », Semen, no 47, p. 43-58.

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    • Hugonnier, Claire. (2024) Penser la contextualisation comme stratégie discursive et interactionnelle. L’exemple du collectif « Marchons Enfants ! ». Cahiers internationaux de sociolinguistique, nº 25. DOI: 10.3917/cisl.2402.0075
    • Vicari, Stefano. Gattiglia, Nora. (2026) Dynamiques discursives d’extrémisation, désextrémisation et réparation. Cahiers de praxématique, 85. DOI: 10.4000/16dym

    Ce chapitre est cité par

    • Laferrière, Aude. (2025) Galerie de portraits stéréotypiques et sexistes dans des échanges post-séparation en contexte de coparentalité. GLAD!, 18-19. DOI: 10.4000/15d80

    Discours de haine et de radicalisation

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    Lorenzi Bailly, N. (2023). Ennemi (figure de l’). In N. Lorenzi Bailly & C. Moïse (éds.), Discours de haine et de radicalisation. Lyon: ENS Éditions. https://doi.org/10.4000/books.enseditions.44020
    Lorenzi Bailly, Nolwenn. « Ennemi (figure de l’) ». In Discours de haine et de radicalisation, édité par Nolwenn Lorenzi Bailly et Claudine Moïse. Lyon: ENS Éditions, 2023. doi:10.4000/books.enseditions.44020.
    Lorenzi Bailly, Nolwenn. « Ennemi (figure de l’) ». Discours de haine et de radicalisation, édité par Nolwenn Lorenzi Bailly et Claudine Moïse, ENS Éditions, 2023, https://doi.org/10.4000/books.enseditions.44020.

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    Lorenzi Bailly, N., & Moïse, C. (éds.). (2023). Discours de haine et de radicalisation. Lyon: ENS Éditions. https://doi.org/10.4000/books.enseditions.43765
    Lorenzi Bailly, Nolwenn, et Claudine Moïse, éd. Discours de haine et de radicalisation. Lyon: ENS Éditions, 2023. doi:10.4000/books.enseditions.43765.
    Lorenzi Bailly, Nolwenn, et Claudine Moïse, éditeurs. Discours de haine et de radicalisation. ENS Éditions, 2023, https://doi.org/10.4000/books.enseditions.43765.
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