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    Plan détaillé Texte intégral Le Corse d’Ajaccio… Celui de MarseilleH(istoire) – É(pistémologie) – L(angage), ou l’une des aventures de Sylvain Auroux Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Penser l’histoire des savoirs linguistiques

    Ce livre est recensé par

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    D’un « Corse » à l’autre : quelques étapes d’un parcours de Sylvain Auroux

    Sophie Fisher

    p. 219-227

    Texte intégral Bibliographie Références Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Cela peut sembler étrange de proposer, pour un texte concernant l’historien des sciences du langage mais aussi le philosophe auteur entre autres de La raison, le langage et les normes ou de manière plus radicale de Barbarie et philosophie, de situer sa démarche entre deux pensées « corses » géographiquement opposées, à savoir le philosophe Jean-Toussaint Desanti au centre de l’île, et le linguiste Antoine Culioli au sud. L’un posant, à partir de la phénoménologie, du marxisme et des mathématiques, une analyse qui passe par le langage et la langue comme inévitable interface. L’autre, philologue devenu linguiste, mais un linguiste pour lequel l’énonciation n’est pas qu’un simple terme technique : elle est la source du langage en fonctionnement, celle des relations avec le contexte, en quelque sorte une manière de faire de la philosophie, de s’engager dans le monde. Tous deux se rejoignent dans le mode de « dire » leur approche disciplinaire, un « dire discursif », ce que Culioli appelle la co-énonciation dans le discours où c’est dans l’interaction entre le récepteur et l’énonciateur que s’établit un faire linguistico-philosophique. Prenons la notion de grammatisation d’une/des langues chez Sylvain Auroux, en partant de la perception des transformations et des stabilisations du processus. Termes qui ne relèvent pas de la linguistique « traditionnelle » mais plutôt d’une certaine approche phénoménologique.

    2C’est dans une sorte de va-et-vient entre le « dire écrit » dont relève la pratique dialogique de Jean-Toussaint Desanti et la réflexion sur le langagier d’Antoine Culioli que nous essayerons de placer la démarche linguistico-historique de Sylvain Auroux.

    Le Corse d’Ajaccio

    3Commençons par un exemple, tiré d’un texte de Jean-Toussaint Desanti :

    Rien ne nous empêche, sinon les strictes exigences de la lexicographie, de jouer aux fausses étymologies. Nous serons d’ailleurs en bonne compagnie. Celle de Platon entre autres (voir le Cratyle). Il existe des consonances bizarres : effets de hasard, tours de cartes du « signifiant ». Les reconnaître n’est pas plus bête que de découvrir le sphinx dans une nuée d’orage. « Obscène » peut s’écrire « obscène ». La remarque est curieuse, si l’on songe à la double orthographe latine : obscenus, obscaenus, et scena, scaena (la scène du théâtre, la parade des acteurs). Bien entendu obscaenus (obscenus) est indécomposable en latin. Et, à vrai dire, on en ignore l’étymologie. D’autre part, il existe en latin un autre adjectif qui sonne presque comme obscenus : scaevus, qui veut dire, lui aussi, « de mauvais augure ». Décidément, le « signifiant » est malicieux (toute étymologie contournée, bien sûr). Il est difficile de dire comment les gens qui ont parlé latin entendaient obscaenus. Il est probable qu’ils n’y distinguaient pas scaena. Plutôt cae-nun, qui veut dire « fange », « fumier », et évoque quelque chose de gluant et de dégoûtant. (Fausse étymologie, comme il se doit, mais que l’on trouve encore, à titre de conjecture, dans certains dictionnaires.) Mais rien ne nous contraint à n’entendre que ce que les Romains croyaient entendre. Rêvons donc un instant autour de ces homophonies. Après tout pourquoi nous interdire de guetter le jeu des nuées dans le ciel ? (Desanti 1983)

    4Sommes-nous encore dans une approche philosophique classique, ou bien – car il s’agit ici de commenter un tableau-scène quasi apocalyptique de Dado, la « description » langagière renvoie-t-elle à une co-énonciation dans la mesure où le lecteur-témoin est invité à suivre le parcours de l’objet à sa « résonance », au signifié des « tours de cartes du « signifiant » ? C’est ce qui, me semble-t-il, apparaît dans la notion de boucle qu’il développe dans certains de ses dialogues :

    « Avec la langue on peut aller partout, même à Kiev » signifie que la langue est aussi impérieuse que le geste, avec l’adresse, en indiquant ceci, en indiquant cela : en constituant un réseau d’indications […]. Il faut que se constitue une sorte de relation pour ainsi dire en boucle, entre celui qui émet et celui qui entend, de façon que dans cette boucle se constitue un contenu d’information dans laquelle l’espace de ces écarts peut être deviné, recouvert, repris et maintenu. (Mondzain 2003, p. 24)

    5Dans une autre de ces conversations, ici avec Dominique-Antoine Grisoni, il précise cette notion :

    Supposons que dans la constitution de la boucle aucune flèche de renvoi sensible – signitif par essence – ne change de sens, par effet de la forme de relation entre les deux pôles de la boucle. Dans le diagramme, les configurations de flèches composables conserveraient toujours leur sens : et la flèche résultant de leur composition le conserverait aussi. En ce cas, pourrions-nous capturer ce caractère du « peu à peu », du « sans cesse autre » que la perception nous dévoile ? Non ! Aucun effet d’horizon mobile ne serait possible. Le monde perçu serait sensible, certes, et signitif, mais ses aspects seraient essentiellement répétitifs. Ce qui n’est pas le cas et ne peut l’être du fait de la structure en écart propre à chacun des pôles.

    6Mais passons des perceptions de l’espace et de leurs re-présentations à des modèles qui tiennent autant des mathématiques que d’une certaine approche linguistique.

    7Dans une conférence prononcée le 6 janvier 1999, « Temps du monde/temps de l’homme »1, il part de l’idée qu’essayer d’habiter et d’explorer les temps du monde et de l’homme implique des contraintes de la langue sur le travail de la pensée, car « qui habite la langue habite les pièges que la langue nous pose », mais aussi des domaines de sens hétérogènes comme par exemple ceux du temps historique ou du temps universel. Il illustre ce jeu de langage d’une phrase dont il fera une sorte d’analyse énonciative et dont nous donnerons les grandes lignes :

    Je dis maintenant que nous partageons nous tous, qui sommes ici maintenant réunis, une appartenance commune au temps, au monde, à l’humanité.

    8L’analyse découpe l’énoncé de manière à en fournir diverses lectures :

    91) Statut performatif (assertif déclaratif) de : « Je dis que… »

    102) Première occurrence : deux valeurs de « maintenant » :

    11a) « Je » => « maintenant »

    12(avec un étagement des couches de sens) => (nappes de sens)

    13b) Le sens de l’un pourrait s’étaler sur l’autre :

    • un lieu originaire ou bien « tout fait signe et est réversible » ;

    • ou : « les surfaces de sens s’abîment en elles-mêmes et il n’y a pas d’originaire (au sens de constitution originaire, Husserl), la borne n’appartient pas à l’ordre du phénomène, elle sera de l’inapparent ».

    143) Deuxième occurrence, là aussi plusieurs lectures peuvent en être faites : Maintenant :

    1. Il a disparu, est mis en écart, relève d’une « co-visée » de l’énonciateur, mais pourraît-il être repris dans une couche de discours signitifs ? Ce seraient ces écarts qui pourraient être constitutifs de b), mais sont-ils dans les mêmes couches de recouvrement ?

    2. Durée indéterminée : voir main/tenant.

    15D’autres exemples viennent complexifier la question, tel celui-ci, emprunté à Husserl : « la rage de dents », est-ce le fantôme de la non douleur, ou une attente fantomatique ? C’est un « maintenant » plein, qui n’est pas fait d’instants ajoutés ne pouvant l’être que dans leur couche idéelle.

    16En somme, c’est « un écart jamais comblé qui sépare les corps parlants, visées réciproques et dissymétriques, on vit dans l’“entre-corps”. L’être-là en tant qu’invisible en est le recouvrement de l’écart ».

    17L’articulation faite par Desanti entre une analyse des formes qui tient du linguistique et une interprétation fondamentalement phénoménologique nous ramène à la démarche linguistique proposée par le Corse du sud Antoine Culioli qui, elle aussi, est un point de repère pour l’analyse de l’œuvre de Sylvain Auroux.

    … Celui de Marseille

    18Un texte récent d’Antoine Culioli, inclus dans un recueil au titre révélateur : Vivre le sens, montre l’intrication entre disciplines, des points de vue et surtout l’enrichissement d’une approche linguistique fondée principalement sur le structuralisme des années soixante-soixante-dix, par un déplacement du questionnement. Car, dit-il :

    La linguistique est la science qui a pour objet l’activité de langage, appréhendée à travers – j’insiste bien sur « à travers » – la diversité, au début, je disais des langues, et même des langues naturelles, pour les distinguer des langues artificielles. Puis j’ai supprimé « naturelles ». À travers la diversité des langues, donc, puis m’étant aperçu que je n’avais pas assez enfoncé le clou, j’ai ajouté : et des textes. Et je pourrais même ajouter : et des situations. C’est-à-dire à travers la diversité de tout ce qui présente de la diversité, et qui a à voir avec le langage. (Culioli 2008, p. 114)

    19Et de citer Desanti dans sa préface au livre de Gilles Châtelet, Les enjeux du mobile. Mathématiques, physique, philosophie (1993) :

    Casser les jeux tout faits pour surprendre le surgissement de la chose même (…) que ces jeux ont concernée, et qu’ils ont fini par masquer dans leur accumulation bien réglée et tellement satisfaisante.

    20La suite de l’article est pour ainsi dire un cheminement parmi les sources de cette nouvelle manière de concevoir le fonctionnement langagier (terme dont Culioli revendique la paternité dans ce contexte). Il cite Cavaillès et sa Méthode axiomatique et formalisme, Georges Gusdorf fort peu cité actuellement, mais aussi ses expériences avec des scientifiques aphasiologues. En ne se limitant pas aux conclusions de Roman Jakobson, qui avait surtout travaillé avec des enfants. Il est important de saisir ce que la démarche d’Antoine Culioli distingue dans ces situations comme la production spontanée, telle celle-ci :

    Je me souviens en particulier de cette patiente qui disait : « Il y a du caillouteux… » Elle utilisait trois termes, et des termes qui sont en français ce qu’on appelle des partitifs. Elle ne disait pas « il y a des cailloux », elle disait : « il y a du caillouteux. (…) Ou encore cette patiente qui disait : « Je suis une femme comme une autre », puis s’est reprise et a dit : « Je suis une femme comme les autres ». (Culioli 2008, p. 117)

    21Ce rapport avec la psychologie, mais aussi avec une lecture de Freud (L’Abrégé de psychanalyse), déplace la perception du fait linguistique vers ce qui en quelque sorte le sous-tend : un déplacement qui relève non seulement du travail sur la langue que réalise tout locuteur mais aussi d’un travail de la langue. Travail élaboré tout au long de ses modifications et que la connaissance des étymologies, des systèmes de transformations des langues, de leurs « voyages » dans l’espace et dans les temps implique. Comme disait Haudricourt, « les mots sont comme les semences que le vent emporte » et qui se posent dans des terreaux qui peuvent ou non être accueillants.

    22C’est dans la version publiée de la retranscription de l’« Ouverture » au volume offert par l’équipe « Invariants langagiers » (URA 1028) à Antoine Culioli, où les sous-titrages sont en quelque sorte un répertoire de sa méthode : Le langage et les langues, Métalangue et formalisation, L’« intention de signifier », Le concept de lexis, La topologie, Construction d’un système de référence, Le stable et le déformable, La complexité, Opérations fondamentales, Objectifs pour la linguistique2, que nous pouvons en saisir la complexité. Voilà un véritable inventaire à la Prévert, et qui en dit long sur les déplacements réalisés par une pensée plongée dans un travail de terrain relevant systématiquement les écarts, les différences par rapport à une « norme » élaborée par l’histoire. Une pensée à l’affût des nouvelles manières d’aborder ce que nous pouvons appeler l’aspect « dur », « scientifique », mais aussi « philosophique » et « anthropologique » des faits linguistiques pour permettre d’en rendre compte.

    23Dans les Onze rencontres sur le langage et les langues, un exercice auquel se sont livrés Claudine Normand et Antoine Culioli – et qui évoque les entretiens de Desanti avec Grisoni –, le jeu de la co-énonciation, pour le placer dans son cadre, balaye systématiquement les questions posées. Un exemple portant justement sur la manière d’analyser la portée du terme « sujet » en linguistique illustre cette démarche :

    CULIOLI : Une fois que j’ai dit : qu’il y avait le telos par rapport au stokhos, quand j’ai dit qu’il y avait le co-énonciateur qui n’était pas l’interlocuteur, et quand j’ai dit que le co-énonciateur pouvait être raccroché à la relation de soi à soi, comme soi à un autre que soi qui est soi-même, et que ça peut se rattacher à l’autre éventuellement, c’est-à-dire que ça glisse, qu’il y avait la bifurcation (…) je crois que du point de vue du linguiste, une fois de plus, je ne peux guère dire plus que tout ce que je viens de, non pas « dire », mais dire de façon allusive, et après… je parle à la place d’un autre, et je n’ai pas l’intention de parler à la place d’un autre. (Culioli et Normand 2005, p. 280)

    24Et si ce n’est pas votre « voix-intérieure » qui vous en fait la lecture, il est vraiment difficile de suivre l’échelonnement des strates d’appropriation de la relation de co-énonciation qui constitue l’axe central de la théorie.

    25Nous sommes ici loin des pratiques courantes d’une linguistique ne portant que sur des formes dans un système rigide, comme dans les grammaires formelles par exemple, et qui impliquent un degré d’abstraction proche de la tradition grammairienne classique. Culioli, avec ruse, nous plonge ici dans un jeu de langage pour le moins wittgensteinien qui permet de saisir les variantes mais aussi les constantes des échanges verbaux, où il y a stabilité mais aussi déformabilité. Ce qui relie ces opérations à celles que l’on observe à travers le temps et l’espace dans le nomadisme des langues, et que l’on nomme philologie...

    26Nous avons essayé de mettre en rapport quelques détails de la démarche de ces deux « penseurs corses » dans des disciplines a priori fort différentes. Si la philosophie peut permettre d’élargir les domaines de sa recherche lorsqu’elle s’éloigne de l’histoire de la discipline, la linguistique a – heureusement – besoin de faire appel à des systèmes théoriques ne se limitant pas au classificatoire. Dans ce sens, les pratiques langagières de Desanti et de Culioli se rejoignent, tous deux s’exerçant à mettre en mots, en discours, en échanges, des questions centrales de leurs pratiques disciplinaires.

    27En ce sens – nous semble-t-il – le parcours de Sylvain Auroux s’inscrit dans cette lignée. Citons ne serait-ce que le titre de l’un des ses livres : La raison, le langage et les normes3, qui s’annonce comme un parcours allant et venant du philosophique au linguistique et au social.

    H(istoire) – É(pistémologie) – L(angage), ou l’une des aventures de Sylvain Auroux

    28Ces trois lettres, qui ne sont que la métaphore d’un cheminement complexe – et combien abondant – dans l’œuvre de Sylvain Auroux, sont aussi celles d’une aventure collective avec des linguistes s’occupant aussi bien de langues « diverses et variées » que des démarches rendant compte non seulement de leur structure et fonctionnement, mais aussi de leur histoire et des chemins théoriques permettant leur analyse et leur comparaison.

    29Rien qu’à parcourir la liste des innombrables travaux de Sylvain Auroux, on est frappé par la systématicité de sa démarche qui, me semble-t-il, ne laisse jamais de côté le regard philosophique. À titre d’exemple pensons à l’importance de la pensée de Condillac et de celle des « idéologistes », en particulier Destutt de Tracy, qui écrit :

    […] le défaut de toutes les Grammaires, même les plus philosophiques, est de vouloir rendre raison de la composition des signes avant d’avoir expliqué la composition des idées qu’ils représentent. (Destutt de Tracy 1970, p. 10-11)

    30Mais qui emploie aussi un métalangage qui nous est familier :

    Nous savons que tout système de signes est un langage : ajoutons maintenant que tout emploi d’un langage, toute émission de signes est un discours […]. Sentir et juger, voilà toute notre intelligence. (Ibid. p. 21)

    31L’intérêt porté par Sylvain Auroux à cet aspect, très souvent négligé, de l’articulation entre pensée et langage/langues/expression etc., permet de comprendre la complexité de sa démarche. En effet, si l’on part de l’articulation entre « idée » et « signe », on se trouve nécessairement porté à étudier les hypothèses précédentes, allant des interrogations sur les/l’origine du langage et des langues et leurs développements historiques et mythiques aux propositions « matérialistes », en quelque sorte, comme celles de Desttut. D’où l’intrication du philosophique et de l’étude historique des transformations, modifications, filiations des systèmes linguistiques. Or, ce travail encyclopédique implique des équipes, des échanges et des apports théoriques complémentaires que l’on retrouve dans les volumes publiés sous sa direction, tel le dictionnnaire des Notions philosophiques4, ou dans presque tous les numéros de HEL.

    32Aborder les travaux de Desanti et de Culioli depuis une démarche linguistico-historique lui a permis de construire la distance nécessaire à leur analyse. Pour exemple un florilège de l’article au nom prédestiné, « La philosophie linguistique d’Antoine Culioli5 » :

    Si on laisse de côté la question des universaux substantiels, chez ceux qui admettent la nature formelle du langage, ces universaux sont tout simplement des structures formelles. Chez Culioli, c’est la notion d’invariants langagiers qui prend la place des universaux. (p. 52)

    La transformation essentielle qu’il faut considérer, c’est le passage d’une langue à une autre et, subsidiairement, celui d’un groupe de formules à un autre groupe de formules de la même langue. (p. 53)

    Sans la possibilité de construire, à partir des langues du monde, un ensemble bien défini d’opérations, il n’y a pas d’invariance et donc pas de linguistique générale. (p. 53)
    Être linguiste c’est se confronter aux phénomènes, repérer les bons exemples, faire des rapprochements auxquels celui qui n’a pas cette expertise ne pense pas. (p. 56)

    33Pour reprendre une métaphore de Marcel Granet, rapportée par Georges Dumézil dans Mitra Varuna : « La méthode, c’est le chemin après qu’on l’a parcouru », il me semble que la principale difficulté pour aborder la pensée et la démarche de Sylvain Auroux, c’est la multiplicité des « chemins » empruntés.

    34Une multiplicité qui est le propre de disciplines en constante transformation. Prenons certaines notions qu’il a formulées, telles celle de grammatisation ou d’hyperlangue, utilisées par des linguistes se trouvant devant des phénomènes nouveaux : langues en transformation, comme l’espagnol ou le portugais, parlées en Amérique du Sud, et marquées par l’histoire récente, celle des migrations par exemple, ou bien la nécessité d’approcher des systèmes linguistiques déjà « appropriés » mais dont l’analyse ne satisfait plus les pratiques langagières, comme le français du « 93 »…

    35En s’ouvrant à la diversité des méthodes – et des disciplines – le chemin philosophico-historico-linguistique de Sylvain Auroux contribue de manière fondamentale au renouvellement des problématiques langagières.

    36Et c’est dans ce cadre polémique et alléchant que nous pouvons lire – et relire – son ouvrage Barbarie et Philosophie. Ouvrage qu’il m’avait dédicacé d’un : « … la grande offensive des encyclopédistes a commencé… ». Eh bien ! Qu’elle se poursuive !

    Bibliographie

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    Format

    Auroux, S. (1990). Barbarie et Philosophie. Presses Universitaires de France. https://doi.org/10.3917/puf.aurou.1990.01
    Auroux, Sylvain. “Barbarie Et Philosophie”. []. Presses Universitaires de France, January 1, 1990. doi:10.3917/puf.aurou.1990.01.
    Auroux, Sylvain. Barbarie Et Philosophie. [], Presses Universitaires de France, 1 Jan. 1990. Crossref, https://doi.org/10.3917/puf.aurou.1990.01.

    Cette bibliographie a été enrichie de toutes les références bibliographiques automatiquement générées par Bilbo en utilisant Crossref.

    Références

    Auroux Sylvain éd., 1990, Notions philosophiques, 2 vol., seconde partie de l’Encyclopédie philosophique universelle publiée sous la dir. d’André Jacob, Paris, PUF, 1990.

    10.3917/puf.aurou.1990.01 :

    Auroux Sylvain éd., 1990, Barbarie et philosophie, Paris, PUF (Philosophie d’aujourd’hui).

    Auroux Sylvain éd., 1992, « La philosophie linguistique d’Antoine Culioli », La Théorie d’Antoine Culioli. Ouvertures et incidences, Groupe invariants langagiers éd., Paris, Ophrys, p. 39-59.

    Auroux Sylvain éd., 1998, La raison, le langage et les normes, Paris, PUF.

    Collectif, 1992, La théorie d’Antoine Culioli. Ouvertures et incidences, actes de la table ronde « Opérations de repérage et domaines notionnels », organisée par le groupe « Invariants langagiers » (URA 1028), université Paris VII, mai-juin 1991, Paris, Ophrys.

    Culioli Antoine et Normand Claudine, 2005, Onze rencontres sur le langage et les langues, Paris, Ophrys.

    Culioli Antoine, 2008, « Nouvelles variations sur la linguistique », Vivre le sens, Carlo Ginzburg, Marie-José Mondzain, Michel Deguy, Antoine Culioli, Georges Didi-Huberman éd., Centre Roland-Barthes, Institut de la pensée contemporaine, Paris, Seuil.

    Desanti Jean-Toussaint, 1983, « L’obscène ou les malices du signifiant », L’obscène, Traverses 29, Centre Pompidou.

    Destutt de Tracy Antoine Louis Claude, 1970, Éléments d’idéologie, seconde partie, Grammaire, an XI-1803, Paris, Vrin.

    Mondzain Marie-José éd., 2003, Voir ensemble : douze voix autour d’un texte de Jean-Toussaint Desanti, Paris, Gallimard (Réfléchir le cinéma).

    Notes de bas de page

    1 Les citations entre guillemets renvoient à la « parole » de J.-T. Desanti lors de sa conférence. J’ignore s’il existe une version enregistrée de cette session, ce ne sont que les notes que j’ai prises ce jour-là.

    2 Voir Collectif 1992, p. 3-15.

    3 Auroux 1998.

    4 Auroux éd. 1990

    5 Auroux 1992, p. 263.

    Auteur

    • Sophie Fisher

      EHESS

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    Histoire de l'automatisation des sciences du langage

    Histoire de l'automatisation des sciences du langage

    Jacqueline Léon

    2015

    Entre expression et expressivité : l’école linguistique de Genève de 1900 à 1940

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    Charles Bally, Albert Sechehaye, Henri Frei

    Anamaria Curea

    2015

    Voix et marqueurs du discours : des connecteurs à l'argument d'autorité

    Voix et marqueurs du discours : des connecteurs à l'argument d'autorité

    Jean-Claude Anscombre, Amalia Rodríguez Somolinos et Sonia Gómez-Jordana Ferary (dir.)

    2012

    Histoire des théories du temps dans les grammaires françaises

    Histoire des théories du temps dans les grammaires françaises

    Jean-Marie Fournier

    2013

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    1 Les citations entre guillemets renvoient à la « parole » de J.-T. Desanti lors de sa conférence. J’ignore s’il existe une version enregistrée de cette session, ce ne sont que les notes que j’ai prises ce jour-là.

    2 Voir Collectif 1992, p. 3-15.

    3 Auroux 1998.

    4 Auroux éd. 1990

    5 Auroux 1992, p. 263.

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    Fisher, S. (2014). D’un « Corse » à l’autre : quelques étapes d’un parcours de Sylvain Auroux. In S. Archaimbault, J.-M. Fournier, & V. Raby (éds.), Penser l’histoire des savoirs linguistiques. Lyon: ENS Éditions. https://doi.org/10.4000/books.enseditions.32125
    Fisher, Sophie. « D’un “Corse” à l’autre : quelques étapes d’un parcours de Sylvain Auroux ». In Penser l’histoire des savoirs linguistiques, édité par Sylvie Archaimbault, Jean-Marie Fournier, et Valérie Raby. Lyon: ENS Éditions, 2014. doi:10.4000/books.enseditions.32125.
    Fisher, Sophie. « D’un “Corse” à l’autre : quelques étapes d’un parcours de Sylvain Auroux ». Penser l’histoire des savoirs linguistiques, édité par Sylvie Archaimbault et al., ENS Éditions, 2014, https://doi.org/10.4000/books.enseditions.32125.

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    Archaimbault, S., Fournier, J.-M., & Raby, V. (éds.). (2014). Penser l’histoire des savoirs linguistiques. Lyon: ENS Éditions. https://doi.org/10.4000/books.enseditions.31945
    Archaimbault, Sylvie, Jean-Marie Fournier, et Valérie Raby, éd. Penser l’histoire des savoirs linguistiques. Lyon: ENS Éditions, 2014. doi:10.4000/books.enseditions.31945.
    Archaimbault, Sylvie, et al., éditeurs. Penser l’histoire des savoirs linguistiques. ENS Éditions, 2014, https://doi.org/10.4000/books.enseditions.31945.
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