1Dictionnaire de l’Académie françoise, Paris, J. J. Smits, an V [1798], t. II, art. « Magie », p. 49.
2Selon la formule de Michel de Certeau, d’un « système religieux » à une « éthique des Lumières » : Certeau, 1975, « La formalité des pratiques. Du système religieux à l’éthique des Lumières (xviie-xviiie s.) », p. 153-212. Pour des relectures critiques, voir Büttgen, Jouhaud (dir.), 2008.
4Hazard, 1961 ; Daston, 1991a.
5Sur l’« embarras » des savants, voir Sempère, 2009, p. 46 sq. Sur l’Italie, voir Minerva, 1990 ; sur la « guerre des sorcières » bavaroise, l’un des grands débats de l’Aufklärung allemande dans la seconde moitié du xviiie siècle, voir Behringer, 1995. La possession et les convulsionnaires donnent lieu à d’amples débats publics : Kreiser, 1982 ; Maire (éd.), 1985.
6Foucault, 1994, t. I, « Médecins, juges et sorciers au xviie siècle » [1969], p. 753-766, p. 763.
9Les commissaires du Châtelet, le guet et la garde, des compagnies militaires, voir Chagniot, 1973 ; Piasenza, 1990a, p. 79 ; Williams, 1979, p. 85.
10Kaplan, 1981 ; Milliot, 2003a.
11Accusés d’abus lors des informations et arrestations, certains inspecteurs font l’objet d’un procès, instruit entre 1716 et 1719, dont Bazin, Chantepie, Millet, Le Roux, Pommereuil et Simonnet, ainsi que le commissaire Cailly, actifs dans la poursuite des secrets de magie. Bien qu’en partie déchus de leur titre, Pommereuil, Chantepie et Simonnet reprennent leur travail dans les années 1720. Les offices sont supprimés en 1740, puis remplacés par vingt nouveaux. Piasenza, 1990a, p. 164-165, 208, 233 ; Sälter, 2004, p. 188 sq.
12Création, notamment, de départements par champ délictuel, entérinant la spécialisation croissante développée au cours du siècle ; pour l’évolution des effectifs, voir El Ghoul, 1995, p. 34 sq. Napoli, 2003, chap. ii. 5.
14Récente, la pratique remonte à la surveillance renforcée des protestants après la révocation de l’édit de Nantes en 1685. Engagés par les commissaires, plus souvent encore par les exempts et les inspecteurs, parfois même par le lieutenant général lui-même, ils reçoivent une rémunération ou la suppression de leur peine contre la production de renseignements ; voir Malandain, 1995 ; Sälter, 2004, p. 288-293.
15Castan, 1991a, p. 46-49 ; Farge, Foucault (éd.), 1982 ; Funck-Brentano, 1903 ; Quétel, 1981, p. 13-16.
16Piasenza, 1988 ; Farge, Foucault (éd.), 1982.
17Foucault, 1994, t. IV, « Espace, savoir et pouvoir » [1982], p. 270-285, p. 272.
18Williams, 1979 ; pour l’Europe, voir Milliot (dir.), 2006a ; Id., 2003b, dossier « Police et contrôle du territoire dans les villes capitales (xviie-xixe siècle) » ; Denys, Marin, Milliot (dir.), 2009.
19123 sur les 199 affaires se concentrent sur la période 1692-1715 ; aucune n’est instruite de 1716 à 1722, soit pendant la Régence et le procès contre les inspecteurs ; 76 se répartissent sur le reste de la période, notamment les années 1720, 1740 et 1750, puis elles deviennent très sporadiques après 1760. J’entends par affaire la mention dans les archives d’un cas de magie ou d’alchimie, il peut donc s’agir d’une arrestation d’une ou plus généralement de plusieurs personnes, de l’émission d’un ordre contre une ou plusieurs personnes suspectes, de la recherche de suspects, d’une perquisition (un cas), ou bien de la mention d’une personne détenue à l’hôpital général.
20APP Série AA 4, Henri Antoine Collesson de Béronne et Jacques Guillaumot de Varnier. La mention est sans doute tardive, et on peut assurer avec plus de certitude que le terme de faux sorciers s’installe dans l’écriture policière à partir de 1700. La date de 1692 sera néanmoins retenue, car la désignation rétrospective indique que, sous l’ère de d’Argenson, les affaires antérieures sont englobées dans la même logique.
21Décret relatif à l’organisation d’une police municipale et correctionnelle, in J.-B. Duvergier (dir.), Collection complète des Lois, Paris, A. Guyot et Scribe, 1834, t. III, p. 114-126, 19 juillet 1791, tit. II, Police correctionnelle, art. 35, p. 123.
24Édit pour la punition des empoisonneurs devins et autres etc., juillet 1682, in Jourdain, Decrusy, Isambert (dir.), Recueil général des anciennes lois françaises, Paris, Plon, 1833, t. XIX (1672-1686), p. 369-401 ; Funck-brentano, 1977 (1re éd. 1899) ; Lebigre, 1989 ; Mongrédien, 1973 ; Petitfils, 1977 ; Chautant, 1998.
25Laingui, Lebigre, 1979, vol. 1, p. 157-159 ; Jacquin, 2005.
27Bannissement hors du royaume, avec peine de punition corporelle en cas de désobéissance, pour ceux qui se mêlent d’arts divinatoires ; des jugements « suivant l’exigence des cas » pour ceux qui se livrent à des pratiques superstitieuses (abus des termes de l’Écriture et des prières, et actes produisant des effets sans rapport aux causes naturelles). Voir Cabantous, 1998 ; Dyonnet, 1990.
29Les synthèses récentes importantes : Behringer, 2004 ; Dillinger, 2007 ; Golden (dir.), 2005 ; Willem de Blécourt et Owen Davies dirigent, chez Palgrave MacMillan, la collection de référence.
30Récemment pourtant, Simon, 2006.
31Evans-Pritchard, 1972 (1re éd. 1937).
32Pour une réflexion sur les usages de l’ethnologie par les historiens de la sorcellerie, voir la critique de l’ouvrage pionnier de Thomas, 1971, par Geertz, 1975 ; Walz, 2002 ; la discussion la plus exhaustive des travaux anthropologiques est proposée par Behringer, 2004 ; l’anthropo logue français Lionel Obadia propose une brève introduction aux questions de sa discipline : Obadia, 2005.
33Houdard, 1992 ; Jacques-Chaquin, 1990 ; Id., 1996 ; Jacques-Chaquin, Préaud (dir.), 1993.
34Mauss, Hubert, 1995, p. 16.
37Muchembled, 1991 (1re éd. 1979) ; Id., 1981 ; Id., 1993 ; puis Id., 1992 ; plus récemment, Id., 2000.
38Muchembled, 1993, p. 31.
39Soman, 1992, qui comprend l’essentiel de ses travaux.
40Voir Favret, 1971, p. 355.
42Mandrou 1968, p. 513-517 ; Muchembled, 1994, « Introduction » ; Massalsky, 1990 ; Sälter, 2000.
43Parmi les ouvrages plus anciens, voir Bila, 1925 ; Coynart, 1902. Plus récemment, Dupas, 2001 ; Mozzani, 1988.
44Traimond, 1988 ; Chautant, 1998.
45Moléro, 2006 ; Ankarloo, Clark (dir.), 1999 ; Blécourt, Davies (dir.), 2004 ; une importante mise au point est proposée par Dompnier (dir.), 1998a.
46Milner, 1960 ; Sempère, 2009 ; Goulemot, 1980, notamment p. 245-246 ; l’auteur signe également une édition de Jean-Baptiste Thiers, Traité des superstitions : Goulemot, 1984 ; Wilkins, 1972 ; Id., 1973 ; Id., 1975 ; pour le xviie siècle, Courtès, 2004.
47Voir les travaux, importants, de Pierre-Yves Beaurepaire, dont Beaurepaire, 2003 ; relevant davantage de l’histoire des religions, Faivre, 1995 (1re éd. 1986). Issu de l’Aufklärungsforschung, un nouveau champ d’étude s’est formé en Allemagne, Neugebauer-Wölk (dir.), 1999 ; Id., 2000.
49Après les premiers travaux importants d’Alan Williams et Fayçal El Ghoul des années 1980, le champ connaît un renouveau depuis les années 1990 : Paolo Piasenza interroge l’impact de l’émergence de la nouvelle police sur l’équilibre des pouvoirs ; Gerhard Sälter centre son regard sur la coopération, dans l’élaboration de l’ordre, entre autorités et communautés locales, notamment sur les débuts de la police. Plus récemment, la police et les réformes des Lumières font l’objet d’un ensemble de travaux autour de Vincent Milliot et Catherine Denys, en parallèle avec ceux de l’Institut Max-Planck d’histoire du droit de Francfort. Un champ international s’est ainsi constitué autour de la notion de police depuis le xviie siècle jusqu’au xixe, permettant d’interroger la genèse d’une institution moderne, dans un contexte européen (France, Allemagne, Italie, Espagne).
50Une référence essentielle de ce travail est l’œuvre de Michel de Certeau, ainsi que les travaux d’anthropologie religieuse, dans le sillage d’Alphonse Dupront, de Dominique Julia et de Philippe Boutry.
51Les travaux d’Arlette Farge constituent l’une des principales sources d’inspiration, à côté de ceux de Daniel Roche sur la culture matérielle, auxquels font écho ceux conduits par Susanne Rau et Gerd Schwerhoff sur les « sites sociaux ».
52Voir Ahrendt-Schulte, Bauer, Lorenz, Schmidt (dir.), 2002 ; Purkiss, 1999 ; Roper, 2004.
53Boudet, 2006a. Pour l’époque moderne, les travaux de Lorraine Daston et de Christian Licoppe ont été primordiaux ; pour le renouveau de l’histoire de la chimie/alchimie, voir surtout les travaux de William Newman et de Lawrence Principe ; Bensaude-Vincent, Stengers, 1993, interrogent également le rapport entre science et occulte. Enfin, pour l’histoire sociale de la culture, de sa matérialité et de ses usages, voir les travaux de Roger Chartier.
54Pour une démarche comparable, Lagrange, D’Andréa, 2002.
55Programmatique, Lüdtke, 1989b. Revel, 1996b.
57Farge, 1997. Pour l’histoire des concepts, Koselleck, 1989 (1re éd. 1979), « Begriffsgeschichte und Sozial geschichte », p. 107-130. Pour une approche tenant compte des usages des concepts dans la constitution de leur signification : Lüsebrink, Reichhardt (dir.), 1985-2000 ; Guilhaumou, 2000.
58Favret-Saada, 1977 ; puis Id., 2009.
61Arasse, 1996 (1re éd. 1992), p. 7.
63Ordinaire au sens d’ordonné, donné à tous et qui détermine le partage des choses ; Marie, Dujardin, Balme (dir.), 1998.
64Sur ce point, voir Charuty, 1999 ; Claverie, 2003.
65Sur cette approche, voir Lenclud, 1990, p. 14.
66Archives de la Bastille, citées AB ; voir l’édition partielle, utile par son ampleur, de François Ravaisson (éd.), Archives de la Bastille, documents inédits, Paris, Durand et Pedone-Lauriel, 1866-1904.
67Collection Clairambault, Manuscrits français et Nouvelles acquisitions françaises, citées BNF Clair., BNF Ms. fr., BNF Nouv. acquis. fr. Deux affaires proviennent des papiers des commissaires du Châtelet de Paris, citées AN Série Y ; je remercie Dominique Godineau de me les avoir signalées. Des sondages, restés infructueux, ont été effectués dans ce fonds pour les années 1720, 1730, 1740, 1754, 1765, 1770, 1785 (quartiers Palais-Royal et place Maubert). Registres des ordres du roi, cités APP Série AB suivi du numéro du registre respectif ; notes sur les prisonniers de la Bastille, citées APP Série AA.
68Archives nationales, citées AN Série X2A, Parlement de Paris, Affaires criminelles, dit Inventaire 450, 1700-1790. Des éléments intéressants dans A[rthur] M[ichel] de Boislisle (dir.), Correspondance des contrôleurs généraux des finances avec les intendants des provinces, Paris, 1874-1892.
69Pour un emploi dès le xvie siècle par Étienne Tabourot, voir Clément, 2000-2001.
71Certeau, 1990b (1re éd. 1980).
75Question pour beaucoup inspirée de Barthes, 1994.
76Dictionnaire historique de la langue française, dir. par Alain Rey, Paris, Dictionnaire Le Robert, 1998, t. III, art. « Secret », p. 3434.
77Simmel, 1993 ; il va sans dire que les notions de privé et de secret connaissent actuellement des bouleversements.