1Code de justice militaire, op. cit., p. 239.
5Les articles concernant l’organisation et la compétence des tribunaux sont transformés par une loi du 18 mai 1875, notamment les articles 33, 71, 85 et 156. Voir Bach, 2003, p. 167-173.
6Arlette Farge, Des lieux pour l’histoire, Paris, Seuil, 1997, p. 19.
7Voir, par exemple, Commandant Munier, La Nation, l’armée et la guerre, op. cit., p. 111 ; ou encore Marcel Demongeot, Citoyen et soldat, Paris, Flammarion, 1902, p. 95 : « Au surplus, l’emploi fréquent des punitions ne prouve qu’une chose, c’est que le chef qui les prononce est trop souvent obligé de réprimer des fautes, qu’il n’a eu ni le talent, ni l’adresse, de prévenir ou d’empêcher. » (Souligné par l’auteur.)
9SHD, 11 J, Registres des minutes de jugements des conseils de guerre de la 3e DI, vol. 2, 1916.
10Voir chapitre 4, tableau 2, p. 108.
11Françoise Héritier, « Les matrices de l’intolérance et de la violence », inHéritier (dir.), 1999, p. 321-343.
12SHD, 11 J 385, CG 14/12/1915, Corbu Jules, 19e RC.
13Ibid., Rapport du lieutenant commandant le 4e escadron du 19e RC, décembre 1915.
15Ibid., Interrogatoire du chasseur de 2e classe Corbu Jules, sans date.
19SHD, 11 J 385, CGS 21/09/1915, Pascaud Louis, 17e RA.
20Ibid., PV de déclarations reçues par l’officier de police judiciaire, 12 septembre 1915.
21Ibid., PV d’information, Interrogatoire de l’adjudant Poirier Eugène, 12 septembre 1915.
22Ibid., 2e CA, Parc d’artillerie, 1er échelon, Compte rendu au sujet du motif de punition du canonnier Pascaud.
25Léon Wauthy, Psychologie du soldat en campagne, op. cit., p. 28 (souligné par l’auteur).
26SHD, 11 J 384, CG 23/12/1914, Sainquentin Joseph, 17e RA.
27Ibid., Interrogatoire du canonnier Sainquentin.
28SHD, 11 J 403, CG 11/01/1918, Gaspard Antoine, 272e RI. Lors de son interrogatoire, le caporal ne mentionne pas le coup de poing qu’il a asséné à Antoine Gaspard. Ce dernier en revanche, le rapporte clairement et en fait la cause de son abandon de poste : « D. Qu’avezvous à dire pour vous justifier ? R. J’avais quitté le travail pour fumer une cigarette. Le caporal Rémy qui m’a découvert, m’a donné un coup de poing dans la figure. Ça m’a mis en colère et je suis parti. »
29SHD, 11 J 387, CG 21/06/1916, Poizeau Jean-Marie, 108e RT, PV de déclarations reçues par l’officier de justice militaire, 21 juin 1916.
30Ibid., Rapport du capitaine Fontanet 4e Cie du 108e RT, 16 juin 1916 : « Non seulement ce soldat est d’aucune utilité pour la défense nationale, mais il est un très mauvais exemple pour ses camarades et très dangereux pour les gradés et ses chefs. »
31SHD, 11 J 403, CG 11/01/1918, Gaspard Antoine, 272e RI. Son relevé des punitions totalise quatre-vingt-huit jours de prison et douze de salle de police.
32Georges Girard, Les vainqueurs, 1924, p. 36.
33Étienne Grappe, Carnets de guerre, 1914-1919, Paris, L’Harmattan (coll. « Mémoires du xxe siècle »), p. 100.
34Marc Boasson, Au soir d’un monde, op. cit., 1926, p. 259.
35Délit reconnu par l’article 229 du Code de justice militaire : « Est puni d’un emprisonnement de deux mois à cinq ans tout militaire qui frappe son inférieur hors les cas de la légitime défense de soi même ou d’autrui, ou du ralliement des fuyards, ou de la nécessité d’arrêter le pillage ou la dévastation. »
36SHD, 11 J 386, CG 27/04/1916, Lahaye Charles, 6e escadron du train, Rapport du capitaine Boucard commandant la 2e Cie du 6e escadron du train des équipages, 31 mars 1916.
39SHD, 11 J 399, CG 10/08/1917, Tétrel Alfred, 87e RI.
40La cote 304, située à environ quinze kilomètres au nord-ouest de Verdun, est un lieu d’intenses combats auxquels participe le 87e RI ce mois d’août 1917.
41SHD, 11 J 405, CG 22/06/1918, Gerfanion Louis, 272e RI.
42Ibid., Témoignage de Pommelet Elvire, du 2e RI.
43Ibid., Rapport du lieutenant Le Duc commandant la 15e Cie, au sujet d’une plainte en CG contre le grenadier Gerfanion, 31 mai 1918.
44Ibid., 22 juin 1918, Plumitif, Affaire Gerfanion.
45L’essentiel commence avec Pedroncini, 1967. Voir également Jean-Pierre Azéma, « Pétain et les mutineries de 1917 », in Mourir pour la Patrie, collectif, Paris, Seuil, L’Histoire, 1992, p. 180-195 ; Becker J.-J., 1997. Toute la complexité de cet instant singulier de l’histoire de la guerre est dévoilée de façon novatrice dans Smith, 1994, et, du même auteur, « Refus, mutineries et répressions », inAudoin-Rouzeau, Becker J.-J. (dir.), 2004, p. 393-406. Pour une approche sociale voir Charle, 2001, p. 253-261. Signalons également Rolland, 2005. Enfin, André Loetz discute l’ensemble des approches précédentes dans sa propre thèse (Loetz, 2010).
46Les conseils se sont réunis les 2, 7, 14, 21, 25 et 28 juin.
47Il s’agit des lieutenants-colonels Vermot du 272e RI, Triboullier du 87e RI, Nicolas du 5e RI, Berthoin du 128e RI et Orsat du dépôt divisionnaire.
48Cette mutinerie est abordée par Rolland, 2005, p. 62-65.
49SHD, 11 J 395, CG 26/05/1917, Jalinat François, 128e RI, 3e DI, PV d’interrogatoire et de confrontation, 22 mai 1917.
50Code de justice militaire, [1857] 1914, article 218 : « Est puni de mort avec dégradation militaire, tout militaire qui refuse d’obéir, lorsqu’il est commandé pour marcher contre l’ennemi, ou pour tout autre service ordonné par son chef en présence de l’ennemi ou de rebelles armés. »
51René de Planhol, défenseur au conseil de guerre de la 17e DI, distingue ainsi la non-obéissance du refus d’obéissance : « Le commissaire du gouvernement arguait que le refus d’obéissance n’a pas besoin d’être exprimé par des paroles : il consiste essentiellement dans la non-obéissance qui est la seule condition juridiquement requise pour le crime. Le défenseur ne contestait point cette thèse, conforme en effet à la jurisprudence du temps de paix ; mais il prétendait que la non-obéissance, pour être qualifiée refus d’obéissance, doit être intentionnelle et volontaire, d’après le texte et les commentaires de la loi. » (R. de Planhol, La justice aux armées, op. cit., 1917, p. 63.)
52SHD, 6 N 146, télégrammes chiffrés no 2.433 et 2.434, Général commandant en chef à État-major, signés Pétain.
53SHD, 11 J 395, CG 26/05/1917, Lamour Jean-Baptiste, 128e RI, 3e DI, PV d’interrogatoire et de confrontation, 22 mai 1917.
54SHD, 11 J 395, CG 26/05/1917, Breton Paul, 128e RI, PV d’interrogatoire.
55SHD, 11 J 395, CG 26/05/1917, Breton Paul, 128e RI, Rapport du commissaire-rapporteur auprès du CG de la 3e DI sur l’affaire des voltigeurs. Ce rapport est le même pour Paul Breton, François Jalinat, Jules Cary, Jean-Baptiste Lamour et Henri Chanas, jugés le 26 mai. Le document sera réutilisé, légèrement transformé, pour le procès d’Hugues Dantonny et d’Antoine Randoux qui, ayant déserté, seront jugés après leur retour le 21 juin 1917.
56Ibid., PV d’interrogatoire, 22 mai 1917.
57Ibid., Chanas Henri-Pierre, 3e DI, PV d’interrogatoire et de confrontation, 22 mai 1917.
58Ibid., 3e DI, PV d’information du témoin Rideau Arthur, 29 ans, 21 mai 1917 : « D. Que savez-vous des incidents qui se sont passés le 20 mai 17 à Prouilly ? R. Le mouvement a pris vers quatre heures. Des groupes se sont formés et des hommes […] ont dit qu’ils ne monteraient pas. »
59Ibid., Rapport du commissaire-rapporteur auprès du CG de la 3e DI sur l’affaire des voltigeurs, 24 mai 1917.
60En lien avec cette question voir Nicolas Mariot, « Pour compter des mutins faut-il soustraire des moutons ? », in Loez, Mariot (dir.), 2008, p. 345-372.
61Ibid., 3e DI, PV d’information, déclaration de Louis Lemerre, commandant au 128e RI.
62Ibid., 3e DI, PV d’information, lieutenant Paul Larroux.
63Le cantonnement rassemble trois compagnies à l’extérieur du village. C’est dans les baraquements des 10e et 11e compagnies qu’ont lieu les refus. Si l’on compte que le colonel s’adresse à la 10e et à la 11e compagnie (la 9e s’équipe et quitte son cantonnement sans résister), il est probable qu’environ quatre cents hommes sont réunis sur le lieu du refus.
64SHD, 11 J 395, CG 26/05/1917, Breton Paul, 128e RI, 3e DI, PV d’information, déclaration du lieutenant Pierre Geismar, 21 mai 1917.
65Ibid., 3e DI, PV d’information, déclaration de Louis Lemerre, commandant au 128e RI.
66Ibid., PV d’information, lieutenant Paul Larroux, 23 mai 1917.
71Ibid., CG 26/05/1917, Chanas Henri, PV d’interrogatoire, 22 mai 1917.
72Ibid., 3e DI, PV d’information, lieutenant Paul Larroux, 23 mai 1917.
73Ibid., 3e DI, PV d’information, déclaration de Louis Lemerre, commandant au 128e RI.
74Ibid., Rapport du commissaire-rapporteur auprès du CG de la 3e DI, 24 mai 1917.
76Ibid., 3e DI, PV d’information, lieutenant Paul Larroux, 23 mai 1917.
77Ibid., 3e DI, PV d’information, déclaration de Louis Lemerre, commandant au 128e RI.
79Ibid., 3e DI, PV d’information, lieutenant Paul Larroux, 23 mai 1917.
81Ibid., Rapport du commissaire-rapporteur auprès du CG de la 3e DI sur l’affaire des voltigeurs […] 24 mai 1917.
82Ibid., 3e DI, PV d’information, lieutenant Paul Larroux, 23 mai 1917.
83Ibid., CG 26/05/1917, Jalinat François, PV d’interrogatoire, 22 mai 1917.
84Le général de la 3e DI, partisan des « mesures les plus énergiques » et de leur publicité, écrit au sujet de la remise en marche de la 10e compagnie : « Je ne sais sous quelles influences cédèrent les entêtés. » (général P.-E. Nayral de Bourgon, Dix ans de souvenirs (1914-1924), 4e partie, La crise, Nîmes, Chastainier frères et Almeras, 1931, p. 89.)
87Gustave Le Bon, Psychologie des foules, op. cit., p. 70.
88SHD, CG 26/05/1917, Breton Paul, 128e RI, déclaration de Louis Lemerre, commandant au 128e RI.
89Gabriel Tarde, Les lois de l’imitation, op. cit., p. 215.
90SHD, 11 J 395, CG 26/05/1917, Breton Paul, 128e RI, Notice individuelle.
91Ibid., Jalinat François, 128e RI, Notice individuelle.
92Ibid., Dantonny Hugues, 128e RI, Notice individuelle.
94Ibid., Rapport du lieutenant-colonel Nouvion commandant le 128e RI à M. le Général commandant la 5e brigade d’infanterie, 20 mai 1917.
95Ibid., Breton Paul, 128e RI, Rapport du commissaire-rapporteur auprès du CG de la 3e DI sur l’affaire des voltigeurs, 24 mai 1917.
96SHD, CG 26/05/1917, Breton Paul, 128e RI, 3e DI, PV d’information, déclaration de Louis Lemerre, commandant au 128e RI.
97Ibid., Rapport du commissaire-rapporteur auprès du CG de la 3e DI sur l’affaire des voltigeurs, 24 mai 1917.
98Dans le cas du 129e RI, voir Haddad, 2006, notamment p. 184 ou 203.
99Ibid., 3e DI, PV d’interrogatoire de Paul Breton, 22 mai 1917.
100Ibid., Jalinat François, État signalétique et des services.
101Ibid., Lamour Jean-Baptiste, Rapport du commissaire-rapporteur auprès du CG de la 3e DI sur l’affaire des voltigeurs, 24 mai 1917.
102Ibid., Cary Jules, 3e DI, PV d’information de l’adjudant Paul Rochefort.
103Ibid., État signalétique et des services.
104Ibid., 3e DI, PV d’information, lieutenant Paul Larroux, 23 mai 1917.