Avant-propos
p. 11-12
Texte intégral
1Tracer les grandes lignes de l’évolution des mobiliers domestiques roannais en usage pendant les trois premiers siècles de notre ère, tel est le but de cet ouvrage. Il se propose donc d’établir un système de référence, jusqu’alors manquant dans le nord-est du Massif central, qui puisse servir de cadre général à de futures recherches thématiques et à des travaux plus précis, portant aussi bien sur le site de Roanne même que sur les sites de sa région.
2Il constitue aussi le second volet d’un programme de recherche lancé en 1987 à l’issue d’une importante fouille de sauvetage menée au cœur de l’agglomération antique. Ce programme visait à une publication générale de la documentation amassée depuis plus de trente ans sur l’occupation antique de la ville. Mené en parallèle avec l’étude des niveaux d’occupation gaulois du site, cet ouvrage en constitue le prolongement (Lavendhomme, Guichard 1997). Il a été élaboré en vue des mêmes objectifs et selon des méthodes similaires : il s’agissait en priorité d’établir le classement d’un échantillon d’ensembles de mobilier particulièrement significatifs afin de donner une vision globale de l’évolution des mobiliers domestiques de l’époque romaine. Ces recherches nous permettent aujourd’hui de présenter cette évolution à travers sept horizons chronologiques s’échelonnant entre la fin du ier s. av. J.-C. et le premier tiers du iiie s. ap. J.-C. et d’une durée moyenne d’une trentaine d’années.
3Les gages de réussite d’une telle entreprise étaient, semble-t-il, réunis à Roanne plus qu’ailleurs ; ils s’expliquent de façon un peu paradoxale par la pauvreté des vestiges architecturaux que l’Antiquité a laissé sur le site et, à l’inverse, par la qualité et la richesse du mobilier, qui ont, dès l’origine, guidé les recherches. Toutefois, l’ouvrage sur l’habitat gaulois de Roanne comporte aussi une étude architecturale et spatiale du village. Les données lacunaires disponibles sur l’organisation de la bourgade gallo-romaine ne justifiait pas un tel développement. Afin de garder la cohérence entre ces deux volumes, on s’est contenté de fournir un état des connaissances sur le sujet dans l’introduction, un paragraphe (1.5) mentionnant les différents points de découvertes et les fouilles importantes. En quelques lignes, l’analyse spatiale d’une agglomération secondaire est abordée.
4Les études de mobiliers ont commencé à Roanne vers 1960, époque où l’archéologie ne disposait d’aucun soutien institutionnel. Ses instigateurs furent les membres du Groupe de recherches archéologiques et historiques de Roanne, pour la période romaine, et le père Marius Bessou, qui s’est consacré aux vestiges d’époque gauloise que révélaient ses fouilles de l’institution Saint-Joseph. Robert Périchon et Jean Cabotse furent donc les premiers à dévoiler la richesse du mobilier céramique gallo-romain de Roanne et à entreprendre son étude méthodique. On n’insistera jamais assez sur l’activité inlassable de cette équipe, animée et soutenue ensuite par Jean Poncet, qui a permis ces trente dernières années de structurer dans un esprit rigoureux et novateur des méthodes de travail dont nous bénéficions aujourd’hui. La recherche roannaise a aussi profité dans les années 80 d’un appui fortement accru du service régional de l’Archéologie, relayé par Michel Vaginay, initiateur, entre autres, de la fouille de sauvetage de l’institution Saint-Paul, en 1987, et du programme de recherche dont ce volume est l’un des aboutissements.
5La préparation des deux volumes consacrés aux périodes gauloise et gallo-romaine est aussi le fruit d’un travail d’équipe de longue haleine, conduit dans le cadre du Centre de documentation archéologique de la Loire, antenne du service régional de l’Archéologie, basé à Roanne même. Martine Genin a pris en charge la longue étude céramologique, tandis que Michel Feugère étudiait le petit mobilier et Olivier Blin réalisait l’analyse architecturale. Marie-Odile Lavendhomme avait pour charge de gérer les problèmes techniques et financiers ainsi que de coordonner l’ensemble des chercheurs, tout en réalisant elle-même quelques paragraphes (verre, monnaies). Outre les cosignataires, plusieurs personnes ont participé à des titres divers à celui-ci. Michel Vaginay, promoteur de ces recherches, nous a laissé utiliser en toute liberté l’importante documentation inédite qu’il avait déjà accumulée et classée. François Dumoulin a eu la tâche longue et ingrate de reclasser les quelque 2 000 caisses de mobilier issu des fouilles roannaises du GRAHR et d’effectuer le montage des planches de dessins. Christine Bonnet a collaboré à l’inventaire et au dessin du mobilier céramique, mis au net par Jean-Paul Freyssinet, tandis que Marie-Noëlle Baudrand prenait en charge celui du petit mobilier. Vincent Guichard a participé à la mise en forme définitive de l’ouvrage et à sa relecture. Il ne faut pas oublier de remercier A. Chartrain pour la relecture attentive du manuscrit et ses critiques pertinentes. L’ensemble de ces tâches s’est déroulé sous le regard attentif de Jean Poncet, toujours prodigue de renseignements et de conseils avisés.
6Nous devons enfin exprimer notre reconnaissance aux personnes et aux institutions dont le soutien a permis que ce travail se déroule dans de bonnes conditions. Le projet a été engagé à l’instigation de M. Jacques Lasfargues, alors responsable du service régional de l’Archéologie, et n’a cessé d’être soutenu par M. Gérard Aubin, son successeur à ce poste, aujourd’hui inspecteur à la sous-direction de l’archéologie, Il n’aurait pu voir le jour sans un appui financier important et continu du conseil général de la Loire et du ministère chargé de la Culture.
Auteurs
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Martine Genin
Chargée d’études, Afan ; Centre de documentation archéologique de la Loire (CDAL), Roanne ; musée de la Civilisation gallo-romaine, Lyon (M.G.).
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Marie-Odile Lavendhomme
Chargée d’études, Afan ; Centre de documentation archéologique de la Loire (CDAL), Roanne (M.-O.L.).
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