1J’utiliserai dans cet article l’édition italienne (Turin, Einaudi, 1982).
2Alberto Tenenti, « L’attesa del giudizio nell’iconografia del Quattrocento », dans Credenze, ideologie, libertinismi tra Medioevo ed età moderna, Bologne, Il Mulino, 1978, p. 27-44.
3Paolo Prodi, Una storia della giustizia, Bologne, Il Mulino, 2005 ; Chiffoleau, 1980.
4O. Giustiniani, Acta Concilii florentini, Rome, 1638 ; L. Allacci, De utriusque Ecclesiae Occidentalis atque Orientalis perpetua in dogmate de Purgatorio consensione, Rome, 1655 ; Adhémar d’Alès, « La question du purgatoire au concile de Florence en 1438 », Gregorianum, t. II, 1922, p. 9-50 ; L. Petit, a.a., et G. Hofmann, s.j., De Purgatorio disputationes in Concilio florentino habitae, Rome, 1969.
5Richard C. Trexler, Public Life in Renaissance Florence, New York, Academic Press, 1980 ; id., Church and Community 1200-1600, Rome, Edizioni di Storia e Letteratura, 1977.
6Le chancelier parisien insistait, dans ses sermons, sur la piété pour les pauvres âmes du purgatoire (« Beati qui lugent », Matt. V), sur la méditation de la mort (« Memento finis ») et sur la valeur de l’oraison (« Sancta et salubris est cogitatio pro defunctis exorare », 2 Macc. 12) (Jean Gerson, Œuvres complètes, Paris, 1960-1968, t. VII). Dans l’œuvre du chartreux Dionisius Rickel (j’ai utilisé l’édition parisienne de 1498), le purgatoire est en quelque sorte proposé à la méditation dans le système de prédication des Novissimi. Le présumé auteur de De Quattuor hominis Novissimi superpose en effet au schéma rhétorique traditionnel mort, jugement, enfer et paradis un « Dialogue du corps et de l’âme séparés » dans lequel se présente le thème du purgatoire.
7Roberto Caracciolo, Quaresimale, ed. 1476, s.l., f.n.n., feria quarta.
8Annali di ser Francesco Mugnoni da Trevi dall’anno 1416 al 1503, préf., transcription et notes par D. Pietro Pirri, dans Archivio per la Storia Ecclesiastica dell’Umbria, 1921, t. V, fasc. I et II, 22 avril 1485.
9Michelangelo Buonarroti, Lettere scelte, Stone I. et J. et Speroni Ch. (eds.), Milan, 1963, p. 246.
10Masuccio Salernitano, Il Novellino, G. Petrocchi (ed.), Florence, 1957, p. 28 (première partie, seconde nouvelle).
11G. Romeo, « Una “simulatrice di santità” a Napoli nel ‘500 : Alfonsina Rispola », Campania Sacra, nos 8-9, 1977/1978, p. 168 et suiv.
12Vittorio Peri, « Chiesa latina e chiesa greca nell’Italia postridentina (1564-1596) », dans La Chiesa Greca in Italia dall’VIII al XVI secolo, Padoue, Editrice Antenore, 1973.
13Pierroberto Scaramella, Inquisizioni, eresie, etnie. Dissenso religioso e giustizia ecclesiastica in Italia (secc. XVI-XVIII), Bari, Cacucci, 2005, p. 119-134.
15Lecouteux, 1986 ; Hugues Neveux, « Les lendemains de la mort dans les croyances occidentales (vers 1250-vers 1300) », Annales ESC, vol. 34, 1979, p. 245-263 ; Jean-Claude Schmitt, « Gli spettri nella società feudale », id., Religione, folklore e Società nell’Occidente medievale, Laterza, Rome-Bari, 1988 ; id., Spiriti e fantasmi nella società medievale, Rome-Bari, Laterza, 1995 (1re éd. fr. 1994) ; Nancy Caciola, « Wraiths, Revenant and Ritual in Medieval Culture », Past & Present, 152, 1996, p. 3-45. Mais voyez également, de M. Van der Lugt, « La personne manquée. Démon, cadavres et opera vitae du début du douzième siècle à saint Thomas », Micrologus, 7, 1999, p. 205-221.
16Roberto Bellarmino, Trattato delli quattro novissimi e della miseria dell’humana vita, Rome, Zannetti, 1621, p. 40, cité dans « Premessa », Quaderni Storici, vol. 50 : Adriano Prosperi (ed.), I vivi e i morti, août 1982, p. 391-407, en particulier p. 398.
17Pierroberto Scaramella, Inquisizioni, op. cit., p. 173 et suiv.
19Gabriella Zarri, « Purgatorio “particolare” e ritorno dei morti tra Riforma e Controriforma : l’area italiana », Quaderni Storici, vol. 50 : Adriano Prosperi (ed.), I vivi e i morti, août 1982, p. 466-497.
20Melchiorre Frizzoli da Parma, Dialogi de anima, Milan, 1498. L’œuvre, composée l’année précédente à Gênes, fut réimprimée à Venise en 1537 et à Bologne en 1538. Sur l’ouvrage voir G. Zarri, « Purgatorio “particolare” e ritorno dei morti », art. cité.
21Menchi S. Seidel, Erasmo in Italia 1520-1580, Turin, Bollati Boringhieri, 1987, p. 150.
23Pierroberto Scaramella, « Con la croce al core ». Inquisizione ed eresia in Terra di Lavoro (1551-1564), Naples, La Città del Sole, 1995.
25Adriano Prosperi, « Premessa », art. cité, p. 400.
26Scaramella, 1991, p. 263-281.
27Vincenzo d’Angioni, I Morti, overo l’Anime del Purgatorio, sacra rappresentazione drammatica… Aggiuntivi di più sei Tramezzi spirituali, Naples, R. Mollo, 1652.
30Gabriella Zarri, « Purgatorio “particolare” e ritorno dei morti », art. cité.
31Sur l’armée furieuse je rappelle ici seulement les travaux de Carlo Ginzburg, I Benandanti. Stregoneria e culti agrari tra Cinquecento e Seicento, Turin, Einaudi, 1966 ; Jean-Claude Schmitt, Spiriti e fantasmi nella società medievale, op. cit.
32Vincenzo d’Angioni, I Morti, op. cit., p. 216.
33Il s’agit de l’œuvre de Jeronimo Gracian, Il suffragio dell’anime del purgatorio. Nel qual si vede con quanta importanza, & utilità sia il dar suffragio all’anime del purgatorio, & il bene che suffragandole cavano ancora gli stessi vivi, Venise-Turin, 1612.
34Martino de Roa, Stato delle anime del Purgatorio. Gratitudine di esse a chi gli fa bene. Meditationi e varij essempi a questo proposito, Rome, Cavalli, 1635 (5e éd.).
35Antonio Gandolfo, Il beneficiato beneficiante ombreggiato nella città di Ventimiglia rimunerata de’suoi beneficij fatti all’anime del purgatorio…, Gênes, Franchelli, 1683.
36Compendio dello stato dell’anime del purgatorio, et i gran benefitij, che da esse riceve chi gli fa bene, Pérouse, Bartoli, 1633.
37Absente de l’aire italienne, l’idée, à la fin du Moyen Âge, ne semblerait pas méconnue dans la région d’Avignon. Voir Chiffoleau, 1980, p. 419 et suiv. ; Le Goff, 1981, p. 406.
38Alberto Tenenti, Humana Fragilitas. I temi della morte in Europa tra Duecento e Settecento, Clusone, Ferrari, 2000.
39En effet, avec la naissance des nouvelles aires de cimetières, quelque chose change dans le culte des morts lié à la dévotion des âmes du purgatoire. Dans un lieu « laïcisé », où la pression ecclésiastique inévitablement diminue, l’imaginaire populaire a la possibilité de s’exprimer de façon plus autonome. À Naples, où intra moenia le culte répandu des crânes se greffe sur celui des âmes anonymes du purgatoire (anime abbandonate, anime pezzenti, anime sofferenti), dans les aires des cimetières celui-ci acquiert parfois les connotations d’une dévotion qui se rapproche nettement du culte véritable des saints. Nous citerons ici seulement le cas de Raffaele Liberatore, un lettré de Lanciano, mort à Naples en 1843 et enterré là au Cimetière monumental. À plus d’un siècle de distance, seuls les lettrés gardaient souvenir de son nom, surtout pour son Vocabolario Universale Italiano, publié à Naples aux presses de Tramater, entre 1829 et 1840. À partir de l’après-guerre, la renommée de Liberatore connut un nouveau regain dans un tout autre domaine et parmi des disciples d’une tout autre classe sociale. Des événements liés très probablement à la dévotion personnelle portèrent au succès et à la notoriété la figure de Liberatore comme âme du purgatoire, âme abandonnée mais capable de répondre par des grâces merveilleuses à la dévotion des fidèles. Aujourd’hui sa tombe, caractérisée par le culte des crânes, ornée d’un nombre exceptionnel d’exvoto, est un lieu de culte assidu de la part d’une très importante communauté de fidèles. Je ne connais pas d’études scientifiques sur ce cas. Pour le culte des âmes du purgatoire à Naples voyez, après le beau travail de pionnier de Patrizia Ciambelli (Quelle figlie, quelle spose. Il culto delle anime purganti a Napoli, Rome, De Luca, 1980), le bref essai de Stefano De Matteis et Marino Niola, Antropologia delle anime in pena, Lecce, Argo, 1993, et Marino Niola, Il Purgatorio a Napoli, Rome, Meltemi, 2003.