3Colonel Gory, « Autorité, subordination et moyens de discipline », JSM, 1er août 1911, p. 298.
4Cité par Becker J.-J., 1988, p. 28.
5SHD, 14 N 1, Ministère de la Guerre, 10 août 1914. Par cette prescription, Messimy supprimait de fait le recours au droit de grâce en autorisant les généraux à procéder à l’exécution d’un condamné avant d’en rendre compte au ministre.
6Cité par Bach, 2003, p. 209.
7Cité par Becker J.-J., 2004, p. 195.
8SHD, 5 N 66, Ministère de la Guerre, Conversation téléphonique du général Joffre avec le ministre, 21 août 1914.
9SHD, 22 N 4, QG Signy-le-Petit, 1er CA, ordre général du 26 août 1914.
10SHD, 22 N 39, note du général Rabier, 4e DI, 1er septembre 1914.
11SHD, 22 N 39, 2e CA, État-major, Briquenay, ordre émanant du général commandant le 2e CA, 31 août 1914.
12SHD, 7 N 143, Ministère de la Guerre, Rappel d’un ordre du Ministre de la Guerre à MM. les Gouverneurs militaires de Paris et de Lyon, les Généraux commandant…, 16 décembre 1914.
13Au total, les cinq premiers mois de la guerre sont les plus coûteux en hommes pour l’armée française : 300 000 soldats tués, dont plus de la moitié en août, ce qui représente une moyenne de 60 000 morts par mois en 1914. Ces chiffres sont issus du rapport Marin et rappelés dans Becker, 2004, p. 222.
15Houssaye, 1996. Sur ce principe, l’ouvrage dont s’inspire Houssaye est celui de Yves Bertrand et PatrickGuillemet, Les organisations : une approche systémique, Québec, Chotard, 1989. Voir aussi Mucchielli, 1996.
16SHD, 19 N 298, note 3190, 1er septembre 1914, Du général commandant en chef à M. le général cdt l’armée.
18Ce qui n’est pas le cas aux échelons inférieurs. Certains généraux de division n’ayant pas la pudeur des commandants en chef, surtout dans les premières semaines du conflit, invitent les subalternes à « abattre » les fuyards. « Tout soldat tournant le dos à l’ennemi doit être immédiatement abattu à coup de fusil ou de revolver », écrit par exemple le général Rabier de la 4e DI, le 1er septembre 1914. (SHD, 22 N 39, Note du général de la 4e DI.)
19Paul Fiolle, La Marsouille, op. cit., p. 182 : « J’ai sorti mon revolver et ai mis le canon sur sa face. – Plutôt que de te laisser prisonnier, je préfère te tuer ; réfléchis ! Deux fois… – Je viens, dit-il. »
20Jean Pinguet, Trois étapes de la brigade des marins, Paris, Perrin, 1918, p. 178 : « Je lui parle très doucement, mais avec un accent bien déterminé : “Si tu ne veux pas marcher, je vais te casser la gueule.” L’homme tourne vers moi un regard ferme, plein de franchise. “Je n’ai pas peur, mais je n’en puis plus ; je vous rejoindrai tout à l’heure.” Cet homme dit vrai ; je rengaine mon revolver. »
21Roger Torlois, Carnet de route de P. G Barreyre, poilu girondin, Bordeaux, CRDP, 1989, mardi 1er septembre 14, p. 30.
22Marcel Dupont, En campagne 1914-1915, op. cit., p. 52.
23Joseph Jolinon, Le valet de gloire, Paris, F. Rieder et Cie éditeurs, 1923, p. 48.
24Louis Débidour, Correspondance, lettres de Louis Débidour regroupées et dactylographiées, non publié, 383 p. Je remercie Élie Blancherie de m’avoir prêté ce document exceptionnel.
25Ibid., Lettre du 6 novembre 1914, Louis Débidour raconte l’attaque d’un village au nord d’Andechy : « Alors je tire mon revolver et je crie : Arrivez N.d.D. ou je vous f… un coup de revolver ! Alors ils se décident. »
26Maurice Genevoix, Sous Verdun [1916], in Ceux de 14, Paris, Flammarion (Points), 1996, p. 105.
27Florian-Parmentier, L’ouragan [1921], Fasquelle éditeurs, 1930, p. 41.
28Je me permets de renvoyer ici à Saint-Fuscien, 2008b.
29René Naegelen, Les suppliciés [1927], Paris, Colbert, 1966, p. 104.
30Cité in Cazals, Marquié, Piniès, 1998, p. 116.
31Basile Bonneau, « “Certains sont en rébellion…” Mémoires de Basile Bonneau », Recherches vendéennes, no 7, 2000, p. 213.
32Louis Barthas, Les carnets de Louis Barthas, op. cit., p. 305.
33Sur ce point en général, voir Étienne Tassin, « La brutalité : quel (le) geste ? », in Anne-Claude Ambroise-Rendu, Fabrice d’Almeida, Nicole Edelman (dir.), Des gestes en histoire, Paris, Seli Arslan, 2006, p. 144-154.
34Laurence Montroussier, Éthique et commandement, Paris, Economica, 2005.
35Cochet F., 2005, p. 125.
36Le décret du 7 octobre 1909 portant règlement sur le service des places est annexé dans Offenstadt, 1999, p. 265-266.
37Albert Ajailles est fusillé devant l’ensemble de son régiment : SHD, 24 N 623, État-major de la 3e armée, 1er bureau, Ordre du général Sarrail, 10 septembre 1914.
38SHD, 24 N 623, 3e armée, 15e CA, Ordre de parade d’exécution, 22 novembre 1914. Philémon Bernard est fusillé le 22 novembre à 16 heures, devant le 141e RI et « un détachement à pied fourni par le peloton divisionnaire (à la gauche du 141e) ».
39Lucien Laby, Les carnets de l’aspirant Laby…, op. cit., p. 85, 9 décembre 1914.
41Lucien Laby assiste « par hasard » à une autre exécution le 7 décembre 1914. Il décrit ce type d’attitude : « En revenant, j’assiste par hasard à l’exécution d’un chasseur cycliste qui a quitté son poste devant l’ennemi. Il meurt bravement […] Il ne veut pas de bandeau et crie : “Vive la France ! vive l’Alsace !” Il rachète son crime par une belle mort. » (Les carnets de l’aspirant Laby, op. cit., p. 84.)
42La dernière volonté du soldat condamné à mort par le conseil de guerre dans lequel siège Morel-Journel est de cacher à sa mère les causes de sa mort. Il demande à l’aumônier de laisser croire à sa mère qu’il a été tué au combat. (Henri Morel-Journel, Journal d’un officier de la 74e DI, op. cit., p. 90.)
44Voir Audoin-Rouzeau, Becker A., 2000, p. 53 notamment.
45Chiffres donnés par le 1er bureau de l’état-major en 1920, et rappelés par Jean-Charles Jauffret, « L’officier français en 14-18 : la guerre vécue », inCanini (dir.), 1989b, p. 229-249.
46Lieutenant Jean Gonnet, Les carnets d’un officier, 1909-1914, Paris, Plon, 1918, p. 351.
47SHD, 16 N 2415, GQG des armées, état-major, 1er bureau no 4.668, Note du général commandant en chef à M. le général commandant, 14 mars 1915.
48SHD, 7 N 2000, ministère de la Guerre, EMA, 3e bureau no 4738, 18 juin 1915 : « Il est indispensable que les officiers et les sous-officiers restent le plus possible en contact avec leurs hommes […] Or, il m’a été signalé que dans nombre de dépôts ou de cantonnements les sous-officiers vivaient loin du cantonnement de leurs hommes et même ne couchaient pas au cantonnement ou au quartier. »
49SHD, 24 N 34, QG de la 3e DI, note no 8287/1 du général Nayral de Bourgon, 26 novembre 1915.
50SHD, 6 N 45, Rapport au nom de la commission de la législation civile et criminelle […] relatif au fonctionnement et à la compétence des tribunaux militaires en temps de guerre, 3 décembre 1915.
51Voir Audoin-Rouzeau, 2001.
52Voir Réau, 1925, p. 1-43
53Voir Basile Bonneau, « “Certains sont en rébellion” », op. cit., p. 213-214.
54SHD, 19 N 298, GQG, état-major, 1er bureau, prescription du général commandant en chef, 15 février 1915. Cette prescription évoque alors « un détachement en armes » et rend facultatif le défilé des troupes devant les morts. Les exécutions devant des petits groupes de soldats, en 1917 notamment, montre que le rituel s’est allégé.
55SHD, 16 N 2833, GQG, État-major, 1er bureau, Note pour les armées no 2757, signée J. Joffre : « Des condamnés auraient eu à parcourir un long trajet avant d’être fusillés. Des enfants attirés par le mouvement des troupes auraient pu s’approcher et assister à l’exécution. Des musiques auraient joué au retour des troupes. Je vous prie de donner des instructions pour que ces faits ne se reproduisent pas. »
56Gaston Pastre, Trois ans au front, op. cit., p. 66.
57Alfred Joubaire, Carnet de route d’un fantassin, Paris, Perrin, 1917, p. 105.
58Capitaine Z., L’armée de la guerre, op. cit., p. 49.
59John Horne (dir.), Vers la guerre totale. Le tournant de 1914-1915, Paris, Tallandier, 2010.
60Maurice Genevoix, Les Éparges, op. cit., p. 646.
61Colonel Campagne, Le chemin des croix, op. cit., p. 129.
62Il s’agit du carton 16 N 294 : GQG, état-major, 1er bureau (23 octobre 1915-16 janvier 1916), contrôle postal par armée et par semaine.
63SHD, 16 N 294, Résumé hebdomadaire du 15 au 21 novembre 1915, contrôle postal.
64Jules Jeanbernat, Lettres de guerre, op. cit., p. 178.
65André Maillet, Sous le fouet du destin, op. cit., p. 95-96.
66SHD, 14 N 1, Groupe d’armées de l’Est, Rapport d’un officier supérieur de l’état-major du Groupe d’armées de l’Est, chargé de faire une enquête sur l’état moral et matériel des cadres et de la troupe de la 42e DI, 19 juillet 1915.
67La première réapparition du terme que nous ayons trouvée au cours de la guerre dans les archives du SHD date de février-mars 1915 : SHD, 6 N 23, Note remise à M. le ministre de la Guerre sur quelques observations recueillies sur le front, février-mars 1915.
68SHD, 7 N 2000, Extrait du Rapport de l’inspection du dépôt du 10e RI par le général Chappel, 16 juillet 1915 (souligné par l’auteur).
69SHD, 7 N 2000, 7e armée, 53e DI, état-major, 3e bureau, Réponse du général Berthelot à Monsieur le général commandant en chef, 5 août 1915.
70Voir Goya, 2004, notamment p. 231-270.
71Lieutenant-colonel Émile Mayer, La psychologie du commandement, Paris, Flammarion, 1924, p. 196.
72Ducasse, Meyer, Perreux, 1959, p. 84.
73Jacques Meyer, La biffe, op. cit., p. 134.
75C’est peut-être le sous-lieutenant Guy Hallé qui parvient le mieux à admettre son ambivalence au moment d’une parade de décorations. Elle se déroule au printemps 1916, mais nous la retranscrivons néanmoins. Ce jour-là, les compagnies forment le carré pour décorer un officier et trois soldats : « Le colonel a commandé : “Au drapeau !” Les baïonnettes brillent immobiles et les clairons sonnent. On a souvent ri des parades militaires, moi comme les autres, pour tout le factice de leur éclat et le convenu des attitudes ; je vous assure que pas un de nous n’avait envie de sourire à ce moment-là. » (Là-bas avec ceux qui souffrent…, op. cit., p. 82.)
76Voir Marie-Anne Paveau, « Citation à l’ordre et croix de guerre… », in Cazals, Picard, Rolland, 2005.
78Lucien Laby, Les carnets de l’aspirant Laby, op. cit., p. 127, 4 octobre 1915, « D’autre part, voici la copie de ma proposition de citation à l’ordre du régiment ; même si elle n’aboutit pas, cela fait toujours plaisir. »
79Jules-Émile Henches, À l’école de la guerre…, op. cit., p. 79.
80SHD, 11 J 386, CG 14/02/1916, sous-lieutenant Rougeaux Émile, 128e RI. Le sous-lieutenant est acquitté, mais le passage en conseil de guerre est en soi une sanction extrême, surtout, on l’a dit, pour un officier.
81L’origine étymologique du nom « symbole » est mise en perspective par Pascal Ory, « L’histoire des politiques symboliques modernes : un questionnement », RHMC, 47 (3), 2000, p. 525-536.
82SHD, 16 N 296, Commission de contrôle postal, Examen de la correspondance venant du front, Rapport de quinzaine 19 au 24 mars 1916 [sic].
84SHD, 16 N 1485, Rapport sur la correspondance des troupes du 10 au 25 mai 1916.
85Jules-émile Henches, À l’école de la guerre…, op. cit., p. 138.
87André Pézard, Nous autres à Vauquois…, op. cit., p. 364. Cette chanson semble avoir été composée le 28 juin 1916 par un subalterne de Pézard, alors lieutenant.
88SHD, 16 N 295, armée de Lorraine, Rapport de la commission militaire de contrôle postal, 13 février 1916.
89SHD, 16 N 1485, Rapport sur la correspondance des troupes du 10 au 25 mai 1916.
90SHD, 16 N 295, armée de Lorraine, Rapport de la commission militaire du contrôle postal, 13 février 1916.
93Robert Deville, Carnet de route d’un artilleur, op. cit., p. 35.
94L’expression est employée par Georges Duby, dès 1966, « La vulgarisation des modèles culturels dans la société féodale », in Niveaux de culture et groupes sociaux : actes du colloque réuni du 7 au 9 mai 1966 à l’École normale supérieure, Paris-La Haye, Mouton, 1967, notamment page 36 : « Il s’agirait par conséquent […] d’observer comment le jeu de la vulgarisation des modèles […] établit en fait une communication à double sens entre les fonds culturels des différents niveaux sociaux. »
95Gabriel Tarde, Les lois de l’imitation…, op. cit., p. 94.
96Comme l’atteste la note de service du général Roques, du 8 janvier 1916, s’inquiétant de l’attitude de la troupe dans les cantonnements : SHD, 19 N 185, 1re armée, état-major, 3e bureau. Voir chapitre 3, p. 281.
97Jules-Émile Henches, À l’école de la guerre…, op. cit., juin 1916, p. 193.
98SHD, 7 N 1977, Ministère de la Guerre, Direction du contentieux et de la justice militaire, note no 3491 2/10, 24 février 1916.
99SHD, 7 N 143, Ministère de la Guerre, Du ministre de la Guerre à MM. les gouverneurs militaires de Paris et de Lyon, les généraux commandant les régions […], 15 avril 1916.