1Par exemple, François Dufay, « École : la nostalgie de l’autorité », Le Point, 30 septembre 2004, p. 66-74 ; Catherine Portevin, « École et autorité », Télérama, 24 novembre 2004, p. 12-16 ; ou Enjeux Les Échos, numéro spécial, L’autorité en crise, mars 2006, p. 36-123.
2Parmi beaucoup d’autres : Garapon, Perdriolle, 2000 ; Mendel, 2002 ; ou encore Daniel Mercelli, Il est permis d’obéir. L’obéissance n’est pas la soumission, Paris, Albin Michel, 2009.
3De nombreux mémoires professionnels d’enseignants en stage à l’IUFM, à partir de la fin des années 1990, portent sur la question de l’autorité et de l’obéissance. Un exemple parmi tant d’autres : Frédérique Guinet, Gérer les comportements en cours d’histoire-géographie en classe de cinquième : entre normes et pratiques, bibliothèque de IUFM d’Étiolles, 2001.
4Pedroncini, 1967 ; Id., 1973 ; Id., 1974.
6Becker J.-J., Audoin-Rouzeau, 1995.
8Le psychosociologue Stanley Milgram oppose l’état « agentique » à l’état « autonome » : « C’est ce que j’appellerai l’état “agentique”, par quoi je désigne la condition de l’individu qui se considère comme l’agent exécutif d’une volonté étrangère, par opposition à l’état “autonome” dans lequel il estime être l’auteur de ses actes. » (Milgram, 2000, p. 167.)
11Audoin-Rouzeau, Becker A., 2000.
12Parmi les thèses soutenues ces dix dernières années, cinq accordent une place notable à l’étude de certaines formes de l’autorité, de l’obéissance, du contournement ou du refus : Cronier, 2005 ; Haddad, 2006 ; Ridel, 2007 ; Saint-Fuscien, 2008a ; Loez, 2010. Parmi les articles les plus remarquables, citons Jahr, 2001 ; Leonard V. Smith, « Refus, mutineries et répressions », inAudoin-Rouzeau, Becker J.-J. (dir.), 2004, p. 393-406. Parmi les articles et ouvrages qui défendent ou attaquent la « thèse » du consentement, citons entre autres, Gibelli, 2002 ; Mariot, 2003. Parmi les travaux de recherche, mentionnons le mémoire de M2 de Julien Mary, « Formation(s) à l’obéissance en France de 1870 à 1918 », sous la direction de F. Rousseau, université Paul-Valéry Montpellier III. Enfin, deux colloques récents ont eu lieu sur la question : Loez, Mariot (dir.), 2008, et celui organisé par l’Historial de Péronne, les 7, 8 et 9 novembre 2008, intitulé « Dans la guerre, 1914-1918 : accepter, endurer, refuser ».
13Voir par exemple Prost, 2002.
14Sujet de dissertation donné dans une classe de première S du lycée Paul-Robert (Les Lilas), en 2005. Je remercie Romanov Giudicelli pour cette information.
15Coetzee, Shevin-Coetzee (dir.), 1995.
16Notamment Sheffield, 2000 ; Sheffield, Till, 2003. Dans ce dernier ouvrage, les auteurs soulignent la différence entre les termes command et leadership, et la confusion entre les deux dans certaines études historiques britanniques. En français la polysémie du mot « autorité », sur laquelle nous reviendrons, entraîne parfois une semblable confusion.
18Helen B. Mac Cartney, Citizen soldiers. The Liverpool territorials in the First World War, Cambridge, Cambridge University Press, 2005.
20Signalons Christoph Jahr, Gewöhnliche Soldaten. Desertion und Deserteure im deutschen und britischen Heer 1914-1918, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 1998.
22Bruna Bianchi, La follia e la fuga. Nevrosi di guerra, diserzione e disobbedienza nell’esercito italiano (1915-1918), Rome, Bulzoni, 2001 ; et Giovanna Procacci, « La justice militaire en Italie durant la Première Guerre mondiale : le front intérieur », Séminaire sur les justices militaires en Europe de l’Ancien Régime à nos jours, Macerata, 7-8 avril 2006, MSH, GERN, (à paraître). Ces deux auteurs mettent en avant la brutalité et la violence du commandement au sein de l’armée italienne, s’inscrivant ainsi en réaction aux travaux de Mario Isnenghi et Giorgio Rochat. Voir, par ailleurs, Giorgio Rochat, Mario Isnenghi, La Grande Guerra 1914-1918, Florence, Milan, La Nuova Italia, 2000.
23La Seconde Guerre mondiale a connu ces vingt dernières années des formes de questionnement similaires, à travers notamment les débats suscités par deux ouvrages : Browning, 1994 ; Daniel Goldhagen, Les bourreaux volontaires de Hitler, Paris, Seuil, 1997.
24Max Weber, Économie et société/1 [1921], Les catégories de la sociologie, Paris, Plon, 1995, notamment p. 289-290.
25Paul Ricœur, « Les catégories fondamentales de la sociologie de Max Weber », Le juste 2, Paris, éditions Esprit, 2001, p. 161-171.
26Voir Hubert Treiber, « La “sociologie de la domination” de Max Weber à la lumière de publications récentes », Revue française de Sociologie, 46 (4), 2005, p. 871-881. L’auteur souligne que le premier essai sur les catégories date de 1913 et le second, qui sert de référence à tous les auteurs du xxe siècle, est écrit après son expérience de mobilisation et publié en 1921. Le premier s’intéresse à la relation de subordination, à l’autorité, mais ne propose pas de typologie de sa légitimité. C’est dans un texte postérieur, écrit sans doute à partir de 1917, qu’apparaît la distinction entre l’autorité légale-rationnelle, l’autorité traditionnelle et l’autorité charismatique. Entre les deux textes, la guerre et l’expérience de Max Weber comme officier de réserve chargé de la gestion des hôpitaux de réserve d’Heidelberg ont probablement nourri son analyse de l’autorité. Voir par exemple Dirk Kaesler, Max Weber. Sa vie, son œuvre, son influence, Paris, Fayard, 1996. Rappelons aussi l’ouvrage de Wolfgang Mommsen, Max Weber et la politique allemande [1959] Paris, PUF, 1985. Signalons enfin que Gerd Krumeich prépare une publication de la correspondance de guerre de Max Weber.
27Voir Hubert Treiber, « La “sociologie de la domination”… », art. cit.
28Avant que Weber ne propose sa typologie des pouvoirs, Durkheim s’intéressait déjà à l’autorité et à l’obéissance : Émile Durkheim, L’éducation morale [cours professés à la Sorbonne en 1902 et 1903], Paris, PUF, 1974, p. 25 : « Quels sont les processus mentaux qui sont à la base de la notion d’autorité, qui font cette force impérative que nous subissons ? C’est ce que nous aurons à rechercher un jour. »
29Léon Clédat, Dictionnaire étymologique de la langue française, Paris, Hachette, 1912.
30Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, Paris, Hachette, 1872.
33Particulièrement les travaux d’Hannah Arendt (Arendt, 1997 ; 2001, p. 121-185). Avant elle, Emmanuel Levinas faisait de la question du lien de subordination le centre de son texte sur le commandement (Levinas, 1994).
35Voir la partie « Sources et bibliographie ».