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    Éditions de la Maison des sciences de l’homme
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    Plan détaillé Texte intégral 1898 1919-1924 1924-1941 1942-1944 1944-1947 1947-1948 1948-1950 1951 1952 1953-1954 1955-1989 Bibliographie

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    Natalia Pacanowska-Haltrecht (1898, Łódź – 1989, Varsovie)

    p. 127-132

    Texte intégral 1898 1919-1924 1924-1941 1942-1944 1944-1947 1947-1948 1948-1950 1951 1952 1953-1954 1955-1989 Bibliographie

    Texte intégral

    ill. 68. Portrait photographique de Natalia Pacanowska-Haltrecht

    Image

    photo © USC Shoah Foundation, Visual History Archive « Survivors of the Shoah », Los Angeles

    1898

    1Natalia Pacanowska-Haltrecht naît le 20 mai dans une famille de Juifs orthodoxes de Łódź. Son père, Paweł (Pinkus) Pacanowski, est un marchand moyennement aisé, et sa mère, Helena (Hendla) Gajzler, s’occupe de leurs neuf enfants. Plusieurs d’entre eux reçoivent une éducation artistique. Hilary devient architecte et peintre, Bencjon (Beniamin) sculpteur et scénographe, Ewa et Rachela (Róża dite Zula) actrices amatrices. La plupart se lient à des organisations des Jeunesses communistes, et Zula, héroïne du Parti socialiste polonais Lewica [La Gauche], sera immortalisée dans la toponymie de la ville par l’attribution de son nom à une rue.

    1919-1924

    2Après avoir quitté le pensionnat de jeunes filles Cecylia Waszczyńska, elle entame en 1919-1920 des études d’histoire de l’art, d’archéologie classique et de lettres à la section de philosophie de l’université Jagellonne. L’année suivante, elle passe à l’université de Poznań avant de revenir à Cracovie en 1923-1924. Elle y suit également des cours d’art dramatique. En 1924, elle choisit d’effectuer sous la direction du professeur Piotr Bieńkowski, directeur du Cabinet et du Séminaire d’archéologie classique de Cracovie, un travail de doctorat sur Les Monuments de l’art d’Antioche, et avec le professeur Szczęsny Detloff, directeur du Séminaire d’histoire de l’art de l’université de Poznań, un mémoire sur L’Expression chez Rembrandt, après quoi elle se rend à Berlin pour des recherches. Elle maîtrise l’allemand, l’anglais, le français et le russe.

    1924-1941

    3Elle retourne à Łódź, où elle fait la connaissance de son futur mari, Józef Mieczysław Haltrecht, un gynécologue issu d’une famille de médecins. Ils déménagent pour Szacek na Wołyniu, où Józef organise une clinique. Le 30 mai 1930, Pacanowska-Haltrecht donne le jour à une fille, Krystyna, qu’elle fait baptiser trois ans plus tard, confirmant ainsi sa conversion au catholicisme. Le parrain est Stanisław Więckowski, médecin militaire, militant du Parti socialiste polonais et enseignant à l’Université libre de Łódź. Sa foi n’empêche pas Pacanowska-Haltrecht de garder des contacts avec le Parti communiste polonais et avec les Jeunesses communistes de Pologne. La famille vit au centre de la Pologne, à Łęczyca, où Józef dirige l’hôpital. Il prendra ensuite la direction des établissements de Konstantynów, puis de Grodno et d’Oksa, près de Kielce. Natalia suit son mari et s’occupe de l’éducation des enfants de paysans. Une brève séparation a lieu lorsque Haltrecht dirige l’hôpital militaire de Grodno (1937), tandis que Pacanowska-Haltrecht travaille à la radio de Varsovie. Quand les Allemands envahissent la Tchécoslovaquie, les Haltrecht envisagent d’émigrer, mais ne mettent pas leur projet à exécution. Après le déclenchement de la guerre, ils séjournent à Jędrzejów, où Józef meurt en 1941, tandis que Natalia, rejointe par son frère Artur, organise un enseignement clandestin.

    1942-1944

    4Les vagues d’arrestations d’enseignants contraignent Pacanowska-Haltrecht à fuir. Elle se rend à Varsovie avec sa fille, puis à Lwów et à Niezwisko grâce à des contacts ukrainiens. Son frère, qui a tenté de sauver sa fiancée du ghetto, meurt dans un camp de concentration, de même que sa mère, sa sœur, deux beaux-frères et d’autres parents plus éloignés. Natalia travaille dans une mine de phosphore à Nadwórna, près de Stanisławów, puis à Annopol, près de Lublin, où elle participe à l’activité de la Résistance de l’Armée de l’intérieur ak. Veuve, et devant assumer l’éducation de Krystyna (« chrétienne »), elle comparera son errance à la fuite en Égypte. Après des années de cauchemar, elle est sauvée par l’arrivée des Russes. Pacanowska-Haltrecht entre dans la 2e armée polonaise et, à partir du 24 août 1944, dans les structures du gouvernement de Lublin.

    1944-1947

    5Elle sert dans l’armée polonaise en tant qu’officier politique. Elle est envoyée à l’hôpital de réfugiés de Siedlce-Łukow en qualité de chef de service et d’enseignante, puis à l’hôpital régional de Poznań, où elle renoue avec le professeur Detloff. Sa fille s’inscrit en 1945 à l’Union de la lutte des jeunes. Pour ses activités en temps de guerre, Pacanowska-Haltrecht reçoit à deux reprises la croix d’argent du Mérite, ainsi que d’autres distinctions, dont celle – soviétique – de la Victoire sur l’Allemagne, et la médaille de Grunwald.

    1947-1948

    6Après la démobilisation, elle travaille avec le grade de lieutenant comme chef de la section de propagande du comité de voïévodie du Parti ouvrier polonais de Poznań.

    1948-1950

    7Tranférée par le Parti à Łódź, elle se lie avec la Division des expositions historiques (Photomontage) de l’École centrale du Parti, après quoi elle est promue en 1949 chef de la section Culture et Éducation du Conseil des syndicats. Elle enseigne les lettres dans un centre ouvrier de formation permanente, et l’histoire de la culture, de la littérature et de l’art à l’École nationale des instructeurs de théâtre amateur.

    1951

    8Elle devient conservatrice, chargée à partir du 1er février de la peinture réaliste socialiste au musée des Beaux-Arts de Łódź. Parallèlement, elle donne des cours aux employés du théâtre Pinokio. Elle développe une intense activité sociale en publiant notamment des articles dans Głos Robotnika [La Voix de l’ouvrier]. À l’époque stalinienne, elle s’intéresse aux liens entre l’œuvre de Jan Matejko et celle d’Ilya Répine, ou à la culture de l’urss, dont elle rend compte dans un article sur l’« Exposition d’œuvres plastiques soviétiques » à la galerie Zachęta à l’automne.

    1952

    9« Elle possède un grand don d’initiative et un remarquable talent pour la propagande », « elle brûle d’une soif d’agir », « elle renforce à chaque pas la vigilance du Parti » : bien que le directeur du musée de Łódź, Marian Minich, n’éprouve à son égard qu’un enthousiasme modéré et se méfie de son caractère imprévisible, Pacanowska-Haltrecht est transférée par le ministère de la Culture et des Beaux-Arts au poste de conservatrice du musée de Poméranie occidentale, à Szczecin. La voyant donner la mesure de ses forces sur cette « nouvelle terre promise », le vice-ministre Włodzimierz Sokorski lui confie la direction de l’établissement de Szczecin. C’est le moment où arrive le tableau de Gérard Singer, Le 14 février 1950 à Nice, acquis par le ministère après l’exposition d’art plastique français moderne. Grâce aux efforts de Pacanowska-Haltrecht, l’œuvre devient le phare de la galerie du réalisme socialiste.

    1953-1954

    10Le 20 mai 1953, elle est l’invitée de la rédaction des émissions de femmes de la station locale de la Radio polonaise. Marcel Zimerman, qui dirige le programme, raconte l’histoire de la directrice qui a remplacé deux hommes à des postes de direction : « Natalia Pacanowska-Haltrecht n’est plus jeune. Mais ses yeux noirs et intelligents pétillent de vie. Son enthousiasme fervent pour la bonne cause, et l’amour qu’elle a pour son travail, lui confèrent une authentique jeunesse. » Elle peut se vanter d’avoir rempli les deux bâtiments du musée, ceux de la rue Janisława (aujourd’hui Staromłyńska) et de Wały Chrobrego, d’expositions permanentes. Elle prépare l’ouverture d’une galerie de peinture marine, unique en Pologne, où le sujet sera présenté dans son « développement dialectique ». Les activités de recherche et d’enseignement qui ont été attribuées aux musées par une décision du 9 juillet de l’année précédente lui tiennent particulièrement à cœur. Sa fille, Krystyna Haltrecht, qui s’apprête à suivre des études de sculpture à l’École des beaux-arts de Varsovie, travaille chez elle depuis mai 1953 comme dessinatrice. Alors qu’une seule exposition « pédagogique » par an avait lieu dans les années 1949-1952, il y en eut sept en 1953, et onze en 1954.

    1955-1989

    11Elle se heurte à des difficultés croissantes dans la gestion de son équipe et peine à recruter des collaborateurs qualifiés. Les différends internes sont révélés dans la presse locale, avec laquelle Pacanowska-Haltrecht avait jusque-là entretenu les meilleurs rapports, notamment en y publiant des textes de vulgarisation d’histoire de l’art. Le 30 septembre 1955, l’Administration centrale des musées et des monuments historiques dénonce le contrat de travail de la directrice, à la demande de celle-ci. Cela survient dans le contexte des changements de la politique culturelle qui accompagnent le dégel. Pacanowska-Haltrecht perçoit alors une retraite d’invalide de guerre, et rejoint sa fille à Varsovie. Elle poursuivra des activités sporadiques dans le domaine du cinéma éducatif. Lors de la campagne antijuive de 1967-1968, elle décide de rester en Pologne. Elle meurt le 8 juin 1989, alors que se produit un nouveau grand changement politique.

    Bibliographie

    Natalia Pacanowska-Haltrecht, « Wspomnienia z lat okupacji – życie na ostrzu miecza [Souvenirs des années de l’Occupation – une vie sur le fil de l’épée] », Zeszyty Kombatanckie, no 40, 2005.

    Joanna Sobolewska-Pyz, Świadectwo Krystyny Haltrecht [Testimony of Krystyna Haltrecht], 3 juillet 1997, document audiovisuel de l’usc Shoah Foundation, Visual History Archive « Survivors of the Shoah », interview code 32332.

    Documents des Archives nationales de Szczecin et du musée des Beaux-Arts de Łódź.

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    Kubiak, S. P. (2020). Natalia Pacanowska-Haltrecht (1898, Łódź – 1989, Varsovie). In Loin de Moscou. Paris: Éditions de la Maison des sciences de l’homme. https://doi.org/10.4000/books.editionsmsh.17138
    Kubiak, Szymon Piotr. « Natalia Pacanowska-Haltrecht (1898, Łódź – 1989, Varsovie) ». In Loin de Moscou. Paris: Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2020. doi:10.4000/books.editionsmsh.17138.
    Kubiak, Szymon Piotr. « Natalia Pacanowska-Haltrecht (1898, Łódź – 1989, Varsovie) ». Loin de Moscou, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2020, https://doi.org/10.4000/books.editionsmsh.17138.

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    Kubiak, S. P. (2020). Loin de Moscou (E. Veaux, trad.). Paris: Éditions de la Maison des sciences de l’homme, Centre allemand d’histoire de l’art. https://doi.org/10.4000/books.editionsmsh.17083
    Kubiak, Szymon Piotr. Loin de Moscou. Traduit par Erik Veaux. Paris: Éditions de la Maison des sciences de l’homme, Centre allemand d’histoire de l’art, 2020. doi:10.4000/books.editionsmsh.17083.
    Kubiak, Szymon Piotr. Loin de Moscou. Traduit par Erik Veaux, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, Centre allemand d’histoire de l’art, 2020, https://doi.org/10.4000/books.editionsmsh.17083.
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