1SHD, 16 N 296, 1er bureau, service courant contrôle postal, Correspondances des troupes entre le 10 et le 25 avril 1916, 1er mai 1916.
2Jules Jeanbernat, Lettres de guerre, Paris, Plon, 1920, p. 178, lettre du 1er juillet 1915.
3Georges Bonnet, L’âme du soldat, Paris, Payot, 1917, p. 235.
5SHD, 16 N 1519, « Bulletin confidentiel no 5 résumant la situation morale aux armées dans la semaine du 29 juillet au 4 août 1917 », signé Debeney, 4 août 1917 : « Les lettres des hommes de troupe contiennent de nombreux éloges d’officiers […] parce qu’ils ont du cran, du commandement et de la bonté. »
6André Maurois, Dialogues sur le commandement, Paris, Grasset, 1924, p. 39 : « Le territoire des possibles est une surface élastique que le chef étend ou contracte par sa patience ou sa faiblesse. “La volonté du chef est le point fixe”. »
7Louis Barthas, Les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, 1914-1918, Paris, La découverte, 1997, p. 136.
8Albert Brousseau, Essai sur la peur aux armées…, op. cit., p. 31.
9Sur ce sujet voir Marie-Anne Paveau, « Citation à l’ordre et croix de guerre. Fonctions des sanctions positives dans la guerre de 1914-1918 », inCazals, Picard, Rolland (dir.), 2005, p. 247-259.
10Comme le montre par exemple le feuillet du personnel du lieutenant-colonel commandant la cavalerie de la 3e DI, choisi par ailleurs pour présider les conseils de guerre de cette division. SHD, DP, lieutenant-colonel Henry Des Michels, 11 Yf 4022, « Notes particulières et successives », 1915 : « Sa personnalité s’affirme en toutes circonstances par une volonté tenace, une grande dureté pour lui-même et un mépris constant du danger. »
11Louis Huot, Paul Voivenel, Le courage, op. cit., p. 272.
12André Bridoux, Souvenirs du temps des morts, op. cit., p. 116.
13Georges Gaudy, L’agonie du Mont-Renaud, op. cit., p. 150.
14Gaston de Pawlowski, Dans les rides du front, Paris, La Renaissance du livre, 1917.
15Gaston Pastre, Trois ans de front [1918], Nancy, PUN (coll. « Témoins et témoignages »), 1990, p. 66.
16Charles Laquièze, Volontaire, Paris, Nouvelle Librairie française, 1932, p. 23.
17Émile Henriot, Carnet d’un dragon dans les tranchées, Paris, Hachette, 1918, p. 120.
19Bernard Descubes, Mon carnet d’éclaireur [1915], Paris, Perrin et Cie, 1916, p. 201.
20Eugène Lemercier, Lettres d’un soldat…, op. cit., p. 140.
21Maurice Genevoix, Les Éparges [1920], in Ceux de 14, op. cit, p. 720.
22Parmi ces auteurs, tous n’utilisent pas Tolstoï pour évoquer directement l’autorité. Nous les citons néanmoins. Outre chez les cinq auteurs déjà cités, Cru, Henriot, Lemercier, Descubes, Genevoix et Pastre, Tolstoï est mentionné dans les témoignages ou correspondances de Marc Bloch, André Bridoux, Élie Faure, Charles de Gaulle, Jules Henches, Robert Hertz, Louis Huot et Paul Voivenel, Maurice Maréchal, André Maurois, Jacques Meyer, Pierre-Alexis Muenier, René de Planhol, et Gaston Top.
23Par exemple par Élie Faure, La Sainte Face, Paris, éditions Georges Crès, 1917, p. 210 ; Paul Tézenas du Montcel, Dans les tranchées, Journal d’un officier du 102e Territorial, Montbrison, Éleuthère Brassart, 1925, p. 382 ; ou Paul Tuffrau, 1914-1918, quatre années sur le front. Carnets d’un combattant [1917], Paris, Imago, 1998, p. 140.
24Cité dans Prost, 1977, vol. 3, p. 26.
25Daniel Mornet, Tranchées de Verdun [1918], Nancy, PUN, 1990, p. 18.
26Audoin-Rouzeau, Becker A., 2000, p. 38.
27J.-É. Henches, À l’école de la guerre…, op. cit., p. 115.
28Jean-Charles Jauffret, « L’officier français en 1914-1918 : la guerre vécue », in Canini (dir.), 1989b, p. 229-247. Jauffret, s’appuyant sur les statistiques du Service de santé de l’armée de terre, propose le chiffre de 29 % de pertes chez les cadres de l’infanterie au cours de la guerre. Pour l’armée de terre dans son ensemble, les pertes s’élèvent à 18 % des hommes engagés contre 22 % des officiers.
29Antoine Rédier, Méditations dans la tranchée, Paris, Payot, 1916, p. 51 : « Il avait donné, dans les heures tragiques du début de la campagne, la haute mesure de sa valeur. Cela nous encourageait à faire, sans rougir, notre humble métier de cantonnier. »
30Henri Laporte, Journal d’un poilu, op. cit., p. 104 sq.
31Eugène Lemercier, Lettres d’un soldat, op. cit., p. 165 : « Soyez sûr que l’exemple du colonel portera des fruits magnifiques. Je sais, pour l’avoir vu, l’héroïsme qui transfigure le soldat dont le chef est tombé. »
32SHD, 16 N 1519, « Bulletin confidentiel adressé aux généraux », 15 juillet 1917.
33SHD, 16 N 1485, « Rapport sur la correspondance des troupes (25 juin-10 juillet 1917) », 15 juillet 1917.
34SHD, 16 N 1519, « Bulletin confidentiel adressé aux généraux », 15 juillet 1917.
35Émile Henriot, Carnet d’un dragon dans les tranchées, op. cit., p. 193.
36SHD, DP, colonel Joseph Berthoin, 11 Yf 6680, « Notes particulières et successives », 1917.
37Capitaine Humbert, La division Barbot, Paris, Hachette, 1919.
38Et repris par exemple par André Bridoux, Souvenirs du temps des morts, op. cit., p. 154 : « L’amour qu’inspire un chef, a dit Napoléon, doit être un amour mâle, mêlé d’une respectueuse crainte et d’une grande opinion d’estime. »
39Paul Tézenas du Montcel, Dans les tranchées, op. cit., p. 377.
40Jean Bernier, La percée [1920], Marseille-Montréal, Comeau et Nadeau, 2000, p. 206.
41Par exemple Jules-Émile Henches, À l’école de la guerre, op. cit, p. 117.
42Par exemple le capotal Amédée Guiard, Carnet intime, Paris, Bloud et Gay, 1926. En septembre 1915, il écrit : « Je m’explique que des officiers […] soient mal vus de leurs hommes, parce qu’ils ne savent pas apporter dans leurs fonctions un esprit de douceur qui prouve immédiatement à leurs hommes leur bienveillance. » Pierre-Alexis Muenier dépeint son capitaine au début de la bataille de Verdun en février 1916 : « Cet homme est supérieur. Il y a dans le bleu pâle de ses yeux saillants […] une douceur sombre et farouche qui attire invinciblement », L’angoisse…, op. cit., p. 140. Le capitaine Tézenas du Montcel se souvient : « Léger incident entre mes caporaux et l’un de mes sergents, D…. Je le règle en usant de la manière douce, qui m’a réussi jusqu’à présent. » (Dans les tranchées, op. cit., p. 278.)
43Georges Mosse souligne par ailleurs que les « attaques contre la virilité traditionnelle » ne se taisent pas entre 1914 et 1918, et que l’image du soldat n’oblitère pas au cours de la guerre celle d’un homme différent. (G. L. Mosse, L’image de l’homme. L’invention de la virilité moderne, Abbeville-Paris, Agora, 1997 [pour la traduction française], notamment p. 125-131.)
44Maurice Agulhon, Les métamorphoses de Marianne, Paris, Flammarion, 2001, p. 28.
45Becker A., 1994, p. 65.
47Voir par exemple Gaston Riou, Journal d’un simple soldat. Guerre Captivité. 1914-1915, Paris, Hachette, 1919, p. 75 ; ou André Maillet, Sous le fouet du destin, op. cit., p. 137. Blaise Cendrars consacre à ce cri l’un des chapitres les plus touchants de son témoignage : La main coupée [1946], Paris, Denoël (Folio), 1991, p. 429-432.
48Gaston Top, Un groupe de 75, Paris, Plon, 1919, p. 351.
49Louis Mairet, Carnet d’un combattant, Paris, éditions Georges Crès, 1919, p. 292.
50Paul Tuffrau, 1914-1918. Quatre années sur le front…, op. cit., p. 93 : « Puis il a posé la question : “Vaut-il mieux en parler aux hommes ?” J’ai répondu nettement oui : car ils savent que l’on trame quelque chose. »
51SHD, 6 N 52, 21 septembre 1915, « Note pour les généraux commandant les C.A. », signée Joffre.
52Marc Bloch, Écrits de guerre 1914-1918, Paris, Armand Colin, 1997, p. 148.
53Jacques Meyer confesse par exemple avoir usé d’un tel procédé : « J’ai recours, non sans un scrupule bien compréhensible, à la promesse de la relève pour le lendemain, si la tâche est remplie, et l’espérance, l’invincible soif d’illusion, obtient de leur détresse ce que la vision de la mort n’en a pas obtenu : ils se relèvent, et se mettent, non sans longues pauses, à pelleter ou à piocher. » (La biffe, Paris, Albin Michel, 1928, p. 122-123.)
54Georges Bonnet, L’âme du soldat, Paris, Payot, 1917, p. 97.
55Blaise Cendrars, La main coupée, op. cit., p. 186.
56SHD, 16 N 1519, Bulletin confidentiel no 5 résumant la situation morale aux armées dans la semaine du 29 juillet au 4 août 1917.
57Voir Marie-Hélène Léon, Uniformes et formations. Socialisations et rites d’interaction dans un poste de commandement régimentaire, Montréal-Paris, L’Harmattan, 1999, en particulier p. 165.
58SHD, 16 N 1485, Rapport sur la correspondance des troupes, 25 juin-10 juillet 1917, 15 juillet 1917.
59Paul Tuffrau, 1914-1918. Quatre années sur le front, op. cit., p. 44.
60Pierre Chaine, Les mémoires d’un rat, op. cit., p. 47.
61Voir par exemple, Antoine Redier, Méditations dans la tranchée, Paris, Payot, 1918, p. 68 : « On a discuté si les officiers avaient tort ou raison de tutoyer les hommes. En fait, dans cette guerre c’est une pratique à peu près générale. »
62André Pézard, Nous autres à Vauquois [1918], Nancy, PUN (coll. « Témoins et témoignages »), 1992, p. 79.
63Cité par André Ducasse, La guerre racontée par les combattants, Paris, Flammarion, 1932, t. 2, p. 76.
64Marc Bloch, Écrits de guerre 1914-1918, op. cit., « Il ne connaissait que deux moyens de faire marcher ses soldats : les injurier et les menacer du conseil de guerre. Je l’ai entendu traiter de charogne des hommes qui, l’avant-veille, le dix septembre, avaient supporté sans broncher le feu épouvantable des canons et des mitrailleuses qui protégeaient la retraite allemande. Un jour il frappa. L’affaire fut étouffée, je crois. »
65André Pézard, Nous autres à Vauquois, op. cit., p. 87.
67Marcel Dupont, En campagne 1914-1915. Impressions d’un officier de légère, Paris, Plon, 1915, p. 223.
68Maurice Genevoix, Ceux de 14, Paris, Flammarion, (coll. « Points »), 1996.
69SHD, 7 N 13, Instruction provisoire du 15 avril 1912 relative aux commandements par geste et au sifflet (commune à toutes les armes).
70Ibid. Partie « Commandements au geste », sous-partie « Gestes communs à toutes les armes ». On y découvre, en plus des ordres fondamentaux, la grammaire gestuelle pour « pas gymnastique », « pas de charge », « reprendre le pas », « changer de direction en marchant », « de pied ferme », « oblique individuelle », « ouvrir les intervalles » et « marche ». Ces ordres sont traduits par une succession de mouvements d’un seul bras (rotation, élévation, abaissement, tension).
71Robert Desaubliaux, La ruée, Paris, Bloud et Gay, 1919, p. 157.
72Marc Boasson, Au soir d’un monde, op. cit., p. 277.
73SHD, 16 N 1519, Bulletin confidentiel no 3 résumant la situation morale aux armées dans la semaine du 15 au 21 juillet 1917.
74Charles Delvert, Carnets d’un fantassin [1918, 1935], Paris, éditions du Mémorial (coll. « Témoignages et mémoires »), 1981, p. 37.
75Georges Kimpflin, Le premier souffle, Paris, Perrin, 1920, p. 99.
76Henri Barbusse, Le feu [1916], Paris, éditions Livre Club Diderot, 1968, p. 327.
77Paul Fiolle, La Marsouille, Paris, Payot, 1917, p. 28.
78Marcel Etévé, Lettres d’un combattant (août 14-juillet 16), Paris, Hachette, 1917, p. 99.
79Marc Bloch, Écrits de guerre, 1914-1918, op. cit., p. 141.
80Pour une définition historique et politique des symboles, voir Pascal Ory, « L’histoire des politiques symboliques modernes : un questionnement », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 47 (3), 2000, p. 525-536.
81La note de Joffre, du 28 octobre 1914, mentionne : « Il en résulte qu’à l’heure actuelle, les officiers au combat ne portent pas d’insignes de grade apparents. » (SHD, 6 N 21, note no 6.278.)
83SHD, 7 N 175, Modificatif no 2 à la notice descriptive des nouveaux uniformes du 9 décembre 1914.
84Par exemple, lettre du 30 janvier 1917 : « Je ne veux pas que René soit un soldat de carrière […] dis-lui bien quand il sera grand que son père a enduré mille misères de la part des galonnés qui sont tous des “vaches”, et qu’il soit assez fort pour se venger des souffrances de son père. » Cité par Lionel Lemarchand, Lettres censurées des tranchées, op. cit., p. 120.
85Louis Barthas, Les carnets de guerre, op. cit., p. 130. Juin 1915, au cours des combats de Lorette : « C’était un vieux sous-officier rengagé, baroque et maniaque, qui gagna cette nuit ses galons de sous-lieutenant ; revolver au poing à l’entrée du boyau, il barrait le chemin à ceux qui pouvaient être pris du compréhensible désir de s’esquiver. »
86Léon Werth, Clavel soldat, op. cit., 2006, p. 153 : « Le seul scintillement du métal rappelle au plus distrait regard l’autorité mensurable. Celui-ci avait pour quatre galons d’autorité. »
87Albert Dauzat, L’argot de la guerre, Paris, Armand Colin, 1918. Par exemple cabot, cleps, chien ou nabot pour caporal et brigadier ; Jaquète ou pied pour sergent ; adjupète, excès de zèle ou juteux pour adjudant ; doublard, cheval de boxe ou bas-off pour sous-off ; unificellaire ou sousverge pour sous-lieutenant ; bificellaire pour lieutenant ; capiston, capit, piston ou trificellaire pour le capitaine ; boîte à singe pour le képi haut d’un colonel.
88SHD, 7 N 15, Circulaire ministérielle no 3095, du 21 avril 1916.
89Ibid. Rappelé par la circulaire ministérielle no 2156, du 22 février 1918, « relative aux insignes de distinction ».
90Ibid. Extrait du Journal officiel du 28 juillet 1916, p. 6700. Complément à la circulaire du 21 avril 1916.
91Voir par exemple, Un regard sur la Grande Guerre. Photographies inédites de Marcel Felser, préface et commentaires de S. Audoin-Rouzeau, Paris, Larousse, 2002, p. 29 et 33.
92Maurice Laurentin, Carnets d’un fantassin de 1914, Paris, Arthaud, 1965, p. 140-141.
93Robert Dubarle, Lettres de guerre, op. cit., p. 97.
94Robert Desaubliaux, La ruée, op. cit., p. 159 : « Je sors mon revolver. Je l’examine. Je le rentre dans son étui. Je suis nerveux. Non, je ne veux pas l’être : j’allume tout doucement une cigarette. – Baïonnette au canon ! – Mon revolver ! Je regarde encore ma montre : midi vingt-deux. »
95Comme le rappelle l’édition de 1950 de Sous Verdun (op. cit., p. 51), dans laquelle Maurice Genevoix raconte comment il tue trois Allemands en fuite : « Pourtant, avant de rallier les chasseurs, j’ai rattrapé encore trois fantassins allemands isolés. Et à chacun, courant derrière lui du même pas, j’ai tiré une balle de revolver dans la tête ou dans le dos. Ils se sont effondrés avec le même cri étranglé. »
96Par exemple Robert Hertz, Un ethnologue dans les tranchées, op. cit., p. 234. Nommé sous-lieutenant quinze jours plus tôt, il écrit, dans une lettre du 18 avril 1915 : « J’ai reçu aussi de Léon le Browning – je l’en remercie directement. J’espère avoir l’occasion de m’en servir. » Voir aussi Gaston Pastre, Trois ans au front…, op. cit., p. 29. Encore lieutenant, il raconte, dans le chapitre consacré au mois d’août 1914 : « Je charge mon excellent Smith et Wesson. »
97Cet hebdomadaire, qui parut du 9 août 1914 au 24 août 1919, a fait l’objet, en 2007, d’une exposition à Reims conçue et réalisée par Joëlle Beurier et Philippe Buton. En quatre ans, le périodique, qui se proposait de diffuser les photos prises par les combattants eux-mêmes, passa de 300 000 à 1 000 000 d’exemplaires, ce qui en fait un puissant vecteur d’une culture de guerre circulant entre l’avant et l’arrière. Voir le catalogue de l’exposition : Joëlle Beurier, Images et violence, 1914-1918 : quand « Le Miroir » racontait la Grande Guerre, Paris, Nouveau Monde, 2007.
98Le Miroir, 198, 9 septembre 1917, p. 2. La légende de la photo mentionne : « Revolver au poing, un jeune sous-lieutenant conduit la première vague qui vient de sortir des tranchées. »
99SHD, 6 N 146, Rejet du recours en révision du caporal Moulia et des soldats Cordonnier, Lasplacettes, et Canel, [sans date] juin 1917.
100Colonel Campagne, Le chemin des croix, op. cit., p. 14.
101Pierre-Maurice Masson, Lettres de guerre août 14-avril 16, Paris, Hachette, 1918, p. 190.
103Maurice Genevoix, Ceux de 14, op. cit., p. 639 : « J’allonge le bras, machinalement, pour reprendre sur le seuil mon bâton que j’y avais laissé. Où est-il ? Je l’avais piqué là, dans ce tas de neige terreuse ; il n’y est plus : on me l’a volé. Et cela me remue tout entier, d’indignation, de révolte, de tristesse ; mon cœur bat ; mes doigts tremblent un peu […] Épatant ! Fait à la main, à mon pas… Je l’avais depuis octobre… Mon bâton, quoi… Ah ! Nom de Dieu ! […] Je m’énerve de plus en plus. Je crie : “Voilà qu’il est une heure vingt ! Je ne peux pas monter là-haut sans bâton ! Avec un sabre, hein, tu vois ça d’ici ! Mon bâton ! Et vite ! Ou prêtez m’en un !” »
104Jacques Meyer, La biffe, op. cit., p. 61, octobre 1915.
105Les carnets de l’aspirant Laby, médecin dans les tranchées, 28 juillet 1914-14 juillet 1919, Paris, Bayard, 2001, 5e document, p. 168-169. Dans le cadre du dessin en bas à gauche, Laby a écrit : « En avant ! Tout le monde à la crête ! ! (devant Douaumont, le 12 mai 1916). »
106Le Miroir, 143, 20 août 1916, p. 5 : « Une sortie de tranchée dans la Somme ».
107Le Miroir, 104, 21 novembre 1915. Un portrait du général Anthoine avec une canne fait l’objet de la couverture du numéro 212, du 16 décembre 1917.
108Pierre Chaine, Les mémoires d’un rat, op. cit., p. 164.
109Robert Deville, Carnet de route d’un artilleur, Paris, Chapelot, 1916, p. 2.
110Robert Desaubliaux, La ruée, op. cit., p. 157.
111Jacques Roujon, Carnet de route, Paris, Plon, 1916, p. 84.
112Valdo Barbey, Soixante jours de guerre en 1914, op. cit., p. 115.
113Guy Hallé, Là-bas avec ceux qui souffrent…, op. cit., p. 35.
114Voir Didier Nourrisson, Histoire sociale du tabac, Paris, éditions Christian, 1999, en particulier p. 131-134.
115Voir, par exemple, le témoignage du soldat Joseph Papillon, « Si je reviens comme je l’espère », 30 octobre 1914 : « Pour deux sous, on a une pleine cartouchière de Maryland », Lettres du front et de l’arrière 1914-1918, Paris, Grasset, 2003, p. 46.
116Comme le lieutenant Dubarle qui, relatant son expérience combattante de novembre 1914, écrit : « Ne dites pas de mal de ma pipe […] Quand le feu de l’ennemi devient trop vif, je l’allume paisiblement et mes chasseurs rient, et rien que cela leur donne plus de courage et leur rend confiance. » (Lettres de guerre, op. cit., p. 47.)
117Voir par exemple, Jacques Roujon, Carnet de route, op. cit., p. 45 ; ou Pierre Chaine, Les mémoires d’un rat, op. cit., p. 105. Robert Hertz, par ailleurs, demande à sa femme de lui envoyer deux montres pour les caporaux de deux escouades de la section qu’il commande car « c’est très désagréable pour eux de dépendre de la montre de leurs hommes […] c’est pour les caporaux surtout un outil indispensable. » (souligné par l’auteur) (Un ethnologue dans les tranchées, op. cit., p. 186 et 187.)
118Voir par exemple, Ducasse, Meyer, Perreux, 1959, p. 75 ; ou le témoignage d’Henri Morel-Journel, le 24 avril 1915 : « À titre d’encouragement, le général Joffre nous a adressé quelques uns des cadeaux dont il est comblé quotidiennement […] des boîtes de gâteaux, des montres, des pipes. » (Journal d’un officier de la 74e DI et de l’armée française d’Italie (1914-1918), Montbrison, éleuthère Brassard, 1922, p. 173.)
119Voir, parmi tant d’autres, Étienne Grappe, Carnets de guerre 1914-1919, Paris, L’Harmattan (coll. « Mémoires du xxe siècle »), 2002, p. 143 ; Jean Bernier, La percée, op. cit., p. 203.
120« L’Heure H du jour J », dessin d’Alexandre Zinoview, Encyclopédie de la Grande Guerre, op. cit, p. VI [336-337].
121Charles Laquièze, Volontaire, op. cit., p. 125, décembre 1916.
122Sur cette question, voir Jean-François Jagielski, « Modifications et altérations de la perception du temps chez les combattants de la Grande Guerre », inCazals, Picard, Rolland (dir.), 2005, p. 205-215.
123Jacques Roujon, Carnet de route, op. cit., p. 152.
124Jean Balleidier, Heures de gloire et de misère, Paris, Durassié, 1925, p. 197.
126Joseph Jolinon, Le valet de gloire, Paris, F. Rieder et Cie, 1923, p. 108 : « Le général de division tenait alors quartier à quarante kilomètres des avants-postes. Il gouvernait par téléphone. On alla lui rendre les honneurs à l’entrée d’un château. Il parut bien alimenté. »
127Henry Morel-Journel, 17 septembre 1916, Journal d’un officier…, op. cit., p. 243.
128Dotée de deux mille téléphones en 1914, l’armée française en possède deux cent mille en 1918. Cf. Goya, 2004, p. 379.
129Gaston Pastre, Trois ans au front…, op. cit., p. 119.
130Jacques Roujon, Carnet de route, op. cit., p. 106.
131Jules-Émile Henches, À l’école de la guerre, op. cit., p. 121.
132Telle que l’étudie de façon générale Pascal Ory, « L’histoire des politiques symboliques… », art. cit, p. 525.