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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral I. — Être secrétaire d’État et conseiller du prince II. — Secrétaires d’État et conseillers du souverain, des hommes au centre du gouvernement monarchique III. — L’entourage des secrétaires et des conseillers, un instrument de pouvoir Notes de bas de page

    Le clan Bochetel

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Chapitre III

    Les puissants du clan : la figure du « ministre » du souverain

    p. 267-312

    Texte intégral I. — Être secrétaire d’État et conseiller du prince 1. Les secrétaires et le monde des dépêches 1.1. « Ceste caravane de pacquetz » 1.2. Les secrétaires et la redistribution des nouvelles 2. Le pouvoir de la plume 2.1. La mise en forme des dépêches 2.2. L’écriture des dépêches comme instrument d’influence 3. La dure vie de secrétaire d’État II. — Secrétaires d’État et conseillers du souverain, des hommes au centre du gouvernement monarchique 1. Deux leviers de pouvoir : les finances et les affaires étrangères 1.1. « Faire la pierre philosophale » ou veiller aux finances royales 1.2. Une influence sur la direction des affaires étrangères ? 2. Le clan, la cour et la faveur royale 2.1. Des interfaces entre le roi et les agents de la couronne 2.2. La main sur la faveur royale 3. Amis et ennemis du clan 3.1. Des ennemis sans visage 3.2. Amis et compagnons du gouvernement monarchique III. — L’entourage des secrétaires et des conseillers, un instrument de pouvoir 1. Le cercle rapproché des commis 2. La place du clan dans l’appareil monarchique 2.1. La présence dans les charges financières 2.2. La présence des officiers de justice du clan dans l’appareil monarchique Notes de bas de page

    Texte intégral

    1Saint-Simon a une haute opinion de Claude de L’Aubespine, dont il estime qu’il a mis les secrétaires d’État « hors de page »1 en donnant une autorité et des prérogatives importantes à cette nouvelle charge. Ce constat semble issu d’une lecture téléologique de l’évolution de la charge des secrétaires d’État : ainsi, L’Aubespine préfigurerait les puissants ministres de Louis XIV contemporains de Saint-Simon et dont le travail est mieux connu2. C’est en effet en ayant à l’esprit ce point d’arrivée, à la fin du xviie siècle, que l’on peut observer les pratiques des secrétaires d’État du clan Bochetel, car nombreuses sont les pratiques déjà en germes pendant cette seconde moitié du xvie siècle, alors que la charge de secrétaire est à définir. Les secrétariats d’État, instaurés en 1547, sont encore faiblement institutionnalisés, et c’est donc l’homme qui fait la fonction, par ses pratiques, par ses expériences passées, mais aussi par son ambition. Les gens du clan, par leur longue présence dans ces charges, ont donné leur visage à ces secrétariats. Les correspondances offrent des indices sur le quotidien des secrétaires d’État et sur les fondements de leur pouvoir. Les archives notariales, en dévoilant les réseaux de ces secrétaires, appuient encore l’analyse de ces pratiques de pouvoir. À la cour, le clan Bochetel peut compter sur deux, puis trois secrétaires d’État, auxquels il faut adjoindre deux conseillers influents du clan que sont Jean de Morvillier et Sébastien de L’Aubespine. Le Berry offre un socle de pouvoir, procurant revenus et alliés locaux, mais la présence dans les cercles du gouvernement monarchique permet d’exercer une influence au plus haut niveau et de favoriser les carrières des membres de tout le clan. Là encore, l’étude des factions des xviie et xviiie siècles est inspirante. À la cour, « la principale monnaie [est] […] la faveur capitalisée », le crédit que la charge de ministre peut donner. Le rôle politique de ces hommes leur offre une proximité avec le roi en même temps qu’une possibilité d’exercer leur patronage. Les factions cherchent à conserver les charges clefs obtenues difficilement à la cour, et ainsi une présence en cas de revirement de la faveur3. Le clan suit le même fonctionnement. Les secrétaires d’État, proches du roi, sont le moteur du clan : ils redistribuent les faveurs royales aux alliés et, par la patrimonialisation des charges, assurent une présence continue au cœur du gouvernement monarchique. Cependant, au xvie siècle, les secrétaires d’État ne sont encore que des ministres en devenir et l’avènement des ministres de Louis XIV n’est qu’un horizon possible mais qui n’est pas inéluctable. La période permet de comprendre comment la charge a pu acquérir un poids important dans le gouvernement monarchique et à la cour, offrant à son détenteur un crédit considérable. Pour ce faire, il faut examiner les activités quotidiennes, dont l’étude connaît un profond renouveau depuis les années 1990, avec une attention portée aux aspects pratiques du travail4. Les guerres de Religion conduisent les souverains à s’appuyer sur les secrétaires d’État qui gagnent ainsi en pouvoir. Ceux-ci ont deux atouts à faire valoir : tout d’abord une expérience des affaires et une haute compétence dans la mise en forme des volontés royales, ensuite un réseau d’alliés et d’agents qui leur permettent de pallier l’absence d’administration. C’est là, aussi, toute l’originalité du clan : par ses nombreux alliés, il confère à la figure du secrétaire d’État les traits d’un homme de réseau. Ce réseau peut être compris dans la perspective de la Mikropolitik développée par Wolfgang Reinhard, qui met en évidence l’emploi d’un réseau de relations informelles et personnelles à des fins politiques. Parmi les relations de dépendance à un personnage, il identifie quatre modalités : le patronage, l’amitié, la relation familiale et l’origine commune5. Les réseaux des secrétaires d’État correspondent à cette conception. Les secrétaires exercent leur patronage sur plusieurs personnages qui lui doivent leur carrière, ont un ensemble d’amis, et s’appuient sur des parents pour l’exercice de leurs tâches. Enfin, tous ces hommes s’insèrent dans un clan issu du Val de Loire. Ce vaste réseau est mis au service du secrétaire et permet à ce dernier de mieux exercer ses fonctions au quotidien, mais aussi de développer son ascendant politique au sommet de l’État. En raison de ces deux grandes orientations dans la figure du secrétaire d’État, l’on peut donc insister sur le quotidien de ces conseillers et montrer comment ils ont su faire de leur charge un instrument de pouvoir susceptible de les rendre indispensables au gouvernement monarchique. En peignant ce portrait, il s’agit d’examiner les prémices d’une figure bien connue du xviie siècle : celle du ministre du souverain qui, à l’image d’un Colbert ou de la dynastie des Le Tellier-Louvois, exerce de larges prérogatives dans le gouvernement et a à cœur d’accroître son influence en plaçant des fidèles dans les principales instances de la monarchie6.

    I. — Être secrétaire d’État et conseiller du prince

    1. Les secrétaires et le monde des dépêches

    1.1. « Ceste caravane de pacquetz »

    2Les gens du clan contribuent à définir les pratiques de ces premiers secrétaires et leur périmètre d’action. La charge leur offre un instrument de pouvoir important, tant par ses prérogatives que par sa proximité du roi.

    3L’un des éléments conférant un grand pouvoir aux secrétaires d’État est la maîtrise des nouvelles, qui constituent leur quotidien. En toile de fond de ces charges se trouvent les « caravanes de paquets »7 qui parviennent entre leurs mains. Ils sont les destinataires premiers des missives et expédient les réponses sous l’œil du souverain. D’un point de vue institutionnel, ce travail est la première mission de ces secrétaires. La raison d’être de cette nouvelle charge peut être comprise par la hausse du volume de l’information, mais aussi dans une nouvelle pratique du gouvernement, davantage fondée sur l’écrit, qui s’affirme à la Renaissance, consistant notamment à s’appuyer sur l’écrit pour la réflexion et la prise de décision politique8. Secrétaires d’État et conseillers tiennent à être particulièrement bien informés et à lire les dépêches, invitant d’ailleurs leurs interlocuteurs à écrire le plus souvent possible, tout comme les souverains l’exigent des ambassadeurs. Pour recevoir ces papiers de plus en plus nombreux, les secrétaires des commandements se voient attribuer, par le règlement du 1er avril 1547, un département géographique dont ils reçoivent les correspondances. Hormis la brève innovation de 1570, qui voit l’apparition d’une spécialisation thématique, en confiant à Simon Fizes les affaires de la maison du roi et de la gendarmerie, les secrétaires restent attachés, jusqu’au règne de Henri IV, à ces départements9. Leur attribution révèle la prépondérance d’un secrétaire sur ses collègues : en 1567, le nouveau découpage favorise ainsi Claude de L’Aubespine qui prend notamment en charge la péninsule Ibérique, l’Empire, l’Angleterre et l’Écosse. Les départements ne sont pas particulièrement respectés10. Sous Henri II, Claude II de L’Aubespine est bien informé de la situation en Écosse et en Angleterre, qui relèvent pourtant du département de son beau-père, Guillaume Bochetel11. D’autres missives montrent le personnage très informé des affaires italiennes traitées par le département de Cosme Clausse12. Peu à peu, cependant, les limites des charges semblent se préciser. Dès 1561, Claude de L’Aubespine répond aux dépêches écrites à la cour par Bernardin Bochetel, ambassadeur dans l’Empire. Il précise en outre qu’il ouvre les missives qui sont destinées à Jacques Bourdin, chargé des relations avec ce pays et interlocuteur de l’ambassadeur pour ses affaires. Ces missives d’un ambassadeur au secrétaire contiennent sans doute d’autres nouvelles, ainsi que des propos plus privés, concernant ses affaires. C’est pour mieux informer le roi sur la situation de l’Empire, en l’absence de son collègue, mais aussi répondre aux demandes de son beau-frère, que L’Aubespine ouvre ces lettres qui ne lui sont pas destinées13. Plus nettement, à la fin des années 1560, si la confusion des départements peut toujours être remarquée, lorsqu’un secrétaire empiète sur le département de son collègue, il précise souvent explicitement que c’est en raison de son absence. Pierre Brulart le précise par exemple au duc de Nevers en septembre 1569, lorsqu’il explique qu’il ne reste plus que lui pour transmettre les nouvelles d’Italie, L’Aubespine étant malade et Fizes et Villeroy auprès du duc d’Anjou en campagne14. Cette confusion des départements s’explique de plusieurs manières. L’organisation de la charge est encore balbutiante, avec un personnel restreint, de sorte que la seule façon pour un secrétaire de prendre quelque repos est de laisser les affaires à ses collègues. Le 4 mai 1557, Claude de L’Aubespine informe Bernardin Bochetel que Jacques Bourdin a été malade, et que, à son arrivée à Paris, « il ne demandoyt que à laisser cest Enfer, comme il le feist des le jour mesme, et partant me laissa plusieurs pappiers et autres »15. La seconde explication de cette confusion concerne les liens du sang et l’appartenance au clan Bochetel où le travail est largement accompli de conserve. Du reste, les hommes se concertent, ainsi de Villeroy qui, avant de communiquer une lettre au roi, en parle avec Brulart16.

    4Les deux conseillers influents du clan, Jean de Morvillier et Sébastien de L’Aubespine, prennent place dans cette organisation. Les secrétaires d’État montrent une partie importante des missives à ces deux hommes et les consultent. Ainsi, Pierre Brulart présente une lettre de Pomponne de Bellièvre à Morvillier et à L’Aubespine, et la lit aux souverains17. De plus, ces hommes participent activement aux affaires, presque à l’égal des secrétaires. Le 3 mars 1564, Morvillier précise ainsi à Bernardin Bochetel que L’Aubespine et son frère, Sébastien, sont en leurs maisons, laissant les affaires à Jacques Bourdin, remarque qui inclut Sébastien de L’Aubespine dans le système des secrétariats d’État18. Jean de Morvillier, en 1576, envoie à Villeroy une missive de Bellièvre, alors en négociation avec les reîtres de Jean-Casimir qu’il doit solder, afin de la montrer au roi et à la reine, et lui communique l’impression produite par la lettre19. C’est là une étroite communauté entre secrétaires et conseillers, les premiers s’appuyant sur les opinions des seconds et sur la correspondance qu’ils reçoivent pour informer au plus près le roi et la reine mère.

    1.2. Les secrétaires et la redistribution des nouvelles

    5Tous ces paquets qui parviennent aux secrétaires posent la question de ce qu’ils font de l’information, élément clef de leur pouvoir. La nouvelle est, au xvie siècle, une « denrée de luxe »20, car, pour reprendre l’analyse de Denis Crouzet sur Catherine de Médicis, « gouverner est tout savoir, ou, au moins, savoir plus que tous les autres protagonistes de l’histoire »21. Les secrétaires ont connaissance du contenu des missives, mais reçoivent aussi des discours, qui les éclairent sur des points très précis, ou encore des plans de villes, ou de batailles22. Les secrétaires d’État sont alors confrontés à une véritable inflation d’informations déjà ancienne et observée dans la diplomatie italienne depuis au moins la seconde moitié du xive siècle. Les secrétaires redistribuent l’ensemble de ces nouvelles.

    6Le premier destinataire est le souverain. Les dépêches sont lues, mais aussi présentées au Conseil, et, le processus de délibération achevé, elles suscitent une réponse. Ce schéma correspond aux premiers règlements des secrétaires, qui se font plus nombreux sous Henri III. Un règlement de 1585 prévoit qu’ils lisent le matin les dépêches au roi et les réponses préparées selon les ordres reçus ; lors du règlement de 1588, à la suite du renvoi des secrétaires, ils lisent les dépêches, portent les réponses le lendemain pour être signées, et, chaque jour, ils portent un extrait des dépêches et des réponses au roi. Lorsque le roi est absent, les secrétaires reçoivent les dépêches et les ouvrent en présence de personnages désignés pour cela. Ils communiquent en outre les dépêches au Conseil23. Ces règlements dessinent une volonté de contrôle du souverain, qui n’est pas propre à Henri III, puisque Catherine de Médicis, déjà, demandait que les secrétaires lui présentent les dépêches scellées et les lui laissent ouvrir24. La pratique, elle, est un peu différente de cet idéal, et peut s’approcher à l’aide d’une courte missive de Pierre Brulart à Henri III, le 10 mars 1582 :

    J’ay receu une depesche du sr de La Verriere et une autre d’Anzel, qui est a la court de l’Empereur, lesquelles j’envoye presentement a Vostre Majesté, affin qu’elle voye les occurences de ce costé la. Pour la premiere, la principale responce qui y sera requise c’est de pourveoir au paiement de la garnison, dont je solliciteray Messieurs du Conseil. Il fauldra aussy, s’il plaist a Vostre Majesté, resouldre ce que ceulx de Metz auront a faire sur l’intimation de la journee imperialle qu’ilz ont faict aux dernieres journees ausquelles j’estime qu’ilz n’ont comparu, se distraiant peu a peu de l’obeissance de l’Empire, ce qui redonde tousjours a l’acroissement de l’auctorité de vostre Majesté qui le doibt a ceste occasion trouver bon et avoir agreable. Pour le regard de la lettre dud. Anzel, il n’est besoing que de l’admonester d’escripre tousjours soigneusement et de s’informer bien particulierement des choses que l’on vouldra traicter a ceste prochaine journee25.

    7Cette lettre s’inscrit tout à fait dans les attributions de Brulart, dont le département géographique comprend les pays germaniques : Philippes de Senneton, seigneur de La Verrière, est lieutenant à Metz depuis 1578, et Guillaume Ancel, ambassadeur dans l’Empire depuis 157626. En revanche, le premier écart vis-à-vis du règlement est l’ouverture des lettres : non seulement Brulart en sait le contenu, mais de surcroît il propose immédiatement les réponses à donner. En cela, il s’inscrit dans la pratique ordinaire des secrétaires : Edward Stafford, en mars 1588, évoque la venue, en grande diligence, de deux courriers, l’un de Rome, l’autre de Venise, et, Villeroy étant en sa demeure à douze lieues de Paris, le courrier a poussé jusqu’à celle-ci plutôt que de s’adresser à un autre secrétaire, signe d’une affaire de quelque importance27. Néanmoins, ordinairement, les secrétaires portent au roi, ou à la reine mère, les lettres qu’ils lui lisent. Ce travail de lecture est partiel et orienté, et les secrétaires adoucissent parfois certains points ou ne lisent tout simplement pas certaines pièces28. Face au nombre croissant des dépêches, le roi et la reine mère ne lisent pas tout et se reposent largement sur les secrétaires. La lettre de Pierre Brulart le montre : celui-ci a déjà identifié et résumé en quelques mots les points cruciaux des dépêches. C’est là le travail préparatoire effectué dans les secrétariats, à quoi s’ajoute le déchiffrement ou la traduction29. Il convient en outre de tenir compte de l’importance de l’oralité : les porteurs sont chargés de nombreux messages et l’information est donc souvent orale30. De plus, les secrétaires usent largement de résumés et non de lectures in extenso. Ce sont des pratiques déjà en usage dans l’Italie du xve siècle, où par exemple la Chancellerie des Sforza à Milan collationnait des résumés de lettres dans des volumes31. Claude II de L’Aubespine envoie ainsi au duc d’Aumale, en septembre 1549, un extrait abrégé des nouvelles32.

    8Néanmoins, une fois le travail préparatoire accompli, le secrétaire doit présenter les lettres au roi, source de grandes difficultés sous Henri III. Une autre lettre de Pierre Brulart l’illustre :

    Quant j’ay receu les deux lettres qu’il vous a pleu m’escripre du xxie de ce moys, le Roy estoit a Fontenay ou je les luy envoyay, et le trouva celluy que je y depesche comme il estoit prest a monter a cheval pour venir disner au boys de Vincennes, qui fut la veille de la Nostre Dame. Il arriva ce jour mesmes au soir, et remit, a cause de la feste, d’en prendre resolution hier matin. Toutesfoys, il passa toute la matinee deviser a part avec la Royne sa mere, ou Monsieur de Villeroy fut quelque temps, et sans resouldre lad. responce, encores que je l’en ramenteusse. Il s’en alla a la messe, d’aultant qu’il estoyt tard, puys disner aux Capucins. Ce matin, que je faisoys compte que ceste responce pourroit estre resolue, il est party des les cinq heures pour aller disner au boys de Vincennes, d’ou l’on ne sçayt s’il sera de retour ce soir. Quoy que ce soyt, s’il vient, ce sera si tart qu’il fauldra actendre a demain pour avoir sa resolution sur les susd. lettres et sur celle que j’ay ce jour d’huy receue sur le midy, de sorte qu’il n’y a nul ordre que en puissiez avoir responce au temps que vous le desirez, estant bien marry de ces retardemens33.

    9Cette lettre est rédigée le 27 mars 1588, alors que le souverain est confronté aux agissements de la Ligue catholique. Depuis 1582, il se livre à de spectaculaires exercices de piété, ce qui complique encore l’œuvre des secrétaires, contraints de tenir compte des jours de dévotion, ici Notre-Dame34. On lit, dans ces constants délais, dans les rappels répétés du secrétaire, une certaine exaspération qui n’est d’ailleurs pas propre à Brulart. Claude Pinart, dix ans plus tôt, s’excuse lui aussi d’un retard dû au fait qu’il doit porter les missives au roi, qui ne les a vues que le lendemain, pour ordonner sa réponse35. Les règlements imposent de présenter les lettres au roi, et Henri III gouverne avec secret et avec le souci de prendre personnellement en main les affaires, de façon que l’obligation de l’informer au plus près est plus étroitement gardée. Or, le roi est souvent en voyage avec une petite compagnie. Le temps des princes n’est pas celui des secrétaires : Claude de L’Aubespine l’éprouvait déjà sous François II, contraint d’attendre que Marie Stuart soit réveillée pour pouvoir transmettre ensuite les réponses aux lettres de la reine d’Angleterre36. Sous Charles IX, les secrétaires travaillent étroitement avec Catherine de Médicis, et les secrétaires sont souvent à ses côtés. Sous Henri III, la reine mère et son fils sont souvent séparés, et le roi est souvent absent, de sorte qu’il devient très difficile aux secrétaires de travailler avec diligence, alors même que le contexte de guerre civile l’exige tout particulièrement. Ainsi, en septembre 1575, Villeroy prie le duc de Nevers de l’excuser de ne lui avoir plus tôt répondu, car il devait suivre Catherine de Médicis pour se rendre à Chambord afin de négocier avec François d’Alençon qui a fui la cour pour prendre la tête des Malcontents37. Le roi, en outre, se remet souvent à son Conseil, suscitant encore des délais : c’est ce que Claude Pinart évoque en transmettant au roi une lettre de l’ambassadeur de la reine d’Angleterre38.

    10Les secrétaires transmettent les nouvelles, outre au roi, aux agents de la couronne et à leurs parents. Ainsi, sous Henri II, Guillaume Bochetel s’efforce de donner au duc de Guise toutes les nouvelles militaires d’Écosse39. Elles sont aussi présentées aux gens du clan, ce qui en fait des hommes particulièrement bien informés. Jean Jomyer, serviteur de Jean de Morvillier, transmet tout ce qu’il peut apprendre à Jacques Gassot, aux premiers rangs de la notabilité berruyère. Outre ces nouvelles très diverses, les secrétaires sont aussi informés de menées secrètes. Ils ne mentionnent pas tout dans leurs dépêches, opèrent, comme les ambassadeurs, un tri selon ce qu’ils estiment le plus véridique. Claude II de L’Aubespine s’en fait l’écho après la conjuration d’Amboise, lorsqu’il informe Montmorency que, finalement, les entreprises « dont l’on se mocquoyt », ont été exécutées : des rumeurs de préparatifs étaient venues aux oreilles du secrétaire qui n’y avait pas accordé beaucoup de crédit en premier lieu40.

    2. Le pouvoir de la plume

    2.1. La mise en forme des dépêches

    11Recevant les correspondances, les secrétaires d’État en sont aussi à l’origine, car ils sont d’abord des scribes et, même parés du pouvoir politique qu’ils ont acquis pendant la seconde moitié du xvie siècle, cette origine est encore bien connue de Villeroy qui estime ainsi, évoquant les secrétaires d’État, que « nous recepvons et sommes capables et idoines de passer tous actes »41. Une grande partie de leur travail quotidien consiste ainsi à écrire, mais les témoignages dont on dispose concernent avant tout l’écriture des correspondances, et principalement sous le règne de Henri III. Dans le processus de préparation des dépêches, les secrétaires ont un rôle prépondérant : le roi exprime sa volonté, bien sûr, mais les secrétaires en sont, la plupart du temps, les interprètes. Les secrétaires préparent les dépêches, puis les présentent au roi qui acquiesce ou demande des corrections. Claude Pinart écrit ainsi à Henri III, le 18 août 1583, qu’il exerce la charge de Villeroy en son absence, et lui envoie le déchiffrement d’une lettre qu’écrivait le maréchal Jacques de Matignon à Villeroy et un autre d’une missive de l’ambassadeur en Espagne, Pierre de Ségusson, seigneur de Longlée. Il ajoute que, suivant cette dépêche de l’ambassadeur, en a été écrite une du roi en Languedoc et en Provence afin que les ports soient bien gardés42. Pinart ne lui présente d’ailleurs pas la lettre. Les secrétaires ont en effet coutume d’écrire pour le roi, parfois de signer en son nom, une pratique qui existe depuis le règne de Louis XI pour certains actes43. Néanmoins, la pratique qui paraît la plus usuelle sous Henri III est de présenter au roi les dépêches écrites, afin qu’il les signe ou les fasse amender. Le souverain étant alors plus fréquemment séparé du Conseil, on assiste à un aller et retour de papiers, et à l’annotation des documents pour indiquer la volonté royale44. On trouve un bon exemple de ce travail dans une longue missive de Villeroy au roi, datée du 25 janvier 1579. La lettre est organisée en rubriques, chacune résumant rapidement une affaire, la plupart du temps à partir des lettres reçues ou de la venue de personnages. Villeroy donne son opinion, expose ce qu’il a déjà fait, car la réaction doit souvent être prompte, et réclame des instructions complémentaires. En marge, le roi ajoute laconiquement son approbation à cette lettre, laissant au secrétaire le soin de la traduire dans le langage et les formes nécessaires. La fin de la missive évoque le sujet du brodeur qui réalise les croix de l’ordre, sans doute celui du Saint-Esprit, et qui demande 6 l.t. sur la foi d’une lettre que le roi a signée ; Villeroy demande au roi s’il doit payer, et le roi confirme. Cette lettre témoigne aussi des manœuvres dilatoires employées par les secrétaires pour concilier une réponse immédiate aux demandes des interlocuteurs et la nécessité de consulter le roi : de Mosle demande avec insistance à parler au roi, et les secrétaires le retiennent en attendant la volonté royale qui figure en marge45. Ce dialogue écrit fonctionne aussi pour la rédaction des actes : un mémoire récapitule les demandes de l’ambassadeur d’Angleterre Edward Stafford et, en marge de chaque article, figure la réponse du souverain qui précise quels actes expédier46.

    12Si les secrétaires rédigent les missives du souverain en amont, c’est en raison de leurs compétences, mais aussi de la langue de chancellerie. Leur rôle d’expert dans ce dernier domaine s’observe dans les conseils qu’ils donnent à leurs interlocuteurs et aux souverains eux-mêmes. C’est ainsi que Villeroy, alors en compagnie du duc d’Anjou, François, dans le sud-ouest, s’inquiète de la lettre que Catherine de Médicis a écrite à son fils, car elle a mis le duc « en trés grande alarme », sans préciser pourquoi. Le secrétaire ajoute qu’il faut impérativement que les dépêches « soient poisees et considerees par voz Magesté avant que d’estre envoiees »47. Derrière la remarque se devine que le ton de la lettre n’est pas particulièrement adapté, alors que le contexte nécessite de retenir le duc d’Anjou, dont l’ambition le tourne du côté des Pays-Bas. Les mots et les formes sont pesés avec soin, et les secrétaires connaissent la valeur de telle ou telle formule.

    2.2. L’écriture des dépêches comme instrument d’influence

    13Les secrétaires rédigent les lettres et connaissent bien les formes à employer. Ce rôle de scribe ne doit pas être isolé d’un rôle politique, et ce d’autant plus que, pendant les guerres de Religion, les secrétaires deviennent très influents, au point de pouvoir peser sur les décisions. Or, l’écriture est un puissant moyen de jouer un rôle dans la décision. Cela peut être illustré par deux propos, créant un lien entre les secrétaires privilégiés de François Ier et les secrétaires d’État. En 1536, alors que le souverain est parti guerroyer par-delà les monts, il a laissé la direction du Conseil établi à Lyon à trois hommes, François de Tournon, Antoine du Bourg et Jean de Laval. Guillaume Bochetel, alors secrétaire des finances, leur écrit :

    J’ay receu a ce matin une lettre par les mains de Monsr de Villandry qu’il vous a pleu m’escripre sur l’expedicion du povoir que le Roy vous a donné, et dont il luy avoit pleu me faire commandement, vous advisant, Messeigneurs, que, au partir de ses affaires, mond. sr de Villandry luy a leu es presences de la Royne de Navarre et de Monseigneur le cardinal de Lorraine les lettres que pour cest effect luy avez escriptes. Surquoy, il m’a commandé la refformacion dud. povoir telle qu’il vous plaira veoir, vous suppliant trés humblement, Messeigneurs, ne croyre ou penser que je voulsisse de tant m’oblier que de alterer ou dymynuer en cest affaire ny autre ung seul mot de l’intencion et voulloir dud. seigneur […], vous promectant ma foy, Messeigneurs, que tout tel que je vous envoye premierement led. povoir il me fut commandé par led. seigneur, et de ce vous pourra porter tesmoignage mond. seigneur le cardinal de Lorraine en la presence duquel je leuz au Roy le mémoire que vous, Monseigneur le Chancellier, m’aviez envoyé, lequel en feit regecter le premier article concernant les affaires, actes et provisions du fait de la guerre, disant que cela deppendoit de l’estat de vous, Monseigneur de Chasteaubriant, et qu’il vous en avoit baillé povoir à part. Et quant a la qualité de lieuxtenants apposee aud. povoir, j’entendz bien, Messeigneurs, qu’elle n’y estoit necessaire ; toutesfoys je la mis à quelque cause que je pensoye raisonnable, c’est que sachant que l’intencion du Roy estoit de vous bailler a tous troys en son conseil privé esgalle et pareille puissance […] laquelle chose, Messeigneurs, n’ayant par vous esté trouvee bonne a esté refformee […]

    Messeigneurs, estant l’expedicion des fraiz mises, voyages et autres matieres de finance, le Roy, en la presence de lad. dame Royne de Navarre et de mond. Sr le cardinal en a de rechef declaré son voulloir et intencion, ainsi que Monsr de Villandry a charge le vous escripre, vous suppliant trés humblement, Messeigneurs, ne penser que je soye si fol ne presumptueux qu’il y est rien eu de ma persuasion ne de celle d’homme du monde, maiz seullement de la pure voulonté et intencion du Roy. Et au regard, Messeigneurs, de ce que m’escripvez que vous donnez merveilles que je faictz difficulté de mectre la clause de faire sur le contenu en ce present pouvoir leurs circumstances et deppendences comme le Roy feroit et faire pourroit qui est clause accoustumee de mectre en tous povoirs, je vous renvoye, Messeigneurs, led. premier povoir, et celluy mesme qui vous avoit esté envoyé par lequel il vous plaira veoir que je n’ay point obmis lad. clause48.

    14Presque un demi-siècle après, Villeroy, dans une lettre du 29 septembre 1587, évoque le comté de Lauragais dont Catherine de Médicis voudrait disposer en faveur de Christine de Lorraine, sa petite-fille, lors de son mariage. Ce souhait se heurte toutefois aux intentions du roi qui veut restreindre le don à la seule princesse, ce qui amène Villeroy à protester en expliquant que la donation serait imparfaite si le comté ne revenait pas ensuite aux héritiers de la princesse comme ses biens, ce à quoi le roi répond sèchement que « celuy qui donne le sien le peult donner a telle condition qui luy plaist ». Le détail de la missive est cependant moins intéressant que la réaction du secrétaire.

    Quant nous penssons estre sortys d’une difficulté en l’affaire du comté de Lauragais, nous rentrons dedans une autre et allons empirant. Je voudrois, comme vous ne m’en estre jamaiz meslé. J’ay voulu dire au Roy l’occasion pour laquelle l’on avoit fait mention de l’une des autres filles de Mr de Lorraine advenant le decedz de Madame la princesse sans enfans ou devant que d’estre mariee affin d’excuser ce qui en avoyt esté dit et proposé devant que de luy en avoir escript ou parlé maiz ceste consideration que luy en a remis une autre devant les yeulx, a laquelle il ne avoit devant point penssé. […]

    Voilla Monsieur ce que j’ai eu charge de vous en escrire pour le remonstrer a la Roine mere de Sa Majesté comme je vous supplie de faire selon vostre accoustumee prudence et ne permectre que ce soit accusé de ceste difficulté, car je vous jure que je n’en suis l’autheur ny le protecteur. Au contraire je l’ai debatu autant qu’il m’a esté possible mais sad. Majesté s’y est arrestee de sorte qu’elle m’a donné la charge de le vous escrire, qui m’a esté aussy poisante que nulle autre que l’on m’eust imposee49.

    15Si le rôle des deux hommes n’est pas le même, bien des traits sont communs et permettent d’approcher l’influence des conseillers. Les deux missives rappellent tout d’abord l’importance du conseil et la position des secrétaires dans celui-ci. Bochetel mentionne ainsi une présence brillante au Conseil, Marguerite d’Angoulême, le cardinal Jean de Lorraine et Jean Breton, seigneur de Villandry. Villeroy ne mentionne pas un Conseil, mais il se montre participant à la prise de décision, détaillant les propos que lui a tenus le roi et ce qu’il a lui-même dit. Les deux missives mettent ainsi en scène une décision royale prenant conseil, dont la nécessité est rappelée dans un propos théorique remontant au Moyen Âge et réactualisé par les humanistes50. Bochetel a, lui, certainement accès à un Conseil élargi, mais les secrétaires d’État, auxquels le Conseil des affaires est ouvert depuis 1561, sont aussi des proches du souverain et de la reine mère et font partie du petit nombre de conseillers consultés dans des affaires plus secrètes. Néanmoins, les décisions sont aussi prises de manière plus informelle, ce qui renvoie à l’accès quotidien au roi et à la reine mère qui peuvent donc commander d’expédier des lettres sans une large consultation. Dans le Conseil, les secrétaires ont une place de choix, en tant qu’hommes bien informés. Recevoir la correspondance leur confère en effet une autorité certaine pour y intervenir. Le prince, lui, doit se reposer sur l’information qui lui est communiquée pour prendre des décisions. On le voit dans le cas de Guillaume Bochetel lisant une missive de Jean Breton au roi, les secrétaires privilégiés reçoivent, dès le règne de François Ier, les lettres des agents royaux et les lisent au roi51. Villeroy, lui, peut compter sur une correspondance avec Catherine de Médicis, via Bellièvre ici, et il se prévaut ainsi d’une bonne connaissance des intentions de celle-ci.

    16Le second point qui ressort de ces exemples est l’influence du secrétaire. Ce dernier rédige les actes, certes sous la dictée du prince, mais aussi souvent en préparant lui-même un projet, à partir des entretiens au Conseil ou de ces entretiens quotidiens. Bochetel le montre explicitement, ayant rajouté la qualité de lieutenant dans le pouvoir. Villeroy, quant à lui, montre qu’il pourrait peser sur la rédaction d’une missive ou d’un projet, tout en sachant pouvoir être contraint : le roi reste en effet toujours maître de la décision, et impose sa volonté, les conseillers n’ayant plus qu’à s’incliner52. Toutefois, la fureur de Villeroy, et la vigoureuse protestation de Bochetel de ne rien avoir changé de la volonté du roi, se justifiant de l’ajout de la qualité de lieutenant, trahissent une des voies d’influence du secrétaire qui, par la formulation des dépêches ou des actes, peut en modifier le ton ou influer à la marge sur certains points. Dès le règne de François Ier, ce pouvoir des secrétaires est ressenti. Fauvelet du Toc rapporte qu’en 1542, le roi, mécontent de l’issue du siège de Perpignan mené par le dauphin et l’amiral d’Annebault, disgracia tous les secrétaires des finances, sauf Claude de L’Aubespine et Guillaume Preudhomme. Il les soupçonnait d’avoir distrait les nouvelles qui venaient pour ne pas déplaire. Cependant, ces secrétaires furent bientôt rappelés53. L’influence des secrétaires sur la rédaction des dépêches est réelle et parfois très explicite. Ainsi, le 20 septembre 1583, Claude Pinart informe le roi que la reine mère lui a fait écrire une dépêche à l’ambassadeur de Venise, et le prie de la signer, puis de faire le paquet où se trouve aussi une lettre de la reine mère dans laquelle il a écrit une clause qu’il n’a osé insérer dans la lettre du roi, estimant que la remarque, qu’il n’explicite pas, y trouverait mieux sa place, et surtout que l’ambassadeur pourrait ainsi présenter la lettre du roi à ses interlocuteurs sans risque54.

    17La missive de Villeroy témoigne en outre du renforcement d’un trait déjà présent sous la plume de Bochetel, le sentiment pour ces hommes d’être les garants d’une décision juste, adaptée et conforme au droit. Ils s’érigent, ce faisant, en contrôleurs de la décision royale, même si, comme ils l’écrivent, ils obéissent néanmoins au souverain. C’est ce que Villeroy évoque également dans ses Mémoires, se plaignant du nouveau règlement de 1574 qui le contraint à présenter les placets au roi. Il rapporte qu’il a été réprimandé par le souverain pour avoir refusé d’expédier un placet présenté par le comte d’Escars, alors que Charles IX lui laissait la possibilité de refuser l’expédition s’il la jugeait contraire aux ordonnances royales55. Certains secrétaires prennent aussi des initiatives, sans forcément l’assentiment du souverain ou de la reine mère. Ainsi, Claude Pinart rédige une lettre qu’il commence à lire à Catherine de Médicis destinée au roi, mais il est convenu de ne pas l’envoyer. Pourtant, il l’envoie à Pierre Brulart et le prie de la garder pour lui. Il lui répète cette consigne à trois reprises, une fois dans le corps de la lettre, deux fois en post-scriptum, une inquiétude qui montre assez la liberté que le personnage prend56. Outre ces désobéissances, nombreux sont les exemples où les secrétaires se présentent ouvertement en désaccord avec le souverain. Claude Pinart, en 1578, informe par exemple Jacques de Matignon qu’une commission a été établie pour sa compagnie, et lui demande de ne pas s’en prendre à lui car, s’il a protesté, on lui a « trés expressement commandé » l’expédition et il a dû obéir57. Le constat peut être élargi aux influents conseillers, dont les correspondances montrent aussi leurs réticences dans telle ou telle affaire, ou vis-à-vis de la décision du monarque. Jean de Morvillier, le 28 juin 1576, au sujet d’un prêt que voudrait faire le cardinal de Guise à la monarchie, moyennant l’obtention de Saint-Dizier, se lamente sur le procédé et finit par conclure : « Je vouldroys bien ne me mesler point de marché si subject à blasme et calumnie que cestuy ci, mesme quant les maistres ne veulent prendre la peine de congnoistre et considerer le fruit ou dommaige qu’ilz y peuvent avoir »58. Du secrétaire des finances au secrétaire d’État, il y a donc une réelle continuité dans l’attitude vis-à-vis du roi et de ses décisions : une attitude d’humble soumission, qui masque une influence, par l’écriture ou par le conseil. Cet ascendant est en outre renforcé par la présence à la cour et dans l’entourage du roi, ce qui est aussi porteur d’une vie particulièrement rude.

    18Cette vie du secrétaire toujours à la suite de la cour trouve une illustration dans l’écriture de ces personnages, souvent relâchée. Les deux lettres de Bochetel et de Villeroy sont autographes, celle de Bochetel proche d’une écriture de chancellerie qu’il maîtrise, celle de Villeroy d’une écriture plus personnelle. Beaucoup de ces hommes tiennent la plume et écrivent de manière très négligée, ce dont ils ont conscience, s’en excusant à plusieurs reprises59. Ce ne sont pas seulement des notes de modestie. Le duc de Nevers ajoute à Villeroy, en post-scriptum : « Vous dictes que savez bien lire ma lettre. Ceste vous servira d’echantillon pour savoir si je la feray mieulx et quand a la vostre je la prans par force pour des caracteres en grec quand ils sont faictz a la haste »60. Cette mauvaise écriture témoigne de l’intense activité des secrétaires et de la multiplication des lettres au xvie siècle : nombre d’entre elles sont rédigées « sur le bort de la table », aussi vite que possible pour confier ces derniers mots au porteur que l’on devine attendant à côté du secrétaire61. Les lettres servent à maintenir les communications avec les agents royaux, à s’informer, mais permettent aussi de garder un lien constant entre les agents royaux, de façon que certaines missives se réduisent à quelques mots polis dans le seul intérêt de maintenir ce lien62. Le second élément à noter est l’autographie. Les secrétaires écrivent la plupart du temps de leur propre main, ce qui relève de trois situations : le secret, lorsque le personnage a voulu garder pour lui-même63, la confiance ou l’honneur lorsque les souverains prennent la plume pour écrire à leurs interlocuteurs. Le contraste se lit par exemple lorsque Sébastien de L’Aubespine est sollicité par des capitaines suisses pour écrire des lettres de recommandation : les trois missives sont écrites selon un formulaire d’une main de secrétaire, mais L’Aubespine ajoute une autre lettre de sa main pour informer Pomponne de Bellièvre de la raison de ces recommandations64.

    3. La dure vie de secrétaire d’État

    19L’écriture relâchée est aussi le signe de la fatigue et de l’incessante activité des secrétaires. Il convient de souligner la dureté du labeur, sans être non plus dupe du discours des secrétaires qui se montrent volontiers comme des hommes très affairés. Néanmoins, la pénibilité dit quelque chose : les secrétaires deviennent peu à peu indispensables, des hommes à tout faire de la couronne. Leur vie est avant tout curiale, marquée par les voyages et l’itinérance. La cour de France reste itinérante tout au long du xvie siècle, et le Conseil voyage avec les souverains65. Catherine de Médicis accomplit plusieurs voyages dans une perspective pacificatrice, et l’on a vu notamment Claude Pinart l’accompagner dans le sud-ouest en 1578-1579 ou à Épernay en 158566. De plus, de 1564 à 1566, le souverain et sa mère accomplissent un grand tour de France, qui les mène hors des résidences habituelles. Le problème est alors le logis. Jean de Morvillier, qui répugne « au hazard des mauvais logis », préfère ainsi s’éloigner de la cour et se rendre à Aix-en-Provence, alors que le roi et la reine vont jusqu’à Hyères et Toulon67. Le logis est un constant problème, qui fait l’objet de règlements sous Henri III. Celui de 1585 donnait un logis aux secrétaires d’État dans la basse-cour du château de Saint-Germain-en-Laye, et le grand maréchal des logis devait pourvoir aux logements des conseillers d’État68. Ces voyages ne sont pas de tout repos. Les dangers guettent, ainsi lors du voyage de la cour entre Lyon et Avignon en novembre 1574 qui, après Valence, se fait sous la menace du bastion protestant de Livron. La troupe prend alors la « hardiesse » de tenter l’aventure du chemin malgré cette ombre menaçante, mais avec forte escorte. Le cheval de Morvillier s’emballe et l’on craint qu’il ne chute, mais il faut se hâter car, déjà, des cavaliers sortent de Livron69. Les mauvais chemins ajoutent encore à l’inconfort du voyage. Villeroy s’en plaint en novembre 1580, alors que les rivières ont débordé, et qu’il a manqué perdre son chariot, ne pouvant donc se rendre à Angoulême à neuf lieues70. Le voyage engendre la fatigue, qui s’ajoute à une vie marquée par de nombreuses affaires, phénomène aggravé par la guerre civile qui suscite d’incessantes négociations et la recherche de fonds pour financer la poursuite des opérations. Claude de L’Aubespine se dit donc « harrassé comme un chien »71. Les secrétaires sont mobilisés à toute heure, à l’image de Claude Pinart qui, dans une lettre du 4 novembre 1586 à Villeroy, « mardi de trop grand matin, et trop tard pour lundi » précise-t-il, indique la venue d’un certain Rossignal, porteur d’un paquet de Villeroy, qui entre dans la chambre de Catherine de Médicis, laquelle fait aussitôt ouvrir le paquet et commander une réponse, puis elle s’est mise à écrire une autre lettre et « veyla une heure que sommes aprés minuict »72. Cette vie affairée sur les routes, passée à écrire, provoque de nombreuses maladies : le 1er octobre 1557, Claude de L’Aubespine dit avoir été malade de la coqueluche, comme beaucoup d’autres ; Pierre Brulart est quant à lui au plus mal à Gaillon en août 1583 ; et Villeroy est malade à partir de l’été 1584, revenant à la cour en mars 1585, mais non tout à fait guéri73.

    20Au sommet du pouvoir, les puissants du clan ont pris les habits de conseillers privilégiés du monarque, à travers notamment la position de secrétaire. Ils sont alors des hommes au fait des arcanes du pouvoir, mais confrontés aussi à une rude vie. Pourtant, celle-ci offre bien des avantages, car elle leur donne une réelle influence politique. L’écriture des dépêches est en effet porteuse de quelque pouvoir et les secrétaires ne sont pas de simples scribes. Les charges de secrétaire d’État étant peu institutionnalisées, les conseillers du souverain étant des hommes particulièrement expérimentés, ils sont employés pour les affaires de grande importance et leur pouvoir politique croît. Ainsi mettent-ils la main sur des espaces clefs du gouvernement monarchique et accèdent-ils à la faveur.

    II. — Secrétaires d’État et conseillers du souverain, des hommes au centre du gouvernement monarchique

    1. Deux leviers de pouvoir : les finances et les affaires étrangères

    1.1. « Faire la pierre philosophale » ou veiller aux finances royales

    21Dans la seconde moitié du xvie siècle, les secrétaires d’État se chargent d’affaires de grande importance et, parmi elles, les finances, qui emplissent leur correspondance. Le 24 juin 1576, dans le contexte des suites de la paix de Beaulieu, impliquant le versement d’une immense somme aux reîtres pour leur faire quitter le territoire, Pierre Brulart explique à Pomponne de Bellièvre que les gens du Conseil sont demeurés à Paris « a faire la pierre philosophale », et estime que toutes ses demandes seront bientôt satisfaites, « hormis de l’argent que vous vouldriez avoir davantaige, lequel, si nous pouvions trouver dedans terre nous y ferions fouiller promptement »74. La situation financière est en effet particulièrement difficile et les secrétaires d’État sont sollicités pour trouver des expédients à la crise. De 1559 à 1574, les revenus moyens d’impôts baissent de 9,5 % et l’affaiblissement de la livre aggrave encore la crise financière75. Jean de Morvillier, avec ses compagnons, prend part à ces affaires dans le cadre du Conseil, où, le 23 octobre 1563, est créée une section dédiée aux matières financières. Ce Conseil est fréquenté par ceux qui entrent déjà au Conseil des affaires, dont les secrétaires d’État. En 1566, Michel de L’Hospital le réforme, et ses séances sont consacrées à préparer les finances. Un règlement du 11 janvier 1570 prévoit une direction collégiale des finances, autour de cinq puis six personnes, dont Jean de Morvillier et Sébastien de L’Aubespine, supprimant de fait la surintendance des finances jusqu’ici tenue par Artus de Cossé. Les secrétaires d’État sont toujours présents dans les sessions du Conseil76. Les activités de Morvillier en matière de finances visent avant tout à parer à l’urgence de la situation, et il se mue en rassembleur de fonds, cherchant des bailleurs, généralement un peu réticents face à une couronne impécunieuse77. Sous Henri III, bien que les institutions changent, les deux hommes conservent cette activité. Le roi, à son avènement, crée une surintendance des finances, supprimant ainsi le Conseil des finances tout en instaurant un Conseil d’État et des finances. Les nouvelles instances sont néanmoins peuplées d’amis, comme le surintendant lui-même, Pomponne de Bellièvre, et d’alliés.

    22Les secrétaires d’État sont aussi largement impliqués dans ces affaires financières. Ils ont leur entrée au Conseil des affaires depuis 1561. Sous Henri III, les attributions de l’ancien Conseil des finances sont confiées au Conseil ordinaire le 11 août 1578, et un règlement du 31 mai 1582 cite parmi les conseillers des finances Villeroy. Le Conseil des finances est alors aussi fréquenté par les secrétaires d’État. Le contexte de guerre civile, avec le recours aux Suisses et aux mercenaires allemands, place les enjeux de solde des troupes au cœur du quotidien des secrétaires. Ces forces sont en effet particulièrement nombreuses : à la bataille de Dreux le 19 décembre 1562, la moitié de l’armée royale est composée de ces troupes78. Solder les forces doit se faire avec exactitude pour empêcher le mécontentement. Ainsi Jean-Casimir, en 1576, retient-il Pomponne de Bellièvre en otage. La question intéresse au premier chef les secrétaires en charge des pays germaniques et suisses dans lesquels se recrutent les mercenaires. Jacques Bourdin, puis Pierre Brulart sont ainsi aux prises avec le paiement des pensions dans la confédération suisse79. Cette gestion des finances révèle le rôle extrêmement polyvalent des secrétaires, qui continuent à se charger de ces tâches sous Henri III, alors qu’il existe un surintendant.

    1.2. Une influence sur la direction des affaires étrangères ?

    23Plusieurs secrétaires d’État peuvent se prévaloir d’une longue expérience en matière de négociation, ce qui explique le second domaine où leur prépondérance est évidente. Dans le cas des relations internationales, ils jouent un rôle important, tant parce qu’ils reçoivent les dépêches, que parce que nombre d’ambassadeurs sont des parents ou des amis. La première raison de ce rôle tient dans les parcours de ces secrétaires, que l’on a vu participer à plusieurs reprises aux négociations de traités, ou partir en missions. C’est là la figure du « ministre diplomate », que l’on retrouve au xviiie siècle dans l’Empire, et qui a noué des liens lors de ses différentes missions80, à quoi il faut ajouter l’expérience acquise. Les secrétaires sont devenus des intermédiaires obligés pour les ambassadeurs étrangers dont ils relayent les demandes d’audience81. Les secrétaires sont les interlocuteurs des ambassadeurs. En 1561, Nicholas Throckmorton explique que Jacques Bourdin est intervenu dans la suppression d’un ouvrage que la reine mère a commandé, à la demande d’Élisabeth Ire82, et, en 1562, Thomas Smith fait rédiger par des marchands et des soldats prisonniers une pétition pour l’adresser au secrétaire Bourdin83. Au quotidien, les secrétaires s’entretiennent avec les ambassadeurs, et ce partout en Europe. Ces moments sont l’occasion pour le secrétaire d’expliciter la position du souverain et d’entamer des négociations. Henry Cobham rapporte par exemple un de ces longs entretiens avec Villeroy dans une lettre du 15 avril 1580 où il est avant tout question de la succession au Portugal84.

    24Le second levier d’influence de ces secrétaires est le choix des ambassadeurs auquel ils participent, de même que Sébastien de L’Aubespine et Jean de Morvillier. On l’a vu, à plusieurs reprises, les secrétaires agissent en vue de missionner leurs parents, parfois au prix de querelles. Ainsi du conflit entre Claude Pinart et Villeroy concernant l’envoi d’un homme en Écosse en 1586. Ce choix va cependant au-delà du désir de pouvoir compter sur des hommes fidèles et que l’on estime consciencieux dans leurs devoirs, ce qui se lit dans les appréciations des ambassadeurs anglais, au cours des années 1580, sur Villeroy et la conduite des affaires étrangères. Le 14 mars 1586, alors que la guerre fait rage dans le sud-ouest, Edward Stafford rapporte que Villeroy a écrit à son beau-frère, Henri Clausse, ambassadeur auprès des cantons suisses, afin qu’il les persuade d’envoyer une ambassade auprès du roi pour l’encourager à la paix. Il s’agit d’assurer les cantons que le roi souhaite la paix et ne cherche qu’un prétexte pour la conclure85. Comme il l’expose dans une lettre du 1er juin, l’ambassadeur y voit une ruse destinée à faire croire au monde que le roi veut la paix et à provoquer ainsi l’envoi de députés de la part du roi de Navarre86. Villeroy pourrait ici agir avec l’assentiment du roi, mais l’ambassadeur laisse nettement l’initiative de la lettre au secrétaire. Le 20 août 1588, il formule d’ailleurs une accusation beaucoup plus claire, affirmant que l’action des parents de Villeroy visait à détourner le roi de ses amis et voisins, l’un d’entre eux lui ayant déjà fait perdre les Grisons87. La remarque, peu claire, montre que ces ambassadeurs peuvent assurément être un relais des orientations politiques voulues par les secrétaires. Du reste, les parents ne sont pas les seuls à être des proches des secrétaires et les ambassadeurs se recrutent largement parmi leurs amis et leurs connaissances88. De plus, les secrétaires ont un réel pouvoir sur les nominations ou sur les rappels. Hurault de Maisse, ambassadeur à Venise depuis 1582, le sait et s’adresse à Villeroy pour qu’il trouve la personne adéquate pour lui succéder89.

    25Un autre moyen d’influence passe par l’écriture de dépêches. Les secrétaires ont pris l’habitude d’écrire, parallèlement aux lettres du roi et de la reine mère, des lettres aux agents royaux, qui éclairent la volonté du roi, explicitent certains points ou livrent d’autres orientations. Cette correspondance peut s’apparenter aux « missives que s’échangeaient les honnêtes gens »90, et la pratique permet d’ailleurs d’entretenir ou d’entamer une relation amicale, voire de patronage. On le perçoit par exemple dans de courtes missives qui n’ajoutent rien à la dépêche du roi ou de la reine mère, mais se justifient par le désir du secrétaire de se rappeler à la mémoire de l’ambassadeur et de l’assurer de son amitié91. De même, lors de la reprise en main du secrétariat en 1594, Villeroy écrit à un agent, Giaccomo Guichardin, afin de nouer avec lui « la mesme correspondance » que celle qu’il entretenait avec Louis Revol, son prédécesseur ; pour instaurer des rapports de confiance, il invoque « a garend » une connaissance commune, Geronimo Gondi92. Cette pratique est là encore ancienne, puisque, dès le règne de François Ier, les secrétaires privilégiés du souverain rédigent de telles dépêches. Guillaume Bochetel correspond avec l’ambassadeur en Angleterre entre 1537 et 1549, sur un ton beaucoup plus ouvert, parfois badin93. Ces correspondances sont plus libres, et permettent souvent d’exprimer plus clairement « au vif » l’intention du souverain, comme le fait Villeroy envers Jean de Bellièvre en 158294.

    2. Le clan, la cour et la faveur royale

    2.1. Des interfaces entre le roi et les agents de la couronne

    26L’importance des secrétaires dans certaines matières se double du fait que, pendant la seconde moitié du xvie siècle, ils jouent un rôle d’intermédiaires auprès du roi. Cette situation peut trouver plusieurs explications et être comparée à celle de Florimond Robertet à la fin du xve siècle. Il est « au cœur des pratiques diplomatiques », et un intermédiaire pour les ambassadeurs en raison de son ancrage à la cour et de sa fréquentation quotidienne du roi avec lequel il s’entretient régulièrement95. Les familles des secrétaires ont elles aussi un ancrage très solide à la cour, où les membres se situent dans l’entourage immédiat des souverains. Les femmes sont des dames de Catherine de Médicis et leurs époux apparaissent, on l’a vu, comme secrétaires96. Outre la proximité quotidienne avec le roi, il faut compter sur la charge de secrétaires d’État : toutes les affaires issues d’un département géographique passent par eux, et donc les agents issus de ces espaces également ; comme conseillers influents, ils sont des interlocuteurs privilégiés pour plaider une cause auprès du roi. Tout cela fait que, pendant la seconde moitié du xvie siècle, les secrétaires, mais aussi les conseillers du clan en raison de leur influence deviennent peu à peu les animateurs d’un vaste réseau : ils sont les interlocuteurs de tous les agents de la couronne et des proches du roi. C’est là un élément important de la charge, car elle permet de rendre service à des puissants ou à des gens moindres qui, en retour, offrent leurs services. Villeroy invite ainsi le maréchal de Matignon à employer Gardera, commis à la poste de Bordeaux, comme chevaucheur pour les voyages97, signe des relations des secrétaires avec les maîtres des postes, qui doivent livrer des informations en plus de transmettre sûrement les paquets. Outre les postes, les secrétaires agissent régulièrement comme coordinateurs pour les troupes, autre occasion de nouer des liens. C’est ce que montrent trois lettres adressées à Jacques Bourdin en 1558, alors que l’armée du roi opère autour de Calais, dont elle s’empare début janvier. Un certain Bourgeois prie Bourdin d’intervenir auprès du duc de Guise qui ne répond pas à ses lettres et mémoires, car il manque d’argent à Boulogne. Peu après, un certain de Garay prie aussi le secrétaire d’intervenir auprès du duc pour que l’armée soit approvisionnée en vivres98. Jean de Serres, commissaire général des vivres, remercie le 18 novembre 1558 Jacques Bourdin d’être toujours son « bon protecteur, seigneur et amy »99. Ce sont encore les secrétaires qui animent les réseaux étrangers. Pierre Brulart répond à André Hurault sur un homme désireux d’entrer au service du roi : il précise qu’il faut attendre l’intention du roi, signe qu’il a relayé la demande, mais donne aussi son opinion, estimant que l’homme sera déçu, car le roi ne veut pas faire de telles dépenses, outre que les pensionnaires ne perçoivent souvent leur pension qu’avec retard, engendrant leur désaffection100.

    27Vis-à-vis des agents royaux, les secrétaires transmettent leurs demandes, mais leur indiquent aussi comment se comporter vis-à-vis du roi. Ainsi, comme ils écrivent aux ambassadeurs comment interpréter les instructions, ils indiquent aux agents de la couronne l’humeur du souverain, ce qui oriente leur action, mais aide aussi à préserver ces agents de tout désaveu. Pierre Brulart se veut ainsi un guide pour le gouverneur de Champagne, Joachim de Dinteville, quoiqu’il soit un peu confus. Le 27 juillet 1581, Brulart l’assure qu’il ne lui a pas dissimulé la volonté du roi et la lui a toujours transmise, mais qu’il avait pensé devoir l’avertir des sentiments changeants du souverain à l’égard de son frère le duc, pour éviter que Dinteville ne soit le seul, parmi les autres, à s’opposer à ses desseins, alors que le duc menait des entreprises militaires aux Pays-Bas. Pourtant, précise Brulart, Dinteville aurait pu s’opposer aux entreprises du duc d’Anjou car il en avait commandement écrit du roi : cela laisse supposer que Brulart a bien envoyé une lettre du roi où celui-ci exprimait son opposition à l’entreprise militaire de son frère, mais que le secrétaire a aussi cru devoir informer parallèlement l’agent qu’il était nécessaire de tempérer les actions vis-à-vis de ces entreprises en raison du sentiment du roi. Cependant, cette lettre n’est pas bien claire, car trois jours après, Brulart écrit de nouveau à Dinteville pour lui dire cette fois que celui-ci n’a pas bien compris l’intention du roi que Brulart lui transmettait ; il lui réaffirme clairement le mécontentement du roi vis-à-vis de l’entreprise des Pays-Bas101. Bons connaisseurs des volontés royales, les secrétaires sont donc régulièrement approchés pour obtenir nouvelles ou encore révélations sur les décisions. C’est ce qui s’observe par exemple dans les relations de Villeroy avec le cardinal Luigi d’Este : les agents du cardinal s’informent régulièrement auprès de lui, pour avoir des nouvelles, mais aussi être éclairés sur les intentions de Henri III102. De la même manière, un autre prince à recevoir les conseils avisés des secrétaires sur les volontés royales est le duc de Nevers, Louis de Gonzague, qui, à son retour de Rome en juillet 1585, est victime d’accusations. Le duc s’était rendu à Rome pour connaître l’attitude à adopter vis-à-vis de la Ligue, et le pape l’avait invité à se détacher du roi. De retour, il est en disgrâce, et cherche à regagner la confiance du roi, entrant dans ce que Xavier Le Person a appelé le « labyrinthe de la justification »103. Il trouve alors un précieux fil d’Ariane en la personne des secrétaires. Dans ses efforts, le duc de Nevers reçoit les conseils de Pomponne de Bellièvre qui lui indique comment formuler sa lettre de justification, mais aussi de Villeroy104. Ces conseils renforcent sans doute les liens entre plusieurs membres du clan et le prince, avec lequel les secrétaires étaient en contact. Néanmoins, plusieurs missives des années 1580 montrent des rapports réels avec le duc. Brulart remercie celui-ci pour une gratification faite à son épouse, Madeleine Chevalier105 ; Pinart lui écrit le 22 novembre 1588, alors qu’il est en disgrâce, pour le remercier de ses faveurs ; puis on a vu François Le Mareschal, commis de Villeroy, en relation étroite avec le duc pendant les années 1588-1589106.

    2.2. La main sur la faveur royale

    28Par sa proximité avec le souverain, le clan dispose d’un accès privilégié à la faveur royale, et ce d’autant plus que les secrétaires d’État sont chargés d’expédier les dons. Depuis le règne de Henri II toutefois, des secrétaires des finances se chargent aussi de ces expéditions. En pratique, les secrétaires d’État reçoivent des placets de particulier, puis dressent des rôles d’actes à expédier, présentés au roi qui les signe, déclenchant l’expédition, mais pouvant aussi rejeter certains articles. Henri III, par la réforme que conteste Villeroy, décide qu’il signerait lui-même les placets remis par les solliciteurs et que le secrétaire devrait expédier l’acte, réduisant le rôle de contrôle qu’entendaient jouer les secrétaires107. Or, ce rôle de réception des placets place les secrétaires au centre de la faveur, qui occupe un rôle clef dans l’exercice du gouvernement monarchique, avec un idéal, dans les théories politiques, de distribution des libéralités avec tempérance et justice108. Il peut être utile de partir d’un cas documenté. Pierre Brulart évoque une affaire concernant les Le Mareschal en 1583 :

    Il a pleu a vostre Majesté, en consideration des services de feu monsieur le procureur general Bourdin accorder la resignation de l’office de conseiller au Grand Conseil que entend faire celluy qui a espouzé une de ses filles, en faveur d’un sien frere, dont il vous fut faict requeste il y a bien troys sepmaines, et ce moyennant que cela ne se trouve contraire a la declaration naguieres faicte par vostred. Majesté, en laquelle elle ne s’est privee en sorte du monde d’admettre semblables resignations. Et pour ce, Sire, que la longueur qu’il pourroit avoir a la responce du placet rendroit inutile la grace que, par vostre bonté, il vous a pleu accorder, me confiant en icelle, et pour ce que je doibz a la memoire dud. feu sr Bourdin comme son nepveu, je prens la hardiesse de la supplier plus que trés humblement qu’il luy plaise commander a Monsieur de Villeroy d’en faire l’expedicion, dont je je seray de tant plus obligé a vostred. Majesté que ceste faveur sera fort singuliere et particuliere, encores qu’elle ne puisse riens adjouster a l’obligation naturelle que j’ay acompaignee d’un zele et devotion tres perfaicte de luy faire perpetuellement trés fidele service109.

    29Le même jour, Villeroy prend la plume pour cette affaire, en insistant sur la légalité de la résignation qui, accordée, ne contreviendrait pas à la déclaration du roi visant à supprimer et à réduire les offices de judicature. Villeroy lui envoie d’ailleurs la déclaration imprimée pour que le roi puisse la vérifier110. Il s’agit ici d’une faveur pour un homme du clan. Henri Le Mareschal, époux de Bonne Bourdin, fille de Gilles Bourdin, procureur général au parlement de Paris, est conseiller au Grand Conseil, en intention de résigner en faveur de son frère, Claude. Le 13 janvier cependant, il est déjà décédé depuis un peu moins d’une semaine111. Malade, il a cherché à obtenir une dispense à la clause imposant de résigner quarante jours avant le décès et s’adresse donc à un membre du clan comme intercesseur efficace pour passer outre les règlements. Néanmoins, comme l’indique Villeroy, le roi n’a encore reçu aucun placet et Villeroy n’a pu le lui présenter, la raison de cette absence tenant à l’itinérance du roi ou aux affaires plus pressantes, le secrétaire ne le précisant pas.

    30Cet exemple permet de dégager les conséquences de cette mainmise sur la faveur et de la proximité avec le roi que l’on peut analyser autour de deux aspects, les bénéfices et les inconvénients engendrés par cette posture. La faveur royale envers ces hommes est une nécessité pour le souverain qui renforce ainsi leur fidélité, en bonne part conditionnée par les récompenses. Le don figure en effet au cœur de la relation entre les personnages. Par leur position dans cette économie de la faveur, il apparaît tout d’abord que le clan peut bénéficier d’un enrichissement par des dons, de pensions et autres gratifications dont ils font ensuite profiter tout le clan, Villeroy intervenant certainement, dans le cas de Le Mareschal, à la prière de Brulart. Cet octroi de dons a pu d’ailleurs faire écrire à George Huppert que, pour ces hommes, « évêchés et ambassades étaient monnaie courante, à distribuer à la ronde comme des cadeaux de Noël »112. La formule est exagérée, mais les dons sont nombreux et parfois spectaculaires. L’épouse de Villeroy, Madeleine de L’Aubespine, obtient ainsi une abbaye en 1582, et le nonce s’en plaint aussitôt au roi, qui, lui, n’y trouve rien à redire113. En 1573, le roi a accordé à Pierre Brulart l’évêché de Rennes, en faveur de son frère, et lui a adressé un brevet, mais le titulaire est mort en l’absence de Brulart et l’évêché est expédié en faveur d’un autre114. Cependant, la présence à la cour implique aussi de devoir ouvrir sa bourse pour le roi, on le verra.

    31La faveur royale permet d’entretenir des obligés et de conforter la position de ses alliés. On ne dispose souvent que d’un élément dans ces relations : soit le service rendu par le clan, soit la conséquence des déclarations de fidélité. François de Noailles se réjouit ainsi le 7 janvier 1558 de la nomination de Sébastien de L’Aubespine à l’évêché de Limoges, une lettre dont le ton montre le souci de Noailles de louer un parent de Bochetel et d’exalter sa valeur. Il explique ainsi « qu’il y a plus de vingt ans que l’on congnoist beaucoup moings ung evesque en Lymosin qu’on ne faict en Turquye et Surye ceulx que le pappe nomme à leurs eveschez », et que ce lieu mérite donc un homme comme L’Aubespine ayant le pouvoir de remettre les choses en bon état115. François de Noailles a été ambassadeur en Angleterre de 1553 à 1555, puis à Rome en 1565, avant d’être ambassadeur à Venise de 1557 à 1561. Par ses liens avec l’Angleterre notamment, figurant parmi les départements des secrétaires d’État du clan, il est entré en contact avec eux, prélude à une relation plus suivie, qui explique ces louanges à des bons patrons116. Les secrétaires expédient des dons à plusieurs ambassadeurs ou d’autres agents qui leur en sont par la suite reconnaissants. Claude de L’Aubespine promet ainsi à Jean Ébrard, seigneur de Saint-Sulpice, le 11 février 1564, qu’il parlera en sa faveur à la première occasion, car l’évêché de Lectour est vacant et lui est réservé117. En revanche, ce système s’accompagne de la frustration de ceux qui sont privés, ou victimes, de ces dons. Certes, le clan Bochetel ne déchaîne pas les mêmes passions que les mignons de Henri III, qui introduisent un dérèglement de la distribution de la faveur en la captant, mais on observe des signes de tensions dans les missives. Le 19 septembre 1583, Villeroy se plaint à Bellièvre de l’attitude du garde des sceaux, Philippe Hurault, qui a refusé d’expédier un acte que Villeroy avait demandé au roi pour gratifier Claude Le Roux. Selon la requête de Villeroy au roi, le seigneur de Sainte-Beuve, Claude Le Roux, conseiller au parlement de Paris, qui a épousé Madeleine Luillier, fille de Jean, seigneur de Boulancourt, veut résigner son office en faveur de son frère. Villeroy y a quelque intérêt, car il mentionne la mère du personnage, Marie Potier, comme fils d’une de ses cousines118. Il s’agit sans doute encore d’une résignation qui entend passer outre la loi des quarante jours. Le garde des sceaux, Philippe Hurault, seigneur de Cheverny, fait des difficultés à expédier la grâce que le roi a accordée, et écrit celui-ci son opinion sur le sujet ; le souverain s’adresse alors aux gens du Conseil. Et Villeroy de s’agacer : « Je ne seray jamaiz de ceulx qui importuneront leur Majesté de contrevenir a ses ordonnances, et speciallement a celle dont il est question »119. Toutefois, ajoute le secrétaire, « ce bon homme […] appartient a plusieurs gens de bien et qui, de son merite, pour ses services, quelque consideration, peult estre grattiffié comme pour mon regard j’estime qu’il se peult faire ». Le refus du garde des sceaux témoigne d’une opposition juridique, mais certains s’irritent aussi plus simplement de l’excès de pouvoir. Le 5 mars 1596, Villeroy se récrie auprès de Henri de Montmorency que la suppression des grands maîtres des eaux et forêts ne vient pas de lui, alors que ces hommes l’accusent, notamment parce que le beau-frère de Villeroy, Henri Clausse, est devenu surintendant des eaux et forêts. Il affirme qu’il est « contant de ne [se] mesler poinct de ce faict »120. Les récriminations des maîtres des eaux et forêts sont peut-être pure calomnie, mais on a peine à croire que Villeroy n’y est pour rien dans cet accroissement de pouvoir offert à la charge de son beau-frère.

    3. Amis et ennemis du clan

    3.1. Des ennemis sans visage

    32Par leur position au sein du Conseil, par leur rôle d’interface, leur mainmise sur la faveur, les secrétaires et les conseillers se sont attirés plusieurs inimitiés, mais les correspondances s’en font très peu l’écho. On peut d’abord souligner que le pouvoir de ces hommes, en faveur auprès de Catherine de Médicis, suscite des oppositions nombreuses. Au sein du Conseil, on distingue parfois quelques traces de ces luttes feutrées. Le 30 juin 1571, Jean de Morvillier s’étonne, dans une lettre à Pomponne de Bellièvre, d’avoir entendu que Pierre de Gondi, évêque de Paris depuis 1569, ait affirmé au Conseil que Bellièvre aurait dit qu’il suffisait que le clergé paye sa contribution en novembre pour ensuite s’acquitter des sommes dues aux soldats suisses. Morvillier, qui était présent, croit au contraire se souvenir que Bellièvre n’a rien dit de tel ou autre chose que l’on puisse interpréter en ce sens ; selon lui, cette opinion vient du fait que l’on a dit que le terme du paiement des Suisses se situe en novembre, d’où la croyance de certains qu’il serait inutile de lever des fonds avant121. Il se souvient que Nicolas de Pellevé et les députés du clergé semblaient pouvoir trouver les fonds. En effet, une lettre plus tardive de Sébastien de L’Aubespine montre qu’il s’agissait de payer dès août. L’Aubespine intervient aussi pour défendre ses compagnons, et le 4 juillet 1571, il soutient Bellièvre, confirmant ce que Morvillier a écrit. Il va plus loin, puisqu’il montre à la reine une dépêche de Morvillier dans le but d’obtenir sa faveur122. L’affaire se conclut le 8 juillet 1571, lorsque Sébastien de L’Aubespine annonce avec satisfaction à Bellièvre que la reine a vu la dépêche de Morvillier affirmant que le paiement du clergé se devait faire en août, puis qu’il l’a montré au Conseil. Le roi et la reine soutiennent alors le clan, confirmant la lettre de Morvillier, et le roi écrit « roiddement » à l’évêque de Paris qui aurait avancé cette idée téméraire de permettre le paiement en novembre123.

    33L’affaire démontre les luttes au sein du Conseil, mais l’on s’aperçoit aussi que les hommes du clan sont la cible de critiques sur leur trop grande faveur et sur leurs ambitions en matière de pouvoir, qu’ils nient vigoureusement. C’est ce qui s’observe dans les relations avec le chancelier L’Hospital. On pourrait croire, par la participation des hommes du clan à la politique de concorde, qu’ils sont proches du personnage. En vérité, il semble que Michel de L’Hospital et le clan voient leurs ambitions s’affronter. Dès 1564, Francés de Alava souligne que les L’Aubespine, Morvillier et Lansac n’étaient guère appréciés du chancelier et de son parti124. Lorsque Jean de Morvillier est garde des sceaux afin de suppléer le chancelier disgrâcié en 1568, il écrit une longue lettre à L’Hospital visant à se justifier face à une rumeur selon laquelle il empêcherait son retour pour continuer à tenir sa position125. À une date inconnue, mais probablement durant cette période de disgrâce, Madeleine de L’Hospital évoque les mauvais procédés de Claude de L’Aubespine envers son père, Michel de L’Hospital126. Sous Henri III, les ennemis sont désormais les puissants « mignons » du roi, que l’ambition des secrétaires semble parfois heurter. L’exemple de la querelle entre Villeroy et Jean-Louis de Nogaret, duc d’Épernon, est le plus connu. Cette vive inimitié éclate au grand jour pendant les dernières années du règne de Henri III. En 1585, Villeroy apparaît comme le principal adversaire du duc au Conseil, et le conflit s’ouvre le 30 septembre 1587 : le duc reproche en plein Conseil à Villeroy de n’avoir pas envoyé à son frère l’assignation d’une somme pour ses forces, et menace de frapper le secrétaire127. Le roi ne défend que mollement son conseiller et, dès le 4 octobre, Villeroy s’en plaint amèrement à Bellièvre128. Après une échauffourée à Angoulême, où le duc d’Épernon manque d’être pris par les ligueurs, l’animosité est à son comble, le duc attribuant sa mésaventure au secrétaire.

    3.2. Amis et compagnons du gouvernement monarchique

    34Face à ces ennemis, le clan peut compter, tant sous Charles IX que sous Henri III, sur plusieurs amis, soutiens de leur pouvoir : des hommes qui partagent leurs idées, des amis de vieille date, des clients devenus leurs égaux peuplent le Conseil royal. On a déjà vu les liens d’amitié unissant les quatre secrétaires sous Charles IX, et les amitiés nées au cours des ambassades. Les amitiés de pouvoir sont mal connues, mais on devine que, comme les fréquentations lors des ambassades, la gestion en commun des affaires depuis plusieurs générations a permis de nouer des liens profonds. Les Babou, les Bochetel et les Neufville se fréquentent ainsi au service de François Ier. Philibert Babou, père du cardinal de La Bourdaisière, est issu d’une famille de la notabilité berruyère, qui renforce ses liens avec le clan sous François Ier129. Philibert I est trésorier de France, puis trésorier de l’Épargne de 1523 à 1525, secrétaire des finances en 1530, avant de se voir confier une compétence de surintendant des bâtiments du roi. Grâce à ces fonctions et à sa position de maître d’hôtel dans la maison de la reine d’Éléonore, il a fréquenté Guillaume Bochetel. Son fils, Philibert II, évoque ainsi à Bernardin Bochetel « l’amitié de noz peres »130. Il a aussi bien connu le grand-père de Villeroy, Nicolas II de Neufville, qui a œuvré sur les chantiers royaux pendant les années 1530. Autre amitié née sous François Ier, peut-être pour partie au cours de missions diplomatiques, et sans doute à la cour, Jean Du Bellay rappelle en 1554 l’amitié qu’il porte à Bernardin Bochetel et à son père, Guillaume131, une amitié qui vient peut-être des missions dans l’Empire et en Angleterre des Du Bellay, deux pays dont s’occupent largement le clan.

    35Pomponne de Bellièvre est un autre homme très apprécié du clan. Il a rencontré Morvillier lorsque, à l’automne 1557, il s’est rendu en Bresse pour instruire la rébellion d’une partie de la population. Morvillier est à l’origine de son envoi comme ambassadeur aux Grisons en 1564, et il y reste jusqu’en 1566. Il occupe ensuite le siège de Soleure en Suisse jusqu’en 1571132. Bellièvre est alors devenu un ami de Morvillier, mais aussi de Sébastien de L’Aubespine, lequel lui confie la surveillance et l’éducation de son neveu, Pierre de Grantrye, lorsqu’il est à Coire de 1566 à 1574. Par la suite, surintendant des finances en 1574, il est chargé des affaires financières aux côtés, notamment, de Morvillier et de Sébastien de L’Aubespine. Sous Henri III, il est très souvent missionné : il est envoyé auprès de Jean-Casimir, commandant des reîtres, en juin 1576 pour régler les conditions de leur départ, et est finalement emmené en otage face à la lenteur des paiements. Morvillier, à cette occasion, offre de lui trouver quelque caution pour pouvoir être libéré, et d’aller parler à sa femme, Marie Prunier, pour la rassurer133. Au cours des années 1580, Bellièvre négocie, tout comme le clan. En 1580, au côté de Villeroy, il se charge de la paix de Fleix, puis, en 1581, il parcourt la Guyenne et le Languedoc pour garantir la pacification. À cette occasion, Claude Pinart lui envoie son fils pour apprendre à son côté134. En 1583, il négocie avec les États des Pays-Bas et avec le prince d’Orange, alors que le duc d’Anjou a tenté de s’emparer d’Anvers. En 1583-1584, il se trouve à nouveau dans le Sud-ouest, d’abord pour négocier une réconciliation entre Henri de Navarre et son épouse, Marguerite, puis pour tâcher de pacifier les troubles naissants. En 1586-1587, il est à Londres, cette fois pour tenter de sauver Marie Stuart. En 1588, il fait partie des secrétaires disgraciés. À chaque étape, Bellièvre a été en contact avec le clan, les liens d’amitié ont été renforcés par des liens spirituels : pour son premier né, Albert, Bellièvre choisit pour parrain Albert de Gondi, comte de Retz, et Guillaume de L’Aubespine, fils du secrétaire d’État, Claude135 ; Morvillier choisit en outre Bellièvre comme exécuteur testamentaire, en même temps qu’il lui laisse 2 000 francs pour marier sa fille, dont il est le parrain136. Bellièvre a en outre forgé une étroite amitié avec Villeroy, qui exprime ouvertement ces sentiments dans sa disgrâce, en 1589137. Bellièvre n’est certainement pas un cas isolé, bien qu’il soit le mieux connu, par l’effet des sources, sa correspondance ayant été très bien conservée.

    36Ces hommes sont les mieux documentés, mais les gens du clan ont favorisé la carrière de plusieurs officiers, et s’entouraient de certains hommes dont ils appréciaient la valeur. En 1573, Jacques Viart, alors maître des requêtes, est envoyé dans l’Empire pour préparer le voyage de Henri d’Anjou vers son nouveau royaume de Pologne. Jean de Morvillier l’assure alors qu’il parle chaque jour à la reine mère afin de lui donner le titre de conseiller au Conseil privé138. Sébastien de L’Aubespine, quant à lui, lui recommande pour avoir une « doulce et saige compagnie parmy ung long voyage et important », Nicolas de Harlay, vertueux et capable, qui « sçayt la langue latine, germanicque et italienne et congnoist l’humeur de ceulx ou il va servir »139. La famille Viart est une famille de premier plan à Blois, où un membre de la famille a été bailli et gouverneur – les Morvillier ont sans doute côtoyé la famille. Jacques Viart, son père, a été président de la justice des Trois-Évêchés en 1568, point de contact avec François de L’Aubespine, président de la justice à Metz. Il a en outre été commis à l’installation du présidial de Bourges en 1552, puis président au siège présidial de Blois en 1559. Jacques Viart est un informateur régulier de Jean de Morvillier, si l’on en croit son maître d’hôtel140. De plus, son fils, Joseph, trésorier de France en Touraine à la fin du xvie siècle, épouse Claude Sardé, fille de Marie Bochetel et de son premier époux, Jean Sardé141.

    37Ces exemples le montrent : le clan Bochetel cherche à s’entourer au sommet du pouvoir et à faire entrer certains hommes aux conseils. Morvillier peine à l’obtenir pour Viart, mais Bellièvre entre au Conseil privé le 1er juillet 1570, certainement sur les recommandations des L’Aubespine et de Morvillier auprès de Catherine de Médicis. Morvillier recommande aussi, pour l’entrée au Conseil, Philibert Babou, cardinal de La Bourdaisière, ambassadeur à Rome jusqu’à sa nomination au cardinalat en 1561142. Néanmoins, le personnage reste à Rome, où il meurt en 1570, et cette recommandation ne doit guère produire d’effets. Babou et Bellièvre ne sont sans doute que deux exemples parmi d’autres. Le clan Bochetel s’insère ainsi dans un réseau d’amitiés et, certainement, les profils de tous ces hommes sont relativement proches. Tous sont des fidèles du pouvoir royal et ont derrière eux de longues carrières de négociateurs ou de conseillers. Tous, en outre, sont des hommes relativement modérés religieusement, voire très ouverts pour certains comme les Guillart. Tout comme Mark Greengrass a identifié dans les négociateurs de 1577 des hommes issus de l’entourage de Catherine de Médicis143, on a sans doute ici un groupe appartenant à cette vaste mouvance d’hommes liés à la reine mère et à ses idées politiques.

    38À la cour, les puissants du clan ont donc trouvé l’oreille du souverain et se sont installés comme des conseillers très écoutés au Conseil royal. Ce faisant, ils se sont attirés nombre d’inimitiés, et ce d’autant plus que leur empire sur les affaires d’importance est grand. Néanmoins, ils pouvaient aussi compter sur nombre d’amis prêts à soutenir leurs causes, mais aussi sur un entourage important, qui constituait un autre relais de leur pouvoir.

    III. — L’entourage des secrétaires et des conseillers, un instrument de pouvoir

    1. Le cercle rapproché des commis

    39Dans l’ombre du secrétaire d’État s’affaire en effet un petit groupe d’hommes qui reçoivent les missives, les ouvrent, les déchiffrent, les écrivent et aident le secrétaire dans la direction des affaires. Cet univers est avant tout un théâtre d’ombres : les hommes qui s’activent sont souvent sans visage, réduits à un nom, à leurs fonctions quand ils sont mieux connus. Hélène Michaud a décrit les collaborateurs des secrétaires d’État et Philippe Hamon a étudié l’entourage des gens de finances et le milieu de leurs commis144. Les secrétaires d’État sont avant tout des hommes de réseaux, qui peuvent mobiliser ces derniers au service du roi et dans l’exercice de leurs charges. Les secrétariats sont en effet faiblement institutionnalisés, alors que le poids de la charge croît, on l’a vu, obligeant à compter sur un début de personnel : des secrétaires, des déchiffreurs, des porteurs de courrier, mais aussi des informateurs qui peuvent fournir des nouvelles de Paris ou d’autres lieux quand le secrétaire ne s’y trouve pas. Autant d’hommes susceptibles d’avoir accès au secrétaire et, parfois, à ses secrets, de façon qu’ils sont en général des gens de confiance, parents ou obligés s’intégrant ainsi au clan145. On retrouve là la logique domestique propre à ces premières administrations146. Cependant, ce monde se laisse difficilement pénétrer. Les mieux connus sont les commis, mais il ne faut pas oublier d’autres hommes, absents des sources. Tassin Thuret, par exemple, fourrier ordinaire de l’écurie du roi et des gentilshommes de sa maison de 1556 à 1558, puis grenetier de Laon et valet de chambre de Catherine de Médicis dès 1565, est un homme bien connu des L’Aubespine147. Il écrit en 1551 à Sébastien de L’Aubespine, évoquant le procès d’Oudart du Biez, maréchal de France la même année, mais prenant soin aussi de mentionner plusieurs membres de la famille L’Aubespine, ainsi que Philibert Babou, père du cardinal et ami du clan148. Lorsqu’il contracte mariage, en 1565, avec Michelle Herpin, d’une famille tourangelle, il est entouré de Claude de L’Aubespine et de son épouse, Catherine d’Alizon, qui lui font don de 1 200 l.t.149. Il est connu de l’ensemble du clan et de ses amis, et est l’exécuteur testamentaire d’Anne Bochetel, nièce de Guillaume150. Pomponne de Bellièvre l’a quant à lui rencontré à Laon où il était lieutenant général depuis environ 1560. Il est le parrain de son fils, Pomponne Thuret, ensuite receveur des tailles de l’élection de Reims151. Outre cet homme, il faut compter sur les courriers. Si les secrétaires employent, pour l’expédition de leurs lettres, le service des postes royales, ils recourent aussi souvent à leurs propres hommes, parents ou gens de confiance. Villeroy peut par exemple compter sur « un nommé Antoine », chevaucheur de l’écurie du roi, qu’il a élevé et qu’il protège152. Il recommande un courrier, Deville, à son successeur au secrétariat Pierre Brulart, « respondant de sa fidelité »153.

    40Ce sont ces commis qui sont les mieux connus. Dès le règne de François Ier, les secrétaires des finances disposent de commis, ainsi de L’Aubespine servant son futur beau-père, Guillaume Bochetel. Ce n’est qu’en 1588 qu’un règlement prévoit que chaque secrétaire disposera de quatre commis, et seulement en 1599 qu’un texte règle le rôle du premier commis154. Au vrai, ce règlement semble confirmer une pratique déjà courante. Jacques Bourdin indiquait déjà en 1558 disposer de cinq secrétaires155. Au cours de cette période, cependant, les secrétaires et commis sont mal connus ; Hélène Michaud a relevé la plupart de leurs noms156. Le profil des commis fait ressortir qu’ils sont tous des secrétaires, soit issus de la Chancellerie, dans le corps des notaires et secrétaires, soit au service de quelque prince : Étienne Bigot est secrétaire de la duchesse de Berry, Marguerite de Valois157, Jean Foucault est secrétaire des finances dès 1595158. Plusieurs sont secrétaires de la chambre du roi, ce qui est lié à leur rôle d’écriture des missives souvent à proximité du souverain. Autre trait commun, ces commis ont des liens de parenté avec les secrétaires et sont issus du clan : on a croisé François Le Mareschal, allié des Bourdin, et Jules Gassot, allié des Morvillier, tous deux servant Villeroy, le premier de 1567 à 1571, et le second pendant les années 1570 et 1580. La parentèle est le vivier privilégié de recrutement. C’est le cas de Jacques Brethe, commis de Villeroy ; il est apparenté aux Neufville par sa grand-mère paternelle. Brethe est commis de Claude de L’Aubespine, mentionné en cette qualité en 1567, avant de devenir celui de Villeroy dès 1571159. D’autres sont issus de la Chancellerie, « véritable pépinière pour l’administration royale »160, tel Claude L’Hoste, commis de Villeroy, connu comme secrétaire ordinaire de la chambre du roi, dès 1580161. Plus ponctuellement, les commis se recrutent dans le monde des finances. Enfin, des commis sont retenus en raison de leur expérience, le clan ayant éprouvé leurs compétences dans des missions. Jean Grangier, seigneur de Lyverdys, né en 1526, trésorier des Ligues suisses et proche d’un ami du clan, Pomponne de Bellièvre, est ainsi employé comme commis par Claude III de L’Aubespine en 1568162. Sa nomination ne fait qu’entériner une position déjà bien établie parmi les réseaux du clan, et le secrétaire s’assure ainsi un homme de confiance et très expérimenté dans des affaires très complexes.

    41Ces commis accomplissent les écritures, mais participent aussi sans doute, à un certain degré, à la préparation du travail du secrétaire, l’aidant à maîtriser le flot de nouvelles qui lui parviennent. Il existe peu de traces de l’activité du secrétaire. Hélène Michaud, étudiant les registres de Claude Pinart de 1580 à 1588, a montré que le secrétaire faisait tenir des registres des courriers envoyés par une demi-douzaine de copistes163. Le travail des commis est sujet à une surveillance de tous les instants, pour éviter une indiscrétion ou une erreur. L’Aubespine s’agace d’une « faute » dans les paquets, probablement lors de l’envoi ou un retard quelconque, et assure qu’il ne peut en « estre esclaircy […], d’autant que la façon en est d’importance, et que je sçay que jamaiz telle faulte n’est advenue en ma maison : j’en suis assez soigneulx »164. On perçoit l’obsession du secret des secrétaires. Jacques Bourdin refuse une demande de son beau-frère de placer le fils du docteur Cheluis au nombre de ses clercs. Il indique qu’il n’a que cinq clercs, dont quatre secrétaires du roi, car l’état de secrétaire d’État nécessite de voir passer « tant de chiffres et choses importantes par les mains dont il fault que noz clercz ayent quasi mesme congnoissance que nous, que je ne m’ose servir en telles choses que des plus fideles jeunes hommes que je congnoisse de nostre propre nation, et mesmes qui ayent ja servient au Roy »165. Même en disposant d’hommes fidèles de nation française, le secrétaire n’est pas à l’abri de quelque déboire, comme l’expérimente Villeroy en 1604, lorsque est découverte la trahison de son commis, Nicolas L’Hoste, qui vendait des secrets à l’Espagne166.

    42Si les commis apportent au secrétaire une aide dans le travail quotidien, ils offrent aussi le soutien de leurs réseaux. Florent Pasquier, au service de Villeroy, a ainsi pour beau-frère Guillaume Ancel, maître d’hôtel du roi, qui a été, à la suite de Jean de Vulcob, ambassadeur dans l’Empire de 1576 à 1602. Le frère du commis, Jérôme, seigneur de Beauvoir, est secrétaire de Michel de Castelnau, puis de Guillaume de L’Aubespine.

    2. La place du clan dans l’appareil monarchique

    2.1. La présence dans les charges financières

    43Les secrétaires peuvent ainsi compter sur des commis, jeunes gens issus de leur parentèle, ou hommes qu’ils ont croisés. Toutefois, dans l’exercice de leurs charges, il ne faut pas non plus négliger les ressources de la parentèle : les hommes qui la composent ne travaillent pas quotidiennement avec les secrétaires, mais, par leurs positions dans l’appareil monarchique, constituent des relais précieux. Le clan comprend un pôle lié aux finances de la monarchie, où certains hommes détiennent des postes clefs (fig. 5).

    Figure 5. Les officiers de finance du clan dans les instances centrales de la monarchie.

    Image

    44Les caisses centrales de la monarchie ont été occupées à plusieurs reprises par des alliés. Gilles de L’Aubespine, en particulier, est trésorier des parties casuelles de 1554 à probablement 1556167, et en cette qualité est présent lors d’un Conseil avec le roi pour obtenir un subside168. Cette caisse, créée en 1524, reçoit notamment les finances issues de la vente des offices. L’Aubespine est inséré dans un monde de financiers de premier ordre. Lui-même est receveur général des finances à Rouen jusqu’en 1555169. Il doit certainement en partie sa carrière financière à l’entregent de son épouse, Marie Gobelin, issue d’une prospère famille de marchands drapiers, ce qui lui a sans doute permis d’acquérir les offices170. Au début du xviie siècle, une nouvelle alliance est conclue avec les Gobelin171. Madeleine de L’Aubespine, fille de Claude, seigneur de Verderonne et de Louise Pot, et descendante de Gilles de L’Aubespine, épouse Balthazard Gobelin, maître des requêtes en 1616172. Le père est trésorier général extraordinaire des guerres en 1588, puis trésorier de l’Épargne de 1589 à 1600, le plaçant à la tête de la Caisse centrale de la monarchie créée en 1523 par François Ier. Ce trésor de l’Épargne a aussi été occupé, sous Henri II, par Jean de Baillon de 1555 à 1559173, dont le frère, Adam, seigneur de Vallances, est un allié de Jean de Morvillier174.

    45Outre ces instances, on trouve plusieurs intendants des finances, là encore charge précieuse alors que Jean de Morvillier et ses alliés sont régulièrement aux prises avec les matières financières au Conseil. Ces intendants des finances, créés en 1552, lors de l’expédition de Henri II dans l’Empire, pour rassembler les fonds nécessaires à l’entreprise, sont réunis aux contrôleurs généraux des finances en 1556, et sont quatre à l’orée des années 1570. Parmi eux se trouve Olivier Le Febvre, seigneur d’Ormesson. Celui-ci entame sa carrière comme commis d’André Blondel, trésorier du dauphin Henri, puis trésorier de l’Épargne, avant de devenir argentier du roi en 1553, puis trésorier des parties casuelles de 1554 à 1557, trésorier de France en Picardie en 1568. Il épouse Anne d’Alesso en 1557, précisément pour bénéficier de son grand-oncle, Jean de Morvillier175. Les liens entre les deux hommes sont manifestes, lorsque d’Ormesson est intendant des finances, de 1573 à 1579176. Dans cette dernière charge, il appuie l’exercice des finances de son grand-oncle Morvillier qui participe aux finances. La correspondance montre bien l’étroite collaboration entre les deux hommes. Dans une lettre, Morvillier lui explique que l’on cherche tous les moyens possibles pour le secours du roi, et en particulier la vente d’offices, en l’occurrence celui de contrôleur général des finances. Sous Henri II, deux officiers vérifiaient les pièces des ordonnateurs, mais en 1556 ils furent réunis aux intendants créés en 1552. Hormis un bref rétablissement, la charge a disparu en 1573. Depuis, elle est exercée par quartier par les intendants. Le cardinal de Lorraine suggère à Morvillier que d’Ormesson pourrait reprendre cet office et serait favorisé dans l’entreprise. Morvillier refuse, arguant des maigres moyens de son petit-neveu et affirmant que ce dernier n’a pas l’ambition de s’approprier une charge répartie entre les quatre intendants177. Autre intendant des finances, Nicolas de Verdun a épousé, sans doute en 1556, Nicole de L’Aubespine, fille de Gilles178.

    46Outre les grandes instances, ces familles ont placé les leurs dans nombre d’institutions des finances, formant autant d’alliés sur lesquels s’appuyer. C’est le cas de la famille d’Alesso, alliée aux Morvillier. Elle serait issue d’une lignée italienne, André passant pour le neveu de saint François de Paule. André se serait rendu en France auprès de son oncle, très en faveur auprès de Charles VIII puis de Louis XII. Il est valet de chambre du roi, obtient des lettres de naturalisation en août 1490, prend pour épouse en 1501 Jacquette Molendrin, servante de Marguerite Bourdin, veuve de Michel Gaillart : là encore, les d’Alesso entrent dans la proximité du puissant réseau des financiers tourangeaux qui a constitué la première alliance des hommes du clan Bochetel. L’un de ses enfants, Jean, épouse Marie de La Saussaye, nièce de Jean de Morvillier179. Jean d’Alesso, maître des comptes en Bretagne en 1536, obtient ensuite la même charge à Paris en 1556. Il est aussi un serviteur du connétable de Montmorency, dont il est l’intendant général180. Ses enfants poursuivent cette voie financière : François est maître des comptes, tandis que son frère, André, est maître de la chambre aux deniers en 1575 puis secrétaire des finances en 1581181. Le premier a d’ailleurs épousé Madeleine de Vigny, fille de François, receveur de Paris182. De même, les L’Aubespine peuvent compter plus tardivement sur René Duval, qui a épousé Madeleine de L’Aubespine et est le fils de Jean Duval, trésorier de l’Épargne jusqu’en 1547183.

    47Il est difficile de mesurer les liens exacts entre le cœur du clan à la cour et tous ces hommes. Les liens de sociabilité sont avérés. Ainsi, Florimond Robertet, seigneur de Fresnes, écrit en 1560 à Sébastien de L’Aubespine, que son frère Claude est en Berry et que vient d’arriver à la cour, avec d’autres, Nicolas de Verdun, tous « revenus engraissez de deux doigts sur costes »184. En dehors de ces liens, la présence d’alliés dans les instances financières de la monarchie facilite le travail des secrétaires. Ces derniers sont régulièrement amenés à solliciter des officiers de finance, en particulier pour assurer le bon paiement des pensions en Suisse. Claude de L’Aubespine recourt ainsi à son neveu, Nicolas de Verdun, trésorier des parties casuelles, pour obtenir l’argent de Bernardin Bochetel185. On trouve des exemples d’intervention très nets en vue de bénéficier de rabais sur des offices ou des faveurs quelconques. Jean Jomyer, maître d’hôtel de Morvillier, explique, au sujet d’une affaire peu évidente, que sur la question de l’office d’élu particulier à La Charité-sur-Loire, il a parlé, d’une part, à Pierre Molan, trésorier des parties casuelles, et, d’autre part, à Jean Camus, seigneur de Saint-Bonnet, et à d’Ormesson, les deux intendants des finances, pour obtenir une taxe modérée sur cet office, c’est-à-dire l’obtenir à meilleur prix186. Or, Saint-Bonnet et d’Ormesson sont des proches du clan. Le second, issu du patriciat lyonnais et ami de Pomponne de Bellièvre, avait été employé par Bernardin Bochetel comme porteur de dépêches pendant les années 1560187. Quant à Pierre Molan, le trésorier, il a épousé Marie de Verdun, la fille de Nicolas et de Nicole de L’Aubespine188.

    2.2. La présence des officiers de justice du clan dans l’appareil monarchique

    48Le clan investit également le monde de la judicature, avec, au sommet, le parlement de Paris. Françoise Autrand a noté pour le Moyen Âge l’importance des parents, les gens du Parlement se recrutant souvent dans les mêmes familles189. Le phénomène se perpétue ici, avec quelques familles de parlementaires au sein du clan, familles qui s’allient généralement entre elles. Cet investissement dans le parlement s’observe dès le début du siècle et comporte un petit nombre de familles : les Brinon et Anjoran pour les alliances du début du siècle, Cauchon, Longueil, Allegrin, Bochart, de Thou, Avrillot, Anjoran, Hennequin, Le Picart, par la suite. Ce sont ces noms qui reviennent le plus souvent, avec des alliances qui, suivant la même logique des renchaînements d’alliance observée dans le cas des finances, contribuent à former un tout petit monde, dont la généalogie ci-après permet de rendre compte (fig. 6)190.

    Figure 6. Les officiers de justice du clan dans les instances centrales de la monarchie.

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    49Le monde parlementaire s’ordonne autour de deux familles, les Brulart-Bourdin, qui s’allient en 1523 lorsque Isabeau Bourdin épouse Noël Brulart. Le père de la mariée, Jacques Bourdin, n’est pas issu du parlement de Paris, mais tous ses alliés le sont. En effet, assistent au mariage, du côté de la future épouse, ses oncles, Jean Brinon, Louis Anjoran et Christophe Hennequin, tous trois issus de lignée parlementaire191. Jean Brinon, avocat au parlement de Paris, fait ensuite une belle carrière, déjà évoquée. Louis Anjorran est conseiller et avocat du roi en la chambre des monnaies, puis conseiller lai au parlement de Paris et reçu président aux requêtes du Palais en 1520192. Christophe Hennequin, enfin, est conseiller au parlement193 et fait partie d’une vaste famille de parlementaires194. Les Bourdin eux-mêmes poursuivent l’ancrage parlementaire. L’un des fils de Jacques, Gilles, est ainsi, en 1551, lieutenant général des eaux et forêts du royaume, mais suit parallèlement une carrière d’avocat au parlement, dès 1550, avant de devenir, en 1557, procureur général du roi195. La charge d’avocat du roi est une étape dans la progression d’une carrière parlementaire et celle de procureur général représente une marque de confiance du souverain. Gilles Bourdin n’est pas isolé au parlement de Paris. Il a d’ailleurs pris la suite de son beau-frère, Noël Brulart, procureur général de 1542 à sa mort en 1557196. Ce dernier appartient à une lignée déjà ancrée dans le monde parlementaire et l’élite parisienne : si son père, Jean, a débuté comme notaire et secrétaire du roi, il a ensuite été conseiller lai au parlement de Paris à compter de 1503. Le profil de la famille est avant tout parlementaire, et les enfants de Jean approfondissent cet ancrage : Pierre y est reçu conseiller en 1522197 et ses enfants poursuivent cette carrière ; ses frères et sœurs appartiennent aussi à ce monde.

    50Les Neufville créent aussi une branche parlementaire, avec les enfants de Nicolas II. Jean de Neufville prend alliance dans le parlement de Paris, en épousant Geneviève Allard, le 21 juillet 1549. Elle est la fille de Guillaume, conseiller lai au parlement de Rouen le 8 janvier 1523, puis conseiller au parlement de Paris dès 1535, charge qu’il résigne avant le 30 décembre 1558198. La descendance de Jean poursuit ces liens avec le parlement de Paris. Madeleine épouse, à la fin du siècle, Jean Bochart, issu d’une famille d’avocats, puis de magistrats servant à Paris depuis le milieu du xvie siècle. Son père, également prénommé Jean, a été maître des requêtes. Jean suit quant à lui une carrière brillante : président des enquêtes au parlement de Paris en 1594, il en est, en 1628, premier président199. Anne épouse Christophe-Auguste de Thou, qui serait le neveu du premier président du parlement de Paris, Christophe de Thou, mais n’aurait pas lui-même exercé dans la cour200.

    51Il est délicat d’observer un travail effectif de ce réseau parlementaire au profit du clan. On peut, en revanche, supposer que les secrétaires d’État en tiraient quelque profit, notamment pour relayer la politique de concorde et obtenir l’enregistrement des édits de paix. Catherine de Médicis emploie d’ailleurs Jacques Bourdin pour faire entendre l’intention du souverain sur l’exécution de certaines missives, en 1561. Celui-ci pouvait certainement compter sur sa parentèle pour se faire entendre201. En 1563, c’est le jeune Villeroy qui doit se rendre au parlement de Paris pour informer l’institution que Catherine de Médicis se prépare à une entrevue avec Louis de Condé et les principaux chefs de guerre afin de mettre un terme à la première guerre de Religion202. Certes, Catherine de Médicis envoie des hommes qui lui sont tout dévoués. Mais elle a sans doute bien conscience de leurs réseaux parlementaires, et à cœur, d’ailleurs, de favoriser ces hommes. Ainsi, le 27 juillet 1570, elle insiste pour que les gens du parlement de Paris reçoivent Nicolas III Brulart en la qualité de maître des requêtes, ces officiers bénéficiant d’un droit de séance facultatif comme les conseillers ordinaires ou les présidents, dans la cour203. Au surplus, plusieurs conseillers du roi ont leur entrée au parlement : c’est le cas de Jean de Morvillier et de Bernardin Bochetel. Cette colonisation du parlement par des fidèles de la couronne n’est donc certainement pas un hasard, et devait probablement faciliter la présentation des édits de la monarchie. Il faut néanmoins rester prudent sur l’efficience d’un tel réseau. C’est ce que montre la paix de Monsieur en 1576, qui prévoit l’établissement de chambres mi-parties dans les parlements, dont l’enregistrement est très difficile. Le 21 juin 1576, le parlement de Paris refuse d’entériner son établissement204, le 22 juin 1576 Morvillier se plaint de la lenteur du processus205. Deux jours plus tard, le parlement refuse de recevoir un conseiller et Morvillier presse le roi et la reine d’envoyer quérir les présidents de la cour qui se sont cependant excusés206. Par ailleurs, le clan n’oubliait pas ses alliés parlementaires, ce qui se perçoit dans les relations que ses membres entretiennent avec certains de leurs amis. Le 20 septembre 1570, Sébastien de L’Aubespine recommande ainsi à Pomponne de Bellièvre l’exécution d’une mainlevée concernant les biens saisis sur les parents de Charles de Bulion, conseiller au parlement de Paris, gendre de Charles de Lamoignon « qui est de nos bons et meilleurs amys »207.

    52Il est difficile de savoir de quelle manière les puissants du clan comptaient sur leurs parents dans les instances monarchiques pour exercer leurs charges. Il est assuré, néanmoins, que ces réseaux ont joué un rôle, et on peut les voir comme un élément important du pouvoir du secrétaire qui n’est pas un homme seul, mais la tête d’un vaste réseau l’appuyant dans sa charge. Que serait le secrétaire sans son commis qui l’assiste dans ses lourdes tâches, ou sans son frère procureur général au parlement de Paris, sur la fidélité duquel il peut compter pour diffuser les ordres du monarque ? C’est là, certainement, la grande qualité du clan qui mettait au service de la monarchie une vaste parentèle où puiser commis et relais auprès des principales instances du gouvernement monarchique.

     

    53À l’origine secrétaires du souverain, scribes mettant en forme la correspondance et dressant les actes, les secrétaires sont revêtus d’un nouveau pouvoir à partir de 1547, lorsque Henri II consacre l’existence de quatre secrétaires privilégiés pour instrumenter ses décisions. Les secrétaires conservent la mémoire de leurs origines et leur quotidien se passe à tenir la plume et à lire des papiers de plus en plus nombreux. Ces plumes du souverain, en apparence inoffensives et sous son étroit contrôle, se muent peu à peu en politiques influents. Lire et écrire les dépêches leur offre un pouvoir que, peut-être, le roi n’avait pas complètement imaginé. En leur confiant la réception des lettres, il leur remet la maîtrise des circuits d’information et, de fait, en fait des voix très écoutées au Conseil royal. En leur confiant la rédaction des dépêches et des actes, le souverain les charge de traduire ses volontés, quitte à ce que certains prennent parfois quelque liberté, au nom du bien commun qu’ils prétendent garder. En faisant de ces hommes le cœur de la correspondance royale, le roi les place au centre du gouvernement monarchique. Favoris de Catherine de Médicis, ces hommes deviennent peu à peu des intermédiaires entre le roi et certains de ses sujets. Par cette position, ils s’instituent en courtiers de la faveur royale, et en relais, pour eux-mêmes, mais aussi pour nombre de solliciteurs. Il ne faut cependant pas faire de ce clan un groupe de prédateurs avides de gratifications. Ils ont mis au service du monarque leur expérience des affaires, leurs pratiques de l’écrit, pour accomplir efficacement au cœur des guerres civiles les nombreuses tâches qui leur sont dévolues. Ces hommes sont avant tout, cela a été observé, une élite qui met son expérience au service de la couronne, lui offrant des négociateurs éprouvés, d’habiles manieurs des finances et des gens au fait des arguties juridiques. Ces hommes ont un autre atout, une vaste parentèle et un grand nombre d’amis et d’obligés qui, en travaillant pour la couronne, pallient l’absence d’administration constituée. C’est au cours des guerres civiles, moment d’ébranlement de la monarchie française, que celle-ci se transforme profondément, sous la férule, notamment, de ces premiers secrétaires d’État. Ceux-ci donnent à leurs charges des prérogatives étendues et, par leurs habitudes, engendrent progressivement une routine du travail. L’organisation des secrétariats, avec les charges dévolues aux commis, les procédures de réception et d’ouverture des courriers, puis leur réponse naissent dans ces premiers secrétariats. Parallèlement, s’affirme la figure du secrétaire comme un ministre homme de cour, qui surplombe l’ensemble, prend part aux tâches d’écriture, mais en délègue de plus en plus à ses collaborateurs, et fréquente quotidiennement le souverain qu’il conseille. Ces puissants représentent le cœur du clan, à même d’impulser une dynamique car ils peuvent promouvoir les carrières. Toutefois, leurs alliés sont tout aussi importants : ils seraient fort démunis sans leurs réseaux, à la fois les réseaux en Berry et les parents ambassadeurs, voire ceux présents dans les grandes instances de la monarchie française. Pour la couronne, ces hommes sont en outre particulièrement précieux, car ils ont étroitement lié leurs destinées à celle du royaume.

    Notes de bas de page

    1 Saint-Simon, à propos de Guillaume de L’Aubespine, écrit sur son père Claude II : « Son père étoit celui qui avoit mis les secrétaires hors de page, signé le premier : le Roi, et qui fut en si grande et longue considération sous Henri II, François II et Charles IX » (Saint-Simon, Mémoires, éd. Arthur Michel de Boislille, Paris, 1879-1928, t. XI, p. 190-191).

    2 T. Sarmant et M. Stoll, Régner et gouverner…

    3 L. Horowski, Au cœur du palais…, p. 75 pour la citation et p. 166-171.

    4 On peut citer de récents travaux qui permettent de synthétiser une historiographie désormais riche : la thèse de doctorat de J. Ferrer-Bartomeu prenant pour fil directeur Villeroy (L’État à la lettre…) ; Archives and Information… ; Écritures grises… L’ouvrage récent de N. Schapira offre un aperçu du monde des secrétaires (Maîtres et secrétaires…).

    5 Il expose sa conception dans W. Reinhard, « Amici e creature… ». Sébastien Schick présente et discute cette théorie dans Des liaisons avantageuses…, p. 14-17.

    6 G. Rowlands The Dynastic State… ; D. Dessert et J.-L. Journet, « Le lobby Colbert… ».

    7 BNF, fr. 15906, fol. 189, Villeroy à Pomponne de Bellièvre, Vivonne, 22 février 1581 : « J’ay rencontré icy ceste caravane de pacquetz et, bien que je n’ay quasi eu loisir que de ouvrir, vous verrez tout ce que l’on nous mande. »

    8 F. De Vivo, « Archival intelligence… » ; I. Lazzarini, Communication and Conflict…, p. 69-85 ; A. Tallon, L’Europe au xvie siècle…, p. 173-178.

    9 Pour un résumé, T. Sarmant et M. Stoll, Régner et gouverner…, p. 37 ; N. M. Sutherland, The French Secretaries of State…, chap. 3, « The secretaries and their Départements », p. 29-38.

    10 P. M. Bondois l’a noté dans « Les secrétaires d’État sous François II… ».

    11 M.-N. Baudouin-Matuszek avait déjà remarqué cet intérêt de L’Aubespine pour les affaires anglaises, jugeant même que Claude de L’Aubespine et Guillaume Bochetel travaillaient « en tandem » (« Un ambassadeur en Écosse… »).

    12 BNF, fr. 20550, fol. 83, Claude de L’Aubespine à François de Lorraine, Châteaubriand, 29 juin 1551.

    13 BNF, Cinq-Cents de Colbert 394, p. 49-51. Claude de L’Aubespine à Bernardin Bochetel, Fontainebleau, 1er avril 1561.

    14 BNF, fr. 3239, fol. 119, Pierre Brulart à Louis de Gonzague, duc de Nevers, Le Plessis-lès-Tours, 8 septembre 1569.

    15 BNF, Cinq-Cents de Colbert 393, p. 71-72, Claude de L’Aubespine à Bernardin Bochetel, Villers-Cotterêts, 4 mai 1557.

    16 BNF, fr. 16092, fol. 443, Villeroy à André Hurault, Paris, 8 novembre 1585.

    17 BNF, fr. 15904, fol. 135, Pierre Brulart à Pomponne de Bellièvre, Paris, 20 juin 1576.

    18 BNF, Cinq-Cents de Colbert 395, p. 67-71, Jean de Morvillier à Bernardin Bochetel, Fontainebleau, 3 mars 1564.

    19 BNF, fr. 15904, fol. 199-200, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Paris, 1er juillet 1576.

    20 Fernand Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen au temps de Philippe II, t. II : Destins collectifs et mouvements d’ensemble, Paris, 1949 ; rééd. 2017, p. 335.

    21 D. Crouzet, Le haut cœur…, p. 218.

    22 BNF, fr. 16016, fol. 233-234, Jacques Bourdin à Pomponne de Bellièvre, Gaillon, 23 septembre 1566 ; Bourdin remercie pour un discours sur les affaires de Berne concernant sans doute les pensions. BNF, fr. 23191, fol. 123, Claude de L’Aubespine à François de Lorraine, duc de Guise, Paris, 9 janvier 1558 ; l’Aubespine informe le duc qu’il a reçu un petit portrait du pays que l’Anglais tient deçà la mer et l’envoie au duc.

    23 J.-C. Devos, « Les secrétaires d’État… ».

    24 N. M. Sutherland, The French Secretaries of State…, p. 111.

    25 BNF, fr. 6628, fol. 82, Pierre Brulart à Henri III, Paris, 10 mars 1582.

    26 Sur La Verrière, N. Le Roux, La faveur du roi…, p. 540. Sur Guillaume Ancel, G. Labouchère, « Guillaume Ancel… ».

    27 National Archives, Kew, SP78/18, fol. 59, Edward Stafford à Francis Walsingham, Paris, 1er mars 1588.

    28 Par exemple, BNF, fr. 3354, fol. 81, Villeroy à Jacques de Goyon, seigneur de Matignon, Fontainebleau, 16 mai 1582.

    29 BNF, fr. 15558, fol. 47, Pierre Brulart à Henri d’Anjou, Boulogne, 30 juin 1573 ; BNF, fr. 20517, fol. 69, Jacques Bourdin à François de Lorraine, Fontainebleau, 31 décembre 1553.

    30 BNF, Cinq-Cents de Colbert 7, fol. 317, Villeroy à Henri d’Anjou, Blois, 10 avril 1571.

    31 F. de Vivo « Archival Intelligence… ».

    32 BNF, fr. 20469, fol. 159, Claude de L’Aubespine à François de Lorraine, Chantilly, 17 septembre 1549.

    33 BNF, fr. 15909, fol. 58, Pierre Brulart à Pomponne de Bellièvre, Paris, 27 mars 1588.

    34 Sur la piété, N. Le Roux, La faveur du roi…, p. 593-599.

    35 BNF, fr. 3389, fol. 70, Claude Pinart à Matignon, Paris, 22 juillet 1578

    36 National Archives, Kew, SP70/18, fol. 63, Claude de L’Aubespine à Nicholas Throckmorton, Saint-Germain-en-Laye, 16 septembre 1560 : « il fault pardonner aux dames quant elles dorment au matin, mesmement aux femmes grosses comme nous pensons qu’est nostre maistresse ».

    37 BNF, fr. 3323, fol. 68, Villeroy à Louis de Gonzague, duc de Nevers, Paris, 30 septembre 1575.

    38 BNF, fr. 6628, fol. 95, Claude Pinart à Henri III, Paris, 9 avril 1582.

    39 BNF, fr. 20457, p. 107-109, Guillaume Bochetel à François de Lorraine, Châlon-sur-Saône, 20 juillet 1548.

    40 BNF, fr. 3158, fol. 54-55, Claude de L’Aubespine à Anne de Montmorency, Amboise, 19 mars 1560.

    41 BNF, fr. 15908, fol. 463-464, Villeroy à Pomponne de Bellièvre, Gray, 22 septembre 1587. Auguste Daumas insiste également sur cette fonction des secrétaires que l’on a tendance à oublier à mesure que croît leur poids politique (« L’action des secrétaires d’État… »).

    42 BNF, fr. 6629, fol. 48, Claude Pinart à Henri III, La Fère, 18 août 1583.

    43 National Archives, Kew, SP78/16, fol. 113, Edward Stafford à Francis Walsingham, Paris, 29 septembre 1586 ; H. Michaud, La Grande Chancellerie…, p. 219.

    44 J. Ferrer-Bartomeu, L’État à la lettre…, p. 54.

    45 Bibliothèque de l’Institut de France, Godefroy 260, fol. 154-155, Villeroy à Henri III, Paris, 25 janvier 1579.

    46 BNF, Cinq-Cents de Colbert 337, p. 623.

    47 BNF, fr. 15564, fol. 11, Villeroy à Catherine de Médicis, Bordeaux, 11 janvier 1581.

    48 BNF, Dupuy 486, fol. 87-88, Guillaume Bochetel à François de Tournon, Antoine du Bourg et Jean de Laval, Valence, 20 août 1536.

    49 BNF, fr. 15908, fol. 473, Villeroy à Pomponne de Bellièvre, Saint-Aignan, 29 septembre 1587.

    50 C. Michon, « Essai de synthèse : conseils et conseillers en Europe occidentale (vers 1450-vers 1550) », dans Conseils et conseillers…, p. 341-412.

    51 Guillaume Bochetel n’est évidemment pas le seul à lire les missives au roi. Nicolas de Neufville agit exactement de la même manière. Voir par exemple, BNF, fr. 2976, fol. 16, Nicolas II de Neufville à Anne de Montmorency, Paris, 18 février 1530 ; BNF, fr. 3046, fol. 93, Nicolas II de Neufville à Anne de Montmorency, Saint-Germain, saint Jean [24 juin]).

    52 Philippe Hamon, « Quelques réflexions, en guise de conclusion », dans La prise de décision en France (1525-1559), dir. Roseline Claerr et Olivier Poncet, Paris, 2008, p. 179-190.

    53 Fauvelet du Toc, Histoire des secretaires d’Estat…, p. 24.

    54 BNF, fr. 6629, fol. 88, Claude Pinart à Henri III, Noizy, 20 septembre 1583.

    55 Villeroy, Mémoires…, p. 29.

    56 BNF, fr. 3368, fol. 67, Claude Pinart à Pierre Brulart, Épernay, 16 juin 1585.

    57 BNF, fr. 3389, fol. 68, Claude Pinart à Jacques de Goyon, seigneur de Matignon, Alençon, 24 juin 1578.

    58 BNF, fr. 15904, fol. 184-187, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Paris, 28 juin 1576.

    59 BNF, fr. 3158, fol. 54-55, Claude de L’Aubespine à Anne de Montmorency, Amboise, 19 mars 1560 ; BNF, fr. 15906, fol. 563-564, Villeroy à Pomponne de Bellièvre, Blois, 4 décembre 1580.

    60 BNF, fr. 3312, fol. 27, Louis de Gonzague, duc de Nevers à Villeroy, Niort, 5 février 1573 [copie].

    61 BNF, fr. 3340, fol. 8, Villeroy à Louis de Gonzague, duc de Nevers, Chenonceau, 7 mai 1577. Pierre Brulart ne dit pas autre chose dans une lettre au duc de Nevers, de Paris, le 26 septembre 1575 : « Je vous prie m’excuser si je faictz ceste cy courte, pour vous l’escripre sur ung bout de table » (BNF, fr. 3323, fol. 56).

    62 BNF, fr. 3340, fol. 8, Villeroy à Louis de Gonzague, duc de Nevers, Chenonceau, 7 mai 1577.

    63 Ainsi, Villeroy informe le duc de Nevers qu’il a lu à la reine mère, à part, une lettre écrite de sa main, et elle a promis d’y répondre (BNF, fr. 3344, fol. 83-84, Amboise, 12 août 1569).

    64 BNF, fr. 16023, fol. 42, Sébastien de L’Aubespine à Pomponne de Bellièvre, Angers, 20 février 1570.

    65 J. Boutier, A. Dewerpe et D. Nordman, Un tour de France royal…, p. 27-28.

    66 Sur la pratique de Catherine de Médicis, J. Foa et M. Gellard, « L’œil à tout… ».

    67 BNF, fr. 16013, fol. 66, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Aix-en-Provence, 22 octobre 1564.

    68 N. Le Roux, Le roi, la cour, l’État…, p. 46-47.

    69 AD Cher, 4 AP 2, Jean Jomyer à Jacques Gassot, Avignon, 22 novembre 1574.

    70 BNF, fr. 15905, fol. 530, Villeroy à Pomponne de Bellièvre (?), 28 novembre 1580.

    71 BNF, fr. 3219, fol. 117-118, Claude de L’Aubespine à Artus de Cossé, seigneur de Gonnor, du camp près d’Orléans, 2 avril 1563.

    72 BNF, fr. 15573, fol. 225, Claude Pinart à Villeroy, Champigny, 4 novembre 1586.

    73 BNF, fr. 16017, fol. 100, Jacques Bourdin à Pomponne de Bellièvre, Villaines, 6 mai 1567 ; BNF, fr. 15907, fol. 207, Pierre Brulart à Pomponne de Bellièvre, Gaillon, 29 août 1583. Il remercie Bellièvre de « la souvenance que voullez avoir de moy, qui suis tousjours miserable, n’allant ny en avant, ny en arriere de ma maladye, sinon qu’elle me rend tous les jours plus foible et du tout inutile ». Villeroy arrive à la cour le 30 mars 1585, en proie à une fièvre quarte (BNF, fr. 16092, fol. 353-354, Villeroy à André Hurault, de Paris).

    74 BNF, fr. 15904, fol. 156, Pierre Brulart à Pomponne de Bellièvre, Paris, 24 juin 1576.

    75 C. Michaud, « Finances et guerres de Religion… ».

    76 N. Valois, Inventaire des arrêts du Conseil d’État…

    77 BNF, fr. 16023, fol. 131, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Paris, 21 octobre 1570. En 1571, il évoque Marcel qui accepte d’emprunter en son nom 30 000 l.t. pour aider la couronne (BNF, fr. 15901, fol. 338, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Blois, 5 novembre 1571).

    78 Pour ces quelques éléments, J. Béranger, « Les armées françaises… ». Sur le poids financier de ces forces, J. B. Wood, The King’s Army…, p. 275-300.

    79 BNF, fr. 16012, fol. 36v, Jacques Bourdin à Pomponne de Bellièvre et Nicolas de La Croix, abbé d’Orbais, Lyon, 25 juin 1564 ; BNF, fr. 15903, fol. 116-117, Pierre Brulart à Pomponne de Bellièvre, Paris, 13 juillet 1574.

    80 S. Schick, Des liaisons avantageuses…, p. 127-129.

    81 Calendar of State Papers Foreign, Elizabeth, éd. Joseph Stevenson, Londres, 1863, t. VII, p. 47, no 156, Jacques Bourdin à Nicholas Throckmorton, Fontainebleau, 13 février 1564.

    82 National Archives, Kew, SP 70/31, fol. 29, Nicholas Throckmorton à William Cecil, Paris, 9 octobre 1561. Il s’agit de la préface que Gabriel de Saconay rédigea pour l’Assertio septem sacramentorum adversus Martinum Lutherum de Henry VIII, dans laquelle il affirmait l’illégitimité d’Élisabeth Ire et justifiait les prétentions de Marie Stuart. La reine protesta et l’ouvrage fut retiré.

    83 National Archives, Kew, SP 70/44, fol. 55, Thomas Smith à William Cecil, Rouen, 7 novembre 1562

    84 National Archives, Kew, SP78/4A, fol. 53, Henry Cobham à Thomas Wilson, Paris, 15 avril 1580.

    85 National Archives, Kew, SP78/15, fol. 54, Edward Stafford à Francis Walsingham, Paris, 14 mars 1586.

    86 National Archives, Kew, SP78/16, fol. 1, Edward Stafford à Francis Walsingham, Paris, 1er juin 1586.

    87 National Archives, Kew, SP78/18, fol. 321, Edward Stafford à Francis Walsingham, Paris, 20 août 1588.

    88 Anna Blum note également cela pour le xviie siècle : La diplomatie française en Italie du Nord au temps de Richelieu et de Mazarin : les « sages jalousies », Paris, 2014, p. 527.

    89 BNF, fr. 10737, fol. 487-490, André Hurault à Villeroy, s.l.n.d.

    90 A. Daumas, « L’action des secrétaires d’État… ».

    91 Par exemple, BNF, fr. 16013, fol. 87, Claude de L’Aubespine à Pomponne de Bellièvre, Arles, 30 novembre 1564.

    92 BNF, italien 1208, fol. 53-55 (minute) et fol. 56-57 (mise au net), Villeroy à Giaccomo Guichardin, Paris, 8 octobre 1594 : « Comme il a pleu au Roy m’honnorer de la charge de feu Monsr de Revol, je vous prie avoir agreable que y contribuant la mesme fidelité qu’il y emploioit je succede aussi a la mesme correspondance qu’il avoit avec vous pour le service de Sa Majesté, vous promettant de m’en rendre digne envers les amys et vous par bonnes oeuvres […], en quoy j’appellerois volontiers a garend le sr Jeronimo Gondy qui m’a esprouvé en maintz endroictz mais il me semble que les choses passees requierent que les effectz me cautionnent plus que tout autre tesmoignage. »

    93 Elles sont éditées totalement ou partiellement dans le recueil de Jean Kaulek (Correspondance politique de MM. de Castillon et de Marillac, ambassadeurs de France en Angleterre (1537-1542), éd. Jean Kaulek, Paris, 1885). Il en existe plusieurs copies à la Bibliothèque nationale, dont BNF, Mél. Col. 13.

    94 BNF, fr. 15565, fol. 39-40, Villeroy à Jean de Bellièvre, Fontainebleau, 6 août 1582.

    95 Bernard Chevalier, « Florimond Robertet (v. 1465-1527) », dans Les conseillers de François Ieer…, p. 99-116.

    96 « État de la maison de Catherine de Médicis, 1547-1585 (BNF, ms. fr., nouv. acq. 9175, f. 379-394) », éd. Caroline zum Kolk, 2007 [en ligne].

    97 BNF, fr. 3357, fol. 55, Villeroy à Jacques de Matignon, Paris, 3 décembre 1583.

    98 BNF, fr. 23191, fol. 36, Bourgeois à Jacques Bourdin, Boulogne, 3 janvier 1558 ; ibid., fol. 59, Garay à Jacques Bourdin, Boulogne, 4 janvier 1558.

    99 BNF, fr. 23192, fol. 195, Jean de Serres à Jacques Bourdin, Abbeville, 18 novembre 1558.

    100 BNF, fr. 16092, fol. 267, Pierre Brulart à André Hurault, Chenonceau, 25 août 1584.

    101 BNF, Dupuy 537, fol. 175, Pierre Brulart à Joachim de Dinteville, Saint-Maur-des-Fossés, 27 juillet 1581 et fol. 178, 30 juillet 1581.

    102 J. Sénié, Entre l’aigle, les lys et la tiare…, p. 290-294.

    103 X. Le Person, « Practiques » et « practiqueurs »…, p. 271-374 ; A. Boltanski, Les ducs de Nevers…, p. 415-430.

    104 BNF, fr. 3364, fol. 37, Villeroy à Louis de Gonzague, duc de Nevers, Paris, 18 décembre 1585.

    105 BNF, fr. 3398, fol. 72, Pierre Brulart à Louis de Gonzague, duc de Nevers, Paris, 26 avril 1587.

    106 BNF, fr. 3407, fol. 45, Claude Pinart à Louis de Gonzague, duc de Nevers, Cramailles, 22 novembre 1588.

    107 H. Michaud a décrit toutes ces procédures : La Grande Chancellerie…, p. 143-144 pour les types d’actes expédiés ; p. 269-279 pour les rôles, en particulier ; p. 275-276 pour le rôle des secrétaires d’État.

    108 N. Le Roux, La faveur du roi…, p. 20-25 pour une synthèse sur la faveur royale.

    109 BNF, fr. 6629, fol. 2, Pierre Brulart à Henri III, Paris, 13 janvier 1583.

    110 Ibid., fol. 1, Villeroy à Henri III, Paris, 13 janvier 1583.

    111 Mort le 7 janvier à en croire son autre frère, François (AD Cher, 2 F 741, François Le Mareschal, Mémoires).

    112 G. Huppert, Bourgeois et gentilhommes…, p. 90.

    113 Négociations diplomatiques de la France avec la Toscane…, t. V, p. 421-422, Enea Renieri et Giulio Busino à Belisario Vinta, Paris, juin-juillet 1582.

    114 BNF, fr. 15558, fol. 20, Pierre Brulart à Henri d’Anjou, Monceaux, 12 juin 1573.

    115 BNF, Cinq-Cents de Colbert 393, p. 331, François de Noailles à Bernardin Bochetel, Venise, 7 janvier 1558.

    116 Plusieurs lettres sont échangées entre Claude de L’Aubespine et François de Noailles, contenues notamment aux Archives diplomatiques, dans le volume 10 de la Correspondance politique, Angleterre.

    117 Ambassade en Espagne…, p. 216, Claude de L’Aubespine à Jean Ébrard, seigneur de Saint-Sulpice, Paris, 11 février 1564.

    118 Tout cela est contenu dans la requête de Villeroy, BNF, fr. 6629, fol. 56, Villeroy à Henri III, Alincourt, 21 août 1583.

    119 BNF, fr. 15907, fol. 227, Villeroy à Pomponne de Bellièvre, Villeroy, 19 septembre 1583.

    120 BNF, fr. 3565, fol. 32, Villeroy à Henri de Montmorency, camp de Rouy, 6 mars 1596.

    121 BNF, fr. 15901, fol. 170, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Meung-sur-Loire, 30 juin 1571.

    122 Ibid., fol. 176, Sébastien de L’Aubespine à Pomponne de Bellièvre, Monceaux, 4 juillet 1571.

    123 Ibid., fol. 185-186, Sébastien de L’Aubespine à Pomponne de Bellièvre, Monceaux, 8 juillet 1571.

    124 Negociaciones con Francia…, t. VI, p. 244-249, Francés de Alava à Philippe II, Lyon, 14 juin 1564 : « Este cuerpo es el que agora ofende al Canciller y su partida. »

    125 BNF, fr. 16218, fol. 237v-239, Jean de Morvillier à Michel de L’Hospital, Paris, 29 octobre 1570.

    126 BNF, Dupuy 194, fol. 17, Mme de Belesbat à Catherine de Médicis, publiée dans Nouvelles recherches historiques sur la vie et les ouvrages du chancelier de L’Hospital, éd. Alphonse-Honoré Taillandier, Paris, 1861, p. 231-232.

    127 N. Le Roux, La faveur du roi…, p. 591. Les missives de René de Lucinge se font l’écho de ces querelles, en particulier celle du 8 octobre (Lettres de 1587 : l’année des reîtres, éd. James J. Supple, Genève, 1994, p. 317-319, René de Lucinge au duc de Savoie, de Paris). Le récit de la querelle est aussi dans P. de L’Estoile, Registre journal du règne de Henri III…, t. V, p. 317 : « Le duc Desparnon, en la presence du Roy, fist un rude affront à M. de Villeroy […], l’apelant petit coquin et le menassant de lui donner cent coups d’esperon, comme à un cheval restif, mesme lui reprochant certaine intelligence qu’il disoit avoir avec la Ligue et le Roy d’Hespagne, auquel il reveloit tous les secrets du Roy, soubs umbre des deniers et d’une pension […]. Ce qu’on trouva fort estrange, et encores plus de ce que l’affront lui avoir esté fait en presence du Roy, tellement qu’on eust opinion (non sans cause) que Sa Majesté l’avoit fait faire, et que, sans cela, Desparnon ne l’eust voulu ni osé entreprendre. »

    128 BNF, fr. 15908, fol. 483, Villeroy à Pomponne de Bellièvre, Patte, 4 octobre 1587.

    129 Laurent Babou avait épousé Françoise Rat et en a eu Philibert. Ce lien est attesté dans plusieurs contrats notariés, par exemple un accord entre Philibert Babou, héritier de sa mère Françoise Rat, et Simon Babou (AD Cher, E 5023, no 51, 29 février 1552). Sur les Babou, Philippe Hamon, « Famille Babou », dans La France de la Renaissance : histoire et dictionnaire, Paris, 2001, p. 615-616.

    130 BNF, Cinq-Cents de Colbert 396, p. 105-109, Philibert Babou, cardinal de La Bourdaisière à Bernardin Bochetel, Rome, 13 juin 1562.

    131 BNF, Cinq-Cents de Colbert 393, p. 15, Jean Du Bellay à Bernardin Bochetel, Rome, 29 octobre 1554.

    132 O. Poncet, Pomponne de Bellièvre…, p. 25.

    133 BNF, fr. 15904, fol. 288-289, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Paris, 14 août 1576 : « Ilz ont commandé à Monsr Brulart d’aller veoyr Madame Bellievre. J’ay esté d’advis qu’on luy dist seullement que vous allés jusques à Nancy, et que de la vous retournerés, afin qu’elle ne s’effroye. Je suys demeuré au conseil […] et n’ay voulu si tard l’aller visiter pour ne luy donner occasion de souspçonner que ces deux visitations signifiassent quelque desastre, mais je la verré demain si Dieu plaist. »

    134 BNF, fr. 15906, fol. 90, Claude Pinart à Pomponne de Bellièvre, Chenonceau, 29 janvier 1581.

    135 BNF, fr. 15901, fol. 338, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Blois, 5 novembre 1571 : « Je ne vous sçaurois exprimer l’aise que j’ay receu du filz qu’il a pleu à Dieu vous donner, et vous remercie de la demonstration d’amitié qu’avés faitte en cest endroit, ayant pris mon neveu de L’Aubespine pour tenir l’enfant sur les fondz avecques monsieur le conte de Rets. » À cette date, Claude III de L’Aubespine est mort, et son neveu ne peut être que Guillaume.

    136 BNF, fr. 18288, fol. 55v, second testament de Jean de Morvillier, 12-13 octobre 1577.

    137 Par exemple, le 29 avril, de Villeroy : « Il n’est heure que je ne pensse a vous et ne regrette votre converssation comme une des plus grandes pertes que je reçoipve en ce temps » (BNF, fr. 15909, fol. 252).

    138 BNF, fr. 3365, fol. 31-33, Jean de Morvillier à Jacques Viart, Paris, 18 juillet 1573.

    139 Ibid., p. 59-67, Sébastien de L’Aubespine à Jacques Viart, Paris, 19 juillet 1573.

    140 AD Cher, 4 AP 2, Jean Jomyer à Jacques Gassot, Paris, 1er décembre 1572. Jean de Morvillier reçoit des nouvelles de l’Empire de Jacques Viart, notamment sur la défiance qui y règne après la Saint-Barthélemy.

    141 Sur Jacques Viart, voir la notice de D. Le Page, Finances et politique en Bretagne…, notice no 444. Marie Bochetel donne quittance à Pierre Bochetel pour une somme reçue de la vente des biens de Joseph Viart et de Claude Sardé le 8 janvier 1603 (AD Cher, E 2416).

    142 BNF, fr. 6627, fol. 7-8, Jean de Morvillier à Catherine de Médicis, Trente, 9 mai 1563.

    143 M. Greengrass, Governing Passions…, p. 125.

    144 H. Michaud, « L’entourage des grands officiers… » ; P. Hamon, Messieurs des finances…, p. 49-74.

    145 Il est donc particulièrement important que ces gens soient des hommes de confiance, car ils sont la cible privilégiée des agents étrangers. Jacques Rossel disposait ainsi d’un homme qui avait accès aux confidences de Pierre Brulart (National Archives, Kew, SP83/11, fol. 201, Jacques Rossel à Francis Walsingham, Anvers, 15 mars 1579).

    146 Sur ce point, N. Schapira, Maîtres et secrétaires… ; C. Michon, Dans la cour des lions…, p. 93-115.

    147 Sur sa charge, Arthur de Rosny, « Travaux exécutés à Boulogne au xvie siècle, aux fortifications et aux bâtiments du roi », dans Bulletin de la Société académique de Boulogne-sur-Mer, t. VI, 1900-1903, p. 220-299. Il est grenetier en 1565 (AD Cher, E 3931, 6 août 1565) et apparaît comme valet de chambre dès 1567 dans la liste des officiers de la maison de Catherine de Médicis (LCM, t. X, p. 535).

    148 BNF, fr. 6620, fol. 187, Tassin Thuret à Sébastien de L’Aubespine, Amboise, 25 avril 1551.

    149 AD Cher, E 3931, 6 août 1565.

    150 AD Cher, E 1628, testament d’Anne Bochetel du 7 février 1573.

    151 O. Poncet, Pomponne de Bellièvre…, p. 23-24.

    152 Lettres de Nicolas de Neufville…, p. 199-200, Villeroy à Jacques de Goyon, seigneur de Matignon, Paris, 8 août 1587.

    153 BNF, fr. 17864, fol. 252v-257, testament de Villeroy, 26 août 1609.

    154 J. Ferrer-Bartomeu, L’État à la lettre…, p. 49. Sur le règlement de 1588, voir également N. M. Sutherland, The French Secretaries of State…, p. 306-307.

    155 BNF, Cinq-Cents de Colbert 396, p. 267-269, Jacques Bourdin à Bernardin Bochetel, Fontainebleau, 6 avril 1558.

    156 H. Michaud, La Grande Chancellerie…, p. 290.

    157 AD Cher, C 952, fol. 13v-14. Il est porté en cette qualité lorsqu’il est pourvu de l’office de greffier des aides et tailles le 16 août 1554.

    158 AD Cher, E 1626, procuration du 31 juillet 1595.

    159 AN, MC, XXIV, 17, 16 février 1567 quittance à lui en qualité de commis de Claude de L’Aubespine. H. Michaud le dit procureur et commis de Villeroy en 1571 (La Grande Chancellerie…, p. 291).

    160 H. Michaud, « L’entourage des grands officiers… ».

    161 AN, MC, LIV, 94, 30 mai 1580.

    162 O. Poncet, Pomponne de Bellièvre…, p. 37-39 ; BNF, fr. 16019, fol. 67-68, Sébastien de L’Aubespine à Pomponne de Bellièvre, Paris, 29 mai 1568.

    163 H. Michaud, « L’entourage des grands officiers… » et « Les registres de Claude Pinart… ».

    164 BNF, fr. 16017, fol. 180, Claude de L’Aubespine à Pomponne de Bellièvre, Chantilly, 19 juillet 1567.

    165 BNF, Cinq-Cents de Colbert 396, p. 267-269, Jacques Bourdin à Bernardin Bochetel, Fontainebleau, 6 avril 1558.

    166 A. Hugon, « L’Affaire L’Hoste… ».

    167 AN, MC, CXXII, 250, fol. 46, résignation de la charge de messager juré ; BNF, PO 1659, p. 12, première mention en qualité de receveur des finances à Rouen dans une quittance du 30 juillet 1550. Il est trésorier des parties casuelles à partir du 6 février 1555, selon M.-N. Baudouin-Matuszek (« Officiers royaux sous Henri II… », p. 88).

    168 François de Scépeaux, Mémoires, dans Nouvelle collection des Mémoires pour servir à l’histoire de France, éd. Joseph-François Michaud et Jean-Joseph-François Poujalat, Paris, 1838, t. IX, p. 340.

    169 Sa veuve vend une rente le 4 août 1557 (BNF, PO1659, p. 24). Son inventaire après décès est cependant établi tardivement, en 1571 (AN, MC, CXIII, 299 ; le document est incommunicable).

    170 Sur les Gobelin, J. Guiffrey, « Les Gobelin… ».

    171 C’est là une logique de renchaînement d’alliance qui s’observe souvent dans le clan, le retour, à des générations d’intervalle, des mêmes alliances entre deux familles (le phénomène est par exemple présenté par É. Haddad, « Système de parenté et histoire sociale… »).

    172 AN, Y 156, fol. 444-447, 9 février 1616.

    173 M.-N. Baudouin-Matuszek, « Officiers royaux… ».

    174 Michel Antoine, « Institutions françaises en Italie sous le règne de Henri II : gouverneurs et intendants (1547-1559) », dans Mélanges de l’École française de Rome, t. 94, 1982, p. 759-818.

    175 Journal d’Olivier Lefèvre d’Ormesson, éd. Maurice Chéruel, Paris, 1860, t. I, p. vii-viii, extrait des mémoires d’André Lefebvre.

    176 Résumé dans O. Poncet, Pomponne de Bellièvre…, p. 118.

    177 BM Orléans, ms. 851, p. 97-100, Jean de Morvillier à Olivier Le Febvre, seigneur d’Ormesson, Lyon, 3 septembre [après 1573]. Les finances sont résumées dans O. Poncet, Pomponne de Bellièvre…, p. 109.

    178 Sébastien de L’Aubespine a fait un don à sa nièce, qui se situe peu après le mariage (AN, MC, CXXII, 1440, quittance du 27 octobre 1556 pour 1 200 l.t. données par l’évêque).

    179 J. Depoin, « Les d’Alesso… ». Les renseignements donnés sont fondés notamment sur le volume 129 du Cabinet d’Hozier, où l’on trouve mention de plusieurs actes concernant la famille.

    180 D. Le Page, Finances et politique en Bretagne…, notice no 447. Jean d’Alesso a laissé de cette activité des lettres en 1562 et 1563 (ACC, série L, XVIII).

    181 BNF, PO 33, contrat de mariage entre André d’Alesso et Marie de Longueil, 17 avril 1575 ; AN, MC, XXI, 40, partage de la succession de Jean d’Alesso, 7 septembre 1581.

    182 Voir deux actes en 1581 : AN, MC, LIV 97, 13 mai 1581 ; ibid., 98, 26 septembre 1581.

    183 AN, MC, CXXII, 160, fol. 77-81v, règlement de succession en 1546. Sur un personnage de la famille, A. Duru, « Une signature de poète : ‘‘Pierre du Val, évêque de Sées’’… ».

    184 Négociations, pièces et lettres diverses…, p. 444-447, Florimond Robertet, seigneur de Fresnes à Sébastien de L’Aubespine, Fontainebleau, 28 juillet 1560.

    185 BNF, Cinq-Cents de Colbert 393, p. 141-142, Claude de L’Aubespine à Bernardin Bochetel, Paris, 12 novembre 1557 : « J’ay ouvert la lettre que le clerc de Monsr de Raconys m’a baillee de vous a luy addressante et ne fauldray par le premier homme seur allant a Lyon ou passant par vous a vous envoyer le reste de vostre argent que mon nepveu de Verdun, tresorier des parties casuelles, m’a dit avoir tout prest et que je luy faiz tenir a part suivant ce que m’en dist Monsr Bourdin a son partement. »

    186 AD Cher, 4 AP 2, Jean Jomyer à Jacques Gassot, Saint-Germain-en-Laye, 15 janvier 1574.

    187 LCM, t. I, p. 542, Catherine de Médicis à Bernardin Bochetel, Orléans, 26 mars 1563 ; BNF, fr. 16016, fol. 239, Bernardin Bochetel à Pomponne de Bellièvre, Oudan, 5 octobre 1566 : « Nous n’avons encore le livre de Monsr Scrimger, mays nous pensons le recevoir à Paris entre les mains de Monsr de Sainct Bonnet, qui nous a dict il y a long temps que ses freres le luy envoyoyent dedans ung coffre plein d’aultres besougnes. »

    188 Sur cette filiation, voir le règlement de la succession de Nicolas de Verdun le 30 avril 1585 (AN, MC, XC, 183).

    189 F. Autrand, Naissance d’un grand corps de l’État…, partie II, chap. 1, « Être en lignage au Parlement » ; ead. « “Tous parens, amis et affins’’… ».

    190 Jean Brulart aurait épousé en secondes noces Guillemette Allegrin, sœur de Jacques Allegrin, conseiller au parlement de Paris. Parmi les enfants de Jacques Allegrin, Catherine épouse Louis de Longueil, conseiller au parlement de Paris. Les Brulart sont liés aux Longueil, comme les d’Alesso. André d’Alesso a épousé Marie de Longueil, fille de Jean de Longueil et de Marthe Le Maistre (BNF, PO 33). François, fils de Jacques Allegrin, est le beau-frère de Louis Duran, seigneur de Villegagnon, qui épouse Marie Brulart, petite-fille de Jean Brulart. La mère de Marie Brulart est en outre Marie Cauchon, sœur de Jean, qui a épousé Marie Le Picart, autre famille déjà liée aux Brulart (AN, Y 111, fol. 69v-70, contrat de mariage du 6 mai 1570).

    191 AN, MC, XXXIII, 7, contrat du 29 mars 1523.

    192 CAF, t. VII, p. 488, no 25966 ; É. Maugis, Histoire du parlement de Paris…, t. III, p. 154.

    193 Sur le personnage, É. Maugis, Histoire du parlement de Paris…, p. 140. Ses liens avec les Bourdin sont incertains. Il a épousé Jeanne Couraud, dont la mère est Jeanne Turquan. Or, on sait que Charles Turquan est un cousin de Gilles Bourdin : dans l’élection de tuteurs pour les enfants de Gilles Bourdin, le 14 juin 1583, Charles Turquan, général en la cour des aides, est cousin du côté paternel (AD Cher, E 813).

    194 Voir les notices sur la famille dans Louis Moreri, Le grand dictionnaire historique ou le mélange curieux de l’histoire sacrée et profane, Paris, 1759, t. V, p. 577-581.

    195 M. Houllemare, « Les avocats du roi… ».

    196 BNF, PO 536, p. 310.

    197 CAF, t. VII, p. 491, no 26001.

    198 É. Maugis, Histoire du parlement de Paris…, t. III, p. 166 et 197. Un bail du 24 juillet 1535 lui attribue cette qualité (AN, MC, XIX, 147).

    199 F. Bayard, « Jean Bochart… » ; M. Etchechoury, Les maîtres des requêtes…, p. 207.

    200 Mention du mariage lorsque Anne de Neufville est veuve (AN, MC, XXXIV, 14, bail du 4 septembre 1606).

    201 LCM, t. I, p. 168, Catherine de Médicis aux gens du parlement de Paris, Fontainebleau, 14 février 1561.

    202 LCM, t. II, p. 5, Catherine de Médicis aux gens du parlement de Paris, Orléans, 1er avril 1563.

    203 LCM, t. III, p. 323, Catherine de Médicis aux gens tenant la cour de Parlement, Saint-Germain-en-Laye, 27 juillet 1570. Sur les fonctions au parlement, M. Etchechoury, Les maîtres des requêtes…, p. 94-99.

    204 BNF, fr. 15904, fol. 141-143, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Paris, 21 juin 1576.

    205 Ibid., fol. 144, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Paris, 22 juin 1576.

    206 Ibid., fol. 150-155, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Paris, 24 juin 1576

    207 BNF, fr. 16023, fol. 126, Sébastien de L’Aubespine à Pomponne de Bellièvre, Paris, 20 septembre 1570.

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    1 Saint-Simon, à propos de Guillaume de L’Aubespine, écrit sur son père Claude II : « Son père étoit celui qui avoit mis les secrétaires hors de page, signé le premier : le Roi, et qui fut en si grande et longue considération sous Henri II, François II et Charles IX » (Saint-Simon, Mémoires, éd. Arthur Michel de Boislille, Paris, 1879-1928, t. XI, p. 190-191).

    2 T. Sarmant et M. Stoll, Régner et gouverner…

    3 L. Horowski, Au cœur du palais…, p. 75 pour la citation et p. 166-171.

    4 On peut citer de récents travaux qui permettent de synthétiser une historiographie désormais riche : la thèse de doctorat de J. Ferrer-Bartomeu prenant pour fil directeur Villeroy (L’État à la lettre…) ; Archives and Information… ; Écritures grises… L’ouvrage récent de N. Schapira offre un aperçu du monde des secrétaires (Maîtres et secrétaires…).

    5 Il expose sa conception dans W. Reinhard, « Amici e creature… ». Sébastien Schick présente et discute cette théorie dans Des liaisons avantageuses…, p. 14-17.

    6 G. Rowlands The Dynastic State… ; D. Dessert et J.-L. Journet, « Le lobby Colbert… ».

    7 BNF, fr. 15906, fol. 189, Villeroy à Pomponne de Bellièvre, Vivonne, 22 février 1581 : « J’ay rencontré icy ceste caravane de pacquetz et, bien que je n’ay quasi eu loisir que de ouvrir, vous verrez tout ce que l’on nous mande. »

    8 F. De Vivo, « Archival intelligence… » ; I. Lazzarini, Communication and Conflict…, p. 69-85 ; A. Tallon, L’Europe au xvie siècle…, p. 173-178.

    9 Pour un résumé, T. Sarmant et M. Stoll, Régner et gouverner…, p. 37 ; N. M. Sutherland, The French Secretaries of State…, chap. 3, « The secretaries and their Départements », p. 29-38.

    10 P. M. Bondois l’a noté dans « Les secrétaires d’État sous François II… ».

    11 M.-N. Baudouin-Matuszek avait déjà remarqué cet intérêt de L’Aubespine pour les affaires anglaises, jugeant même que Claude de L’Aubespine et Guillaume Bochetel travaillaient « en tandem » (« Un ambassadeur en Écosse… »).

    12 BNF, fr. 20550, fol. 83, Claude de L’Aubespine à François de Lorraine, Châteaubriand, 29 juin 1551.

    13 BNF, Cinq-Cents de Colbert 394, p. 49-51. Claude de L’Aubespine à Bernardin Bochetel, Fontainebleau, 1er avril 1561.

    14 BNF, fr. 3239, fol. 119, Pierre Brulart à Louis de Gonzague, duc de Nevers, Le Plessis-lès-Tours, 8 septembre 1569.

    15 BNF, Cinq-Cents de Colbert 393, p. 71-72, Claude de L’Aubespine à Bernardin Bochetel, Villers-Cotterêts, 4 mai 1557.

    16 BNF, fr. 16092, fol. 443, Villeroy à André Hurault, Paris, 8 novembre 1585.

    17 BNF, fr. 15904, fol. 135, Pierre Brulart à Pomponne de Bellièvre, Paris, 20 juin 1576.

    18 BNF, Cinq-Cents de Colbert 395, p. 67-71, Jean de Morvillier à Bernardin Bochetel, Fontainebleau, 3 mars 1564.

    19 BNF, fr. 15904, fol. 199-200, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Paris, 1er juillet 1576.

    20 Fernand Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen au temps de Philippe II, t. II : Destins collectifs et mouvements d’ensemble, Paris, 1949 ; rééd. 2017, p. 335.

    21 D. Crouzet, Le haut cœur…, p. 218.

    22 BNF, fr. 16016, fol. 233-234, Jacques Bourdin à Pomponne de Bellièvre, Gaillon, 23 septembre 1566 ; Bourdin remercie pour un discours sur les affaires de Berne concernant sans doute les pensions. BNF, fr. 23191, fol. 123, Claude de L’Aubespine à François de Lorraine, duc de Guise, Paris, 9 janvier 1558 ; l’Aubespine informe le duc qu’il a reçu un petit portrait du pays que l’Anglais tient deçà la mer et l’envoie au duc.

    23 J.-C. Devos, « Les secrétaires d’État… ».

    24 N. M. Sutherland, The French Secretaries of State…, p. 111.

    25 BNF, fr. 6628, fol. 82, Pierre Brulart à Henri III, Paris, 10 mars 1582.

    26 Sur La Verrière, N. Le Roux, La faveur du roi…, p. 540. Sur Guillaume Ancel, G. Labouchère, « Guillaume Ancel… ».

    27 National Archives, Kew, SP78/18, fol. 59, Edward Stafford à Francis Walsingham, Paris, 1er mars 1588.

    28 Par exemple, BNF, fr. 3354, fol. 81, Villeroy à Jacques de Goyon, seigneur de Matignon, Fontainebleau, 16 mai 1582.

    29 BNF, fr. 15558, fol. 47, Pierre Brulart à Henri d’Anjou, Boulogne, 30 juin 1573 ; BNF, fr. 20517, fol. 69, Jacques Bourdin à François de Lorraine, Fontainebleau, 31 décembre 1553.

    30 BNF, Cinq-Cents de Colbert 7, fol. 317, Villeroy à Henri d’Anjou, Blois, 10 avril 1571.

    31 F. de Vivo « Archival Intelligence… ».

    32 BNF, fr. 20469, fol. 159, Claude de L’Aubespine à François de Lorraine, Chantilly, 17 septembre 1549.

    33 BNF, fr. 15909, fol. 58, Pierre Brulart à Pomponne de Bellièvre, Paris, 27 mars 1588.

    34 Sur la piété, N. Le Roux, La faveur du roi…, p. 593-599.

    35 BNF, fr. 3389, fol. 70, Claude Pinart à Matignon, Paris, 22 juillet 1578

    36 National Archives, Kew, SP70/18, fol. 63, Claude de L’Aubespine à Nicholas Throckmorton, Saint-Germain-en-Laye, 16 septembre 1560 : « il fault pardonner aux dames quant elles dorment au matin, mesmement aux femmes grosses comme nous pensons qu’est nostre maistresse ».

    37 BNF, fr. 3323, fol. 68, Villeroy à Louis de Gonzague, duc de Nevers, Paris, 30 septembre 1575.

    38 BNF, fr. 6628, fol. 95, Claude Pinart à Henri III, Paris, 9 avril 1582.

    39 BNF, fr. 20457, p. 107-109, Guillaume Bochetel à François de Lorraine, Châlon-sur-Saône, 20 juillet 1548.

    40 BNF, fr. 3158, fol. 54-55, Claude de L’Aubespine à Anne de Montmorency, Amboise, 19 mars 1560.

    41 BNF, fr. 15908, fol. 463-464, Villeroy à Pomponne de Bellièvre, Gray, 22 septembre 1587. Auguste Daumas insiste également sur cette fonction des secrétaires que l’on a tendance à oublier à mesure que croît leur poids politique (« L’action des secrétaires d’État… »).

    42 BNF, fr. 6629, fol. 48, Claude Pinart à Henri III, La Fère, 18 août 1583.

    43 National Archives, Kew, SP78/16, fol. 113, Edward Stafford à Francis Walsingham, Paris, 29 septembre 1586 ; H. Michaud, La Grande Chancellerie…, p. 219.

    44 J. Ferrer-Bartomeu, L’État à la lettre…, p. 54.

    45 Bibliothèque de l’Institut de France, Godefroy 260, fol. 154-155, Villeroy à Henri III, Paris, 25 janvier 1579.

    46 BNF, Cinq-Cents de Colbert 337, p. 623.

    47 BNF, fr. 15564, fol. 11, Villeroy à Catherine de Médicis, Bordeaux, 11 janvier 1581.

    48 BNF, Dupuy 486, fol. 87-88, Guillaume Bochetel à François de Tournon, Antoine du Bourg et Jean de Laval, Valence, 20 août 1536.

    49 BNF, fr. 15908, fol. 473, Villeroy à Pomponne de Bellièvre, Saint-Aignan, 29 septembre 1587.

    50 C. Michon, « Essai de synthèse : conseils et conseillers en Europe occidentale (vers 1450-vers 1550) », dans Conseils et conseillers…, p. 341-412.

    51 Guillaume Bochetel n’est évidemment pas le seul à lire les missives au roi. Nicolas de Neufville agit exactement de la même manière. Voir par exemple, BNF, fr. 2976, fol. 16, Nicolas II de Neufville à Anne de Montmorency, Paris, 18 février 1530 ; BNF, fr. 3046, fol. 93, Nicolas II de Neufville à Anne de Montmorency, Saint-Germain, saint Jean [24 juin]).

    52 Philippe Hamon, « Quelques réflexions, en guise de conclusion », dans La prise de décision en France (1525-1559), dir. Roseline Claerr et Olivier Poncet, Paris, 2008, p. 179-190.

    53 Fauvelet du Toc, Histoire des secretaires d’Estat…, p. 24.

    54 BNF, fr. 6629, fol. 88, Claude Pinart à Henri III, Noizy, 20 septembre 1583.

    55 Villeroy, Mémoires…, p. 29.

    56 BNF, fr. 3368, fol. 67, Claude Pinart à Pierre Brulart, Épernay, 16 juin 1585.

    57 BNF, fr. 3389, fol. 68, Claude Pinart à Jacques de Goyon, seigneur de Matignon, Alençon, 24 juin 1578.

    58 BNF, fr. 15904, fol. 184-187, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Paris, 28 juin 1576.

    59 BNF, fr. 3158, fol. 54-55, Claude de L’Aubespine à Anne de Montmorency, Amboise, 19 mars 1560 ; BNF, fr. 15906, fol. 563-564, Villeroy à Pomponne de Bellièvre, Blois, 4 décembre 1580.

    60 BNF, fr. 3312, fol. 27, Louis de Gonzague, duc de Nevers à Villeroy, Niort, 5 février 1573 [copie].

    61 BNF, fr. 3340, fol. 8, Villeroy à Louis de Gonzague, duc de Nevers, Chenonceau, 7 mai 1577. Pierre Brulart ne dit pas autre chose dans une lettre au duc de Nevers, de Paris, le 26 septembre 1575 : « Je vous prie m’excuser si je faictz ceste cy courte, pour vous l’escripre sur ung bout de table » (BNF, fr. 3323, fol. 56).

    62 BNF, fr. 3340, fol. 8, Villeroy à Louis de Gonzague, duc de Nevers, Chenonceau, 7 mai 1577.

    63 Ainsi, Villeroy informe le duc de Nevers qu’il a lu à la reine mère, à part, une lettre écrite de sa main, et elle a promis d’y répondre (BNF, fr. 3344, fol. 83-84, Amboise, 12 août 1569).

    64 BNF, fr. 16023, fol. 42, Sébastien de L’Aubespine à Pomponne de Bellièvre, Angers, 20 février 1570.

    65 J. Boutier, A. Dewerpe et D. Nordman, Un tour de France royal…, p. 27-28.

    66 Sur la pratique de Catherine de Médicis, J. Foa et M. Gellard, « L’œil à tout… ».

    67 BNF, fr. 16013, fol. 66, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Aix-en-Provence, 22 octobre 1564.

    68 N. Le Roux, Le roi, la cour, l’État…, p. 46-47.

    69 AD Cher, 4 AP 2, Jean Jomyer à Jacques Gassot, Avignon, 22 novembre 1574.

    70 BNF, fr. 15905, fol. 530, Villeroy à Pomponne de Bellièvre (?), 28 novembre 1580.

    71 BNF, fr. 3219, fol. 117-118, Claude de L’Aubespine à Artus de Cossé, seigneur de Gonnor, du camp près d’Orléans, 2 avril 1563.

    72 BNF, fr. 15573, fol. 225, Claude Pinart à Villeroy, Champigny, 4 novembre 1586.

    73 BNF, fr. 16017, fol. 100, Jacques Bourdin à Pomponne de Bellièvre, Villaines, 6 mai 1567 ; BNF, fr. 15907, fol. 207, Pierre Brulart à Pomponne de Bellièvre, Gaillon, 29 août 1583. Il remercie Bellièvre de « la souvenance que voullez avoir de moy, qui suis tousjours miserable, n’allant ny en avant, ny en arriere de ma maladye, sinon qu’elle me rend tous les jours plus foible et du tout inutile ». Villeroy arrive à la cour le 30 mars 1585, en proie à une fièvre quarte (BNF, fr. 16092, fol. 353-354, Villeroy à André Hurault, de Paris).

    74 BNF, fr. 15904, fol. 156, Pierre Brulart à Pomponne de Bellièvre, Paris, 24 juin 1576.

    75 C. Michaud, « Finances et guerres de Religion… ».

    76 N. Valois, Inventaire des arrêts du Conseil d’État…

    77 BNF, fr. 16023, fol. 131, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Paris, 21 octobre 1570. En 1571, il évoque Marcel qui accepte d’emprunter en son nom 30 000 l.t. pour aider la couronne (BNF, fr. 15901, fol. 338, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Blois, 5 novembre 1571).

    78 Pour ces quelques éléments, J. Béranger, « Les armées françaises… ». Sur le poids financier de ces forces, J. B. Wood, The King’s Army…, p. 275-300.

    79 BNF, fr. 16012, fol. 36v, Jacques Bourdin à Pomponne de Bellièvre et Nicolas de La Croix, abbé d’Orbais, Lyon, 25 juin 1564 ; BNF, fr. 15903, fol. 116-117, Pierre Brulart à Pomponne de Bellièvre, Paris, 13 juillet 1574.

    80 S. Schick, Des liaisons avantageuses…, p. 127-129.

    81 Calendar of State Papers Foreign, Elizabeth, éd. Joseph Stevenson, Londres, 1863, t. VII, p. 47, no 156, Jacques Bourdin à Nicholas Throckmorton, Fontainebleau, 13 février 1564.

    82 National Archives, Kew, SP 70/31, fol. 29, Nicholas Throckmorton à William Cecil, Paris, 9 octobre 1561. Il s’agit de la préface que Gabriel de Saconay rédigea pour l’Assertio septem sacramentorum adversus Martinum Lutherum de Henry VIII, dans laquelle il affirmait l’illégitimité d’Élisabeth Ire et justifiait les prétentions de Marie Stuart. La reine protesta et l’ouvrage fut retiré.

    83 National Archives, Kew, SP 70/44, fol. 55, Thomas Smith à William Cecil, Rouen, 7 novembre 1562

    84 National Archives, Kew, SP78/4A, fol. 53, Henry Cobham à Thomas Wilson, Paris, 15 avril 1580.

    85 National Archives, Kew, SP78/15, fol. 54, Edward Stafford à Francis Walsingham, Paris, 14 mars 1586.

    86 National Archives, Kew, SP78/16, fol. 1, Edward Stafford à Francis Walsingham, Paris, 1er juin 1586.

    87 National Archives, Kew, SP78/18, fol. 321, Edward Stafford à Francis Walsingham, Paris, 20 août 1588.

    88 Anna Blum note également cela pour le xviie siècle : La diplomatie française en Italie du Nord au temps de Richelieu et de Mazarin : les « sages jalousies », Paris, 2014, p. 527.

    89 BNF, fr. 10737, fol. 487-490, André Hurault à Villeroy, s.l.n.d.

    90 A. Daumas, « L’action des secrétaires d’État… ».

    91 Par exemple, BNF, fr. 16013, fol. 87, Claude de L’Aubespine à Pomponne de Bellièvre, Arles, 30 novembre 1564.

    92 BNF, italien 1208, fol. 53-55 (minute) et fol. 56-57 (mise au net), Villeroy à Giaccomo Guichardin, Paris, 8 octobre 1594 : « Comme il a pleu au Roy m’honnorer de la charge de feu Monsr de Revol, je vous prie avoir agreable que y contribuant la mesme fidelité qu’il y emploioit je succede aussi a la mesme correspondance qu’il avoit avec vous pour le service de Sa Majesté, vous promettant de m’en rendre digne envers les amys et vous par bonnes oeuvres […], en quoy j’appellerois volontiers a garend le sr Jeronimo Gondy qui m’a esprouvé en maintz endroictz mais il me semble que les choses passees requierent que les effectz me cautionnent plus que tout autre tesmoignage. »

    93 Elles sont éditées totalement ou partiellement dans le recueil de Jean Kaulek (Correspondance politique de MM. de Castillon et de Marillac, ambassadeurs de France en Angleterre (1537-1542), éd. Jean Kaulek, Paris, 1885). Il en existe plusieurs copies à la Bibliothèque nationale, dont BNF, Mél. Col. 13.

    94 BNF, fr. 15565, fol. 39-40, Villeroy à Jean de Bellièvre, Fontainebleau, 6 août 1582.

    95 Bernard Chevalier, « Florimond Robertet (v. 1465-1527) », dans Les conseillers de François Ieer…, p. 99-116.

    96 « État de la maison de Catherine de Médicis, 1547-1585 (BNF, ms. fr., nouv. acq. 9175, f. 379-394) », éd. Caroline zum Kolk, 2007 [en ligne].

    97 BNF, fr. 3357, fol. 55, Villeroy à Jacques de Matignon, Paris, 3 décembre 1583.

    98 BNF, fr. 23191, fol. 36, Bourgeois à Jacques Bourdin, Boulogne, 3 janvier 1558 ; ibid., fol. 59, Garay à Jacques Bourdin, Boulogne, 4 janvier 1558.

    99 BNF, fr. 23192, fol. 195, Jean de Serres à Jacques Bourdin, Abbeville, 18 novembre 1558.

    100 BNF, fr. 16092, fol. 267, Pierre Brulart à André Hurault, Chenonceau, 25 août 1584.

    101 BNF, Dupuy 537, fol. 175, Pierre Brulart à Joachim de Dinteville, Saint-Maur-des-Fossés, 27 juillet 1581 et fol. 178, 30 juillet 1581.

    102 J. Sénié, Entre l’aigle, les lys et la tiare…, p. 290-294.

    103 X. Le Person, « Practiques » et « practiqueurs »…, p. 271-374 ; A. Boltanski, Les ducs de Nevers…, p. 415-430.

    104 BNF, fr. 3364, fol. 37, Villeroy à Louis de Gonzague, duc de Nevers, Paris, 18 décembre 1585.

    105 BNF, fr. 3398, fol. 72, Pierre Brulart à Louis de Gonzague, duc de Nevers, Paris, 26 avril 1587.

    106 BNF, fr. 3407, fol. 45, Claude Pinart à Louis de Gonzague, duc de Nevers, Cramailles, 22 novembre 1588.

    107 H. Michaud a décrit toutes ces procédures : La Grande Chancellerie…, p. 143-144 pour les types d’actes expédiés ; p. 269-279 pour les rôles, en particulier ; p. 275-276 pour le rôle des secrétaires d’État.

    108 N. Le Roux, La faveur du roi…, p. 20-25 pour une synthèse sur la faveur royale.

    109 BNF, fr. 6629, fol. 2, Pierre Brulart à Henri III, Paris, 13 janvier 1583.

    110 Ibid., fol. 1, Villeroy à Henri III, Paris, 13 janvier 1583.

    111 Mort le 7 janvier à en croire son autre frère, François (AD Cher, 2 F 741, François Le Mareschal, Mémoires).

    112 G. Huppert, Bourgeois et gentilhommes…, p. 90.

    113 Négociations diplomatiques de la France avec la Toscane…, t. V, p. 421-422, Enea Renieri et Giulio Busino à Belisario Vinta, Paris, juin-juillet 1582.

    114 BNF, fr. 15558, fol. 20, Pierre Brulart à Henri d’Anjou, Monceaux, 12 juin 1573.

    115 BNF, Cinq-Cents de Colbert 393, p. 331, François de Noailles à Bernardin Bochetel, Venise, 7 janvier 1558.

    116 Plusieurs lettres sont échangées entre Claude de L’Aubespine et François de Noailles, contenues notamment aux Archives diplomatiques, dans le volume 10 de la Correspondance politique, Angleterre.

    117 Ambassade en Espagne…, p. 216, Claude de L’Aubespine à Jean Ébrard, seigneur de Saint-Sulpice, Paris, 11 février 1564.

    118 Tout cela est contenu dans la requête de Villeroy, BNF, fr. 6629, fol. 56, Villeroy à Henri III, Alincourt, 21 août 1583.

    119 BNF, fr. 15907, fol. 227, Villeroy à Pomponne de Bellièvre, Villeroy, 19 septembre 1583.

    120 BNF, fr. 3565, fol. 32, Villeroy à Henri de Montmorency, camp de Rouy, 6 mars 1596.

    121 BNF, fr. 15901, fol. 170, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Meung-sur-Loire, 30 juin 1571.

    122 Ibid., fol. 176, Sébastien de L’Aubespine à Pomponne de Bellièvre, Monceaux, 4 juillet 1571.

    123 Ibid., fol. 185-186, Sébastien de L’Aubespine à Pomponne de Bellièvre, Monceaux, 8 juillet 1571.

    124 Negociaciones con Francia…, t. VI, p. 244-249, Francés de Alava à Philippe II, Lyon, 14 juin 1564 : « Este cuerpo es el que agora ofende al Canciller y su partida. »

    125 BNF, fr. 16218, fol. 237v-239, Jean de Morvillier à Michel de L’Hospital, Paris, 29 octobre 1570.

    126 BNF, Dupuy 194, fol. 17, Mme de Belesbat à Catherine de Médicis, publiée dans Nouvelles recherches historiques sur la vie et les ouvrages du chancelier de L’Hospital, éd. Alphonse-Honoré Taillandier, Paris, 1861, p. 231-232.

    127 N. Le Roux, La faveur du roi…, p. 591. Les missives de René de Lucinge se font l’écho de ces querelles, en particulier celle du 8 octobre (Lettres de 1587 : l’année des reîtres, éd. James J. Supple, Genève, 1994, p. 317-319, René de Lucinge au duc de Savoie, de Paris). Le récit de la querelle est aussi dans P. de L’Estoile, Registre journal du règne de Henri III…, t. V, p. 317 : « Le duc Desparnon, en la presence du Roy, fist un rude affront à M. de Villeroy […], l’apelant petit coquin et le menassant de lui donner cent coups d’esperon, comme à un cheval restif, mesme lui reprochant certaine intelligence qu’il disoit avoir avec la Ligue et le Roy d’Hespagne, auquel il reveloit tous les secrets du Roy, soubs umbre des deniers et d’une pension […]. Ce qu’on trouva fort estrange, et encores plus de ce que l’affront lui avoir esté fait en presence du Roy, tellement qu’on eust opinion (non sans cause) que Sa Majesté l’avoit fait faire, et que, sans cela, Desparnon ne l’eust voulu ni osé entreprendre. »

    128 BNF, fr. 15908, fol. 483, Villeroy à Pomponne de Bellièvre, Patte, 4 octobre 1587.

    129 Laurent Babou avait épousé Françoise Rat et en a eu Philibert. Ce lien est attesté dans plusieurs contrats notariés, par exemple un accord entre Philibert Babou, héritier de sa mère Françoise Rat, et Simon Babou (AD Cher, E 5023, no 51, 29 février 1552). Sur les Babou, Philippe Hamon, « Famille Babou », dans La France de la Renaissance : histoire et dictionnaire, Paris, 2001, p. 615-616.

    130 BNF, Cinq-Cents de Colbert 396, p. 105-109, Philibert Babou, cardinal de La Bourdaisière à Bernardin Bochetel, Rome, 13 juin 1562.

    131 BNF, Cinq-Cents de Colbert 393, p. 15, Jean Du Bellay à Bernardin Bochetel, Rome, 29 octobre 1554.

    132 O. Poncet, Pomponne de Bellièvre…, p. 25.

    133 BNF, fr. 15904, fol. 288-289, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Paris, 14 août 1576 : « Ilz ont commandé à Monsr Brulart d’aller veoyr Madame Bellievre. J’ay esté d’advis qu’on luy dist seullement que vous allés jusques à Nancy, et que de la vous retournerés, afin qu’elle ne s’effroye. Je suys demeuré au conseil […] et n’ay voulu si tard l’aller visiter pour ne luy donner occasion de souspçonner que ces deux visitations signifiassent quelque desastre, mais je la verré demain si Dieu plaist. »

    134 BNF, fr. 15906, fol. 90, Claude Pinart à Pomponne de Bellièvre, Chenonceau, 29 janvier 1581.

    135 BNF, fr. 15901, fol. 338, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Blois, 5 novembre 1571 : « Je ne vous sçaurois exprimer l’aise que j’ay receu du filz qu’il a pleu à Dieu vous donner, et vous remercie de la demonstration d’amitié qu’avés faitte en cest endroit, ayant pris mon neveu de L’Aubespine pour tenir l’enfant sur les fondz avecques monsieur le conte de Rets. » À cette date, Claude III de L’Aubespine est mort, et son neveu ne peut être que Guillaume.

    136 BNF, fr. 18288, fol. 55v, second testament de Jean de Morvillier, 12-13 octobre 1577.

    137 Par exemple, le 29 avril, de Villeroy : « Il n’est heure que je ne pensse a vous et ne regrette votre converssation comme une des plus grandes pertes que je reçoipve en ce temps » (BNF, fr. 15909, fol. 252).

    138 BNF, fr. 3365, fol. 31-33, Jean de Morvillier à Jacques Viart, Paris, 18 juillet 1573.

    139 Ibid., p. 59-67, Sébastien de L’Aubespine à Jacques Viart, Paris, 19 juillet 1573.

    140 AD Cher, 4 AP 2, Jean Jomyer à Jacques Gassot, Paris, 1er décembre 1572. Jean de Morvillier reçoit des nouvelles de l’Empire de Jacques Viart, notamment sur la défiance qui y règne après la Saint-Barthélemy.

    141 Sur Jacques Viart, voir la notice de D. Le Page, Finances et politique en Bretagne…, notice no 444. Marie Bochetel donne quittance à Pierre Bochetel pour une somme reçue de la vente des biens de Joseph Viart et de Claude Sardé le 8 janvier 1603 (AD Cher, E 2416).

    142 BNF, fr. 6627, fol. 7-8, Jean de Morvillier à Catherine de Médicis, Trente, 9 mai 1563.

    143 M. Greengrass, Governing Passions…, p. 125.

    144 H. Michaud, « L’entourage des grands officiers… » ; P. Hamon, Messieurs des finances…, p. 49-74.

    145 Il est donc particulièrement important que ces gens soient des hommes de confiance, car ils sont la cible privilégiée des agents étrangers. Jacques Rossel disposait ainsi d’un homme qui avait accès aux confidences de Pierre Brulart (National Archives, Kew, SP83/11, fol. 201, Jacques Rossel à Francis Walsingham, Anvers, 15 mars 1579).

    146 Sur ce point, N. Schapira, Maîtres et secrétaires… ; C. Michon, Dans la cour des lions…, p. 93-115.

    147 Sur sa charge, Arthur de Rosny, « Travaux exécutés à Boulogne au xvie siècle, aux fortifications et aux bâtiments du roi », dans Bulletin de la Société académique de Boulogne-sur-Mer, t. VI, 1900-1903, p. 220-299. Il est grenetier en 1565 (AD Cher, E 3931, 6 août 1565) et apparaît comme valet de chambre dès 1567 dans la liste des officiers de la maison de Catherine de Médicis (LCM, t. X, p. 535).

    148 BNF, fr. 6620, fol. 187, Tassin Thuret à Sébastien de L’Aubespine, Amboise, 25 avril 1551.

    149 AD Cher, E 3931, 6 août 1565.

    150 AD Cher, E 1628, testament d’Anne Bochetel du 7 février 1573.

    151 O. Poncet, Pomponne de Bellièvre…, p. 23-24.

    152 Lettres de Nicolas de Neufville…, p. 199-200, Villeroy à Jacques de Goyon, seigneur de Matignon, Paris, 8 août 1587.

    153 BNF, fr. 17864, fol. 252v-257, testament de Villeroy, 26 août 1609.

    154 J. Ferrer-Bartomeu, L’État à la lettre…, p. 49. Sur le règlement de 1588, voir également N. M. Sutherland, The French Secretaries of State…, p. 306-307.

    155 BNF, Cinq-Cents de Colbert 396, p. 267-269, Jacques Bourdin à Bernardin Bochetel, Fontainebleau, 6 avril 1558.

    156 H. Michaud, La Grande Chancellerie…, p. 290.

    157 AD Cher, C 952, fol. 13v-14. Il est porté en cette qualité lorsqu’il est pourvu de l’office de greffier des aides et tailles le 16 août 1554.

    158 AD Cher, E 1626, procuration du 31 juillet 1595.

    159 AN, MC, XXIV, 17, 16 février 1567 quittance à lui en qualité de commis de Claude de L’Aubespine. H. Michaud le dit procureur et commis de Villeroy en 1571 (La Grande Chancellerie…, p. 291).

    160 H. Michaud, « L’entourage des grands officiers… ».

    161 AN, MC, LIV, 94, 30 mai 1580.

    162 O. Poncet, Pomponne de Bellièvre…, p. 37-39 ; BNF, fr. 16019, fol. 67-68, Sébastien de L’Aubespine à Pomponne de Bellièvre, Paris, 29 mai 1568.

    163 H. Michaud, « L’entourage des grands officiers… » et « Les registres de Claude Pinart… ».

    164 BNF, fr. 16017, fol. 180, Claude de L’Aubespine à Pomponne de Bellièvre, Chantilly, 19 juillet 1567.

    165 BNF, Cinq-Cents de Colbert 396, p. 267-269, Jacques Bourdin à Bernardin Bochetel, Fontainebleau, 6 avril 1558.

    166 A. Hugon, « L’Affaire L’Hoste… ».

    167 AN, MC, CXXII, 250, fol. 46, résignation de la charge de messager juré ; BNF, PO 1659, p. 12, première mention en qualité de receveur des finances à Rouen dans une quittance du 30 juillet 1550. Il est trésorier des parties casuelles à partir du 6 février 1555, selon M.-N. Baudouin-Matuszek (« Officiers royaux sous Henri II… », p. 88).

    168 François de Scépeaux, Mémoires, dans Nouvelle collection des Mémoires pour servir à l’histoire de France, éd. Joseph-François Michaud et Jean-Joseph-François Poujalat, Paris, 1838, t. IX, p. 340.

    169 Sa veuve vend une rente le 4 août 1557 (BNF, PO1659, p. 24). Son inventaire après décès est cependant établi tardivement, en 1571 (AN, MC, CXIII, 299 ; le document est incommunicable).

    170 Sur les Gobelin, J. Guiffrey, « Les Gobelin… ».

    171 C’est là une logique de renchaînement d’alliance qui s’observe souvent dans le clan, le retour, à des générations d’intervalle, des mêmes alliances entre deux familles (le phénomène est par exemple présenté par É. Haddad, « Système de parenté et histoire sociale… »).

    172 AN, Y 156, fol. 444-447, 9 février 1616.

    173 M.-N. Baudouin-Matuszek, « Officiers royaux… ».

    174 Michel Antoine, « Institutions françaises en Italie sous le règne de Henri II : gouverneurs et intendants (1547-1559) », dans Mélanges de l’École française de Rome, t. 94, 1982, p. 759-818.

    175 Journal d’Olivier Lefèvre d’Ormesson, éd. Maurice Chéruel, Paris, 1860, t. I, p. vii-viii, extrait des mémoires d’André Lefebvre.

    176 Résumé dans O. Poncet, Pomponne de Bellièvre…, p. 118.

    177 BM Orléans, ms. 851, p. 97-100, Jean de Morvillier à Olivier Le Febvre, seigneur d’Ormesson, Lyon, 3 septembre [après 1573]. Les finances sont résumées dans O. Poncet, Pomponne de Bellièvre…, p. 109.

    178 Sébastien de L’Aubespine a fait un don à sa nièce, qui se situe peu après le mariage (AN, MC, CXXII, 1440, quittance du 27 octobre 1556 pour 1 200 l.t. données par l’évêque).

    179 J. Depoin, « Les d’Alesso… ». Les renseignements donnés sont fondés notamment sur le volume 129 du Cabinet d’Hozier, où l’on trouve mention de plusieurs actes concernant la famille.

    180 D. Le Page, Finances et politique en Bretagne…, notice no 447. Jean d’Alesso a laissé de cette activité des lettres en 1562 et 1563 (ACC, série L, XVIII).

    181 BNF, PO 33, contrat de mariage entre André d’Alesso et Marie de Longueil, 17 avril 1575 ; AN, MC, XXI, 40, partage de la succession de Jean d’Alesso, 7 septembre 1581.

    182 Voir deux actes en 1581 : AN, MC, LIV 97, 13 mai 1581 ; ibid., 98, 26 septembre 1581.

    183 AN, MC, CXXII, 160, fol. 77-81v, règlement de succession en 1546. Sur un personnage de la famille, A. Duru, « Une signature de poète : ‘‘Pierre du Val, évêque de Sées’’… ».

    184 Négociations, pièces et lettres diverses…, p. 444-447, Florimond Robertet, seigneur de Fresnes à Sébastien de L’Aubespine, Fontainebleau, 28 juillet 1560.

    185 BNF, Cinq-Cents de Colbert 393, p. 141-142, Claude de L’Aubespine à Bernardin Bochetel, Paris, 12 novembre 1557 : « J’ay ouvert la lettre que le clerc de Monsr de Raconys m’a baillee de vous a luy addressante et ne fauldray par le premier homme seur allant a Lyon ou passant par vous a vous envoyer le reste de vostre argent que mon nepveu de Verdun, tresorier des parties casuelles, m’a dit avoir tout prest et que je luy faiz tenir a part suivant ce que m’en dist Monsr Bourdin a son partement. »

    186 AD Cher, 4 AP 2, Jean Jomyer à Jacques Gassot, Saint-Germain-en-Laye, 15 janvier 1574.

    187 LCM, t. I, p. 542, Catherine de Médicis à Bernardin Bochetel, Orléans, 26 mars 1563 ; BNF, fr. 16016, fol. 239, Bernardin Bochetel à Pomponne de Bellièvre, Oudan, 5 octobre 1566 : « Nous n’avons encore le livre de Monsr Scrimger, mays nous pensons le recevoir à Paris entre les mains de Monsr de Sainct Bonnet, qui nous a dict il y a long temps que ses freres le luy envoyoyent dedans ung coffre plein d’aultres besougnes. »

    188 Sur cette filiation, voir le règlement de la succession de Nicolas de Verdun le 30 avril 1585 (AN, MC, XC, 183).

    189 F. Autrand, Naissance d’un grand corps de l’État…, partie II, chap. 1, « Être en lignage au Parlement » ; ead. « “Tous parens, amis et affins’’… ».

    190 Jean Brulart aurait épousé en secondes noces Guillemette Allegrin, sœur de Jacques Allegrin, conseiller au parlement de Paris. Parmi les enfants de Jacques Allegrin, Catherine épouse Louis de Longueil, conseiller au parlement de Paris. Les Brulart sont liés aux Longueil, comme les d’Alesso. André d’Alesso a épousé Marie de Longueil, fille de Jean de Longueil et de Marthe Le Maistre (BNF, PO 33). François, fils de Jacques Allegrin, est le beau-frère de Louis Duran, seigneur de Villegagnon, qui épouse Marie Brulart, petite-fille de Jean Brulart. La mère de Marie Brulart est en outre Marie Cauchon, sœur de Jean, qui a épousé Marie Le Picart, autre famille déjà liée aux Brulart (AN, Y 111, fol. 69v-70, contrat de mariage du 6 mai 1570).

    191 AN, MC, XXXIII, 7, contrat du 29 mars 1523.

    192 CAF, t. VII, p. 488, no 25966 ; É. Maugis, Histoire du parlement de Paris…, t. III, p. 154.

    193 Sur le personnage, É. Maugis, Histoire du parlement de Paris…, p. 140. Ses liens avec les Bourdin sont incertains. Il a épousé Jeanne Couraud, dont la mère est Jeanne Turquan. Or, on sait que Charles Turquan est un cousin de Gilles Bourdin : dans l’élection de tuteurs pour les enfants de Gilles Bourdin, le 14 juin 1583, Charles Turquan, général en la cour des aides, est cousin du côté paternel (AD Cher, E 813).

    194 Voir les notices sur la famille dans Louis Moreri, Le grand dictionnaire historique ou le mélange curieux de l’histoire sacrée et profane, Paris, 1759, t. V, p. 577-581.

    195 M. Houllemare, « Les avocats du roi… ».

    196 BNF, PO 536, p. 310.

    197 CAF, t. VII, p. 491, no 26001.

    198 É. Maugis, Histoire du parlement de Paris…, t. III, p. 166 et 197. Un bail du 24 juillet 1535 lui attribue cette qualité (AN, MC, XIX, 147).

    199 F. Bayard, « Jean Bochart… » ; M. Etchechoury, Les maîtres des requêtes…, p. 207.

    200 Mention du mariage lorsque Anne de Neufville est veuve (AN, MC, XXXIV, 14, bail du 4 septembre 1606).

    201 LCM, t. I, p. 168, Catherine de Médicis aux gens du parlement de Paris, Fontainebleau, 14 février 1561.

    202 LCM, t. II, p. 5, Catherine de Médicis aux gens du parlement de Paris, Orléans, 1er avril 1563.

    203 LCM, t. III, p. 323, Catherine de Médicis aux gens tenant la cour de Parlement, Saint-Germain-en-Laye, 27 juillet 1570. Sur les fonctions au parlement, M. Etchechoury, Les maîtres des requêtes…, p. 94-99.

    204 BNF, fr. 15904, fol. 141-143, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Paris, 21 juin 1576.

    205 Ibid., fol. 144, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Paris, 22 juin 1576.

    206 Ibid., fol. 150-155, Jean de Morvillier à Pomponne de Bellièvre, Paris, 24 juin 1576

    207 BNF, fr. 16023, fol. 126, Sébastien de L’Aubespine à Pomponne de Bellièvre, Paris, 20 septembre 1570.

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    Fontvieille, D. (2022). Les puissants du clan : la figure du « ministre » du souverain. In Le clan Bochetel. Paris: Publications de l’École nationale des chartes. https://doi.org/10.4000/books.enc.14797
    Fontvieille, Damien. « Les puissants du clan : la figure du “ministre” du souverain ». In Le clan Bochetel. Paris: Publications de l’École nationale des chartes, 2022. doi:10.4000/books.enc.14797.
    Fontvieille, Damien. « Les puissants du clan : la figure du “ministre” du souverain ». Le clan Bochetel, Publications de l’École nationale des chartes, 2022, https://doi.org/10.4000/books.enc.14797.

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