1 Fac-similé : N-VII-2,194 ; texte : NF-1885,39[1]. cf. M. Montinari, « La Volonté de puissance » n’existe pas, 2020, p. 41-42, p. 197-202 et passim.
2 Mp-XVII-5,4 = NF-1888,18[17]. Cf. M. Montinari, ibid., p. 73 sq.
3 Mp-XVII-6,1 = NF-1888,19[8].
4 Cf. BVN-1888,1159 et fac-similé D-22,a1.
5 Cf. E. Horneffer, Nietzsches letztes Schaffen. Eine kritische Studie, p. 52-53 : « Nous voulions dire, comme pour les autres volumes : “Inédits de telle ou telle année (de l’époque de l’Inversion).” Mais Frau Förster-Nietzsche tenait à avoir l’Inversion en elle-même. C’est pourquoi elle a orgueilleusement baptisé ce simple recueil d’aphorismes : La Volonté de puissance, ce qui ne pouvait que nuire à Nietzsche. »
6 Cf. F. Nietzsche, Nachgelassene Werke. Der Wille zur Macht. Versuch einer Umwerthung aller Werthe (Studien und Fragmente), p. VII.
7 W. Kaufmann, Nietzsche. Philosopher, Psychologist. Antichrist, p. 7.
8 Je rappelle à ce propos le célèbre article de W. Groddeck sur « „Vorstufe“ und „Fragment“. Zur Problematik einer traditionellen textkritischen Unterscheidung in der Nietzsche-Philologie », p. 165-175.
9 M. Montinari, « La Volonté de puissance » n’existe pas, op. cit., p. 131.
10 NF-1876,23[63].
11 Le sentiment de puissance a été analysé pour la première fois dans l’étude approfondie et bien fondée de David Simonin à laquelle nous renvoyons pour un exposé complet de ce concept dans l’ensemble de l’œuvre de Nietzsche : D. Simonin, Le Sentiment de puissance dans la philosophie de Friedrich Nietzsche.
12 NF-1880,4[184]. Cette remarque est développée dans l’aphorisme 23 d’Aurore : « Mais parce que le sentiment d’impuissance et de peur a été si longtemps et si violemment stimulé presque en permanence, le sentiment de puissance s’est développé avec une telle finesse que l’homme peut maintenant le peser au plus délicat trébuchet. Il est devenu sa tendance la plus forte ; les moyens découverts pour créer ce sentiment constituent pratiquement l’histoire de la culture. » (M-23)
13 « Les préjugés moraux. Le sentiment de puissance », NF-1880,4[314].
14 M-113.
15 M-199.
16 M-201, cf. également la note posthume NF-1880,4[191] : « Les spiritueux les narcotiques, comme moyens d’atteindre le sentiment de puissance. Les ivresses des arts, des fêtes, de la beauté, du devoir moral. »
17 M-204.
18 FW-13.
19 A. Bain, Erziehung als Wissenschaft (BN); J. J. Baumann, Handbuch der Moral nebst Abriss der Rechtsphilosophie (BN). Cf. Th. H. Brobjer, Nietzsche’s Philosophical Context. An Intellectual Biography et Nietzsche and the « English ». The Influence of British and American Thinking on His Philosophy ; et surtout D. Simonin, Le Sentiment de puissance, op. cit., p. 169 et passim.
20 NF-1882,5[1] et Za-II-Ueberwindung, cf. également NF-1883,13[10]. L’utilisation de l’expression « volonté de puissance » pour caractériser la table des dépassements d’un peuple est déjà anticipée dans la première partie d’Ainsi parla Zarathoustra, cf. Za-I-Ziel. Le syntagme « sentiment de puissance », en revanche, n’apparaît pas dans Zarathoustra.
21 W. Roux, Der Kampf der Theile im Organismus. Ein Beitrag zur Vervollständigung der mechanischen Zweckmässigkeitslehre. L’exemplaire de Nietzsche, qui contenait des traces de lectures n’est plus présent dans la bibliothèque du philosophe conservée à Weimar, où se trouve, en revanche, un autre exemplaire de cet ouvrage n’ayant pas appartenu au philosophe, cf. G. Campioni, P. D’Iorio, M. C. Fornari, F. Fronterotta et A. Orsucci (dir.), Nietzsches persönliche Bibliothek, p. 523 et p. 750. Il existe une traduction française coordonnée par Thomas Heams publiée en 2012 aux Éditions Matériologiques ; voir également T. Heams, « Selection within organisms in the nineteenth century : Wilhelm Roux’s complex legacy ».
22 « The tide of thought in this matter therefore rose without interruption or perceptible hindrance in the direction of supernaturalism, until it attained its highest level in the “Argument from Design” as elaborated by the natural theologians of the past generation. Then with a suddenness only less surprising than its completeness the end came ; the fountains of this great deep were broken up by the power of one man, and never in the history of thought has a change been effected of a comparable magnitude or importance », Compte rendu de George J. Romanes, Nature, 24, 29 septembre 1881, p. 505-506. C’est Charles Darwin qui a proposé à son ami Romanes de revoir ce livre dont il avait reconnu l’importance lors d’une première lecture même partielle : « As far as I can imperfectly judge, it is the most important book on evolution which has appeared for some time », cf. la lettre de Ch. Darwin à G. J. Romanes du 16 avril 1881. Le volume de Roux a également fait l’objet d’un compte-rendu dans le numéro d’avril-septembre 1881 de la revue Kosmos. Zeitschrift für Entwickelungslehre und einheitliche Weltanschauung, vol. IX, p. 398-401.
23 W. Roux, Der Kampf der Theile im Organismus, op. cit., p. 66-67 et p. 69.
24 Ibid., p. 107. Dans la préface de la traduction française du livre de Roux, le biologiste Thomas Heams observe que la lutte des parties évoquée par Roux a le mérite d’expliquer la raison de ces phénomènes alors que le paradigme génétique utilisé aujourd’hui, fondé sur la transmission d’informations, « ne nous explique pas de manière satisfaisante pourquoi les cellules obtempèrent » aux instructions transmises par les gènes (ibid., p. 20).
25 Wolfgang Müller-Lauter a analysé pour la première fois le dialogue de Nietzsche avec Roux dans son article fondateur « Der Organismus als innerer Kampf. Der Einfluss von Wilhelm Roux auf Friedrich Nietzsche », republié dans Nietzsche-Interpretationen. I : Über Werden und Wille zur Macht, p. 97-139, trad. fr. de Jeanne Champeaux : Physiologie de la volonté de puissance, p. 111-164. Comme l’indiquent l’article de Müller-Lauter et l’appareil critique de Montinari (KGW VII 4/1), la lecture de 1881 est documentée par les annotations du cahier M-III-1, cf. NF-1881,11[128, 130, 131, 132, 134, 182, 241, 256, 284] ; pour la lecture de 1883 voir le cahier M-III-4, NF-1883,7[33, 81, 86-95, 98, 178, 190, 191, 194, 196, 197, 211, 273]. Les concepts fondamentaux du livre de Roux restent toujours présents chez Nietzsche, par exemple dans le célèbre passage de la Généalogie de la morale où, en présentant son hypothèse sur l’émergence de la conscience, il compare le passage de l’homme de l’état sauvage à la vie sociale au passage des animaux de la vie aquatique à la vie terrestre, tel qu’il est décrit par Roux (cf. GM-II-16 et W. Roux, Der Kampf der Theile im Organismus, op. cit., p. 39 sq.).
26 NF-1881,11[132].
27 NF-1883,7[190].
28 NF-1885,35[60].
29 Par exemple, Nietzsche écrit : « W. z. M. », c’est-à-dire Wille zur Macht, volonté de puissance à la page 141 du livre de W. R. Rolph, Biologische Probleme zugleich als Versuch zur Entwicklung einer rationellen Ethik (BN) dans un passage où, à partir de la page 139, Rolph discute de l’existence d’une force d’attraction et de répulsion au niveau du protoplasme. En outre, le philosophe écrit : « Macht » à la page 120 où Rolph cite les idées de Friedrich A. Lange sur la tension vers l’amélioration (Streben nach Verbesserung) propre à l’individu humain (BN/rolph-1884,120). Une autre lecture importante à cet égard est l’ouvrage de K. W. v. Nägeli, Mechanisch-physiologische Theorie der Abstammungslehre (BN/nageli-1884).
30 NF-1885,36[31].
31 NF-1884,26[277].
32 JGB-13. Comme l’a justement souligné Pietro Gori en suivant la genèse de cet aphorisme, le passage « – La vie elle-même est volonté de puissance – », qui ne figurait pas dans le brouillon et que Nietzsche a ajouté dans le manuscrit pour l’imprimeur (cf. DFGA/D-18,9), révèle la forte analogie qui existe entre la notion d’Auslösung von Kraft, décharge de force, théorisée par Julius Robert Mayer et le concept de volonté de puissance (cf. P. Gori, La visione dinamica del mondo. Nietzsche e la filosofia naturale di Boschovich, p. 256-260). On retrouve des réflexions similaires dans l’aphorisme 349 du Gai Savoir, publié en 1887 (FW-349).
33 L’extension du concept de volonté de puissance à l’inorganique et sa relation avec le modèle ontologique du dynamisme sont bien expliquées dans l’essai exhaustif de P. Gori, ibid., voir en particulier aux pages 253 sq.
34 NF-1885,34[247].
35 Voir, par exemple NF-1885,36[21] : « L’impulsion à s’approcher et l’impulsion à rejeter quelque chose sont, dans le monde organique comme dans le monde inorganique, le lien. Une séparation nette est un préjugé. La volonté de puissance dans toute combinaison de forces, qui se défend contre ce qui est plus fort et se précipite sur ce qui est plus faible, est une hypothèse plus juste. NB. Les processus en tant qu’“êtres”. »
36 « sie ist eine reale, den Dingen selbst innewohnende Tendenz zu einer Action », cf. O. Liebmann, Gedanken und Thatsachen, p. 11 (BN/liebmann-1882,11).
37 M. Drossbach, Ueber die scheinbaren und die wirklichen Ursachen des Geschehens in der Welt, p. 45 (BN/drossbach-1884,45): « An die Stelle der mechanischen Causalität mit ihren blinden, gestossenen Ursachen muss man das Wechselwirken der frei aus sich selbst nach Entfaltung strebenden Ursachen setzen. Die Wesen bewegen nicht, weil sie, man weiss nicht woher, gestossen oder getrieben werden, sondern weil sie sich zu entfalten streben. Man hat erst dann den rechten Begriff von der Kraft, wenn man sie als das Streben nach Entfaltung erkennt ».
38 NF-1885,36[31].
39 Voir à cet égard les arguments convaincants de Pietro Gori sur la signification du terme « volonté » dans ces écrits du philosophe (cf. P. Gori, La visione dinamica del mondo, op. cit., p. 256-260). Ajoutons que dans l’aphorisme 21 de Par-delà bien et mal Nietzsche dissout la dichotomie volonté libre ou non libre parce qu’il a déjà transformé la volonté en force naturelle : pour lui, Wille est désormais synonyme de Kraft, et une force ne peut être ni libre, ni non libre, mais seulement forte ou faible (« la volonté non libre est une mythologie : dans la vie réelle, il n’y a que la volonté forte et la volonté faible », JGB-21).
40 Cf. P. D’Iorio, « Nietzsche et l’éternel retour. Genèse et interprétation », § 3.4 : « L’“ânerie” des atomes biologiques ».
41 NF-1888,18[81].