1 Ligue des imams du Mali.
2 Voir à ce sujet Skinner (2009).
3 Pour le rap, dont les chanteurs sont la cible de critiques, voir Benga (2001), Awenengo-Dalberto (2011) et Fouquet (2011 : 493-495).
4 Le français est une des langues officielles du Mali. Il s’agit avant tout de la langue de l’écrit, de l’administration, de l’enseignement, tandis que le bambara, autre langue nationale officielle depuis 1991, est une des principales langues véhiculaires (Canut 1996 : 56). Mes interlocuteurs à Bamako, acteurs de l’administration, chefs de quartiers, animateurs DJ et de radio, s’entretenaient avec moi en français, tandis que les discussions de groupe se déroulaient plutôt en bambara.
5 Onze sites Internet d’actualité (dont deux sites appartenant au journal source), référencés en fin de chapitre, ont relayé les huit articles cités. Deux n’existent plus en février 2021. Les comptes Facebook qui leur sont associés avaient, en février 2021, entre 93 000 et 634 000 abonnés. Le nombre de commentaires concernant les articles restait limité, le maximum étant de 25. Ces articles sont en français.
6 Les matériaux que je mobilise sont issus d’un premier terrain de recherche sur l’interdiction du balani show auprès de différents acteurs à Bamako (DJ, grins, animateurs radio, présidents d’association, loueurs de matériel, membres de l’administration dans la commune IV, associations religieuses, centres culturels). Cette étude a été financée par la Fondation Max Weber dans le cadre du programme de recherche « La bureaucratisation des sociétés africaines », coordonné par le Centre de recherche sur les politiques sociales (CREPOS, Dakar) et l’Institut historique allemand (IHA, Paris).
7 Le fonctionnaire de mairie rencontré lors de cette recherche évoqua deux autorités coutumières, le chef de quartier et le chef religieux musulman.
8 L’article le plus détaillé concernant le déroulement de la conférence est celui d’Abdoulaye Koné (2016) relayé sur sept sites Internet d’actualité (dont une revue de presse).
9 Le président était Mahmoud Dicko, dit d’obédience wahhabite, un mouvement réformiste qui s’est développé au Mali à partir de 1945 (Prud’homme 2016 ; Amselle 1985). Son adjoint, qui était Chérif Ousmane Madani Haïdara, est à la tête d’un mouvement international, Ançar Dine (différent de celui des combattants islamistes), très influent (Holder 2012). Il a succédé à Mahmoud Dicko en 2019.
10 En effet, le Haut Conseil islamique a été fondé en 2002 pour qu’un interlocuteur unique puisse faire le lien entre l’État et les multiples associations religieuses (Keïta 2011).
11 « Trois semaines après son adoption, tandis que la LIMAMA [Ligue des imams du Mali] prononce une fatwa contre le code, le HCIM [Haut Conseil islamique du Mali] organise plusieurs marches de protestation, ainsi qu’un meeting au Stade du 26 mars de Bamako pour s’opposer publiquement à la promulgation du nouveau code. Ce meeting constitue le premier happening politique du HCIM. Face à l’ampleur de la mobilisation, le président Amadou Toumani Touré renvoie rapidement le code en seconde lecture – acte anticonstitutionnel, puisqu’une loi votée ne peut être ainsi renvoyée. Un nouveau texte est élaboré puis adopté deux ans et demi plus tard par la même Assemblée nationale. » (Prud’homme 2016 : 139.)
12 D’après deux animateurs radio ayant pris part au débat, celui-ci n’a pas été relayé par l’Office de radiodiffusion télévision du Mali, ORTM, le média public du pays.
13 Le lien entre Code de la famille et censure culturelle est mentionné par Odile Goerg puisque la censure cinématographique a mené à sa modification (Goerg 2012).
14 Là où le respect du lignage pouvait être aussi un argument de poids pour justifier une conduite.
15 Pierre Prud’homme relate un débat à ce sujet (2016 : 398-402).
16 Gilles Holder (2012) décrit également la dimension bureaucratique du mouvement religieux de Chérif Ousmane Madani.
17 Les études sur le foncier, notamment, montrent que la bureaucratisation des pratiques des acteurs est une manière de se défendre face à celles jugées injustes de l’État (communication de Lamine Doumbia).
18 Cet argument n’a rien de spécifique au Mali, puisque Philippe Joron (2012) l’a également noté dans le Pays basque.