• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16478 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16478 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Éditions de la Maison des sciences de l’...
  • ›
  • Documents d’archéologie française
  • ›
  • Mégalithes de haute Bretagne
  • ›
  • Épilogue. Les mégalithes, le monde moder...
  • Éditions de la Maison des sciences de l’...
  • Éditions de la Maison des sciences de l’homme
    Éditions de la Maison des sciences de l’homme
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Conservation des mégalithesFréquentation du Val sans Retour3. Mégalithes et naturalistesMégalithisme et ésotérismeMégalithisme et celtismeMégalithes et monde arthurien Auteur

    Mégalithes de haute Bretagne

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Épilogue. Les mégalithes, le monde moderne et ses acculturations

    Jacques Briard

    p. 122‑126

    Résumés

    Les fouilles de 1982‑1985 ont montré la variété du mégalithisme de Brocéliande : coffres mégalithiques, tertres tumulaires, allées couvertes, alignements. Au Bronze ancien les sépultures individuelles apparaissent comme réutilisant parfois les alignements néolithiques. Les échanges économiques de cette époque sont diversifiés, montrant que la région de Brocéliande ne vivait pas en autarcie. Le Bronze moyen et final est marqué par la présence de dépôts (Gaël, Plélan) ou d’objets exceptionnels (tasse en or de Paimpont). A cette époque peut appartenir une partie des cupules qui ornent plusieurs ensembles rocheux.

    La conservation des monuments mégalithiques reste difficile. Les destructions récentes existent. L’environnement culturel moderne mélange le culte arthurien, l’anachronisme celtique, les amateurs d’activités naturalistes et bien sûr les tenants d’un ésotérisme pagano‑chrétien. Dans cet étrange ballet les mégalithes ne sont plus seulement des monuments préhistoriques mais aussi des supports à l’imaginaire.

    Recent excavations show megalithic variants and their evolution. Some single graves appear in Chalcolithic times (Beakers) and Early Bronze Age. Hoards are specific to the Middle and Late Bronze Age, as well as some outstanding gold objects such as the Paimpont cup.

    Megaliths’ preservation is still difficult to impose : some have been recently destroyed. Modem acculturations are varions : Arthurian and Celtic legends, pagan or Christian esoterism, ecology... In this strange ballet megaliths are not only monuments but also supports for legend.

    Texte intégral Conservation des mégalithesFréquentation du Val sans Retour3. Mégalithes et naturalistesMégalithisme et ésotérismeMégalithisme et celtismeMégalithes et monde arthurien Auteur

    Texte intégral

    Conservation des mégalithes

    1La conservation des mégalithes en Bretagne intérieure avait été pratiquement négligée pendant plus d’un siècle, à quelques exceptions près. Le renouveau vient bien sûr des archéologues, avec la reprise des fouilles inaugurée vers 1950 par P.‑R. Giot à Saint‑Just et poursuivie depuis par les divers membres de son équipe. Mais aussi la prise en main du patrimoine par les collectivités et les associations locales a été déterminante. A Saint‑Just, tout un groupe de bénévoles s’est dévoué à la mise en valeur des mégalithes. Dans la région de Guer, le Dr Molac a multiplié les relevés de monuments et nous avons fréquemment cité le groupe du Châtenay en forêt de Paimpont, à l’origine des campagnes de fouilles. L’intérêt touristique de ces monuments s’est ajouté à la nécessité de préserver les racines essentielles du patrimoine armoricain. Une clientèle de visiteurs s’est progressivement formée devant l’évolution touristique avec un notable apport de passagers provenant de la côte et renonçant à « bronzer idiot ». L’aménagement des sites ne saurait laisser indifférent l’archéologue, qu’il soit responsable des directions des Antiquités ou chercheur au CNRS, responsable de chantiers ou d’études thématiques. L’écueil est l’aménagement à tout prix, avec parasitage dénaturant allant de la baraque à frites‑buvette au parking abusif au milieu des monuments. « Un mégalithe doit se mériter » se plaît à souligner P.‑R. Giot. En ce sens, la recherche d’accès naturels aménagés en forêt, avec balisage discret, reste une solution raisonnable. C’est celle adoptée pour le Jardin aux Moines en accord avec le maire de Néant‑sur‑Yvel, M. F. Morice. L’entretien et le débroussaillage des monuments est primordial. Un effort remarquable a été réalisé par les municipalités de Monteneuf, La Chapelle‑Caro et Ploërmel en ce domaine. La forêt pose divers problèmes, entre le souci des propriétaires d’éviter les dégradations par le feu, le besoin de rénover la forêt par des reboisements forestiers souvent profonds et bouleversant les sols, la conciliation avec les autres activités de la forêt, grande chasse en particulier. La réalisation de sentiers de randonnée basée sur une convention avec les propriétaires et les collectivités a été un progrès en ce sens en régissant les droits et devoirs de chacun. La réalisation de plaquettes pratiques indiquant les monuments et leur législation est un acte positif. On citera, en dehors des plaquettes touristiques ou des publications archéologiques, l’effort entrepris par les responsables des circuits de randonnées et la brochure G.R. Paimpont qui peut atteindre un public dont les contacts avec l’archéologie sont pratiquement inexistants

    2Sur le plan pratique, l’acquisition des monuments par les collectivités locales lors des actions de remembrement a été salvatrice. Un autre fait notable est que nombre d’allées couvertes ont été détériorées autrefois sinon complètement mises à plat, comme celle du Rocher à Concoret. Aujourd’hui l’on sait que même partiellement mutilés ces monuments sont irremplaçables. Leur destruction continue malgré les actions de sensibilisation. Deux allées couvertes ont ainsi été détruites en 1988 ! L’une par des cultivateurs mécontents de la situation paysanne et voyant d’un mauvais œil l’implantation touristique. L’autre, celle de Brambelay sur le camp militaire de Coëtquidan, a été stupidement détruite lors de l’établissement d’un chemin de desserte. Elle était, il est vrai, dans un amas de broussailles qui la dissimulait et le conducteur du bulldozer n’y a vu que de grosses pierres informes...

    3Les monuments fouillés et bien connus sont sujets à une dégradation partielle. Après le décapage de l’Hotié de Viviane, nous avions laissé son superbe cairn visible pendant un an ; il fut progressivement attaqué et nous en avons recouvert les parties les plus sensibles. A l’heure actuelle, chaque année régulièrement des inconscients en extirpent des pierres pour construire des barbecues ; ceci en plein secteur forestier sensible aux incendies !

    4Parmi les mesures importantes à poursuivre, on peut suggérer l’inventaire exhaustif en cours de réalisation, le classement des monuments majeurs, le débroussaillage et la mise en valeur des mégalithes, l’information locale déjà en cours (Syndicat d’initiative de Paimpont, Mauron, etc.), la réalisation d’ouvrages de vulgarisation accessibles à tous. Mais la conservation des monuments, dans ce secteur légendaire de Brocéliande, pose des problèmes particuliers qu’il n’est pas inutile d’évoquer comme exemple d’acculturation moderne.

    Fréquentation du Val sans Retour

    5Le Val sans Retour est un des lieux les plus fréquentés de Brocéliande. Il a fait l’objet d’aménagements récents sous le contrôle de l’Association du Val sans Retour présidée par M. P. Anselin. Une étude de la fréquentation de ce secteur a été réalisée par M. Calvez et exposée dans les rapports du PIREN (Tréhen 1981). Le Val sans Retour voit la mutation d’une région autrefois à usage agricole : pacage pour les bovins et ovins, étreppage ; l’étreppage est l’obtention de fourrage et de matériaux de construction à partir des végétaux de la lande : ajoncs (broyés pour le bétail) ou genêts pour la confection des toits, etc.

    6M. Calvez note un progressif abandon des landes pour l’usage agricole à partir de 1950. Plantes fourragères, maïs, prairies artificielles, techniques de l’ensilage, mécanisation accentuée, contribuent à cette évolution. Cela libère un nouvel espace de landes incultes, souvent mal entretenues, mais qui sont un des éléments de développement d’une activité de loisir avec fréquentation touristique contrôlée en harmonie avec les autres activités de la forêt. La « sociologie » des visiteurs a pu être précisée par une enquête de M. Calvez touchant, sur un mois (15 juillet au 15 août), 600 personnes environ sur 3 000 visiteurs estimés. La dominante est jeune (6 % entre 15 et 25 ans) à dominante cultivée : enseignants et étudiants 46,4 %, cadres moyens, techniciens 28,4 %. Cette dominante intellectuelle est supérieure à celle d’une forêt classique comme celle de Fontainebleau (respectivement 21,5 et 35,2 %). L’origine des visiteurs est armoricaine (39,2 %) mais aussi parisienne (33 %), avec une participation étrangère non négligeable (Allemagne, Hollande, etc.). Le Val sans Retour est sans nul doute fréquenté par une majorité de visiteurs sensibles à la dimension légendaire de la Table Ronde dont l’exploitation touristique est concrétisée par la randonnée intitulée « circuit de Brocéliande ».

    7Le circuit de Brocéliande comprend les monuments mégalithiques mais aussi les fontaines légendaires. La fontaine de Barenton avait le privilège de provoquer les orages si quelque être habilité versait de l’eau sur son perron et l’on dit qu’encore en 1835 une procession, partie de Concoret avec croix et bannière, permit de mettre fin à la sécheresse qui régnait cette année‑là. La fontaine de Jouvence rendait jeunesse à ceux qui en buvaient quelques gorgées. J’y ai mené les étudiants de l’université du troisième âge de Rennes qui, même sans cette aide, témoignaient d’une belle vitalité. Sans entrer dans de longues discussions on sait que les lieux de culte des eaux sont pérennes. Peut‑être remontent‑ils ici à la préhistoire.

    3. Mégalithes et naturalistes

    8La forêt de Brocéliande et le camp de Coëtquidan sont des lieux privilégiés pour l’étude de l’environnement forestier. Les activités y sont multiples depuis l’exploitation du bois jusqu’aux promenades mycologiques ou aux grandes chasses à courre. L’étude scientifique de la lande et de la forêt est menée sous tous ses aspects à la station biologique de Paimpont, dépendant de l’université de Rennes I. De nombreux chercheurs, étudiants et scolaires s’appuyant sur ce support logistique viennent faire des séjours réguliers en forêt. Mais des associations comme le Moulin du Châtenay et les divers organismes touristiques organisent régulièrement des activités forestières allant de la randonnée pédestre ou équestre aux stages de reconnaissance de la flore.

    9L’archéologie est également représentée dans ces études sur l’environnement. Les analyses des vieux sols sous les monuments permettent de reconnaître l’évolution de la végétation. Les études menées en forêt de Paimpont ont montré que l’implantation des mégalithes s’était effectuée dans un milieu boisé à frênes et noisetiers avec sous‑bois de fougères. Les analyses menées dans la région de Ploërmel (La Ville Bouquet) correspondent à des zones déjà déboisées à pâtures et la présence de pollens de céréales montre que dès 2 500 av. J.‑C. l’agriculture était pratiquée en cette région.

    10A la station biologique de Paimpont sont étudiées non seulement la flore et la faune mais toute une gamme de recherches est menée sur les problèmes actuels. La remise en valeur de la forêt s’effectue par une sélection des espèces végétales à réintroduire en fonction des conséquences posées de nos jours par les incendies par exemple. L’amélioration des sols de lande est conduite par l’introduction de populations d’acariens ou de vers de terre.

    11L’étude de l’histoire de l’économie de la forêt a conduit à des recherches ethnographiques sur la vie et l’activité des charbonniers par exemple, mais le volant le plus important de ces études économiques du temps passé reste celui concernant l’industrie du fer. Les forges de Paimpont furent parmi les plus importantes de Bretagne. Tout un réseau d’étangs et de canalisations, des vestiges de mines anciennes (Le Lac Bleu) et surtout les restes d’un établissement industriel avec four, bâtiments de fabrication et maisons destinées aux travailleurs en témoignent, bien qu’une partie d’entre eux soit partiellement détruite et intégrée dans un établissement moderne. Là aussi le sauvetage de ce témoin précieux d’archéologie industrielle reste primordial.

    12Toute une série d’enceintes et de retranchements en terre remontent au Moyen Age, en particulier ces structures circulaires comme le camp des Rouets. Plus difficiles à dater sont de grands travaux de terre comme les fossés qui pourraient appartenir à des retranchements des périodes historiques. Les châteaux de pierre, partiellement démantelés (Concoret) ou bien conservés et restaurés (Trecesson), sont des sites célèbres sur lesquels il est inutile d’insister. L’implantation des moines défricheurs en forêt de Brocéliande a conduit à l’établissement d’abbayes dont celle de Paimpont est l’une des plus pittoresques.

    13La forêt de Brocéliande apparaît actuellement comme un véritable conservatoire de la lande et de la forêt. Progressivement le patrimoine mégalithique, récemment remis en valeur, est devenu un des éléments des études sur le terrain menées par les groupes naturalistes. Il s’est ainsi produit une symbiose profitable entre archéologues et naturalistes. Les programmes d’avenir tiennent compte de ces éléments avec des études communes sur les tourbières et les sites de queues d’étangs pour lesquels la palynologie apporterait de précieux enseignements. Par ailleurs la découverte, par les jeunes étudiants naturalistes, des monuments archéologiques de la forêt est un élément supplémentaire de sensibilisation propice à la conservation du patrimoine.

    Mégalithisme et ésotérisme

    14Les mégalithes ont été de tout temps des supports à fantasmes et les publications les plus étranges les propulsent dans les mondes imaginaires de l’Atlantide, des peuples de l’Uranium ou des extra‑terrestres de tout poil allant des Vénusiens aux Martiens. J’oubliais les Phéniciens qui, pour P. Georgelin, bâtissaient les dolmens pour en faire des motels et édifiaient les menhirs comme autant de panneaux indicateurs d’un code de la route antique. En forêt de Brocéliande l’ésotérisme aussi a ses adeptes. Le plus brillant d’entre eux fut l’abbé Gillard, recteur de Tréhorenteuc, qui se dévoua corps et âme à la mise en valeur du légendaire Val sans Retour et de la forêt d’Arthur et Viviane. Il créa en sa modeste église de Tréhorenteuc un véritable musée arthurien où se mêlent les traditions celtiques arthuriennes et chrétiennes dans un œcuménisme qui force la sympathie. De 1942 à 1962 il restaura sa chère église, utilisant les talents, à la fin de la guerre, de deux artistes allemands prisonniers de guerre. Un original chemin de croix mêle les paysages de Brocéliande à la Passion du Christ et l’on a la surprise de voir la fée Morgane assister le Seigneur lorsqu’il chute avec sa croix pour la deuxième fois. En 1979, à la fin d’une vie consacrée au symbolisme, il fut inhumé au milieu de ses créations en l’église même de Tréhorenteuc. Son œuvre transcrite en de petits opuscules fut renouvelée par un de ses fidèles, l’abbé Rouxel. Il n’est pas inutile de voir comment ce visionnaire chrétien acculture le fait mégalithique. L’une de ses brochures sur le Secret de Carnac et Locmariaquer (Gillard 1972) livre son interprétation des mégalithes et des gravures décryptées comme autant d’avatars des signes zodiacaux. Le croissant du Mané‑Lud est un Verseau, Gavrinis, île de la Chèvre, un Capricorne symbolisé aussi par des triades, la hache représente l’Eternité. Dans un autre zodiaque, les seins multipliés du dolmen des Pierres Plates sont des sources de vie encore liées au Verseau. Les cornes bien sûr sont des Bélier. Gavrinis est un autre Verseau sans seins apparents mais avec une multitude de fleuves de vie. Le serpent est signe de résurrection et d’immortalité mais aussi de la Vierge. Quant aux arbres ou aux gerbes d’épis de la Table des Marchands ce sont les communautés des fidèles. Les haches‑charrues, traduisant l’effort, sont d’autres Bélier. Les crosses sont signes de rassemblement et de bonne entente, comme l’est la crosse de l’évêque chrétien... Les alignements des mégalithes, les signes ondulés sont la transcription de l’immensité des richesses de Dieu. Le bateau bien sûr sert au voyage des âmes. Le créateur « ayant droit à sa baguette magique », cette baguette est symbolisée par le menhir. Ainsi le menhir devient l’emblême du Créateur. Tout naturellement les dalles gravées complexes sont des messages que le Recteur de Tréhorenteuc décrypte aisément comme autant de messages préchrétiens. Les prêtres ont continué la foi des druides qui n’étaient que des prophètes annonçant quasiment la venue du Seigneur. On peut bien sûr sourire de ce que certains appelleront des lubies ou des élucubrations mais n’est‑ce pas une voie originale pour rappeler, au‑delà des millénaires, l’éternelle quête de l’homme à la recherche de sa destinée ?

    Mégalithisme et celtisme

    15Les mégalithes sont d’éternels supports d’âmes et de fantasmes. Sans cesse une acculturation celtisante a été pratiquée vis‑à‑vis des dolmens et des menhirs. L’Hotié de Viviane fut au siècle dernier encore mieux connu sous le nom de Tombeau des Druides. Une partie des celtomanes entretient encore l’anachronisme des monuments druidiques. Les néo‑druides du monde moderne se manifestent par des cérémonies au pied même des monuments, le plus souvent aux nuits de pleine lune. On dit que la cueillette du gui sacré est issue des cérémonies antiques. Chacun a droit au rêve ou à l’imaginaire. Mais on doit noter quelques excès en ce sens. Quelques rares individus sont absolumenthostiles à toute action de mise en valeur des mégalithes et en particulier détruisent bêtement les panneaux de signalisation mis en place.

    16Un autre phénomène lié aux cérémonies druidiques modernes est la construction de néo‑dolmens et néo‑cromlechs autour desquels se célèbrent les réunions des dignes druides en robe blanche. Un cercle de petites dalles de schiste rouge de 5 à 7 m de diamètre a ainsi été dressé au bord de l’étang de Paimpont, aux issues sud de la ville. Un autre cercle de même nature a fait l’objet d’un relevé de M. Cabaret dans son enquête sur le Val sans Retour (Cabaret 1982). Il se dresse sur un petit piton escarpé au centre est de la vallée du Gros Chêne et comprend une douzaine de dalles de schiste en cercle avec un élément central. Il n’est peut‑être pas inutile de donner le plan d’un tel monument (fig. 83) que le regretté Glyn Daniel se plaisait à classer dans les « megalithic folies ».

    Image 10000000000003FA0000032C0D7D4EB94866E79E.jpg

    ● Fig. 83 – Le pseudo‑cromlech druidique du Val sans Retour à Tréhorenteuc, D’après Cabaret

    17Si aucun témoin de l’âge du Fer n’est certain en forêt de Brocéliande, il n’est pas interdit de penser qu’elle fut, à l’époque gauloise, un lieu de culte et de rencontre, l’arbre et la forêt étant tout naturellement pour les Celtes un temple ou nemeton comme nous l’apprend l’érudit celtisant Ch.‑J. Guyonvarc’h (Guyonvarc’h 1988).

    Mégalithes et monde arthurien

    18La légendaire forêt de Brocéliande est un des hauts lieux où la tradition place la geste arthurienne qui vit les chevaliers de la Table Ronde se lancer à la recherche du Saint‑Graal (fig. 84). Ce sont surtout les romans chevaleresques, en particulier l’œuvre de Robert de Buron au xiie s., qui firent connaître cette épopée. On note un regain certain pour la tradition arthurienne au xixe s. avec des auteurs comme Hersart de la Villemarqué.

    Image 10000000000001F40000013CDB6EE50519D154DC.jpg

    ● Fig. 84 – Arthur et les chevaliers de la Table Ronde. Tableau de l’église de Tréhorenteuc.

    Cliché Jos le Doaré

    19En forêt de Brocéliande se placent quelques épisodes de la légende d’Arthur : les rencontres de la fée Viviane avec Merlin depuis leur aveu d’amour au Pont du Secret jusqu’à l’emprisonnement du magicien dans une nuée invisible par la fée jalouse ; le Val sans Retour ou Val Périlleux où une autre fée, Morgane, enfermait les amants infidèles ; les étangs de Comper où Lancelot fut élevé par Viviane dans un palais construit sous les eaux. Ces héros devaient avoir à Brocéliande des tombeaux témoignant de leur passage en ce lieu. La tradition a été généreuse puisque l’on peut dénombrer au moins trois tombeaux de Merlin en cette forêt dont un seul semble avoir été préservé. C’est le fragment d’allée couverte qui fut détruit au xive s. Un cromlech attribué à Merlin est également décrit dans le Magasin pittoresque de 1846. La fée Viviane a eu également son tombeau sans doute. L’allée couverte dite aujourd’hui Tombeau des Anglais ou les Brousses Noires s’appela un temps Tombeau de Viviane. Mais, actuellement, seul l’Hotié de Viviane rappelle l’acculturation arthurienne pour un monument mégalithique dédié à ce personnage légendaire.

    20Il est probable que l’attribution arthurienne se fit au début du xixe s. avec des écrits comme ceux de l’érudit de Montfort, M. Poignand avec ses Antiquités historiques et monumentales de 1820 où il décrit les tombeaux de Viviane et de Merlin. Seul le Tombeau de Merlin conserve encore quelque crédit auprès des passionnés des légendes arthuriennes.

    21Episodiquement les congrès arthuriens se sont tenus en forêt de Paimpont. Un développement de ces activités culturelles s’est effectué ces dernières années, oui implique l’intégration de l’élément mégalithique. Un projet de Centre de l’imaginaire arthurien a été proposé en 1988, incluant non seulement un programme culturel mais aussi des actions de développement du tourisme culturel, en liaison avec le Syndicat mixte Centre‑Est‑Bretagne (CEB). Il bénéficie d’une action « chefs‑lieux‑vivants » décidée par la DATAR et qui pourra être appuyée par une opération intégrée de développement (OID) et une aide du Fonds européen de développement en espace rural. C. et H. Glot, responsables de la revue Artus, sont parmi les animateurs les plus ardents de cette initiative.

    22Loin d’être une action romantique, ces différents projets pourront, nous l’espérons, aboutir à une protection et une mise en valeur du mégalithisme en harmonie avec les autres composantes culturelles de Brocéliande. Il importe de sauver les ultimes vestiges de ce lointain patrimoine car l’imaginaire lui‑même ne peut être bâti que sur du concret...

    Auteur

    • Jacques Briard
    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Les Monts d’Aubrac au Moyen Âge

    Les Monts d’Aubrac au Moyen Âge

    Genèse d’un monde agropastoral

    Laurent Fau (dir.)

    2006

    Mottes castrales en Provence

    Mottes castrales en Provence

    Les origines de la fortification privée au Moyen Âge

    Daniel Mouton

    2008

    Géoarchéologie de sites préhistoriques

    Géoarchéologie de sites préhistoriques

    Le Gardon (Ain), Montou (Pyrénées-Orientales) et Saint-Alban (Isère)

    Dominique Sordoillet

    2009

    L’enceinte des premier et second âges du Fer de La Fosse Touzé (Courseulles-sur Mer, Calvados)

    L’enceinte des premier et second âges du Fer de La Fosse Touzé (Courseulles-sur Mer, Calvados)

    Entre résidence aristocratique et place de collecte monumentale

    Ivan Jahier (dir.)

    2011

    Lyon, Saint-Georges

    Lyon, Saint-Georges

    Archéologie, environnement et histoire d’un espace fluvial en bord de Saône

    Grégoire Ayala (dir.)

    2012

    Les gisements précolombiens de la Baie Orientale

    Les gisements précolombiens de la Baie Orientale

    Campements du Mésoindien et du Néoindien sur l’île de Saint-Martin (Petites Antilles)

    Dominique Bonnissent (dir.)

    2013

    L’Îlot du palais de justice d’Épinal (Vosges)

    L’Îlot du palais de justice d’Épinal (Vosges)

    Formation et développement d’un espace urbain au Moyen Âge et à l’époque moderne

    Yves Henigfeld et Philippe Kuchler (dir.)

    2014

    Manuel de gestion du mobilier archéologique

    Manuel de gestion du mobilier archéologique

    Méthodologie et pratiques

    Silvia Païn

    2015

    Bettencourt-Saint-Ouen (Somme)

    Bettencourt-Saint-Ouen (Somme)

    Cinq occupations paléolithiques au début de la dernière glaciation

    Jean-Luc Locht (dir.)

    2002

    L’art solutréen du Roc de Sers (Charente)

    L’art solutréen du Roc de Sers (Charente)

    Sophie Tymula

    2002

    Campements mésolithiques en Bresse jurassienne

    Campements mésolithiques en Bresse jurassienne

    Choisey et Ruffey-sur-Seille

    Frédéric Séara, Sylvain Rotillon et Christophe Cupillard (dir.)

    2002

    Productions agricoles, stockage et finage en Montagne Noire médiévale

    Productions agricoles, stockage et finage en Montagne Noire médiévale

    Le grenier castral de Durfort (Tarn)

    Marie-Pierre Ruas

    2002

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Les Monts d’Aubrac au Moyen Âge

    Les Monts d’Aubrac au Moyen Âge

    Genèse d’un monde agropastoral

    Laurent Fau (dir.)

    2006

    Mottes castrales en Provence

    Mottes castrales en Provence

    Les origines de la fortification privée au Moyen Âge

    Daniel Mouton

    2008

    Géoarchéologie de sites préhistoriques

    Géoarchéologie de sites préhistoriques

    Le Gardon (Ain), Montou (Pyrénées-Orientales) et Saint-Alban (Isère)

    Dominique Sordoillet

    2009

    L’enceinte des premier et second âges du Fer de La Fosse Touzé (Courseulles-sur Mer, Calvados)

    L’enceinte des premier et second âges du Fer de La Fosse Touzé (Courseulles-sur Mer, Calvados)

    Entre résidence aristocratique et place de collecte monumentale

    Ivan Jahier (dir.)

    2011

    Lyon, Saint-Georges

    Lyon, Saint-Georges

    Archéologie, environnement et histoire d’un espace fluvial en bord de Saône

    Grégoire Ayala (dir.)

    2012

    Les gisements précolombiens de la Baie Orientale

    Les gisements précolombiens de la Baie Orientale

    Campements du Mésoindien et du Néoindien sur l’île de Saint-Martin (Petites Antilles)

    Dominique Bonnissent (dir.)

    2013

    L’Îlot du palais de justice d’Épinal (Vosges)

    L’Îlot du palais de justice d’Épinal (Vosges)

    Formation et développement d’un espace urbain au Moyen Âge et à l’époque moderne

    Yves Henigfeld et Philippe Kuchler (dir.)

    2014

    Manuel de gestion du mobilier archéologique

    Manuel de gestion du mobilier archéologique

    Méthodologie et pratiques

    Silvia Païn

    2015

    Bettencourt-Saint-Ouen (Somme)

    Bettencourt-Saint-Ouen (Somme)

    Cinq occupations paléolithiques au début de la dernière glaciation

    Jean-Luc Locht (dir.)

    2002

    L’art solutréen du Roc de Sers (Charente)

    L’art solutréen du Roc de Sers (Charente)

    Sophie Tymula

    2002

    Campements mésolithiques en Bresse jurassienne

    Campements mésolithiques en Bresse jurassienne

    Choisey et Ruffey-sur-Seille

    Frédéric Séara, Sylvain Rotillon et Christophe Cupillard (dir.)

    2002

    Productions agricoles, stockage et finage en Montagne Noire médiévale

    Productions agricoles, stockage et finage en Montagne Noire médiévale

    Le grenier castral de Durfort (Tarn)

    Marie-Pierre Ruas

    2002

    Voir plus de chapitres

    Introduction

    Jacques Briard

    2. Le tombeau des géants à Campénéac (Morbihan) : fouilles de 1982

    Jacques Briard, Guy Jumel, Jean Pierre Muratore et al.

    3. Le tertre néolithique du jardin aux moines à Néant‑sur‑Yvel (Morbihan) : fouilles de 1983‑1984

    Jacques Briard, Michèle Briard, Joëlle Chalavoux et al.

    5. Mégalithes de Brocéliande et de Guer‑Coëtquidan : découvertes et révisions 1975‑1985

    Jacques Briard, Michel Cabaret, Guy Larcher et al.

    4. L’évolution mégalithique, l’après mégalithisme en Brocéliande et l’âge du bronze

    Jacques Briard

    4. L’allée couverte de la Ville Bouquet à Ploërmel (Morbihan) : sondages et prospections 1985

    Bernard Bigot, Jacques Briard, Dominique Marguerie et al.

    1. L’Hotié de Viviane à Paimpont (Ille‑et‑Vilaine) : fouilles de 1982‑1983

    Jean Bourhis, Michèle Briard, Dominique Leborgne et al.

    Voir plus de chapitres
    1 / 7

    Introduction

    Jacques Briard

    2. Le tombeau des géants à Campénéac (Morbihan) : fouilles de 1982

    Jacques Briard, Guy Jumel, Jean Pierre Muratore et al.

    3. Le tertre néolithique du jardin aux moines à Néant‑sur‑Yvel (Morbihan) : fouilles de 1983‑1984

    Jacques Briard, Michèle Briard, Joëlle Chalavoux et al.

    5. Mégalithes de Brocéliande et de Guer‑Coëtquidan : découvertes et révisions 1975‑1985

    Jacques Briard, Michel Cabaret, Guy Larcher et al.

    4. L’évolution mégalithique, l’après mégalithisme en Brocéliande et l’âge du bronze

    Jacques Briard

    4. L’allée couverte de la Ville Bouquet à Ploërmel (Morbihan) : sondages et prospections 1985

    Bernard Bigot, Jacques Briard, Dominique Marguerie et al.

    1. L’Hotié de Viviane à Paimpont (Ille‑et‑Vilaine) : fouilles de 1982‑1983

    Jean Bourhis, Michèle Briard, Dominique Leborgne et al.

    Accès ouvert

    Accès ouvert

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Acheter

    Édition imprimée

    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    • lcdpu.fr

    Mégalithes de haute Bretagne

    X Facebook Email

    Mégalithes de haute Bretagne

    Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Mégalithes de haute Bretagne

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Briard, J. (1989). Épilogue. Les mégalithes, le monde moderne et ses acculturations. In J. Briard (éd.), Mégalithes de haute Bretagne. Paris: Éditions de la Maison des sciences de l’homme. https://doi.org/10.4000/books.editionsmsh.35365
    Briard, Jacques. « Épilogue. Les mégalithes, le monde moderne et ses acculturations ». In Mégalithes de haute Bretagne, édité par Jacques Briard. Paris: Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1989. doi:10.4000/books.editionsmsh.35365.
    Briard, Jacques. « Épilogue. Les mégalithes, le monde moderne et ses acculturations ». Mégalithes de haute Bretagne, édité par Jacques Briard, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1989, https://doi.org/10.4000/books.editionsmsh.35365.

    Référence numérique du livre

    Format

    Briard, J. (éd.). (1989). Mégalithes de haute Bretagne. Paris: Éditions de la Maison des sciences de l’homme. https://doi.org/10.4000/books.editionsmsh.35135
    Briard, Jacques, éd. Mégalithes de haute Bretagne. Paris: Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1989. doi:10.4000/books.editionsmsh.35135.
    Briard, Jacques, éditeur. Mégalithes de haute Bretagne. Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1989, https://doi.org/10.4000/books.editionsmsh.35135.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Éditions de la Maison des sciences de l’homme

    Éditions de la Maison des sciences de l’homme

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Flux RSS

    URL : http://www.editions-msh.fr/

    Email : mvlachou@msh-paris.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement