1Recueil de cantiques [R. C.] à l’usage du diocèse de Gap, Gap, Delaplage, 1854 (5e éd. corrigée et augmentée). Le texte cité est extrait de la préface de la 1re édition. À partir de la seconde note de référence pour un même recueil, nous indiquons seulement le nom de l’auteur, s’il y a lieu, le lieu et la date d’édition.
2René Aigrain (ed.), Liturgia, encyclopédie populaire des connaissances liturgiques, Paris, Bloud et Gay, 1930, p. 972-973.
3Jacques Cheyronnaud, Musique, politique, religion. De quelques menus objets de culture, préface de Jean-Louis Fabiani, Paris, L’Harmattan, 2001, p. 40 et 43.
4Pour l’année 1861, à partir de la Bibliographie de la France, Claude Savart a noté l’édition de 50 recueils de cantiques, dont le tirage moyen était de 8 516 – soit le 2e tirage après les paroissiens : 9 503 (Claude Savart, Les catholiques en France au xixe siècle. Le témoignage du livre religieux, Paris, Beauchesne, 1985, p. 708 et p. 66). Pendant longtemps ont été reproduits des textes antérieurs à la Révolution, rédigés par des prêtres et des missionnaires, comme Laurent Durand, Simon-Joseph Pellegrin, Louis-Marie Grignion de Montfort (voir Bernard Dompnier, « Les cantiques dans la pastorale missionnaire en France au xviie siècle », dans les actes du colloque Musica e strategie pastorali di età moderna, à paraître, communiqué par l’auteur). Ils voisinaient dans les recueils avec les cantiques composés durant le xixe siècle, dont tous les auteurs ne sont pas aisément identifiables. Sous l’angle littéraire, ces textes sont assez pauvres, exagérément sentimentaux et pathétiques. Quant à leur rigueur dogmatique, elle laissait souvent à désirer ; le P. Gélineau, qui estimait que les cantiques devaient être écrits par des théologiens et non par des « rimailleurs », soulignait le « vide doctrinal » de la plupart des cantiques traditionnels et leur « bondieuserie écœurante sans aucune substance théologique » (Joseph Gélineau [s.j.], « Le cantique populaire. Réflexions sur une enquête pour un répertoire national », Musique et liturgie, nos 4-5, juillet-octobre 1948, p. 12). Les recueils édités dans le premier xixe siècle mentionnent très fréquemment le titre des airs profanes sur lesquels se chantaient les cantiques ; une évolution se produisit progressivement. La réflexion menée sur les pratiques musicales d’ordre religieux fut scandée par la fondation d’institutions, comme l’École de musique religieuse de Niedermeyer, en octobre 1853, la Schola cantorum, en 1896 – à l’initiative de Charles Bordes, Alexandre Guilmant et Vincent d’Indy – dont les membres se firent littéralement étriller par Clément Besse et Joseph Legrand pour la sottise des paroles de leurs cantiques et le caractère théâtral de leur musique ; au contraire, les textes de Louis-Marie Grignion de Montfort étaient fortement loués (Vieux cantiques, nouvelles romances. Contribution à la rénovation du chant religieux populaire, Paris, Librairie Bloud et Gay, 1924). En 1943, fut créé le Centre de pastorale liturgique, tandis que les textes du magistère appelaient l’attention sur la musique religieuse et la musique sacrée, certains d’entre eux traitant explicitement du chant populaire (Motu proprio de Pie X, Tra le sollicitudini, 22 novembre 1903, encycliques de Pie XI, Divini cultus, 20 décembre 1928, et de Pie XII, Mediator Dei, 20 novembre 1947 ; Musicæ sacræ disciplina, 25 décembre 1955). Le 4 décembre 1963, parut la Constitution Sacrosanctum concilium sur la liturgie.
5Jacques Cheyronnaud, Musique, politique, religion, op. cit., p. 75.
6Ex. : R. C. à l’usage de l’église Saint-Nizier de Lyon, avec les airs notés, nouvelle éd., François Guyot, 1836 ; R. C. à l’usage de la paroisse Saint-Polycarpe, approuvé par Son Excellence Mgr le cardinal de Bonald, archevêque de Lyon, Lyon, J.-B. Pélagaud et Cie, 1845.
7Ex. : R. C. à l’usage de la Mission de Lons-le-Saunier, nouvelle éd. augmentée de plusieurs cantiques nouveaux, 1823 ; R. C. à l’usage de la Mission de 1858, Bolbec, Valin, 1858.
8Ex. : R. C. à l’usage de l’Institution Saint-Louis, Tours, 1857 ; R. C. à l’usage des élèves des Dames Bernardines d’Esquermes, Lille, J. Lefort, 1887 (2e éd.).
9Ex. : R. C. approuvé par Mgr l’évêque de Rennes pour l’usage de son diocèse, Rennes, Imprimerie de H. Vatar, 1858. Mgr Godefroy de Saint-Marc fit plus qu’approuver le recueil : il interdisait de chanter des cantiques ne s’y trouvant pas.
10Ex. : R. C., Carême de Notre-Dame de Laval, Laval, H. Godbert, 1850.
12Ainsi, un cantique intitulé « Accordez à nos morts », qui demande à Dieu d’accorder aux morts le « repos éternel » et de recevoir au paradis les « frères trépassés », fait nécessairement allusion au purgatoire, mais ne contient aucune réflexion ou description, qui puisse nous être utile, Ensemble vers le Père, s.l., s.d., circa 1950.
13Ces vingt-trois recueils ont été édités en 1816, 1825, 1836, 1844, 1845, 1847, 1850, 1855, 1857, 1858 (2), 1874, 1876, 1880, 1881, 1885, 1890, 1891, 1896, 1897, 1940, vers 1950, 1957. La datation des recueils présente des difficultés ; la date d’édition n’est pas toujours indiquée et des dates diverses sont présentes dans l’ouvrage : celles de l’imprimatur, de l’approbation de l’Ordinaire, de la préface ou des préfaces des éditions successives ; en cas de réédition sans indication explicite et sans préface nouvelle, il est difficile de dater le recueil. La date retenue a alors été celle de l’imprimatur.
141811, 1817, 1823, 1829, 1830, 1852, 1856, 1862, 1869, 1873, 1877 (2), 1887, 1903, 1905, 1911, 1914, 1918, 1936, 1946.
151834, 1854, 1858, 1865, 1913, 1922, 1933.
16Le recueil édité en 1849 est une réédition des Cantiques des missions de Louis-Marie Grignion de Montfort ; il contient un « règlement de vie après mission », qui se chantait sur l’air de « l’alouette », dont le dernier couplet était consacré aux âmes du purgatoire (« Aux âmes du purgatoire / Je compatis tous les jours / J’en conserve la mémoire, / Et leur donne du secours : / C’est mon plus doux exercice / Que de leur rendre service. »), Louis-Marie Grignion de Montfort, Cantiques des missions, Nantes, L. Guéraud, 1849 (nouvelle éd.), p. 153.
17Ainsi, dans le recueil de la paroisse de Saint-Nizier (Lyon), où aucun cantique ne se rapporte au purgatoire, quatre cantiques sont relatifs au ciel, un à l’enfer, un aux fins dernières, deux au salut et deux à la mort ; dans le recueil édité à Niort en 1852, pour un cantique sur le purgatoire, il y en a quatre sur le ciel, deux sur l’enfer, un sur le salut et trois sur le Jugement dernier.
18Voir Guillaume Cuchet, « La littérature de piété aux xixe et xxe siècles. Le cas des Mois du purgatoire », Revue d’histoire ecclésiastique, vol. 99, no 1, 2004, p. 65-81 (communiqué par l’auteur) et Cuchet, 2005, p. 133-134.
20Joseph Gélineau (s.j.), « Le cantique populaire. Réflexions sur une enquête pour un répertoire national », art. cité, p. 14.
22Ce cantique se trouve, avec des variantes, dans abbé C. Boyer, R. C. à l’unisson pour communautés et paroisses, Bergerac, 1903, dans un R. C. édité à Châlons, Martin frères, en 1905, et dans les deux recueils des abbés Delporte intitulés Nouveau recueil de cantiques et motets populaires à l’unisson, portant un imprimatur, l’un de 1913 et l’autre de 1922. Dans ce second recueil, le Languentibus est donné en latin et en français, les vers des deux langues alternant. Le Languentibus, composé dans la seconde moitié du xive siècle, par Jean de Langouesnou, abbé de l’abbaye de Landévennec, se chantait primitivement en plain-chant. Au xviie siècle Marc-Antoine Charpentier le mit en musique (H. 328 du catalogue raisonné de W. Hitchcock). Le titre de Languentibus a été conservé pour un cantique français, R C. (paroles et chants) par une réunion de professeurs à l’usage des écoles et des paroisses, Paris, Librairie générale et J. de Gigord – Tours, Mame, 1936, p. 186.
231811 (Paris) – 1817 (Paris) – 1822 (Avignon) – 1823 (Lons-le-Saunier, avec variantes) – 1830 (Nantes) – 1834 (Versailles) – 1852 (Niort, avec variantes) – 1854 (Gap, version de Lons-le-Saunier) – 1858 (Rennes, avec variantes) – 1862 (Angers) – 1865 (Paris-Tours) – 1869 (Bordeaux) – 1873 (Paris) – 1877 (Paris) – 1911 (Orléans) – 1914 (Lille) – 1918 (Marseille) – 1933 (Saint-Laurent-sur-Sèvre). Nous citons désormais ce cantique avec son seul titre, sans autre référence.
24Abbé Pellegrin et autres auteurs, Cantiques spirituels sur les points principaux de la religion et de la morale chrétienne à l’usage des catéchismes et des écoles chrétiennes, Paris, Dubois, 1811, p. 15-16.
25F.P.B., Chants pieux ou choix de cantiques en rapport avec l’esprit de l’Église dans la célébration des dimanches et des fêtes, le temps d’une retraite, la fréquentation des sacrements ou le Mois de Marie à l’usage des écoles chrétiennes, Paris, Vve Poussielgue et fils – Tours, Alfred Mame et fils, 1865, p. 301.
26Cantiques de Saint-Sulpice. Manuel des catéchismes de première communion et de persévérance à l’usage des paroisses et des maisons d’éducation, Paris, Librairie Poussielgue frères, 1877, p. 310.
27Abbés L. Mullet et L. Guérin, « Supplications des âmes du purgatoire », Manuel paroissial publié avec l’autorisation de l’Ordinaire, 7e éd. revue, corrigée et complétée, Orléans, Marcel Marron, 1911, p. 83 (de la seconde partie du volume).
28Abbé Saurin, Recueil de prières et de cantiques à l’usage des paroisses et des maisons d’éducation, nouvelle éd. augmentée de nombreux cantiques, Lille-Paris, Société Saint-Augustin, Desclée De Brouwer et Cie – Marseille, abbé Roubaud, 1914, p. 88 (dans ce volume est reproduite la préface de la 50e édition, de 1912) ; Joseph Besnier, Saint-Laurent-sur-Sèvre, 1949.
29Abbé Saurin, Recueil paroissial de prières et de cantiques, destiné à rendre facile à tous les fidèles la participation aux prières et aux chants de l’Église, Marseille, Direction des publications Notre-Dame du Roc, 1918 (nouvelle éd.), p. 288.
30Frère Achille de la Miséricorde, « Le Jour des Morts », Le cantique paroissial. Choix des meilleurs cantiques pour les catéchismes, la première communion, la confirmation, les fêtes de l’année, le Carême, le mois de Marie, le mois de saint Joseph, les fêtes de la Sainte-Enfance et la propagation de la foi, Paris, Sarlit et Cie, 1872, p. 41-42.
31Cette précision figure dans le recueil de l’abbé Saurin, de 1914, p. 88, et dans celui du chanoine Joseph Besnier, p. 10. Dans d’autres ouvrages, figure la mention « air connu », comme dans le recueil de Lons-le-Saunier, 1823, p. 24. Antoine Dauvergne (1713-1797), violoniste, devint maître de musique de la Chambre du roi et surintendant de la musique ; de 1762 à 1770, il dirigea l’Opéra (1769-1776, 1780-1782, 1785-1790) et le Concert spirituel, société musicale fondée à Paris en 1725 pour donner des concerts publics de « musiques spirituelles », les jours de fêtes religieuses, où les spectacles étaient interdits. Nous ignorons si l’air du cantique « Gémissements des âmes du purgatoire » avait été conçu pour ces paroles dès l’origine ou si sa destination première était autre, Dauvergne ayant aussi composé de nombreuses œuvres profanes.
32Louis-Marie Grignion de Montfort, Cantiques des missions, op. cit., p. 60-62.
33R. C. à l’usage des missions du diocèse de La Rochelle, La Rochelle, Étienne Pavie, 1829.
34« Du sein des sombres ténèbres », Avignon, 1822 ; R. C. à l’usage du diocèse de Versailles, approuvé par Mgr Louis-Marie-Edmond Blanquart de Bailleul, évêque de Versailles, chez J. Angé, 1834 ; Gap, 1854. Nous citons désormais ce cantique sous son seul titre.
36Albert Michel, s.v. « Purgatoire », Dictionnaire de théologie catholique [DTC], Paris, Letouzey et Ané, 1936, t. XIII, no 1, col. 1289.
37Les voix du purgatoire, no 12, 4 avril 1897.
38« Gémissements des âmes du purgatoire ».
39« Des morts, la voix qui se lamente », abbés J. et M. Delporte, p. 43. Ce cantique est emprunté à un recueil de MM. Merméty et Montillet, édité à Genève.
40F.P.B., « Prière à Marie pour les âmes du purgatoire », Paris-Tours, 1865, p. 303.
41« Descendez, Vierge sainte, et tempérez les flammes / Où pleurent nos parents et nos tendres amis », ibid., p. 302.
42« Vers vous, des trépassés, les cris montent sans cesse », Languentibus, Paris, Tours, 1936.
43« Dans les cachots brûlants où gémissent les âmes », ibid., p. 302.
44« Vois ! Ce sont tes enfants qu’un reste de souillure / tient encore loin de toi, captifs et désolés », « À Marie, libératrice des âmes du purgatoire », Lille, 1887, p. 108.
45« Mille légères souillures nous retiennent en ces lieux (ou en ces feux) », « Gémissements des âmes du purgatoire ».
46« Des morts la voix qui se lamente », abbés J. et M. Delporte, Paris, p. 43.
47« Du sein des sombres ténèbres ».
48« […] où gémissent les âmes / Qui n’ont pas expié tous les péchés commis », « Prière à Marie pour les âmes du purgatoire », F.P.B., Paris-Tours, 1865, p. 302.
49« Au Seigneur, Dieu de vengeance », Avignon, 1822, p. 63.
50« À Marie, libératrice des âmes du purgatoire », Lille, 1887, p. 108.
51« Gémissements des âmes du purgatoire ».
52« Au Seigneur, Dieu de vengeance », Avignon, 1822, p. 64.
53« Le purgatoire », La Rochelle, 1829, p. 155.
54« À Marie, libératrice des âmes du purgatoire », Lille, 1887, p. 108.
55Laurent Durand, Cantiques de l’âme dévote dits de Marseille […], accommodés à des airs vulgaires, nouvelle éd. corrigée et épurée par M. l’abbé de Lormont, Paris-Lyon, Périsse frères, 1856, p. 220.
56« À Marie, libératrice des âmes du purgatoire », Lille, 1887, p. 108. Divers auteurs soulignent la différence radicale existant entre la peine du dam en l’enfer et au purgatoire ; pour le père Joseph Klein, on parlait de peine de dam pour le purgatoire « par comparaison avec celle de l’enfer », mais elle en différait « pourtant essentiellement », Le purgatoire, no 513, septembre 1939, p. 162.
57« Des morts, la voix qui se lamente », abbés J. et M. Delporte, p. 75.
58« À Marie, libératrice des âmes du purgatoire », Lille, 1887, p. 108.
59Chanoine Milet, Le purgatoire et les annexes de ce dogme, La Chapelle-Montligeon, 1929, p. 20.
60R.P. Faber, Le purgatoire. Conférence spirituelle, Paris, Librairie Vic et Amat, La Chapelle-Montligeon, 1904, p. 35.
61Chanoine Milet, Le purgatoire et les annexes de ce dogme, op. cit., p. 20.
62« Du sein des sombres ténèbres ».
63« Gémissements des âmes du purgatoire », variante de Lons-le-Saunier, 1823.
64« Du sein des sombres ténèbres ».
65« Au Seigneur, Dieu de vengeance », Avignon, 1822.
66« La voix des trépassés », Joseph Besnier, p. 80.
67« Gémissements des âmes du purgatoire ».
68« Prière pour les âmes du purgatoire », Cantiques populaires à l’usage des fidèles, Presbytère de Lambézellec, 1946, p. 79.
69F.P.B., Paris-Tours, 1865.
71« Prière à Marie pour les âmes du purgatoire », F.P.B., Paris-Tours, 1865 ; Languentibus, Paris-Tours, 1936.
72« Des morts, la voix qui se lamente », abbés J. et M. Delporte, p. 75.
73« La voix des trépassés », Joseph Besnier, Saint-Laurent-sur-Sèvre, 1933.
74Languentibus, Paris-Tours, 1936.
75« À Marie, libératrice des âmes du purgatoire », Lille, 1887.
76« Le purgatoire », La Rochelle, 1829.
79« Prière pour les âmes du purgatoire », Lambézellec, 1946.
80« Prière à Marie pour les âmes du purgatoire », F.P.B., Paris-Tours, 1865.
81« Pour les âmes du purgatoire », Laurent Durand, Paris-Lyon, Périsse frères, 1856, p. 221.
83« Le pécheur est sensible aux plaintes des âmes du purgatoire », Louis-Marie Grignion de Montfort, 1849, p. 60.
84Voir Vovelle, 1970. Pour Bernard Dompnier, cet effacement du purgatoire traduit l’influence des pratiques des missionnaires de l’époque moderne, qui ne tergiversaient pas et cherchaient à frapper les esprits par les images définitives du ciel ou de l’enfer.
85Albert Michel, « Purgatoire », DTC, art. cité, col. 1318.
86Amédée Gastoué, Le cantique populaire en France, op. cit., p. 229.
87Jean Quéniart (ed.), Le chant, acteur de l’histoire, actes du colloque tenu à Rennes du 9 au 11 septembre 1998, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1999, p. 9-10.