URL originale : https://books.openedition.org/edul/1817
Les formules de fortification pour armes à feu dans les anciens Pays-Bas, 1480-1530
Shapes of fortification using firearms in the former Netherlands, 1480-1530
p. 465-479
Résumés
Le demi-siècle 1480-1530, dans les anciens Pays-Bas bourguignons, est marqué par un état de guerre quasi permanent au gré des retournements d’alliances, mais principalement en raison de l’antagonisme entre Habsbourg et Valois.
En architecture défensive, l’apparition, la diffusion et l’usage de l’artillerie à poudre en poliorcétique ont causé de lentes adaptations, pendant un bon siècle. Les maîtres d’œuvre, traditionnellement spécialistes du matériau font peu à peu place pour la conception à des hommes de guerre et à des artilleurs.
À la croisée des cultures militaires européennes, ce territoire se révèle un véritable laboratoire expérimental mêlant tradition médiévale et innovation technique. Des organes existants persistent : la fausse braye, le boulevard curviligne, les ouvertures de tir. Les « nouveautés » apparaissent après 1480 environ : boulevard en fer à cheval, remparement des murs et terrées avancées, parapet oblique, rhomboïdal puis courbe, moineau, forteresses militaires, processus de conception utilisant dessins et maquettes. Mélange donc de tradition et d’une ébauche de modernité.
The years between 1480 and 1530 in the former Burgundian Netherlands are characterized by an almost permanent state of war, in link with alliances and reversal of alliances, but mainly due to the antagonism between the Habsburg and Valois families. In terms of defensive architecture, the appearance, diffusion and use of powdered artillery have caused slow adaptations during more than a century. The prime contractors, traditionally the construction specialists, have gradually given way to men of war and artillerymen for the design phases.
At the crossroads of European military cultures, this territory constitutes a true experimental laboratory combining medieval tradition and technical innovation. Existing structures still persist: the retaining wall, the curvilinear boulevard, the fire openings. However « novelties » appear after about 1480: horseshoe-shaped boulevards, earth-made ramparts and advanced terraces, oblique and then rhomboidal or curved parapets, caponnieres. Other elements include for example the combination of drawings and models to facilitate the design. This characterized in fact a mix of tradition and a modernity.
Texte intégral
1Dans les anciens Pays-Bas (actuelle Belgique, Grand-Duché de Luxembourg, Nord de la France, Zélande et Hollande) (fig. 1) aussi bien qu’en principauté de Liège enclavée dans ces pays, on assiste à des adaptations variées de la fortification tant urbaine que castrale face au développement de l’arme à feu, à partir du dernier quart du XIVe s. En particulier, les artilleries française et ex-bourguignonne, comme celle de Maximilien, sont un siècle plus tard de plus en plus performantes, surtout en poliorcétique. Les Pays-Bas dits bourguignons sont alors possessionnés par Marie de Bourgogne (1477-1482), fille de Charles le Hardi (1433-1477), puis régentés à sa mort par son mari Maximilien de Habsbourg (1459-1519) avant d’être gouvernés par leur fils Philippe-le-Beau (1478-1506) et ensuite transmis en héritage à Charles Quint (1500-1558). La principauté de Liège, avec ses forteresses ruinées depuis la guerre avec la Bourgogne en 1465-1466, est gouvernée par Jean de Hornes et par Erard de La Marck (1505-1538) qui va lui rendre les moyens de se défendre. La possession anglaise de Calais et la conquête de Tournai en 1513 voient aussi entrer en scène Henry VIII Tudor (1491-1547) qui s’ingère dans les affaires du continent. Ce demi-siècle est marqué par un état de guerre quasi permanent au gré des retournements d’alliances, mais principalement en raison de l’antagonisme entre Habsbourg et Valois.
2En matière d’architecture défensive, l’apparition, la diffusion et l’usage de l’artillerie à poudre en poliorcétique ont causé, non une révolution, mais plutôt de lentes adaptations, pendant un bon siècle. Sans qu’il soit encore possible d’en établir le phasage précis – pour autant qu’il y en ait un –, un certain nombre d’éléments nouveaux apparaissent :
Ouvertures de tir spécifiques à l’arme à feu depuis 1380, sans qu’on puisse déterminer une typo-chronologie (Ypres, Cambrai, Namur, Bruges)1 ;
Grosses tours dont le premier niveau est aménagé pour abriter des bouches à feu depuis la décennie 1380 (Ypres, Namur)2 ;
Tours d’artillerie épaisses et basses après 1400 (Binche, Namur)3 ;
Boulevards en terre et en bois devant les portes après 1400, pétrifiés avec des formes diverses à partir de 1430 (Bruxelles, Louvain, Chièvres, Namur, Antoing, Fagnolle, Luxembourg)4 ;
Rares exemples de fausse braye après 1430 (Fagnolle)5.
3Les maîtres d’œuvre des ouvrages de fortification, traditionnellement spécialistes du matériau, pierre, brique, bois et terre, font peu à peu place pour la conception des œuvres principales, ouvertures de tir, tours, boulevards et moineaux, à des hommes de guerre et à des artilleurs. L’ingénieur proprement dit, homme nouveau de la Renaissance, n’apparaîtra dans cet espace qu’à partir de 1535. Le processus de construction lui-même est en train de changer et fait de plus en plus appel à des croquis, voire des plans et des maquettes.
4Sans qu’il soit possible de déterminer des typo-chronologies précises tant chaque intervenant, chaque région voire chaque lieu présentent des variantes, on se propose de dresser un panorama échantillonné de cette architecture militaire qu’on a anciennement voulu considérer comme « de transition ». À la croisée des cultures militaires européennes, ce territoire se révèle un véritable laboratoire expérimental mêlant tradition médiévale et innovation technique.
5Ce qui continue : la fausse braye, le boulevard curviligne, les ouvertures de tir.
6Les châteaux de Solre-le-Château (Hainaut français) et d’Herbeumont (Ardennes belges) sont des exemples de la première. Solre est muni d’un tel ouvrage après 1475.
Fig. 1 : Les Pays-Bas au début du XVIe s. Carte de localisation des lieux fortifiés entre 1490 et 1530.

(Dessin : © P. Bragard).
7A Elburg (Gueldre), les boulevards des « Vispoort », « Goorpoort » et « Mheerpoort », de tracé semi-circulaire, datent du début du XVIe s. (vers 1520). Ils témoignent de la lutte menée par le duc de Gueldre contre l’empereur. La porte est dans l’axe de celle de la ville, de larges canonnières voûtées percent la base de leurs flancs (fig. 2). Ces boulevards sont prolongés de chaque côté par un rempart de terre précédé d’un second fossé6. Les murailles de Maastricht sont pareillement renforcées en 1508 : le Roode blokhaus date de cette époque7. Deux autres rondelles avec casemates de flanquement, appelées « De vijf Koppen et Haat en Nijd », sont bâties au Sud du quartier neuf en 1515-15178 (fig. 3). A Zierikzee, le boulevard en U de la Noordhavenpoort possède des casemates indépendantes logées dans les murs latéraux et larges de 2 m9. A Amsterdam, une rondelle indépendante de l’enceinte est construite peu après 1516, sur le port. La vue cavalière de Cornelis Anthoniszoon, exécutée en 1538, montre le plan en U, les trois niveaux et l’espace intérieur non voûté de l’ouvrage10.
Fig. 2 : Elburg. Canonnière dans le flanc d’un boulevard. (Cliché : Anonyme).

8A Anvers, la tour Bleue – son nom provient de la couleur des ardoises du toit – est édifiée entre 1507 et 1542 selon Henri Wauwermans11, et est englobée partiellement dans les remparts bastionnés de Donato di Boni. L’édifice, comprenant une partie circulaire rattachée à l’enceinte par un massif rectangulaire, était daté du XIVe s. par L. Torfs et A. Casterman, qui en ont publié de précieux relevés12. Mais il est vrai que son allure générale – le plan évoque assez bien celui de la rondelle Marienburg bâtie en 1512 à Aix-la-Chapelle13 -, ses dimensions et surtout ses canonnières « à la française », dont l’ébrasement externe est à trémie, évoquent mieux le XVIe s.14. A peu de distance sur l’enceinte, le blockaus des Nonnes, en bois, de forme pentagonale, flanquait le fossé : on peut le lire comme un moineau ; les premiers connus au XVe s. sont en effet en bois15. D’après un plan des fortifications d’Anvers dressé entre 1531 et 1542 (?) et d’un autre document « de la même époque » portant des annotations, que Wauwermans avait consultés aux archives d’Anvers et reproduits dans ses articles16, ces deux ouvrages étaient datés de 1520-1529 et le premier attribué à Albrecht Dürer. Le grand artiste allemand de la Renaissance était en effet venu à Anvers en 1520 pour des raisons personnelles. Wauwermans s’appuie en outre sur une pétition adressée par Dürer à Nuremberg en 1524, dans laquelle il prétend que « le conseil d’Anvers lui avait offert un traitement annuel de 300 florins de Philippe ». « On serait disposé à croire, » écrit Wauwermans, « qu’Anvers appréciant l’importance de ses conseils, avait songé à se l’attacher à titre définitif pour restaurer son enceinte17 ». On sait qu’il n’en fut rien, bien que Dürer fît les plans d’une maison pour le médecin de la régente Marguerite18. Sans donc suivre le bouillant historien militaire dans son hypothèse, accordons lui que la tour Bleue et le moineau des Nonnes pourraient dater des deux ou trois premières décennies du XVIe s. Quant au plan illustrant un projet d’enceinte complète à tours similaires, il faudrait voir l’original pour s’en faire une opinion, s’il est conservé19.
Fig. 3 : Maastricht, « rondelle » Haat en Nijd, plans et coupe. D’après L.J. MOREAU, Bolwerk der Nederlanden, Assen, 1979, p. 107.

Fig. 4 : Malines, le « Blockhuis ». (Photographie ancienne).

Fig. 5 : Breda, les deux torrions polygonaux ajoutés au château en 1520.

(Cliché : © P. Bragard).
9AMalines, un boulevard d’artillerie à deux niveaux de feu, le « Blokhuis », est bâti par Antoine IKeldermans en 1492 (fig. 4). Sa circonférence atteint 18 m et ses murs atteignent une épaisseur de 3,50 m. D’après une peinture de 1507, les gueules des embrasures de tir sont de larges rectangles verticaux ou horizontaux20. Du même maître d’oeuvre aidé de maîtres-maçons brabançons, le château de Wouw est fortifié de 1492 à 1504. Antoine Keldermans, qualifié de « steenhouwer » dans les comptes, reçoit pour ce faire un salaire annuel de 12 couronnes. Quatre grosses tours d’angle circulaires et une puissante tour-porte équipent le château, percées d’embrasures à canon en rectangle horizontal à l’extérieur, comme le montrent des dessins de 174821. Au château de Breda, Henri III de Nassau ajoute une tour d’artillerie circulaire à un angle de la forteresse en 1509-1511 et deux autres, polygonales, sur le front Sud en 152022(fig. 5). Le tracé de ces dernières, hormis leur aspect trapu et leur couverture hexagonale et à bulbe d’ardoises, évoque assez les « torrioni » des « rocce » italiennes contemporaines23.
10Plus au Sud, des boulevards renforcent les portes de villes. A Béthune, un étonnant trèfle ou as de pique – les officiers du Génie au XVIIIe s. soulignaient sa « figure si irrégulière qu’il est difficile d’en déterminer le nom24 » est édifié devant la porte Saint-Pry entre 1508 et 1517 (fig. 6). Les maître-maçon et tailleurs de pierres communaux sont envoyés à Arras, Lille, Tournehem (château), Thérouanne25, Aire et Saint-Omer pour y étudier des ouvrages similaires, des batteries et des canonnières26. Un tel boulevard polylobé est atypique. Son plus proche parent est l’ouvrage avancé de la porte de Samson à Namur composé de trois boulevards circulaires imbriqués l’un dans l’autre ; encore ne sera-t-il complet qu’en 154227. Ceux d’Arras sont circulaires, en U ou polygonaux28, ceux de Lille affectent le plan d’un triangle flanqué de tourelles circulaires à leur base, Thérouanne présente des rondelles, ainsi du moins apparaissent les ouvrages représentés sur les plans de Deventer. Le château de Lille voit autour de 1527 ses tours rabaissées et ses murs remparés par l’intérieur29. A Valenciennes, la porte d’Anzin s’abrite derrière un majestueux fer-à-cheval bâti en 1525-1533 : un plan-projet a précédé les premiers travaux. L’année précédente, les terrassements des remparts étaient élargis30. Même chose au Quesnoy et à Landrecies, comme probablement à Bouchain, où la régente Marguerite et les seigneurs de Vertaing et de Noyelles ordonnaient le renforcement de l’enceinte dès 152331. Au Quesnoy, deux boulevards en fer-à-cheval défendent les portes de Valenciennes et de Fauroeulx en 1525-152632. Les maîtres d’oeuvre hennuyers sont d’origine locale. L’artilleur Jean de Terremonde n’intervient pas encore, les tracés et les structures sont devenus habituels.
Fig. 6 : Béthune, plan du boulevard Saint-Pry. D’après V. Deloffre, Y. Roumegoux, Béthune, chronique d’une ville fortifiée, Béthune, 1993, p. 6.2.

Fig. 7 : Dinant, porte Saint-Nicolas.

(Dessin : © F. Roffiaen).
11Mons, capitale du comté de Hainaut, avait une enceinte flanquée de tours et, depuis les environs de 1424, protégée par des boulevards33. En 1507- 1520, ceux des portes du Parc et de Bertaimont sont reconstruits : « j’ay veu fere, de mon temps, deux bolovars en la ville de Mons, assavoir celui de la porte du Parc et de la porte de Bartemont », notait Antoine de Lusy dans son journal pour l’année 151434. A l’année 1520, le même écrit qu’on a construit « une bonne et grosse tour es terres derrier et droit (les escoliers) pour servir à battre tout au lon des fossez, à deux longheurs de la porte du Rivage et à la porte de Bertemont35 ». Charles-Quint avait donné un octroi au Magistrat cette année-là pour achever divers travaux commencés aux fortifications, et notamment au boulevard d’Havré36. C’est encore le plan de Deventer qui fournit une illustration de ces défenses : le boulevard de la porte du Parc est circulaire mais celui de la porte de Bertaimont est un pentagone détaché en contrescarpe ; deux ailes le relient à la porte. Il s’agit là d’une transformation ultérieure, intervenue en 1557, époque à laquelle correspond mieux un plan de type bastionné37. Le boulevard de la porte d’Havré, très détaché, ressemble au boulevard de Meuse à Bouvignes, quasi contemporain. Quant à la tour, il y en a deux en fortes saillies sur l’enceinte qui peuvent y correspondre ; l’une d’elles est la Saint-André mentionnée sur les plans du XVIIIe s.38. L’existence de “terrées” est mentionnée en 1513-1514, à l’intérieur et contre les murailles39. L’identité des constructeurs n’est pas établie jusqu’ici : cette phase de l’histoire des fortifications montoises reste à écrire. Sinon, rien de bien neuf à Mons par rapport aux autres villes à la même époque : boulevards circulaires, rondelles et terrées s’ajoutent aux organes de défense en place.
12Le château de La Roche40 connaît une importante campagne de reconstruction de tours et de boulevards en 1529-1532, sous la conduite du maître-maçon du Brabant Henri van Pede41. Les comptes ont été tout récemment dépouillés et publiés par un érudit local42. La forteresse était en effet depuis peu revenue dans le domaine royal43. Trois tours, dont la grosse tour au Pilier44 qui flanque une terrasse d’artillerie sont réédifiées et munies de canonnières à double ébrasement et à gueule horizontale rectangulaire, dont l’encadrement de calcaire détone sur l’appareil schisteux du gros oeuvre.
13A partir de 1510, de gros travaux sont payés pour fortifier la partie Sud de la ville de Dinant. Les fossés d’Asson Dinant sont (re)creusés, la contrescarpe est muraillée sur pilotis et un « demy ron » est bâti derrière les Croisiers, percé sans doute par des « raières » en pierre de taille fournies en 151245. Jusqu’en 1515, les abords des portes Martin et Saint-Nicolas et des Croisiers font l’objet des principales dépenses : canonnière voûtée, porte, fossé, épaisse courtine46. En 1520-1521, la tour d’Asson l’Ile reçoit un comble, les fossés sont achevés et des canonnières battent les murs47. Le danger après 1518 vient de France, donc du Sud. Le quartier Saint-Nicolas devient un objectif prioritaire pour la défense. Une vue de l’entrée de Louis XIV par Vandermeulen (1675) et un dessin de François Roffiaen (1846) représentent le boulevard-porte de Saint-Nicolas et la courtine voisine (fig. 7). Les deux concordent pour montrer un ouvrage semi-circulaire imposant48, percé d’embrasures sur deux niveaux et doté d’un parapet encorbellé. Les nombreuses canonnières apparaissent comme des rectangles horizontaux. Le sommet du boulevard est en faible saillie, supporté par des corbeaux dont le dessin est trop imprécis, mais dont la volumétrie évoque ceux de Spontin. Une niche trilobée recevait l’effigie probable d’un saint protecteur. Concernant le dessin de Roffiaen, il faut souligner la véracité de la représentation49. D’importants vestiges de ces murailles sont conservés dans des jardins particuliers. La maçonnerie est en moyen appareil assisé irrégulièrement, dans lequel s’ouvrent les ébrasements externes des canonnières. L’encadrement de celles-ci est constitué en général de quatre ou cinq grands blocs monolithiques. Telles quelles, ces canonnières s’inscrivent dans une typologie qu’on situe à la fin du XVe et au début du XVIe s.50.
14En 1515-1516, près d’un quart des dépenses communales – plus de 1.000 livres – est affecté à la porte et à la tour Chapon51. L’exercice 1518-1519 voit la fondation du « gros boluwercq » Chapon52, dont l’édification semble se poursuivre jusqu’en 1526, année où une pierre aux armes du prince-évêque est placée en façade53. Plusieurs canonnières en pierre de taille percent ses hautes parois54. Le boulevard Chapon, au pied du château, existait encore en 1838. Georges Stanfield le figure sur une lithographie de la rive droite du fleuve55. On y devine un parapet en encorbellement et des canonnières (?) carrées sur deux ou trois niveaux qui seraient caractéristiques d’un ouvrage du début du XVIe s., du moins si la représentation n’est pas trop fantaisiste sur ce point56.
15En 1528, cent ouvriers sont occupés pendant deux mois à vider les fossés, rehausser les murailles et à travailler à Montfort. La nouvelle tour dite de Montfort contenant 92 toises de maçonnerie, est payée 529 florins en 153057.
16Les ouvertures de tir sont polymorphes bien que la canonnière à double ébrasement, dite « à la française », soit souvent employée :
Namur, 1489 : double ébrasement pour hacquebute épaulée dans la tour Joyeuse58.
Gand, 1489 : échantillonnage varié au Rabot, porte d’eau fortifiée construite sur ordre de Maximilien en punition des Gantois : « archères-canonnières » en louche au nu du mur, double ébrasement et gueule externe rectangulaire, archère à bèche.
Bouvignes, 1495 : double ébrasement et large niche pour des hacquebutes sur chevalet ou autres pièces plus anciennes à la tour de Crèvecoeur59 (fig. 9).
Lognes : longues et étroites ouvertures pour hacquebutes épaulées au boulevard d’entrée, non daté précisément mais antérieur à 152160.
Bouvignes, 1530 : embrasures en huit horizontal à l’extérieur au gros boulevard bâti dans le lit de la Meuse (fig. 8).
Liège, 1539 : orifices circulaires au nu du mur, à l’instar des embrasures de certaines tours vénitiennes (exemple de Trau/Trogir).
17Les « nouveautés » apparaissent après 1480 environ.
Boulevard d’artillerie maçonné au plan en fer à cheval, connecté (tour) ou détaché (boulevard) de l’enceinte, comme on en a vu des exemples plus haut.
Remparement progressif des courtines : un bon exemple est celui de Maastricht, fouillé il y a une vingtaine d’années.
Parapet oblique, rhomboïdal puis courbe : l’évolution est difficile à cerner dans les anciens Pays-Bas à cause du peu de témoins conservés et de la rareté de l’iconographie. Les fortifications anglaises de Tournai (1513-1518) paraissent d’après le plan de l’Escaut de 1622 avoir été couronnées de parapets à profil courbe, mais rien ne prouve qu’ils soient contemporains des travaux anglais restés inachevés61.
Terrées devant les enceintes : les plans levés par le géographe Jacques de Deventer pour l’empereur Charles-Quint puis le roi Philippe II à partir de 154562 révèlent leur survivance jusqu’à la fin du XVIe s. ; La Bassée, Binche, Armentières, Elburg et Namur en sont des témoins.
Des forteresses militaires : la citadelle de Tournai (fig. 12) (1513-1518, appelée d’emblée « citadel » dans les sources anglaises), le château Vredenburg à Utrecht pour contrôler la ville rebelle (1529) ; le nouveau château à Limbourg (1518) et à Gravelines (1528- 1536), reconstructions dans le cadre de la défense des villes. Les organes de flanquement sont, soit de grosses tours d’artillerie circulaires, soit des boulevards en fer à cheval. Le Vredenburg présente quant à lui des tours terminées en éperon et munies de minuscules orillons, dont la planimétrie préfigure celle du bastion de la génération suivante (fig. 10).
Intervention d’hommes de guerre et de spécialistes de l’artillerie pour déterminer la forme des ouvrages neufs, tels Jean de Terremonde, grand-maître de l’artillerie, pour le Vredenburg et Gravelines, ou le maître d’œuvre de la citadelle de Tournai qui est un artilleur anglais.
Processus de création en changement : dessin préparatoire, maquette, dont on a de rares mentions dans les comptes (Bouvignes) et un exceptionnel témoin pour le château neuf de Limbourg : un dessin en plan et une vue en perspective cavalière.
18Le moineau : diffusion lente, surtout après 1510
1ère attestation (?) : au château de Namur, en 1477-1480 (disparu), explicitement construit sur ordre et avis de Jean de Chalon, prince d’Orange, gouverneur du comté, homme de guerre ayant été brièvement au service de Louis XI.
Exemples liégeois : aux châteaux de Franchimont et de Logne, des moineaux circulaires surdimensionnés flanquent l’enceinte du premier lors des travaux effectués entre 1507 et 1515 (fig. 11) ; dans le fossé du second, un ouvrage de même type, plus petit mais à deux niveaux, bat les abords avant 152163.
Exemple en Artois : à Saint-Omer, le moineau dit « Le Jambon », édifié en 1529-1530, est connu par une description comptable, des plans manuscrits des fortifications urbaines et une photo ancienne64. Son plan peut apparaître comme très moderne : les flancs sont protégés par un orillon prolongeant les faces, formant un pentagone en as de pique.
Fig. 8 : Bouvignes, le gros boulevard dans la Meuse et ses canonnières en huit. (Dessin du XIXe s.).

Fig. 9 : Bouvignes, relevé d’une canonnière du boulevard de Crèvecoeur.

(Dessin : © P. Bragard).
Fig. 10 : Utrecht, Vredenburg. Vue gravée du XVIIe s. Leyde, Bibliothèque de l’université.

Fig. 11 : Franchimont, plan du château avec ses grands moineaux et la tour d’entrée.

(Dessin : © P. Hoffsummer).
Fig. 12 : Tournai, le Pâté, immense boulevard d’artillerie bâti sur ordre d’Henry VIII, 1513-1518.

D’après Tournai, une ville, un fleuve, Bruxelles, 1995
En synthèse
19Les maîtres d’oeuvre sont encore les maçons et les charpentiers locaux ou régionaux dans la plupart des cas. On voit pourtant apparaître les canonniers, à Limbourg, à Tournai, à Sedan (et ses satellites ?), à Marche65, à Namur (?), qui décident de la forme, sinon de l’implantation. Ils prennent aussi une part active aux sièges, en effectuant les reconnaissances nécessaires, rôle qui sera dévolu plus tard aux ingénieurs66. Le recours aux hommes de guerre, qui appartiennent à la noblesse dirigeante comme les maîtres de l’ouvrage et les commanditaires mais en sont des personnages distincts, est plus régulier également (Namur, Bouvignes, Liège et ses forteresses, Limbourg), bien que leurs compétences en la matière prêtent parfois à la critique (Tournai).
20Le processus de construction passe par la mise sur papier du projet préalable ou juste après le creusement des fondations (dans ce cas pour influer sur une approbation automatique ?). Ce procédé n’apparaissait pas auparavant. Je n’ai pas trouvé de mention de maquette tridimensionnelle, mais bien de paiements à des peintres, donc d’autres gens que des maçons et des charpentiers, qui mettaient le projet au net avant de présenter le « pourtraict » ainsi réalisé au commanditaire. Ce dessin concerne l’ensemble des fortifications (Limbourg) ou un organe de celles-ci (Tournai, Namur, Bouvignes).
21Pour conclure, on constate un mélange de tradition et de plus grand pragmatisme, de construction gothique et de procédés architecturaux techniques nouveaux. Les maîtres d’oeuvre changent peu à peu, le maître d’œuvre, maçon ou charpentier, tend à perdre de son pouvoir de concepteur pour être réduit à celui d’un exécutant, un ouvrier qualifié, un maître toujours mais en maniement de truelle et en surveillance du chantier. Celui-ci est vérifié par les hommes nouveaux, artilleurs et gens de guerre.
22Des problèmes sont résolus ou en passe de l’être, mais les solutions restent empiriques dans la mesure où les applications se font au cas par cas, sans pensée globale. Pourtant, le flanquement rapproché par armes à feu, l’interdiction lointaine sur les glacis, la ventilation des casemates sont des constantes.
Bibliographie
Bibliographie
BASTIN (Norbert), DULIERE (Jacqueline), Dinant et la haute Meuse en gravures, collection Villes de wallonie en gravures, Liège, 1981.
BORMANS (Stanislas), Cartulaire de la commune de Dinant, t. I, Deuxième livraison, 1060-1449, t. II, 1450-1482, t. III, 1482-1555, collection de Documents inédits relatifs à la province de Namur publiés par ordre du conseil provincial, Namur, Ad. Wesmael-Charlier, 1881-1882, t. III.
BRAGARD (Philippe), « Les ouvertures de tir pour arme à feu dans les Pays-Bas bourguignons aux XIVe et XVe siècles. Notes sur quelques jalons chronologiques » ; In : Pour la singulière affection qu’avons à luy. Études bourguignonnes offertes à J.M. Cauchies, dir. P. Delsalle, G. Docquier, A. Marchandisse, B. Schnerb, Turnhout, Brepols, 2017, sous presse.
BRAGARDa (Philippe), « Aperçu sur les fortifications d’Arras » ; In : M. Virol, P. Bragard (éd.), Actes des congrès de Gravelines (2004) et d’Arras (2008), Paris, Association Vauban, 2011.
BRAGARDb (Philippe), Deux petites tours d’artillerie de la fin du XVe siècle à Namur, Bulletin de la Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles, 2011.
BRAGARD (Philippe), À propos des parapets au début du 16e siècle : le cas de la tour Henri VIII à Tournai, rapport fait à la Commission royale des Monuments et sites de la région wallonne, 2009 (inédit).
BRAGARD (Philippe), « Bouvignes au XVIe siècle. Le visage architectural de la ville comme source d’inspiration chez Henri Bles » ; In : J. Toussaint (s. dir), Autour de Henri Bles. Actes du colloque, Namur, Société Archéologique, 2002.
BRAGARD (Philippe), Les ingénieurs des fortifications dans les Pays-Bas dans les Pays-Bas espagnols et la principauté de Liège (1504-1713), Louvain-la-Neuve, 1998, (thèse de doctorat inédite).
BRAGARD (Philippe), Fagnolles (Philippeville) : château médiéval, Vie Archéologique, n° 38, 1992-1993.
BRAGARD (Philippe), BRUCH (V.) (dir.), « Namur et ses enceintes. Une fortification urbaine du moyen âge à nos jours », Namur, Les Amis de la citadelle, 2009.
BROUWERS, Cartulaire de la commune de Dinant, recueilli et annoté, t. VIII, Annexes et extraits de comptes, collection Documents relatifs à l’histoire de la province de Namur publiés par ordre du Conseil provincial, Namur, Wesmael-Charlier, 1908.
Communes de Belgique. Dictionnaire d’histoire et de géographie administrative, Bruxelles, 1980.
CORNETTE (A.H.), Iconographie van Antwerpen. 174 oude stadzichten en plattegronden historisch toegelicht, Anvers, 1933.
DEFREMERY (W.), De opkomst der Amsterdamsche haven, Amstelodamum, 1925, t. 22.
DE LA MARCK (Robert), Mémoires du maréchal de Florange, dit le Jeune adventureux, publiés pour la Société de l’histoire de France par Robert Goubaux et P. André Le moisne, Paris, 1913-1924.
DE LUSY (Antoine), Le journal d’un bourgeois de Mons, 1505-1536, publié par A. Louant, collection Commission Royale d’Histoire, in 8°, Bruxelles, 1969.
DE ROY VAN ZUIDEWIJN (N.), Verschanste schoonheid. Een verrassende ontdekking langs historische verdedigingswerken in Nederland, Amsterdam, 1977.
DE SEYN (Eugène), Dictionnaire historique des communes de Belgique, 2 vol., Bruxelles, sd 1953.
DELOFFRE (Véronique), ROUMEGOUX (Yves), Béthune, chronique d’une ville fortifiée, Béthune, 1993.
EVERSEN (H.P.H.), Over de inlijving van de Nieuwstad bij Maastricht, PSHAL, 1877, t. XIV.
FAUCHERRE (Nicolas.), Le roi, le canon, la citadelle, 1450-1540, Paris, 1994 (thèse de doctorat inédite).
FIORE (Francesco Paolo), Francesco di Giorgio e le origini della nuova architettura militare, L’architettura militare veneta del Cinquecento, Vicenza, 1988.
FOLMER (Nicolas), Le plan de la ville de Luxembourg levé vers 1560 par Jacob van Deventer : un éminent travail de géomètre, Hemecht, 1988, t. 40.
FRUIN (R.), Nederlandse steden in de XVIe eeuw. Plattegronden. Faksimile uitgave met een inleiding, ‘s Gravenhage, 1916-1924.
GAIER-LHOEST (Josiane), L’évolution topographique de la ville de Dinant au moyen âge, collection Pro Civitate, in 8°, n° 4, Bruxelles, Crédit Communal, 1964.
HACHEZ (F.), Description et histoire de Mons. Notice publiée en anglais à Edimbourg en 1709 par John Mack-Gregory (et) notes complémentaires, ACAM, 1888, t. XX.
HALE (John), Renaissance war Studies, Londres, 1983.
HENNE (Alexandre), Histoire du règne de Charles-Quint en Belgique, Bruxelles, 1858-1860, t. I.
HIERNAUX (Luc), Les couleurs de l’ombre. Paysages et monuments de la province de Namur dans l’œuvre photographique d’Armand Dandoy (1834-1898), De La Meuse à l’Ardenne, n° 23, 1990.
HOFFSUMMER (Patrick), Etude archéologique et historique du château de Franchimont à Theux, collection ERAUL, n° 12, Liège, 1982.
HOFFSUMMER (Patrick), HOFFSUMMER-BOSSON (Anne), WERY (Benoît), Naissance, transformation et abandon de trois places-fortes des environs de Liège : Chèvremont, Franchimont et Logne, Château-Gaillard, 1987, t. XIII.
LEYS (H.), De invloed van Anthonis I en Rombout II Keldermans op de kasteelfortificaties, dans Keldermans. Een architectonisch netwerk in de Nederlanden, ‘s Gravenhage, 1987.
MARQUET (Léon), Histoire du château féodal de La Roche-en-Ardenne, Spa, 1993.
MARTENS (Pieter), La destruction de Thérouanne et d’Hesdin par Charles Quint en 1553 ; In : G. Blieck, Ph. Contamine, C. Corvisier, N. Faucherre, J. Mesqui, La forteresse à l’épreuve du temps, Paris, 2007.
MARTENS (Pieter), An early sixteenth-century drawing of two bulwarks in Arras, Fort, 27, 1999.
MERTENS, TORFS, Histoire d’Anvers, t. II.
MOHR (A.H.), Vestingbouwkundige termen, ‘s Gravenhage, 1983.
NEUMANN (Hartwig), Festungsbaukunst und Festungsbautechnik. Deutsche Wehrbauarchitektur vom XV. bis XX. Jahrhundert. Mit einer Bibliographie deutschsprächiger Publikationen über Festungsforschung und Festungsnutzung 1945-1987, collection Architectura militaris, Coblence, 1987, t. I.
PIERARD (Chistiane), La longueur de l’enceinte urbaine, dans Les fortifications de Mons du moyen âge au XIXe siècle, catalogue. Supplément au catalogue général, Mons, 1984.
PIERARD (Christiane), VANMOL (Bruno), Mons, une enceinte en mutation constante de 1290 à 1865, Enceintes urbaines, 1983.
PLARD (H.), « Anvers dans le “Journal de voyage aux Pays-Bas” de Dürer (1520- 1521) » ; In : Lodovico Guicciardini (1521-1589), dir. O. Jodogne, Actes du colloque international des 28, 29 et 30 mars 1990, Louvain, 1991.
RUELENS (Charles), OUVERLEAUX (Eugène), VAN DEN GHEYN (Jacques) (dir.), Atlas des villes de la Belgique au XVIe siècle. Plans du géographe Jacques de Deventer exécutés sur les ordres de Charles-Quint et de Philippe II, reproduits en facsimile chromographique, Bruxelles, 1884-1924.
SALAMAGNE (Alain), « A propos des moineaux du château de Hédé. Quelques remarques sur l’architecture militaire à la fin du XVe siècle et au début du suivant dans le Nord-Ouest de la France » ; In : Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, 1992, t. LXIX.
Notes de bas de page
1 En dernier lieu, Bragard, 2017, sous presse. Abréviations courantes : AEN : Namur, archives de l’État ; VN : Ville de Namur ; CAR : Communes d’Ancien Régime ; AGR : Bruxelles, Archives générales du Royaume ; CC : Chambre des Comptes. Sauf mention contraire, les illustrations sont de l’auteur.
2 Bragard, 2017 ; Bragard, Bruch, 2009, p. 29-32.
3 Idem, p. 118-121.
4 Bragard, 1998, p. 487-585 (thèse de doctorat inédite).
5 Bragard, 1992-1993, p. 93-94.
6 Sur Elburg, voir Van Hoof, 1991, p. 56-64.
7 Henne, 1858-1860, t. I, p. 181 ; Eversen, 1877, t. XIV, p. 88.
8 Eversen, op.cit., p. 90-91 et 95 ; Van Hoof, 1991, p. 34, 119-120 et 129. Certains documents anciens les appellent « toren » ou « bolwerck (en) ».
9 De Roy van Zuidewijn, 1977.
10 De Fremery, 1925 ; Mohr, 1983.
11 Wauwermans, 1879, p. 31-63 ; Wauwermans, 1880, p. 7-9. La tour bleue fut démolie peu après 1879.
12 Torfs, Casterman, t. XXVII, 1871, pl. p. 56 sv. A compléter par des photographies antérieures à la démolition, publiées par Cornette, 1933, pl. CLXI.
13 Neumann, 1987, p. 220-221.
14 Ce qui n’empêche qu’une première tour Bleue a pu être édifiée dès le XIVe s. et remplacée deux siècles plus tard. Les photographies du XIXe s. montrent un édifice aux moulures tardo-gothiques ou flamboyantes dont les ouvertures – fenêtres et canonnières – sont obturées par une maçonnerie de brique.
15 Faucherre, 1994 (thèse de doctorat inédite).
16 Ces documents ont apparemment disparus depuis le XIXe s. Une première publication en a été faite par Mertens et Torfs, t. II, p. 373, cité par Wauwermans, op.cit., 1879, p. 45.
17 Wauwermans, op.cit., 1880, p. 68.
18 Plard, 1991, p. 236-248.
19 En effet, il n’est reproduit dans aucun ouvrage récent sur l’architecture et l’urbanisme anversois.
20 Leys, 1987, p. 155-156.
21 Idem, p. 156-159.
22 Idem, p. 159-161.
23 Exemples dans Hale, 1983, p. 1-26 ; Fiore, 1988.
24 Cité par Deloffre, Roumegoux, 1993, p. 65.
25 Martens, 2007, p. 63-117.
26 Deloffre, Roumegoux, op.cit., 1993, p. 64. Béthune.
27 Bragard, Bruch, op.cit., Namur et ses enceintes.
28 Martens, 1999, p. 67-92 ; Bragard, 2011, p. 173-178.
29 AGR, Papiers d’Etat et d’Audience, 868, « Etat des revenus du monarque », 1494-1530, f°122 (1527) : « pour les nouveaulx ouvraiges et fortiffications du chastel de Lille dont l’on fait une bien forte place et se rabbassent toutes les tours et se font rempares pardedens ledit chastel, où desià a esté mis et exposé plus de douze mil livres et y reste encoires à employer bien huict mil livres, pour ce, cette année, 2.000 livres ».
30 Salamagne, p. 29 et 32-34.
31 Henne, op.cit., 1858-1860, t. III, p. 330 ; Salamagne, op.cit., 1992, p. 17 et 19.
32 Ibid., p. 19-20.
33 Hachez, 1888, T.XX, p. 103, 109, 111, 114 et 128-129 ; Les enceintes urbaines en Hainaut, Bruxelles, 1983, p. 22, dont il faut nuancer le propos minimaliste quant à l’augmentation de la capacité de résistance des défenses avant 1550.
34 de Lusy, 1969, p. 41 ; Hachez, op.cit., 1888, p. 114, 129 et 137, place le boulevard de Bertaimont entre 1507 et 1520 ; ce serait la reconstruction d’un ouvrage de 1446.
35 de Lusy, op.cit., 1969, p. 169.
36 Hachez, op.cit., 1888, p. 137. Trois octrois du grand bailli, en 1507, 1519 et 1513, avaient précédé celui de l’empereur.
37 Pierard, Van Mol, op.cit., 1983, p. 22.
38 Par exemple AGR, Cartes et Plans manuscrits, 2144 (après 1730).
39 Archives de la Ville de Mons, compte 388, f°58, cité par Pierard, 1984, p. 19.
40 de Seyn, sd (1953), p. 704-706 ; Communes de Belgique. 1980, p. 807-811. Notice sur le château par Tholomier, Genicot, t. I, p. 166-167.
41 Parmi d’autres travaux, Henri van Pede fait le plan de la nouvelle chapelle du palais de Bruxelles en 1530 ; voir en dernier lieu Palais Bruxelles 1991, p. 67.
42 Marquet, 1993.
43 Ibid., p. 28. En 1511-1512, face à la menace des seigneurs de Sedan, le receveur-châtelain demande l’envoi de deux serpentines et de douze hacquebutes (Idem, p. 34). En 1513, on coupe du bois « carpenté et mis à la fachon de bolwerck » à l’entrée du château (Idem, p. 42). En 1514, cinq grosses hacquebutes et deux faucons de cuivre renforcent l’arsenal (Idem, p. 44).
44 Je ne crois pas en effet que le nouveau « bollewerck » en question dans le compte de 1531 soit la tour du donjon. Le nombre de canonnières dont la tour au Pilier est munie correspond en effet à celui des comptes. Il y a bien une tour du donjon refaite, mais les comptes la distinguent du nouveau boulevard (Idem, p. 55).
45 AEN, CAR, 642, Idem pour 1510-1511, f°19, 21 et 22 ; CAR, 643, Idem pour 1512-1513, f°27 et 32.
46 AEN, CAR, 644, Idem pour 1513-1514, p. 33, 46 ; CAR, 645, Idem pour 1514-1515, f°20, 24, 24v°, 40.
47 AEN, CAR, 651, Idem pour 1520-1521, f°26v°, 28, 29v°, 31-33v°.
48 Ses dimensions ne sont pas déductibles des dessins, mais on peut estimer le diamètre à 20-25 m.
49 Hiernaux, 1990, p. 314. Le dessin avait été publié une première fois par Bastin, Dulière, 1981, p. 72-73.
50 Les corbeaux mesurent 0,33 m x 0,29 m x 0,27 m.
51 AEN, CAR, 646, Idem pour 1515-1516, f°19sv.
52 AEN, CAR, 649, Idem pour 1518-1519, non folioté.
53 AEN, CAR, 654, Idem pour 1525-1526, non folioté. Une pierre taillée pour recevoir une ymaige est placée en 1520-1521, AEN, CAR, 651, Idem pour 1520-1521, f°33v°.
54 Ibid., f°26 et 28.
55 Publiée par Gaier-Lhoest, 1964, pl. VI ; Bastin, Dulière, op.cit., 1981, p. 68-69.
56 Elle fait en effet partie des vues romantiques qui soulignent d’abord l’atmosphère de l’endroit illustré. Le fort, au sommet du rocher, est d’ailleurs parfaitement irréel dans son détail.
57 Bormans, p. 233-235 ; Brouwers, 1908, p. 89, citant le compte communal de 1529-1530.
58 Bragardb, 2011, p. 67-94.
59 Bragard, 2002, p. 189-207 ; Wery, 1997, p. 99-111.
60 Hoffsummer, Hoffsummer-Bosson, Wery, t. XIII, 1987, p. 63-80.
61 Bragard, À propos des parapets au début du XVIe siècle : le cas de la tour Henri VIII à Tournai, rapport fait à la Commission royale des Monuments et sites de la région wallonne, 2009 (inédit).
62 J’ai utilisé les éditions belge et néerlandaise des plans, bien que le fac-similé belge soit constitué de copies qui parfois trahissent l’original : Ruelens, Ouverleaux, Van Den Gheyn, 1884-1924 ; Fruin, 1916-1924. Sur Deventer et son oeuvre, voir Van’t Hoff, 1953. Sur l’exactitude des levés de Deventer, un exemple remarquablement étudié, celui de Luxembourg : Folmer, t. 40, 1988, p. 41-60. A propos des différences entre l’original et l’édition belge, voir Thisquen, t. XIII, 1978, p. 80-82 sur le plan de Limbourg.
63 Hoffsummer, 1982.
64 Salamagne, t. LXIX, 1992, p. 278-279
65 Henne, 1858-1860, t. III, p. 168, citant un compte de 1510-1511.
66 Ainsi à Jametz en 1521, de La Marck, Paris, 1913-1924, t. I, p. 298-299 : « Monseigneur de Nansson fut deux jours à faire visiter la place, nuict et jours, par quennonniers et aultres […]. Une lettre de Florange au Lieutenant général du roi de France, du 11 juin, en fait état : […] Et vindrent les maistres canonniers de nuyt, pour visiter le lieu à faire leurs aproches […] ».
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Fortification et artillerie en Europe autour de 1500 : le temps des ruptures
Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks
Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org
Fortification et artillerie en Europe autour de 1500 : le temps des ruptures
Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.
Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org
Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.
Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.
La syntaxe de l’email est incorrecte.
Référence numérique du chapitre
Format
Référence numérique du livre
Format
1 / 3