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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral I. Mussy-l’Évêque, une place stratégique (J. Provence) II. La tour du boulevard dans la défense de la ville (J. Provence) III. Architecture de la tour (R. Mahée) Conclusion Bibliographie Notes de bas de page Auteurs

    Fortification et artillerie en Europe autour de 1500 : le temps des ruptures

    Ce livre est recensé par

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    La tour du boulevard à Mussy-sur-Seine (fin XVe-début XVIe s.)

    The Boulevard Tower - Mussy-Sur-Seine (late 15th-early 16th century)

    Richard Mahée, Jacky Provence et Reza Dehghan Kamaragi

    p. 175-193

    Résumés

    Nos recherches montrent que cette tour d’artillerie fait partie d’un ensemble de seize tours défendant les fortifications de la ville de Mussy-sur-Seine, lieu de résidence d’été des évêques de Langres et place forte entre le duché de Bourgogne et celui de Champagne. La tour du Boulevard défendait au sud le pont de la Porte d’Auberives et au nord une fausse-braie. La forme externe est cylindrique avec un diamètre de 16 m pour une hauteur de 6 m. Intérieurement, une coupole surmonte un cylindre de 8,50 m de diamètre sur 2,50 m de haut comportant un couloir d’entrée et deux bouches à feu. La muraille est constituée de deux rangées de grosses pierres calcaires protégeant des lits successifs de moellons aplatis. Il est projeté de ré-ouvrir l’accès Ouest et de mettre en valeur la bouche à feu Nord retrouvée intacte.

    Our research shows this artillery tower was one from a group of six towers defending the fortifications of the city of Mussy sur-Seine, the summer residence of the bishops of Langres and a stronghold between the duchy of Burgundy and that of Champagne. On the south side, the Boulevard tower defended the bridge of the Auberives gate and a false-bray on the north. The external shape is cylindrical with a diameter of 16m and height of 6m. From inside, a dome is placed on top of the cylinder with an 8,50 m diameter and a 2,50 m height. It includes an entrance corridor and two gun loops. The wall is made of two rows of large limestone protecting successive beds of flattened stones. It is planned to re-open the western access and highlight the well preserved gun loops to the north.

    Texte intégral I. Mussy-l’Évêque, une place stratégique (J. Provence) I.1. Une situation de passage I.2. Une place de l’évêque de Langres I.3. Une ville prise dans le conflit entre armagnacs et Bourguignons I.4. À la frontière de « l’héritage bourguignon » II. La tour du boulevard dans la défense de la ville (J. Provence) II.1. Pour une datation de la tour II.2. La question du boulevard II.3. Une tour pour défendre la muraille est et le pont de la porte d’Auberives III. Architecture de la tour (R. Mahée) III.1. Le plan III.2. Construction III.3. L’ancienne porte (fig. 17) III.4. Bouche à feu nord (fig. 18) III.5. Tracé du plan de la tour de Villard de Honnecourt Conclusion Bibliographie Bibliographie Notes de bas de page Auteurs

    Texte intégral

    Fig. 1 : La Tour du Boulevard de Mussy-sur-Seine.

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    (Cliché : © J. Provence (2015)).

    1Propriété de la commune de Mussy-sur-Seine, inscrite Monument Historique par arrêté du 9 novembre 1984, la tour dite « du Boulevard » est un des derniers vestiges qui subsistent de l’ancienne muraille de la ville de Mussy-L’Évêque (fig. 1). C’était une place forte qui appartenait à l’évêque de Langres. Ce dernier y avait un château à partir 1147. Au cours du Moyen-Âge et au gré des dangers qui la menaçaient, la ville a vu ses défenses se renforcer d’une enceinte, une muraille flanquée, à terme, de seize tours de diverses formes, et ouverte de quatre portes (fig. 2).

    2Parmi ces seize tours, l’une était nommée dans la documentation ancienne la « tour descouverte » ou encore « tour du Boulevard ». Après un aperçu de la position stratégique de la ville et de la tour dans ses défenses, et une description de celle-ci, nous conclurons notre propos en essayant de comprendre en quoi cette tour est une réponse adaptée à la défense de la ville et peut illustrer la triple rupture administrative, stratégique et technologique de ce tournant des années 1500.

    I. Mussy-l’Évêque, une place stratégique (J. Provence)

    I.1. Une situation de passage

    3Mussy-sur-Seine est placée sur un axe économique connu depuis l’Antiquité, la route de l’étain reliant la Méditerranée à la Manche, suivant le Sillon rhodanien et la Seine. Le trésor de Vix, retrouvé au pied de l’oppidum celte du Mont Lassois, à 12 km au sud de Mussy, ainsi que le trésor de Lavau, dans l’agglomération troyenne, témoignent de façon remarquable cette importance de la vallée de la Haute-Seine dans les échanges les plus anciens.

    4Cette route vers le sud fut encore l’un des axes privilégiés reliant Troyes et Dijon, capitales de deux grandes entités féodales, sur l’une des routes qui menaient vers les espaces méridionaux dont les marchands assurèrent la prospérité des foires de Champagne.

    Fig. 2 : Les fortifications de Mussy ; essai de reconstitution. Fond du plan : Cadastre de 1841, A.D. 10, 3 P 4840.

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    (Cliché et montage : © J. Provence).

    Fig. 8 : Montage : Projet de redressement de 1840 (AD Aube, S 177) et Cadastre de 1841 (AD Aube, 3 P 4840).

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    (Cliché et montage : © J. Provence).

    Fig. 3 : Carte : Mussy-sur-Seine sur la vallée de la Haute-Seine.

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    (Fond de carte : Géoportail © IGN).

    5C’était encore une route de pèlerinage, vers Rome en particulier.

    6La Seine, après avoir traversé la dépression du Châtillonnais, contourne la butte témoin du Mont Lassois, ayant à son pied Vix, pour poursuivre vers le nord-ouest et percer la Côte du Chatillonnais au niveau de Pothière et Villers-Patras. La Seine traverse alors le plateau du Barrois (fig. 3). Mussy se positionne au cœur de celui-ci, sur la vallée de la Seine où elle se rétrécit et s’encaisse.

    7La ville, dépendance de l’évêque de Langres, contrôlait la vallée à mi-chemin entre l’entrée du fleuve dans le plateau, au sud-est, et la confluence avec la Laignes et l’Ource au Nord-ouest, peu avant Bar-sur-Seine.

    I.2. Une place de l’évêque de Langres

    8L’évêque de Langres, grand feudataire du royaume, s’était imposé sur les marches burgondo-champenoises. Il avait réussi à étendre son autorité sur la région entre Bar-sur-Seine et Châtillon-sur-Seine, occupant cette position stratégique sur la vallée. Il avait fait de Mussy-L’Évêque un centre de mouvance vassalique où de nombreux seigneurs de cet ensemble venaient lui rendre hommage1. Mussy-L’Évêque était le bastion le plus occidental des domaines de l’évêque, dotée de fortifications en 1147, contrôlant de ce fait le passage dans la vallée de la Seine. Cependant, l’évêque aliénait peu à peu son domaine au profit des deux grandes puissances rivales et sous la pression de celles-ci, le duché de Bourgogne et le comté de Champagne (fig. 4). Dans le même temps, et au moins dès 1225, les évêques de Langres vinrent résider régulièrement à Mussy, une manière de se montrer physiquement dans cet espace convoité, en plus d’apprécier la ville pour leur résidence d’été.

    Fig. 4 : Carte des noms de lieux cités : « Le diocèse de Langres à la fin du XIIIe siècle ».

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    9Avec la disparition des comtes de Champagne, Mussy devenait un espace tampon entre les domaines du roi de France et la Bourgogne, dont les ducs aspiraient à s’étendre au nord face aux Capétiens. Leur implantation en Champagne devint effective à la fin du XIIIe s. : achat de Gyé-sur-Seine en 1293, de Courteron en 1299 et en 1328 de nombreuses châtellenies dont celles d’Isle et de Chaource, Jully-le-Châtel (Jully-sur-Sarce) en 1331. Le traité de Troyes, en 1420, renforçait leur présence en Champagne : un de leurs hommes, Antoine de Vergy, devenait gouverneur de Troyes, à la tête d’une garnison anglo-bourguignonne ; le duc Philippe le Bon obtenait la châtellenie de Bar-sur-Seine et y installait une garnison ayant à sa tête Jean de Dinteville. Chappes appartenait à Jacques d’Aumont, chambellan du duc. Tout le sud de la Champagne, de Chaource à Jaucourt, était passé aux mains des Bourguignons.

    10Mussy n’était plus qu’une enclave tenue par l’évêque de Langres dans une région passée aux mains du duc de Bourgogne.

    I.3. Une ville prise dans le conflit entre armagnacs et Bourguignons

    11La ville allait être durement marquée, comme toute la région, par les « Malheurs des Temps » qui frappèrent le royaume aux XIVe et XVe siècles. Le conflit entre Armagnacs et Bourguignons eut des conséquences funestes pour la ville. Les faits les plus marquants se déroulèrent dans les années 1430.

    12Avec l’héritage d’Antoine de Bourgogne, fils de Philippe II de Bourgogne et de Marguerite de Flandre, le duc Philippe le Bon agrandissait considérablement ses domaines au nord du royaume, faisant de la Champagne l’espace à conquérir afin de réunir ses possessions du nord à celles du sud. Mussy était une place importante qui ouvrait la vallée de la Seine vers ses « terres de Champagne » et le comté de Bar-sur-Seine.

    13La Champagne menacée, le roi ne pouvait rester inactif. Charles VII sacré à Reims, après avoir libéré Troyes en juillet 1429, les Armagnacs reprirent l’offensive au début de l’année 1430 en direction de la Haute-Seine, tandis que le duc était dans ses États du nord. Au cours de la nuit du 11 au 12 mai 1431, les Armagnacs escaladèrent les murs de Mussy et prirent la ville, y installant une garnison française sous le commandement de Gauthier de Brussac puis de Tristan l’Ermite.

    14De Mussy, la garnison allait lancer des expéditions dans la région, profitant d’une trêve signée le 8 juillet 1431. Tristan l’Ermite renforçait sa position, réclamant à la ville de Troyes des armes et des munitions pour la défense de la place2. Le 20 décembre, Tristan L’Ermite demandait de nouveau à la ville de Troyes de l’aider en poudre, arbalètes et traits, et de lui fournir un « voguelaire », ce qui lui fut accordé3.

    15Philippe le Bon ne pouvait laisser cette situation durer et décida d’entreprendre une campagne pour reprendre Mussy. Le 19 juin 1433, le duc quittait Arras et se dirigeait vers la Bourgogne4. Il passa aux abords de Troyes début juillet et « alla mettre le siège devant la bonne ville nommée Mussy-L’Evêque, séant sur la rivière de Seyne, à l’entrée du pays de Bourgogne. Le duc se logea à Pothière, une forte abbaye, ainsi que à une lieue près de Mussy-L’Evêque5 ». Ainsi, depuis l’abbaye de Pothières, le duc dirigea le siège de Mussy sans doute dès le 8 juillet 1433. « Si furent des assiégans faites grans préraracions pour grever leurs ennemis, est assavoir firent asseaoir devant les portes et murailles plusieurs engiens pour yceulx confondre et abatre6 ». Face à la puissance de feu du duc et sans espoir d’un secours rapide, huit jours après le début du siège, Tristan L’Hermite négocia sa reddition et livra aux Bourguignons le château de l’évêque. Le duc fit alors aussitôt démanteler les murailles de la ville de façon à la rendre indéfendable7.

    16Au traité d’Arras, en septembre 1435, le roi reconnaissait à Philippe le Bon la châtellenie de Bar-sur-Seine, ville qu’il occupait depuis 1424. Mussy devenait plus que jamais, une enclave épiscopale dans le domaine bourguignon, une enclave désormais sans protection.

    I.4. À la frontière de « l’héritage bourguignon »

    17À la mort de Charles le Téméraire, le roi de France, Louis XI, revendiqua aussitôt l’Artois, le duché de Bourgogne et le comté de Bourgogne (ou Franche-Comté). Charles Ier d’Amboise, favori de Louis XI, envahit entre 1477 et 1480 le duché de Bourgogne, le comté de Bourgogne et le duché de Luxembourg. Cependant, la fille unique de Charles le Téméraire, Marie de Bourgogne, n’aura de cesse de réclamer son héritage. Écartant l’idée d’un mariage avec le dauphin Charles, alors âgé de 9 ans, ayant elle-même 20 ans, elle épousa par procuration le 21 avril 1477 Maximilien Ier de Habsbourg, archiduc d’Autriche, futur empereur du Saint-Empire-Romain-Germanique, mariage célébré le 19 août suivant.

    18Maximilien allait désormais revendiquer, au nom de son épouse, l’héritage bourguignon, ouvrant une nouvelle ère de rivalités entre la maison des Habsbourg et celle des rois de France, inaugurée par les guerres entre Louis XI et Maximilien dans les Pays-Bas. Sans droits sur le comté de Bourgogne, contrairement au duché qui était un apanage de la couronne, Louis XI entreprit sa conquête en 1481 et 1482, repris par Maximilien, sans véritable opposition de Charles VIII au début des années 1490. Le roi de France abandonnait ses prétentions sur le comté au traité de Senlis, en 1493, mais les empereurs continueront à revendiquer le duché jusqu’au traité de Crépy, en 1544 ; les successeurs de Maximilien, Philippe le Beau, Charles Quint et Philippe II, continuèrent à porter le titre de duc de Bourgogne, commençant leur règne respectif par la séance solennelle de proclamation comme duc de Bourgogne dans la grande salle du palais de Coudenberg à Bruxelles.

    19C’est dans ce contexte qu’il faudrait replacer le relèvement des murailles de Mussy. Si le duché de Bourgogne, ayant réintégré la couronne, n’était plus un danger réel, il pouvait l’être potentiellement tant que les empereurs revendiquaient l’héritage bourguignon.

    20Par ailleurs, la Franche-Comté, terre d’empire n’était pas si éloignée de Mussy.

    21Selon Jacques Vignier, historien du début du XVIIe s., les murailles furent relevées par Jean Ier d’Amboise : « Il entoura d’un fossé et d’un mur la ville de Mussy, et y fit construire pour lui et ses successeurs un magnifique château8 ». Est-ce cette mention qui fut reprise et développée dans le Gallia Christiana : « Bellis ac vetustate labantes domos & collapsas villas episcopales resarcivit ac reparavit, Musseium oppidum fossa & muro cinxit, & castro, feu palatio decoravit [… ]9 », dans la notice consacrée à l’évêque Jean d’Amboise ?

    22La famille d’Amboise était très proche du roi Louis XI. Le père de l’évêque Jean d’Amboise avait été son ambassadeur à Rome, et le frère de l’évêque, Charles Ier d’Amboise, avait mené des campagnes pour le roi, dont la conquête du duché de Bourgogne et du Comté entre 1477 et 1480. En 1483, après la mort de ce dernier, le roi nomma Jean gouverneur « des deux Bourgognes », attributions que lui confirma le roi Charles VIII.

    23Frontalier de la Franche-Comté, l’évêque de Langres ne pouvait que se méfier des revendications de l’empereur, d’autant que ce prélat, par la titulature qui lui avait été conférée, revendiquait symboliquement pour le roi la gouvernance du Comté.

    24La reconstruction des murailles de Mussy et l’édification d’un « magnifique » château, qualifié de « palais orné » marquait la reprise en main par l’évêque de Mussy de cette partie de son évêché. Elle allait s’accompagner d’une campagne de fortification de la frontière du Bassigny, au nord et à l’est de Langres. Par une ordonnance de 1499, le roi Louis XII confiait à Jean de Dommarien le renforcement des murailles et des châteaux forts de Coiffy, Nogent-en-Bassigny, Montigny et Montéclair près d’Andelot ; François Ier fit continuer ces importants travaux dans la région. Cette politique marquait la méfiance du roi à l’égard de la Bourgogne et de la Franche-Comté. C’est dans cette constitution d’une ligne de défense qu’il s’agirait de replacer la construction de la tour du Boulevard de Mussy-sur-Seine.

    II. La tour du boulevard dans la défense de la ville (J. Provence)

    II.1. Pour une datation de la tour

    25Nous devons à Joachim Duviert la plus ancienne représentation de Mussy-sur-Seine, une estampe de 1609 (fig. 5). C’est la plus ancienne représentation de Mussy, mettant en évidence les murailles sur l’est de la ville, protégées par la Seine, le long de laquelle se devine le boulevard. Toutes les tours sont coiffées d’une toiture sauf une, la plus à gauche, la Tour du Boulevard ou encore dite « descouverte », appelée ainsi car étant la seule sans toiture. L’autre tour qui subsiste aujourd’hui est de conception ancienne, non adaptée à l’artillerie. Bien que reprise à diverses périodes, la Tour du Cimetière montre encore deux archères basses (fig. 6).

    26Aucune source ne permet de dater de façon précise la Tour du Boulevard de Mussy. Cependant, tout laisse à penser que celle-ci ne date pas de la reconstruction de la muraille, sous l’épiscopat de Jean Ier d’Amboise, entre 1481 et 1498, mais qu’elle lui fut quelque peu postérieure, sans doute à la suite de l’ordonnance de 1499 donnée par Louis XII. En effet, cette tour apparaît comme la seule adaptée aux nouvelles armes, à savoir l’artillerie. Il est fort douteux que l’évêque ait relevé les tours de l’ancienne muraille et n’ait réalisé qu’une seule tour d’artillerie moderne.

    27Selon Brice Colet cette tour aurait été achevée avant 1505, date à laquelle le maître maçon Jehan Guayde, maître d’œuvre de la porte du Beuffroy de Troyes, serait venu la voir tout juste achevée. La tour de Mussy serait alors contemporaine de la porte du Beuffroy de Troyes à laquelle le maître-maçon troyen a œuvré entre 1501 et 1507. Norissier, maître maçon du château de Dijon se serait-il arrêté sur le chantier de Mussy lorsqu’il se rendit à Troyes, le 26 mars 1501 (n.st.) pour venir conseiller Jehan Guayde10 ? Jehan Guayde se serait-il arrêté à son tour à Mussy lors de son voyage à Dijon au mois de juillet de la même année11 ? Alors que les canonnières de la porte du Beuffroy étaient en cours d’exécution, il s’y rendait pour aller voir celles du château de Dijon.

    28Sans aucun doute, la Tour du Boulevard de Mussy avait bénéficié des dernières innovations réalisées tant au château de Dijon qu’à la porte du Beuffroy à Troyes édifiée dans le même temps ; le passage des maîtres d’œuvre de l’un et de l’autre à Mussy est très probable.

    Fig. 5 : Joachim Duviert, La ville et portraict de Mussy Levesque, 1609 (B.N.F., X 23 3085), estampe publiée par Roserot, 1944, 14e fascicule, planche hors texte.

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    Fig. 6 : La Tour du Cimetière, août 2015.

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    (Cliché : © J. Provence).

    II.2. La question du boulevard

    29Tout d’abord le terme de « Boulevard » ou « Bolevart » pose problème. Dans le dictionnaire de Godefroy12, le « Boulevart » est un « rempart de terre soutenu par des madriers, terre-plein en avant d’un rempart ». Godefroy relève plusieurs formes étymologiques du mot dans la Chronique de Jean de Stavelot, évoquant le siège de Dinan devant les remparts de laquelle avaient été réalisés des « boloirques », ou encore « bolleworck » et « bollewarque ». Les citations les plus nombreuses de Godefroy viennent des domaines bourguignons du Nord (Flandre) et en particulier de Tournai.

    30En Champagne, le terme est relevé dans les Anchienne croniques d’Engleterre de Wavrin évoquant des Anglais venus « ecarmucher bollewercq devant Troyes », laissant entendre que les remparts de Troyes pouvaient être protégés par ces boulevards. Les comptes de la ville de Troyes nous renseignent encore, au début du XVIe s., sur l’existence de tels boulevards, ainsi en 1504, « que le boulevart qui est de boys estant devant la porte saint Jacques dudict Troyes est sy viel et caducq par porritude qu’il est en danger de tost tumber13 ».

    31Ainsi, retenant cette définition, faut-il penser que Mussy-sur-Seine, tout au moins sur cette partie sud et est de ses murailles, fut protégée, le long de la Seine, d’un boulevard, avant que ne soit édifiée la tour d’artillerie ? Les boulevards étaient destinés à protéger d’anciennes murailles des nouvelles armes : l’artillerie. Ces terre-pleins devaient amortir le choc des boulets de canon. Dans le cas de Mussy-sur-Seine, il aurait pu être en « fausse-braie », c’est-à-dire constitué d’une enceinte basse cernant la muraille, formée d’un mur en pierre, ou d’une palissade, et d’un terre-plein. Cependant, bordé par une Seine pouvant s’avérer capricieuse, aurait-il résisté à l’érosion ?

    II.3. Une tour pour défendre la muraille est et le pont de la porte d’Auberives

    32Mussy se place à un endroit de resserrement de la vallée. À l’entrée de la ville, la Seine est à 192 m d’altitude ; à la sortie 190 m, soit une déclivité de 2 m. Tout le côté est est dominé par la côte des Mèzes, dont le sommet est situé à environ 300 m de distance, prolongement de l’éperon des Hâtes, découpé du versant de la vallée par des vallons, et culminant à environ 265 m ; ainsi la côte des Mèzes surplombe Mussy d’environ 73 m de hauteur (fig. 7). C’est de cette côte des Mèzes que Mussy-sur-Seine est la plus exposée à l’artillerie, protégée de l’infanterie ou de la cavalerie par la Seine.

    33C’est depuis les hauteurs des Mèzes que Joachim Duviert a représenté Mussy-sur-Seine en 1609 (voir fig. 4), à proximité du chemin venant d’Essoyes et descendant la côte. C’est la plus ancienne représentation de Mussy, mettant en évidence les murailles sur l’est de la ville, protégées par la Seine, celle-ci longée sur la rive droite par un petit chemin. Cette estampe montre bien comment la tour du Boulevard couvre le rempart et la Seine en amont, arrivant de la toute proche Bourgogne. En aval, la porte de Troyes (E sur l’estampe) et le pont étaient protégés par le château de l’évêque (A).

    Fig. 7 : Carte : Mussy-sur-Seine dans sa vallée.

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    (Fond de carte : Géoportail © IGN).

    34Comme le montre le montage (fig. 8) réalisé à partir de différents plans successifs inhérent à la reconstruction du pont et à l’alignement de la rue, et plus particulièrement celui de 1840, la Tour du Boulevard était placée de façon à couvrir le pont de la porte d’Auberives. De cette porte partait la route qui menait à la localité du même nom et au-delà à Langres. Deux bouches à canon étaient dirigées dans cette direction (fig. 9). De la bouche haute, on devait tirer depuis une chambre de tir qui resterait à dégager des ruines de la tour (fig. 10) ; elle permettait de couvrir le mur sud jusqu’au pont d’Auberives. De la bouche basse dont la position de tir se trouvait dans la tour (fig. 11), on couvrait la tête de pont. Cette bouche est aujourd’hui remplacée par une fenêtre à barreaux, la muraille est fort dégradée pour la restituer.

    35Au nord, une bouche à feu basse couvrait la muraille Est et le boulevard, aujourd’hui masquée par le bâtiment de l’abattoir édifié dans les années 1860. Cependant la bouche à feu est restée intacte ainsi que son poste de tir à l’intérieur de la tour (fig. 12).

    36Sans bouche à feu à l’est, face à la côte des Mèzes, la tour est surmontée d’une plateforme depuis laquelle pouvait être braqué un canon en direction de cette côte.

    Fig. 9 : La Tour du Boulevard au sud (2015).

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    (Cliché : © J. Provence).

    Fig. 10 : La bouche à feu haute au sud de la Tour du Boulevard (2015).

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    (Cliché : © J. Provence).

    Fig. 11 : L’emplacement de la bouche à feu basse au sud de la Tour du Boulevard vue de l’intérieur (2015).

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    (Cliché : © J. Provence).

    Fig. 12 : Poste de tir de la bouche à feu basse au nord de la Tour du Boulevard vue de l’intérieur (2015).

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    (Cliché : © J. Provence).

    Fig. 13 : Gargouille au sud-est de la tour.

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    (Cliché : © J. Provence).

    Fig. 14 : Gargouille au nord-est de la tour.

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    (Cliché : © J. Provence).

    37Dirigées vers l’est (nord-est et sud-est), deux gargouilles dominent la tour, deux dragons semblables à ceux de Langres, semblant défier l’ennemi qui se positionnerait en face (fig. 13 & 14). Avaient-elles une valeur symbolique, en conférant une aussi à la tour ? En effet, avait-on doté la tour de pièces d’artillerie pour sa défense, pièces qui avaient fait défaut au siècle précédent ? Cette tour ne symbolisait-elle pas la puissance modernisée de l’autorité de l’évêque, ou du roi, sur la ville en temps de paix, nécessitant un prêt d’armes à feu en cas de danger ?

    38Ainsi, rien ne permet de dater de façon précise cette tour d’artillerie, hormis qu’elle était récente et achevée en 1505 et il semble douteux qu’elle ait été élevée sous l’épiscopat de Jean Ier d’Amboise. Elle était la seule de ce type à Mussy, destinée à renforcer la muraille relevée quelques années plus tôt sur un de ses points faibles avec plusieurs fonctions : contrôler la Seine en amont de la ville, protéger le pont de la porte d’Auberives, protéger la muraille est longée par la Seine, l’éventuel boulevard préexistant pouvant avoir été jugé insuffisant, et enfin braquer une pièce d’artillerie depuis la plate-forme en direction de la côte des Mèzes, dominant la ville et sur laquelle pouvait se positionner une batterie ennemie. Faut-il y ajouter une fonction ostentatoire ?

    III. Architecture de la tour (R. Mahée)

    III.1. Le plan

    39Sur le relevé (fig. 15), on voit la tour à l’extérieur de la muraille sur laquelle elle était greffée à l’ouest. On a indiqué par un pointillé l’emplacement probable de la porte ancienne (passage muré).

    40Au sud et au nord se trouvent deux bouches à feu dont les postes de tir se trouvent dans la tour. Au nord-est, une ouverture a été réalisée dans les années 1860, au cours desquelles fut réalisé l’abattoir, placé au nord de la tour.

    41L’aspect extérieur est un cylindre de 16 mètres de diamètre et 6 mètres de haut, couronné par des corniches et les deux gargouilles.

    42L’abattoir fut accolé en 1860 et c’est à cette occasion qu’on a réalisé au nord-est, ce que j’appelle la « pénétration bestiale » (« ouverture moderne » sur le plan), car la tour a servi de lieu de parcage pour les petits animaux avant qu’ils ne soient abattus.

    Fig. 15 : Plan et élévation de la tour du Boulevard.

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    (Dessin : © R. Mahée).

    III.2. Construction

    43La « pénétration bestiale » a au moins un avantage c’est qu’elle nous donne une coupe transversale qui révèle son principe constructif. La peau externe est composée de deux couches de gros blocs de calcaire coquillé avec une pose alternée par assises horizontales d’épaisseur variable. En arrière de cette peau sont édifiés par couches horizontales successives des petits moellons aplatis entourés d’un liant contenant du gros sable de la Seine toute proche. Cette construction se poursuit jusqu’au vide de la coupole. Ce système constructif permet l’absorption des chocs car il n’y a pas de continuité entre les moellons et c’est le liant qui fait office d’amortisseur. Les moellons réalisent un cylindre de 2 m de haut puis avancent avec un léger encorbellement pour réaliser la demi-sphère (fig. 16). Seule la partie sommitale entourant une clef carrée percée en son centre pour évacuer les fumées a une pose clavée.

    44La plateforme comporte dans sa périphérie des corniches dont certaines présentent des angles de tirs. Actuellement, beaucoup d’éléments de ses corniches manquent ou ont été déplacés.

    Fig. 16 : La coupole de la tour.

    Image

    (Cliché : © J. Provence).

    III.3. L’ancienne porte (fig. 17)

    45Le linteau courbe a été fracturé et réparé tant bien que mal. Cette porte a été murée et est comblée dans sa partie arrière par des gravats issus de l’écroulement de la muraille.

    46J’ai dégagé le bas de cette porte pour atteindre sa pierre de seuil, ce qui nous donne le niveau du sol d’origine. Nous avons un remblai de gros sable et de moellons épars de 28 cm moyen.

    III.4. Bouche à feu nord (fig. 18)

    47Avec Nicolas Faucherre et Reza Dehghan nous avons, à la masse, percé le mur en parpaing de l’abattoir pour mettre à jour l’extérieur de la bouche à feu nord. Elle était encombrée de gravats mais intacte. L’extérieur de la bouche est à redans dissymétriques couverte de dalles plates. Le gros linteau externe14 est surmonté de blocs clavés. Vue de l’intérieur, c’est la seule bouche à feu « à la française » qui comporte sa baie de tir intacte. Le logement du tireur est aussi dissymétrique. Compte tenu des remblais actuels, on peut estimer que le bas de la fenêtre de tir se situe à 70 cm ; ce qui fait que le tireur avait un genou à terre.

    48Nous avons modélisé les deux blocs de la fenêtre de tir15 et modéliserons l’ensemble lors du dégagement de tous les gravats (fig. 19 & 20). Après destruction du mur en parpaing de l’abattoir nous obtiendrons une vue d’ensemble de cette bouche Nord.

    Fig. 17 : Relevé de l’ancienne porte murée, à l’ouest dans la tour.

    Image

    (Relevé dessin : © R. Mahée).

    Fig. 18 : Détail du plan : la bouche à feu nord.

    Image

    (Dessin : © R. Mahée).

    Fig. 19 et 20 : Reconstitution 3D des blocs de la bouche à feu nord.

    Image
    Image

    (PAO : © R. Dehghan).

    III.5. Tracé du plan de la tour de Villard de Honnecourt

    Fig. 21 : Carnet de Villard de Honnecourt (début du XIIIe siècle).

    Image

    (Cliché : © R. Mahée).

    49Dans le cadre de ma thèse sur « Les dessins d’architecture de Villard de Honnecourt16, géométrie et réalité », on trouve au huitième dessin du folio 20 r° (fig. 21), le plan d’une tour du début du XIIIe s. qui a été décrypté par les compagnons Labat, Margueritte et Martin17. Leur article paru dans le Bulletin Monumental en 1987 n’a curieusement pas eu de retentissement alors qu’ils ont découvert que c’était une phase essentielle de stéréotomie qui sera mise à la connaissance du public par les travaux de Frazier18 et Monges19au XVIIIe s.

    50Villard légende ainsi ce dessin :

    « (P) ar chu tail’om vosure d’estor de machonerie roonde ».

    ‘Par ce moyen, on taille une voûte de tour dans une maçonnerie rond’ .

    51En reproduisant les deux cercles on constate que les centres sont différents (fig. 22) ; ce qui donne, à l’opposé de l’entrée, une épaisseur plus importante pour résister aux chocs. La géométrie dépend d’une partition dodécagonale du cercle externe de la Tour de centre O, avec un croisement de 2 droites pour placer le centre Q du petit cercle et une liaison droite pour le rayon en a. Ainsi la mise en géométrie des tours n’est pas nouvelle et même assez simple.

    52Mais qu’en est-il de celle de Mussy ?

    53Pour implanter une telle tour, avec une si grande régularité, il a fallu l’implanter par un tracé au sol. Toujours en reproduisant les contours intérieur et extérieur, plaçons un dodécagone, et numérotons les 12 partitions. On s’aperçoit que le petit cercle est tangent à la droite IX-V, et que la droite VIII-VI suit la trace externe de la muraille (fig. 23). La déformation vers l’ouest est due aux éboulements et aux consolidations successives. En somme, le concepteur a pris comme échelle à la fois graphique et sur le terrain, l’épaisseur comprise entre IX-V et VII-VI qui représente l’épaisseur de la muraille, soit 3 de nos mètres ou 9 pieds du Roi.

    54Se pose alors la question de l’implantation du centre de ces deux cercles, car nous ne pouvons reproduire le grand cercle directeur puisque la muraille s’y oppose. Comme la géométrie ne nous est d’aucun recours, utilisons la mesure modulaire.

    55Si on admet un pied du Roi à 32,66 cm, on aurait un cercle interne de 26 pieds. Il suffit alors de mesurer 13 pieds du Roi à l’extérieur de la muraille pour placer le centre géométrique de la Tour du Boulevard20. Le petit cercle reproduit au sol, il faut doubler son rayon pour tracer le contour externe de la Tour.

    Fig. 22 : Géométrie de la tour de Villard de Honnecourt.

    Image

    (Dessin : © R. Mahée).

    Fig. 23 : Tracé du plan de la Tour du Boulevard de Mussy-sur-Seine.

    Image

    (Dessin : © R. Mahée).

    Fig. 24 : Géométrie de la coupe N-S de la Tour du Boulevard de Mussy.

    Image

    (Dessin : © R. Mahée).

    Fig. 25 : Géométrie de la Tour de Navarre et d’Orval de Langres.

    Image

    (Dessin : © R. Mahée).

    56Il en est de même pour la coupe/élévation déduite de la même partition dodécagonale du grand cercle et qui donne par 3 droites les proportions extérieure et intérieure (fig. 24).

    57Cette application de la géométrie à la construction militaire se devait d’être vérifiée à Langres, puisque Mussy était la résidence d’été des évêques de Langres. David Covelli m’a aimablement fourni des relevés faits par l’ UDAP de la Haute-Marne sur la tour de Navarre et d’Orval qui est contemporaine à celle de Mussy (1512-1519). On retrouve sur la partie inférieure un tracé d’origine dodécagonale qui se poursuit dans le niveau inférieur avec une autre déclinaison (fig. 25).

    58Cette géométrisation des tours rondes dans l’architecture militaire devrait faire l’objet d’une étude plus générale afin d’apprécier les techniques de tracés utilisés au cours des siècles.

    Conclusion

    59La tour du Boulevard de Mussy-sur-Seine, dernière de ce type subsistant dans le département de l’Aube et une des rares en Champagne, est représentative de celles qui ont pu être édifiées dans la région, comme à Troyes ou à Dijon au lendemain de la mort de Charles Le Téméraire. Son héritage était revendiqué par la maison des Habsbourg, menace potentielle à l’heure où s’engageait un conflit ouvert entre la monarchie française et la maison impériale. Cette tour donnait un nouveau sens à la ville devenue une place forte dans une ligne de défense face à un potentiel ennemi. À cette rupture stratégique intégrant la ville à la défense du royaume s’ajoute une autre à l’échelle de la ville. La tour du Boulevard était la seule tour moderne de Mussy, adaptée au bouleversement technologique provoqué par l’utilisation de l’artillerie, la conception architecturale, pourtant ancienne, elle-même adaptée à cette rupture technologique. Enfin, qui fut le commanditaire de la Tour du Boulevard ? L’évêque de Langres, seigneur de la ville ? Ou répondrait-elle à une demande royale, à l’exemple de ce qui se fit à Coiffy, Nogent-en-Bassigny, Montigny et Montéclair près d’Andelot, selon l’ordonnance de 1499 ? Ainsi la tour du Boulevard répondrait à une « rupture administrative ».

    Bibliographie

    Bibliographie

    BELOTTE (Michel), La région de Bar-sur-Seine à la fin du Moyen-âge, du début du XIIIe siècle au milieu du XVIe siècle. Étude économique et sociale. Thèse présentée devant l’Université de Dijon le 24 février 1973, Service de reproduction des thèses, Université de Lille.

    BERTI (Laurent), PETIT (Christophe) et WAHLEN (Patrice), Molesme en vallée de Laignes. Histoire et environnement d’un terroir entre Bourgogne et Champagne, Dijon, 1998.

    FRAZIER (Amédée-François), Traité de stéréotomie à l’Usage de l’Architecture, 1737-39

    GODEFROY (Frédéric), Dictionnaire de l’Ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, Paris, 1881.

    LABAT (Claude), MARGUERITTE (Gilbert), MARTIN (Jean), « De la stéréotomie médiévale : la coupe des pierres chez Villard de Honnecourt », In : Bulletin Monumental, 1987, p. 11-33.

    LAMBERT (Charles-Auguste-Joseph), Histoire de la ville de Mussy-l’Évêque (Aube), Chaumont, 1878.

    LAURENT (Jacques), Cartulaires de l’abbaye de Molesme (916-1250), t. I, Paris, 1907.

    MONGES (Gaspard), Géométrie descriptive, 1799.

    MONSTRELET (Enguerrand de), Chronique, Livre II, chapitre CXL, éd. Douet d’Arcq, T. V.

    ROSEROT (Alphonse), « Le plus ancien registre des délibérations du conseil de ville de Troyes (1429-1433) », In : Collection des Documents inédits relatifs à la ville de Troyes et à la Champagne méridionale, publiés par la Société Académique de l’Aube, Tome III, Troyes, 1886, p. 285.

    ROSEROT (Alphonse), Dictionnaire Historique de la Champagne méridionale (Aube) des origines à 1790, Langres, Imprimerie Champenoise, 1944, 14e fascicule, p. 1006-1017 et planche hors texte.

    VIGNIER (Jacques), Les Chroniques de l’Évêché de Langres, traduites du latin… par JOLIBOIS Émile, Chaumont, Veuve Miot, 1842.

    Notes de bas de page

    1 Belotte, 1973, p. 18.

    2 Dans sa délibération du vendredi 13 juillet 1431, le conseil de ville de Troyes déclarait qu’il ne pouvait pas fournir Mussy en poudre : « Quant à IIc l. (200 livres) de pouldre à colevrines et à canon, six bonnes arbalestres, quatre casses de trait, et deux bons voguelaires que requièrent à la ville ceulx de Muissy, messieurs ont délibéré de leur rescrire que pour fournir la ville de pouldres, sapestres et autres choses, ilz avoient envoyé ou pais devers Chaalons, Barrois et Lorraine, gens pour en achaiter, lesquelz avoient tout perdu, et leurs corps emprisonnez, et que à présent la ville n’en peut départir ne soy eslargir pour ce qu’elle en a moult despence que froye à la conduicte et entretennement des sièges qui en l’an passé ont esté tenus pour le roy nostre sire, auxquels avons livré, froyé et despencé plus de IIII m l. (4000 livres) pouldres senz les autres habillemens de guerre que avons livrez », cité par Roserot, 1886, p. 285.

    3 Ibid. p. 330.

    4 Monstrelet, p. 63.

    5 Lefebvre de Saint-Remy de la Vacquerie, cité par Lambert, 1878, p. 116.

    6 Monstrelet (de)Enguerrand, Chronique, Livre II, chapitre CXL, éd. Douet d’Arcq, T. V, p. 65.

    7 AD 21, B 4063, f° 9 r° ; Belotte, 1973, p. 200.

    8 Vignier, 1842, p. 197.

    9 Gallia Chritiana, Tome IV, Paris, 1728, p. 632. Traduction : « Il rétablit et répara les anciennes maisons ruinées par la guerre & les domaines épiscopaux abandonnés, fit entourer la place forte de Mussy d’un fossé et d’un mur, & fit décorer le château, ancien palais […] »

    10 AM Troyes, D12, f° 2 r°.

    11 AM Troyes, D 12, f° 32 r° ; voir aussi la contribution de Brice Colet dans cet ouvrage.

    12 Godefroy, 1881.

    13 AM Troyes, A 5, f° 129 r°.

    14 Linteau bouche à feu du Nord : L = 2,50 x H = 0,36 x l = 0,50 m ; 3 x 2200 kg = 990 kg

    15 Bloc du haut : H= 0,40 x L= 0,77 x l =0,46 = 0,14 m3 x 2.200 kg = 310 kg ; bloc du bas : H=0,35 x L =0,74 x l = 0,46 = 0,12 m3 x 2.200kg = 265 kg

    16 Carnet de Villard de Honnecourt, B.N.F, Fonds français 19093. Datation 1ère moitié du XIIIe s.

    17 Labat, Margueritte, Martin, 1987.

    18 Frazier, 1737-39.

    19 Monges, 1799.

    20 Si on prend un pied à 33,33 on obtient des mesures exactes par rapport à notre relevé : 3 m = 9 x 33,33 ; 16 m = 48 x 33,33 ; 8,50m =25,5 x 33,33.

    Auteurs

    • Richard Mahée

      Architecte D.P. L.G., GSA Paris-Malaquais

    • Jacky Provence

      Agrégé d’Histoire, Centre Pithou, Troyes

    • Reza Dehghan Kamaragi

      Docteur en Architecture, ENSA Paris-Malaquais

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    1 Belotte, 1973, p. 18.

    2 Dans sa délibération du vendredi 13 juillet 1431, le conseil de ville de Troyes déclarait qu’il ne pouvait pas fournir Mussy en poudre : « Quant à IIc l. (200 livres) de pouldre à colevrines et à canon, six bonnes arbalestres, quatre casses de trait, et deux bons voguelaires que requièrent à la ville ceulx de Muissy, messieurs ont délibéré de leur rescrire que pour fournir la ville de pouldres, sapestres et autres choses, ilz avoient envoyé ou pais devers Chaalons, Barrois et Lorraine, gens pour en achaiter, lesquelz avoient tout perdu, et leurs corps emprisonnez, et que à présent la ville n’en peut départir ne soy eslargir pour ce qu’elle en a moult despence que froye à la conduicte et entretennement des sièges qui en l’an passé ont esté tenus pour le roy nostre sire, auxquels avons livré, froyé et despencé plus de IIII m l. (4000 livres) pouldres senz les autres habillemens de guerre que avons livrez », cité par Roserot, 1886, p. 285.

    3 Ibid. p. 330.

    4 Monstrelet, p. 63.

    5 Lefebvre de Saint-Remy de la Vacquerie, cité par Lambert, 1878, p. 116.

    6 Monstrelet (de)Enguerrand, Chronique, Livre II, chapitre CXL, éd. Douet d’Arcq, T. V, p. 65.

    7 AD 21, B 4063, f° 9 r° ; Belotte, 1973, p. 200.

    8 Vignier, 1842, p. 197.

    9 Gallia Chritiana, Tome IV, Paris, 1728, p. 632. Traduction : « Il rétablit et répara les anciennes maisons ruinées par la guerre & les domaines épiscopaux abandonnés, fit entourer la place forte de Mussy d’un fossé et d’un mur, & fit décorer le château, ancien palais […] »

    10 AM Troyes, D12, f° 2 r°.

    11 AM Troyes, D 12, f° 32 r° ; voir aussi la contribution de Brice Colet dans cet ouvrage.

    12 Godefroy, 1881.

    13 AM Troyes, A 5, f° 129 r°.

    14 Linteau bouche à feu du Nord : L = 2,50 x H = 0,36 x l = 0,50 m ; 3 x 2200 kg = 990 kg

    15 Bloc du haut : H= 0,40 x L= 0,77 x l =0,46 = 0,14 m3 x 2.200 kg = 310 kg ; bloc du bas : H=0,35 x L =0,74 x l = 0,46 = 0,12 m3 x 2.200kg = 265 kg

    16 Carnet de Villard de Honnecourt, B.N.F, Fonds français 19093. Datation 1ère moitié du XIIIe s.

    17 Labat, Margueritte, Martin, 1987.

    18 Frazier, 1737-39.

    19 Monges, 1799.

    20 Si on prend un pied à 33,33 on obtient des mesures exactes par rapport à notre relevé : 3 m = 9 x 33,33 ; 16 m = 48 x 33,33 ; 8,50m =25,5 x 33,33.

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    Format

    Mahée, R., Provence, J., & Dehghan Kamaragi, R. (2018). La tour du boulevard à Mussy-sur-Seine (fin XVe-début XVIe s.). In R. Elter & N. Faucherre (éds.), Fortification et artillerie en Europe autour de 1500 : le temps des ruptures. Nancy: Éditions de l’Université de Lorraine. https://doi.org/10.4000/13o89
    Mahée, Richard, Jacky Provence, et Reza Dehghan Kamaragi. « La tour du boulevard à Mussy-sur-Seine (fin XVe-début XVIe s.) ». In Fortification et artillerie en Europe autour de 1500 : le temps des ruptures, édité par René Elter et Nicolas Faucherre. Nancy: Éditions de l’Université de Lorraine, 2018. doi:10.4000/13o89.
    Mahée, Richard, et al. « La tour du boulevard à Mussy-sur-Seine (fin XVe-début XVIe s.) ». Fortification et artillerie en Europe autour de 1500 : le temps des ruptures, édité par René Elter et Nicolas Faucherre, Éditions de l’Université de Lorraine, 2018, https://doi.org/10.4000/13o89.

    Référence numérique du livre

    Format

    Elter, R., & Faucherre, N. (éds.). (2018). Fortification et artillerie en Europe autour de 1500 : le temps des ruptures. Nancy: Éditions de l’Université de Lorraine. https://doi.org/10.4000/13o3p
    Elter, René, et Nicolas Faucherre, éd. Fortification et artillerie en Europe autour de 1500 : le temps des ruptures. Nancy: Éditions de l’Université de Lorraine, 2018. doi:10.4000/13o3p.
    Elter, René, et Nicolas Faucherre, éditeurs. Fortification et artillerie en Europe autour de 1500 : le temps des ruptures. Éditions de l’Université de Lorraine, 2018, https://doi.org/10.4000/13o3p.
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