L’être anténatal
Dynamiques parentales, médicales et juridiques
Victoire féministe, l’allongement du délai légal de l’interruption volontaire de grossesse confère aux femmes une autonomie corporelle qui semble a priori peu compatible avec l’attention portée aujourd’hui à l’embryon et au fœtus. Ceux-ci, grâce aux progrès de l’imagerie médicale et des biotechnologies, s’imposent comme des êtres sociaux, inclus dans des dynamiques parentales, médicales et juridiques. Dans ce contexte apparemment paradoxal, comment la société française met-elle en place des proc...
Éditeur : Éditions de la Maison des sciences de l’homme
Lieu d’édition : Paris
Publication sur OpenEdition Books : 8 octobre 2024
ISBN numérique : 978-2-7351-3071-9
DOI : 10.4000/12fmp
Collection : Ethnologie de la France et des mondes contemporains
Année d’édition : 2024
ISBN (Édition imprimée) : 978-2-7351-2929-4
Nombre de pages : 214
Victoire féministe, l’allongement du délai légal de l’interruption volontaire de grossesse confère aux femmes une autonomie corporelle qui semble a priori peu compatible avec l’attention portée aujourd’hui à l’embryon et au fœtus. Ceux-ci, grâce aux progrès de l’imagerie médicale et des biotechnologies, s’imposent comme des êtres sociaux, inclus dans des dynamiques parentales, médicales et juridiques. Dans ce contexte apparemment paradoxal, comment la société française met-elle en place des procédures de régulation, d’organisation et d’institution qui tentent de concilier autonomie féminine et vie anténatale ? Pourquoi le fœtus avorté à la quatorzième semaine de grossesse est-il qualifié de « déchet anatomique », tandis que, décédé lors d’une fausse couche une semaine plus tard, on délivre à leur demande aux parents un acte d’enfant sans vie ? Comment interpréter les statuts variés de l’être avant la naissance, entre « protopersonne » et résidu d’un processus biotechnique, entre « quasi-enfant » et « pièce anatomique » ? À quel moment peut-on considérer les porteurs d’un projet parental comme « parents » ? Comment sont vécues les fécondations in vitro ou les morts périnatales ? Anne-Sophie Giraud, anthropologue de la procréation au CNRS, répond à ces questions délicates et parfois polémiques à partir d’une vaste enquête portant sur les processus d’engendrement. Avec une grande rigueur scientifique et à l’aide de nombreux entretiens, L’Être anténatal démontre que l’engendrement doit être compris comme un processus de transformation physique et statutaire inscrit dans une temporalité propre et organisé autour de situations de choix.
IdRef : 195258363
Chercheuse CNRS au Laboratoire interdisciplinaire solidarités, sociétés, territoires (LISST), dont elle coordonne l’équipe du Centre d’anthropologie sociale, Anne-Sophie Giraud est spécialiste de l’anthropologie de la personne, du corps et de la parenté, ainsi que des techniques de procréation assistée. Ses travaux éclairent la construction du « devenir parent » tout au long de la grossesse ainsi que le statut de l’embryon et du foetus, dans les sociétés ouest-européennes. Elle s’intéresse plus particulièrement à deux techniques de procréation, dites sélectives, en France : le diagnostic préimplantatoire et le diagnostic prénatal. Elle observe attentivement les pratiques des professionnels de santé et des patients. En 2023, elle obtient la médaille de bronze du CNRS, qui récompense les premiers travaux de chercheurs dans leur domaine.
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