1Levine (2000, p. 118), dont la thèse tend, il est vrai, à démontrer l’unité historique de l’ensemble éthiopien, par-delà son hétérogénéité culturelle.
2Leslau (1976) traduit färändj par « occidental », « étranger », « européen » ou « homme blanc », et son pluriel färändjotch par « white people ». Anteby-Yemini (2004, p. 34, 68) note que les Éthiopiens en Israël désignent les Israéliens blancs comme des färändj, qualifiant la nourriture qui leur est servie à l’hôtel dans les premiers temps de leur arrivée comme yä-färändj megeb, « la nourriture des Blancs ».
4Pankhurst, 1983 et 2005.
5Burton, 1856, p. 145 ; Doughty (2002, p. 958, 1087, 1237) évoque des usages et des définitions différentes du mot frenji (pluriel el-afrenj) en Arabie, en 1876-1878. Le terme désignerait à la fois des personnes venues d’Europe (le « Frankistan ») et, pour des Bédouins dont il cite les paroles, « les usages exotiques ou articles que les Turcs et les pèlerins étrangers apportent aux Saints Lieux » (La Mecque), tels que le tabac.
7Collat, 1905b, p. 500 ; Guèbrè Sellassié, 1930-1931, t. II, p. 515, note 2 ; Hess, 1970, p. 26-27.
8Terzibashian, s. d. [1944], p. 47-48.
9Cohen, 1924, p. 27 et 30-32 ; Faïtlovitch (1910, p. 125) note que les Arméniens et les Grecs semblent être distingués par la population indigène, en raison de leurs manières et de leur niveau social, des Européens. Voir aussi Pankhurst, 1967, p. 82-85.
10Darley, 1925, p. 79, 80, 97, 105.
11Les Caribéens et Américains noirs « retournés » en Éthiopie ont eux aussi été considérés comme des färändj par les paysans éthiopiens de Shashämäné qui voyaient en eux, avant tout, de nouveaux maîtres de la terre. Bonacci, 2008, p. 187-188 et 448-449.
12Portal, 1892, p. 21 ; Henri d’Orléans (1898, p. 18) évoque sur le même ton les « Grecs, Maltais, demi-Arabes » rencontrés à Djibouti. Voir aussi Rey, 1923, p. 199.
13Landor, 1907, t. I, p. 8, 17-18, 31, 65, 118.
14Michel, 1901, p. 522 (je souligne).
16Farago, 1935, p. 54-55.
17Voir Wolynsky, 1903b et supra, chap. III.
18Wolynsky, 1903b, p. 372-373.
19Landor, 1907, t. I, p. 18.
20Coon, 1935, p. 37 ; Landor, 1907, t. I, p. 6, 218.
21Landor, 1907, t. I, p. 25.
22Monfreid, 1933, p. 135-136.
24Bahru Zewde (2002, p. 195), qui cite FO 371/13111, Annual Report for 1927, Bentinck à Chamberlain, 6 décembre 1928.
25Cité par Eadie, 1924, p. 237-238.
26Fikremariam Estifanos, 1986, p. 36.
27Landor, 1907, t. I, p. 18.
28Nicod (1937, p. 127-129) transforme ainsi la description de ses rencontres arméniennes à Diré Daoua en évocation d’un Orient mystérieux.
29Waugh, 1962 [1932]. Le personnage de Youkoumian, dans Black Mischief, semble avoir été doublement inspiré d’une des rencontres de Waugh à Harar et, fort probablement aussi, du secrétaire particulier de Haylä Sellasé, Abraham Koeurhadjian. D’autres personnages arméniens ont été mis à contribution par Waugh dans le fameux Scoop (1938), qui prend également pour cadre un pays imaginaire qui ressemble à l’Éthiopie.
30Abbadie, 1868, t. I, p. 601-602.
31Lépidis, 1973, p. 50-52, 57.
33Monfreid, 1933, p. 111-112, 129, 135, 141, 156.
34D’après Berhanou Gebresellasié, rencontré à Lyon en février 2008.
35Patapan, 1930, p. 213. Registre des décès de l’église arménienne d’Addis Abeba. Avédis Terzian (Récit 4, § 47 ; Récit 10, § 12 et 15 ; Récit 19, § 6-9).
36Pour ne rien arranger, Waugh eut des commentaires bienveillants à l’égard des envahisseurs italiens et du maréchal Graziani, « un des hommes les plus aimables et les plus sensés que j’eusse rencontrés depuis bien longtemps » (Waugh, 1989 [1936], p. 225). Voir par ailleurs Guyot, 2001, p. 122-127 ; Carens, 1966.
37Thesiger, 1990, p. 106.
38Désigné par Waugh comme le « professeur W. », il s’agirait de l’archéologue et byzantiniste Thomas Whitemore. Voir Lang, 1988, p. 77.
39Waugh, 2002, p. 87, 89, 91-92, 94-95, 97, 99-100, 107, 109.
40Avédis Terzian (Récit 6, § 8). Voir aussi Parkyns (1853, t. I, p. 43, 45) qui relate sa rencontre à Adoua avec quelques Grecs, Albanais, Arméniens et Égyptiens coptes « accoutumés aux manières abyssiniennes », notamment l’un d’entre eux, « appelé Ingeder, fils d’un Grec du nom d’Apostoli », qui « avait été habitué à manger du bœuf cru depuis l’enfance, et préférait ce régime ainsi que la société des Abyssins » aux manières des Européens. Également Combes et Tamisier, 1838, t. I, p. 197, au sujet de l’Arménien Bethléem qui, bien qu’« entièrement désenchanté […] aimait l’Abyssinie », « s’était habitué à ses mœurs, à son climat » et « mangeait tous les jours son kilogramme » de viande crue.
41Peut-être faut-il lire Berdj Bedouchian ? Il ressort du livre de Waugh comme la rencontre la plus marquante de ses voyages en Afrique. Cet épisode est d’ailleurs repris dans When the going was good, une édition postérieure d’extraits compilés de divers livres de l’écrivain.
42Description qui ressemble en tout point à celle du personnage de Youkoumian dans Black Mischief, du même auteur.
43Waugh, 2002, p. 131-133 (je souligne). Lire aussi p. 119-120, 122, 125, 128.
44Ibid., p. 133-134. « Alors je me console en me disant que, si j’étais arménien, les choses me sembleraient peut-être plus simples. » Il confirme plus loin (p. 195) la sympathie qu’il a acquise au cours de son périple pour les Arméniens, lorsqu’il se lie d’amitié avec un Turc résidant à Zanzibar : « Ma grande admiration pour les Arméniens le choque manifestement, mais il est trop bien élevé pour me le dire. En revanche, il me parle des tortures raffinées que sa famille leur a infligées. » Dans le même temps, Waugh ne cache jamais son mépris pour les Indiens, et les nombreux Grecs croisés au cours de son voyage jusqu’au Kenya ne lui inspirent pas de développements comparables.
47Voir la préface d’Angelo Del Boca dans Borruso, 2003, p. 13-14. Elle ne put rentrer en Éthiopie qu’après 1945.
48Elle était en fait la fille de Boghos Markarian.
49ASMAI 84, fasc. 250, CGCPAI au MAI, Rome, 23 mai 1939.
50ASMAI 91, fasc. 287. Il s’agit de Miska Babitcheff. Cette liste comprend également le nom d’un certain « Jacob », « mécanicien-aviateur ». Il doit s’agir de Hagop Sarafian (Avédis Terzian, Récit 33, § 28).
51ASMAI 84, fasc. 250, Graziani au MAI, Addis Abeba, 22 juin et 3 juillet 1937.
52Ibid., CGCPAI au MAI, Rome, 23 mai 1939.
53Ibid., note interne de la Direzione Generale Affari Politici, 13 mai 1940.
54Je dois une grande partie de ces informations à Bairu Tafla, 1985.
55Cimetière arménien de Gulélé. Registre des décès de l’église arménienne d’Addis Abeba. Patapan, 1930, p. 163. Les dates fournies à ce propos par Bairu Tafla sont sans doute erronées.
56Ce manuscrit est titré « The Unfinished Life of the Patriot in Khaki Breeches ». Bairu Tafla en cite de larges extraits.
57Voir aussi Patapan, 1930, p. 215.
58Cette scène s’est probablement déroulée le 30 avril ou le 1er mai, entre le retour du front de l’empereur, qui venait d’y essuyer une sévère défaite, et son départ précipité en train pour Djibouti le 2 mai. D’après le témoignage de Khosrov Boghossian, recueilli par Bairu Tafla, Haylä Sellasé aurait demandé à cette occasion à Semerdjibashian de ne pas l’oublier. Plusieurs photographies montrent Hovhannes Semerdjibashian et l’empereur côte à côte, en public.
59Greenfield, 1969, p. 229.
60Il s’agit du nom pris par l’Arménien Nazaret Kherbekian lorsqu’il décida de vivre en ermite, habillé comme un moine éthiopien, sur les hauteurs d’Entotto.
61ASMAI 181/58, fasc. 287, « Armeno Semerdijbassian Iohannes », le gouverneur de l’AOI adressé au MAI, 11 janvier 1938. Voir aussi Avédis Terzian (Récit 2, § 15 et Récit 12, § 3), également libéré du camp de Quoram sur intervention du représentant allemand, sans doute à l’instigation de son ami Semerdjibashian.
62Selon Bairu Tafla, c’est uniquement parce que la réponse de Rome s’est fait attendre que, dans l’intervalle, Hovhannes a été libéré sur l’intervention du chef de la représentation allemande, Gustav Strohm.
63ASMAI 181/58, fasc. 287, « Armeno Semerdijbassian Iohannes ». Voir aussi dans la même liasse un télégramme de Cerulli, daté du 5 août 1938, au sujet de son fils Vahakn, qui demande à rentrer en Éthiopie pour raisons de santé mais qui est lui aussi soupçonné d’avoir eu des activités anti-italiennes.
64Les autres participants à l’édition et la diffusion de cette feuille, rédigée à la main et reproduite par polycopie, étaient Avédis Terzian et son cousin Mouchegh Terzian, Haylä Täklä Arägay, Bäzunä Neway et Dästa Alämmah. Une douzaine de numéros auraient été diffusés entre la fin de l’année 1940 et le printemps 1941. Avédis Terzian (Récit 8, § 36-37 ; Récit 12, § 3-4, 9 et 13 ; Récit 32, § 1).
65D’après Bairu Tafla, qui précise que cet article reprenait un article du yä’Eretra Dems du 6 décembre.
66Avédis Terzian (Récit 12, § 10-11) ; Bairu Tafla, 1985, p. 25-35.