1Elle sera désignée ultérieurement soit par son nom plus familier, Thérèse de Lisieux, soit par son seul prénom.
2Cuchet, 2005, p. 206-207.
3Antoinette Guise, Thérèse de Lisieux et ses miracles. Recomposition du surnaturel (1898-1928), 571 p. Thèse soutenue à l’École pratique des hautes études, 2006 (à paraître en 2013, Cerf).
4L’édition critique des Œuvres complètes a été publiée en 1992 sous le titre Nouvelle édition du centenaire (NEC) par les éditions du Cerf et DDB. C’est à cette édition de référence que je renvoie.
5Première édition, 1881, Paris, Palmié ; 2e éd., Bar-le-Duc, Imprimerie de l’œuvre de Saint-Paul, 1882. Deux rééditions : 1964, Lyon, Office central de Lisieux, imprimerie Lescuyer, et 1970, Office central de Lisieux. Cette réédition de 1964/1970 est consultable en ligne : www.a-c-r-f.com/documents/Abbe_ARMINJON-Fin_monde_present.pdf.
6La principale difficulté pour comprendre Thérèse, outre le poids de l’hagiographie, provient de l’absence d’informations directes, concernant les années qui précèdent son entrée au carmel. Voir, pour un aspect essentiel, Claude Langlois, Thérèse de Lisieux, la conversion de Noël. Du récit à l’histoire, Grenoble, Jérôme Million, 2010.
7Blaise Arminjon, Thérèse et l’au-delà, Paris, DDB, 1996, p. 19 et suiv. Elle ne fait pas allusion au chapitre 5 concernant le purgatoire, mais recopie des passages assez longs du chapitre 7 intitulé « De la béatitude éternelle et de la vision surnaturelle de Dieu » qui fait pendant au chapitre précédent, ignoré aussi de Thérèse : « De l’éternité des peines et de la destinée malheureuse ». Pareillement, elle ignore les premiers chapitres, concernant la fin des temps, paradoxalement plus liés à l’actualité et, de ce fait, entachés d’un antijudaïsme commun à la littérature spirituelle catholique.
8Récemment portée sur les autels avec son mari.
9Zélie et Louis Martin, Correspondance familiale. 1863-1885, Paris, Cerf, 2004. Lettre à sa belle-sœur, 3 septembre 1868, p. 61.
10Id., 7 septembre 1868, p. 62.
11Statue qui plus tard « sourira » à Thérèse enfant et la guérira d’une grave maladie.
12Cette donnée biographique est rapportée tardivement par sa fille Pauline, sa confidente, en commentaire de l’autobiographie. Manuscrits autobiographiques de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, Office central de Lisieux, 1956, t. II, p. 18.
13Correspondance familiale, op. cit., p. 169-170, Zélie à Marie et Pauline, 25 juin 1874. Thérèse a alors 18 mois. La correspondance est reprise dans le manuscrit A, terme par lequel, depuis 1956, on désigne l’autobiographie que Thérèse rédige en 1895. Voir Claude Langlois, L’autobiographie de Thérèse de Lisieux. Édition critique du manuscrit A (1895), Paris, Cerf (Coll. « Écritures thérésiennes » 3), 2009.
14Cuchet, 2005, p. 73 et suiv.
15Manière de désigner une mort qui éviterait tout passage par le purgatoire.
16Manuscrits autobiographiques (abrégé MA), NEC, A 78vo, 8-20, p. 248-249. Depuis la publication des trois manuscrits autobiographiques en fac-similé en 1956, on a pris l’habitude de citer ainsi les textes de Thérèse. Soit, manuscrit A, folio 78, verso, lignes 8 à 20.
17Le manuscrit A est adressé à sa sœur Pauline, en religion Agnès de Jésus, qui est alors jeune prieure et qui, de ce fait, sera appelée ensuite mère Agnès.
18Comprendre trois au carmel, Pauline, Marie, l’aînée, en religion Marie du Sacré-Cœur, et Thérèse, en religion Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face.
19MA, A 82v, 10-20, p. 264-265.
20L’improbable, donc le miraculeux, consiste dans le soudain revirement d’une sœur hostile au clan Martin, qui se déclare en faveur de l’entrée de Céline au couvent, quatrième fille Martin au couvent.
21Derniers entretiens (abrégé DE) 18.5.2. Les principales paroles de Thérèse proviennent d’un recueil composé par Pauline, appelé le carnet jaune. Les chiffres renvoient, pour les deux premiers, à la date (ici le 18 mai) et pour le troisième, au quantième (ici seconde parole), p. 209.
24Reine du ciel. Dans le manuscrit, Reine est écrit en plus gros caractères.
25MA, A 76v, 19-21 profession le 8 septembre, p. 242.
26Récréations pieuses – Prières (RPP), Pri 2, p. 507.
27Correspondance générale (CG), LT 74, Lettre à mère Agnès, 6 janvier 1889, p. 429.
29En la fête de la sainte Trinité (premier dimanche après la Pentecôte). Titre complet de la prière : « Offrande de moi-même comme victime d’holocauste à l’Amour miséricordieux du Bon Dieu », RPP, Pri 6, p. 513 et suiv. ; commentaire p. 551 et suiv.
30Xavérine de Maistre (1838-1871) est la petite-fille de Joseph de Maistre. La spiritualité victimale sort renforcée de la Révolution et prend en compte une partie de ce qu’en a écrit le plus célèbre des écrivains contre-révolutionnaires. Xavérine entre au carmel au couvent de Poitiers, celui-là même qui a fondé celui de Lisieux en 1838. Sa biographie est publiée par l’abbé Houssaye, Vie de la Révérende Mère Thérèse de Jésus, Librairie H. Oudin, 1882. L’ouvrage fait l’objet de deux rééditions, en 1883 et en 1890. Il ne se trouve pas toutefois dans la bibliothèque du carmel de Lisieux.
31Le carmel, qui envisage de diffuser cette prière, la fait rapidement examiner par un théologien qui écarte une expression très sensible à Thérèse (les désirs infinis). Lors du procès de béatification, mère Agnès de Jésus interprétera de manière réaliste deux demandes de la prière, la permanence en elle de la présence eucharistique entre deux communions et l’inscription sur son corps de stigmates, comme saint François d’Assise, après sa mort. Cette lecture réaliste (une demande de grâces extraordinaires) provoquera, plus tard, une polémique quand on voudra présenter Thérèse comme exemplaire d’une spiritualité accessible à tous, parce qu’elle récuse précisément les voies mystiques extraordinaires.
32« Le purgatoire est un théâtre d’affliction et d’angoisses en tant que la justice de Dieu s’y dédommage de la part de sacrifice et d’amour que nous lui avons refusée ici-bas » (chapitre 5).
33Poésies, PN 23. La datation des poésies n’est pas toujours aisée. Je suis les éditeurs qui estiment « plus probable » la date du 21 juin, pour cette poésie (p. 389).
34Au sens de « à la place de ».
35Poésies, texte, p. 132 ; commentaire, p. 391-392.
36Histoire d’une âme (abrégée HA), Bar-le-Duc, Imprimerie de l’œuvre de Saint-Paul, 1898, p. 325.
37Marie du Sacré-Cœur, comme son nom de religion l’indique, a une particulière dévotion au Cœur de Jésus : Thérèse, en évoquant celui-ci, dans une poésie destinée à sa sœur, se plie aussi à son goût spirituel. Sur le fond, la dévotion au Sacré-Cœur appuie la doctrine de Thérèse sur la miséricorde.
38MA, A 84v, 22-85, 6, p. 271-272. Thérèse a pu être poussée dans cette voie par le commentaire de Jean de la Croix qu’elle lit, jeune, au carmel. Jean de la Croix, dans la Vive flamme d’amour, parlant de la purification des sens et de l’esprit, use de cette comparaison : « Il faut, pour se transformer en lui, passer par ces épreuves, à peu près comme on se purifie dans les flammes du purgatoire avant de jouir de la vision intuitive », dans [Le] Cantique spirituel et la vive flamme d’amour, Paris, C. Douniol, 1875, t. II, p. 184. Pour Jean de la Croix, dans ce texte, le purgatoire n’est qu’une comparaison, pour Thérèse, une alternative.
39Ainsi qu’Arminjon le précise : « Le purgatoire est aimable et consolant, il est un séjour béni et digne de toute notre sollicitude et de toute notre prédilection en tant que les supplices qu’on y endure s’y exercent sur des âmes saintes et chéries de Dieu » (chapitre 5).
40Je renvoie à mon analyse du manuscrit B, Le poème de septembre, Paris, Cerf, 2002, chap. VII, « La ronde des désirs ».
42Claude Langlois, Lettres à ma Mère bien-aimée. Juin 1897, Paris, Cerf, 2007, p. 222 et suiv. Il faut rappeler seulement ici que la voie d’« enfance spirituelle » est une présentation qui extrapole ce que disent les textes de Thérèse.
43« Je voudrais aussi trouver un ascenseur pour l’élever jusqu’à Jésus » (C, 3,2), ibid., p. 222 et suiv.
44CG, LT 226, p. 983. La lettre présente aussi la nouveauté de ne plus opposer la justice à la miséricorde mais de relire la justice divine à partir de la révélation primordiale de la miséricorde.
46DE, lettre à M. Guérin, 8 juillet 1897, p. 683.
47Qu’on appelle communément le manuscrit C.
48DE, CJ 4.6.1, p. 219. La suite relève des gloses que Pauline avait l’habitude d’ajouter à des paroles de sa sœur, jugées par elle importantes et peu explicites. Voir Claude Langlois, Les dernières paroles de Thérèse de Lisieux, Paris, Salvator, 2002.
49Lettres à ma mère, op. cit., p. 231-268.
50Édith Piaf a eu, toute sa vie, une grande dévotion à Thérèse.
51Je me suis longuement expliqué sur ce point dans Les dernières paroles, op. cit., p. 131-160. Une seule citation, extraite de son ultime lettre à Roulland, du 14 juillet 1897, fera comprendre la position de Thérèse : « … la pensée de la béatitude éternelle fait à peine tressaillir mon cœur, depuis longtemps la souffrance est devenue mon Ciel ici-bas et j’ai vraiment du mal à concevoir comment je pourrai m’acclimater dans un Pays où la joie règne sans aucun mélange de tristesse. Il faudra que Jésus transforme mon âme et lui donne la capacité de Jouir [du Ciel], autrement je ne pourrai supporter les délices éternelles » (CG, p. 1029-1030).