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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral 3.1 Choix d’une méthode de classification chronologique3.2 Procédures de l’étude3.3 Analyse du mobilier Notes de bas de page

    Chronologie des oppida de la Gaule non méditerranéenne

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Chapitre 3. Étude chronologique

    3 Chronologische Untersuchung

    3 Chronological analysis

    p. 67‑87

    Résumés

    Les caractères des habitats de l’âge du Fer final en Europe moyenne –rareté des niveaux d’occupation conservés et donc des stratigraphies, et abondance du mobilier– nécessitent une approche chronologique plus complexe que celle de la présence ou de l’absence d’un fossile directeur donné. Des méthodes statistiques sont donc utilisées par les spécialistes des habitats depuis la fin des années soixante ; elles se fondent sur le principe selon lequel les proportions respectives des différents types d’objets associés dans les ensembles archéologiques apportent des informations plus fines que l’objet isolé. On obtient alors des faciès de mobilier qui permettent de caractériser les étapes de la vie d’un site, ou de situer celui‑ci dans le temps par rapport à un autre.

    Cette approche peut se heurter à plusieurs obstacles : des problèmes statistiques dûs à l’insuffisance de certains corpus de mobilier ; des problèmes de cohérence, dûs à l’hétérogénéité des contextes étudiés (sites stratifiés et non stratifiés, unité de fouille ou ensemble d’un site) et à la comparaison de sites parfois très éloignés les uns des autres. Dans cette étude, on a tenté de minimiser au mieux ces obstacles en sélectionnant pour l’analyse des données des contextes ayant fait l’objet de fouilles récentes et suffisamment pourvus en mobilier. Une trentaine de gisements ont été ainsi sélectionnés, dont une demi‑douzaine de villages ouverts.

    La méthode utilisée consiste, pour chaque catégorie de mobilier étudié, à classer et regrouper les gisements par ordre chronologique, c’est‑à‑dire en fonction des pourcentages de chaque type considéré comme significatif sur le plan chronologique : concrètement, on définit pour les amphores, les céramiques importées, les fibules, la céramique et les monnaies, des groupes de sites qui se caractérisent par des associations identiques de mobilier en types et en pourcentages. Pour pallier les difficultés d’identification des amphores italiques très fragmentées sur les sites d’habitat, un mode de classification a été proposé à partir de la hauteur des lèvres ; on postule que statistiquement, la proportion relative des différentes classes de hauteur peut être interprétée en terme de chronologie. La comparaison de ces différents classements permet ensuite de mettre en évidence des phases définies par des contextes dotés des mêmes associations de mobilier.

    The character of Late Iron Age settlement remains in temperate Europe –a lack of surviving occupation levels and thus of stratified sequences, and an abundance of material culture‑ necessitates a more complex approach to chronology than simply recording the presence or absence of a given type fossil. Statistical methods have therefore been used in settlement analysis since the late 1960s; such methods are based on the principal that the varying proportions of different types of object associated in archaeological assemblages carry more information collectively than individual items. The overall facies of material obtained permit the characterisation of successive stages in the history of a site, or its placing in time relative to others.

    This approach can come up against a range of obstacles: statistical problems caused by shortages of certain categories of material; and problems of comparability due to the heterogeneity of the contexts studied (stratified and unstratified sites; stratigraphic units or site assemblages) or due to dealing with sites which are often very far apart. The present study attempts to minimise these obstacles by selecting for analysis only data from recently excavated contexts which are also sufficiently rich in finds. Accordingly, some 30 sites were selected, including half‑a‑dozen open settlements.

    The method adopted consisted of classifying and grouping the settlements in chronological order based on the percentages of each category of material considered to be chronologically significant –specifically, amphorae, imported pottery, brooches, ceramics and coins. Groups of sites were defined, characterised by identical populations of material, both by type and by proportion. To counter the difficulties of identifying very fragmented Italian amphorae from settlements, a method of classification based on rim height was devised; statistically it can be postulated that the relative proportions of the different height classes can be interpreted in chronological terms. By comparing all these different classifications, a series of chronological phases can be established, each defined by contexts yielding comparable assemblages of material.

    Die Merkmale der späteisenzeitlichen Siedlungen Mitteleuropas – wenige erhaltene Siedlungsniveaus und damit Seltenheit von Stratigraphie, aber Reichtum an Fundmaterial‑fordern eine komplexere Untersuchung in Hinsicht der Datierung als nur die Feststellung des Vorhandenseins oder Fehlens eines bestimmten Leitfossils. Aus diesem Grund wenden Siedlungsarchäologen seit den 60er Jahren statistische Methoden an. Sie beruhen auf dem Prinzip, dass verschiedene Objekttypen in archäologischen Fundensembles in unterschiedlichen Zahlenverhältnissen vorkommen und dass die Proportionen genauere Informationen liefern als ein isolierter Fund. Man erählt also Objektgruppen, die es möglich machen die Nutzungsphasen einer Siedlung zu charakterisieren oder die Siedlung zeitlich mit einer anderen in Verbindung zu bringen.

    Diese Verfahrensweise kann auf mehrere Schwierigkeiten stossen: statistische Probleme aufgrund der Unzulänglichkeit der Materialsammlung; Vergleichsprobleme durch zu grosse Heterogenität der untersuchten Zusammenhänge (d.h. Orte mit oder ohne Stratigraphie, kleine Grabungseinheiten oder grossflächige Ausgrabung ganzer Siedlungen) oder durch zu grosse geographische Distanz der Vergleichsorte. Wir haben versucht in der vorliegenden Untersuchung diese Hindernisse auf ein Geringstes zu beschränken, indem für die Zeitanalyse Fundzusammenhänge gewählt wurden, die aus neueren Ausgrabungen stammen und die über eine ausreichende Materialmenge verfügen. Etwa dreissig Fundstätten wurden ausgesucht, wovon etwa ein Dutzend offene Siedlungen sind.

    Die angewandte Methode besteht darin, für jede Fundkategorie, die Fundstätten chronologisch zu gruppieren und zu ordnen, d.h. je nach dem jeweiligen Protzentanteil eines jeden für die Datierung ausschlaggebend gehaltenen Typs. D.h. es werden diejenigen Orte zusammengestellt, die die gleiche Fundassoziation mit den gleichen Prozentanteilen für jeden Typ aufweisen: für Amphoren, Import‑ und sonstige Keramik, Fibeln und Münzen. Um der Identifikationsschwierigkeit der in Wohnsiedlungen sehr stark fragmentierten italischen Amphoren entgegenzuwirken, wurde ein Ordnungsprinzip nach Lippenhöhe vorgeschlagen. Wir gehen davon aus, dass statistisch gesehen die relativen Verhältnisse verschiedener Höhenklassen zeitlich ausgewertet werden können. Der Vergleich dieser verschiedenen Klassen ermöglicht es dann, die Phasen herauszustellen, die durch Zusammenhänge bestimmt sind welche sich durch gleiche Materialassoziation ergeben.

    Texte intégral 3.1 Choix d’une méthode de classification chronologique3.1.1 Les différents systèmes3.1.2 Une approche adaptée aux spécificités des sites d’habitat3.2 Procédures de l’étude3.2.1 Le corpus des sites3.2.2 L’analyse chronologique et la périodisation3.3 Analyse du mobilier3.3.1 Les amphoresComptages, chronologie et géographieIdentification des Dressel 13.3.2 Autres céramiques d’importationClassement des contextes d’après les catégories de céramique d’importationClassement des sites par les formes de céramique campanienne et les services de céramique sigillée3.3.3 Les fibules3.3.4 Le verre et le lignite3.3.5 Autres parures3.3.6 La céramique localeLa base statistiqueLa technologieFormes et décors3.3.7 Les monnaiesLa base statistiqueLes termini chronologiquesLe groupe 1FeursAcy‑RomanceRoanne 1Le groupe 2Aulnat/GandaillatLevroux/Les ArènesBâle/Usine à gazCondé‑sur‑SuippeRoanne 2Le groupe 3Le TitelbergVilleneuve‑Saint‑GermainRoanne 3Le groupe 4Alésia/horizon 1AAmboiseLevroux/Colline des ToursBâle/Colline de la CathédraleGergovieArgentomagus Notes de bas de page

    Texte intégral

    3.1 Choix d’une méthode de classification chronologique

    3.1.1 Les différents systèmes

    1Plusieurs méthodes sont utilisées pour déterminer et exprimer la chronologie relative des ensembles archéologiques. Toutes fonctionnent sur la présence ou l’absence, dans les ensembles considérés, de critères privilégiés pour leur potentiel chronologique. Le système des phases découpe le temps en périodes caractérisées par la présence de types d’objets qu’on trouve régulièrement associés dans les ensembles archéologiques ; le système chronologique de Reinecke appartient à cette famille. L’inconvénient de cette méthode est que les « cases » ainsi déterminées ne tiennent pas compte de la continuité chronologique, car on sous‑entend que les types d’objets sélectionnés apparaissent et disparaissent en même temps (ce qui, évidemment, n’est pas toujours le cas). L’horizon est un espace de temps défini par un marqueur caractéristique de cette dernière : l’horizon Nauheim, par exemple, est la période caractérisée par la présence de la fibule de Nauheim dans les ensembles archéologiques. L’efficacité de la notion d’horizon est limitée par les ambiguïtés qui découlent de sa simplicité même : le marqueur peut avoir connu une longue existence (c’est le cas de la fibule de Nauheim), et la période définie est en fait celle de sa plus grande fréquence. La sériation est une technique de classement chronologique des ensembles archéologiques « à partir des seules informations intrinsèques décrivant les vestiges matériels » (Djindjian 1991 : 167) ; elle s’appuie sur l’hypothèse que la fréquence d’un type d’objet suit, de son apparition à sa disparition, une courbe en cloche. La sériation suppose de travailler sur des ensembles homogènes (même origine géographique, même nature) ; cette méthode est donc bien adaptée au traitement des ensembles clos que constituent les tombes d’une nécropole.

    3.1.2 Une approche adaptée aux spécificités des sites d’habitat

    2Les sites fortifiés et les villages ouverts de la fin de l’âge du Fer, qu’ils soient ouverts ou fortifiés, livrent généralement une grande quantité de mobilier. Une autre de leurs caractéristiques est la fréquente disparition des niveaux d’occupation laténiens1 : les structures en creux –trous de poteaux, fosses, puits– sont bien souvent les seules conservées, et le mobilier recueilli est presque toujours d’origine détritique. Certains remparts peuvent être stratifiés par des recharges successives de matériaux provenant des secteurs d’habitat, mais les objets récoltés sont en général peu nombreux, et les résultats chronologiques assez décevants eu égard aux efforts déployés pour fouiller ces ouvrages volumineux. La rareté des stratigraphies et l’abondance du mobilier ont donc conduit les chercheurs à s’appuyer essentiellement sur ce dernier pour déterminer la chronologie.

    3L’approche classique, qui se fonde sur la typologie des objets et la présence ou l’absence de fossiles directeurs dans les ensembles archéologiques, s’avérait notoirement insuffisante : les objets en question connaissent souvent une longue existence, comme parfois les sites d’habitat eux‑mêmes. Un exemple particulièrement instructif met aussi l’accent sur un autre problème. Dans la trouvaille monétaire de Saint‑Pierre‑de‑Maillé (Vienne), un bronze biturige était associé à 106 monnaies d’argent et à un statère carnute. Pour J.‑B. Colbert de Beaulieu, la présence de ce bronze « suffit à prouver que la cachette a été constituée après 50 av. n.è. » (1971 : 14) ; pour d’autres au contraire, l’association de ce bronze avec les monnaies en argent prouverait qu’il a été émis avant cette date (Nash 1978 : 201). La question qui se pose est de savoir si un seul objet peut avoir à lui seul le même poids chronologique (ou en l’occurrence un poids supérieur) que plusieurs centaines ou milliers d’autres. Les spécialistes des habitats, confrontés quotidiennement à cette difficulté, se sont donc tournés vers des méthodes statistiques adaptées des techniques de sériation, dont l’adoption a été largement accélérée par la diffusion des microordinateurs. Elles se fondent sur le principe selon lequel les proportions respectives des différents types d’objets associés dans les ensembles archéologiques apportent des informations plus fines que l’objet isolé, et sur le postulat selon lequel les types évoluent assez sensiblement et rapidement pour que les proportions en question aient une signification chronologique. Des comptages précis sur de grandes quantités doivent donc conduire à des estimations chronologiques fiables (Buchsenschutz 1981). Ainsi obtient‑on des sortes de faciès qui permettent de caractériser chronologiquement les étapes de la vie d’un site, ou de situer celui‑ci dans le temps par rapport à un autre. C’est dans ce sens que vont les travaux de W. Stöckli à Manching, de L. Berger et A. Furger‑Gunti à Bâle, de O. Buchsenschutz à Levroux, de M. Vaginay et V. Guichard à Feurs.

    4Lorsqu’il s’agit de prendre en compte non pas un site mais plusieurs, et d’origine géographique différente, les difficultés méthodologiques se multiplient : il faut postuler non seulement une évolution typologique du mobilier assez rapide, mais aussi suffisamment homogène d’un site ou d’une région à l’autre pour permettre des comparaisons. Pour la fin de l’âge du Fer, cette condition semble remplie ; car s’il existe indéniablement des spécificités régionales ou micro‑régionales, elles n’ont pas interdit, jusqu’ici, la mise en correspondance des chronologies relatives établies dans des secteurs géographiques différents, qui se fonde essentiellement, il est vrai, à partir des fibules (par exemple entre la Bavière méridionale et le pays trévire pour La Tène D2 : Rieckoff 1992). L’autre alternative –et la seule aux yeux de M. Py, qui exclut le système des phases lorsqu’on prend en compte non pas un site, mais une série de sites, dont le rythme de développement n’est pas nécessairement identique– serait de recourir à la chronologie absolue (Py 1990b : 915). Dans son travail, l’unité de temps choisie est la décennie ; car, et il reconnaît que c’est un atout majeur de la Protohistoire méridionale, les nombreuses stratigraphies et les différents stades architecturaux permettent des découpages chronologiques fins. Ce n’est pas encore le cas en Gaule non méditerranéenne dans l’état actuel des données : lorsque des datations absolues sont données pour des contextes de La Tène finale, elles sont dans l’immense majorité des cas extrapolées à partir des datations proposées, à ce moment‑là, pour la ou les phases de la chronologie relative dont relève le contexte (c’est de La Tène D1, donc entre 120 et 60 av. J.‑C. ou entre 130 et 80, ou entre 150 et 90...). Il est évident que pour l’instant, nous ne pouvons ni la figer, ni l’affiner à l’échelle de la décennie.

    5Plus préoccupants sont les problèmes d’échantillonnage statistique : des gisements explorés sur plusieurs hectares côtoient des sites sur lesquels les niveaux ou des structures gauloises ne sont fouillés que sur quelques centaines de mètres carrés ; chez les uns les tessons se comptent par centaines de milliers, chez les autres on ne recueille que quelques centaines d’objets. Les informations disponibles sont presque toujours incomplètes, même pour le mobilier issu des fouilles récentes : si les petits objets (monnaies, fibules) et la céramique d’importation sont en général rapidement étudiés, il n’en va pas de même pour la céramique indigène, car la masse documentaire est considérable. Des comptages précis sont assez rarement disponibles, soit parce que ce travail n’a jamais été fait (c’est le cas des fouilles antérieures aux années 60, c’est‑à‑dire réalisées avant l’introduction de ces approches quantitatives), soit parce qu’il est encore en cours d’exploitation. Enfin, et ce n’est pas le moindre des problèmes, les contextes dont on peut disposer pour cette étude sont hétérogènes : gisements stratifiés et non stratifiés, fouilles anciennes ou récentes, unité de fouille (couche, fosse) ou ensemble d’un site. Sauf à renoncer à nos objectifs initiaux, il nous faudra utiliser cette matière telle qu’elle est, en tenant compte de ses particularités, et en privilégiant au moins dans un premier temps les données les plus fiables (fouilles récentes, corpus mobilier statistiquement viable).

    3.2 Procédures de l’étude

    3.2.1 Le corpus des sites

    6Seuls ont été retenus pour constituer ce corpus (cf. infra, chap. 6) les gisements utilisables dans une optique chronologique, c’est‑à‑dire ceux qui sont stratifiés et/ou riches en mobilier ; une large part est donc faite aux données issues de fouilles récentes2. Deux gisements situés hors du territoire français (Bâle en Suisse et le Titelberg au Luxembourg) sont inclus dans la sélection, ce qui donne à l’espace ainsi délimité à peu près les dimensions de la Gaule de César.

    7L’ensemble des gisements est localisé sur une carte (fig. 25), qui fait apparaître des zones vides ou presque vides : le Nord et l’Ouest, la Basse‑Normandie, l’Aquitaine. Les raisons en sont diverses. La sélection privilégie les zones où sites ouverts et sites fortifiés coexistent et ont été de surcroît plus ou moins fouillés, c’est‑à‑dire le centre et le centre‑est de la France. Par ailleurs, l’habitat ne présente pas les mêmes caractères dans toutes les régions de France : dans l’extrême Nord, les habitats ouverts sont nombreux, mais les fortifications, sont rares, car il semble que l’on se situe à la limite septentrionale de la répartition des grandes enceintes celtiques3. Les fortifications de Bretagne sont le plus souvent de petite taille ; quelques‑unes atteignent plusieurs dizaines d’hectares et sont encloses par un rempart de technique celtique, mais l’ensemble de la région s’apparente davantage au sud de la Grande‑Bretagne qu’à la Gaule continentale (Wheeler, Richardson 1957 ; Buchsenschutz 1984 : 122‑ 123). Enfin et surtout, l’état de la recherche n’est pas le même partout. On sait que la Normandie possède de grandes enceintes (Buchsenschutz 1984 : 122‑123), mais elles n’ont pas fait l’objet de fouilles véritables jusqu’à ces toutes dernières années. Les pays de Loire et le Centre‑Ouest sont mal connus. En Aquitaine, les recherches sur l’habitat de La Tène finale sont encore récentes4. D’autres zones d’ombre pour les fortifications existent en Champagne et dans le centre du Bassin parisien, qui sont sans doute liées davantage aux conditions de la recherche (arasement des structures en pays de grande culture, orientation préférentielle de la recherche sur les nécropoles) qu’à l’absence réelle de grands sites fortifiés.

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    FIG. 25 ‒ Carte de répartition des sites sélectionnés pour l’analyse des données : ▲ sites ouverts ; ● sites fortifiés (pour les deux, occupation certaine) : 1 Acy‑Romance (Aisne) ; 2 Aiise‑Sainte‑Reine/Alésia (Côte‑d’or) ; 3 Amboise/Les Châtelliers (Indre‑et‑Loire) ; 4 Aulnat (Puy‑de‑Dôme) ; 5 Bâle/Usine à gaz ; Bâle/Colline de la Cathédrale (Suisse) ; 6 Besançon/Vesontio (Doubs) ; 7 Boviolles/Le Mont Châtel (Meuse) ; 8 Chambles/Essalois (Loire) ; 9 Châteaumeillant (Cher) ; 10 Condé‑sur‑Suippe/Variscourt/Le Vieux Reims (Aisne) ; 11 Essey‑lès‑Nancy/La Butte Sainte‑Geneviève (Meurthe‑et‑Moselle) ; 12 Étival‑Clairefontaine/La Pierre d’Appel (Vosges) ; 13 Feurs (Loire) ; 14 La Roche‑Blanche/Gergovie (Puy‑de‑Dôme) ; 15 Le Petit Celland/Le Châtelier (Manche) ; 16 Le Titelberg (Luxembourg) ; 17 Les Alleuds/Les Pichelots (Maine‑et‑Loire) ; 18 Levroux/Les Arènes ; Levroux/Collines des Tours (Indre‑et‑Loire) ; 19 Luzech/L’lmpernal (Lot) ; 20 Monceaux‑sur‑Dordogne/Le Puy‑du‑Tour (Corrèze) ; 21 Pommiers (Aisne) ; 22 Pons (Charente‑Maritime) ; 23 Roanne (Loire) ; 24 Saint‑Léger‑sous‑Beuvray/Le Mont‑Beuvray/Bibracte (Saône‑et‑Loire) ; 25 Saint‑Marcel/Les Mersans/Argentomagus (Indre) ; 26 Saint‑Marcel‑de‑Félines/Le Crêt‑Chatelard (Loire) ; 27 Saxon‑Sion/Sion (Meurthe‑et‑Moselle) ; 28 Tournus/Champsemard/Les Sept Fontaines (Saône‑et‑Loire) ; 29 Varennes‑lès‑Mâcon (Saône‑et‑Loire) ; 30 Vernou‑sur‑Brenne (Indre‑et‑Loire) ; 31 Villeneuve‑Saint‑Germain (Aisne). Ordre suivi : no sur la carte, commune/lieudit/site, département.

    3.2.2 L’analyse chronologique et la périodisation

    8Chaque catégorie de mobilier considérée comme chronologiquement significative est prise en compte séparément : on a analysé leur occurrence dans les gisements choisis, soit par des comptages, soit par des tableaux de présence pour certains types de mobilier (trop peu abondant, ou dont les comptages n’étaient pas disponibles). À ce stade de l’analyse la question de l’hétérogénéité des sources s’est posée avec acuité, non seulement pour des raisons statistiques –auxquelles on s’est efforcé de remédier en éliminant les contextes trop pauvres–, mais aussi parce que ces sources sont de nature différente : sites considérés dans leur ensemble, et niveaux archéologiques dans un site. L’image chronologique donnée par le premier type de gisement pouvait poser problème, car elle reflète surtout une « moyenne » –l’occupation principale du site– et tend à occulter le début et la fin de cette occupation, tandis que le second correspond à une étape déterminée dans l’histoire d’un site. Il nous a semblé que cette difficulté n’était pas insurmontable, et même, au contraire, que la confrontation des deux types de contextes dans l’analyse par catégorie de mobilier permettrait de mieux mettre en évidence dans le premier cas ces éléments plus anciens ou plus récents marginalisés dans la moyenne chronologique5.

    9Les contextes ou les sites archéologiques ont été ensuite réunis par « affinités » : on a ainsi formé, pour chaque catégorie de mobilier, des groupes qui partagent certains caractères typologiques et quantitatifs, significatifs sur le plan de la chronologie ; dans certains cas, on a pu intégrer dans les groupes ainsi définis des contextes que l’on avait écartés pour des problèmes d’échantillonnage. L’objectif de cette manipulation était de constituer la première étape de la périodisation, opération au cours de laquelle les données, présentées sous la forme des groupes de contextes constitués dans l’analyse par catégorie de mobilier, seront confrontées et mises en phases.

    3.3 Analyse du mobilier

    3.3.1 Les amphores

    Comptages, chronologie et géographie

    10La part des amphores dans le mobilier céramique recueilli est assez variable, pour autant qu’on puisse le dire d’après des comptages qui sont incomplets sur un grand nombre de sites. L’un des facteurs de différenciation est, très clairement, la nature des contextes dans lesquels ont été recueillies les amphores. Les dépôts ou fosses‑dépotoirs contenant des amphores entières ou peu fractionnées qui constituent la majeure partie du mobilier sont rares (Châteaumeillant, Amboise, Levroux/Les Arènes, Pons, Vernou‑sur‑Brenne, Gergovie...). Plus fréquents sont les sols, couches d’assainissement, remblais, rebouchages de puits ; en nombre de tessons, les amphores, récupérées pour un usage secondaire de comblement ou de construction, constituent alors au moins 20 ou 30 % du total de la céramique (Amboise, Levroux/Terrain Lambert, Gergovie, Alésia‑local 5...). Dans les niveaux d’occupation ou fosses‑dépotoirs à remplissage hétérogène, les proportions d’amphores sont très variables d’un site à l’autre, et parfois sur le même site. Bien évidemment, le mobilier amphorique n’a pas la même signification chronologique selon qu’il s’agit de l’un ou l’autre de ces types de contextes. Dans le premier cas, on peut postuler l’existence d’un dépôt homogène, constitué en peu de temps, et qui revêt l’aspect d’un ensemble clos. Les autres cas reproduisent une situation classique dans les sites d’habitat de La Tène finale, où presque tout le mobilier provient de fosses‑dépotoirs, et où le délai écoulé entre l’utilisation de l’objet et son dépôt ou sa réutilisation est inconnu.

    11La présence des amphores est influencée par le facteur géographique : elles sont relativement peu nombreuses dans le nord‑ouest de la Gaule –à Villeneuve‑Saint‑Germain dans le secteur fouillé par l’URA 12, elles ne représentent que 2 % environ du mobilier céramique, soit à peu près un millier de tessons– et plus encore dans l’Ouest : Huelgoat, Le Petit‑Celland, Moulay, Fécamp... Les recensements qui ont été faits dans ces régions (Galliou 1982) ne doivent pas faire illusion : si un certain nombre de gisements livrent en effet des amphores, c’est généralement en très petite quantité.

    Identification des Dressel 1

    12On a vu que les spécialistes insistent sur la nécessité de combiner plusieurs critères sur l’ensemble du vase pour identifier les types de Dressel 1. Cette démarche est inapplicable dans les sites d’habitat dont le mobilier est fragmenté, et plusieurs tentatives ont été faites pour contourner cette difficulté. Presque toutes se fondent sur la morphologie des lèvres, qui sont les éléments caractéristiques les plus fréquemment recueillis ; elles se sont longtemps résumé à une approximation : lèvres courtes inclinées : Dressel 1A ; lèvres hautes verticales : Dressel 1B, avec un résultat peu satisfaisant, car l’examen d’amphores complètes montre que ce schéma ne permet pas de différencier toutes les Dressel 1A et 1B ou C.

    13Ce principe a été affiné par certains chercheurs : C. Aulas à Roanne, Amplepuis et Feurs (Aulas 1983 ; 1985 ; 1988), M. Perrinet et H. Vaussanvin à Tournus (Vaussanvin 1985). Des mesures sur la hauteur et l’inclinaison devaient permettre de classer chronologiquement les amphores italiques d’un site, puisque l’évolution de la gréco‑italique à la Dressel 1B semble se marquer par une augmentation de la hauteur de la lèvre et une inclinaison de plus en plus proche de la verticale. En pratique, il s’agissait de déterminer, par la combinaison de la hauteur et de l’inclinaison, des groupes de lèvres dont les proportions respectives seraient significatives du point de vue de la chronologie. Bien adaptée au mobilier d’habitat, cette méthode pose cependant des problèmes méthodologiques : la mise en évidence des groupes s’avère en effet insatisfaisante, car les limites sont rarement nettes (deux groupes pouvant par exemple partager certaines valeurs de hauteur ou d’inclinaison).

    14Pour éviter cette ambiguïté, il paraît plus simple de n’utiliser qu’un seul des deux critères ; celui de la hauteur étant le plus facilement mesurable, on a décidé de ranger le corpus de lèvres italiques dans des classes définies par des intervalles de hauteur :
    classe 1 : H < 3,5 mm ;
    classe 2 : 3,5 H < 4,5 cm ;
    classe 3 : 4,5 H < 5,5 cm ;
    classe 4 : H ≥ 5,5 cm.

    15Les bornes de ces intervalles ont été fixées arbitrairement de centimètre en centimètre ; l’une (5,5 cm) peut avoir une signification du point de vue de la typologie, un consensus semblant s’être dégagé à ce jour selon lequel les amphores italiques dont la lèvre atteint ou dépasse cette hauteur sont des Dressel 1B ou 1C.

    16On peut se demander bien sûr dans quelle mesure cette démarche (comme celle de nos prédécesseurs) est légitime, car rien ne permet d’affirmer que l’évolution des amphores italiques soit linéaire. Dans les corpus considérés, qui reflètent l’image d’une occupation continue pendant plusieurs années ou dizaines d’années, on peut considérer que les écarts par rapport à cette tendance générale de l’augmentation de la hauteur des lèvres –qui est indéniable– doivent être peu sensibles. Cela suppose néanmoins de travailler sur des séries suffisamment nombreuses pour produire des résultats significatifs. Par ailleurs, l’objectif n’est pas d’identifier les différentes variantes d’amphores à partir de ce seul critère, puisque cette identification ne peut se faire que sur le vase entier, mais de classer les collections de différents sites d’habitat de La Tène finale dans un ordre chronologique relatif6.

    17La fig. 26 illustre la proportion de chaque type d’amphore recueilli dans certains sites pour lesquels les comptages ont pu être effectués. Les classes d’amphores italiques sont figurées en pourcentage de la même façon que pour les autres types (en nombre minimum d’individus). La chronologie relative des types ordonne le classement des contextes ; on notera la cohérence de ce dernier, établi, pour les amphores italiques, sur la hauteur de la lèvre.

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    FIG. 26 ‒ Sériation des sites par les amphores : 1 gréco‑italique ou Dr. 1, lèvre de classe 1 ; 2 gréco‑italique ou Dr. 1, lèvre de classe 2 ; 3 Dr. 1, lèvre de classe 3 ; 4 Dr. 1, lèvre de classe 4 ; 5 Dr. 2/4 ; 6 : P. 1 ; 7 Dr. 20.

    18Ces contextes peuvent aussi se ranger en quatre groupes.

    19Le groupe 1 ne livre que des amphores italiques ou gréco‑italiques, parmi lesquelles les exemplaires de la classe 1 sont majoritaires ; les lèvres de la classe 3 représentent moins de 10 % du total, et celles de la classe 4 sont absentes ou extrêmement marginales (Levroux : 0,3 %). Un site, celui de Levroux/Les Arènes (terrains Vinçon, Rogier, Lacotte : 269 lèvres) se détache en tête de cet ensemble, avec 80 % de classe 1. La période 1 de Roanne, dont le corpus n’est pas dénombré, le site de Varennes‑lès‑Mâcon (19 ex.) et Tournus‑Champsemard qui n’a livré que des amphores italiques avec lèvres des classes 1 à 3, sont peut‑être aussi classables dans ce groupe.

    20Dans le groupe 2, les amphores italiques sont toujours les seules amphores significativement représentées. La classe 2 est la plus abondante, tandis que la classe 1 régresse et que la classe 3 peut atteindre 10 % des effectifs. Ce groupe comprend aussi la période 2 de Roanne (non dénombrée), le site des Alleuds, peut‑être aussi les « caves à amphores » de Châteaumeillant.

    21Dans le groupe 3, la quasi‑totalité des amphores sont des Dressel 1 italiques, mais on note parfois la présence d’individus isolés appartenant à d’autres types. La classe 4 n’est plus marginale, les trois quarts au moins des lèvres appartiennent aux classes 2, 3 et 4, et la classe 3 est systématiquement mieux représentée que la classe 1. Le site de Tournus/Sept Fontaines, le niveau 1 d’Amboise (18 ex.), la phase 1 de Besançon (20 ex.), appartiennent très vraisemblablement à cet ensemble, peut‑être aussi Saxon/Sion (17 ex.) et le niveau 2 de Bâle/Cathédrale (19 ex.).

    22Le groupe 4 se caractérise par une augmentation significative des classes 3 et 4 des amphores italiques qui tendent à supplanter les classes 2 et 1 (celle‑ci régressant de façon sensible) ; la part des autres amphores s’accroît (Pascual 1, amphores Dressel 2/4 principalement). Tournus/Clos Roy (plus de 500 ex.) peut être attribué à ce groupe, peut‑être aussi Le Titelberg (SK1 : 19 ex.).

    23Un cinquième groupe doit être pris en considération, bien qu’il ne figure pas sur le graphique : il comprend tous les sites dans lesquels les amphores appartenant à d’autres types que les Dressel 1 (Pascual 1, Dressel 2/4 italiques ou orientales, Dressel 20, Dressel 7/11...) sont très présentes, mais dans un échantillon trop peu fiable statistiquement. Ce groupe comprend le niveau 2 d’Amboise, le niveau 3 de Bâle/Cathédrale, les sites de Levroux/Colline des Tours et de Gergovie ainsi que les récoltes de surface effectuées sur le site de Pommiers.

    24Le classement des sites est clairement de nature chronologique. Les différences morphologiques entre les amphores de Tournus/Champsemard (du groupe 1) et celles de Tournus/Clos Roy (du groupe 4), deux contextes très proches l’un de l’autre, ne peuvent pas s’expliquer, en effet, par des circuits commerciaux différents. Le même raisonnement s’applique pour les amphores de Levroux/Les Arènes (groupe 1) et Levroux/Colline des Tours (groupe 5)7. Enfin, les contextes sont, dans chaque groupe, d’origine géographique variée et aussi de nature différente (dépôts, sols, fosses, remblais) ; ces facteurs n’influencent donc pas la cohérence des résultats.

    25Peut‑on affirmer pour autant qu’au sein de chaque groupe, les sites sont contemporains les uns des autres ? Il faudrait pour cela que les conditions d’approvisionnement aient été tout à fait identiques dans toutes les régions étudiées, ce qui n’est probablement pas le cas. Prenons l’exemple de deux gisements contemporains qui reçoivent des amphores Dressel 1, l’un dès le début de son occupation, l’autre seulement au milieu ou vers la fin de son occupation (ce peut être le cas si les sites n’appartiennent pas à la même aire géographique). Le premier sera caractérisé par un histogramme montrant une proportion de classes anciennes nettement plus importante que dans l’histogramme du second, bien que les deux gisements soient de la même période. Cette approche de la chronologie des habitats par les amphores a donc des limites (sans oublier les incertitudes liées à la perduration éventuelle de ce mobilier), mais les décalages éventuels ne remettent pas en cause la chronologie interne à une région : un site classé dans le groupe 2 est de toute façon plus ancien qu’un site de la même zone classé dans le groupe 3.

    26Les classes 1 et 2 peuvent être considérées, si l’on revient sur les définitions qui ont été données au chapitre précédent, comme des ensembles de lèvres équipant plutôt des amphores Dressel 1A, voire gréco‑italiques. La présence de ce dernier type est en tout cas confirmée à Roanne (période 1), en petit nombre à Bâle/Usine à gaz (Poux 195), et, en quantité importante, à Levroux/Les Arènes. Selon ces mêmes définitions, la classe 4 renvoie plutôt aux Dressel 1B ou C. La classe 3 rassemble, selon toute vraisemblance, une majorité de Dressel 1A, mais aussi des Dressel 1B.

    27En conséquence, les groupes de sites qui viennent d’être déterminés se caractérisent aussi d’après la proportion de ces classes au sein des Dressel 1/gréco‑italiques :
    ‒ groupe 1 : Dressel 1A et gréco‑italiques seules, autres Dressel 1 marginales ;
    ‒ groupe 2 : Dressel 1A majoritaire, présence de Dressel 1B ou C :
    ‒ groupe 3 : Dressel 1A et B ou C en proportion indéterminable :
    ‒ groupes 4 (et a fortiori 5) : les Dressel 1B ou C tendent à devenir prédominantes.

    3.3.2 Autres céramiques d’importation

    28La céramique sigillée exceptée, ces productions se recueillent en très petit nombre dans les sites de Gaule interne. La campanienne n’est attestée que par quelques tessons (rarement plus d’une ou deux dizaines) qui dépassent rarement 0,5 % de l’ensemble du mobilier céramique, même dans les contextes bien approvisionnés en importations comme Roanne (48 tessons, 3 kg sur plusieurs centaines de kilos de céramique à l’institution Saint‑Joseph : Bessou 1976), Feurs (94 tessons sur un peu moins de 20 000 fragments de céramique) ou Besançon (19 tessons sur 4 201). La même observation s’applique aux vases à parois fines, souvent très fragmentés en raison de leur fragilité, et par conséquent surestimés en nombre de tessons et sous‑estimés en nombre d’individus dans les comptages.

    29Ces catégories de céramique sont donc statistiquement négligeables, mais leur présence apporte néanmoins des indications chronologiques appréciables : un site qui ne livre que de la campanienne A est en principe plus ancien qu’un site qui ne livre que de la « B », et a fortiori, de la céramique sigillée. Les proportions respectives de chaque famille d’importation dans les gisements choisis devraient donc permettre d’en proposer un classement chronologique.

    Classement des contextes d’après les catégories de céramique d’importation

    30La fig. 27 classe les contextes d’après la chronologie relative des productions qu’ils livrent8. Six groupes de contexte sont ainsi mis en évidence.

    31Dans le groupe 1 figurent les contextes qui ne livrent de la campanienne A tandis que le groupe 2 rassemble les contextes qui livrent aussi de la campanienne « B », mais en petite quantité. Toutefois, il ne semble pas utile d’insister outre mesure sur cette distinction, car c’est dans ces deux groupes que se rencontrent avec la plus grande fréquence les tessons de campanienne A (voire B pour Levroux/Les Arènes) sûrement antérieurs au ier s. av. J.‑C. (Levroux, Feurs, Roanne 1...) ; la plupart d’entre eux livrent aussi de la céramique commune claire italique ou méridionale et parfois, de la céramique ampuritaine. La phase la plus ancienne de Besançon/Parking de la mairie (phases 1a‑1b, calées entre 120 et 60 av. J.‑C. par la dendrochronologie), qui n’a livré que de la campanienne A, est à classer aussi dans le groupe 1.

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    FIG. 27 ‒ Sériation des sites par les principaux types de céramique importée : 1 céramique ampuritaine ; 2 campanienne A ; 3 céramique commune claire ; 4 campanienne B ; 5 lampe (républicaine) ; 6 « campanienne » tardive ; 7 vases à paroi fine précoces ; 8 plat à engobe interne rouge ; 9 sigillée italique ; 10 lampe (impériale) ; 11 gobelet d’aco ; 12 sigillée gauloise ; 13 imitation régionale de vase à paroi fine ;
    en grisé foncé : catégorie majoritaire ; en grisé clair : catégorie minoritaire ; en hachures : catégorie rare ; étoile : présence non quantifiable.

    32Le groupe 3 rassemble les contextes qui livrent de la campanienne A et/ou B, mais la première est cette fois moins bien représentée que la seconde. Les niveaux 2 et 3 d’Etival‑Clairefontaine, probablement aussi Saint‑Maurice‑sur‑Loire peuvent être attribués à ce groupe. Une lampe est à signaler à Villeneuve‑Saint‑Germain. Des lampes du même type ont été signalées à Besançon, au Mont‑Beuvray et dans des niveaux isolés de la Colline de la cathédrale à Bâle, définis comme « celtiques » par les inventeurs, ainsi que dans la tombe de Clémency.

    33Dans le groupe 4 sont classés les contextes qui livrent des productions dérivées de la céramique campanienne ou en marge de celle‑ci (campanienne à vernis rougeâtre, ou à pâte grise), associées ou non à de la campanienne B, et plus exceptionnellement à de rares tessons de campanienne A. Certains sites reçoivent aussi d’autres productions : lampes, vases à parois fines républicains à décor clouté et/ou lèvre en gouttière, céramique à engobe interne rouge pompéien9.

    34Le groupe 5 réunit les contextes qui livrent de la céramique sigillée, italique ou assimilée uniquement. Les vases à parois fines de type aco, les lampes d’époque impériale Vogelkopflampen (lampes à volutes et bec obtus) s’ajoutent aux productions attestées dans le groupe précédent (lampes, vases à engobe interne rouge pompéien). La céramique campanienne A est très marginale. Le mobilier de Saint‑Marcel‑de‑Félines (Le Crêt Châtelard/Bois du Cimetière) peut s’intégrer dans cette série.

    35Dans le groupe 6, on rencontre les contextes qui livrent de la céramique sigillée de type italique et/ou sud‑gauloise, associées aux productions du groupe précédent et aux types de céramique commune claire de la fin du ier s. av. J.‑C. : cruches à lèvres moulurées, mortier. La campanienne tend à disparaître.

    36La céramique campanienne se rencontre dans tous les groupes, mais sa longévité n’est pas comparable au phénomène observé en Provence. Les tessons recueillis dans les groupes 4 et 5 sont peu nombreux et très usés ; il s’agit sans aucun doute de dépôts résiduels, mais ces dépôts sont très significatifs : si la campanienne A est associée avec de la sigillée dans des contextes des groupes 4 et 5, c’est qu’il existe d’autres contextes appartenant aux mêmes sites classés dans les groupes 1 et 2. Autrement dit, lorsque sur un site on recueille dans un contexte donné de la campanienne A en association avec de la sigillée, il est à peu près certain qu’il existe sur ce même site, ou à proximité immédiate de celui‑ci, d’autres contextes plus précoces : c’est le cas à Bâle, Levroux, Tournus, ou même Alésia. La même remarque s’applique à la céramique à pâte claire italique ou dérivée (cruches et mortiers) qui se rencontre dans les trois premiers groupes, mais qui est surtout caractéristique du groupe 1. Ce sont essentiellement des types anciens, c’est‑à‑dire des cruches à lèvre en bourrelet ou effilée en amande, et parfois (comme à Aulnat ou au Beuvray) des mortiers à lèvre triangulaire. On les rencontre moins fréquemment dans le groupe 2 ; leur apparition dans les groupes plus récents semble liée au fait qu’ils sont recueillis sur des sites dont d’autres contextes sont classés dans des groupes plus anciens (Roanne, Tournus, Feurs). Il en va de même pour la céramique ampuritaine, qui paraît liée surtout au groupe 1. On rejoint donc ici les observations faites par A. Desbat sur le faciès des importations dans les contextes de la fin du ier s. av. J.‑C. à Lyon et à Saint‑Romain‑en‑Gal, qui font apparaître, dans le second cas, un important phénomène résiduel dû. à une fondation plus ancienne du site (Desbat 1990 : 252 ; Desbat et al. 1989 : 107).

    37Il semble donc que l’association campanienne A –céramique claire– céramique ampuritaine caractérise plutôt les groupes 1 et 2, c’est‑à‑dire les contextes les plus précoces ; l’association sigillée italique –vases à parois fines– céramique à enduit rouge interne se rencontre plutôt dans le groupe 4, et a fortiori dans le groupe 5. Ces deux types d’associations ne se recoupent pas, excepté dans les rares cas de présence résiduelle de la campanienne A ; cette exclusion laisse supposer que les contextes appartenant à chacun de ces groupes sont nettement distincts du point de vue de la chronologie, ce qui est de toute façon implicitement admis par l’existence de du groupe 3 qui s’intercale entre eux.

    38Dans le groupe 1 ne figurent que des sites ouverts, et dans le groupe 2, la seule exception est constituée par la phase 1 de Besançon. Les groupes suivants, au contraire, montrent une nette prédominance de sites fortifiés. Autrement dit, la campanienne A caractérise plutôt les sites ouverts, et la campanienne B les sites fortifiés. On peut s’interroger sur la signification de cette association : ne révèlerait‑elle pas un réseau de distribution différent entre les grands centres économiques (les oppida) et les villages d’importance secondaire, plutôt qu’un ordre de succession chronologique ? En réalité, l’hypothèse d’un tri des différentes variétés de campanienne selon la nature du gisement est invraisemblable : les deux contextes de Tournus, qui ne sont ni l’un ni l’autre des sites fortifiés, reçoivent en effet l’un de la campanienne A seule, et l’autre presque exclusivement de la B. Il en va de même pour les différents contextes de Roanne ou de Feurs.

    39La répartition des deux types de céramique n’est cependant pas homogène (fig. 28) : la densité des trouvailles est presque nulle dans l’ouest de la France, faible dans le Nord, et lorsqu’on y recueille ce type de céramique, il s’agit presque toujours de la classe « B ». L’introduction de la céramique campanienne est sans doute tardive dans le nord de la Gaule, ce qui explique l’absence de campanienne A. Les remarques faites à propos de la répartition des classes d’amphores Dressel 1 s’appliquent donc également ici : lorsqu’un gisement du nord de la Gaule livre de la campanienne B, cela ne signifie pas nécessairement qu’il a été créé après ceux qui, ailleurs, livrent de la campanienne A, mais seulement qu’il est en activité au moment où cette variété de campanienne se répand dans le secteur géographique concerné.

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    FIG. 28 ‒ La diffusion de la céramique campanienne en Gaule interne ● sites fortifiés (occupation certaine). La ligne en pointillé correspond approximativement à la limite septentrionale de la diffusion de la campanienne A en Gaule d’après Nash 1978, Morel 1985, Boudet 1987a, avec additions (liste non exhaustive pour le sud de la zone considérée : Lot‑et‑Garonne, Aveyron) : 1 Saint‑André‑de‑Cubzac (Gironde) ; 2 Vayres (Gironde) ; 3 Mouliets‑et‑Villemartin (Gironde) ; 4 Eynesse (Gironde) ; 5 Bordeaux (Gironde) ; 6 Saintes (Charente Maritime) ; 7 Périgueux (Dordogne) ; 8 Coulouniex‑Chamiers (Dordogne) (Chevillot 1983) ; 9 Aiguillon‑la‑Gravisse (Lot‑et‑Garonne) ; 10 Agen (Lot‑et‑Garonne) ; 11 Esdauzel (Lot) ; 12 Lectoure (Gers) ; 13 Roquelaure (Gers) ; 14 Auch (Gers) ; 15 Touget (Gers) ; 16 Nauœlle (Aveyron) ; 17 Rodez (Aveyron) ; 18 Millau (Aveyron) ; 19 La Roque/Sainte‑Marguerite (Aveyron) ; 20 Nant (Aveyron) ; 21 Rajal del Gorp (Aveyron) ; 22 Le Puy d’Issolu (Lot) ; 23 Le Puy du Tour (Corrèze) ; 24 Egletons (Corrèze) ; 25 Ussel (Corrèze) ; 26 Bas‑en‑Basset (Haute‑Loire) ; 27 Souils d’Arlempdes (Haute‑Loire) ; 28 Marcilhac (Haute‑Loire) ; 29 Chambles (Loire) ; 30 Feurs (Loire) (Vaginay, Guichard 1988) ; 31 La Roche‑Blanche (Puy‑de‑Dôme) ; 32 Aulnat (Puy‑de‑Dôme) ; 33 Roanne (Loire) ; 34 Varennes‑lès‑Mâcon (Saône‑et‑Loire) ; 35 Saint‑Symphorien‑d’Ancelles (Saône‑et‑Loire) ; 36 Mâcon (Saône‑et‑Loire) ; 37 Tournus (Saône‑et‑Loire) ; 38 Verdun‑sur‑le‑Doubs (Saône‑et‑Loire) ; 39 Bibracte (Saône‑et‑Loire) ; 40 Alise‑Sainte‑Reine (Côte‑d’or) ; 41 Avrolles (Yonne) ; 42 Besançon (Doubs) ; 43 Bâle (Suisse) (Furger‑Gunti, Berger 1980) ; 44 Étival‑Clairefontaine (Vosges) (Dalaut, Deyber 1988) ; 45 Saxon‑Sion (Meurthe‑et‑Moselle) (Legendre 1984) ; 46 Boviolles (Meuse) (inédit) ; 47 Le Titelberg (Luxembourg) (Metzler 1995) ; 48 Villeneuve‑Saint‑Germain (Aisne) (Robert 1987) ; 49 Amboise (Indre‑et‑Loire) (inédit) ; 50 Levroux (Indre) ; 51 Châteaumeillant (Cher) (inédit) ; 52 Mérouville (Eure‑et‑Loir) ; 53 Paris ; 54 Salins (Jura) ; 55 Saint‑Maurice‑sur‑Loire (Loire) ; 56 Saint‑Marcel‑de‑Félines (Loire) ; 57 La Celle‑Saint‑Martin (Loire) ; 58 Goincet (Loire) ; 59 Amplepuis (Rhône) ; 60 Corny (Moselle) (Legendre 1987) ; 61 Metz (Moselle) (Gallia, Informations archéologiques, 1958 : 324 ; 1962 : 491), 62 Giat‑et‑Voingt (Corrèze) ; 63 Corent (Puy‑de‑Dôme) ; 64 Laissac (Aveyron) ; 65 Magnac‑sur‑Touvre (Charente) ; 66 Saint‑Marcel (Indre) (inédit).

    Classement des sites par les formes de céramique campanienne et les services de céramique sigillée

    40La fig. 29 montre l’occurrence des principales formes de céramique campanienne classées selon leur ordre chronologique dans les sites les mieux pourvus. Les formes les plus anciennes –Lamboglia A33 (Morel F 2970) et surtout 27b ou c (Morel F 2843 et F 2825)– sont caractéristiques des groupes 1 et 2 : le bol 27 est recueilli sur la plupart des sites qui les composent. Les formes les plus nombreuses et qui connaissent la plus longue existence sont, en campanienne A, le bol Lamboglia 31 (Morel F 2950), et en campanienne B, la patère Lamboglia 5 (Morel F 2250). La présence de bols Lamboglia 31 dans le groupe 3 est probablement résiduelle (le site présenté dans la matrice : Roanne, possède aussi des contextes classés dans les groupes 1 et 2). En campanienne B, les formes 1 et 3 (Morel F 2300 et F 7500) paraissent exactement synchrones –comme probablement aussi la forme Lamboglia 2 (Morel F 1220)– et caractérisent les contextes où cette classe de céramique est majoritaire, comme les patères Lamboglia 5 (Morel F 2250). Enfin, les formes évoluées de patères –Lamboglia 5/7– se rencontrent fort logiquement dans les groupes les plus récents, et arrivent en tête des productions à vernis rougeâtre.

    41Le groupe 5 se caractérise par la présence de sigillée italique appartenant très majoritairement au service I de Haltern ; les formes précoces y sont également toutes localisées. Dans le groupe 6, la proportion de services I et II diminue au profit de celle de services plus récents et de la sigillée gauloise du sud. Ces deux types de contextes présentent la même configuration que celle que l’on peut observer dans les niveaux anciens de certaines villes antiques de Gaule Narbonnaise, par exemple à Saint‑Romain‑en‑Gal (SRG 1 et 2, comparables respectivement aux groupes 5 et 6 : Desbat et al. 1989 : 106).

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    FIG. 29 ‒ Sériation des sites par les formes de la céramique campanienne. ▲ campanienne A ; ■ campanienne B ; ● productions dérivées.

    3.3.3 Les fibules

    42La plupart des contextes d’habitat de La Tène finale livrent des fibules en quantité variable qui dépend en général de la superficie ou du nombre de structures fouillées : les collections des sites explorés par grand décapage –Bâle/Usine à gaz, Villeneuve‑Saint‑Germain, Levroux, Condé‑sur‑Suippe...– comptent plusieurs dizaines, voire centaines d’objets, alors que la majorité des autres gisements atteint à peine la dizaine d’exemplaires.

    43À ces disparités purement conjoncturelles se superposent des disparités géographiques. La Bretagne, et d’une façon générale la façade nord et centre‑ouest de la Gaule, se singularisent par la rareté des fibules : à part un ressort au Petit‑Celland, aucun des oppida ou sites d’habitat ouverts de cette zone que nous avons sélectionnés n’a livré ce type d’objet. L’exiguïté des fouilles n’explique pas tout, car sur certains de ces sites, on a recueilli d’autres types de parure, en bronze et en verre. Il faut bien admettre que dans ces régions, la fibule est un objet assez exceptionnel10.

    44Dans la fig. 30, les sites sont classés selon l’ordre chronologique donné par les différents types de fibule, représentés ici en nombre. Plusieurs ensembles se dégagent.

    45Les fibules de schéma La Tène 2, toujours à corde externe, sont majoritaires dans le groupe 1 ; les exemplaires rencontrés possèdent un ressort court ou long, et parfois un décor sur le pied (quelques exemplaires de Mötschwil à Levroux), Aux sites de Levroux/Les Arènes, et d’Acy‑Romance doivent s’ajouter les phases 1 et 2 de Feurs (sept fibules).

    46Le groupe 2 se caractérise par la prédominance des fibules de Nauheim11. Elles sont associées à des fibules de schéma La Tène 2, à corde interne ou externe, et à des fibules filiformes, à corde interne ou externe, principalement du type Feugère 5c. À partir de cette définition, on peut attribuer aussi à ce groupe la phase la de Besançon (une ou deux fibules de schéma La Tène 2 ; trois fibules de Nauheim ; une fibule filiforme de type Feugère 5c), et sans doute aussi les niveaux anciens d’Etival‑Clairefontaine et la période 1 de Roanne. Le site de Condé‑sur‑Suippe est classé dans ce groupe, bien qu’il ait livré un exemplaire (unique) de fibule Almgren 65, caractéristique du groupe suivant.

    47Le groupe 3 n’est représenté, dans le tableau, que par le site de Villeneuve‑Saint‑Germain, qui dispose d’une quantité significative de fibules ; les fibules filiformes y sont majoritaires, elles sont associées avec les types mentionnés précédemment, mais aussi avec des fibules à ressort nu attribuées à La Tène D2 : fibules à coquille, à arc mouluré12. Des associations comparables sont visibles dans la couche 2 de Bâle/Cathédrale, la période 2 de Roanne, le niveau inférieur d’Amboise (un exemplaire de type Langton Down, dont la position stratigraphique est mal assurée, ne remet pas en cause ce classement), peut‑être aussi le site d’Essey‑lès‑Nancy, qui pour au moins une de ses phases d’occupation présente le même type d’association de fibules, Saint‑Marcel‑de‑Félines. Tournus/Sept Fontaines n’a livré que huit fibules filiformes, dont quatre à corde externe, quelques‑unes à arc coudé.

    48Deux autres groupes sont encore à définir, pour lesquels, de nouveau, l’échantillon statistique est peu fiable. Le groupe 4 se caractérise par la présence de types à ressort à griffe (fibules à disque médian, fibule à ailettes), voire à charnière (fibule du type d’Alésia). Les types plus anciens (Nauheim, filiforme) tendent à devenir minoritaires. Au complexe stratigraphique 1 du Titelberg (SK 1), on doit ajouter les sites de Tournus/Clos Roy, la période 3 de Roanne, l’horizon 1A d’Alésia.

    49Les fibules à ressort protégé et à charnière tendent à remplacer dans le groupe 5 les fibules à ressort nu ou à griffe. Les sites de Gergovie, Levroux/Colline des Tours (ruelle aux Roses et terrain Lambert), la fosse 1 de Saint‑Marcel sont à classer dans cet ensemble.

    50Le premier groupe de contextes ne comprend que des sites ouverts ; ceux‑ci sont encore nettement majoritaires dans le second groupe. À partir du groupe 3, les proportions s’inversent en faveur des sites fortifiés. Excepté le fait, déjà signalé, que les sites occidentaux sont absents du tableau, on ne peut pas mettre clairement en évidence une répartition privilégiée des groupes de sites sur le plan géographique.

    51La proportion des fibules en fer et des fibules en bronze dans chaque groupe n’obéit pas à une progression rigoureuse qui conduirait d’un fort pourcentage d’objets en fer dans les ensembles les plus anciens à un fort pourcentage d’objets en bronze dans les ensembles les plus récents. S’il existe indéniablement une tendance générale qui va dans ce sens –dans les trois premiers groupes, on compte au moins 50 % de fibules en fer, alors qu’on en recueille au plus 25 % dans les deux derniers–, on observe cependant des exceptions importantes qui rendent ce critère peu efficace sur le plan de la chronologie : les contextes du groupe 3, par exemple, peuvent être plus riches en fibules en fer que ceux du groupe 2 ou même du 1. Ceci ne s’explique pas par la répartition géographique, car le site de Villeneuve‑Saint‑Germain (groupe 3) possède davantage de fibules en fer que le site de Condé‑sur‑Suippe (groupe 2), bien qu’ils soient relativement peu distants l’un de l’autre. Ces anomalies peuvent être dues à la présence d’ateliers de fabrication de fibules en fer –ce qui est le cas à Villeneuve‑Saint‑Germain– mais il nous manque dans la plupart des contextes les éléments qui permettraient de mettre en évidence cet aspect fonctionnel.

    3.3.4 Le verre et le lignite

    52Plus d’une vingtaine de sites ont livré des objets en verre, et seulement cinq des objets en lignite. Mais ces données sont difficiles à exploiter : dans la plupart des cas, la quantité des objets recueillis est faible, ou bien comptage et description n’ont pas été faits. Du point de vue strictement chronologique d’ailleurs, seuls quelques types de bracelets et de perles en verre présentent un intérêt, ce qui explique qu’à peine la moitié des contextes soit prise en compte.

    53Dans la fig. 31 sont recensés les objets en lignite et en verre des sites retenus, soit d’après l’importance des collections concernées, soit d’après la présence d’exemplaires isolés, mais significatifs.

    54Trois gisements ont produit des bracelets en verre caractéristiques de La Tène C (types Haevernick 6, 7, 8, 13) : Levroux/Les Arènes, Bâle/Usine à gaz, Feurs ; mais ils sont majoritaires à Levroux (cinq exemplaires sur sept bracelets), et très nettement minoritaires à Bâle (cinq sur trente‑trois). La fosse 1 de Feurs a livré un bracelet translucide de couleur vert‑bleu clair, couleur fréquente à La Tène C1.

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    FIG. 30 ‒ Sériation des sites par les types de fibule.

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    FIG. 31 ‒ Sériation des sites par les parures en verre et en lignite.

    55Le site de Levroux est aussi celui qui a produit le plus grand nombre d’objets de lignite, près d’une centaine sur l’ensemble des terrains Lacotte, Vinçon et Rogier : presque trois fois plus que d’objets en verre, chiffre sans équivalent sur l’ensemble des sites d’habitat de La Tène finale en France. Par la présence de ces bracelets de verre de La Tène C, Bâle/Usine à gaz se démarque également du corpus ; la très forte proportion des bracelets à section triangulaire (vingt‑cinq sur trente‑huit bracelets) contraste avec la proportion plus équilibrée observée à Chambles (six sur douze bracelets), qui ne possède pas de bracelets des types 7 et 8. Enfin, les autres sites ont livré surtout des perles des types 23, 24, 25 considérées comme les plus récentes. Deux gisements ont produit des perles à côte : Gergovie et le niveau 1 d’Étival‑Clairefontaine.

    56La couleur pourpre, traditionnellement considérée comme caractéristique de La Tène D, est attestée sur la plupart des sites, mais elle ne représente que 12 à 13 % des objets à Levroux et Condé‑sur‑Suippe, pour 27 % à Bâle/Usine à gaz et 23 % à Chambles. À Villeneuve‑Saint‑Germain, sur quatre‑vingt‑onze objets en verre, seuls quatre sont de couleur pourpre, alors qu’il n’a été isolé aucun type sûrement antérieur à La Tène D. Dans ce cas précis, la rareté des bracelets –un seul exemplaire du type Haevernick 3a– peut être en partie responsable de cet état de fait, puisque la couleur pourpre semble associée de préférence à ce type d’objet (Tilliard 1986 : 42). Mais cette « anomalie » pourrait résulter aussi d’une activité artisanale spécialisée dans la fabrication des perles de couleur bleue (27 % des objets en verre) et jaune (24 %).

    57Ces observations, confrontées aux groupes déjà définis par les histogrammes des fibules, confirment l’appartenance de Levroux/Les Arènes et de Bâle/Usine à gaz à deux groupes séparés, mais chronologiquement antérieurs aux autres, et celle de Gergovie au groupe le plus récent. La présence des bracelets du type Haevernick 2 à Chambles laisse supposer que ce site se situe chronologiquement peu après Bâle/Usine à gaz, où ils sont associés à des types plus anciens.

    3.3.5 Autres parures

    58Elles sont relativement rares, et bien souvent inutilisables pour les datations, car la plupart connaissent une longue existence.

    59Les chaînes de ceinture sont peu fréquentes, mais les éléments qui les composent –souvent oxydés lorsqu’il s’agit d’objets en fer– passent probablement inaperçus dans la quincaillerie des sites d’habitat. Un maillon tout à fait identique à ceux qui sont recueillis dans les tombes de La Tène moyenne est répertorié à Levroux/Les Arènes (terrain Rogier) ; le même site a livré une agrafe de ceinture de La Tène D, et une autre, plus ancienne, provient du terrain Lacotte13. Quelques autres éléments de ceinture nous sont connus : deux agrafes de La Tène D à Villeneuve‑Saint‑Germain, et probablement une pendeloque de La Tène C à Monceaux‑sur‑Dordogne, plusieurs agrafes de La Tène D ou de la fin de La Tène C2 au Titelberg (dont la plupart sans contexte).

    60Monceaux‑sur‑Dordogne a produit aussi plusieurs bracelets tubulaires à décor incisé, dont un tout à fait comparable à un exemplaire de Bâle/Usine à gaz ; ces bracelets sont connus aussi dans la phase 3 de Feurs. À Bâle figure également un bracelet à extrémités spiralées, identique à ceux d’Étival et des Alleuds. Le site des Alleuds a livré un bracelet plein à décor d’entailles obliques très semblable à celui d’une tombe de La Tène D1 de Wederath ; sur le site du Petit‑Celland, les bracelets à décor de losanges et de cupules ne trouvent pas d’équivalent, sauf peut‑être dans les niveaux gallo‑romains du gisement proche d’Alet.

    61Parmi les objets isolés, il faut signaler deux bagues à intaille à Villeneuve‑Saint‑Germain, un anneau passe‑guide de La Tène finale sur la Colline des Tours à Levroux, et des boutons émaillés sur ce dernier gisement comme à Boviolles et au Titelberg.

    62Tous ces éléments considérés séparément ne sont pas très efficaces pour la sériation chronologique des sites, mais ils confirment ensemble des tendances chronologiques données par les fibules et le verre, principalement pour les périodes anciennes. On peut donc résumer ainsi les informations offertes par les parures (fig. 32) :
    – l’ancienneté de l’occupation du village des Arènes de Levroux, attestée par la présence de bracelets en verre à côtes, est confortée par la présence des éléments de ceinture de La Tène C, mais il existe aussi indéniablement une perduration de cette occupation comme le montre la présence d’une agrafe de La Tène D ; la phase 1 de Feurs, malgré le faible nombre d’objets, doit se placer aussi en tête du classement (bracelet en verre de La Tène C et bracelet en lignite) ; 
    – des bracelets en bronze tubulaires sont signalés à Bâle et dans la phase 3 de Feurs. Ces gisements se caractérisent aussi par la présence de bracelets en verre lisse à section triangulaire (Haevernick 2). Les Alleuds, Condé‑sur‑Suippe, Chambles, Monceaux‑sur‑Dordogne appartiennent sans doute à ce même groupe, mais le petit nombre d’objets et la qualité inégale des informations imposent une certaine prudence.

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    FIG. 32 ‒ Sériation des sites par les autres parures : 1 chaîne‑ceinture de La Tène moyenne ; 2 bracelet en verre de La Tène C ; 3 bracelet en lignite ; 4 bracelet en verre de La Tène D ; 5 perle en verre de La Tène D ; 6 bracelet tubulaire en bronze ; 7 bracelet à extrémités spiralées ; 8 agrafe de ceinture de La Tène D ; 9 perles côtelées.

    63Villeneuve‑Saint‑Germain partage avec Tournus/Clos Roy l’absence totale de bracelets en verre mouluré, la présence de perles en verre et d’agrafe de ceinture de La Tène D ; ils se placent après le groupe précédent, mais avant Gergovie qui, on l’a vu, a livré des perles en verre côtelé.

    3.3.6 La céramique locale

    La base statistique

    64La principale difficulté que pose l’étude de ce mobilier est la grande disparité quantitative et qualitative des collections prises en compte : certaines fouilles n’ont livré en effet que quelques dizaines de tessons, d’autres plusieurs dizaines, voire centaines de milliers de fragments. La quantité de mobilier céramique recueilli dépend non seulement de la superficie de la zone fouillée, mais aussi de la nature du dépôt (à Vernou‑sur‑Brenne par exemple, il est constitué surtout d’amphores) et de la géographie : dans l’ouest de la France, les sites fortifiés livrent peu de céramique (Huelgoat, Le Petit‑Celland, Moulay...) et, d’ailleurs, peu de mobilier d’une manière générale, même si l’on tient compte de l’exiguïté des sondages ou des fouilles.

    65S’il est impossible d’exploiter une matière trop maigre, disposer d’une grande abondance de mobilier céramique n’est pas non plus un avantage à court terme, car cette masse de données nécessite un traitement de longue durée avant l’obtention des résultats recherchés. De telles manipulations ne pouvaient être faites systématiquement dans le cadre de ce travail, qui s’est attaché à mettre en évidence quelques‑uns des points évoqués dans le chapitre précédent.

    La technologie

    66La mise en évidence du tournage de la céramique de La Tène finale pose certains problèmes assez difficiles : il n’est pas toujours évident d’identifier le mode de montage (la finition des surfaces entraîne assez souvent l’effacement des traces qui le signalent), ou bien le tournage peut ne concerner qu’une partie du vase, en général le col. Dans l’ensemble toutefois, le montage au tour rapide est assez aisément repérable.

    67Malgré ces difficultés techniques, il est relativement facile de mettre en évidence plusieurs groupes de sites selon les critères évoqués au chapitre précédent : proportion de céramique grossière ou demi‑fine non tournée, de céramique cuite en atmosphère réductrice et oxydante.

    68Groupe 1 : la céramique grossière est non tournée, ou tournée en faible proportion (demi‑fine plutôt : 1/3 maximum ?) au tour lent ; elle est majoritaire au sein de la céramique en général ; la céramique à cuisson réductrice (grise) est absente. Ce groupe comprend Levroux/Les Arènes, Etival‑Clairefontaine niveau III, Bâle/Usine à gaz, Feurs 1 et 2 (+ 3 ?) ; s’y adjoignent probablement Tournus/Champsemard, Roanne période 1, Vernou‑sur‑Brenne, peut‑être Monceaux‑sur‑Dordogne.

    69Groupe 2 : la proportion de céramique grossière/demi‑fine tournée est plus importante que dans le groupe précédent (au moins le tiers de ces catégories ensemble ?). Dans cet ensemble, la céramique à inclusions fines est la mieux représentée ; la proportion de céramique tournée peut être très importante (Besançon phase 1, Villeneuve‑Saint‑Germain, niveau inférieur d’Amboise). La cuisson réductrice est attestée dans des proportions variables, qui restent inférieures à 20 % de la céramique fine tournée. Dans ce groupe figurent Besançon phase 1, Amboise (niveau inférieur), Villeneuve‑Saint‑Germain, Sion, Condé‑sur‑Suippe, Alésia (local 5), Bâle/Cathédrale couches 1 et 2, peut‑être aussi la période 2 de Roanne, et Tournus/Sept Fontaines.

    70Groupe 3 : la céramique fine est majoritaire, la céramique grossière non tournée diminue fortement au profit d’une céramique tournée à inclusions plus fines (demi‑fine, ou commune) ; les cuissons oxydante et réductrice sont bien représentées. Le niveau supérieur d’Amboise, Levroux/Colline des Tours, Gergovie, Bâle/Cathédrale (couche 3), Saint‑Marcel (fosse 1) et la période 3 de Roanne appartiennent à cet ensemble.

    71D’autres contextes ne sont pas attribuables précisément à l’un ou à l’autre des trois groupes, faute d’un minimum de données chiffrées ; on peut cependant être certain de l’appartenance du Petit‑Celland, de Pons et des Alleuds à l’un des deux premiers groupes. Quelques‑uns échappent à cette classification : à Étival‑Clairefontaine, la céramique grossière tournée progresse dans les deux premiers niveaux, mais régresse dans le troisième alors que la céramique cuite en atmosphère oxydante et réductrice est bien représentée. Est‑ce dû à des particularités régionales, à un brassage de mobiliers d’époques différentes, la signification en est‑elle chronologique, fonctionnelle ou les deux à la fois ? L’existence de ces phénomènes particuliers montre que l’on doit se garder de tout schématisme excessif.

    72L’antériorité du groupe 2 sur le groupe 3 est garantie par la succession stratigraphique de plusieurs contextes appartenant à l’un ou à l’autre des groupes (Bâle, Amboise). En revanche, on ne dispose pas de telles facilités pour démontrer l’antériorité du groupe 1 sur le groupe 3. Le premier comprend essentiellement des villages ouverts et le second une majorité d’oppida. Comme pour la campanienne, l’éventualité d’un classement fonctionnel est à envisager : les oppida, pôle d’attraction économique, pourraient bien livrer davantage de céramiques technologiquement évoluées (emploi du tour rapide, cuisson à haute température), relevant d’une production standardisée et susceptibles d’être commercialisées sur place, que les villages de campagne. Il est nécessaire, pour résoudre cette question, de considérer aussi la typologie des vases présents sur l’ensemble des gisements.

    Formes et décors

    73Dix‑huit critères ont été retenus pour leur potentiel chronologique en fonction des observations faites dans le chapitre précédent, et leur occurrence dans une vingtaine de contextes est formalisée dans la fig. 33. Une fois ordonnée, celle‑ci fait apparaître quatre ensembles de sites.

    74On rencontre dans le premier groupe certains éléments qui renvoient explicitement aux périodes précédant La Tène finale (vases à profil situliforme, à profil ondulé, pied creux élevé). Les écuelles carénées sont essentiellement à profil en s. Les vases à lèvres moulurées en céramique grossière non tournée sont très souvent décorés à l’épaule. Les motifs décoratifs effectués sans l’aide du tour (décors lissés, incisés, impressions digitales, compositions complexes –florale, zoomorphe ou géométrique– sur la céramique peinte) sont très présents. À côté de ce répertoire typologique traditionnel se rencontrent parfois des imitations de céramique campanienne A.

    75Le second groupe se distingue du précédent par des modifications assez minimes du répertoire : introduction des imitations de campanienne B, évolution de l’écuelle carénée à profil en S vers l’écuelle hémisphérique ou carénée à paroi verticale, apparition du décor ondé.

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    FIG. 33 ‒ Sériation des sites par les formes de céramique ; en grisé clair : formes rares.

    76Le troisième groupe de contextes connaît par contre un renouvellement important du répertoire des formes et des décors : bols et assiettes, largement inspirés de la céramique campanienne A et B, se multiplient aux dépens de certaines formes traditionnelles (écuelles à bord rentrant, écuelles carénées). Les décors se caractérisent par un recours de plus en plus systématique à des techniques mécaniques (décors horizontaux faits au tour sur céramique fine : moulures, lignes lissées ou incisés, ondes, bandes de motifs effectués à la molette). À l’intérieur de cet ensemble, la chronologie relative des gisements est difficile à établir. Certains contextes exceptionnellement riches (la période 2 de Roanne, par exemple) ont livré un grand nombre de formes et de décors qui ne sont pas répertoriés ailleurs.

    77Le quatrième groupe est assez homogène ; il rassemble les contextes dans lesquels les formes d’origine méditerranéenne –cruches, mortiers, tripodes– font désormais partie intégrante du répertoire typologique. Les décors sont désormais presque toujours réalisés au tour (décor à la molette, de type Beuvray), sur toute la céramique fine, alors que sur la céramique grossière non tournée, moins abondante, les décors sont rares ; les vases à lèvre moulurée ne portent plus de décor à l’épaule, et sont fabriqués aussi en céramique fine.

    78Quelques gisements, qui n’ont pas été utilisés pour construire ce tableau, peuvent être attribués à l’un des groupes définis ci‑dessus : Châteaumeillant et Pons au premier groupe (sans doute aussi Condé‑sur‑Suippe), Monceaux‑sur‑Dordogne, Saint‑Marcel‑de‑Félines, et Chambles au second groupe.

    79On peut faire correspondre assez aisément ces quatre groupes typologiques aux trois groupes que nous avons définis pour la technologie, car on y trouve les mêmes associations de contextes :

    Groupes technologiques

    Groupes typologiques

    1

    =

    1

    1 et 2

    =

    2

    2

    =

    3

    3

    =

    4

    80Comme pour les groupes technologiques 1 et 2, la succession des groupes typologiques 3 et 4 est garantie par la stratigraphie de certains gisements (Bâle, Amboise, Roanne). L’antériorité du groupe typologique 1 est confirmée par les différents contextes de Roanne (période 1 : groupe 1 ; période 2 : groupe 3), et par l’absence de certaines productions caractéristiques des groupes suivants, par exemple, l’absence d’imitations de céramique campanienne B (et a fortiori de sigillée), alors qu’on rencontre des imitations de campanienne A. La corrélation entre les groupes typologiques et technologiques conduit à confirmer l’antériorité du groupe technologique 1 sur le groupe technologique 2. Le classement des sites effectué sur les critères technologiques évoqués ci‑dessus n’a donc pas une signification socio‑économique, mais bien chronologique.

    81À côté de la modification des formes et décors traditionnels, de l’évolution de leur représentation au sein de la céramique locale, la diversification introduite par de nouveaux types de formes et de décors est le principal facteur d’évaluation chronologique. L’importance croissante de cette diversification d’un groupe à l’autre est incontestable (fig. 34). La validité du classement par les formes et les décors est toutefois limitée par sa conception même. Le but recherché est de mettre en évidence un maximum de points communs entre les gisements, mais on est alors amené à exclure les contextes qui ne présentent pas ces points communs, et par ailleurs à ignorer certains critères très significatifs, mais de portée strictement locale. C’est le cas pour les sites de l’Ouest, par exemple, où l’on est bien en peine de trouver toutes les formes plus ou moins inspirées de types méditerranéens, où l’écuelle carénée est presque la seule forme basse représentée, et où la chronologie relative de la céramique locale obéit à des règles propres, d’où la réciprocité des influences avec les îles Britanniques n’est pas absente. Malgré tout, l’exclusion de certains caractères spécifiques qui fondent la chronologie relative des séries céramiques régionales ne remet pas en cause l’existence des groupes typologiques. Gardons en mémoire qu’il s’agit d’un canevas, et qu’il faut prendre en compte, pour établir individuellement la chronologie de ces gisements, des paramètres locaux qui n’ont pas été évoqués ici.

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    FIG. 34 ‒ Évolution du nombre de types de vases et de décors dans quelques contextes témoins : L : Levroux/Les Arènes ; LRR : Levroux/Ruelle aux Roses ; V : Vernou‑sur‑Brenne ; A : Amboise (1 : niveau 1 ; 2 : niveau 2) ; BUG : Bâle/Usine à gaz ; BC : Bäle/Cathédrale (1, 2, 3 : niveaux stratigraphiques).

    3.3.7 Les monnaies

    La base statistique

    82Les différences quantitatives entre les sites sont considérables, pour plusieurs raisons. D’une part, les collections recueillies sur les sites explorés depuis le xixe s. sont le résultat de fouilles quasiment continues pendant plusieurs décennies. D’autre part, les récoltes effectuées au cours de sondages ponctuels sont moindres que celles effectuées au cours de fouilles par grand décapage : les 36 monnaies de la Colline des Tours à Levroux, par exemple, font piètre figure devant les 751 monnaies de Villeneuve‑Saint‑Germain.

    83Mais il existe aussi d’autres motifs, qui ne sont pas purement conjoncturels, à cette disproportion. Le nombre moyen de monnaies gauloises est en effet nettement moindre sur les sites ouverts que sur les sites fortifiés : 50 pour les premiers, 323 pour les seconds. L’ancienneté des fouilles sur un certain nombre de sites fortifiés n’explique qu’en partie cette moyenne élevée : à Levroux, par exemple, les secteurs fouillés aux Arènes jusqu’en 1980 (terrains Rogier, Vinçon et Lacotte) ont livré à peine plus de monnaies que les sondages de l’oppidum, alors que la surface explorée est cinq ou six fois plus importante, et la densité de structures remarquable14. On pourrait voir dans ce phénomène l’effet d’une différence chronologique entre les deux types de site : l’occupation des oppida, faisant suite à celle des villages ouverts, irait de pair avec un accroissement du volume monétaire correspondant à l’entrée de la Gaule dans une économie monétarisée. Mais il pourrait être tout aussi bien l’effet d’une partition fonctionnelle ou socio‑économique des sites dans laquelle les oppida, centres de commande de la cité, concentrent les richesses en numéraire, alors que dans les villages ouverts la monnaie ne joue qu’un rôle secondaire, Proposer l’une ou l’autre de ces explications est impossible à ce point de notre étude ; il faut considérer auparavant d’autres éléments.

    Les termini chronologiques

    84Un certain nombre de sites a livré des monnaies qui peuvent faire office de termini chronologiques. Un classement de ces gisements a été effectué d’après l’ordre chronologique d’émission attribué aux monnaies retenues comme critères (fig. 35). Quatre groupes ont ainsi été mis en évidence ; à l’intérieur de chacun de ces groupes, les sites et contextes choisis sont ensuite examinés plus en détail dans le but d’établir une fourchette chronologique absolue pour chacun d’entre eux.

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    FIG. 35 ‒ Sériation des sites par les types monétaires (le nombre total de monnaies est indiqué entre parenthèses) : 1 or ; 2 oboles de Marseille et monnaies d’argent alignées sur la métrologie de l’obole ; 3 potins anciens (GTA, sauf A9 et 10 ; S 191/BN 8124) ; 4 monnaies d’argent gauloises, poids supérieur à 2 g ; 5 autres potins présents à Alésia ; 6 deniers gaulois (poids inférieur ou égal à 2 g) ; 7 bronzes frappés ; 8 monnaies romaines républicaines antérieures à 50 av. J.‑C. ; 9 monnaies sûrement émises après 50 av. J.‑C., toutes origines confondues (il s’agit, dans le cas des monnaies gauloises, de celles dont l’origine post‑conquête est assurée par des arguments typologiques ou historiques indubitables) ; 10 monnaies émises après 30 av. J.‑C. (as à l’autel de Lyon, as de Nîmes, germanus indutilli l.) * habitat (fosse 388 exclue) ; ** chantier 4 ; *** Guichard et al. 1993.

    Le groupe 1

    85Il réunit les contextes dans lesquels on ne rencontre que du numéraire précieux et des potins ; il n’y a ni bronzes frappés (monnayage massaliète excepté) ni monnaies indiscutablement émises après le milieu du ier s. Les potins rencontrés appartiennent dans leur grande majorité à des types anciens dont la création remonte probablement au iie s. Quant aux monnaies d’argent, ce sont soit des oboles de Marseille ou des monnaies de métrologie comparable, soit des monnaies dont le poids est supérieur à celui du denier gaulois. On rencontre dans ce groupe les trois premières phases de Feurs, l’habitat d’Acy‑Romance et la période 1 de Roanne.

    Feurs

    86Les deux premières phases de Feurs n’ont livré que de l’or (un quart de statère usé probablement du type de Chenôves), et des oboles de Marseille ou imitations (deux imitations et une troisième illisible, ainsi que quatre bronzes frustes, très vraisemblablement aussi des oboles). Le statère de Chenôves serait émis, selon B. Fischer, peu avant la guerre des Gaules, datation basse qui ne s’accorde pas à la chronologie relative et absolue définie à partir des autres mobiliers par les fouilleurs du site (l’écart est de un demi‑siècle à un siècle). La phase 3 a livré aussi des oboles et des potins.

    Acy‑Romance

    87Si l’on exclut la fosse 388, comblée en partie à l’époque gallo‑romaine (et qui a livré les trois seuls bronzes frappés du site), la trentaine de monnaies de l’habitat d’Acy‑Romance/La Warde n’est constituée que de potins, dont une majorité de S191/LT8124, et d’un quart de statère « au segment de cercle ». Les numismates spécialistes de la Gaule Belgique considèrent ce dernier comme une production inaugurée à la fin du iie s. av. J.‑C. (Doyen 1987 ; Delestrée 1996 : 109‑110).

    Roanne 1

    88La distribution des monnaies dans les trois ensembles de l’institution Saint‑Joseph (Bessou 1976) n’est pas très bien connue. Toutefois, on sait que les ensembles de sa période 1 n’ont livré que quatre types de monnaies : des oboles ou des variétés proches ainsi que des petits bronzes au taureau cornupète de Marseille, des potins à la grosse tête, et une monnaie d’argent (BN 3825‑3828), correspondant au type B7 du monnayage arverne de D. Nash (1978 : 156). Au moins une des quatre oboles a été émise avant le début du ier s. av. J.‑C, une autre est sûrement du ier s. av. J.‑C. Gisèle Gentric, comme l’abbé Bessou, note qu’elles sont recueillies principalement dans les niveaux anciens du site (Gentric, Poncer 1985 : 16) ; elle y voit le signe d’une occupation dès le iie s. av. n.è. (ibid. : 12).

    Le groupe 2

    89Il comprend des gisements dans lesquels figurent des bronzes frappés et/ou des deniers gaulois ; là encore, aucune monnaie n’est indiscutablement postérieure à 50 av. J.‑C.

    Aulnat/Gandaillat

    90La seule monnaie d’or est un quart de statère recueilli dans le réseau de fossés du site. Son poids (1,90 g, correspondant à un statère de 7,60 g) situerait son émission, d’après D. Nash, dans la première moitié du iie s. (1978 : 58, tabl. 1, no 3 ; 60). Cette position n’est pas partagée par les numismates de l’école de J.‑B. Colbert de Beaulieu, pour qui ce poids, bien qu’indiquant une émission ancienne, placerait celle‑ci postérieurement à 120 av. J.‑C.

    91Des monnaies en argent ont été recueillies dans une seule et même fosse : il s’agit d’une obole fourrée de Marseille, de poids et de module réduits, que l’on peut attribuer à la première moitié du ier s. av. J.‑C. (cf. Chabot 1975 : 165‑166 ; Gentric 1981), et d’une monnaie à la croix dont le poids (2,08 g) se situe dans la fourchette attribuée par les numismates au ier s. av. J.‑C., et qui correspond au standard métrologique du denier. Cette fosse a également livré un potin à la grosse tête ainsi que deux autres potins au quadrupède. L’obole, la monnaie à la croix et le potin à la grosse tête sont des espèces dont l’émission commence avant 50 av. J.‑C. L’ensemble évoque la première moitié du ier s. av. J.‑C. En revanche la présence du statère, qui ne relève pas d’un phénomène de thésaurisation puisque c’est la seule monnaie recueillie dans ces structures, prouve que le comblement du fossé a pu intervenir avant la fin du iie s. av. J.‑C.

    Levroux/Les Arènes15

    92C’est le site d’habitat ouvert qui a livré le plus de monnaies d’or : un quart de statère sur le terrain Vinçon, et trois quarts de statère associés à 25 monnaies d’argent dans un trésor recueilli sur le terrain Rogier en 1983. La première monnaie en or, variante du type BN 6420, appartient à la série la plus légère du groupe est‑armoricain de D. Nash (groupe D2 ; Nash 1978 : 82‑84). L’émission des séries les plus lourdes remonterait, selon elle, au milieu du iie s. ; le poids de l’exemplaire de Levroux est nettement inférieur à celui des monnaies citées par D. Nash (1,78 g, alors que le statère le plus léger recensé par D. Nash pèse 1,87 g) et renvoie plutôt aux poids qui caractérisent la phase tardive du monnayage d’or de la Gaule centrale (Nash 1978 : 21), c’est‑à‑dire au ier s. av. J.‑C. La datation proposée par B. Fischer pour cette monnaie (90/80 av. J.‑C. ; Fischer 1981 : 197) est somme toute peu éloignée.

    93Les trois quarts de statère du trésor Rogier, dont deux frappés du même coin de revers, sont du type BN 4609‑4613, et correspondent à des statères de 7,20, 6,80 et 6,60 g. Ces poids relativement faibles situent leur émission, selon B. Fischer, vers 80/60 av. J.‑C. (Fischer 1985a : 80). Typologiquement, ces monnaies s’inscrivent dans la série B du groupe des statères « au griffon » défini par D. Nash (« gold griffin group ») ; ce groupe appartient à sa phase moyenne du monnayage de Gaule centrale, quelle place dans le iie s. av. J.‑C. (Nash 1978 : 79 sq.). Mais la série B est la plus légère, et donc probablement la plus tardive, et les poids des statères de Levroux sont parmi les plus faibles dans cette série. En conséquence, il est difficile, même en adoptant la chronologie haute de D. Nash, de faire remonter l’émission de ces monnaies très au‑delà du début du ier s. av. J.‑C.

    94Les espèces en argent associées dans ce dépôt avec les statères sont deux monnaies proches de BN 4549 et 4550, et 23 piécettes dont les deux tiers pèsent entre 0,59 et 0,50 g –c’est‑à‑dire alignées sur la métrologie de l’obole massaliote16. B. Fischer, qui a étudié ce trésor (1985a), donne comme fourchette chronologique pour l’émission de ces monnaies d’argent la fourchette 60/40 av. J.‑C.

    95Cette datation repose surtout sur une appréciation de la teneur en métal précieux –il s’agit de monnaies pour la plupart en bas argent. Or, les deux monnaies de grand module évoquent des espèces du trésor de Bridiers, que D. Nash (1978 : 22‑26) et S. Scheers (1982) datent de la première moitié ou du premier tiers du iie s. Le poids des espèces de Levroux est cependant inférieur à celui des espèces de Bridiers : il correspond à ceux de la phase moyenne définie par D. Nash pour le monnayage de Gaule centrale, dont elle avoue les difficultés de datation : deuxième moitié du iie s. (1978 : 41‑43) ? Pour les petites monnaies d’argent, B. Fischer n’a pu trouver aucun équivalent véritable ; la plus proche (BN 3848) semblerait appartenir, elle aussi, à la phase moyenne de D. Nash (1978 : 49). Selon ce système chronologique, c’est donc la monnaie d’or qui donnerait le terminus post quern le plus récent, et le trésor aurait été constitué au plus tard au début du ier s. av J.‑C., voire à la fin du iie s., plutôt que dans le second tiers du ier s. comme le propose B. Fischer. Les comparaisons qu’elle donne (1985a : 78‑80) ne semblent pas en tout cas suffisantes pour appuyer cette datation basse : tous les dépôts qu’elle cite ont livré des monnaies d’argent qui, pour celles de grand module comme pour les piécettes, sont de poids inférieur à celles de Levroux, ou bien sont associés à des monnaies de bronze frappé ou coulé. Ils sont datés pour plusieurs certainement pendant et après la guerre des Gaules, et pour certains un peu avant celle‑ci, ce qui conforte la datation du trésor de Levroux vers le début du ier s.

    96Les fouilles du terrain Rogier ont également livré une monnaie en argent fourré proche de BN 4558‑4560 qui appartient au groupe PV du monnayage en argent du Berry occidental (Nash 1978 : 48-49), groupe attribué par elle à la phase moyenne de ce monnayage, soit à la seconde moitié du iie s. Mais encore une fois, le poids de l’exemplaire de Levroux est plus faible que celui des exemplaires cités par D. Nash, et renvoie plutôt à ceux de sa phase tardive (ier s. av. J.‑C.) ; l’émission aurait alors eu lieu à l’extrême fin du iie s. ou au début du ier s. av. J.‑C. B. Fischer la place en tout cas avant 60 av. J.‑C. (1981 : 194). D’autres monnaies d’argent ont été recueillies sur le site, elle seront étudiées dans la publication définitive des données ; on peut toutefois d’ores et déjà dire qu’en très grande majorité ce numéraire est constitué de petites monnaies métrologiquement proches de l’obole massaliote.

    97Le reste du numéraire de Levroux –et ce qui en constitue la majeure partie– comprend des monnaies de bronze frappées ou coulées. Les bronzes frappés sont anépigraphes et appartiennent presque tous aux séries dites « anonymes des Bituriges ». Ceux‑ci sont absents des fossés d’Alésia, mais comme le fait remarquer D. Nash, le contingent des monnaies bituriges recueillies dans les fossés d’Alésia est très faible (13 exemplaires sur un total de 499 monnaies, soit moins de 3 %) ; certaines séries de ces bronzes (à la tête de loup et au Pégase) peuvent en tout cas avoir été émises dans la première moitié du ier s.17 Les potins issus de la zone séquano‑éduenne, très fortement représentés ou même majoritaires sur les terrains Vinçon, Rogier et Lacotte, sont suivis par les potins à légende MA, Restent quelques monnaies également étrangères au territoire biturige, mais toutes, sauf deux, sont issues des cités avoisinantes (carnute, lémovice) et présumées émises antérieurement à 50 av. J.‑C.

    Bâle/Usine à gaz

    98La quasi‑totalité des monnaies provient de la civitas des Helvètes et des territoires limitrophes. Le seul statère recueilli sur ce gisement du groupe 1 est helvète, du type BN 8901 ; il est fourré et pèse 4,70 g. Cette double particularité signale le caractère tardif de cette monnaie (Furger‑Gunti, Kaenel 1976 : 51 ; 67‑68). L’autre monnaie en alliage précieux découverte sur le site est un denier fourré q doci (LT XVI/BN 5405‑5411) qui n’appartient sûrement pas aux émissions les plus anciennes. Les potins sont en majorité du type à la grosse tête (BN 5368/GTA et B1 à 3) ; deux monnaies sont du type S191/BN 8124. La présence des potins, dont l’écrasante majorité est d’origine non helvète, a longtemps été l’un des arguments majeurs des numismates –fiançais notamment– pour repousser la date finale de l’occupation dans la seconde moitié du ier s. av. J.‑C. (voir par exemple Fischer 1981 : 191). Les observations précédentes montrent cependant que toutes les monnaies recueillies circulent déjà dans la première moitié du ier s. av. J.‑C.

    Condé‑sur‑Suippe

    99Le mobilier numismatique est encore inédit. P. Pion a toutefois déjà publié une liste des récoltes monétaires (Guichard et al. 1993), dans laquelle on compte un statère (S30 classe 1/BN 8801A), une monnaie d’argent (S53/8514), deux bronzes frappés (S152/BN 8030 et S24/BN 8704), et une cinquantaine de potins dont une écrasante majorité de S191/BN 8124 (plus de 80 %). Toutes les monnaies sont d’origine régionale (rèmes pour la plupart, leuques, ambiennes).

    Roanne 2

    100Dans les ensembles de la période 2 figurent un denier romain de 85 av. J.‑C. ainsi que des deniers gaulois ; cette association homogène indique que la période 2 s’est constituée après le début du ier s. av. J.‑C. (deuxième quart ?). La présence en masse de potins à la grosse tête, l’absence ou la quasi‑absence de numéraire indiscutablement postérieur à 51 av. J.‑C. –lequel se rencontre en revanche dans la période suivante (période 3)– suggèrent également une occupation dans la première moitié du ier s.

    Le groupe 3

    101Il comprend trois sites ou contextes dans lesquels figurent des monnaies émises indiscutablement après le milieu du ier s. av. J.‑C., mais encore aucune monnaie augustéenne. Quelques statères y sont encore recueillis, mais ce sont des monnaies belges dont l’émission est tardive. Les oboles semblent moins présentes dans les sites du Centre et du Centre‑Est.

    Le Titelberg

    102L’ensemble stratigraphique appelé « SKI » a livré un statère trévire « à l’œil » du type LT 8817 : Scheers 30 classe V (arda), monnayage très certainement issu d’un atelier monétaire fonctionnant sur le site même (Weiller 1984). L’émission de cette monnaie serait postérieure à 54 av. J.‑C., car les classes V et VI de ce monnayage se distinguent des classes I à IV par une chute de poids importante, que s. Scheers met en relation avec les événements de 54 av. J.‑C. en Gaule Belgique (Scheers 1977 : 428‑429). De ce contexte proviennent également quatre monnaies en argent trévire du type BN 9383, dont l’émission commence avant 51 (un exemplaire de ce type a été recueilli à Alésia). Leur fabrication sur le site est aujourd’hui une quasi‑certitude.

    103Parmi les monnaies de bronze rencontrées dans ce même ensemble, certaines ont un terminus post quem bien daté : BN 8839 (arda), dont le prototype a été émis vers 49 av. J.‑C. (Scheers 1969 : 43‑44), BN 9235 (hirtius), imité d’un denier de César et probablement frappé pendant le séjour d’Hirtius en Gaule, vers 49 av. J.‑C. (Scheers 1969 : 168‑172) ; celles‑ci représentent plus d’un tiers des monnaies gauloises recueillies dans ce niveau et appartiennent aux séries monétaires fabriquées sur le site. Les trois quarts des monnaies sont d’origine trévire et 82 % appartiennent à la circulation régionale (Rèmes, Ambiens, Nerviens). Il faut encore compter six monnaies romaines, dont quatre as romains émis au iie s. av. J.‑C., ainsi qu’un as et un denier émis entre 44 et 28 av. J.‑C.

    104Un autre contexte –la couche « a » de la Hauptstrasse– a livré un ensemble à peu près comparable, la seule différence notable étant l’absence de starère, et un pourcentage presque deux fois moindre de monnaies d’Hirtius. L’ensemble est encore plus homogène que le précédent : 83 % des monnaies sont trévires, et 91 % appartiennent à la circulation régionale. Ce niveau présente l’intérêt d’avoir été scellé par une petite couche dans laquelle on a recueilli un bois daté par dendrochronologie de 31 av. J.‑C. Par ailleurs, parmi les cinq monnaies romaines recueillies, on en compte quatre qui sont émises entre 58 et 28 av. J.‑C.

    105La couche supérieure (couche « c ») présente un faciès numismatique bien différent : la moitié des récoltes monétaires est constituée d’espèces romaines et gallo‑romaines, parmi lesquelles les as de Nîmes du premier type sont très majoritaires (81 % des monnaies non gauloises). La totalité de ces monnaies est émise après 40, et même presque entièrement après 30 av. J.‑C. La couche « c » s’est donc déposée dans le dernier tiers du ier s. La couche « a » voit de ce fait son terminus ante quem fixé vers 30 av. J.‑C., ce qui est parfaitement en accord avec ses récoltes monétaires. Il en va de même pour le Schichtkomplex 1 dont nous avons souligné la parenté numismatique avec la couche « a ». La présence importante dans ces deux niveaux de monnaies sûrement émises dans le troisième quart du ier s. av. J.‑C. montre qu’ils sont encore en constitution à cette époque. Toutefois l’hypothèse à peu près admise aujourd’hui de la fabrication sur place de statères du type à l’œil, de monnaies d’argent dont l’émission commence à coup sûr av. 51, ainsi que la forte homogénéité du faciès monétaire de ces contextes, plaident pour une récolte autour du milieu du ier s.

    Villeneuve‑Saint‑Germain

    106Aucune monnaie augustéenne, sur un total de sept cent cinquante‑huit objets18, n’a été recueillie. La seule monnaie en or découverte sur le site est postérieure à 50 av. J.‑C. ; il s’agit d’un statère britannique (LT XLI 9495 ; type British Q défini par D.F. Allen) imité du statère anépigraphe des Suessions, et dont les numismates s’accordent pour placer l’émission après 40 av. J.‑C. (Allen 1961 : 128 ; Debord 1981 ; 1987a : 107, 115).

    107J. Debord a mis en évidence la fabrication sur le site d’un numéraire d’argent dont certains exemplaires sont des monnaies de la zone du denier surfrappées ; cette particularité impliquerait que la fabrication de numéraire précieux sur le site aurait eu lieu après la période de grande circulation de ces deniers, c’est‑à‑dire dans le courant de la deuxième moitié du ier s. (Debord 1987b). D’après S. Scheers toutefois, ces émissions ne peuvent pas être très tardives. En effet, si ce ne sont pas des deniers belges, pourtant très répandus (par exemple ateula/ulatos), qui ont été surfrappés, c’est peut‑être parce que ces derniers n’étaient pas encore diffusés à cette époque. Or les deniers ateula/ulatos apparaissent dans le trésor de Vernon, enfoui vers 45 av. J.‑C. (Scheers 1982).

    108Enfin, 13 % seulement des monnaies sont des bronzes frappés (contre 78 % de bronzes coulés). Cette particularité, jointe au faciès monétaire différent sur les deux sites (fig. 36), a permis à P. Pion de proposer une nouvelle chronologie relative des sites de Pommiers et de Villeneuve‑Saint‑Germain (Guichard et al. 1993).

    Roanne 3

    109La période 3 est mal cernée. L’abbé Bessou aurait souhaité mettre en évidence deux horizons successifs avec l’ensemble du mobilier, ce qui n’a pu être réalisé qu’avec les monnaies ; selon lui en effet, l’horizon le plus récent se caractériserait par la présence d’as de Nîmes et de monnaies de germanus indutilli l, l’horizon ancien n’ayant livré qu’une monnaie coloniale identifiable –un as copia de Lyon. On peut en déduire que les débuts de la période 3 sont antérieurs à 15/10 av. J.‑C.

    Le groupe 4

    110Il comprend les sites et contextes qui livrent des monnaies augustéennes ; les monnaies en or sont absentes, les oboles et les potins des séries anciennes rares.

    Alésia/horizon 1A

    111L’horizon 1A du quartier au sud‑est du forum a livré des deniers épigraphes et des potins, principalement lingons et séquano‑éduens, ainsi qu’un quinaire d’Auguste. On peut considérer que le faciès monétaire de cet horizon couvre la seconde moitié du ier s. av. J.‑C.

    Amboise

    112Les fouilles récentes ont livré un certain nombre de monnaies malheureusement pour la plupart illisibles. Le niveau 1 de l’habitat de la rue A. Thierry a livré des potins à la tête diabolique, un denier romain émis en 42 av. J.‑C., et un as de Lyon dont la date d’émission est incertaine. Ce gisement a été perturbé par la culture de la vigne, comme le montre la présence d’une monnaie royale dans la couche la plus ancienne. Il se peut que l’as provienne du niveau 2, où a été récolté un autre as à l’autel de Lyon émis entre 10 et 14 ap. J.‑C. La présence du denier romain montre de toute façon que le niveau 1 était encore en cours de constitution au plus tôt vers 40 av. J.‑C.

    Levroux/Colline des Tours

    113Les deux principaux secteurs fouillés ont livré, l’un un demi‑as (ruelle aux Roses), et l’autre un denier romain républicain, un germanus indutilli l et quatre as de Lyon émis après 10 av. J.‑C. (terrain Lambert‑Courtault)19. Les récoltes monétaires gauloises sont bien différentes de celles des Arènes, ce qui conforte leur appartenance à des groupes différents dans notre classement (fig. 36). Les types de potin les mieux représentés aux Arènes, potins séquano‑éduens et à la légende ma, sont en effet totalement absents dans les fouilles de la colline ; inversement, celles‑ci ont livré deux deniers gaulois, alors qu’il n’en a été recueilli aucun aux Arènes. Si les bronzes frappés des Bituriges sont présents sur les deux gisements, ils sont moins bien représentés aux Arènes, où ils sont tous anépigraphes. Au contraire, la moitié des bronzes bituriges recueillis sur la colline sont épigraphes. Enfin, les bronzes frappés carnutes, rares aux Arènes, représentent le quart des découvertes des fouilles de la colline. Tous ces éléments montrent que ces niveaux de l’oppidum ont été constitués dans la seconde moitié du ier s. et étaient encore en formation dans les dernières années de ce siècle.

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    FIG. 36 ‒ Représentation des types monétaires dans les divers contextes des sites de Pommiers, Villeneuve‑Saint‑Germain, Alésia, Levroux et Bâle.

    Bâle/Colline de la Cathédrale

    114Le niveau 3 a livré une monnaie de germanus indutilli l et un as de Nîmes du premier type. Des deniers gaulois, tous fourrés, ont également été recueillis ; le plus lourd pèse 1,60 g. Les potins les mieux représentés sont ceux de turonos cantorix, type fréquemment rencontré dans des contextes très tardifs (Furger‑Gunti, Kaenel 1976). L’ensemble est donc constitué de monnaies émises dans la deuxième moitié du ier s.

    115L’aspect des trouvailles monétaires de la cathédrale contraste d’une manière générale avec celui des trouvailles de l’Usine à gaz, confortant ainsi l’attribution des deux gisements de Bâle à deux groupes distincts dans le classement. Les niveaux 1 et 2 n’ont livré que quelques potins parmi lesquels le type à la grosse tête (BN 5368/GTA et B1 à 3), majoritaire à l’Usine à gaz, est ici minoritaire. Inversement, le potin turonos cantorix, majoritaire à la Cathédrale, est totalement absent de l’Usine à gaz. Les autres types sont dans une large mesure communs aux deux sites, mais aucun n’est représenté dans les mêmes proportions (fig. 36).

    Gergovie

    116La monnaie la plus récente recueillie dans les fouilles des années 40 est un as de Nîmes du deuxième type, qui semble être la seule monnaie sûrement émise après le changement d’ère ; plus d’une vingtaine d’autres monnaies romaines ou romanisées ont aussi été recueillies, principalement des as de Nîmes et de Lyon, ainsi que plusieurs germanus indutilli l et t pom sex f. La plupart des monnaies gauloises sont arvernes, en argent et en bronze. Le monnayage le plus abondant est celui d’epad que l’on présume être le personnage Epasnactus mentionné par César dans les Commentaires (Scheers 1969) ; comme les variétés précoces de ce monnayage, émises avant 52 av. J.‑C., existent aussi sur le site, on peut en déduire que l’occupation débute au moins vers le milieu du ier s. av. n.è. Une lois encore, on notera que le faciès des types monétaires de Gergovie (groupe 4) s’oppose vigoureusement à celui d’Aulnat (groupe 2) et des sites de plaine arvernes (Guichard et al. 1993 : 33).

    Argentomagus

    117Dans la fosse 1, le terminus post quem du remplissage final de la fosse est donné par un grand bronze et un demi‑as de Lyon, émis vers 40 av. J.‑C. au plus tôt. Le reste du monnayage est composé d’une monnaie d’argent fourrée à la légende inoc, postérieure au milieu du ier s., de sept bronzes frappés presque tous épigraphes des Bituriges, des Carnutes et du Centre‑Ouest, et de dix‑sept potins dont seuls deux ont été identifiés. Ce dépôt est donc constitué d’espèces circulant essentiellement dans la seconde moitié du ier s. av. J.‑C., et déposé dans le dernier tiers de celui‑ci.

    118En résumé, on peut proposer pour ces groupes de sites considérés d’après leur faciès monétaire les fourchettes chronologiques suivantes :
    ‒ le groupe 4 se caractérise par des récoltes monétaires centrées sur la seconde moitié du ier s., mais dont la constitution définitive ne s’achève que dans les deux ou trois décennies avant notre ère, voire plus tard ;
    ‒ toutes les monnaies du groupe 3 sont émises avant les trois dernières décennies av. J.‑C., les unes indubitablement dans la seconde moitié du ier s., les autres circulant un peu plus tôt ; on peut dire que globalement, le faciès monétaire de ces sites est centré sur le milieu du ier s. ;
    ‒ le groupe 2 livre des monnaies circulant dans la première moitié du ier s., d’autres sans doute un peu plus tôt ; en revanche, il ne comprend aucune monnaie indiscutablement émise après 50 av. J.‑C. (j’entends par là aucune monnaie dont la datation soit étayée par un terminus post quem incontestable, dont des exemplaires figurent dans les groupes 3 et 4) ; on peut en ce cas considérer que le faciès monétaire du groupe 2 intéresse surtout la première moitié de ce siècle, avec les nuances formulées plus haut pour Levroux et Aulnat ;
    ‒ dans le groupe 1, l’absence de bronzes frappés gaulois et l’association de potins « anciens » avec du numéraire précieux (or et argent, celui‑ci avec des espèces non alignées sur le standard du denier romain) et/ou des oboles de Marseille constitue un caractère original qui tranche nettement avec les autres groupes, et qu’il faut bien, compte tenu des développements du chapitre précédent, considérer comme un signe de précocité. Quelques‑unes de ces monnaies sont assurément déjà en circulation à la fin du iie s. sans que l’on puisse donner un terminus ante quem plus précis. Comme le groupe 2 intéresse surtout la première moitié du ier s., on s’arrêtera pour l’instant pour le groupe 1 sur une fourchette centrée sur la seconde moitié du iie s. et le tout début du ier siècle.

    Notes de bas de page

    1 C’est dans les sites où une occupation gallo‑romaine et postérieure s’est superposée à l’occupation gauloise que les niveaux gaulois semblent s’être le mieux conservés : Bibracte, Alésia, Roanne, Besançon...

    2 Il faut signaler immédiatement que le site de Bibracte n’a pas été mis à contribution dans les analyses de mobilier (il ne figure donc pas dans ce corpus), car les ensembles laténiens commençaient à peine à être mis au jour au moment où ce travail s’achevait. Ces données seront utilisées ultérieurement (chap. 4). Il en va de même pour la publication toute récente de Roanne (Lavendhomme, Guichard 1997) que je n’ai pas eu l’opportunité d’intégrer dans ce travail. J’y ferai également référence dans ce même chapitre.

    3 Buchsenschutz 1984 : 57‑58 ; en Belgique, les travaux de A. Cahen‑Delhaye ont montré que la plupart des grandes enceintes de l’âge du Fer étaient datables de la transition Hallstatt‑ La Tène, et que l’occupation avait été très sporadique même dans les rares cas se rapportant à La Tène finale (Cahen‑Delhaye 1984).

    4 La thèse de R. Boudet (1987a) répertorie d’assez nombreux sites ouverts, tandis que les sites fortifiés restent rares et peu explorés.

    5 A. Desbat est arrivé à la même conclusion en comparant le contexte de Saint‑Romain‑en‑Gal 1 avec les premiers contextes lyonnais (Desbat 1990).

    6 Depuis la rédaction de cette thèse, je suis entrée en possession du travail de F. Gateau (1990) qui expérimente sur les lèvres d’amphores d’Entremont, du Baou‑Roux et de Saint‑Blaise des rapports métriques (hauteur/épaisseur) pouvant différencier les gréco‑italiques des Dressel 1. Je n’ai pas entrepris le réexamen complet des données avec cette méthode ; je l’ai toutefois utilisée pour l’étude des amphores de Levroux (Colin à paraître), comme d’autres chercheurs (Poux 1995), et j’y fais référence ponctuellement dans le corpus des sites.

    7 Et a fortiori pour celle des deux contextes d’Amboise, qui se succèdent en stratigraphie et dont l’un appartient au groupe 3, et l’autre sans doute au groupe 4.

    8 Compte tenu de la faiblesse numérique des céramiques importées, on a utilisé dans ce tableau un code graphique pour donner une image des productions dominantes et non des graphiques fondés sur des statistiques.

    9 Il n’est pas toujours possible de distinguer, d’après les publications, la véritable céramique à enduit rouge pompéien des imitations qui relèvent de la Terra rubra ; les deux productions étant à peu près contemporaines en Gaule, on les a englobées ici sous la même dénomination.

    10 Et même à l’époque gallo‑romaine, si l’on en juge par les cartes de répartition dressées par M. Feugère pour des types plus récents.

    11 Les fibules « à tête couvrante » définies par M. Feugère (1985, type 7a) ne sont pas distinguées ici des fibules de Nauheim, car les publications ne font pas toujours la différence.

    12 Le secteur fouillé par l’URA 12 a livré une fibule à charnière, alors que toutes les autres fibules sont à ressort nu, mais cette exception, somme toute négligeable au vu de la quantité de fibules recueillies, peut être considérée comme une intrusion tardive dans un milieu par ailleurs très homogène.

    13 Depuis la rédaction de ce texte, le mobilier métallique a été entièrement revu par J.‑P. Guillaumet ; les résultats de cette étude seront publiés dans le volume 5 de la collection « Levroux ».

    14 On n’oubliera pas non plus que des milliers de monnaies, provenant essentiellement de l’oppidum, ont été signalées au siècle dernier à Levroux.

    15 Deux monnaies (l’une de Rhodes postérieure à 50 av. J.‑C., l’autre un as de Lyon) issues de deux structures proches du terrain Vinçon, n’ont pas été prises en compte car elles appartiennent à des structures incontestablement gallo‑romaines.

    16 Rappelons qu’une autre petite monnaie en argent proche de BN 3565a et pesant 0,53 g a été recueillie dans le même secteur.

    17 D. Nash s’appuie notamment sur la trouvaille de Saint‑Pierre‑de‑Maillé (Vienne), où un bronze frappé biturige était associé à 106 monnaies d’argent et à un statère carnute (Nash 1978 : 201).

    18 Notamment pas de germanus indutilli l, type monétaire pourtant attesté dans la ville proche de Soissons et sur le site de Pommiers. Décomptes donnés par P. Pion (Guichard et al. 1993).

    19 Deux autres monnaies romaines (Néron et Postumus) ne sont pas prises en compte, car elles proviennent de structures périphériques au secteur central de la fouille qui sont nettement plus tardives.

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    1 C’est dans les sites où une occupation gallo‑romaine et postérieure s’est superposée à l’occupation gauloise que les niveaux gaulois semblent s’être le mieux conservés : Bibracte, Alésia, Roanne, Besançon...

    2 Il faut signaler immédiatement que le site de Bibracte n’a pas été mis à contribution dans les analyses de mobilier (il ne figure donc pas dans ce corpus), car les ensembles laténiens commençaient à peine à être mis au jour au moment où ce travail s’achevait. Ces données seront utilisées ultérieurement (chap. 4). Il en va de même pour la publication toute récente de Roanne (Lavendhomme, Guichard 1997) que je n’ai pas eu l’opportunité d’intégrer dans ce travail. J’y ferai également référence dans ce même chapitre.

    3 Buchsenschutz 1984 : 57‑58 ; en Belgique, les travaux de A. Cahen‑Delhaye ont montré que la plupart des grandes enceintes de l’âge du Fer étaient datables de la transition Hallstatt‑ La Tène, et que l’occupation avait été très sporadique même dans les rares cas se rapportant à La Tène finale (Cahen‑Delhaye 1984).

    4 La thèse de R. Boudet (1987a) répertorie d’assez nombreux sites ouverts, tandis que les sites fortifiés restent rares et peu explorés.

    5 A. Desbat est arrivé à la même conclusion en comparant le contexte de Saint‑Romain‑en‑Gal 1 avec les premiers contextes lyonnais (Desbat 1990).

    6 Depuis la rédaction de cette thèse, je suis entrée en possession du travail de F. Gateau (1990) qui expérimente sur les lèvres d’amphores d’Entremont, du Baou‑Roux et de Saint‑Blaise des rapports métriques (hauteur/épaisseur) pouvant différencier les gréco‑italiques des Dressel 1. Je n’ai pas entrepris le réexamen complet des données avec cette méthode ; je l’ai toutefois utilisée pour l’étude des amphores de Levroux (Colin à paraître), comme d’autres chercheurs (Poux 1995), et j’y fais référence ponctuellement dans le corpus des sites.

    7 Et a fortiori pour celle des deux contextes d’Amboise, qui se succèdent en stratigraphie et dont l’un appartient au groupe 3, et l’autre sans doute au groupe 4.

    8 Compte tenu de la faiblesse numérique des céramiques importées, on a utilisé dans ce tableau un code graphique pour donner une image des productions dominantes et non des graphiques fondés sur des statistiques.

    9 Il n’est pas toujours possible de distinguer, d’après les publications, la véritable céramique à enduit rouge pompéien des imitations qui relèvent de la Terra rubra ; les deux productions étant à peu près contemporaines en Gaule, on les a englobées ici sous la même dénomination.

    10 Et même à l’époque gallo‑romaine, si l’on en juge par les cartes de répartition dressées par M. Feugère pour des types plus récents.

    11 Les fibules « à tête couvrante » définies par M. Feugère (1985, type 7a) ne sont pas distinguées ici des fibules de Nauheim, car les publications ne font pas toujours la différence.

    12 Le secteur fouillé par l’URA 12 a livré une fibule à charnière, alors que toutes les autres fibules sont à ressort nu, mais cette exception, somme toute négligeable au vu de la quantité de fibules recueillies, peut être considérée comme une intrusion tardive dans un milieu par ailleurs très homogène.

    13 Depuis la rédaction de ce texte, le mobilier métallique a été entièrement revu par J.‑P. Guillaumet ; les résultats de cette étude seront publiés dans le volume 5 de la collection « Levroux ».

    14 On n’oubliera pas non plus que des milliers de monnaies, provenant essentiellement de l’oppidum, ont été signalées au siècle dernier à Levroux.

    15 Deux monnaies (l’une de Rhodes postérieure à 50 av. J.‑C., l’autre un as de Lyon) issues de deux structures proches du terrain Vinçon, n’ont pas été prises en compte car elles appartiennent à des structures incontestablement gallo‑romaines.

    16 Rappelons qu’une autre petite monnaie en argent proche de BN 3565a et pesant 0,53 g a été recueillie dans le même secteur.

    17 D. Nash s’appuie notamment sur la trouvaille de Saint‑Pierre‑de‑Maillé (Vienne), où un bronze frappé biturige était associé à 106 monnaies d’argent et à un statère carnute (Nash 1978 : 201).

    18 Notamment pas de germanus indutilli l, type monétaire pourtant attesté dans la ville proche de Soissons et sur le site de Pommiers. Décomptes donnés par P. Pion (Guichard et al. 1993).

    19 Deux autres monnaies romaines (Néron et Postumus) ne sont pas prises en compte, car elles proviennent de structures périphériques au secteur central de la fouille qui sont nettement plus tardives.

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    Colin, Anne. « Chapitre 3. Étude chronologique ». Chronologie des oppida de la Gaule non méditerranéenne, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1998, https://doi.org/10.4000/books.editionsmsh.44663.

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