La moralisation d’une festivité culturelle au Mali

Laure Carbonnel

p. 179-196


Extrait

Lutte contre dépravation des mœurs à Bamako : La LIMAMA1 pointe un doigt accusateur sur les soirées « balani show ». (Diaby 2016.)

1Les rassemblements festifs, musicaux et dansés font-ils partie du domaine de la morale ? Ce genre d’événements semblerait bien prosaïque au regard des sujets traités par l’anthropologie de la morale et de l’éthique, tels que la violence, la souffrance, la guerre, la justice, les abus sexuels et les discriminations (Fassin 2013). Dans le même temps, les événements festifs sont fréquemment la cible de jugements et de positionnements moraux, qu’ils véhiculent parfois eux-mêmes (Bastide 1970 : 49 ; Goerg 1999). Ils se trouvent ainsi dans une triple position : ils ont une dimension morale (en tant qu’ils exposent les individus en public2), ils sont les vecteurs de jugements moraux (au travers notamment des paroles de chansons3), et ils sont aussi les sujets de moralisation (c’est-à-dire des objets de régulation).

2La question soulevée dans ce chapitre por

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