5Bonacich, 1973. Les Arméniens n’ont pourtant pas fait l’objet d’attaques, de discriminations ni d’expulsions en Éthiopie. Junod (1947, p. 71) et Del Boca (1966, p. 185) évoquent les meurtres de Grecs et d’Arméniens par des pillards éthiopiens, avant l’entrée des troupes italiennes à Addis Abeba, en mai 1936, mais je n’en ai pas trouvé trace, ni en interrogeant des témoins, ni dans les registres de l’église arménienne.
6Par exemple les Jamaïcains et Nord-Américains venus prendre possession, à Shashämäné, des terres données « aux Noirs du monde » par l’empereur Haylä Sellasé. Voir Bonacci, 2008.
10Kulmer, 1910, p. 40-41, 75-77, 81-82, 91-92, 96.
11Burton, 1856, p. 321-322, 325 ; Vanderheym, 1896, p. 41-42 ; Michel, 1901, p 68-69 ; Mérab, 1920-1929, t. I, p. 167.
12Gleichen, 1971 [1898], p. 56.
15Inscriptions funéraires de Ménagar et Arménag Zamanian, cimetière arménien de Gulélé. Registre des naissances et des baptêmes ; Registre des fiançailles et des mariages ; Registre des Arméniens de Diré Daoua. Voir aussi Patapan, 1930, p. 164.
16C’est l’année de naissance d’Avédis Terzian à Harar. Ses parents ont déjà eu un premier fils, Yervant, mais celui-ci est mort en bas âge. L’année précédente est né Antranig, fils d’un dentiste de Constantinople, le docteur Emmanuel Terzian (sans lien de parenté avec Sarkis Terzian) et de sa femme Ovsanna, d’après le registre des Arméniens résidents de Diré Daoua.
17Il s’agit de Saténig Zamanian, déjà citée, et de Mouchegh Terzian, fils d’Ohannes et Nartouhi Terzian et, par ailleurs, cousin germain d’Avédis Terzian.
18D’après Avédis Terzian, la première naissance arménienne en Éthiopie aurait été celle d’Aroussiag, fille de Dikran et Serpouhie Ebeyan, qui résidaient alors à Entotto auprès de leurs maîtres Ménélik et Taytu, vers 1890.
19Du Bourg de Bozas, 1906a, p. 21.
20La situation est différente dans les colonies. Dès 1907, une école grecque est ouverte à Asmara, une autre à Keren (Érythrée), alors qu’en Éthiopie, il faut attendre pour cela la fin des années 1920. Voir Ghanotakis, 1979, p. 25, 27, 35-36, 50, 61, 70, 106 ; Natsoulas, 1977, p. 149-151.
21Mérab, 1920-1929, t. II, p. 112. Allusion au sultan Abdülhamid II et aux massacres de 1894-1896. Voir aussi De Castro, 1915, t. I, p. 219.
22De Castro, 1915, p. 218-219 et 237-238. Cette pseudo-isba est peut-être la première chapelle arménienne d’Addis Abeba, construite sur l’emplacement de l’actuel club et restaurant arménien.
24Annaratone, 1914, p. 151.
25De Castro, 1909, carte hors texte ; Zervos, 1936, p. 26.
26Voir Leiris, 1988 [1934], p. 291, 313, 627 ; Nizan, 1990 [1931], p. 115 ; Hallé, 1913, p. 14 ; Landor, 1907, t. I, p. 1.
27Ibid., p. 15, 191, 200, 218-220 ; Nesbitt, 1937, p. 27 ; Darley, 1926, p. 97 ; Maydon, 1925, p. 28-29, 34 ; Esme, 1928, p. 45-46 ; Monfreid, 1933, p. 248 ; Armandy, 1930, p. 210 ; Ghanotakis, 1979, p. 38-39, 102-103.
28Zervos, 1936, p. 340-341, 355-361, 367-370, 391, 395, 399, 401-402, 405, 408.
29Patapan, 1930, p. 223-224.
31Voir par exemple Esme, 1928, p. 61 ; Coon, 1936, p. 107 ; Armandy, 1930, p. 152 ; Nesbitt, 1937, p. 36 ; Zervos, 1936.
32En 1911, les frères Garbis et Vahan Delsizian établissent en Érythrée leur société fondée à Milan vers 1896, qui rayonne sur toute l’Afrique de l’Est avant d’être mise en liquidation, en 1923. Voir FO 371/47/3125, déclaration d’un membre de la firme Delsizian Frères à l’Eastern Mediterranean Special Intelligence Bureau, Le Caire, 5 mai 1918. Puglisi, 1952, p. 105-106.
33Parmi les exportateurs et importateurs de café qui travaillent entre les différentes provinces et Addis Abeba, Zervos cite 31 sociétés dont 7 arméniennes, 10 grecques, et au moins 6 indiennes. Voir Zervos, 1936, p. 156.
34Il partageait la maison Kévork Mouradian avec ses frères en Europe avant d’ouvrir une succursale en Égypte en 1908, associé à Krikor Séférian, puis de s’établir à Khartoum et, enfin, en Éthiopie. Voir Patapan, 1930, p. 185.
35La Régie des Tabacs de l’Empire Éthiopien est dirigée dans l’entre-deux-guerres par trois Arméniens : Matig Kévorkoff, Hrant Minassian, Markar Mirza, puis par les héritiers de ce dernier. Elle comprend deux usines à Addis Abeba et Diré Daoua, employant de nombreux travailleurs éthiopiens. Voir Zervos, 1936, p. 212-213 ; Patapan, 1930, p. 188, 218-219. Kévorkoff fut exproprié par les Italiens. Voir ASMAI, Cartone 95, Fasc. 344, « Ditta Matig Kevorkoff. Monopolio Tabacchi. 1939-1940. »
36Patapan, 1930, p. 222 ; Nicod, 1937, p. 88 et 98 ; Zervos, 1936, p. 126, 140-142, 275-279.
37Zervos ne cite que 7 orfèvres arméniens en 1935 quand Patapan en comptait encore 16 cinq ans plus tôt.
38De même pour les salons de jeux illégaux et les night-clubs. Voir Coon, 1935, p. 127.
39Zervos, 1936, p. 144-145, 211, 495. Patapan compte 6 tanneurs arméniens, parmi lesquels Stépan Darakdjian, Avédis Sevadjian et Kévork Kéhiayan.
40Zervos, 1936, p. 208-211 ; Patapan, 1930, p. 221.
42Avédis Terzian (Récit 7, § 13). Voir aussi Zervos, 1936, p. 144 ; Maydon, 1925, p. 174-177.
43Patapan en énumère sept, dont Pusant Abouseifian, Aram Chahbazian, propriétaire du studio « Chahbaz », Vazken Kévorkian, Jirayr Mekhdjian, ainsi que les fils de Bédros Boyadjian, Haygaz et Tony. On peut y ajouter le photographe « Shant » et Hrant Wararanian, dont l’atelier de photographie est, selon Zervos, « le studio préféré des Européens et des Indigènes. » Voir Zervos, 1936, p. 493.
44Ils fondent aussi la Papeterie Artistique, concurrencée par la Papeterie Surmeyan. Le personnel de l’Imprimerie Artistique dépasse les 250 employés après la guerre, quand les frères Djerrahian bâtissent, à leurs frais, l’Artistic Building, en plein centre d’Addis Abeba. Djerrahian, 1991, p. 14, 19 ; Zervos, 1936, p. 197.
46Avédis Terzian (Récit 33, § 7).
47Zervos, 1936, p. 26, 289-291, 495, 498-499 ; Patapan, 1930, p. 130, 213, 267 ; Armandy, 1930, p. 160.
48Nicod, A., 1937, p. 37-41.
51Les Britanniques emploient plusieurs agents grecs à ce poste.
52Mérab, 1920-1929, t. II, p. 100, 105 ; Patapan, 1930, p. 267 ; Zervos, 1936, p. 419, 424, 429, 433, 473, 496. À Asmara, Hagop Segulian fut interprète auprès de la direction des Affaires politiques du Gouvernement de l’Érythrée de 1911 à 1913, avant d’être employé plusieurs années par la société Delsizian Frères. Voir Puglisi, 1952, p. 270-271.
53Nicod, 1937, p. 179, dont la cause est alors défendue devant ce tribunal spécial par « le drogman » de la légation de France, un certain « monsieur P. », probablement Ardashès Peshdilmadji.
54Statut conféré aux territoires italiens en Afrique conquis par les forces britanniques en 1940‑1941. Partiellement soumise à une administration militaire britannique basée à Diré Daoua, l’Éthiopie ne recouvrit sa pleine souveraineté qu’en 1943.
55De 1904 à 1933, la fonction d’Oriental Secretary ou Abyssinian Secretary de la légation du Royaume-Uni avait été occupée par Photios Zaphiropoulos (ou Zaphiro), ancien pharmacien grec de Harar ayant acquis la citoyenneté britannique. Voir Natsoulas, 1977, p. 151-160. Des marchands grecs, comme Ioannis Gerolimato, ont servi d’agents consulaires britanniques à Harar et Diré Daoua. Voir Forbes, 1925, p. 154 ; Armandy, 1930, p. 74. FO 371/9990, Murray à Stanfordham, Addis Abeba, 10 juin 1924. Voir aussi Zervos, 1936, p. 452. De même, de 1932 à 1936, Hovhannes Semerdjibashian est le Secrétaire oriental de la légation d’Allemagne. Voir Bairu Tafla, 1985, p. 17.
56Comme l’indique une correspondance signée par Ch. Simopoulos, qui suggère la nomination par l’OETA de Grecs ou d’autres personnes, pourvu qu’elles ne soient pas britanniques, aux futurs postes de conseillers du gouvernement éthiopien. FO 371/27524, The Greek Minister to Sir O. Sargent, Addis Abeba, 4 décembre 1941.
57Zervos, 1936, p. 359-360 ; Guida dell’Africa Orientale Italiana, 1938, p. 447. Plus récemment, à Shashämäné, les Rastafariens ont également créé un cimetière séparé. Voir Bonacci, 2008, p. 580.
58Patapan, 1930, p. 261 ; Mérab, 1920-1929, t. II, p. 202.
59Le plus ancien de ces deux cimetières était garni de 264 sépultures en 2002, auxquelles il fallait ajouter les 231 sépultures du cimetière Saint-Jacques. Sur ces 495 sépultures, caveaux familiaux compris, on compte 26 tombes individuelles et deux caveaux anonymes, ainsi que 8 (doit-on ici écrire « huit » ? ? ?) tombes dont les inscriptions sont illisibles.
60Avédis Terzian (Récit 11, § 1).
62Mérab, 1920-1929, t. II, p. 135-136.
64L’archimandrite Arsenios célébra 238 baptêmes entre 1912 et 1921, dont douze concernaient des enfants arméniens et, de 1914 à 1923, et 65 mariages parmi lesquels 19 impliquaient des Arméniens. Voir Ghanotakis, 1979, p. 35-36, 44, 59.
66Patapan (ibid., p. 173, 181) explique l’édification de cette chapelle par le fait que les immigrants perdent espoir de rentrer en Turquie. Entre 1924 et 1927, plusieurs enfants ont été baptisés par un deuxième prêtre, le père Hovsep Garabedian mais, jusqu’au début de l’année 1957, la plupart des sacrements administrés aux Arméniens l’ont été par le père Guévhérian.
67Le reste (11 sur 41) est constitué de baptêmes donnés par des prêtres grecs, neuf en 1913-1918 et deux en 1945-1975. Le registre mentionne enfin un baptême donné par un missionnaire protestant en 1920.
68On trouve aussi, parmi les tombes des cimetières arméniens de Gulélé, celles de femmes éthiopiennes ayant épousé des Arméniens.
69Après la mort du père Guévhérian (1er février 1957), qui a procédé à tous les enterrements arméniens à Gulélé de 1925 à décembre 1956, plusieurs prêtres arméniens ont été nommés par l’archevêché des Arméniens d’Égypte, mais aucun n’a égalé sa longévité.