Château Pignon : une forteresse espagnole en Navarre (1513-1527)

Château Pignon: a Spanish fortress in the Navarre (1513-1527)

Christian Normand

p. 405-423

Résumés

Entre juillet et septembre 1512, sur ordre de Ferdinand II d’Aragon, la totalité du royaume de Navarre est conquise. Afin d’empêcher toute contre-offensive venue de France, débute en 1513 la construction de la fortaleza del Puerto e Peñón, en fait deux entités édifiées chacune sur un piton calcaire. La plus importante – aujourd’hui connue sous le nom de « Château Pignon » – dominait la principale voie de franchissement des Pyrénées navarraises. Ayant montré ses limites, l’ensemble fortifié est abandonné au plus tard en 1527 mais des combats s’y déroulent à nouveau lors des Guerres de la Convention puis lors de la retraite d’Espagne des armées napoléoniennes. En 2014 et 2015, nous y avons conduit une opération archéologique ayant comme objectifs principaux la réalisation du plan des vestiges, l’évaluation du potentiel archéologique ainsi que l’exploitation du très riche fonds d’archives conservé à Pampelune. En parallèle, nous avons procédé à une prospection systématique des alentours. Ce sont les résultats de cette opération que nous présenterons dans cet article.

Between July and September 1512, on the orders of Ferdinand II of Aragon, the whole kingdom of Navarre was conquered. In order to prevent any counter-offensive from France, the construction of fortaleza del Puerto e Peñón begins in 1513, in fact two different entities, each built on a limestone peak. The most important one – now known as « Château Pignon » – dominated the main route through the Navarrese Pyrenees. Having shown its limits, the fortified complex was abandoned at the latest in 1527 but fighting took place again during the wars of the Convention and then during the Spanish retreat of the Napoleonic armies. In 2014 and 2015, we carried out an archaeological operation, with the main objectives of drawing a map of the remains, evaluating the archaeological potential as well as exploiting the very rich archives kept in Pamplona. At the same time, we carried out a systematic survey of the surroundings. The results of this operation are presented in this article.

Note de l’éditeur

Avec la contribution de Louis De Buffieres, Société des Sciences ; Aranzadi Zientzi Elkartea, Benoît Duvivier, Association Eusko Arkeologia ; Peio Joseba Monteano Sorbet, Archivo General y Real de Navarra; Gilles Parent, Association Eusko Arkeologia ; Aitor Pescador Medrano, Société des Sciences Aranzadi Zientzi Elkartea


Texte intégral

Introduction

1Combien, parmi les nombreux randonneurs qui se rendent au sommet de Château Pignon pour profiter du remarquable point de vue sur les montagnes basque et béarnaise, sont-ils à savoir que ce site témoigne d’une période particulièrement troublée de l’histoire du royaume de Navarre ? Assurément bien peu car, même si le toponyme y suggère la présence d’un ouvrage fortifié, ce site est encore très largement méconnu. Certes, quelques rares documents y mentionnent un château construit au début du XVIe s. mais c’est l’idée d’une redoute, souvent attribuée aux guerres napoléoniennes, qui prévaut généralement, et c’est ainsi qu’il a été inscrit aux Monuments Historiques. Pourtant, une visite un peu plus attentive permet d’en percevoir l’intérêt malgré un degré d’arasement important. Un peu plus de curiosité et il est possible de constater que les archives navarraises conservent plus de 100 documents susceptibles de retracer assez précisément l’histoire de ce qui était la Fortaleza del Peñón de San Juan de Santa Maria, construite apparemment ex nihilo à partir de 1513 et délaissée au plus tard en 1527.

2C’est ce contraste entre cette méconnaissance et ce qui était entrevu – il y avait là possibilité d’étudier un ouvrage fortifié conçu, utilisé et abandonné à l’époque où les progrès de l’artillerie imposaient la mise en œuvre de nouvelles conceptions défensives, qui plus est très bien documenté et non modifié par la suite – qui nous a incité à y entreprendre une opération archéologique en 2014 et 2015. Celle-ci a consisté à réaliser le plan des vestiges et à en évaluer le potentiel archéologique, accompagné d’une prospection destinée à connaître le contexte dans lequel cet ouvrage s’inscrivait. En parallèle, les nombreux documents d’archives, principalement ceux conservés à Pampelune, ont été exploités.

3Cet article est l’occasion d’en exposer les principaux résultats.

I. Présentation générale

4Le site de Château Pignon est situé sur la commune de Saint-Michel (département des Pyrénées-Atlantiques), à une dizaine de kilomètres au sud de Saint-Jean-Pied-de-Port (fig. 1). Il correspond à un sommet calcaire haut de 1177 m associé à une série de reliefs dont l’altitude s’élève progressivement du nord vers le sud à partir de Saint-Jean-Pied-de-Port (alt. minimale : 159 m) puis s’abaisse jusqu’au col de Roncevaux ou d’Ibañeta (alt. : 1057 m) après avoir franchi la ligne de partage des eaux (fig. 2). Ces sommets sont répartis le long d’une crête assez étroite délimitée par deux vallées encaissées, elles-mêmes zébrées de petites vallées secondaires : à l’est, celle de la Nive de Béhérobie et, à l’ouest, celle de la Nive d’Arneguy ou de Valcarlos.

5La carte géologique de Saint-Jean-Pied-de-Port attribue à l’Emsien les calcaires à Encrines qui forment le relief de Château Pignon. Ces calcaires affleurent localement et se présentent alors sous forme de strates très nettes qui peuvent être suivies sur plusieurs centaines de mètres. Les bancs, fréquemment fracturés, sont d’épaisseur assez variable (de quelques centimètres à près d’un mètre).

6Le climat y est fortement influencé par la proximité de l’Océan Atlantique et les pluies sont abondantes, y compris durant l’été. De plus, la forte densité d’humidité provoque d’assez fréquentes périodes de brouillard. Au contraire, à d’autres moments, le vent du sud chasse les nuages mais, parfois très violent, il peut alors rendre très inhospitaliers les divers sommets. Enfin, il n’est pas rare que la neige recouvre la zone à partir de décembre mais sa fonte intervient généralement vers le mois d’avril.

7Ce contexte climatique influe bien évidemment sur la végétation. Alors que les bois, majoritairement de hêtres, et surtout les fougeraies couvrent entre 400 et 800 m une grande partie des pentes, souvent très marquées, ce sont les espaces couverts d’herbacées qui dominent dès que l’altitude s’élève, offrant de très vastes étendues pastorales.

8Un autre point a grandement favorisé cette activité : une relative facilité d’accès et de parcours. En effet, la morphologie globale de la crête où sont situés Château Pignon et les autres reliefs voisins offre un axe de pénétration assez remarquable conduisant aux pâturages actuels en empruntant les flancs de ces reliefs et les nombreux cols qui rythment leur succession.

Fig. 1 : Localisation du site de Château Pignon.

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Fig. 2 : Vue depuis l’ouest de la ligne de crête à laquelle appartient Château Pignon

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(Cliché : © M.-B. Mounier).

II. Le franchissement des Pyrénées navarraises

9À une échelle plus large, cette ligne de crête a eu un rôle essentiel car elle a permis la mise en place d’une voie, la « voie du haut », qui reliait les versants Nord et Sud de cette zone des Pyrénées, et plus précisément Saint-Jean-Pied-de-Port et Pampelune.

10Toutefois ce tracé présentait un inconvénient majeur : son impraticabilité durant de longs mois lorsque la neige bloquait le passage. Il fallait en effet franchir plusieurs cols dont le plus haut situé à 1485 m d’altitude. De fait, il semble que la majorité du trafic soit passée à l’époque antique par une nouvelle voie – que nous dénommerons la « voie du bas » – située en contrebas dans le Valcarlos1 qui n’impose qu’une altitude maximale de 1057 m, au col de Roncevaux. Cette voie, sans provoquer un abandon complet de la « voie du haut », l’a certainement réduite à un rôle secondaire. Il faut cependant remarquer qu’un tel tracé n’a pu être conçu qu’au prix d’un lourd investissement humain et matériel, devant emprunter les flancs abrupts d’une série de reliefs entaillés par de multiples talwegs. De plus, il ne pouvait fonctionner sans risque pour ceux qui l’empruntaient que dans un contexte de contrôle militaire efficace tant les potentialités d’embuscades y étaient fortes.

11Bien que la « voie du haut » ait eu les faveurs de certains voyageurs2, la fondation du monastère de Roncevaux en 1127, la mise en place progressive d’un réseau d’auberges et sa sécurisation par une tour construite sur ordre du roi de Navarre3 renforcèrent le rôle de la voie du Valcarlos4.

12La prédominance du cheminement par le bas fut à nouveau remise en cause lorsque s’imposa la nécessité de faire transiter des troupes accompagnées d’artillerie d’un versant à l’autre, ce qui n’était visiblement pas faisable par la vallée. Nous pensons également que la facilité avec laquelle il était désormais possible de bloquer la « voie du bas » en positionnant quelques pièces d’artillerie dans des emplacements bien choisis a pu influencer ce basculement. La « voie du haut » acquit alors un intérêt stratégique primordial5.

III. Château pignon et la conquête de la Navarre

13En 1492, Ferdinand II d’Aragon et sa femme Isabelle de Castille conquirent Grenade, dernier royaume musulman de la péninsule ibérique. Après la mort de son épouse et quelques années consacrées à la consolidation de son pouvoir, Ferdinand put désormais se retourner vers le royaume de Navarre qui, miné par des luttes intestines depuis plus d’un demi-siècle et en pleine réorganisation sous l’impulsion de ses souverains légitimes, Catherine 1er de Foix-Béarn et Jean III d’Albret, était devenu une proie facile pour ses puissants voisins. Une proie certes, mais aussi un danger potentiel car, dans le contexte géopolitique de cette période troublée, ce royaume pouvait devenir un allié du principal ennemi de l’Aragonais : le roi de France. Les souverains navarrais, même s’ils essayaient de garder une certaine neutralité, étaient en effet naturellement tournés vers le versant nord des Pyrénées du fait de leurs nombreuses possessions.

14Le « Roi Catholique » vit donc un double intérêt à la conquête de la Navarre : achever l’unité du royaume d’Espagne et priver le roi de France d’un éventuel soutien susceptible de l’aider à pénétrer sur le versant sud. Avec la complicité du pape Jules II, il put décider ainsi l’invasion qui eut lieu en 1512. Grâce notamment à l’appui direct d’une partie de la noblesse navarraise, le succès fut rapide et la Navarre conquise dans son intégralité à l’automne. Toutefois, une contre-offensive, qui permit de reprendre notamment Saint-Jean-Pied-de-Port, fut entreprise par les souverains légitimes en octobre mais elle échoua dès novembre et les Espagnols réoccupèrent sans difficulté tout le territoire navarrais6.

15Conscient qu’une nouvelle tentative était probable, le pouvoir royal mit en œuvre un plan de défense de la frontière des Pyrénées occidentales destiné à contrôler les principales voies utilisables lors d’une éventuelle invasion. Pour cela il ordonna de réaménager d’anciens châteaux (Burgui et Maya/Amaiur) et de construire deux nouveaux ouvrages fortifiés (fig. 3) : le château d’Irun-Irantzu, au débouché d’un gué permettant le franchissement de la Bidassoa, et la fortaleza del Peñón de San Juan de Santa Maria (ou fortaleza del Puerto y Peñón), en bordure de la route reliant Saint-Jean-Pied-de-Port à Pampelune et permettant de plus de surveiller le versant nord (fig. 4). La construction de celle-ci commença dès 1513. Le choix de son emplacement découla de plusieurs facteurs : une topographie naturellement favorable à la défense, la disponibilité d’un matériau de bonne qualité, la présence de sources… et puis probablement la volonté de marquer un territoire le plus loin possible sur le versant nord. En parallèle débuta la destruction du maillage des châteaux médiévaux qui assuraient jusqu’alors la défense de la Navarre7.

16La mort de Ferdinand d’Aragon, le 23 janvier 1516, impulsa en mars un deuxième essai de reconquête de la part des souverains légitimistes. À cette occasion la petite troupe détachée du siège du château de Saint-Jean-Pied-de-Port préféra passer par le Valcarlos plutôt que d’avoir à affronter les défenseurs de la fortaleza del Peñón, pourtant très loin d’être achevée. Surtout, la mainmise sur la « voie du haut » permit aux Espagnols de secourir les défenseurs de ce château8. Malgré le soulèvement de nombreuses villes navarraises, l’échec fut rapide.

17La période de paix relative qui s’ensuivit permit une forte accélération des travaux. Toutefois, El Peñón se rendit sans combattre en mai 1521 lors d’une grande offensive des troupes franco-navarraises, appuyées par une puissante artillerie9. Bien qu’ayant pris Pampelune, celles-ci furent défaites aux portes de cette ville le 30 juin et contraintes de se replier sur le versant nord. La réoccupation d’El Peñón par les Espagnols se fit sans difficulté en août, après qu’il a été incendié par les Franco-Navarrais10, puis par ces derniers de nouveau en septembre et encore par les Espagnols à la fin de ce même mois… et sans doute par les troupes légitimistes peu de temps après.

Fig. 3 : Emplacement des ouvrages fortifiés participant à la défense frontalière (d’après capture d’écran sur Google Earth®, complété).

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Fig. 4 : Vue de Château Pignon avec, au fond, la plaine de Saint-Jean-Pied-de-Port (d’après capture d’écran sur Google Earth®).

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Fig. 5 : Gravure espagnole représentant les combats du 6 juin 1793 (Archivo General de Simancas, reproduction communiquée par J. Aguirre Mauléon).

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18L’évacuation de la Basse-Navarre, une nouvelle fois entièrement envahie par les Espagnols à partir de la fin de 1523, intervint en 1527, après la probable destruction de la fortaleza del Puerto e Peñón11. De leur côté, les châteaux de Burgui et de Maya ainsi que le fort d’Irun-Irantzu furent démantelés respectivement en 151912, en août 152213 et en septembre 154214. La défense de la Navarre fut alors dévolue à Pampelune, transformée progressivement en place forte de première importance15.

19Pour autant, la zone de Château Pignon ne perdit pas son intérêt stratégique et elle fut plusieurs fois le théâtre de combats pour son contrôle. Les plus intenses se déroulèrent durant les guerres de la Convention16. Le 6 juin 1793, après avoir fait déneiger le chemin, le général espagnol Don Ventura Caro passa à l’attaque à la tête de plusieurs milliers d’hommes17. Les combats furent extrêmement violents, notamment à hauteur du sommet que les Français avaient transformé en plateforme d’artillerie (fig. 5). Vingt ans après, plus précisément à la fin du mois de juillet 1813, cette zone fut à nouveau le théâtre d’affrontements meurtriers, cette fois-ci entre les troupes commandées par le maréchal Soult et celles aux ordres du maréchal Wellington18.

20Le souvenir du passé mouvementé de Château Pignon s’estompa alors progressivement.

IV. L’étude documentaire

21Faute de place nous n’aborderons que quelques aspects de cette étude19.

IV.1. La construction

22Les documents d’archives attestent de travaux dès le second semestre de 1513, la plupart réalisés sous la supervision de l’ingénieur militaire Pedro de Malpaso, qui est probablement le concepteur de l’ensemble fortifié. Ceux-ci se poursuivirent tout au long des années suivantes, notamment en 1515 qui vit une accélération des investissements avec des dépenses atteignant 1 200 000 maravédis.

23Le 4 novembre de 1516, une visite d’inspection déboucha sur un rapport faisant le point de l’avancée des constructions20. Sa lecture apporte une information majeure : la fortaleza del Puerto e Peñón était composée de deux ouvrages fortifiés, à savoir le Peñón de baxo et celui qui deviendra Château Pignon.

24En outre ce document nous offre une description assez précise de l’un et l’autre. Pour la partie du haut, nous apprenons qu’elle était fermée par cinq murs (pour une longueur totale de 420 pieds soit 117,6 m21) et qu’elle possédait une tour, le tout équipé d’une citerne et décrit dans l’ordre suivant :

  • le mur du côté de la France de 35,28 m de long et de 5,6 m de haut, formé de 50 tapias22 de 2,8 m de long, 1,4 m de haut et épais de 4,2 m. En dessous, était construit un mur de chapa23 de la même longueur (35,28 m), de 3,64 m de haut et de 2,8 m de large ;

  • celui face au chemin de 26,6 m de long, 4,76 m de haut et 4,2 m d’épaisseur ;

  • celui face à Roncevaux, long de 26,6 m, haut de 5,6 m et large de 4,2 m ;

  • une tour de 44,8 m de circonférence24 et de 6,44 m de haut ;

  • une citerne avec voûte, parois et fond ;

  • le mur de la porte, de 15,68 m de long, 3,36 m de haut et épais de 4,2 m ;

  • un dernier mur qui allait jusqu’au départ du mur de soutien de 13,44 m de long.

25S’y ajoutaient des murallas de pierres sèches également de 117,6 m de long pour 4,2 m de haut et 1,96 m de large, consolidées par des pièces de bois et couronnées de poutres. De plus le texte signale la présence de maisons aux cloisons en bois et d’une réserve à munitions. Enfin, il est indiqué que des fossés étaient en train d’être creusés dans deux secteurs.

26De son côté, le Peñón de baxo comportait une tour bâtie de pierres et de chaux, avec 30 tapias de 2,8 m de long, 1,4 m de haut et 1,96 m d’épaisseur, et surtout un mur de pierres sèches de 196 m de long, 4,2 m de haut et large de 1,96 m, là aussi armé de pièces de bois et avec un parapet constitué de poutres et de planches. Il y avait également des maisons et une réserve de munitions.

27Malgré l’avancement des travaux, tout était loin d’être achevé et le texte précise ce qu’il restait à faire. Toutefois, seul l’ouvrage du haut paraît avoir été concerné par ces futurs compléments, celui du bas n’étant pas cité25. Les murs devaient y être rehaussés de 4,2 m dont 2,24 m verticalement et 1,96 m pour le parapet et le crénelage26. La partie talutée qui était commencée du côté de la France devait être rehaussée de 5,6 m pour atteindre 9,24 m et rejoindre le mur. Il fallait également construire une tour dans l’angle Nord et rehausser de 5,6 m celle de 6,44 m déjà construite (soit une hauteur devant atteindre 12 m), avec sa voûte, son parapet et ses créneaux. Au total cela représentait 363 tapias.

28Les documents disponibles par la suite indiquent un ralentissement des travaux avec des volumes bâtis bien inférieurs à ce nombre27 et il est très probable que plusieurs de ces projets n’avaient pas été conduits à leur terme lorsque les Franco-Navarrais s’en emparèrent en mai 152128.

29Après son incendie en août 1521, les Espagnols engagèrent des réparations urgentes afin de rendre la forteresse à nouveau fonctionnelle mais pratiquement seules les parties en bois furent concernées29. Aucune autre intervention n’est signalée postérieurement et il est donc très probable que la forteresse n’ait jamais été achevée.

IV.2. La garnison et le ravitaillement

30Le nombre de soldats affectés à la défense de la forteresse paraît avoir été variable mais toujours assez peu important. En effet, même si un texte de 151530 indique que celui-ci doit être de 60 en temps de paix et du double en temps de guerre, il est probable que les effectifs maxima n’aient été que d’une petite centaine31. En ce sens, par exemple, lors de son procès, Antonio del Hierro se plaint de n’avoir eu à sa disposition en mai 1521 qu’une vingtaine de soldats32 et, au milieu de cette même année, en plein conflit, il n’est prévu de garnir la forteresse que de 60 combattants33.

31Quoiqu’il en soit, les conditions de vie devaient être globalement assez inconfortables34, notamment en hiver du fait des conditions climatiques et de l’impossibilité de ravitaillement dès que la neige bloquait les communications. Il fallait donc prévoir cette longue période où le fort était isolé, sans compter qu’il était impératif d’avoir des réserves en vue d’un siège.

32Entre autres informations, l’inventaire du ravitaillement pris par les Franco-Navarrais en septembre 1521 donne une idée assez précise de ce dont était pourvue la fortaleza del Peñón alors35 : 44 sacs de pains, 10 paniers de 1000 sardines séchées chacun, un sac d’ail, plusieurs centaines de litres de vin, 400 l d’huile (d’olive ?), 400 kg de poisson salé, 400 kg de lard, quatre sacs de sel, du vinaigre… et 6 vaches mises au sel sur place. Une citerne et une source située à proximité fournissaient l’eau nécessaire.

IV.3. L’artillerie et l’armement

33Il était inconcevable que la forteresse ait pu remplir son rôle sans un minimum de pièces d’artillerie et, de fait, deux textes36 nous donnent la liste de celles qui étaient présentes en 1515 et 1516 : une serpentine (non mentionnée en 1516), trois sacres (en bronze et tirant des boulets de huit livres), cinq buzanos (deux en bronze et trois en fer, tirant des boulets d’une livre) et six zebretañas en fer. L’armement comprenait plusieurs dizaines de grenades, des arbalètes, au moins 35 piques, trois haches, 480 chausse-trappes… auxquelles s’ajoutaient des casques et une douzaine de corselets. Toutefois, ces textes précisent un mauvais état assez général puisque touchant quasiment la moitié des pièces d’artillerie, le tiers des piques, les corselets…, ce qui diminuait d’autant leur utilité.

Fig. 6 : Vue du site de Zerkupe depuis Château Pignon avec, entourée, la partie fortifiée.

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Fig. 7 : Plan de la partie fortifiée de Zerkupe (d’après DAO : G. Parent, C. Nicolas et P. Marticorena, in : Marticorena et al., 2013 ; complété).

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V. El Peñón de Bajo

34Le dédoublement de la forteresse étant totalement ignoré avant nos recherches, il a fallu dans un premier temps localiser ce Peñón de Bajo, ce qui a été fait sans difficulté. En effet, juste en contrebas de Château Pignon, était connu depuis longtemps un site dénommé Zerkupe, partiellement fouillé dans les années 8037 et considéré comme « protohistorique » (fig. 6). Une opération récente38 a permis d’en faire un plan précis (fig.7). Il s’agit d’une fortification implantée en partie haute d’une sorte d’éperon calcaire et composée d’une vaste enceinte de pierres sèches de forme ovale, très ruinée localement mais dont la longueur originelle devait approcher les 200 m pour une épaisseur de l’ordre de 2 m, soit à peu près les mesures données par le texte de 1516. À l’intérieur et contre cette enceinte, des murets délimitent des espaces plus ou moins rectangulaires, probables témoignages des habitations citées dans ce même texte (fig. 8). Vers le sommet, un autre mur épais est percé de 6 meurtrières tandis qu’à son sommet des murs maçonnés pourraient correspondre à la tour également signalée en 1516. L’accès à l’intérieur se faisait par une entrée d’à peu près 1,35 m de large, à laquelle conduisait un passage partiellement aménagé au milieu du lapiaz. La datation du matériel découvert lors des fouilles (armes, monnaies, céramiques…) entre la fin du XVe s. et le début du XVIe s.39 renforce cette nouvelle attribution. Son rôle n’était pas négligeable : il s’agissait en effet de contrôler une voie secondaire située à l’écart de la voie principale et qui aurait pu permettre de contourner sans grand dommage Château Pignon.

VI. Château pignon

35Nos recherches de terrain ont porté très majoritairement sur ce site qui se présente actuellement comme une vaste plateforme entourée d’une couronne d’éboulis (fig. 9). Concrètement, à partir d’un premier relevé des vestiges apparents40, nous y avons engagé une série de nettoyages et de sondages41 (fig. 10) associés à une analyse des divers éléments dégagés42, ce qui nous a permis d’obtenir un plan général (fig. 11). En parallèle, nous avons procédé à deux prospections systématiques des alentours43, l’une visuelle et l’autre à l’aide d’un détecteur de métaux44.

Fig. 8 : Exemple de vestiges de murs présents sur le site de Zerkupe : murs de possibles habitations et face interne du mur d’enceinte. Château Pignon est au second plan.

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Fig. 9 : Vue du versant sud-ouest de Château-Pignon

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Cliché : © M.-B. Mounier).

Fig. 10 : Relevé des éléments visibles en surface et emplacement des sondages. Les points bleus et les mauves signalent des blocs provenant respectivement de maçonneries talutées et de canonnières

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(DAO : © G. Parent).

Fig. 11 : Relevé général avec proposition de restitution des maçonneries manquantes. En orangé : secteurs couverts par les canonnières certaines ; en gris-vert : secteurs ayant pu être couverts par les canonnières supposées (DAO : G. Parent et C. Normand).

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VI.1. Le plan général

36Ce plan, très proche de la description donnée à l’issue de la visite de novembre 1516, montre une organisation en trois éléments :

  • une partie principale, au nord, de forme plutôt trapézoïdale et fermée par quatre murs, désignés respectivement comme le mur Nord-Est (le « mur du côté de la France » du texte de 1516 – longueur intérieure et extérieure, respectivement : 32,445 m et 40,4 m ; épaisseur constatée : 4,5 m), le mur Nord-Ouest (le « mur face au chemin » – L. : 24,4 m et 33,5 m ; épaisseur estimée : 4,5 m), le mur Sud-Ouest (le « mur face à Roncevaux » – L. : 27,8 m et 33,3 m ; épaisseur constatée : 4,5 m) et un dernier mur (non mentionné ; épaisseur constatée : 2,8 m) faisant la séparation avec la partie suivante. La base des trois premiers était certainement talutée comme en témoignent de nombreux blocs caractéristiques vus dans les éboulis. À l’intérieur, deux murs, plus ou moins parallèles à ceux des côtés Nord-Est et Sud-Ouest, repérés sur une longueur d’à peu près 2 m, correspondent sans doute à des murs extérieurs d’habitations. Il est probable que la citerne ait été aménagée dans la cour ;

  • une partie secondaire, ou courette, à la morphologie triangulaire pouvant rappeler une sorte de bastion, fermée par deux murs (le « mur de la porte » – L. : 14,8 m ; le mur sud-est – L. : 12,8 m) ;

  • enfin, une tour, de plan circulaire à l’extérieur et plutôt losangique à l’intérieur, de 14,2 m de diamètre dans son élévation verticale et sans doute supérieure à 19 m à la base, talutée.

37Malgré une attention particulière accordée à ce point, nous n’avons rien vu attestant la présence d’une seconde tour dans l’angle Nord, certes très fortement dégradé, et nous pensons que cet élément est resté à l’état de projet.

VI.2. Les destructions

38Outre des phénomènes naturels ayant participé à la ruine de la construction, liés en particulier aux dures conditions climatiques, nous avons pu mettre en évidence plusieurs destructions volontaires. La volonté de rendre inutilisable l’ouvrage fortifié lors de son abandon au début du XVIe s. est certainement responsable des témoignages d’incendies et d’explosions de mines (fig. 12), tandis que l’aménagement en plateforme d’artillerie en 1793 a assurément induit un arasement général. Les répercussions de ces évènements sur le site ont été bien évidemment fortes et son potentiel archéologique nous est apparu amplement réduit.

Fig. 12 : Cratères dans la courette dus à l’explosion de mines.

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VI.3. Les Murs

39Les différents murs, observés sur des hauteurs variant de 0,5 à 2 m46, sont tous réalisés avec le calcaire local. Les parements présentent des assises généralement assez régulières47 (fig. 13). Ils sont même de très belle qualité dans les rares portions talutées visibles avec des blocs parfaitement taillés et parfois de grandes dimensions, notamment à la base de la tour sud48 (fig. 14). Le très volumineux blocage est constitué d’un bourrage de déchets de taille et de blocs informes. L’ensemble est lié par un mortier jaunâtre riche en chaux.

Fig. 13 : Portion de parement extérieur vu dans l’angle est.

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Fig. 14 : Blocs du parement de la base de la tour encore en place.

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VI.4. Les portes

40Trois portes ont été localisées, toutes très dégradées par l’explosion des probables mines. La première permettait d’entrer dans la forteresse ; il n’en subsiste que deux blocs, vestiges des piédroits et ménageant un passage de 1,95 m de large, posés sur d’autres qui correspondaient au seuil (fig.15). Celui-ci surplombe de près de 2 m le sol extérieur et il est probable qu’il existait un aménagement (en bois ?), désormais totalement disparu, y conduisant. Nous savons par un document de 152149 que cette porte comportait deux battants en bois renforcés de plaques de fer cloutées. Une deuxième porte, entre la tour et la courette, d’à peu près 1 m de large, n’a pu être identifiée que par la présence d’un poli assez marqué sur l’arête extérieure du probable seuil. La dernière, enfin, assurait la liaison entre la partie principale et la courette. Seule son ouverture du côté de la courette, de largeur proche de 2,7 m, a pu être dégagée.

Fig. 15 : Vestiges de la porte principale

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(Cliché : © M.-B. Mounier).

6.5. Les sols

41Ceux-ci n’ont été conservés qu’en de rares secteurs tant ils ont souffert des diverses destructions. Celui de la tour était composé de dalles liées par un solide mortier à la chaux (fig. 16), tandis que l’intérieur des bâtiments de la partie principale n’était apparemment couvert que de quelques dalles, peu ou pas jointives (fig. 17). Ces sols reposaient visiblement sur une accumulation de blocs de comblement destinés à régulariser la surface du calcaire.

Fig. 16 : Détail du sol de la tour dégagé dans le sondage n° 2.

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Fig. 17 : Vestiges du sol d’une habitation de la partie principale vus dans le sondage n° 15. Des blocs de comblement apparaissent dessous

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(Cliché : © B. Duvivier).

6.6. Les éléments défensifs

42Outre sa position, au sommet d’un relief calcaire difficile d’accès50, le principal élément défensif de la construction était assurément sa structure générale, avec ses murs épais et talutés à la base destinés à résister aux tirs de pièces d’artillerie. Une puissante tour, désignée comme le cubo, permettait le flanquement du mur Sud-Ouest et de celui de la porte principale placée là car, face à une profonde vallée où il était impossible d’installer le moindre canon, elle était à l’abri des boulets.

43Ce flanquement était assuré par plusieurs meurtrières. Nous en avons dégagé trois, à la morphologie très proche : il s’agit de canonnières plongeantes, largement évasées vers l’extérieur et dont l’ouverture intérieure était placée à quelques 65 cm au-dessus du sol (fig. 18). Le fort degré de destruction empêche de savoir s’il existait un système destiné à éviter les coups d’embrasure. Il y avait sans doute bien d’autres meurtrières dans les murs de la partie principale, dont certaines sans doute associées aux niches qui subsistent encore, mais aussi dans la tour comme en témoignent des blocs effondrés qui en proviennent assurément.

44Toutefois, s’il en a été effectivement ainsi, il est bien évident que le non achèvement de l’ouvrage, notamment l’absence de tour dans l’angle Nord, lui ôtait une bonne part de son efficacité défensive.

6.7. Les prospections

45Celles-ci ont en particulier permis de mieux appréhender la globalité du site (fig. 19) avec, entre autres, le repérage des carrières d’où ont été extraits les éléments calcaires destinés à la construction (fig. 20). De plus, ont été récoltés près de 30 outils utilisés à cet effet, notamment des pics et des pioches ainsi que plusieurs coins en fer qui étaient rentrés en force dans les fissures naturelles ou dans des emboîtures afin de détacher les futurs blocs. Trois fours, proches de points d’eau, fournissaient la chaux nécessaire.

46Les recherches au détecteur de métaux nous ont également fourni plusieurs centaines d’objets liés aux divers combats51. Si la plupart de ceux-ci semblent se rapporter aux engagements de 1793, d’autres proviennent de la période où la fortaleza del Peñón était encore en activité avec, en particulier, de très probables projectiles de buzanos et de petites pièces d’artillerie à main52 (de type arquebuse à croc ou haquebutes), la pièce la plus originale étant un fragment de sacre ou de couleuvrine moyenne53 (fig. 21).

Fig. 18 : Plan et coupe schématiques de la canonnière n° 2.

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Fig. 19 : Principaux éléments repérés aux alentours de Château Pignon : chemins (traits en rouge, orange et jaune), carrières (ovales en bleu foncé), points d’eau (ovales en bleu clair), fours (ovales en vert), structure indéterminée (cercle noir). Les tirés noirs marquent la limite communale (d’après capture d’écran sur Géoportail).

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Fig. 20 : Vue de la carrière nord-ouest.

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Fig. 21 : Fragment d’un sacre ou d’une couleuvrine moyenne en bronze.

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VII. Bilan

47Incontestablement, Château Pignon est un site bien modeste comparé à d’autres et notamment à ceux présentés dans ce même volume. Pour autant ce qu’a apporté son étude n’est pas sans intérêt par rapport à la question des mutations et des ruptures que bien des chercheurs ont mises en évidence à la fin du XVe s. et au début du siècle suivant, avec le rôle devenu prépondérant de l’artillerie.

48Localement, une première conséquence a été d’entraîner une certaine désaffection d’une voie de vallée, pourtant privilégiée durant quasiment tout le Moyen-Âge, au profit d’une autre, en hauteur, certes impraticable durant plusieurs mois de l’année, mais assurément plus sûre et surtout permettant d’y faire passer sans trop d’encombres une troupe importante accompagnée d’un nombre éventuellement élevé de pièce d’artillerie. Au-delà, à l’échelle des Pyrénées occidentales, le nombre d’axes potentiels d’invasion s’est de fait restreint. D’où la mise en œuvre d’une conception défensive nouvelle – celle d’une défense de la frontière par un réseau de petites fortifications destinées à bloquer ces quelques passages – dont témoigne notamment la fortaleza del Peñón.

49De plus, celle-ci, en fait une double fortification construite ex nihilo à partir de 1513 et abandonnée au plus tard en 1527, nous offre une sorte d’instantané d’un type d’ouvrage fortifié voulu par le pouvoir royal espagnol et conçu par un important ingénieur militaire au service de celui-ci, ce qui nous permet de connaître les solutions défensives privilégiées à cette époque dans ce cadre. Concrètement, alors que l’ouvrage secondaire a été construit selon des principes que l’on peut qualifier d’assez rudimentaires, l’ouvrage principal a visiblement bénéficié du maximum de ce qui pouvait être réalisé alors dans cet environnement pour se protéger de l’artillerie : un point haut naturellement favorable mais renforcé par des fossés, des murs épais et talutés, au moins une tour d’artillerie assurant les flanquements, une porte d’accès placée sur un côté peu vulnérable… Et effectivement, les évènements de 1515 ont prouvé son utilité. Cependant la situation a été très différente en 1521 lorsque ses défenseurs se sont retrouvés face à une véritable armée et à ses canons, sans secours possibles, et la forteresse, sans doute non achevée, a montré que ses limites avaient été atteintes.

50Elle n’a pas été la seule et il en a été de même pour les autres éléments du réseau défensif frontalier, ce qui a conduit à leur démantèlement progressif et leur remplacement par une nouvelle conception défensive, celle d’une place forte concentrant tous les efforts financiers et humains : Pampelune. De fait, à partir de la fin des années 1520, y furent appliqués progressivement les préceptes du système bastionné54…

Remerciements

51M. J. Goyheneix, Président de la Commission syndicale du Pays de Cize, et Mme N. Fourment, Conservatrice régionale de l’Archéologie d’Aquitaine, qui nous ont donné les autorisations d’entreprendre les recherches à Château Pignon.

52MM. J. Aguirre Mauléon, E. de Crouy-Chanel, J. Etxegoien, G. Folio, C. Pommier nous ont fourni des informations très utiles.

53Nous les remercions tous sincèrement.

Bibliographie

Bibliographie

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MARTICORENA (Pablo) avec les contributions de A. Berdoy, F. Convertini et P. Dumontier et la collaboration de L. Manceau, C. Nicolas et G. Parent, « Le site de Zerkupe : une occupation domestique de plein air du Bronze final et un site fortifié du Moyen-Age et de l’époque moderne » ; In : Archéologie des Pyrénées Occidentales et des Landes, 2013, p. 13-20.

MARTINENA RUIZ (Juan José), « Del Castillo al baluarte. Nuevos planteamientos de la défense de Navarra en el siglo XVI » ; In : El Patrimonio fortificado pirenaico (s. XVI-XIX), coord. J.V. Valdenebro García. Ayuntamiento de Pamplona, Pamplona, 2014

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MONTEANO SORBET (Peio Joseba), La Guerra de Navarra (1512-1529). Crónica de la conquista española, Pamiela Argitaletxea, Pamplona, 2010.

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VIELLARD (Jeanne), Le guide du pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle, Mâcon, Imprimerie Protat frères, 1938.

Notes de bas de page

1  Cf prospection en cours par une équipe de la Société des Sciences Aranzadi.

2  C’est en tout cas ce que paraît montrer l’itinéraire privilégié par le moine Aymery Picaud qui au début du XIIe s. franchit les Pyrénées en passant par le haut (Viellard, 1938 ; de Buffières, 2014).

3  Elle fut détruite lors de la guerre civile navarraise au milieu du XVe s. (Martinena Ruiz, 1994, p. 593).

4  Jimeno Jurio, 2010, p. 71-110.

5  Folio, 2005, p. 29-32.

6  Monteano Sorbet, 2010 ; Pescador Medrano, 2012.

7  Moins d’une dizaine de châteaux royaux navarrais – sur une trentaine – étaient susceptibles de pouvoir résister à l’artillerie (Lacarra, 1976, p. 564). Il s’agissait donc de rationnaliser le système défensif tout en affaiblissant les possibilités d’une éventuelle révolte intérieure car, malgré leur vétusté, ils auraient pu servir alors de points d’appui (Martinena Ruiz, op. cit., p. 99).

8  Monteano Sorbet, op. cit., p. 161.

9  Plusieurs pièces auraient été hissées sur un sommet voisin, duquel il était possible de battre le Peñón (Moret y Alesón, éd. de 1969-1971, t. VII, p. 419).

10  Dans une lettre en date du 10 août adressée au roi de France, le seigneur d’Estrissac indique : « Hier on alla mettre le feu au Pignon », BnF, manuscrits, ancien fonds, n° 2994, f° 97-98v°, communiqué par P. J. Monteano Sorbet.

11  Idoate, 1981, p. 44.

12  Ibid., p. 43 et Martinena Ruiz, op. cit., p. 761.

13  Archivo General de Navarra, Fondo Rena, caj. « Maya », doc. 6 et 7, cité dans : Monteano Sorbet, op. cit., p. 287-288.

14  Fernández Antuña, 2005, p. 259-272.

15  Martinena Ruiz, 2014, p. 11-41.

16  Folio, op. cit., p. 180-182.

17  Gazeta de Gerona, n° 56, 15 juillet 1793, p. 674- 678 (extrait communiqué par J. Etxegoien).

18  Folio, op. cit., p. 206.

19  Celle-ci repose sur les transcriptions de P. J. Monteano Sorbet.

20  AGN, Particulares, Juan Rena, caja 45, carpeta 6.

21  L’unité de mesure utilisée pour l’équivalence est le pied castillan (27,86 cm). Les mesures qui suivent sont calculées à partir de cette base.

22  Ce terme doit s’entendre dans ce contexte comme une unité de mesure volumétrique.

23  Il s’agit très certainement d’un mur destiné à soutenir le mur principal et à lui apporter une certaine stabilité dans une zone de forte pente (cf plus loin).

24  S’il s’agit bien du diamètre réel de la tour et non pas de la mesure de la partie qui sortait des murs de l’enceinte, son diamètre était de 14,26 m. Dans la seconde hypothèse nous obtenons un diamètre supérieur à 19 m.

25  Il est possible qu’il ait été terminé.

26  À terme leur hauteur doit donc atteindre une dizaine de mètres.

27  L’addition de tous les nombres de tapias repérés dans ces documents, celles livrées et celles commandées, donne un résultat inférieur à 200. L’épaisseur des murs indiquée y est de 4,47 m.

28  Ce point est confirmé par les déclarations faites par le capitaine du Peñón d’alors, Antonio del Hierro, à l’occasion d’un procès en 1527. Il y explique sa reddition sans combat notamment du fait du non achèvement de la partie haute des murs et par l’impossibilité d’utiliser efficacement son artillerie. AGN, Tribunales Reales. Proceso 35.799.

29  AGN, Comptos. Papeles sueltos, primera serie, leg. 172, n° 9.

30  AGN, Fondo Rena, cal. 11, n° 48.

31  Monteano Sorbet, op. cit., p. 110.

32  AGN, Tribunales Reales. Proceso 35.799. Toutefois, il est possible que l’ancien capitaine ait minoré cet effectif afin d’aider à sa défense.

33  AGN, Archivos particulares. Fondo Rena, caj. 35, n° 3-2.

34  Un document mentionné précédemment indique que la relève doit se faire tous les trois mois. AGN (Archivos particulares. Fondo Rena, caj. 35, n° 3-2).

35  AGN, Comptos. Papeles sueltos, primera serie, leg. 168, n° 10.

36  AGN, Fondo Rena, cal. 11, n° 48 et AGN, Comptos. Papeles sueltos, primera serie, leg. 172, n° 7-1, f° 5-6.

37  Pour une synthèse : Gaudeul, 1990, p. 21-42.

38  Marticorena et al., 2013.

39  Idem

40  Responsable : G. Parent.

41  Le classement en zone Natura 2000 et la présence de plantes protégées nous ont obligés de limiter le nombre ainsi que l’extension des sondages, et même d’en exclure certains malgré ce qu’ils auraient pu apporter.

42  Responsable : B. Duvivier.

43  Tous les éléments et les objets découverts ont été repérés précisément à l’aide d’un GPS.

44  Responsable : L. de Buffières.

45  Globalement, les mesures constatées correspondent assez correctement à celles indiquées dans le document de 1516.

46  Cette fourchette ne s’applique pas aux parties talutées, en très grande partie masquées par les éboulis.

47  L’observation attentive des élévations visibles ne montre aucune reprise de construction antérieure, ce qui confirme une construction ex nihilo.

48  Le plus long, encore en place atteint 1,5 m, tandis que d’autres, présents dans les éboulis, dépassent largement les 500 kg.

49  AGN, Comptos. Papeles sueltos, primera serie, leg. 172, n° 9.

50  De plus, un important fossé est nettement visible au pied du mur sud-ouest. Il y en avait peut-être un autre du côté nord-ouest.

51  Cela sans prendre en compte tout ce qui a été recueilli illégalement par les nombreux « détectoristes » qui sévissent depuis le début des années 80.

52  Les premiers sont en fer, les seconds en plomb. Les attributions ont pu être faites d’après les calibres et les masses qui correspondent bien à ce qu’indiquent les textes (confirmation par C. Pommier, du Musée de l’Armée).

53  Information E. de Crouy-Chanel.

54  Martinena Ruiz, 2014, p. 32-33.


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