2 Nous ajouterons que la lecture de cette littérature est indispensable au lecteur non averti. Nous avons remarqué que les sociétés touarègues demeurent à peu près ignorées du monde des chercheurs en anthropologie, tout simplement parce que leur approche demande un effort d’information préalable dans un domaine dispersé et qu’il n’existe pas de livre de synthèse magistral de ces sociétés.
3 Il semble que des cultures aient été tentées bien avant le dix-neuvième siècle, en particulier à Tit, mais elles ont probablement été ponctuelles et éphémères, car aucune trace probante n’est demeurée dans l’organisation sociale et économique actuelle, ni dans l’histoire orale du pays. Voir Gast, 1968 : 29-30.
4 Pour les mêmes raisons de contrôle et d’autorité centralisatrice, l’administration algérienne souhaiterait voir tous les nomades sédentarisés.
5 Le terme de Harâtîn dans le Sahara, le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest prête à une série de confusions car il connote, selon les lieux et les époques, un contenu différent. Esclaves libérés ou en voie de l’être en Mauritanie, les Harâtîn sont des Noirs cultivateurs, libres, au Touat, en Ăhăggar et dans beaucoup d’autres régions sahariennes, probablement d’origine ancienne et locale. Cependant, c’est aussi dans cette classe sociale que s’assimilent tous les anciens esclaves sahariens venus des pays au sud du Sahara.
6 Au sujet des Mrabtin de l’Ăhăggar, voir Gast, 1975.
7 Ils arrivaient en complément de quelques milliers de Kәl Ahăggar qui s’y étaient déjà installés après 1917, date de la défaite de Kawәsәn et de l’attribution de ses troupeaux aux Kәl Ahăggar par l’administration française, en récompense de la neutralité de Musa agg-әmastan (amәnûkal à l’époque), dans la révolte d’un certain nombre de tribus du Soudan et dont Kawәsәn s’était proclamé le chef.
8 Action thématique programmée « Dynamique des populations », contrat CNRS n° 2290, et programme franco-algérien « Contraintes biologiques, contraintes culturelles au Sahara : action sur les structures de la population Isəqqəmârən » responsable scientifique au CNRS : Docteur Ph. Lefèvre-Witier ; responsable scientifique algérien (Office national de la recherche scientifique) : professeur Mohammed Benabadji.
9 Et malgré la dynamique nouvelle engendrée par la réforme et la révolution agraire. Le ministère de l’Agriculture et les Services de l’hydraulique se sont, et à très juste raison, surtout souciés de créer des coopératives sur des terres nouvelles et plus vastes, grâce à des motopompes et des essais de mécanisation moderne.
10 Les processus administratifs pour obtenir l’allocation de vieillesse chez des personnes âgées qui n’ont jamais eu de papier d’identité et ne sont déclarées sur aucun état civil, sont si difficiles à satisfaire en Algérie que les meilleures bonnes volontés renoncent en général à faire prévaloir ce droit.
11 Voir Ouitis, 1977.
Tous les ṭăleb et « fabricants » d’amulettes ont toujours eu des privilèges inouis depuis la colonisation dans l’Ãhãggar et tout le Sahara. L’indépendance de l’Algérie n’a fait que renforcer leur position sociale au Sahara. Chaque amulette est payée très cher, à tel point qu’un ṭăleb intégré socialement peut survivre bien mieux que n’importe quel cultivateur.
12 Cette règle de mise en protection codifiée socialement est à rapprocher des mécanismes inhibiteurs de l’agression observés chez les animaux, en particulier les loups, les chiens et les oies cendrées.
13 Tin -Hinan (tinihanān = ti n hanān) qui veut dire « celles des tentes » mais aussi femmes libres ou taməsroγt (pl. timəsra). Voir Foucauld, 1951-52, II : 609.
14 Les références à la mère sont nombreuses dans les sociétés arabes et surtout sud-arabes bien que l’étude de leur signification ait été le plus souvent négligée jusqu’ici. W.R. Smith, W. Montgomery Watt, J. Chelhod en parlent abondamment. Ce dernier n’hésite pas à écrire que les anciens Yéménites « vivaient sous un régime de droit maternel ». Beaucoup de Bédouins arabes sont désignés par des noms de femmes ainsi que des groupes entiers, fractions de tribus, cf. J. Chelhod, 1973 : 84.
C’est aussi probablement ce culte à la femme, mère et patronne de la cité ou de la communauté qui a engendré des légendes comme celle d’Athéna, divinité grecque devenue Minerve pour les Romains et celle de Tanit (Astarté) divinité phénicienne à laquelle les Carthaginois consacrèrent des milliers d’ex-voto et de temples encore 400 ans après J.-C. Or, on retrouve encore en milieu touareg et au Mali actuel la silhouette de l’orant, bras levés, qu’on attribue à Tanit. Ces similitudes ne manquent pas d’être troublantes quelles que soient les distances dans l’espace et le temps.
15 Voir H. Delporte, 1979.
L’histoire des pays méditerranéens et notamment celle, mieux connue de la Grèce antique, fourmille de références aux « Grandes Mères », « Grandes Déesses » ou « Terres mères » qui « concentrent en elles les forces infiniment puissantes de la Terre ». Ces traditions religieuses d’origine néolithique semblent avoir progressé de Mésopotamie, en Asie mineure, en Grèce et en Méditerranée occidentale. Paradoxalement on ne retrouve guère d’indices sur ce thème dans le Néolithique saharien pourtant si riche en objets lithiques et mobiliers, ni dans les périodes protohistoriques qui ont fourni beaucoup de céramique et de magnifiques « rondes-bosses », témoins de cultes anciens très difficiles à analyser aujourd’hui (voir à ce sujet Camps-Fabrer, 1966 : 251).
1 Pour une explication de la notation de la tamăhaq voir notice p. xi.