Chapitre V. Des différentes espèces de statues des anciens
p. 75-85
Texte intégral
1Nous distinguons sept espèces de statues, savoir les pareilles, les grandes, les plus grandes, les très grandes, les petites, les plus petites et les très petites1.
2On appelle statues « pareilles »2, quand les personnages qu’elles représentent sont dans leurs proportions naturelles. On élève celles-ci aux gens d’un mérite distingué et aux sages ou philosophes de réputation. On pourrait, par exemple, en dresser de semblables à Armodius, Aristogone, Homère, Solon, Hippocrate, Gorgias, Bérose, Pythagore, Platon, Brutus, Quintus Mucius ; à Clélie, femme forte ; aux Catons, à Quintus Ennius, Marcus Varron, Virgile, Cicéron et autres personnages illustres3.
3Les statues sont dites « grandes » lorsqu’elles excèdent de moitié la proportion ordinaire : on les a appellées augustes, parce qu’on en élève de pareilles aux rois et aux empereurs, comme à Phoronée, Lycurgue, Thémistocle, Xerxès, Alexandre, Romulus, Numa, Tatius, Cneius Pompée, César, Auguste et aux autres empereurs romains qui ont été élevés au rang des dieux4. C’est dans cette idée, à ce que je pense, que la reine Didon, prête à rendre les derniers soupirs, s’écrie :
Et nunc magna mei sub terras ibit imago !
Mon image périra donc avec moi dans le tombeau !5
4Elle semble se plaindre par là de ce qu’on refusera de lui ériger une statue et de faire son apothéose après sa mort, parce que c’était l’usage parmi les Anciens de ne point accorder cet honneur à ceux qui s’étaient donné volontairement la mort.
5Les statues « plus grandes » étaient d’une proportion double de la grandeur ordinaire : on en érigeait seulement aux héros, comme à Bacchus, Hercule, Thésée et à d’autres semblables6.
6Les statues « très grandes » sont du triple de la grandeur ordinaire de la figure humaine. On leur a donné le nom de « colosses », soit parce qu’elles sont creuses au-dedans, soit que ce nom dérive des deux mots grecs κόλος, magnus, et őσσος, oculus, comme si l’on disait « grand à la vue ». D’autres disent que ces statues ont été ainsi appelées du nom d’un certain Colossus, leur inventeur7. Quoi qu’il en soit, ces statues colossales ne conviennent qu’aux dieux les plus puissants, tels que Jupiter, Minerve, Apollon, Mars et aux autres divinités semblables. C’est donc mal à propos que des empereurs romains et quelques rois parmi les nations barbares ont prétendu à cet honneur, ainsi qu’à celui des arcs de triomphe, au rapport de Pline qui assure que l’empereur Néron avait ordonné qu’on le peignît sur de la toile, dans une proportion colossale de cent vingt pieds de hauteur (Pline, livre XXV, chapitre VII)8. Il dit aussi que Phidias avait fait deux figures en manteau que Catulus plaça dans le temple de la Fortune à Rome, avec une autre figure colossale qui était nue (Pline, livre XXXV, chapitre VIII). Il y avait à Rhodes une statue colossale du Soleil, faite en airain par Charès, élève de Lysippe, qui avait soixante-dix coudées de haut. Elle était située à l’entrée du port de Rhodes et les navires passaient à pleines voiles entre ses jambes. Elle a été regardée à juste titre comme une des sept merveilles du monde. Nous en parlerons ci-après plus au long.
7On appelle « petites statues » celles qui sont au-dessous de la grandeur humaine : voici leurs proportions. Divisant la hauteur ordinaire de l’homme en quatre parties égales, on donne trois de ces parties à la statue, qui se trouve alors d’un quart plus petite que celles qu’on nomme pareilles9.
8Les statues sont dites « plus petites » lorsque leur hauteur est réduite à la moitié de la grandeur ordinaire de la figure humaine. Celles qu’on appelle « très petites » n’ont que le quart de cette même hauteur10.
9Voici, ce me semble, la raison de cette diversité de grandeur dans les statues. La disette du métal, ou la facilité du transport, a occasionné les petites ; la magnificence, ou la dignité du personnage qu’on voulait représenter, en a fait élever quelques-unes jusqu’à la hauteur de cent coudées et davantage. N’est-il pas juste en effet que ceux qui ont dominé sur les autres pendant leur vie par leur courage, ou par la dignité de leurs emplois, l’emportent aussi après leur mort sur le commun des hommes par la grandeur et l’excellence des monuments qu’on leur élève ? C’est ce qu’Homère veut faire entendre par les vers suivants, lorsqu’il nous représente la déesse Pallas ornant Ulysse d’un riche habillement :
Olli multiplicem ex humeris tritonia Pallam
Componens, auxit corpus letamque juventam.
La déesse Pallas lui mettant sur les épaules un manteau à grands plis, augmente la majesté de son corps et semble le rajeunir.
10Et il ajoute peu après :
comme s’il paraissait lui-même admis déjà au nombre des dieux.11
11Virgilea12 a trouvé une expression aussi heureuse dans la peinture qu’il nous fait de l’étonnement de Didon, reine de Carthage, à l’aspect d’Énée sortant de la nuée dont il avait été enveloppé par sa mère Vénus, qui avait eu soin d’embellir ses attraits pour le faire aimer de Didon.
Restitit Aeneas claraque in nube refulsit
Os humerosque deo similis : namque ipsa decoram
Caesariem nato genitrix, lumenque juventae
Purpureum, et loetos oculis afflarat honores.
Énée s’arrêta et parut devant la reine avec le plus grand éclat, au milieu de la nuée brillante dont il était environné. Il avait le port et la majesté d’un dieu ; car la déesse sa mère avait pris soin d’embellir sa longue chevelure et elle avait répandu une beauté ravissante et les grâces de la jeunesse dans ses yeux et dans tous les traits de son visage.
Virgile, Énéide, I13
12Xénophon rapporte que Cyrus, après la célèbre victoire qu’il remporta sur les Assyriens, était très attentif à tout ce qui pouvait contribuer à la beauté et à la majesté de son corps14. Et nous lisons dans Quinte-Curce que Thalestris, reine des Amazones, conçut du mépris pour Alexandre le Macédonien quand elle vit la petitesse de sa taille et que ce fut la raison qui détermina ce vainqueur de l’Asie à se faire ériger, dans l’endroit où il avait campé, une statue plus grande que le naturel : étant persuadé que cette statue de grandeur extraordinaire exciterait davantage l’admiration de la postérité15.
13Je pense aussi que c’est dans la même intention que l’on a érigé à nos empereurs des statues plus grandes que le naturel. Et cela ne vient pas tant (comme le pense le vulgaire) de ce que si on les eût faites de la proportion ordinaire elles auraient paru trop petites, étant placées sur un monument élevé, que parce que cette grandeur surnaturelle leur donne plus de dignité et de majesté.
14Les statues que l’on consacre aux dieux, soit de grandeur ordinaire, soit plus grandes, ont été appelées par les Latins simulacra, « idoles » : telles sont celles de Mars, de Vénus, de Minerve, de Cupidon, de la Bonne-Foi, de la Fortune et des autres divinités qui n’ont point la forme ordinaire de nos corps16. Les statues pour les héros ou les demi-dieux ont été appelées ξοάνους17, c’est-à-dire, faites au ciseau, ou en ôtant de la matière, comme on travaille les figures en marbre, en pierre, en bois, etc. Ce nom a été donné d’abord à toutes les statues en général, surtout à celles des divinités égyptiennes.
15Les statues des rois étaient appelées άνδριάντας, statuae ; celles des sages, είκέλους, similes ; celles qu’on érigeait aux gens de mérite ou qui avaient rendu quelque service essentiel à la République, βρότυς, humanae18. On donnait le nom de είκνοιχñς19, ad similitudinem expressae, aux figures dont les traits du visage étaient ressemblants, soit en sculpture, soit en peinture : les Latins les ont appellées du nom général imagines, « ressemblances ». En vain chercherait-on des noms particuliers pour les autres statues, à moins qu’on ne veuille les appeler toutes effigies, « représentations ». Car le mot figure ne convient qu’au contour d’un homme, d’un cheval, ou de toute autre chose, tracée sur une surface plane.
16Du temps d’Homère, les Grecs appelaient ἀγάλματα, simulacra, tous les ornements qui étaient exposés dans les temples aux yeux des spectateurs ; et ils en ont d’autant mieux retenu le nom que, par la suite, presque tous les ornements de ces endroits consacrés aux dieux ne consistaient guère que dans des statues.
17Toutes les statues dont la grandeur était au-dessus de celle d’un homme ordinaire s’appelaient en général signa, « statues » ; celles qui étaient plus petites, sigilla, « petites statues ». Il y avait aussi d’autres figures qui ne représentaient point le corps humain en entier, que les anciens appelaient hermae, seu stemmata, bustes de Mercure ou images des ancêtres. Ces bustes étaient portés sur des troncs carrés, les uns plus longs, les autres plus courts, dont la plupart allaient en diminuant en forme de gaine par le bas ; les modernes leur ont donné le nom de termes. On pouvait en changer la tête à volonté. Il y avait une grande quantité de ces bustes qui représentaient pour l’ordinaire une tête de Mercure, d’où ils ont tiré leur nom : Hermès, en grec’Ερμñς20, voulant dire Mercure. On mettait beaucoup de ces figures autour des tombeaux, pour conserver la mémoire de ceux qui y étaient renfermés. On avait coutume de placer les statues des ancêtres, en latin stemmata, dans les vestibules ou dans les salles qui étaient à l’entrée des maisons : c’étaient les marques de noblesse et d’ancienneté de la maison, avant l’invention des armoiries. Ils consistaient en de simples bustes, dont on ne voyait que la tête et dont le col était coupé au haut des épaules et de la poitrine.
DIVERS EXTRAITS DE L’HISTOIRE NATURELLE DE PLINE, SUR LES STATUES DES ANCIENS
18Le bronze fut employé communément aux statues des dieux. La première que je trouve avoir été faite à Rome de ce métal, est celle de Cérès : les frais en furent pris sur les biens de Spurius Cassius qui, aspirant à la royauté, fut tué par son père21. Des dieux, l’airain passa aux statues des hommes et à des représentations diverses. Les Anciens leur donnaient une teinte avec du bitume22, d’où il est d’autant plus surprenant qu’ensuite on se soit plu à les dorer. Je ne sais si cette invention est romaine, mais elle n’est pas ancienne parmi nous23. On n’élevait des statues qu’à ceux dont quelques actions méritaient l’immortalité. Ce fut d’abord pour les victoires dans les jeux sacrés, et surtout les jeux olympiques, où c’était la coutume d’élever une statue aux vainqueurs. Pour ceux qui avaient vaincu trois fois à ces mêmes jeux, leurs statues étaient ressemblantes dans les différentes parties du corps, c’est pourquoi on les appelait εἰκονικάς, similes, « ressemblantes »24. Je ne sais si ce ne sont pas les Athéniens qui les premiers ont élevé des statues, par autorité publique, aux tyrannicides Harmodius et Aristogiton ; ceci arriva la même année que les rois furent chassés de Rome25. Par une louable émulation, cet usage fut ensuite universellement adopté : dès lors les places publiques des villes municipales furent ornées de statues ; et par des inscriptions sur leur base, on perpétua la mémoire et les dignités des grands hommes, en sorte que les tombeaux ne furent plus les seuls monuments de leur souvenir. Bientôt les maisons des particuliers et les galeries devinrent des places publiques26. Ce fut ainsi que le respect des clients pour leurs patrons imagina de les honorer. (Livre XXXIV, chapitre IV, section 9)
19Les statues ainsi dédiées étaient anciennement vêtues de la toge27. On se plut aussi à faire des figures nues, tenant une pique : elles représentaient les jeunes gens qui s’exerçaient dans les gymnases, et se nommaient achilléennes28. L’usage grec est de ne rien voiler, le romain est au contraire d’ajouter une armure sur la poitrine des statues des militaires. César, étant dictateur, souffrit que dans la place qui porte son nom on lui en élevât une cuirassée ; car celles qui sont couvertes à la manière des Lupercales sont aussi nouvelles que celles qui ont paru depuis peu vêtues d’un manteau29. Mancinus se fit représenter dans le même état où il se trouva lorsqu’il fut livré aux Numantins : il était nu, les mains liées derrière le dos30. Nos écrivains ont remarqué que le poète L. Accius31 fit placer dans le temple des Muses sa statue d’une taille fort grande quoiqu’il fût fort petit. Quant aux statues équestres, si recommandables chez les Romains32, leur origine vient certainement des Grecs ; mais les Grecs commencèrent par celles à un seul cheval, pour les vainqueurs dans les jeux sacrés. Ceux qui avaient vaincu à deux ou à quatre chevaux en consacrèrent ensuite avec le même nombre : d’où est venu chez nous l’usage d’ajouter même un char aux statues des triomphateurs. Celui des chars à six chevaux ou attelés d’éléphants est venu plus tard, et ne parut que sous Auguste. (Chapitre V, section 10)
20L’usage de représenter sur un char à deux chevaux ceux qui, après leur prêture, avaient fait le tour du Cirque33, n’est pas non plus fort ancien : celui des statues posées sur des colonnes l’est davantage. Nous en avons un exemple dans celle de C. Maenius, vainqueur des anciens Latins, auxquels, suivant le traité, le peuple romain donnait la troisième partie du butin des vaincus. Ce fut lui qui dans son consulat, l’an de Rome 416, suspendit à la tribune aux harangues les proues des vaisseaux pris aux Antiates qu’il avait vaincus34. Caius Duillius reçut le premier les honneurs du triomphe naval pour sa victoire sur la flotte des Carthaginois : sa statue est encore aujourd’hui dans la grande place35. On y voit aussi celle de P. Minucius, intendant des vivres. Elle lui fut élevée hors la porte Trigéminienne et la dépense en fut prise sur une contribution que fit le peuple36. J’ignore si ce fut le premier honneur de cette espèce accordé par le peuple : le Sénat l’avait décerné auparavant. Belle coutume, si elle n’eût pas commencé pour des sujets frivoles ! Car on avait élevé à Attus Navius, devant le Sénat, une statue dont la base fût brûlée dans l’incendie qui le consuma aux funérailles de Publius Clodius37. On en érigea une, par décret public, à Hermodore, Éphésien, dans la place des Comices, parce qu’il interprétait les lois qu’écrivaient les décemvirs38. On érigea une statue à M. Horatius Coclès pour une autre raison, et mieux fondée : il avait seul repoussé l’ennemi sur le pont Sublicien39 ; la statue subsiste encore. Je ne suis point surpris non plus que la Sybille ait eu des statues près de la tribune aux harangues, quoiqu’il y en ait trois : une que Sextus Pacuvius Taurus, édile du peuple, fit élever, et deux qui le furent par M. Messalla40. Je croirais que celles-ci et celle d’Attus Navius, posées du temps de Tarquin l’Ancien, furent les premières, si dans le Capitole il n’y en avait pas des rois qui l’ont précédé. (Chapitre V, section 11)41
21Entre ces dernières, la statue de Romulus est sans tunique, comme celle de Camille, dans la place aux harangues. Celle de Q. Marcius Trémulus, devant le temple de Castor et Pollux, était équestre, aussi sans tunique, et vêtue de la toge : il avait vaincu deux fois les Samnites et, par la prise d’Anagnia, il avait délivré les Romains du tribut42. Les statues qu’on doit mettre au rang des plus anciennes sont celles, qu’on voit dans la place aux harangues, de T. Clélius, L. Roscius, Sp. Nautius, et C. Fulcinius, tués par les Fidénates dans une ambassade43. La République décernait ordinairement cet honneur à ceux qui, contre le droit des gens, avaient été tués. Elle l’accorda aux deux frères P. Junius et T. Coruncanus, qui furent tués par ordre de Teuca, reine des Illyriens44. Il ne faut pas oublier que, selon nos annales, leurs statues dans la place publique étaient de trois pieds de haut : c’était alors la mesure honorable. Je n’oublierai pas non plus Cn. Octavius (ou C. Popilius, selon d’autres), à cause de son mot fameux au roi Antiochus. Ce prince promettant de lui répondre, celui-ci, avec une baguette qu’il tenait par hasard, traça un cercle autour du roi et le força de lui donner sa réponse avant qu’il en sortît. Ayant été tué dans cette ambassade, le Sénat lui érigea une statue dans le lieu le plus apparent de la place aux harangues45. L’histoire dit aussi qu’on décerna une statue à la vestale Taracia Caia, ou Suffétia, pour être placée où elle voudrait : circonstance qui n’est pas moins honorable pour elle que d’avoir été, quoique femme, honorée d’une statue. Voici, dans les propres termes des annales, ce qui la lui mérita : « pour avoir fait présent au peuple du champ du Tibre »46. (Pline, chapitre VI)
22Je trouve qu’on éleva des statues à Pythagore et à Alcibiade aux deux angles de la place des Comices, lorsque, dans la guerre contre les Samnites, l’oracle d’Apollon Pythien eut ordonné de consacrer dans le lieu le plus honorable des statues au plus brave et au plus sage des Grecs47. Elles subsistèrent jusqu’à ce que le dictateur Sylla fît bâtir le Sénat dans cet endroit. Je suis étonné de ce que les sénateurs d’alors aient donné la préférence pour la sagesse à Pythagore sur Socrate qui, par l’oracle du même dieu, avait été déclaré le plus sage des hommes ; et que pour la valeur ils l’aient accordée à Alcibiade, au préjudice de tant d’autres, particulièrement à celui de Thémistocle, en qui la valeur et la sagesse étaient réunies. On posait les statues sur des colonnes pour les élever au-dessus des autres hommes. C’est aussi ce que signifie la nouvelle invention des arcs de triomphe. Cependant cet honneur commença chez les Grecs et je crois que personne n’eut autant de statues élevées en son honneur que Démétrios de Phalères à Athènes, puisqu’on lui en érigea trois cent soixante : l’année ne passait pas encore ce nombre de jours. Elles furent presque aussitôt brisées48. Les tribus romaines en avaient élevées dans toutes les rues de Rome à C. Marius Gratidianus, qu’ils renversèrent lorsque Sylla entra dans la ville49. (Pline, chapitre VI, section 12)
23Les statues pédestres furent sans doute de très bonne heure estimées à Rome. Cependant l’origine des statues équestres est aussi fort ancienne : on en a même accordé l’honneur à des femmes, puisqu’il y en a une de Clélie, comme si ce n’était pas assez de l’avoir ornée de la toge ; tandis que Lucrèce et Brutus, qui avaient chassé les rois pour lesquels Clélie fut en otage, n’en eurent point50. Je croirais que cette statue et celle d’Horatius Coclès ont été les premières élevées par décret public, si Pison ne disait que ce furent ceux qui avaient été en otage avec Clélie et que Porsenna rendit à sa considération, qui la lui érigèrent. Car pour celle d’Attus et celles de la sybille, ce fut Tarquin ; pour celles des rois, il est vraisemblable qu’ils se les érigèrent eux-mêmes. Le hérault Annius dit au contraire que la statue équestre qui était vis-à-vis le temple de Jupiter Stator dans le vestibule du palais de Tarquin le Superbe, était celle de Valéria, fille du consul Publicola, et qu’elle s’était sauvée seule en passant le Tibre à la nage, les autres otages envoyés à Porsenna ayant été massacrés par le parti des Tarquins dans une embuscade51. (Chapitre VI, section 13)
DE LA MANIÈRE DONT LES ANCIENS REPRÉSENTAIENT LEURS DIVINITÉS
24Le dieu Mars était honoré par les Romains sous les deux noms de Gradivus et de Quirinus52 : sous le premier, il avait sa statue dans le champ de Mars, hors de la ville ; sous le second nom, sa statue était placée au milieu du Forum, dans l’intérieur de la ville.
25Vénus était représentée, chez les Lacédémoniens, les armes à la main. En Acadie, elle était noire. En Chypre, elle avait de la barbe, le sceptre viril et des habillements de femme.
26En Égypte, l’Amour était représenté avec des ailes, derrière la statue de la Fortune qui tenait devant elle une corne d’abondance.
27Dans la Thessalie, on donnait trois yeux à Jupiter. On dit que Laomédon, et ensuite le roi Priam, avaient fait placer cette statue de Jupiter dans une cour, au milieu de leur palais. C’est ce que Virgile nous apprend par cette description :
Aedibus in mediis, nudoque sub aetheris axe
Ingens ara fuit juxtaque veterrima laurus
Incumbens arae atque umbra complexa Penates.
Au milieu du palais de Priam, et sans aucune autre couverture que celle du ciel même, il y avait un grand autel, proche duquel s’élevait un laurier très ancien, appuyé contre l’autel et qui couvrait de son ombre les dieux tutélaires de ce palais.
Virgile, Enéide, II53
28Lorsque Troyes fut surprise par les Grecs, Priam, accompagné d’Hécube sa femme, et de ses filles, s’était réfugié vers ce même autel, embrassant les simulacres des dieux qu’il invoquait vainement, car il y fut massacré de la main de Pyrrhus.
29Sténébus, fils de Campaneus, fit transporter ensuite cette statue à Larisse. Or, quel que soit l’artiste qui a fait cette figure, je crois que les trois yeux qu’on y remarque sont le symbole de la triple puissance de Jupiter : de deux yeux il regarde la terre et la mer, et du troisième il regarde le ciel.
30On représentait le roi Lysimachus avec une corne au front, parce qu’un taureau qu’Alexandre était prêt de sacrifier ayant rompu ses liens et s’étant échappé, ce roi, saisissant le taureau par les cornes, l’arrêta avec ses deux mains et le ramena au lieu du sacrifice.
31On met une étoile sur le front de Jules César, parce qu’on aperçut, dit-on, une comète dans le ciel le jour qu’il fut assassiné en plein Sénat.
32On représente Marcus Brutus avec un petit chapeau et deux petits poignards, parce que le jour de son forfait, le peuple courut par la ville, un chapeau sur la tête (le chapeau est l’emblème de la liberté), et qu’il parut que les poignards dont s’étaient servi Brutus et Cassius étaient les instruments qui avaient rétabli la liberté dans Rome.
33Les Romains avaient coutume de joindre et de dédier ensemble, dans leurs gymnases ou collèges, les statues de Mercure et de Minerve : Cicéron les appellait Hermathènes, c’est-à-dire, statues de Mercure et de Minerve, posées sur un même piédestal (Lettres de Cicéron à Atticus, livre I, lettre 254). Ce que vous m’écrivez (dit-il) au sujet de votre Hermathène, m’a fait le plus grand plaisir : c’est un ornement très convenable à notre académie, parce que Hermès est commun à toutes les sciences et que cette académie est consacrée particulièrement à Minerve. Or les Hermathènes ressemblaient aux autres statues d’Hermès ; c’étaient des piédestaux plutôt que des statues, dont les têtes pouvaient se changer ; et lorsqu’on y plaçait les deux têtes de Mercure et de Minerve jointes ensemble, on les appelait Hermathènes : ce nom étant composé de deux mots grecs, ‘Ερμñς, Mercurius, et Ὰθηνή, Minerva.
DES COLOSSES LES PLUS CÉLÈBRES
34Pour la hardiesse de la grandeur des figures, il y en a des exemples innombrables, puisque nous voyons qu’on a imaginé des masses énormes de statues appelées colossales, qui sont égales à des tours55. Tel est l’Apollon au Capitole, apporté de la ville d’Apollonie dans le Pont par M. Lucullus. Il a trente coudées de haut et a coûté 500 talentsb. Tel est le Jupiter du champ de Mars, consacré par Cl. César56 et qu’on appelle Pompéien, parce qu’il est proche du théâtre de ce nom. Tel est celui de Tarente, fait par Lysippe : il a quarante coudées. Ce qu’il y a d’étonnant c’est que, par la justesse de son équilibre, on peut (dit-on) le mouvoir à la main, sans cependant qu’aucun ouragan puisse le renverser. On dit que l’artiste a prévenu cet inconvénient en opposant une colonne à peu de distance de la statue, du côté où il fallait principalement rompre le vent. La grandeur et la difficulté de la mouvoir ont empêché Fab. Verrucosus d’y toucher, quand il a transporté du même endroit l’Hercule qui est au Capitole57.
35Le plus admiré de tous les colosses fut celui du Soleil à Rhodes : il avait été fait par Charès de Linde, élève de Lysippe58. Cette figure avait soixante-dix coudées de hauteur. Elle fut renversée, cinquante-six ans après, par un tremblement de terre, mais toute abattue qu’elle est, on ne saurait s’empêcher de l’admirer. Il y a peu d’hommes qui puissent embrasser son pouce ; ses doigts sont plus grands que la plupart des statues ; le vide de ses membres rompus ressemble à l’ouverture de vastes cavernes. On voit au-dedans des pierres d’une grosseur extrême, dont le poids l’affermissait sur sa base. On dit qu’elle fut douze ans à faire et qu’elle coûta 300 talentsc, qui furent le prix des approvisionnements que le roi Démétrius avait laissés devant la ville quand il en leva le siège, ennuyé de sa longueur. (Pline, livre XXXIV, chapitre VII, section 18)
36Ce colosse demeura abattu comme il était sans qu’on y touchât pendant huit cent quatre-vingt-quatorze ans, au bout desquels, l’an de Jésus-Christ 672, Moawias, le sixième calife ou empereur des Sarrasins, ayant pris Rhodes, le vendit à un marchand juif qui en eut la charge de neuf cents chameaux. C’est-à-dire qu’en comptant huit quintaux pour une charge, l’airain de cette statue, après le déchet de tant d’années par la rouille, etc., et de ce qui vraisemblablement en avait été volé, se montait encore à sept cent vingt mille livres, ou à sept mille deux cents quintaux (Prideaux, 2e partie, livre II)59.
37Il y a encore dans la même ville cent autres colosses plus petits, mais qui suffiraient chacun pour illustrer la ville où ils seraient. Outre ceux-là, il y a cinq colosses de dieux, faits par Briaxis60. L’Italie a produit aussi des colosses : car nous voyons, dans la bibliothèque du temple d’Auguste, l’Apollon toscan61 qui a cinquante pieds depuis le pouce et dans lequel on ne sait ce qui est le plus admirable ou du bronze, ou du travail. Sp. Carvilius, avec les cuirasses, les casques et les armures de jambes des Samnites vaincus, a fait faire un Jupiter qui est au Capitole62. Sa grandeur est telle qu’on le voit de la place où est le Jupiter Latiarius63. De la limaille de cette statue il fit faire la sienne, qui est aux pieds de celle du dieu. Deux têtes, au même Capitole, attirent l’admiration : elles ont été consacrées par le consul P. Lentulus. L’une est faite par Charès, dont nous avons parlé plus haut ; l’autre par Décius64. Mais celle du dernier perd tant à la comparaison qu’elle paraît l’ouvrage d’un artiste absolument sans mérite.
38Mais de notre temps, Zénodore a surpassé toutes les grandes figures de cette espèce par un Mercure qu’il a fait dans une ville des Gaules en Auvergne65. Elle fut dix ans à faire et coûta 400 000 petits sestercesd. Après que cet artiste eut assez fait connaître son talent dans ce pays, il fut appelé à Rome par Néron dont il fit la statue colossale de cent dix pieds de hauteur. Elle fut ensuite consacrée au Soleil, les crimes de ce prince ayant fait détester sa mémoire66. Nous admirions dans son atelier la ressemblance parfaite non seulement dans la figure de terre qui fut le modèle de l’ouvrage, mais encore dans les petits modèles ou esquisses qui avaient servi d’études pour le grand. Cette statue fit voir que l’art de fondre le bronze était perdu, car Néron était disposé à ne pas ménager l’or et l’argent et Zénodore n’était inférieur à aucun des anciens statuaires pour la science de modeler et de réparer. Lorsqu’il faisait sa statue en Auvergne, il copia pour Vibius Avitus, gouverneur de la province, deux vases ciselés de la main de Calamis dont César Germanicus, qui les aimait beaucoup, fit présent à Cassius Silanus, oncle d’Avitus, son précepteur. La copie était si exacte qu’à peine pouvait-on apercevoir quelque différence dans le travail. Ainsi, plus Zénodore était habile, plus il est aisé de voir qu’on avait perdu l’art de fondre le bronzee. (Pline, suite de la section 18 ci-dessus)
39Les planches XXXIII et XXXIV, XXXV et XXXVI offrent la représentation de diverses têtes caractérisées, pour des statues plus grandes que le naturel.
40La planche XXXVII contient quatre têtes d’Athéniens dans différentes attitudes, tirées des monuments antiques.
Notes de bas de page
a Ces vers sont tirés d’une traduction des deux premiers livres de l’Iliade en vers latins, faite par Camerarius, in-quarto, imprimée à Strasbourg en 1538
b Deux millions trois cent cinquante mille livres.
c Un million quatre cent dix mille livres.
d Quatre cent mille livres.
e Voyez la réfutation de cette absurdité de Pline, dans une des notes que M. Falconnet a ajoutées à sa traduction des livres XXXIV, XXXV et XXXVI de cet auteur, imprimée à Amsterdam en 1772, in-8°, p. 41.
1 L’essentiel de ce chapitre est copié du De sculptura (1504) de Pomponio Gaurico : cf. préface, p. 31.
2 Pariles. A. Chastel et R. Klein (De sculptura, éd. 1969, p. 102) traduisent « grandeur nature ».
3 Liste hétéroclite, recopiée de P. Gaurico, ibid., p. 102-103. Clélie, dans le manuscrit de Ganay (f° 49r°) et dans P. Gaurico (p. 103) est dite virago, ce que A. Chastel et R. Klein traduisent par « vierge ». Sur ce personnage, voir infra, note 133.
4 La série est plus cohérente, avec les fondateurs mythiques des États grecs et de Rome, et les hommes politiques dont l’existence est historique. Elle est copiée de nouveau de P. Gaurico (ibid.).
5 Virgile, Énéide, IV, 654. La citation figure dans P. Gaurico (ibid.)
6 Même liste dans P. Gaurico (ibid.), mais le premier nom, ainsi que dans le manuscrit de Ganay (f° 49r°) est Liber Pater, l’ancienne divinité avec laquelle Bacchus fut confondu par la suite.
7 Les trois explications figurent dans P. Gaurico (ibid.), mais l’auteur y exprime une préférence marquée (uti ego opinor) pour la première. Le manuscrit de Ganay (ibid.) marque de même : ut opinor. Les étymologies proposées sont fautives.
8 Référence erronée. Le manuscrit de Ganay (f° 43v°) inscrit justement : Plin., lib. 37, cap. 8.
9 Si la nomenclature reste fidèle à P. Gaurico (parvae), les mesures des « petites statues » ne suivent pas la subdivision proposée par l’écrivain italien : celui-ci (De sculptura, éd. 1969, p. 104-105) fixe la limite inférieure de ce type d’œuvre au-dessus des six-neuvième de la grandeur nature, alors que les textes français et latin (ms. de Ganay, f° 49v°) de la Théorie définissent la parva statua comme égale aux trois-quarts de la taille humaine réelle.
10 Chez P. Gaurico (ibid.), les mesures des minores statuae sont comprises entre le tiers et les deux tiers de la taille normale, celles des minimae statuae étant inférieures au tiers.
11 Tout ce passage, depuis « Voici, ce me semble », y compris la citation d’après l’Odyssée, XVI, 173 sq., suit de nouveau P. Gaurico (ibid., p. 106-107). Dans le De sculptura et dans le manuscrit de Ganay (f° 49v°) la deuxième citation d’Homère est mentionnée au style indirect. Jombert, fidèle à son goût pour l’érudition, choisit d’isoler le vers.
12 Jombert pense certainement au Commentarius explicationis primi libri Iliados Homeri, Ioachimi Camerarii Pabergensis. Ejusdem libri primi Iliados conversio in latinos versus, eodem autore…, Strasbourg, 1538-1540 – mais les vers cités se trouvent au livre XVI de… l’Odyssée, 173 sq.
13 De nouveau, le texte suit P. Gaurico (ibid., p. 108-109) ; mais alors que le manuscrit de Ganay (ibid.) est fidèle à la version laconique de l’écrivain italien (Tunc ille Aeneas ?/nonne ex superiore illa causa processerat,/Os humerosque deo similis), Jombert cède au plaisir d’une citation plus longue (Énéide, I, 588-592).
14 Xénophon, Cyropédie, VIII, III, 13-14.
15 Le texte de ce paragraphe suit encore P. Gaurico. La référence à Quinte-Curce vient de l’Historia Alexandri Magni, VI, V (notamment § 13) – il n’y est pas question d’ériger une statue plus grande que nature.
16 Le mot latin simulacra, dans P. Gaurico et dans le manuscrit de Ganay (f° 50r°), est précédé du grec εἰδῶλον. « De la Bonne-Foi » traduit Fidei, « de la Fidélité » dans la traduction d’A. Chastel et R. Klein.
17 Sic. P. Gaurico (ibid.), suivi par le manuscrit de Ganay (f° 50r°), écrit correctement ξόανα. Le mot vient du verbe ξέω, « gratter ». D’où l’explication ajoutée par Jombert, qui ne figure ni dans Gaurico, ni dans Ganay.
18 Formes correctes : εἲκελα (ms. de Ganay), βρέτεα (id.).
19 είκόνες dans le manuscrit de Ganay.
20 La transcription grecque est le fait de Jombert.
21 La traduction d’après Pline, quasi littérale, commence avec cette deuxième phrase : le passage ne figure pas dans le manuscrit de Ganay, mais est une adjonction de Jombert. Sp. Cassius, consul pour la troisième fois en 486 av. J.-C., fut condamné à mort en 485 pour avoir proposé le partage des terres publiques. Nous comparons le texte avec celui de Pline, Histoire naturelle, livre XXXIV, chapitre IV sq., dans l’édition et la traduction de H. Le Bonniec et H. Gallet de Santerre (p. 113 sq.).
22 Corps riche en carbone de consistance variable que l’on mélange à chaud à de l’huile de lin et de la cire vierge pour obtenir une matière brune très brillante.
23 La leçon de Pline est : nomen non habet vetustum, « le nom même n’en est pas ancien ».
24 L’introduction du terme latin similes est de Jombert. Pline écrit iconocas, « iconiques ».
25 Soit en 510 av. J.-C. Le meurtre d’Hipparque, victime du complot d’Harmodios et Aristogiton, eut lieu en fait en 514, et la chute de son frère Hippias en 510 av. J.-C.
26 D’après Pline : Mox forum et in domibus privatis factum (« Plus tard les maisons particulières devinrent autant de places publiques »). L’adjonction du terme « galerie » est typique de l’horizon culturel propre à Jombert.
27 Le texte suit de nouveau, à présent, le manuscrit de Ganay (f° 50v°) d’après Pline. Le passage copié est celui sélectionné dans le Pomponii Gaurici Neapolitani de sculptura liber, p. 36-37 : voir supra, préface, p. 3.
28 Achille était l’un des héros favoris des éphèbes s’exerçant dans les gymnases.
29 Les luperques, prêtres de Lupercus, ou Pan, célébraient les lupercales, le 15 février, vêtus seulement d’une peau de chèvre autour des reins.
30 Jombert éclaircit pour le lecteur l’anecdote en ajoutant « aux Numantins », précision absente chez Pline : le consul C. Hostilius Mancinus avait été livré en 137 par le Sénat aux Numantins qui l’avaient obligé à capituler. Il fut réhabilité par la suite.
31 Le poète tragique L. Accius (170-vers 86 av. J.-C.).
32 La leçon de Pline est Equestres utique statuae Romanam celebrationem habent : « les statues équestres sont en grande faveur à Rome ».
33 Les magistrats qui présidaient aux jeux qui se déroulaient sur le Circus Maximus faisaient ce tour pour marquer leur ouverture.
34 Consul en 338 av. J.-C., triomphateur, avec son collègue L. Furius Camillus, des Latins et victorieux à la bataille navale d’Antium la même année.
35 Allusion à la victoire de Myllae, en 260 av. J.-C. La colonne est aujourd’hui au palais des Conservateurs, à Rome.
36 La leçon de Pline est unciara stipe conlata (« avec le produit d’une cotisation d’une once par personne »), allusion à la stips, offrande de menue monnaie faite par le peuple. L’événement se passa en 439 av. J.-C. On remarquera que Jombert, homme de l’Ancien Régime, modernise « préfet de l’annone » (praefec[us] annonae) en « intendant des vivres ».
37 Attus Navius était un augure célèbre au temps de Tarquin l’Ancien.
38 Le personnage est connu pour avoir été chassé d’Éphèse parce qu’il était trop éminent.
39 Allusion au célèbre exploit réputé avoir eu lieu en 508 av. J.-C.
40 Le premier fut tribun en 27 av. J.-C. ; le second, consul en 31 av. J.-C.
41 Cette phrase est, pour les dates, en contradiction avec la précédente ; et c’est à Tarquin le Superbe que la Sybille aurait apporté les livres sybillins. La copie d’après Pline s’arrête là dans le manuscrit de Ganay. Les lignes qui suivent, toujours empruntées à Pline, sont ajoutées par Jombert.
42 Allusion aux batailles de 306 av. J.-C., qui mirent fin à la deuxième guerre samnite.
43 En 438 av. J.-C.
44 Ou plutôt Teuta. Nouvel exemple d’ambassade mise à mort : l’événement eut lieu en 230 av. J.-C.
45 La correction, exacte, qui rapporte l’anecdote à C. Popilius Laenas, envoyé en ambassade auprès d’Antiochus IV Épiphane en 168 av. J.-C, plutôt qu’à Cn. Octavius, prouve l’usage par Jombert d’une édition savante de l’Histoire naturelle.
46 On lit, chez Pline, Taracia Gaia, ou Fufétia : peut-être la Tarquinia à propos de laquelle Plutarque raconte la même histoire (Publicola, 8).
47 En 343 av. J.-C.
48 Allusion aux événements de l’année 307, au cours de laquelle Démétrios de Phalères fut chassé d’Athènes.
49 C. Marius Gratidianus, un moment très populaire pour avoir promulgué un édit destiné à lutter contre la fraude sur les monnaies, fut atrocement supplicié lors de l’arrivée de Sylla.
50 La statue de L. Brutus, qui chassa de Rome les Tarquins, est la seule dont nous conservons le souvenir : elle était dressée sur le Capitole et figurait le héros l’épée dégainée.
51 Clélie, emmenée comme otage avec d’autres prisonniers par le roi Porsenna, s’échappa en traversant à la nage le Tibre et obtint la libération de ses compagnons ; son histoire constitue une des légendes les plus célèbres de Rome. Annius : l’historien Annius Fétialis.
52 Avec ce paragraphe, Jombert suit de nouveau, sans rien y ajouter, le manuscrit de Ganay (f° 51r°). Nous n’avons pas identifié la source du manuscrit mais il est probable qu’il s’agit ici de notes de lecture diverses.
53 Vers 512-514. La citation, dans le manuscrit de Ganay, s’arrête au milieu du deuxième vers, après Ingens ara fuit.
54 Il s’agit en fait de la quatrième lettre (Hermathena) du livre I.
55 De nouveau, Jombert ajoute du texte : ce passage, retour à Pline (XXXIV, XVIII) est sans équivalent dans le manuscrit de Ganay. Il se substitue aux folios 52r° et v°, Super figura humana discursus cabalisticus.
56 L’empereur Claude.
57 En 209 av. J.-C., lors de la reprise de Tarente. Pour d’autres auteurs, des scrupules religieux, et non des raisons matérielles, l’en auraient empêché.
58 Attribuée à Charès de Lindos, cette effigie d’Hélios, le dieu national de l’île, comptait parmi les sept merveilles du monde.
59 Humphrey Prideaux, auteur anglais du xviie siècle. Son Histoire des Juifs et des peuples voisins, depuis la décadence des royaumes d’Israël et de Judas jusqu’à la mort de Jésus-Christ et sa Vie de l’imposteur Mahomet, recueillie des auteurs arabes, persans, hébreux, en particulier, ont connu de nombreuses traductions françaises au xviiie siècle. L’anecdote vient de l’Histoire des Juifs, éd. 1706, p. 204.
60 Ou Byaxis. Retour à Pline, XXXIV, XVIII.
61 Tuscanicum Apollinem, dans le texte de Pline : « l’Apollon Étrusque ».
62 La victoire du consul Sp. Carvilius sur les Samnites date de 293 av. J.-C.
63 Latiari Jove, dans le texte de Pline : « Jupiter Latial ».
64 Pour Charès, voir supra, p. 84, et note 140. Décius : nom mutilé dans le texte de Pline, arbitrairement reconstitué par Jombert.
65 Mercure était particulièrement vénéré en Gaule. De cette statue et de son auteur, on ne sait rien d’autre que ce que dit Pline.
66 Le colosse de Néron fut dédié au Soleil sous Vespasien.
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