• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16479 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16479 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Éditions de la Maison des sciences de l’...
  • ›
  • Documents d’archéologie française
  • ›
  • Les amphores de Bibracte
  • ›
  • Chapitre 5. Réflexions sur les données d...
  • Éditions de la Maison des sciences de l’...
  • Éditions de la Maison des sciences de l’homme
    Éditions de la Maison des sciences de l’homme
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral 5.1 Introduction5.2 La chronologie des importations d’amphores italiques5.5 Vin étrusque et vin latio‑campanien5.4 Bibracte et les réseaux du vin d’Italie5.5 Bibracte et les Espagnes Notes de bas de page

    Les amphores de Bibracte

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Chapitre 5. Réflexions sur les données du matériel timbré

    p. 129‑136

    Résumés

    La plus grande masse des timbres latins concerne les amphores italiques ; des indications chronologiques pour un quart d’entre eux montrent que les importations de vin italien se font du début à la fin du ier s. av. J.‑C. Des importations de vins étrusques et campaniens sont mis en évidence par le jeu des timbres d’origine connue (épaves, ateliers, onomastique). La distribution du vin italien à Bibracte ne semble pas très différente de celle d’autres oppida gaulois. Quelques amphores vinaires de Tarraconaise marquent le début d’un nouveau courant d’importations à la fin du ier s. av. J.‑C. auquel s’associent un peu d’huile et des sauces de poisson du sud de la péninsule Ibérique.

    Much the largest proportion of Latin stamps are to be found on Italian amphorae: for a quarter of them chronological indications show that Italian wine was imported from the beginning to the end of the first century BC. Imports of Etruscan and Campanian wine are demonstrated by stamps of known origin (shipwreck, workshop or onomastic). Distribution of Italian wine in Bibracte seems little different from that in other oppida in Gaul. A few wine amphorae from Tarraconaise show the beginning of a new series of imports at the end of the first century BC, associated with some oil and fish sauce imports from the southern Iberian peninsula.

    Die größte Masse der lateinischen Stempel bezieht sich auf die italischen Amphoren. Die chronologischen Angaben für ein Viertel von ihnen zeigen, daß der Import des italischen Weines vom Anfang bie zum Ende des 1. Jahrhunderts v. Chr. reichte. Die Einfuhr der etruskischen und campanischen Weine wird durch die Hinweise der Stempel bekannter Herkunft (dank der Schiffwracks, der Werkstätte, der Onomastik) ermittelt. Die Ausbreitung des italischen Weins in Bibracte scheint von derjenigen in anderen keltischen oppida nicht sehr verschieden zu sein. Manche Weinamphoren aus der Tarraconensis zeigen den Beginn eines neuen Importstromes am Ende des 1. Jahrhunderts v. Chr. an, er wird in einem geringfügigen Masse durch Öl und Fischsausse aus dem südlichen Teil der Iberischen Halbinsel ergänzt.

    Texte intégral 5.1 Introduction5.2 La chronologie des importations d’amphores italiques5.5 Vin étrusque et vin latio‑campanien5.4 Bibracte et les réseaux du vin d’Italie5.5 Bibracte et les Espagnes Notes de bas de page

    Texte intégral

    5.1 Introduction

    1L’ensemble de la collection comporte une très faible quantité de marques autres que les estampilles.

    2Les signes au doigt que nous avons pu recenser sont très rares : 3 exemples, l’un sur une panse de forme mal déterminée, les deux autres sur des amphores italiques (lèvre et panse). On s’accorde à y voir des marques de tâcherons, exécutées par le potier au moment du tournage, d’une façon qui nous paraît aléatoire, mais qui pourrait –et cela n’a jamais été vérifié– correspondre à un rythme de comptage. La pratique est bien connue sur des D.1, comme sur d’autres types d’amphores (Tchernia et alii, 1978 : 37‑38 ; Laubenheimer 1985 : 418 sq.). Il s’agit toujours de signes très simples, figurant une lettre ou une marque symbolique.

    3Les quatre graffites tracés après cuisson avec un outil sur lèvre, sur col ou sur panse d’amphores D.1 indiquent des nombres, liés sans doute à l’usage de l’amphore en cours d’utilisation ou de remploi. On manque de données pour une interprétation plus précise.

    4Restent les timbres : 195, représentant 131 marques différentes. Nous pouvons, grâce à eux, aboutir à certaines propositions qui concernent la chronologie des arrivées d’amphores D.1, l’origine des vins transportés, la place de Bibracte dans ce négoce et enfin quelques rares relations de la capitale des Eduens avec les Espagnes.

    5Nous ne pouvons malheureusement rien dire des deux timbres en lettres grecques, faute de connaître la forme des amphores qu’ils estampillaient. Les hypothèses sont diverses : pour la première marque on hésite entre l’Italie, la Sicile ou la Méditerranée orientale ; pour la seconde, entre l’Italie et la Tarraconaise.

    6Les timbres symboliques sur D.1 apparaissent en quantité non négligeable (environ 10 % des objets) et représentent douze timbres différents. Le symbole, et cela se vérifie dans plusieurs cas sur des lèvres complètes, est utilisé seul, sans association à une estampille épigraphique. Il semble servir de signe de reconnaissance, au même titre peut‑être que les timbres à doubles lettres.

    7Dans certains cas, en effet, ces dernières ne correspondent guère à des initiales de prénoms (Morel 1983 : 23) et de nom, mais répondent à un code dans lequel la première et la seconde lettre changent alternativement. Ainsi, on peut présenter sous forme de matrice les timbres de l’épave du Cap de l’Estérel (cf. tabl. II).

    Image 10000000000001EA000000930CE104DA0FD22793.jpg

    TABL. II – Matrice des timbres de l’épave du Cap de l’Estérel.

    8Il apparaît clairement que les modes d’estampillages des D.1 sont variés et complexes : nom de personnages seuls ou associés ; symbole seul ; nom de personnage et symbole (c’est l’exemple des timbres de Sestius) ; deux lettres codées... La complexité même des modes de timbrage nous invite à ne pas négliger les estampilles symboliques. Les symboles eux‑mêmes sont des motifs courants que l’on retrouve sur des amphores, associés dans le même cartouche au nom de Sestius (ancre, trident, palme, étoile), mais aussi sur d’autres objets de commerce, comme les lingots de plomb républicains de la région de Carthagène, à côté du nom du concessionnaire de la mine (ancre, dauphin...). Nous ne savons pas, pour le moment, rattacher les D.1 à timbres symboliques à une région viticole d’Italie. Nous observons au moins qu’aucun des exemplaires de Bibracte n’appartient au groupe à pâte lie de vin avec nodules de chaux creux que nous avons défini (cf. infra).

    9En attendant de nouvelles découvertes terrestres ou sous‑marines, signalons déjà la présence de plusieurs fragments de D.1B estampillés d’une croix ou d’une ancre dans le gisement sous‑marin de La Garoupe à Antibes (Tchernia 1969 : 468).

    5.2 La chronologie des importations d’amphores italiques

    10La plus grande masse des timbres latins concerne les amphores italiques (tabl. III et fig. 145), ce qui est en accord avec les données du matériel non timbré conservé qui ne comprend, à une ou deux exceptions près, que des D.1 Sur les 123 noms ou symboles différents recensés sur ce type d’amphore, nous avons recueilli, par comparaison avec des timbres identiques trouvés ailleurs, des indications chronologiques pour 32 d’entre eux, soit environ le quart : un échantillonnage bien modeste au regard de la masse des amphores de Bibracte. Souvent trop rares, fondées sur une seule occurrence, donnant parfois une fourchette très large, un demi‑siècle à un siècle, ces indications doivent être manipulées avec toute la prudence nécessaire. Néanmoins, prises globalement (fig. 146), elles sont signifiantes dans leurs limites. En amont, on ne trouve pas trace au Mont‑Beuvray d’importation de vin italien avant le début du Ier s. av. J.‑C., alors que semble‑t‑il, la cité éduenne était déjà active. En aval, ce commerce s’éteint à la fin du siècle, comme au reste, la production des D.1. Les deux D.2/4 non timbrées (tabl. I, § 2.1) peut‑être italiques (ou d’une autre origine ?) ne marquent pas à elles seules une reprise du commerce.

    Image 10000000000003F800000214424E5ED01003621C.jpg

    TABL. III – Caractéristiques des 195 timbres d’amphores des fouilles anciennes du Mont‑Beuvray.

    Image 1000000000000141000002169896F865BB0D39D4.jpg

    FIG. 145 – La distribution des amphores timbrées par types marque la prépotence des D.1 avec 187 exemplaires contre 8 exemplaires pour les autres formes.

    11Peut‑on tirer davantage de l’histogramme de la fig. 146 ? Il est entaché d’un bruit de fond important, dû aux individus qui sont classés de façon lâche au Ier s. av. J.‑C. (partie hachurée de l’histogramme).

    Image 10000000000001320000028ED1CF21AA8679DC65.jpg

    FIG. 146 – Distribution dans le temps des 32 timbres sur D.1 datés du Mont‑Beuvray. En abscisse : le temps ; en ordonnée : le nombre d’objets ; en grisé : les timbres datés du ier s. av. J.‑C.

    12D’autre part, on s’interdira, à partir d’un échantillonnage si réduit, de tirer des conclusions plus précises, notamment sur la proportion relative des importations avant et après la conquête. Il est clair que ce type de renseignements viendra des comptages systématiques des tessons d’amphores dans la fouille stratigraphique du site.

    5.5 Vin étrusque et vin latio‑campanien

    13Par le jeu des comparaisons, l’enquête réussit, pour une dizaine de timbres, à donner des informations sur la localisation des vignobles qui ont fourni du vin à Bibracte.

    14C’est d’abord l’Etrurie qu’il faut prendre en compte, grâce à un faisceau de preuves ou, tout au moins, de fortes présomptions.

    15Considérons d’abord une série de timbres à deux lettres (BG, DR, GM, MI) trouvés au Beuvray et dans l’ager Cosanus, au Monte Argentario près d’Albinia, et à Porto San‑Stefano près de Cosa. D. Manacorda (1981) souligne la fréquence des amphores timbrées de deux lettres apparues dans la zone de Cosa et d’Albinia lors de prospections ou fouilles anciennes et récentes, et associe ce type de marquage à la production des ateliers locaux. D’autre part, les bateaux échoués au Cap de l’Estérel, Var (Liou 1975 : 590), et à Plane, Marseille (Ximénès 1976)1, transportaient des amphores D.1 exclusivement timbrées de deux lettres, ce qui lui permet de considérer leur chargement comme constitué de vin étrusque. On retrouve d’ailleurs à Bibracte plusieurs timbres de ces deux épaves (CE, EC ou EG, HK, LI).

    16Faisons ensuite état de l’observation des pâtes à la loupe binoculaire, qui a pu porter sur 115 échantillons. Sur ce total, 34 individus se classent dans un groupe très caractéristique et facile à reconnaître : une pâte dure et bien cuite, couleur lie de vin, avec de très nombreux nodules de chaux creux, blancs ou jaunâtres et quelques grains noirs sphériques, plus gros2. Parmi eux se trouve la quasi‑totalité des timbres à deux lettres attribués à l’Etrurie (BG, CE, DR en 3 exemplaires, HK, MI ; seul un fragment timbré aussi MI a une pâte différente. Quant aux amphores aux marques EC, GM et LI, elles ne sont pas conservées aujourd’hui. Des 27 échantillons restant, 4 portent des timbres incomplets, mais 13 sont marqués de deux lettres, tandis que 10 autres portent des estampilles plus longues. Il est remarquable que, dans le groupe d’échantillons que nous avons isolés par la pâte, 20 exemplaires sur 34 appartiennent à des amphores portant une marque à deux lettres.

    17L’hypothèse d’une origine étrusque de cette fabrication peut donc être envisagée ; elle nécessite naturellement une vérification par analyse physico‑chimique. Remarquons au reste qu’il n’y a pas d’exclusive : des timbres plus longs (minoritaires ici) appartiennent aussi à ce groupe de pâte ; inversement, des timbres à deux lettres en sont exclus : nous en avons compté 15 et nous savons que l’un d’eux est attribué à un atelier de Campanie.

    18En outre, les importations de vin étrusque à Bibracte sont prouvées par la présence de deux amphores de Sestius embarquées à Cosa. Leur pâte est d’ailleurs bien différente de celle du groupe précédent, ce qui traduit –si notre hypothèse se révèle exacte– une certaine variété dans la production. Ajoutons enfin, une modeste présomption : le timbre DION.CAR de Bibracte peut être rapproché de la marque DION D. découverte à Cosa parmi les amphores de Sestius.

    19Les vins étrusques sont, au demeurant, peu connus. Personne ne parle notamment du vin de Cosa ; il semble s’agir d’un vignoble ordinaire qui n’a pas produit de grands crus (Tchernia 1986 : 109).

    20Un autre groupe de timbres d’amphores de Bibracte signale des importations en provenance de vignobles du sud du Latium et de Campanie.

    21Ce sont notamment les timbres HERACLIDA, MOC, PILIP SVL et METROP, connus également sur les épaves de Plane 1 à Marseille, du Drammont A (Saint‑Raphaël, Var) et de Santa Severa en Etrurie du Sud, dont on a démontré que les cargaisons, très voisines, transportaient vraisemblablement des vins de la région de Minturnes au milieu du ier s. av. J.‑C. (Gianfrotta 1981 ; Liou, Pomey 1985).

    22Utilisons aussi le témoignage de l’amphore timbrée L.M, venue d’un atelier localisé à Sinuessa (Arthur à paraître). Et ajoutons quelques présomptions pour les amphores de Bibracte timbrées MA et NON : elles se retrouvent dans l’épave de Fos 1, Bouches‑du‑Rhône (Amar, Liou, 1984) qui comporte également d’autres amphores dont les estampilles sont connues dans l’épave de la Madrague à Giens, chargée de vins de Terracine. Une indication peut‑être tirée du timbre FELIX qui serait à mettre en rapport avec des amphores de la plaine de Fondi. Enfin, il y a peut‑être une relation entre le timbre ROD du Beuvray et la marque RODO/CALLI trouvée près du Garigliano ; la gens Callia est attestée à Minturnes (Arthur 1986).

    23On compte parmi les vins de cette région de très grands crus, dont les plus fameux sont le Cécube et le Falerne, des vins blancs doux ; mais elle produisait aussi des rouges plus ordinaires, comme celui que transportait le bateau échoué au large de Giens (Tchernia 1986 : 108).

    24D’après les quelques timbres auxquels nous avons pu attribuer une origine, il apparaît que les deux grands vignobles maritimes de la côte tyrrhénienne de l’Italie, l’Etrurie d’une part, le Latium méridional et la Campanie de l’autre (Tchernia 1986 : carte 1), ont participé (dans quelle mesure ?) aux importations du Mont‑Beuvray. En revanche, nous n’avons de trace ni des vignobles intérieurs, ni de ceux de la côte apulienne, ni, a fortiori, de ceux de toute la côte adriatique, et nous ne savons rien de l’origine de la plus grande partie des amphores timbrées que nous avons étudiées...

    5.4 Bibracte et les réseaux du vin d’Italie

    25L’alimentation en Dressel 1 du Mont‑Beuvray n’apparaît nullement comme originale (voir annexe 2) ; elle s’insère bien plutôt dans un grand mouvement d’importations qui se développe depuis la côte méditerranéenne. J’en prendrai pour preuve les cartes de diffusion des amphores timbrées de Sestius, pour le vin d’Etrurie, celle des amphores estampillées des épaves de Santa‑Severa et du Drammont A pour le vin latio‑campanien (Tchernia 1986 : cartes 6 et 7) qui toutes deux marquent une forte pénétration vers l’intérieur du pays par les grands axes fluviaux, Aude‑Garonne et Rhône‑Saône.

    26Regardons, au reste, la part commune des amphores timbrées au Mont‑Beuvray et sur quelques sites dont les collections d’amphores italiques sont importantes :
    – le catalogue des amphores timbrées trouvées dans le golfe de Fos compte 250 timbres différents ; sur les 46 timbres sur D.1, 8 sont connus à Bibracte ;
    – l’oppidum de La Lagaste (Aude) fournit 41 timbres sur D.1, dont 9 connus au Beuvray ;
    – sur l’oppidum de l’Ermitage à Alès (Gard) on compte 43 timbres sur D.1, dont 17 présents à Bibracte ;
    – à Auterive (Haute‑Garonne) des fosses à amphores D.1 ont donné 43 estampilles différentes, dont 6 sont connues au Beuvray ;
    – l’oppidum d’Essalois (Loire) fournit (collection ancienne comprise) 83 timbres (essentiellement sur D.1) dont 25 sont aussi au Beuvray.

    27Ces remarquables homologies montrent que les importations de vin d’Italie au ier s. av. J.‑C. sont très comparables en Narbonnaise et en Chevelue, sur la route d’Aquitaine et dans le couloir séquano‑rhodanien, avec des points de forte concentration comme Bibracte...

    28Sur cet oppidum, les relations privilégiées d’amitié et d’échanges des Eduens avec Rome se marquent sans doute au niveau de la quantité des importations. Nous n’avons aucun témoignage que la qualité des vins soit en cause.

    5.5 Bibracte et les Espagnes

    29Les importations vinaires italiques ont sans doute tenu une position de monopole pendant de longues années, mais elles ont connu, vers la fin du ier s. av. J.‑C. semble‑t‑il, la concurrence, légère, des vins de Tarraconaise. Nous en avons en effet la trace avec la présence de trois et peut‑être quatre amphores timbrées. L’une appartiendrait à la forme Léétanienne 1, les trois autres sont des Pascual 1 dont la production débute dans les dernières décennies du ier s. av. J.‑C. pour connaître son floruit au 2e quart du ier s. de n. è. (Comas i Solà 1985). Ce sont donc les amphores vinaires les plus récentes trouvées à Bibracte. Deux d’entre elles sont attribuées très précisément aux ateliers de Can Collet et de Can Tintorer dans le Maresme. La diffusion des amphores de Tarraconaise est orientée essentiellement vers le sud‑ouest de la Gaule, comme le montre la carte de distribution des amphores P. 1 timbrées par M. Porcius (Tchernia 1986 : carte 8). Elles sont rares dans la vallée du Rhône et les quelques exemplaires de Bibracte correspondent à la densité moyenne de leur diffusion dans la région.

    30Une seule amphore à huile, de Bétique, timbrée, a été trouvée sur le site. Connaissant la fréquence du timbrage sur ce type de contenant, on peut être certain qu’elles y étaient rarissimes. La production des D.20 commence dans les dernières années av. n. è. ; cependant l’amphore de Bibracte, au timbre Pontici, appartient à la première moitié du ier s. de n. è. C’est peut‑être l’amphore la plus récente que l’on ait trouvée sur l’oppidum ; elle date très vraisemblablement de la période d’abandon. Il semble clair, au demeurant, que les Eduens n’avaient guère dans leurs habitudes alimentaires de consommer de l’huile d’olive.

    31Tout aussi faible a été l’utilisation de sauces de poisson transportées aussi dans des amphores D.7/11 dont un exemplaire est attesté (tabl. I et fig. 4).

    32C’est donc un faisceau de renseignements nouveaux et quelques ouvertures de recherche que nous apporte l’analyse des amphores timbrées de Bibracte.

    33Les conditions d’étude très particulières imposées par le matériel des fouilles anciennes ont nécessité une enquête longue et minutieuse destinée à identifier les objets et à les confronter avec les publications.

    34Pour la première fois nous avons ainsi une vision globale de la collection qui regroupe 195 numéros. Elle constitue, pour les D.1, le plus grand ensemble publié actuellement en France. Nous pouvons établir que Bulliot donne dans son texte la lecture de 86 timbres, auxquels s’ajoutent 51 autres, figurés uniquement sur la planche LX de son Album, soit un total de 137 estampilles. Avec les 20 timbres publiés uniquement au CIL XIII, les 9 autres de collections privées, nous obtenons un total de 175. La différence avec le chiffre de notre catalogue, soit 20 timbres, correspond à des marques restées jusqu’ici inédites.

    35La documentation que nous avons pu réunir pour de nombreux timbres apporte des résultats signifiants sur certains points. Pour la première fois se dessine un arç chronologique dans lequel s’inscrivent les importations d’amphores : il est très nettement concentré sur le ier s. av. J.‑C., avec d’ultimes arrivées vers la fin du siècle ou au début de notre ère. Le rôle du vin italien est fortement accusé, avec une place prédominante pour les vignobles maritimes de la côte tyrrhénienne, Etrurie et zone latio‑campanienne. L’apparition, même fugitive, d’importations vinaires de Tarraconaise est une nouveauté. La consommation d’huile d’olive est quasiment nulle. Enfin, l’alimentation en vin de Bibracte s’inscrit dans des courants commerciaux qui concernent sans doute toute la Gaule, mais dont les traces sont particulièrement bien reconnues du sud au nord, le long des grandes voies fluviales.

    36De nouvelles interrogations se font jour pour les amphores D.1.

    37Des modes de timbrages bien différents ont été utilisés : pourquoi et dans quelles régions viticoles ?

    38Un groupe de pâte qui a un aspect visuel très caractéristique a été mis en évidence. L’analyse physico‑chimique des échantillons est à faire : il faut en tester l’homogénéité d’abord et, si la réponse est positive, tenter de l’associer à une région de production.

    39Une telle démarche suppose, parallèlement, un élargissement constant des bases de données physico‑chimiques sur les ateliers italiens.

    40On s’interroge enfin sur les relations que nous avons cru pouvoir observer entre ce type de pâte et les timbres à deux lettres.

    Notes de bas de page

    1 L’épave désignée sous le nom de Plane est différente de celle qui a été nommée Plane 1 et que l’on a découverte plus récemment.

    2 L’observation visuelle m’a permis d’isoler très facilement un groupe qui saute aux yeux et dont l’analyse dira s’il a ou non un sens. En revanche, je n’ai pas cherché à organiser un classement des autres pâtes, qui aurait nécessité la mise en œuvre de moyens plus lourds.

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Cette publication numérique est issue d’un traitement automatique par reconnaissance optique de caractères.

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Les Monts d’Aubrac au Moyen Âge

    Les Monts d’Aubrac au Moyen Âge

    Genèse d’un monde agropastoral

    Laurent Fau (dir.)

    2006

    Mottes castrales en Provence

    Mottes castrales en Provence

    Les origines de la fortification privée au Moyen Âge

    Daniel Mouton

    2008

    Géoarchéologie de sites préhistoriques

    Géoarchéologie de sites préhistoriques

    Le Gardon (Ain), Montou (Pyrénées-Orientales) et Saint-Alban (Isère)

    Dominique Sordoillet

    2009

    L’enceinte des premier et second âges du Fer de La Fosse Touzé (Courseulles-sur Mer, Calvados)

    L’enceinte des premier et second âges du Fer de La Fosse Touzé (Courseulles-sur Mer, Calvados)

    Entre résidence aristocratique et place de collecte monumentale

    Ivan Jahier (dir.)

    2011

    Lyon, Saint-Georges

    Lyon, Saint-Georges

    Archéologie, environnement et histoire d’un espace fluvial en bord de Saône

    Grégoire Ayala (dir.)

    2012

    Les gisements précolombiens de la Baie Orientale

    Les gisements précolombiens de la Baie Orientale

    Campements du Mésoindien et du Néoindien sur l’île de Saint-Martin (Petites Antilles)

    Dominique Bonnissent (dir.)

    2013

    L’Îlot du palais de justice d’Épinal (Vosges)

    L’Îlot du palais de justice d’Épinal (Vosges)

    Formation et développement d’un espace urbain au Moyen Âge et à l’époque moderne

    Yves Henigfeld et Philippe Kuchler (dir.)

    2014

    Manuel de gestion du mobilier archéologique

    Manuel de gestion du mobilier archéologique

    Méthodologie et pratiques

    Silvia Païn

    2015

    Bettencourt-Saint-Ouen (Somme)

    Bettencourt-Saint-Ouen (Somme)

    Cinq occupations paléolithiques au début de la dernière glaciation

    Jean-Luc Locht (dir.)

    2002

    L’art solutréen du Roc de Sers (Charente)

    L’art solutréen du Roc de Sers (Charente)

    Sophie Tymula

    2002

    Campements mésolithiques en Bresse jurassienne

    Campements mésolithiques en Bresse jurassienne

    Choisey et Ruffey-sur-Seille

    Frédéric Séara, Sylvain Rotillon et Christophe Cupillard (dir.)

    2002

    Productions agricoles, stockage et finage en Montagne Noire médiévale

    Productions agricoles, stockage et finage en Montagne Noire médiévale

    Le grenier castral de Durfort (Tarn)

    Marie-Pierre Ruas

    2002

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Les Monts d’Aubrac au Moyen Âge

    Les Monts d’Aubrac au Moyen Âge

    Genèse d’un monde agropastoral

    Laurent Fau (dir.)

    2006

    Mottes castrales en Provence

    Mottes castrales en Provence

    Les origines de la fortification privée au Moyen Âge

    Daniel Mouton

    2008

    Géoarchéologie de sites préhistoriques

    Géoarchéologie de sites préhistoriques

    Le Gardon (Ain), Montou (Pyrénées-Orientales) et Saint-Alban (Isère)

    Dominique Sordoillet

    2009

    L’enceinte des premier et second âges du Fer de La Fosse Touzé (Courseulles-sur Mer, Calvados)

    L’enceinte des premier et second âges du Fer de La Fosse Touzé (Courseulles-sur Mer, Calvados)

    Entre résidence aristocratique et place de collecte monumentale

    Ivan Jahier (dir.)

    2011

    Lyon, Saint-Georges

    Lyon, Saint-Georges

    Archéologie, environnement et histoire d’un espace fluvial en bord de Saône

    Grégoire Ayala (dir.)

    2012

    Les gisements précolombiens de la Baie Orientale

    Les gisements précolombiens de la Baie Orientale

    Campements du Mésoindien et du Néoindien sur l’île de Saint-Martin (Petites Antilles)

    Dominique Bonnissent (dir.)

    2013

    L’Îlot du palais de justice d’Épinal (Vosges)

    L’Îlot du palais de justice d’Épinal (Vosges)

    Formation et développement d’un espace urbain au Moyen Âge et à l’époque moderne

    Yves Henigfeld et Philippe Kuchler (dir.)

    2014

    Manuel de gestion du mobilier archéologique

    Manuel de gestion du mobilier archéologique

    Méthodologie et pratiques

    Silvia Païn

    2015

    Bettencourt-Saint-Ouen (Somme)

    Bettencourt-Saint-Ouen (Somme)

    Cinq occupations paléolithiques au début de la dernière glaciation

    Jean-Luc Locht (dir.)

    2002

    L’art solutréen du Roc de Sers (Charente)

    L’art solutréen du Roc de Sers (Charente)

    Sophie Tymula

    2002

    Campements mésolithiques en Bresse jurassienne

    Campements mésolithiques en Bresse jurassienne

    Choisey et Ruffey-sur-Seille

    Frédéric Séara, Sylvain Rotillon et Christophe Cupillard (dir.)

    2002

    Productions agricoles, stockage et finage en Montagne Noire médiévale

    Productions agricoles, stockage et finage en Montagne Noire médiévale

    Le grenier castral de Durfort (Tarn)

    Marie-Pierre Ruas

    2002

    Accès ouvert

    Accès ouvert

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Acheter

    Édition imprimée

    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    • lcdpu.fr

    1 L’épave désignée sous le nom de Plane est différente de celle qui a été nommée Plane 1 et que l’on a découverte plus récemment.

    2 L’observation visuelle m’a permis d’isoler très facilement un groupe qui saute aux yeux et dont l’analyse dira s’il a ou non un sens. En revanche, je n’ai pas cherché à organiser un classement des autres pâtes, qui aurait nécessité la mise en œuvre de moyens plus lourds.

    Les amphores de Bibracte

    X Facebook Email

    Les amphores de Bibracte

    Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Les amphores de Bibracte

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Laubenheimer, F. (1991). Chapitre 5. Réflexions sur les données du matériel timbré. In Les amphores de Bibracte. Paris: Éditions de la Maison des sciences de l’homme. https://doi.org/10.4000/books.editionsmsh.36370
    Laubenheimer, Fanette. « Chapitre 5. Réflexions sur les données du matériel timbré ». In Les amphores de Bibracte. Paris: Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1991. doi:10.4000/books.editionsmsh.36370.
    Laubenheimer, Fanette. « Chapitre 5. Réflexions sur les données du matériel timbré ». Les amphores de Bibracte, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1991, https://doi.org/10.4000/books.editionsmsh.36370.

    Référence numérique du livre

    Format

    Laubenheimer, F. (1991). Les amphores de Bibracte. Paris: Éditions de la Maison des sciences de l’homme. https://doi.org/10.4000/books.editionsmsh.36275
    Laubenheimer, Fanette. Les amphores de Bibracte. Paris: Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1991. doi:10.4000/books.editionsmsh.36275.
    Laubenheimer, Fanette. Les amphores de Bibracte. Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1991, https://doi.org/10.4000/books.editionsmsh.36275.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Éditions de la Maison des sciences de l’homme

    Éditions de la Maison des sciences de l’homme

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Flux RSS

    URL : http://www.editions-msh.fr/

    Email : mvlachou@msh-paris.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement