Introduction
p. 15-17
Résumés
Cette publication est l’aboutissement d’une fouille de sauvetage réalisée de 1968 à 1971 à l’emplacement de la source minérale des Roches à Chamalières, lors de la construction d’un ensemble d’immeubles. Les ex‑voto découverts s’inscrivent dans une tradition de dévotion populaire, largement attestée dans le monde antique, qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours.
The present publication concludes a rescue excavation carried out from 1968 to 1971 prior to construction work undertaken on the Roches mineral‑water springs site at Chamalières. The ex‑voto discovered there form part of a folk‑worship tradition which is well‑documented for Antiquity and which has continued up to the present day.
Diese Veröffentlichung ist das Ergebnis einer Rettungsgrabung, die von 1968 bis 1971 an der Stelle der Mineralquelle "des Roches" in Chamalieres anlässlich des Baus eines Gebäudekomplexes durchgeführt worden ist. Die entdeckten Ex‑voto stehen im Zusammenhang mit einem frommen Volksbrauch, der in der antiken Welt sehr verbreitet war und sich bis heute erhalten hat.
Texte intégral
1Les ex‑voto trouvés de 1968 à 1971 dans la source des Roches méritent par l’importance de leur nombre et la qualité de leur facture une étude synthétique, thématique, typologique et stylistique, qui suivra la relation de leur découverte. Ce sont des offrandes dont il est intéressant de recenser les types représentés et d’examiner la fréquence et l’originalité par rapport à celles qui sont connues ailleurs. Mais ce sont aussi des sculptures pour lesquelles l’étude de la technique permet de comprendre comment l’interprétation des thèmes dans chaque série a abouti à la création de trois styles différents.
2Durant des siècles, les hommes ont déposé par milliers des ex‑voto dans des lieux qu’ils considéraient comme sacrés. Puis ces ex‑voto ont été jetés, dispersés et oubliés. Depuis quelques années, alors même que dans notre civilisation actuelle ils ont presque disparu, les ethnologues et les historiens des religions ou de l’art populaire se sont appliqués à les exhumer de notre mémoire collective à travers de nombreuses études et expositions1. Par une curieuse coïncidence, les découvertes archéologiques des ex‑voto gallo‑romains des sources de la Seine en 1963, puis de ceux de Chamalières en 1968 ont précédé de peu ce phénomène, et sont apparues comme extraordinaires car on avait oublié les immenses dépôts d’ex‑voto mis au jour autrefois en Gaule, et plus encore en Grèce et en Italie, auxquels personne n’avait attaché grande importance en raison du peu de valeur artistique des objets qui les composaient2. Il est pourtant nécessaire de prendre en compte ces trouvailles anciennes, en même temps que les études effectuées sur les ex‑voto modernes ou antiques afin de situer la découverte de Chamalières dans un contexte plus large, et de mieux apprécier son intérêt et son originalité.
3Dans le monde gréco‑romain où ces offrandes étaient particulièrement répandues, on les connaît par la découverte de favissae qui recueillaient les objets encombrant les sanctuaires et par les inventaires des temples sur lesquels étaient consignés les dons, comme le célèbre inventaire de l’Asklepeion d’Athènes3. Les fouilles ont essentiellement livré des terres cuites, mais les inventaires mentionnent également des ex‑voto en or ou en argent qui ne nous sont pas parvenus. Partout étaient dédiés à la divinité des corps entiers, mais surtout des parties du corps découpé en tous sens selon les maladies des fidèles : cheveux, yeux, bouches, nez, mâchoires, dents, oreilles, seins, bras, mains, poitrines, cœurs, hanches, organes sexuels, jambes, pieds, bassins, moitiés de visages ou de corps. On offrait aussi des animaux, des tableaux, des objets de parure, des armes, des instruments de cuisine4.
4Les sites les plus célèbres sont ceux de Crète (Petsofa), de Grèce (Athènes, Corinthe, Corfou, Cos, Délos, Elatée, Epidaure, Mantinée, Olympie, Tégée), d’Albanie (Butrinto), de Chypre, de Rhodes, de Turquie (Asclépios, Éphèse, Pergame), et surtout d’Italie (plus de 160 lieux, dont Ardea, Atri, Bolsena, Cales, Capoue, Carsoli, Cerveteri, Chiusi, Cosa, Falerii, Gabii, Garigliano, Lucera, Norba, Paestum, Palestrina, Pyrgi, Rome, Satricum, Tarquinii, Teano, Véies, Vulci)5.
5Dans les sanctuaires gallo‑romains, les ex‑voto anatomiques abondaient près des sources dont l’eau purificatrice était censée débarrasser les pèlerins de leurs maladies : il en provient d’Alise‑Sainte‑Reine, Beire‑le‑Châtel (Côte‑d’Or) ; Bourbonne‑les‑Bains (Haute‑Marne) ; La Douix à Châtillon‑sur‑Seine, Essarois (Côte‑d’Or) ; Genainville (Val‑d’Oise) ; la forêt d’Halatte (Oise) ; Luxeuil (Haute‑Saône) ; Massingy‑les‑Vitteaux (Côte‑d’Or) ; Montbouy (Loiret) ; Montlay‑en‑Auxois (Côte‑d’Or) ; Saint‑Amand‑les‑Eaux (Nord) ; Sainte‑Sabine, les sources de la Seine (Côte‑d’Or) et Traînou (Loiret)6. En Auvergne, on en a recensé quelques rares exemplaires à Coren (Cantal), et peut‑être Bas‑et‑Lezat (Puy‑de‑Dôme)7. Les plus nombreux, après ceux de Chamalières, restent ceux des sources de la Seine et de la forêt d’Halatte.
6Cette coutume d’offrir des ex‑voto à la divinité persiste encore à l’Époque moderne dans différents pays, notamment en Inde, au Sri Lanka, en Afrique, et dans les pays de religion catholique ou orthodoxe d’Amérique (Brésil, Pérou, Bolivie, Mexique, Canada, Porto‑Rico, Cuba) et d’Europe (Allemagne, Autriche, Grèce, Italie, Espagne, Portugal, Turquie, Belgique, Suisse, Tchécoslovaquie, Pologne, Yougoslavie). En France, ils étaient surtout fréquents jusqu’au siècle dernier en Bretagne, en Provence, en Alsace et en Lorraine8. Ce peuvent être, suivant les lieux et les époques, des plaques de métal plus ou moins précieux, des moulages de cire ou de stéarine de dimensions variées, des figurations en bois, carton, papier mâché, cuir ou pain, ou encore des peintures ou broderies sur divers supports9.
7En effet, après le haut Moyen Âge durant lequel les offrandes votives considérées comme païennes par l’Église primitive ont été remplacées par des cierges10, les figurations anatomiques ont réapparu dès le Xe s., généralement moulées dans la cire, puis, à partir du XIIe, et surtout aux xvie et xviie en métal et autres matériaux11. Et, de même que dans l’Antiquité, les ex‑voto étaient déposés dans la source sacrée ou à ses abords12, de même à l’époque chrétienne, ils ont été portés dans les églises et placés devant les tombeaux, les reliques ou les statues des saints13, souvent encore à proximité de sources, même s’il n’y a pas eu de réelle continuité entre culte païen et culte chrétien14.
8Si l’ex‑voto se retrouve ainsi dans presque toutes les religions, tous les pays et à toutes époques, c’est parce qu’il relève du rapport essentiel de l’homme et de la divinité15 dont il est le témoignage aux yeux de tous, en même temps que glorification de la puissance divine. Le don de cet objet symbolique à l’occasion d’un pèlerinage peut être solennel ou public, mais aussi individuel, sans l’intervention du clergé, directement de l’homme à son dieu : c’est donc un geste adapté aux différentes mentalités et sensibilités. De même, cette offrande peut‑elle être la manifestation d’une superstition magique dans la mesure où l’homme cherche à forcer la bienveillance de la divinité par la conclusion d’un marché, mais aussi le témoignage d’un sentiment religieux et un acte de foi. Selon le moment enfin où il est donné, l’ex‑voto peut avoir deux significations différentes : remerciement quand il est donné après l’obtention d’une faveur, demande quand il est offert pour l’exécution d’un vœu, particulièrement en vue d’une guérison escomptée. Sauf exception, notamment lorsqu’il porte une inscription de reconnaissance16, il est impossible de savoir si la consécration se faisait dans l’Antiquité avant ou après la réalisation du vœu ; vraisemblablement, elle pouvait se faire dans les deux situations comme à l’époque moderne à Barcelone, où les moulages de cire représentant des jambes ou des bustes d’enfants sont suspendus indifféremment avant et après la guérison demandée17.
9À l’origine, l’ex‑voto semble avoir été le substitut d’une offrande en nature, le don d’une représentation de personnage remplaçant le sacrifice18 ; il est ensuite resté l’image du donateur auprès de la divinité, ce qui explique l’importance des ex‑voto anthropomorphes par rapport aux ex‑voto symboliques19 en même temps que le faible nombre d’ex‑voto pathologiques20. Ces témoignages de dévotion populaire sont souvent de fabrication peu soignée, relevant d’un art de sanctuaire où le signifié paraît primer sur le signifiant21. Il arrive cependant que l’art, trouvant sa revanche sur l’utile22, perce à travers certains ex‑voto et c’est le cas à Chamalières.
Notes de bas de page
1 Études : Arrouye 1978 ; Cousin 1977 1981, 1982, 1983 ; Creux 1979 ; Cuisenier 1975 ; Lavedrine de Courcelles 1976, p. 408-417 ; Loubet 1977 ; Vovel le 1977 ; Provence historique, 33, 1983, etc.
Catalogues d’expositions : Ex-voto du Roussillon 1976 ; Ex-voto marins du Ponant 1976 ; Puglia Ex-voto 1977 ; Ex-voto du terroir marseillais 1977 ; Ex-voto marins de Méditerranée 1978 ; Religions et traditions populaires 1979-1980, p. 118-131, etc.
2 Darembert, Saglio 1877-1919, 2, art. donarium, p. 363-382.
3 Girard 1881, p. 114-116 ; Girard, Martha 1878, p. 419-445.
4 Daremberg, Saglio 1877-1919, art. cit.
5 En Crète, Petsofa : Myres 1903 ; Dussaud 1914, p. 397, fig. 293 ; Rutkowski 1991, p. 58-102.
En Grèce : Pottier 1890, p. 285 ; Rouse 1902, p. 209-216 ; Hollaender 1912, p. 175 ; dans le Péloponèse : Bérard 1894, p. 205 ; Athènes : Di Cesnola 1885, p. 129 ; 1903, pi. 142 ; Koerte 1893 ; Bieber 1910, p. 6, n. 1, p. 7, n. 2 ; Hollaender 1912, p. 219 ; Mayor 1959, p. 105 ; Éleusis : Pottier 1890, p. 285 ; Épidaure : Defrasse, Léchât 1895 ; Roebuck 1951 ; Corinthe : Roebuck 1951 ; Benoit, Gagnière 1954, p. 23 ; Mayor 1959, p. 116 ; Cos : Sudhoff 1927, p. 30, n. 2 ; Roebuck 1951, p. 112, Mayor 1959, p. 116 ; Délos : BCH, 50, 1926, p. 571 ; Roebuck 1951, p. 112 ; Olympie, Tégée, Élatée : Mantinée : Pottier 1890, p. 285. À Chypre : Di Cesnola 1878, 3, p. 158 ; Perdrizet 1896 ; Caubet, Helly 1971 ; Caubet 1987, 1988 ; Masson 1971 ; Rhodes : Blinkenberg 1931.
En Albanie, Butrinto : AA 46, 1931, p. 690 ; Roebuck 1951, p. 112.
En Turquie, Asclépios : exposés au musée en 1993 ; Éphèse : Hogarth 1908, p. 107-108 ; Bieber 1910, p. 7, n. 3 ; Pergame : Wiegand 1932, p. 33-34 ; Roebuck 1951, p. 112.
En Italie : Pottier 1890, p. 285 ; Deonna 1908, p. 201 ; Fenelli 1975 ; Comella 1981 ; De Cazanove 1991, 1992. Chacun de ces auteurs renvoie à une abondante bibliographie. On peut citer, entre autres : Girard 1876 ; Fernique 1877, 1878 ; Lenormant 1880 ; Von Rohden 1866 ; Rossbach 1889 ; Pasqui 1900 ; Gusman 1900 ; Borsari 1901 ; Besnier 1902 ; Winter 1903 ; Régnault 1910 ; Della Seta 1918 ; Lévi 1926 ; Stuart Jones 1926 ; Minto 1929 ; Lévi 1935 ; Giglioli 1935 ; Mingazzini 1938 ; Bartoccini 1940 ; Breitenstein 1941 ; Forti 1950 ; Cederna 1951, 1953 ; Fasolo, Gullini 1953 ; Maule, Smith 1959 ; Paglieri 1960 ; Thomasson 1961 ; Garofano Venosta 1961 ; Tabanelli 1962, 1963 ; Decouflé 1964 ; Hafner 1965 ; Blasquez 1961, 1963, 1968 ; Calvani-Marini 1968 ; Brandizzi-Vitucci 1968 ; De Laet, Desiterre 1969 ; Bartoloni 1970 ; Vagnetti 1971 ; Bonghi-Jovino 1965, 1971 ; Sommella 1972 ; Torelli, Pohl 1973 ; Roma Medio Repubblicana 1973 ; La Regina 1975 ; Bedello 1975 ; Marinucci 1976 ; Gatti Lo Guzzo 1978 ; Santoro 1979 ; Pensabene et al. 1980 ; Rizzello 1980 ; Steigrâber 1980 ; Enea nel Lazio 1981 ; Elvira 1981 ; Comella 1982, 1986, Le Gall 1953, 1956, 1987, 1988 ; D’Ercole 1990 ; Heldrïng, Stibbe 1990.
6 Bonnard, Percepied 1908 ; Vaillat 1932 ; Grenier 1960 ; Deyts 1967, 1983.
À Alise-Sainte-Reine : Espérandieu 1909, 1910, 1912 ; Esp. III, 2387-2390, IX, 7132-7145 et XI, 7683, 7691 ; Rabeisen 1992. À Beire-le-Châtel : Morillot 1878-1884 ; Bulliot 1890, p. 133-134 ; Esp. IV, 3624, 3628, 3631- 3632, 3636 ; Deyts 1976, nos 9-54. À Bourbonne-les-Bains : Deyts, Krautter 1977 ; Rameau 1978 ; Bourbonne-les-Bains 1978 ; Frézouls 1979, p. 428-432 ; Deyts 1983, p. 188-189. À Châtillon-sur-Seine/La Douix : Buvot 1998. À Essarois : Mignard 1847-1852 ; Esp. 3411-3439 ; Daviet 1961-1965 ; Deyts 1983, p. 190-191. À Genainville : Mitard 1983 ; Joly 1987. À Halatte : De Saint-Aymour 1874 ; 1905 ; Régnault 1910 ; Esp. V, 3864-3889. À Luxeuil : Delacroix 1866 ; Desjardins 1880 ; Roussel 1924 ; Esp. VII, 5347, X, 7286 ; Lerat 1960 ; Deyts 1983, p. 185-188 ; Luxovium 1991. À Massingy-les-Vitteaux : Bruzard 1866 ; Bulliot 1889, p. 94-98 ; Esp. III, 2391-2401. À Montbouy : De Gaumont 1861 ; Desnoyers 1884, p. 159 ; Bonnard, Percepied 1908, p. 275 ; Esp. IV, 2970, XV, 9162 ; Deyts 1983, p. 191-192 ; Debal 1986. À Montlay-en-Auxois : Dupont, Olivier 1984 ; Gaillard De Semainville 1985 ; Dupont 1986. À Saint-Amand-les-Eaux : Bottin 1817 ; Deyts 1983. À Sainte-Sabine : Guillemot 1861 ; Bulliot 1890, p. 297-302 ; Esp. III, 2040-2044, 2049, IX 7080-7091. Aux sources de la Seine : Baudot 1846 ; Corot 1935, 1938 ; Martin, Grémaud 1947-1953 ; Martin 1963, 1964, 1965, 1968 ; Esp. III, 2406-2449, XI, 7678-7680, XIII, 8294-8306 et XV, 9106-9141 ; Deyts 1983, 1994. ÀTraînou : Ferdière 1983.
7 – À Coren : Boudet 1889 ; Bonnard, Percepied 1908, p. 275, 407. À Bas-et-Lezat la tradition conserve le souvenir de bras votifs en terre cuite : peut-être s’agit-il de ceux signalés par Bonnard et Percepied op. cit., qui les connaissaient par Greppo 1846, p. 56 ; ce dernier les situe à Vichy. Des yeux en bronze ont aussi été trouvés à Gilly, près de Diou (Allier) à proximité d’une source qui, à l’Époque moderne, avait encore la réputation de guérir des maux d’yeux (Fournier 1961, p. 356) ; ils sont conservés au séminaire de Moulins.
8 En Inde : Tylor 1878, p. 523 ; à Palitena (Gujarat), j’en ai vu en 1999 dans le sanctuaire musulman d’Angar Pir. Au Sri Lanka : j’en ai vu en vente devant le temple de Kataragama en 1995. En Afrique : Deyts 1966, p. 203. Au Brésil : Arnaud 1964 ; Bourgeois 1991, p. 116. Au Pérou (notamment à Lima), en Bolivie (notamment à Copacabana), au Mexique (notamment à Mexico) : j’en ai vu, vendus à la porte des églises et exposés à l’intérieur, en 1979 et en 1981. B. Cousin 1983, p. 16 en signale plus généralement en Amérique du Sud, À Porto-Rico : Delaunay 1930 ; Benoit, Gagnière 1954, p. 28 ; Vidal 1974. Au Canada : Cousin 1983, p. 16. À Cuba : Missen, Beytout 1998. En Allemagne et en Autriche : Andrée 1904 ; Kriss 1931, 1953-1956 ; Roussel 1954, p. 116-118 ; Cousin 1983, p. 16. En Grèce : Régnault 1913, p. 102 ; Kriss, Kriss-Heinrich 1963, p. 141 et pl. V, 12 ; Deyts 1966, p. 203 ; Vidal, p. 21 et n. 31 ; Bourgeois 1991, p. 116 et fig. 45 (à Rhodes). En Turquie : Régnault 1913, p. 102 ; Vidal 1974, p. 21. En Pologne : Cousin 1983, p. 16. En Italie : Régnault 1913, p. 102 ; Roussel 1954, p. 120 ; Rossi 1968 ; Toschi 1970 ; Puglia ex-voto 1977 ; Loubet 1977 ; Cousin 1977, p. 5-9 et surtout 10-11 (approche bibliographique) ; Nastasi 1983 ; Borello 1983. En Espagne : Régnault 1913, p. 102 ; Benoit, Gagnière 1954, p. 28 (musée de Madrid ; chapelle de l’île de Majorque) ; Amades 1952 ; Vertet 1962 ; Cousin 1977, p. 10-11 ; Pares 1983. Au Portugal : Régnault 1913, p. 102 ; Benoit, Gagnière 1954, p. 28 (sanctuaire de Santa Luzia) ; De Castro Pires De Lima ; Cousin 1983, p. 16 ; Charuty 1992 (Amarante, Braga, Fatima, Lousada, etc). En Belgique : Sadoul 1929 ; Roussel 1954, p. 119 ; Lebel 1960. En Suisse : Roussel 1954, p. 121 ; Creux 1970 ; Cousin 1983, p. 16. En Tchécoslovaquie : Roussel 1954, p. 121. En Yougoslavie : Cousin 1983, p. 16. En Bretagne : Sébillot 1906 ; Cousin 1984, p. 60. En Provence : Benoit, Gagnière 1954, p. 23-24 ; Vovelle 1977, p. 16-17 ; Cousin 1983, p. 2, et 1984, p. 60. En Alsace : Werner 1932 ; Blind 1932, p. 186-188. En Lorraine : Sadoul 1929, Wagner 1966.
9 Benoit, Gagnière 1954, p. 23-30 ; Roussel 1954, p. 118-122 ; Rossi 1971 ; Cousin 1983, p. 20 ; 1984, p. 58-59 ; Charuty 1992, p. 48.
10 Le Concile d’Auxerre en 585 a interdit la fabrication de figures humaines et de pieds en bois.
11 Bautier 1974 (on retrouve à cette époque les mêmes thèmes que dans l’Antiquité et le monde moderne : statuettes, ex-voto anatomiques, animaux, etc.) ; Lautman, In : Religions et traditions populaires 1979, p. 118 ; Cousin 1983, p. 16 ; Sigal 1983.
12 Pottier 1890, p. 283 ; Jullian 1908-1926, p. 56 ; Vaillat 1932, p. 1-14 et 78.
13 Par exemple le dépôt d’ex-voto posés sur une table devant la statue de Saint Léonard à Ganacker (photo, in : Andrée 1904, p. 63, fig. 12), les ex-voto de bras, jambe, sein, emmailloté, béquille autour de la statue de Notre-Dame de Benoîte-Vaux (Meuse) sur une image de pèlerinage (Wagner 1966, fig. 8), et les ex-voto portoricains attachés aux statues de saints ou exposés tout autour (photo in : Vidal 1974, p. 10, 36, 76, 79, 85). Ils sont aussi souvent groupés sur les parois d’une chapelle spécialisée à l’intérieur des églises (pour les ex-voto peints, B. Cousin 1983, p. 58-61 ; 1984, p. 60 a dressé une liste des chapelles ou églises en France, Italie, Suisse et Espagne, où l’on peut encore en voir). Il en était de même au Moyen Âge (Sigal 1983, p. 28-29) et au xve s. en Angleterre, où un vitrail de la cathédrale d’York représente un homme offrant une jambe dans une chapelle devant un tombeau où sont déjà suspendus une tête, une jambe, une main et un cœur, tandis qu’une gravure sur bois montre des pèlerins devant le tombeau de Saint-Simon-de-Trent à côté duquel pendent des ex-voto de personnages, de jambes, d’yeux et de bras (Radford 1949, pl. XXIc et d).
14 Balme 1953 ; Wagner 1966, p. 278 ; Hubert 1967 ; Deyts 1986, p. 15-16 ; 1992b, p. 56.
15 Sur le sens de l’ex-voto : Daremberg, Saglio 1877-1919, art. votum ; Benoit, Gagnière 1954, p. 24-26 ; Benoit 1959 (chapitre consacré au culte des sources) ; Fenelli 1975, p. 209-213 ; Pensabene et al., 1980, p. 35-29 ; Cousin 1983, p. 13-17 ; Laurencin-Nicolas 1987.
16 Par exemple aux sources de la Seine sur une jambe en pierre (Baudot 1845, pl. IX, 20), à Corinthe (Roebuck 1951, p. 117) et sur les ex-voto peints modernes.
17 Vertet 1962, p. 224-235 ; Bourgeois 1991, p. 115. On peut supposer qu’à la source des Roches dans le cas précis de l’ex-voto du « sourd-muet » [no 423], le don a été fait dans l’espoir d’une guérison car il est très invraisemblable que l’eau de la source ait pu guérir une telle infirmité.
18 Rouse 1902, p. 211 ; Toutain 1917-1920, 3, p. 385-387 ; Vendryes 1948, p. 317 ; Le Gall 1953, p. 68, n. 2 ; Pensabene et al., 1980, p. 29. Il n’est pas possible de refuser, avec C. Bourgeois 1991, de voir une offrande de substitution dans l’ex-voto anatomique en raison de la nature paisible de la divinité de source. Cette signification a certainement beaucoup évolué, mais elle reste fondamentale. F. Lautman, op. cit., p. 119, montre bien que dans tout ex-voto il y a personnalisation de l’objet offert et qu’avec cet objet personnalisé, c’est le donateur qui se donne.
19 Cousin 1983, p. 13-14.
20 Il y avait très peu d’ex-voto pathologiques dans l’Antiquité, aussi bien à Rome (Pensabene et al., 1980, p. 29) qu’en Grèce (Roebuck 1951, p. 117). À l’Époque moderne, en Espagne, les organes moulés en cire sont aussi toujours représentés sains (Vertet 1962, p. 224). Aux sources de la Seine, où ils étaient rares, Bourgeois (1991, p. 155-156) recourt à l’hypothèse curieuse selon laquelle il pourrait s’agir de mannequins médicaux destinés à montrer les maladies soignées sur le site.
21 Besnier 1902, p. 233 ; Lantier 1966 ; Deyts 1966, p. 198.
22 Selon l’expression de P.-M. Duval 1977, p. 25, et bien qu’il faille se garder naturellement de réduire ces œuvres de foi à des objets utilitaires.
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Mottes castrales en Provence
Les origines de la fortification privée au Moyen Âge
Daniel Mouton
2008
Géoarchéologie de sites préhistoriques
Le Gardon (Ain), Montou (Pyrénées-Orientales) et Saint-Alban (Isère)
Dominique Sordoillet
2009
L’enceinte des premier et second âges du Fer de La Fosse Touzé (Courseulles-sur Mer, Calvados)
Entre résidence aristocratique et place de collecte monumentale
Ivan Jahier (dir.)
2011
Lyon, Saint-Georges
Archéologie, environnement et histoire d’un espace fluvial en bord de Saône
Grégoire Ayala (dir.)
2012
Les gisements précolombiens de la Baie Orientale
Campements du Mésoindien et du Néoindien sur l’île de Saint-Martin (Petites Antilles)
Dominique Bonnissent (dir.)
2013
L’Îlot du palais de justice d’Épinal (Vosges)
Formation et développement d’un espace urbain au Moyen Âge et à l’époque moderne
Yves Henigfeld et Philippe Kuchler (dir.)
2014
Bettencourt-Saint-Ouen (Somme)
Cinq occupations paléolithiques au début de la dernière glaciation
Jean-Luc Locht (dir.)
2002
Campements mésolithiques en Bresse jurassienne
Choisey et Ruffey-sur-Seille
Frédéric Séara, Sylvain Rotillon et Christophe Cupillard (dir.)
2002
Productions agricoles, stockage et finage en Montagne Noire médiévale
Le grenier castral de Durfort (Tarn)
Marie-Pierre Ruas
2002
