Détruire pour protéger ?
Une question morale autour de la profanation des tombes au Pérou
p. 123-140
Extrait
1Vingt ans après la conquête du Pérou, le chroniqueur espagnol Pedro Cieza de León (1520-1554) écrivait, extasié, que les huacas, les monuments funèbres, étaient pleines de trésors et que « ce qu’on a enlevé n’est rien face à ce qui est perdu dans la terre, enterré dans les sépultures des rois et caciques » (cité in Zevallos Quiñones 1994 : 10). Nulle part ailleurs en Amérique, l’ouverture de tombes n’a été plus profitable que dans le Pérou du xvie siècle, où le pillage de celles des riches souverains locaux a bénéficié aux fortunes impériales espagnoles (Heaney 2016). Ce que nous qualifions aujourd’hui de « pillage » était alors une activité systématique, légale et publique, organisée par les compañías de huacas, des entreprises d’extraction des objets précieux contenus dans les tombes des gouverneurs locaux. Ces compagnies ont représenté un modèle pionnier qui, par le truchement des traductions des chroniques des cosmographes, attirait l’attention d’autres pays colonisateurs
Les formats HTML, PDF et ePub de cet ouvrage sont accessibles aux usagers des bibliothèques partenaires qui l’ont acquis. L’ouvrage pourra également être acheté sur les sites des libraires partenaires, aux formats PDF et ePub, si l’éditeur a fait le choix de cette diffusion commerciale. Si l’édition papier est disponible, des liens vers les librairies sont proposés sur cette page.
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Le patrimoine culturel immatériel au seuil des sciences sociales
Actes du colloque de Cerisy-la-Salle, septembre 2012
Julia Csergo, Christian Hottin et Pierre Schmit (dir.)
2020
Daniel Fabre, l'arpenteur des écarts
Actes du colloque de Toulouse, février 2017
Nicolas Adell, Agnès Fine et Claudine Vassas (dir.)
2021
Daniel Fabre, le dernier des romantiques
actes du colloque de Paris, octobre 2018
Sylvie Sagnes et Claudie Voisenat
2021
