Arras 1500 : la fortification d’une ville à l’aube des temps modernes

Arras 1500: the fortification of a city at the dawn of Modern Times

Alain Salamagne

p. 321-335

Résumés

En mars 1477, à la mort du duc de Bourgogne Charles le Téméraire devant les murs de Nancy, Louis XI se faisait remettre la Cité d’Arras puis s’emparait de la Ville. A la suite de leur reprise par les Impériaux en 1492 était entrepris en 1493 un vaste programme de fortification avec la reconstruction de la porte de Cité (1494-1498), des murailles de la ville contre la Cité et de la porte d’eau de Claquedent (1497-1498), de la porte Saint-Michel, des boulevards des portes d’Haguerue (1507-1509), de Méaulens (1508-1510) et de Ronville (1505-1509), etc. Les ouvrages qui furent alors érigés attestaient de réalisations de transition entre la fortification médiévale et celle des Temps Modernes : grosses tours d’artillerie et moineaux, boulevards rattachés au corps de place, murailles remparées devaient faire d’Arras, après les travaux conduits de 1493 à 1510, un des verrous de la frontière des Pays-Bas méridionaux contre la France.

In March 1477, on the death of the duke of Burgundy Charles the Bold in front of the walls at Nancy, Louis XI had the citadel of Arras handed over and then took the city. Following their recovery by the Imperial army in 1492, an extensive fortification program was undertaken in 1493 with the rebuilding of the Porte de Cité (1494-1498), the city walls in front of the citadel, the Claquedent water gate (1497-1498), the Saint-Michel gate, and finally the boulevards in front of the Haguerue (1507-1509), Méaulens (1508-1510) and Ronville (1505-1509) gates. These works constitute a testimony of the transition between the medieval fortifications and those of the Modern Times. Large artillery towers and sparrows, bulwarks attached to the main square as well as ramparts would, after these works conducted from1493 until 1510, make Arras one of the main strongholds at the border of South Netherlands in front of France.


Texte intégral

I. L’occupation française et les travaux de Louis XI

1Arras était constituée au Moyen Âge de deux noyaux urbains, la Cité autour de la cathédrale et la Ville qui s’était développée autour de l’abbaye Saint-Vaast, les deux noyaux étant séparés par la rivière du Crinchon (fig. 1). Cette séparation effective entre les deux entités urbaines se doublait d’une rivalité entre leurs habitants respectifs, la Cité étant plus proche du parti français, la Ville des Bourguignons. À partir des années 1475, devant les pillages et incendies des environs par les troupes françaises1, la Ville faisait accélérer les travaux aux fortifications, passant un accord avec les religieux de Saint-Vaast pour des chênes utilisés au profit des fortifications et des boulevards2, dont celui de la porte de Cité encore renforcé entre mars et avril 14773.

2À la suite de la mort du Téméraire devant les murs de Nancy, le 5 janvier 1477, et de l’invasion des Pays-Bas, l’armée royale se présenta devant Arras alors totalement dépourvue de gens d’armes, les armées bourguignonnes ayant été éliminées par les défaites successives du duc. Informé de la fin du duc de Bourgogne le 10 janvier, le roi lançait ses bandes d’artillerie dans une campagne éclair en Artois qui le conduisait, le 3 mars, devant Arras, la Cité lui ouvrant immédiatement ses portes. Louis de Bourbon en fut nommé capitaine4. Le 16 mars la Ville faisait de même et, en contrepartie n’était pas occupée militairement, mais devant les exactions royales se révoltait néanmoins, avec l’aide de contingents venus de Douai sous le commandement de Philippe de Poitiers, seigneur d’Arcis-sur-Aube, entrés dans la Ville le 16 avril5. Adolphe de Clèves, seigneur de Ravenstein (1425-1492) fut chargé de sa défense. Le siège fut conduit du 20 avril au 4 mai6 par l’armée royale qui disposait d’une forte artillerie : la bombarde dite le chien d’Orléans renversa la porte de Cité7 et détruisit son boulevard. Les escarpes et les tours entre la porte de Méaulens et la tour du Claquedent furent particulièrement endommagées8. La même bombarde tira encore 14 projectiles, dont certains de 52 pouces de tour (soit un calibre de 48 cm), contre l’abbaye Saint-Vaast dont les voûtes de la nef et du réfectoire furent fortement endommagées9.

3Après la reddition de la Ville, un grand féodal, Jean de Daillon, seigneur du Lude, en fut nommé capitaine en même temps que lieutenant général en Artois10. Il venait de s’illustrer en repoussant et détruisant un contingent des garnisons bourguignonnes de Lille, Douai, Orchies, Valenciennes, venu au secours d’Arras et en faisant décapiter ou pendre les captifs11. La Ville fut alors occupée par une garnison de 800 lances de la grande ordonnance, et les habitants en furent expulsés et remplacés, en 1479, par des « ménagers » au nombre de 3000, gens de métier et marchands venus de Troyes, Tours, Toulouse, Lyon12. Les murs et terrées de la Ville contre la Cité, terrées de 6 ou 7 m d’élévation13, furent démantelées. Dès 1477, avait été entamée la fortification par des « trenchis, boluwers et bastillons » de la Cité contre la Ville : « En ce tempoire, [juin 1477] dit Gérard Robert, a puissance d’ouvriers et en grand nombre de par le Roy, on muroit la ville de Cité contre Arras, et porte nouvelle fremant contre ledit Arras, plusieurs trauées et moinets à l’entour de ladicte porte »14. Parmi les moineaux construits par Louis XI figure probablement le « moineau estant a l’endroit des ventailles du Noc », mentionné en 1486 qui était une caponnière basse de bois défendant l’écluse du même nom15. Louis XI fit encore édifier en 1478 deux « chasteaux » ou citadelles, l’une près de la porte Saint-Michel, à l’extrémité de la « grand-place » (place de la Charpenterie)16, à l’angle de la rue de « l’Olliette » (ou l’Aloyete) et du grand marché, l’autre en Cité, au-dessus du couvent de Sainte-Claire, près de la porte de Bronnes. Jean de Daillon fut chargé de « visiter et prandre garde quelles maisons, heritaiges et ténemens seroeient neccessaires estre pris pour le pourpris et édiffices desdis chasteaulx, murailles et fossez d’iceulx »17. Il est probable que les travaux furent conduits par le maître-maçon d’Amiens Pierre Tarisel, dont la présence est attestée à Arras en 147718 et qui apparaît aussi comme un bon spécialiste de l’architecture militaire. La création de point-forts, réduits ou citadelles, par Louis XI dans les villes nouvellement conquises se retrouvait en Bourgogne – à Auxonne et Beaune19 – ou encore à Bourges où, en 1478, redoutant une révolte de la population, il fit fortifier la grosse tour20.

Fig. 1 : Arras, l’enceinte urbaine vers 1510

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(DAO : © A. Salamagne).

4La paix d’Arras conclue le 23 décembre 1482 avec Maximilien (1459-1519), régent des Pays-Bas bourguignons, permit le retour des anciens habitants en janvier 1484, Arras restant sous suzeraineté française. En 1484, des droits accordés par Charles VIII pour 10 ans pour lever des taxes sur les vins et cervoises et en affecter le produit aux fortifications permirent leur remise en état21. Les canonnières en bois du boulevard de Méaulens22 ou encore en 1484-1485 les escarpes d’une des deux tours de la porte Méaulens23 furent restaurées ; en 1485-1486, le maçon Audrieu de Hees perçait à deux batardeaux situés « emprez Clacquedent et emprez le maison du Roy » de nouvelles entrées « pour aller par dedens la ville clore et ouvrir les ventailles », c’est-à-dire les vantaux des écluses, pour en permettre la manœuvre en secret24. Les maçons Jehan de Lille et Jacques le Roy surélevèrent la tourelle près du batardeau de la Maison du Roy, des pionniers travaillaient à « l’alée du bolverche Saint-Michiel »25, etc. La tour Sainte-Barbe (Saint-Maurice) fut construite entre 1479 et 148526 (en 1485-1486, on livrait les enseignes de fer ou « heuzes » qui devaient couronner ses combles) comme pour une autre tour proche de la porte de Méaulens27, les portes d’Amiens et Saint-Michel furent d’autre part fermées en 148828.

II. Le retour d’Arras à la Bourgogne

5Arras retombait par surprise aux mains des Impériaux le 4 novembre 1492 : dans une lettre du 9 mars 1493 (n. st.), Albert, duc de Saxe, lieutenant-général de Maximilien dans les Pays-Bas29, demandait aux capitaines d’Arras, le chevalier Willebert de Scunwenberg, Robert de Melun30 et Louis de Vaudrey, de procéder sans retard à la démolition des murailles que Louis XI avait fait édifier en Cité contre la Ville, et leur donnait toute autorité en ce domaine31. Ces travaux commencés le 20 septembre 1493 étaient rapidement achevés32. Louis de Vaudrey, bailli d’Aval (en Bourgogne), capitaine des gardes des Maximilien, appartenait à une famille dont les membres étaient orientés vers les métiers des armes. À Bouchain en 1492-93, un Louis de Vaudrey était également capitaine de la ville et en charge des achats de l’artillerie33. Robert de Melun, fils de Jean II de Melun, seigneur d’Antoing et Epinoy mort en 1513 ou 1514, baron de Rosny et de Dompvast, gouverneur de Hal et Arras, était conseiller et maréchal de l’ost de Maximilien.

6La Ville décida dès le 4 avril 1494 de mettre en œuvre un programme de fortification de vaste ampleur en y employant 3000 livres et, lors d’une nouvelle assemblée des bourgeois le 30 avril, de consacrer 50 livres par semaine à partir de la belle saison aux fortifications « devers la Cité ». Le 5 mai de l’année suivante on posait la première pierre des nouvelles murailles. Le 9 mai, on engageait les « centeniers » à obtenir des bourgeois l’argent nécessaire afin d’activer les travaux34. À partir de 1501 des remises d’aides furent accordées par Maximilien puis Philippe le Beau pour les travaux35 qui ne cessèrent plus : construction de la porte de Cité (1494-1498), des murailles de la Ville contre la Cité, de la porte d’eau de Claquedent, d’un moineau entre la porte de Cité et Clacquedent (1497- 1499), des deux tours de la porte Saint-Michel36, des boulevards d’Haguerue (1507-1509) et de Méaulens (1508-1510), d’une grosse tour d’artillerie près du Clacquedent en 151337, etc.

I.1. La tour Saint-Maurice

7La tour, dite de Saint-Maurice ou de Sainte-Barbe, grosse tour d’artillerie située sur la muraille de la ville, le long du fossé Burien, à droite de la porte de Cité, fut probablement érigée dès 1495 (fig. 2). Elle décrivait un plan semi-circulaire de 26 m de diamètre, en saillie de 20 m sur les murailles de droite et de 11 m sur celles de gauche. Primitivement, elle possédait deux niveaux et des combles qu’en 1549 Charles Quint, inspectant les fortifications, ordonnait de détruire38. La porte disparut en 1840. Le premier niveau était subdivisé en deux casemates voûtées de berceaux d’une dizaine de mètres de largeur sur 9 m de profondeur ; chacune d’entre elles, aux murs épais de 5 à 8 m, était percée de deux canonnières de flanc à double ébrasement, le saillant restant aveugle. Sur le flanc droit de la tour, une troisième casemate, accessible par un escalier coudé, disposée à environ 5 m en contrebas, permettait des tirs rasants sur les fossés39.

Fig. 2 : La tour Saint-Barbe ou Saint-Maurice

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(DAO : © A. Salamagne).

Fig. 3 : La porte de Cité, plan au niveau inférieur et au rez-de-chaussée

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(DAO : © A. Salamagne).

8En juillet 1498, on commença la construction d’un moineau (qualifié de « tour et moyneau ») situé entre Clacquedent et la porte de la Cité : érigé en grès et brique, il était doté d’une terrasse, d’« avant-pis » (parapet), de « barbacanes » (les volets de bois fermant le parapet), d’un escalier conduisant à une casemate voûtée sur chaque flanc et d’« epaullemens », c’est à dire d’orillons. Dans le même temps, une statue de Saint-Georges, haute de trois pieds, décora la porte de la Cité qui venait d’être réédifiée40.

I.2. La porte de cité, 1495-1498

9La reconstruction de la porte de Cité, détruite avec les autres murailles de ce front par Louis XI en 1478, fut entreprise le 23 mars 1495 (nv. st.) par les travaux de pilotis des fondations ; le 27 avril, 23 pionniers, hottiers et manœuvres en entamaient les déblais41, après la pose de la première pierre le 8 avril par le gouverneur, Philippe de Contay, seigneur de Forest42 (fig. 3). En juin on travaillait aux « cintres des boneaulx (voûtes) et canonnières » de la porte, dont la construction s’achevait à la fin de l’année 1498, car on montait alors son parapet – « avant-pis »43. Les travaux de décoration ne furent achevés que quelques années plus tard, en 1509. Le comble de la porte fut réalisé sur les plans « patron » peints par Vincent Conroyer, de Mahieu Martin et Anthoine Willemaire ; le même peintre fut encore rétribué pour la peinture d’un Christ en croix et de deux images de Saint-Antoine44. Le chaudronnier Claude Pytal réalisa cinq grandes bannières pour les quatre pignons « du milieu » de la porte, et neuf moyennes pour les petits pignons45. Le décor fut complété par la réalisation de trois dragons de plomb et d’étain, pesant ensemble 77 livres, par Jehan le Maire qui avait également livré le plomb de couverture. Les peintres Clay Carpentier et Vincent Conroyer peignirent quatorze bannières ainsi que quatorze « heuzes » (la partie inférieure d’un épi de faîtage), quatorze « rayeres de soleil », les « dragons, estendars et boucques » qui devaient être « aussy bonnes que celles du bollver de Haiserue » (boulevard d’Haguerue)46. Le sculpteur Simon Leureux, qui travailla en 1519-1520 pour l’abbaye de Saint-Vaast47, réalisa une Sainte-Catherine en pierre blanche et une statue de Notre-Dame, haute de cinq pieds, pour mettre au-dessus des armes d’Artois vers la Cité, tailla ces armes, vingt-cinq « grands dragons et boucques », et dix autres petits « boucques »48. Simon Leurent fut encore rétribué de 8 £ pour la taille d’un écu de quatre pieds de haut en pierre de Proville soutenu par deux lions de six pieds de hauteur disposé au-dessus de la porte du boulevard49. Le sculpteur Jacques (Jacob ou Jacotin) Conroyer réalisa un lion de France en pierre de Proville de cinq pieds de hauteur pour 4 £, 8 s. Vincent Conroyer, apparenté au précédent, livra une « heuze », un soleil, une bannière, deux têtes de bouc et une gargouille tandis qu’un « tailleur et imagier » sculpta six boucs pour la « hobette » de la porte, c’est-à-dire son corps de garde50. La porte était donc richement décorée, de sculptures profanes (boucs, dragons, lions) ou religieuse (Sainte-Catherine), décor qui disparut avant 1549. En effet lors de la visite des fortifications faite par Charles Quint cette année-là si la destruction des combles de la tour Sainte-Barbe voisine fut prescrite ceux de la porte ne sont pas évoqués51, c’est donc qu’ils avaient déjà disparu. Son second niveau subit le même sort au XVIIIe s.

10La tour n’était pas couverte par une toiture unique, mais par deux combles transversaux (il est fait mention de leurs quatre pignons) ce qui se comprend aisément au regard de son diamètre. Le principe des combles multiples est fréquent dans les édifices civils (hôtel de ville de Saint-Quentin) ou religieux (en particulier les « hallekerques » ou églises-halles). On évoquera une disposition voisine pour la tour – porte du château de Renescure, où deux combles étaient disposés en retrait sur la plate-forme sommitale52.

11La destruction du front de Cité en 1805 a laissé peu de traces de la porte. Le Gentil décrit encore en 1869 une arcade plein cintre en pierres blanches, large de 7,50 m et haute de 6,50 m, surmontée d’assises alternées de briques et de pierres blanches (fig. 4) qui pourrait appartenir, non pas aux fortifications de Louis XI contre la ville, mais à la porte de 149453. Avec un diamètre de 54 m, une saillie sur le nu des murailles de 24 m et un noyau défensif protégé par une épaisseur murale de 18 m (une escarpe de 5 m renforcée par un rempart de 13 m), la porte de Cité à Arras faisait figure de géant parmi les membres de la famille monumentale des tours-portes54. Le niveau inférieur, à hauteur du fond des fossés, était accessible depuis la gorge de la porte par un escalier d’environ 25 marches ce qui situe ce niveau à moins 5 m par rapport au sol environnant. Un couloir unique desservait trois casemates dotées chacune d’une embrasure de tir dont les deux de droite se recoupaient. Un espace d’une vingtaine de mètres séparait la ville de la Cité ce qui laissait, le Crinchon n’ayant que 6 m de large, la possibilité d’établir des batteries basses.

12Le second niveau était celui du passage de la porte, long de 29 m, aux accès internes et externes défilés. Le passage était barré successivement d’un pont-levis, de vantaux, d’une herse, de deux vantaux (PL-V-H-V-V), suivi d’un passage découvert fermé de vantaux flanqué d’une embrasure de tir, puis d’un sas pris sous le feu de trois embrasures. Deux assommoirs battaient ce sas et une dernière herse et des vantaux (H. V.) fermaient le passage côté ville. À droite de ce dernier, une pièce, qui pouvait abriter un corps de garde, donnait accès à une casemate desservant une embrasure de tir externe et à une quatrième embrasure flanquant le passage. À gauche de ce dernier, on accédait depuis la ville à deux casemates desservant trois embrasures de tir – deux étant orientées pour battre les courtines collatérales -, et aux trois embrasures précédemment citées flanquant le passage. Les canonnières, pour lesquelles en 1508, Jehan Grenier livrait 9 barreaux de fer servant d’arrêt aux armes à feu55, étaient adaptées aux arquebuses dites à croc.

Fig. 4 : La porte de Cité, vestige d’une arcade.

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I.3. Le boulevard de la porte Saint-Nicolas, 1499-1501

13Un premier boulevard, « bolvert de bos de ladite porte de Saint-Nicollay », est mentionné vers 1410. En 1486 on y perça quatre nouvelles canonnières « l’une au pan de mur au deriere de la maison du curé de Saint-Nicollay pour battre au long du fossé du bolverch et les autres a le tour de grez au piez de ladite porte Saint-Nicollas, vers Ronville ». Mais en 1499 le Magistrat décidait de le raser, « parce qu’il ne vaulx riens ». Sa reconstruction, entamée dès cette date, était achevée en 1501-1502. La « vieille porte » désigna alors l’édifice du XIIIe s. (érigée en 1224), la « noeufve » porte celle du boulevard du XVIe s.56. Le 22 juin 1557, la ville, à la suite de la visite de l‘ingénieur Sébastien van Noyen, décida la destruction de l’église Saint-Nicolas qui avait été intégrée dans le boulevard et la construction d’une plate-forme d’artillerie qui devait commander les fronts des marais de Saint-Michel jusqu’à la porte d’Haguerue. Le Magistrat supplia Philippe II – en raison des difficultés financières résultant de la guerre – de pouvoir forger de la monnaie de laiton jusqu’à concurrence de 12 000 carolus d’or et d’émettre pour 6 000 carolus de rentes héritières pour financer les travaux de fortification et occuper les pauvres chassés de leurs villages, incendiés et détruits par les troupes françaises, « en ce temps tant dangereux de commotion et mouvement de peuple »57.

14Si la porte primitive de Saint-Nicolas disparut dans les remblais du rempart, elle continua à être utilisée : « l’entre-deux-portes » désigna l’espace borné de chaque côté par des murs soutenant les terres du rempart entre les portes du XIIIe s. et du XVIe s. En 1619, l’ingénieur Camps prévoyait, afin d’assurer la continuité de la circulation sur le rempart, de lancer un pont de maçonnerie au-dessus de cet espace large de 8 à 9 m58 (fig.5).

Fig. 5 : Le boulevard de Saint-Nicolas, d’après un plan de Pierre Camp de 1619 disparu (Le Gentil, 1885).

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15En 1584 une fausse-braie à orillon fut construite contre le flanc droit du boulevard afin d’assurer des tirs rasants sur les fossés59, qui furent précédés à leur tour avant 1637 d’une demi-lune. La porte du boulevard fut condamnée entre 1654 et 167060 et, alors qu’elle s’élevait encore à 25 ou 26 m de hauteur, abaissée de 2 m en 182561 : en 1891, la Commission Historique du Pas-de-Calais, la décrivant « bien construite et en parfait état de conservation », demanda son classement mais devant l’opposition de la ville invoquant « le coup funeste porté à son développement », revenait sur sa décision62.

16Un plan au sol un « patron »63 du boulevard Saint-Nicolas (« boulvere de le porte saint Nicolas a Arras »), qui n’est pas à l’échelle mais qui est contemporain du projet, en donne le tracé général et positionne un certain nombre d’éléments, portes, escaliers et canonnières (Fig. 6). Si une règle a été utilisée pour dessiner les pans rectilignes du boulevard, les angles, la casemate de la tour droite, les canonnières et les escaliers de flanc l’ont été à main levée. L’épaisseur donnée aux murs n’est pas égale, les flanc et face gauches sont un peu plus épais que leur vis-à-vis de droite. Aussi l’information graphique est-elle complétée par des données chiffrées, la première concernant le périmètre interne : « [VC p{ieds} par dedens euvre] »-, la seconde son épaisseur murale – « d’espes en bas XXXI p{ieds} et en hault XXII p (ieds} »-, c’est à dire respectivement 150 m, 9,30 m et 6,60 m.

17Les caractéristiques de l’ouvrage peuvent être précisées avec l’aide complémentaire des plans du Génie (Fig. 11). Il adoptait un tracé pratiquement bastionné avec deux flancs formant des angles d’environ une centaine de degrés par rapport aux courtines latérales et deux faces rectilignes se recoupant à leur sommet. Les flancs gauche et droit du boulevard, comme la face droite, avaient une trentaine de mètres de développement, la face gauche une cinquantaine de mètres. Avec les tours, le périmètre défensif du boulevard atteignait 150 m, pour une gorge de 75 m et une saillie sur le corps de place de 60 m.

18Les escarpes de 24 m d’élévation au moment du démantèlement (Fig. 8, 9 et 10), en grès et brique, étaient entrecoupées par des chaînages horizontaux de pierre, avec une ornementation où des briques vernissées dessinaient des losanges et des croix de Bourgogne64. Les murs étaient « composés d’un blocage en pierres blanches noyées dans un mortier au moins aussi résistant que ces pierres et de deux parements, l’un intérieur, l’autre extérieur en briques […], les murs de la tête et des flancs du bastion avaient une épaisseur variant de six à sept mètres »65. La porte du boulevard – un châtelet à deux tours – était disposée à son saillant, dans le prolongement de la face droite ; lors du remparement du boulevard son passage primitif percé sous un arc brisé fut muré de brique et une autre porte percée au niveau supérieur dont les jambages sont encore visibles sur les photographies de la fin du XIXe s. (Fig. 8 et 9), passage large de 3,14 m couvert d’une voûte d’une brique et demie d’épaisseur66. La construction d’un nouveau pont en maçonnerie devant la porte du boulevard est peut-être à mettre en relation avec la création de cette porte supérieure. Le passage primitif qui s’ouvrait côté ville par une baie plein cintre en grès, à double rouleau, était accosté à gauche par un couloir qui donnait sur une galerie du boulevard, de l’autre par une chambre permettant la manœuvre de la herse67.

19Les murs d’escarpe de ses flancs gauche et droit, d’une épaisseur de 5 m, étaient parcourus respectivement par deux et trois niveaux d’une gaine large de 2 m ; on y accédait par des escaliers droits situés à sa gorge. Au niveau inférieur, à hauteur des fossés, la gaine du flanc droit se continuait jusqu’aux salles basses des tours du boulevard et était percée de cinq embrasures de tir (Fig. 10). Au moment du démantèlement on reconnut derrière le parement de grès, « une chambre carrée que recouvrait une voûte de briques en berceau », chambre dont l’entrée était close par un mur de pierre blanche et d’où partaient des escaliers voûtés de brique conduisant de chaque coté aux casemates.

20Au second niveau, la gaine ne régnait que sur le flanc droit et se trouvait percée de trois embrasures obstruées en 1584 par les terres de la fausse-braie.

21Le flanc gauche possédait trois niveaux, le premier à hauteur des fossés était percé de trois embrasures isolées, les deux niveaux supérieurs de quatre embrasures. Les canonnières, à double ébrasement, s’ouvraient par une bouche quadrangulaire (Fig. 9) : leur percement dans des gaines étroites laisse penser qu’elles étaient destinées au seul tir d’armes portatives ou semi-portatives. Sur le flanc gauche, était de surcroît ménagé, en retrait par rapport au mur de face, une place découverte à 2 ou 3 embrasures de tir, dont l’accès se faisait par un couloir voûté sous le rempart ; elle devait être contemporaine du remparement de 155768. Le projet de 1499 avait donc prévu un boulevard à trois niveaux, probablement couronnés de combles ; ces derniers disparurent au moment du remparement de l’ouvrage qui procéda encore à son surhaussement de deux niveaux.

Fig. 6 : Le boulevard de la porte Saint-Nicolas, selon le plan de 1499 redessiné (DAO :

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© A. Salamagne).

Fig. 11 : Plan du boulevard Saint-Nicolas au niveau inférieur (DAO :

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© A. Salamagne).

(ci-dessous) Fig. 12 : Restitution de l’élévation primitive sur la face gauche (DAO :

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© A. Salamagne).

Fig. 7 : La porte Saint-Nicolas sur le plan de Jean Blaeu (1649) est encore représentée alors qu’elle était détruite depuis 1557.

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Fig. 8 : La porte du boulevard Saint-Nicolas au moment du démantèlement.

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Fig. 9 : Le flanc et la face gauche du boulevard Saint-Nicolas (AD 62, fonds Souillart).

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Fig. 10 : Le flanc et la face gauche du boulevard Saint-Nicolas (AD 62, fonds Souillart).

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II. Les maîtres d’œuvre

22Dans une attestation du 23 mai 1494 donné au Magistrat d’Arras, un dénommé Jehan Quarré affirmait que la construction du rempart de Cité ne devait pas coûter pas plus de 2000 livres et qu’il devait être achevé avant le 30 septembre suivant69. Ce Jehan Carré ou Quarré était manifestement le maître maçon de la porte de Cité ce que vient confirmer sa nomination le 18 mai 1498 comme maître des œuvres de la ville70, à la place de Jehan d’Arras décédé71. On peut lui attribuer encore les plans du boulevard Saint-Nicolas. Ce maçon était vraisemblablement le père d’un autre Jehan Carré, mentionné à Bapaume à partir de 1540 comme « maître maçon des ouvrages du château », maître maçon de la ville qui semble disparaître entre 1548 et 155372.

23Antoine Willemeau (Willemaire), charpentier à Douai, reçu bourgeois d’Arras le 17 mai 149873, fut nommé dans le même temps maître des œuvres de charpenterie74, avec la charge en outre de clore et ouvrir les vantaux de la porte d’eau de Clacquedent et de la tour Sainte Barbe « pour la vidange des yeawes sauvaiges » moyennant 6 £ de gages supplémentaires. Il bénéficiait encore d’une gratification de 40 s. pour la surveillance des ventelles donnant de l’eau aux teinturiers et de la jouissance d’une maison à Arras (dite d’Amblesevelle). Antoine Willemaire participa par la suite à de nombreuses expertises sur des chantiers de fortification tant à Arras75 comme à Béthune en 1510 pour le projet du pont de la porte des Carniers76 ou encore en 1518 pour les canonnières du boulevard de la porte Saint-Prix77. En janvier 1502 il fut l’architecte des halles ou hôtel de ville d’Arras. Ses fils Jean et Colin (Colard) Willemaire travaillèrent comme charpentiers à Arras : Jean (le Jeune), dit Cadet, responsable en 1513 du chantier des « maisoncelles des malades » était nommé maître des œuvres de maçonnerie de la ville en 1532, il mourut peu avant le 15 avril 1544.

III. Les caractéristiques des ouvrages

24L’adaptation des fortifications à l’artillerie à feu fut entamée à Arras avant les années 1414 : lors du siège de la ville par les armées royales de Charles VI, les portes étaient déjà protégées de boulevards de terre78. Les travaux entrepris après 1494 concernèrent le renforcement des fronts fortifiés par des flanquements : des grosses tours (tours Sainte-Barbe et de Saint-Maurice, porte de Cité) percées d’embrasures de tir pour les arquebuses de rempart et surmontées d’une plate-forme d’artillerie. La porte de Cité dépassait les modèles contemporains des tours-portes des Minimes et Hurtault du château d’Amboise (1495-1503)79, respectivement de 21 et 24 m de diamètre ou encore la porte du Belfroy à Troyes (1501-1507) de 28 m de diamètre80.

25La conception du plan du boulevard Saint-Nicolas était remarquable à la fois par l’adoption d’un tracé polygonal — dont les flancs prenaient sous leur tir les courtines collatérales – et par son rattachement aux murailles du corps de place. Seul lui faisait défaut un dernier critère, le remparement – celui-ci étant postérieur – pour être qualifié de bastion. On ajoutera encore à la liste de ces ouvrages pré-bastionnés précédemment étudiés81, le boulevard d’Haussonville à Nancy (vers 1510), de plan polygonal mais au périmètre défensif plus réduit de 80 m (16 m de face pour un flanc de 24 m), son escarpe, d’une épaisseur de 6 m, étant percée de canonnières à niche.

26Les maçonneries étaient en brique82, sauf les soubassements en grès, dont les assises étaient coupées d’arases de pierre blanche. L’usage de la brique attesté à Arras dès 1434 pour une maison élevée sur la petite place d’Arras83, pour l’hôtel de la Monnaie en 145484, etc., devait être utilisée massivement pour les fortifications, la porte Saint-Michel en 146585, la porte de Cité, les boulevards d’artillerie… Le chemin de ronde du boulevard Saint-Nicolas devait être à l’origine couvert de combles richement ornés, comme c’était le cas pour la porte de Cité et les autres ouvrages construits à Arras jusqu’aux années 1520. Les dorures des éléments de ferronnerie qui couronnaient les combles contrastaient sur le rouge de la brique et le noir des ardoises, attestant la persistance du goût du décor et de l’ornementation des toitures des édifices fortifiés, mode que l’on retrouvait à la même époque dans les villes voisines des anciens Pays-Bas (Douai, Lille, Valenciennes, etc.) ou de Picardie (Abbeville, Amiens, etc.).

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Notes de bas de page

1 D’Héricourt, 1844, p. 64.

2 AM 62, BB 9. Molinet, p. 26 nous apprennent encore que les défenseurs firent « enterrer » la porte de Méaulens et brûler leurs faubourgs.

3 Perroy, 1943, p. 295.

4 Paravicini, 2011, p. 551-553.

5 D’Héricourt, 1844, p. 70-86.

6 Blockmans, 1991.

7 Molinet, 2, 1828, p. 26 ; Cardevacque, 1891, p. 153.

8 AD 59, B 8666, f° 15 r° : entre la tour de Bruyelle et la porte de Douai et près de la porte des Molins et l’angle sud-ouest de la cité ; Molinet, 2, 1828, p. 20, rapporte que les Français depuis la Cité « abbatoient plusieurs murailles de leurs engeins… ».

9 Robert, éd. 1852, p. 17 ; Cardevacque, 1891, p. 153-155.

10 Robert, éd. 1852, p. 21.

11 Molinet, 2, 1828, p. 25 : 151 prisonniers furent décapités en une seule journée « d’une doloire » ; Quicherat, 1856, p. 559 ; Paravicini, 2011, p. 574.

12 Boutiot, 1867, p. 139-141 ; Caillet, 1909, p. 238-239.

13 Lettres de Louis XI, vol. 6, p. 196 : le 30 juin 1477, Louis XI réclamait aux habitants d’Abbeville 50 pionniers pour 3 semaines « pour parachever de démolir et abattre les murailles et terrés de la ville d’Arras à l’endroit de ceste cité » ; D’Héricourt, 1844, p. 91-92 ; Cardevacque, 1891, p. 154.

14 Robert, éd. 1852, p. 31.

15 AM 62, CC 74, 44 v°.

16 Molinet, 2, 1828, p. 20-27 ; Guesnon, 1862, p. 319 : « à l’endroit de la porte Saint Michiel devant le Grant Marché ».

17 Journal de Jean de Roye, vol. 2, p. 43-44 et 48 et 384 ; Guesnon, 1862, p. 319-321 ; Le Gentil, 1877, p. 38 et sqq., 158-162 et sqq. ; Cardevacque, 1881, p. 75 et 81 ; Cardevacque, 1891, p. 137.

18 Crouy-Chanel, 2015, p. 96.

19 Faucherre avec la collaboration de Collet, 1989 ; Dangles, Faucherre, avec Collet et Speranza, 1998.

20 Sée, 1891, p. 182.

21 Cardevacque, 1891, p. 154.

22 AM Arras, CC 73, f° 53.

23 Ibid., 6 r°, 11 r°, 16 v°.

24 Un tel dispositif est fréquent, batardeaux du Paté de Valenciennes, de l’enceinte de Bergues, etc.

25 AM Arras, CC 74, 15 r°, 20 r°, 44 v°, 55 v° : « de trois tas de hault le desrenier furny d’entaulement ».

26 Ibid., 21 r° : « depuis le chasteau jusques à le tour de grez au piets du mollin a vent avec aussi le tour Saincte Barbe de nouvel faicte au devant de la maison du Roy vers la Cité ».

27 Ibid., 44 v°, 55 v°.

28 Cardevacque, 1891, p. 155.

29 Albert de Saxe, fils de l’électeur Frédéric II (1443-1500) ; voir Borchgrave, 1914.

30 Sainte-Marie, 1730, p. 229.

31 Harduin, 1763, p. 255-257 ; Guesnon, 1862, p. 335- 336 ; Cardevacque, 1891, p. 155-156.

32 AM Arras, BB 9, f° 113-125, 248, BB 10, f° 113, 125 v° : « le casteau de Cité, lequel estoit fort pour tenir aussy la porte de Cité et la muraille » ; CC 76, 1498, f° 24 et sqq 51 et sqq. ; Le Gentil, 1869, p. 392-393 ; Cardevacque, 1891, p. 38 et sqq.

33 AD 59, B 8660, 33 r°.

34 AM Arras, BB 10, 125 v° et 126 r°.

35 Cardevacque, 1891, p. 157.

36 1 000 livres y seront employées ; AM Arras, BB 9, f° 248.

37 Ibid., Registres mémoriaux, 1508-1527, f° 69 v° cit. par Cardevacque, 1891, p. 158.

38 Ibid., p. 162.

39 Service historique de la Défense Vincennes, Bibliothèque du Génie, Atlas 1778 ; Archives du Génie, 132/ 1727.

40 AM, Arras, CC 76, 1498, f° 24 et sqq, 51 v°.

41 Ibid., Arras, AA 35, pièce 14 : un courrier de Michel de Gasagain, commis aux ouvrages, du 10 juillet évoque une lettre écrite la veille et demandant à l’échevinage le versement de 100 livres par semaine pour la réfection du rempart de Cité et l’achat de 120 à 140 chênes pour « piloter » la porte.

42 Ibid., ms 183 ; FG (Fiches Guesnon) 1900.

43 Ibid., CC 75, 14 v° et sqq., BB 11, 1496, f° 5 : somme accordée aux commis aux ouvrages pour « parfaire » la porte de Cité.

44 Ibid., CC 77, f° 15, 50 et 70, 126 v° : « A Mahieu Martin et Anthoine Willemaire pour avoir faict et getté le comble de la porte de Cité et baillié patron, 40 s. A Vincent Conroier paintre pour la facon d’un patron du comble de la porte de Cité et l’avoir paint, 40 s. A Vincent Conroyer pour avoir faict et paint le pattron de la porte de Cité, 10 s ». Le Gentil, 1877, p. 139.

45 Ibid, , f° 141.

46 Ibid., 142 v°, passim et CC 79 ; Lavoine, 1918, p. 305.

47 AD 62, 1H 1124, fond de Saint-Vaast.

48 FG1900 ; CC 77, 70 r° et 141 ; Guesnon, 1907, p. 49.

49 Le Gentil, 1877, p. 139.

50 AM Arras, FG1900, CO, 1512-1513, f° 22 et 95.

51 Cardevacque, 1891, p. 44.

52 Nord, arr. Dunkerque ; Seydoux, 1979, p. 140-144.

53 Le Gentil, 1869.

54 Salamagne, 1988.

55 AM Arras, C 77, 85 v° : d’un poids de 57 livres à 8 d. la livre.

56 Ibid., CC 74, 48 v°, 1486 et Mémorial de 1495 à 1508, 109 r° ; Le Gentil, 1885, p. 13-14.

57 Guesnon, 1862, p. 398-399 : « l’église parochiale S. Nicolas-sur-les-Fossés, assize partie dedens le boulaire de la porte et sur le rempart, où n’y a rempars ne flans, ny moien d’en faire pour les édiffices et rues qui y sont, ne soit en démolissant icelle… » ; Cardevacque, 1891, p. 166-167. Des murs et éléments lapidaires de l’ancienne église Saint-Nicolas réapparurent lors du démantèlement.

58 Le Gentil, 1885, p. 14 et sqq.

59 Cardevacque, 1891, p. 51.

60 Le passage de la porte fut lui-même remparé de 1825 à 1830 ; Bibliothèque municipale d’Arras, ms 1346.

61 Le Gentil, 1889.

62 Guesnon, 1896.

63 AD 62, plan 1104. Voir Martens, 1999 et Salamagne 2001a et 2001B ;

64 Le Gentil, 1885, p. 15.

65 Le Gentil, 1889, p. 296-301.

66 Ibid., p. 256.

67 Guesnon, 1896.

68 Guesnon, 1889, p. 301.

69 AM Arras, EE 26/ 27-29.

70 À 10 £ de gages annuels, plus 46 s., 8 d. pour une robe.

71 AM Arras, BB 11, f° 68, détruit en 1915.

72 AD Nord, B 16236, 1542, passim rétribué 36 s. « pour son sollaire ordinaire d’avoir sollicité et conduict les ouvraiges dudit chasteau ». Il travailla les années suivantes aux fortifications de la ville, B 16239.

73 Héliot, 1951, p. 278 : le 28 octobre ses fils Jean le Jeune et Jean l’aîné furent reçus bourgeois de la ville.

74 Aux gages de 24 £ et 46 s. 8 d. pour une robe

75 AM Arras, CC 77.

76 La Fons Mélicocq, 1848, p. 121 sqq.

77 Ibid., p. 154. Voir encore AM Béthune, CC 89. La découverte des vestiges de l’ouvrage a permis de constater que les embrasures étaient à simple ébrasement.

78 Sur les origines et la diffusion des boulevards, voir Salamagne, 1986, en particulier p. 407 et sq.

79 Gaugain, 2014, p. 117 et sqq.

80 Collet, 1993.

81 Salamagne 1992 et 1993.

82 AM Arras, CC 75 : 1495, mention 30 000 briques livrées pour 28-30 sous le millier.

83 Cardevacque, 1881, p. 30-31.

84 AD 59, B 9878 : 76500 briques mises en œuvre.

85 AM Arras, CC 72, 6 v°.


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